ALEXANDER_VASSILIEV ANDREI_GRACHEV BRYAN_CARTLEDGE DAVID_OMAND DIANA_WORTHEN JACK_BARSKY JIM_MILBURN KEN_ADELMAN MARINA_LITVINENKO META_RAMSEY NARRATRICE NARRATRIVE RAYMOND_ASQUITH ROBIN_BUTLER SUSAN_EISENHOWER RAYMOND ASQUITH On �tait sur �coute Les agents du KGB charg�s de notre surveillance vivaient � l��tage au-dessus du n�tre On savait qu�ils �taient l� C��tait comme �a, il fallait bien l�accepter Un jour, ma femme et moi n�arrivions pas � nous rappeler o� nous devions emmener les enfants pique-niquer Passablement �nerv�, je me suis adress� au plafond�: ��Eh, vous l�-haut, qu�est-ce qu�on avait dit, d�j� ?�� Deux ou trois heures apr�s, quelqu�un a gliss� une note sous notre porte d�entr�e�: ��Vous vous �tiez mis d�accord sur Kuskovo��, ou ailleurs, je ne sais plus exactement De toute �vidence, on �tait tomb� sur un op�rateur du KGB qui avait beaucoup d�humour NARRATRICE Voici le r�cit d�un moment charni�re de la guerre froide� � racont� par des hommes politiques et par des figures de l�ombre JACK BARSKY Il y a eu un malentendu total de part et d�autre C��tait tr�s difficile de savoir � qui on pouvait faire confiance NARRATRICE Au d�but des ann�es , alors que l�Union sovi�tique faisait bloc contre l�Occident sur l��chiquier mondial En coulisses, trois agents secrets ont jou� un jeu dangereux Ils ont cherch� � prendre l�avantage alors que le monde �tait au bord de la guerre nucl�aire Ils nous racontent leur histoire� Avec leurs propres mots archives sous-titr�es NARRATRICE Nous avons rassembl� et reconstitu� des entretiens accord�s au fil des ann�es� archives sous-titr�es NARRATRICE � ainsi que des enregistrements in�dits� archives � sous-titrer NARRATRICE � pour lever le voile sur les intrigues mortelles qui se jouaient au sein de la rivalit� entre l�Est et l�Ouest META RAMSEY �tre espion, c�est un peu comme �tre un acteur qui s�efforcerait de jouer devant un public pas forc�ment acquis ALEXANDER VASSILIEV C��tait une guerre, une guerre secr�te SUSAN EISENHOWER On avait assez d�armes nucl�aires pour faire sauter la Terre enti�re entre et fois, selon � qui on demandait On avait toujours le sentiment que l�autre camp prenait de l�avance et qu�il fallait le rattraper NARRATRICE Mikha�l Gorbatchev assiste � son premier d�fil� militaire en tant que dirigeant supr�me de l�Union sovi�tique Il poss�de d�sormais les codes de pr�s de armes nucl�aires, point�es vers l�Ouest L�Am�rique dispose en retour de plus de missiles Mais le pr�sident Reagan est pr�t � voir en Gorbatchev un nouveau type de dirigeant KEN ADELMAN Un peu apr�s mars , on nous a demand� d�organiser un sommet entre les deux dirigeants Alors, on s�est mis au travail C��tait assez nouveau J��tais sceptique Il fallait absolument qu�on arrive � savoir ce qui allait se passer Qu�est-ce que Gorbatchev allait faire ? NARRATRICE L�Occident esp�re que ses espions russes pourront lui fournir la r�ponse Mais le KGB resserre son �tau C�est dans ce contexte qu�Oleg Gordievsky, un agent sovi�tique d�ploy� � Londres, est convoqu� � Moscou par ses sup�rieurs Il ne sait pas s�ils ont d�couvert qu�il travaille secr�tement pour les services secrets britanniques Mais il se rend compte avec effroi que quelqu�un s�est introduit dans son appartement moscovite archives sous-titr�es DAVID OMAND Gordievsky savait qu�ils �taient entr�s dans son appartement Il a compris � ce moment-l� qu�il �tait sous haute surveillance et que son domicile �tait sur �coute NARRATRICE Les coll�gues du MI de Gordievsky ne sont qu�� quelques rues de l�, mais ils sont, eux aussi, sous �troite surveillance RAYMOND ASQUITH Bien s�r, on n��tait pas d�clar�s comme agents de renseignements Officiellement, j��tais agent diplomatique � plein temps � l�ambassade am�ricaine Il y avait beaucoup � faire au quotidien pour savoir ce qui se passait en Union sovi�tique Je ne peux pas vous parler de ce qui ne figure pas dans les archives publiques NARRATRICE L��quipe conduit une mission secr�te de longue haleine DAVID OMAND Quand un de nos agents doubles se trouve potentiellement soup�onn� de collaborer avec l�Occident, il faut qu�il puisse nous alerter On avait mis en place tout un dispositif, et Gordievsky s�en est servi RAYMOND ASQUITH Avant d�aller � Moscou, on nous avait form�s et on nous avait dit qu�il fallait toujours se tenir pr�t, en cas de besoin, � secourir un agent sovi�tique du SIS Il �tait presque impossible pour un citoyen sovi�tique de sortir de l�Union sovi�tique On avait donc un plan d�exfiltration, appel� op�ration Pimlico Tous les soirs, � une certaine heure, on devait surveiller les alentours d�une boulangerie, � proximit� de notre appartement Si on voyait quelqu�un avec un sac d��picerie Safeway, il fallait aller dans sa direction avec un sac Harrods en main et le d�passer en mangeant une barre chocolat�e occidentale, un Kit Kat ou un Mars On lui signifiait ainsi, sans aucun �change verbal, qu�on l�avait rep�r� On avait tellement de Kit Kats et autres barres chocolat�es stock�es dans la bo�te � gants de la voiture que je ne peux plus en avaler une Le plan consistait � se rejoindre � un endroit convenu d�avance pr�s de la fronti�re finlandaise Il devait s��chapper par ses propres moyens en prenant le train � Moscou jusqu�� Leningrad De l�, il devait prendre un autre train, puis un bus, etc Notre mission consistait � aller le chercher � destination, lui, sa femme et leurs deux enfants C��tait un sc�nario pr�vu � l�avance, et on devait s�attendre � l�activer Mais � aucun moment, je ne pensais que �a arriverait vraiment NARRATRICE Ce plan de fuite a �t� �labor� avec soin et il existe depuis longtemps Mais les Britanniques ont toujours esp�r� qu�il ne servirait jamais BRYAN CARTLEDGE Il y a toujours eu une tension dans les services de renseignement entre ce pour quoi ils sont pay�s et l�establishment politique, dont le travail consiste essentiellement � maintenir la paix Je m�appelle Bryan Cartledge J��tais membre du service diplomatique britannique Je suis juste l� J�ai su d�s l��t� que j�irai � Moscou en juillet en tant qu�ambassadeur C��tait une p�riode tr�s excitante, notamment apr�s l�accession de Gorbatchev au pouvoir J�avais rencontr� Gorbatchev quand Margaret Thatcher l�avait invit� au Royaume-Uni Je savais que c��tait une formidable occasion d�ouverture, non seulement pour le Royaume-Uni, mais aussi pour l�Occident dans son ensemble Quelques semaines seulement avant mon d�part, on m�a inform� qu�il faudrait peut-�tre exfiltrer un agent, non identifi�, et que l�op�ration impliquerait des membres du personnel de l�ambassade Nos relations avec l�Union sovi�tique semblaient entrer dans une nouvelle �re, mais on �tait toujours assis sur une bombe � retardement, et j�avais le sentiment qu�elle pouvait exploser d�s les premi�res semaines ou les premiers mois de mon mandat NARRATRICE � Washington, on se pr�pare � faire des ouvertures prudentes au nouveau dirigeant sovi�tique Mais le chef du service de contre-espionnage sovi�tique de la CIA, Aldrich Ames, s�est engag� dans une voie plus destructrice archives sous-titr�es NARRATRICE Un mois apr�s avoir donn� au KGB les noms de deux espions russes travaillant secr�tement pour les �tats-Unis Ames re�oit le paiement de sa trahison et r�gle ses dettes archives sous-titr�es ALEXANDER VASSILIEV C��tait �videmment une aubaine pour les Sovi�tiques d�avoir ce genre de proposition spontan�e Aldrich Ames pensait probablement pouvoir contr�ler la situation et les retomb�es de son acte Mais il se trompait NARRATRICE La CIA a plus de agents doubles bien plac�s dans le syst�me sovi�tique L�un d�eux pourrait avoir vent de la trahison d�Ames et le d�noncer Y compris une source britannique dont Ames n�a d�couvert l�identit� que r�cemment archives sous-titr�es DAVID OMAND Gordievsky a r�ussi � survivre � cette �preuve Mais au fond de lui, il devait savoir qu�il n�avait aucune chance de retourner � Londres et de reprendre son poste de chef de station NARRATRICE Gordievsky est dans une position dangereuse, et cela � un moment charni�re pour la cause � laquelle il a consacr� sa carri�re d�samorcer l�hostilit� entre l�Est et l�Ouest SUSAN EISENHOWER Je pense que Gorbatchev a senti qu�il avait la possibilit� d�ouvrir le dialogue, parce qu�il �tait d�une g�n�ration diff�rente Je m�appelle Susan Eisenhower Je suis n�e pendant la guerre froide Mon grand-p�re a �t� le premier commandant des forces de l�OTAN, avant d�exercer deux mandats pr�sidentiels J�ai ici une lettre importante, dat�e du juin Gorbatchev �crit � Reagan : ��C�est l�Union sovi�tique qui est entour�e de bases militaires am�ricaines, toutes �quip�es d�armes nucl�aires, et non les �tats-Unis qui sont entour�s de bases sovi�tiques Essayez de voir les choses de notre point de vue�� KEN ADELMAN ��Essayez de voir les choses de notre point de vue�� C�est puissant, comme phrase Quand on veut n�gocier avec quelqu�un, il faut toujours essayer de voir comment son interlocuteur per�oit le probl�me �a permet de trouver un terrain d�entente SUSAN EISENHOWER Il aurait �t� presque inconcevable de recevoir une lettre comme celle-ci de la part d�un autre dirigeant sovi�tique avant lui Ce doit �tre � ce moment-l� que les grands leaders se sont dit qu�il y avait une chance � saisir C�est une lettre tr�s �mouvante Vous en avez d�autres copies�? Je peux la garder�? KEN ADELMAN Ronald Reagan �crit � Gorbatchev : ��L�histoire nous confie une tr�s lourde responsabilit� dans le maintien et le renforcement de la paix Et je suis convaincu que nous avons, devant nous, de nouvelles occasions de le faire�� Il consid�re donc que l�histoire leur donne une mission, une cause � porter, un objectif � accomplir Et ils peuvent le faire ensemble C�est une fa�on de s��loigner de ��l�empire du mal�� ��C�est un probl�me que nous pouvons r�soudre ensemble M�me si vous �tes un empire du mal, quoi�!�� NARRATRICE Alors que les dirigeants des deux blocs s�efforcent de r�duire le risque de confrontation nucl�aire, la guerre secr�te que m�nent les espions menace d�aggraver cet antagonisme Un mois apr�s avoir re�u son premier paiement du KGB, l�agent de la CIA Aldrich Ames prend une d�cision dangereuse archives sous-titr�es NARRATRICE Ames transmet au KGB les dossiers de agents travaillant secr�tement pour les Am�ricains Pour se couvrir, il a fait sauter la quasi-totalit� du r�seau d�espionnage sovi�tique am�ricain archives sous-titr�es ALEXANDER VASSILIEV Il y a deux raisons, je pense, qui expliquent pourquoi il n�a pas �t� arr�t� La premi�re est qu�ils n�avaient pas assez de preuves On �tait dans les ann�es , ce n��tait plus aussi exp�ditif que dans les ann�es , sous Staline La deuxi�me raison est qu�ils voulaient peut-�tre savoir � qui Gordievsky �tait li� � Moscou, qui �taient ses contacts � l�ambassade britannique ou � l�ambassade am�ricaine NARRATRICE Tandis que les espions s�observent dans l�ombre, les efforts diplomatiques font une perc�e archives sous-titr�es ANDREI GRACHEV Il �tait logique que Gorbatchev essaie de r�p�ter, lors de sa rencontre avec Ronald Reagan, cette offensive de charme qu�il avait men�e avec Margaret Thatcher Cela signifiait qu�il soutiendrait le retour de ces relations � une temp�rature normale NARRATRICE Mais des ann�es de m�fiance de part et d�autre ne peuvent �tre balay�es aussi facilement De son c�t�, Oleg Gordievsky, qui est surveill� par le KGB, doit prendre une d�cision d�chirante archives sous-titr�es MARINA LITVINENKO Je crois que pour Oleg, c��tait le seul moyen de sauver sa famille Le seul moyen Ils pouvaient �tre arr�t�s Et �tre tu�s archives sous-titr�es MARINA LITVINENKO Pour Oleg, c��tait comme un nouvel avenir Fuir la Russie, c��tait peut-�tre offrir un avenir � ses enfants, avoir lui-m�me un avenir, aussi difficile soit-il Mais encore une fois, il fallait rendre cet avenir possible C��tait sa chance RAYMOND ASQUITH Je n��tais pas de garde cette nuit-l�, c��tait au tour de mon assistant Ma femme et moi �tions sortis d�ner Alors que je tournais pour aller dans le centre de Moscou, j�ai vu un sac Safeway, de l�autre c�t� de la rue Et c��tait un peu apr�s l�heure pr�vue pour l��change du signal J�ai donc pens� que mon assistant l�avait manqu� Mais il s�est av�r� qu�il avait bien crois� Gordievsky et avait �chang� tous les signaux convenus�: la barre de chocolat, etc archives sous-titr�es ROBIN BUTLER Il nous fallait l�autorisation de Margaret Thatcher pour activer ce plan d�exfiltration Or, elle �tait en visite priv�e � la Reine qui se trouvait � Balmoral � ce moment-l�, ce qui �tait tr�s inhabituel, parce qu�elle n�y r�sidait g�n�ralement qu�en septembre Le secr�taire priv� aux affaires �trang�res a donc d� se rendre � Balmoral et il a d� insister pour la voir Il y avait deux choses en jeu�: d�une part, sur le plan humain, la conscience des risques encourus par une personne qui avait si bien servi le Royaume-Uni�; et d�autre part, les cons�quences que cela pouvait avoir sur le plan diplomatique international NARRATRIVE La Premi�re ministre doit maintenant d�cider ce qu�il faut faire de l�espion qu�elle n�a jamais rencontr� Les renseignements de ce dernier l�avaient aid�e � forger une relation de confiance pr�cieuse avec Gorbatchev Et si cette exfiltration �choue, le froid pourrait � nouveau souffler sur l��chiquier mondial RAYMOND ASQUITH Ce t�l�gramme avait �t� envoy� au SIS, il est donc crypt� ��La Premi�re ministre a personnellement approuv� cette op�ration et a exprim� sa totale confiance en votre capacit� � la mener � bien Nous vous soutenons tous � % et nous sommes convaincus de votre succ�s�� Il y a eu un pic d�adr�naline Il y avait tellement de choses � planifier�! Je n��tais pas excit�e, j��tais en fait terroris� ! On avait mis au point une histoire�: la femme de mon assistant souffrait d�un probl�me gyn�cologique qui n�cessitait une intervention urgente � Helsinki Je devais les accompagner tous les deux, et ma femme serait, elle aussi, du voyage La femme de mon assistant devait g�mir de douleur devant les micros, et moi, me plaindre d�avoir � partir pr�cipitamment Qui en effet allait s�occuper du b�b�? J�ai donc beaucoup parl� au plafond, pour �tre s�r d��tre entendu archives sous-titr�es RAYMOND ASQUITH On avait pris notre b�b�, parce que ma femme l�allaitait encore Mais pour �tre honn�te, je pensais surtout que c��tait une couverture J�ai appris plus tard d�un agent sovi�tique que le KGB ne croyait tout simplement pas qu�un agent de renseignement britannique emm�nerait un b�b� dans une op�ration aussi p�rilleuse On a roul� toute la nuit Je me souviens qu�il y avait trois plan�tes, une, droit devant, la e, � droite, et la e, � gauche C��tait un trajet tr�s pittoresque L�aube �tait si belle qu�on ne pouvait pas croire que quelque chose de mauvais pouvait arriver ce jour-l� archives sous-titr�es RAYMOND ASQUITH Vers heures et demie ou midi et demi, j�ai vu deux voitures du KGB arriver derri�re nous L�une d�elles a acc�l�r� d�un coup et m�a d�pass� Elle s�est intercal�e entre ma voiture et celle de mon assistant On s�est donc retrouv�s pris en sandwich entre deux voitures du KGB Pour �tre tout � fait honn�te, je n�avais jamais pens� � cette possibilit�, je n�avais m�me pas r�fl�chi � ce qu�il �tait possible de faire dans une telle situation Je me suis dit que la seule fa�on de m�en sortir �tait de leur jouer une sorte de tour psychologique J�ai donc ralenti Les deux voitures de surveillance ont d� ralentir aussi Si cela avait �t� des voyageurs lambdas en voiture, ils nous auraient d�pass�s Le conducteur du v�hicule devant moi a fini par perdre patience et s�est �loign� en trombe On n��tait plus qu�� une vingtaine de kilom�tres de notre point de rendez-vous Notre seul espoir �tait de semer la voiture derri�re nous On a donc commenc� � rouler de plus en plus vite Le point de rendez-vous �tait dans une sorte de clairi�re dans les bois Il y avait un �norme rocher On a fonc� et on s�est arr�t� sur le bas-c�t� On a vu les voitures de surveillance loin devant Elles nous avaient d�pass�s sans nous voir C�est alors que Gordievsky, tel un troll norv�gien, a surgi des sous-bois o� il s��tait cach� Je me suis dit : ��Heureusement qu�il est venu seul C�est triste qu�il n�ait pas pu emmener sa femme et ses enfants�� Mais d�un point de vue purement pragmatique, on avait certainement plus de chance de s�en tirer Puis, on est arriv�s au poste-fronti�re et j�ai vu les chiens des douaniers sovi�tiques Ils se sont approch�s de notre voiture archives sous-titr�es RAYMOND ASQUITH Ils se sont dirig�s vers l�arri�re du v�hicule de mon assistant, o� se trouvait Gordievsky La situation devenait de plus en plus alarmante Ma femme �tait sortie de la voiture avec notre petite fille et cherchait quelque chose pour la nourrir Je lui ai dit : " Prends ses couches et va la changer sur le coffre de la voiture, juste au-dessus de Gordievsky�� C�est ce qu�elle a fait Elle a chang� la petite et a laiss� tomber la couche souill�e sous le coffre au moment o� le chien s�est approch� Le chien a eu l�air d�go�t� et il s�est �loign� archives sous-titr�es NARRATRICE Thatcher est maintenant confront�e � un nouveau dilemme : la fuite de Gordievsky est une humiliation publique pour l�Union sovi�tique archives sous-titr�es NARRATRICE Par voie diplomatique, les Britanniques proposent de passer l�affaire sous silence Si la femme et les enfants de Gordievsky sont autoris�s � le rejoindre Un d�lai r�flexion de deux semaines est propos� Et ignor� archives sous-titr�es BRYAN CARTLEDGE Peu de temps apr�s l�annonce faite � Londres, j�ai �t� appel� au minist�re des Affaires �trang�res archives sous-titr�es BRYAN CARTLEDGE On m�a dit que membres de mon �quipe, dont les deux qui avaient conduit l�op�ration, �taient expuls�s pour avoir men� des activit�s hostiles � l�Union sovi�tique J�ai dit que je n�avais aucune id�e de ce dont il parlait Il m�a r�pondu : ��Vous savez tr�s bien de quoi je parle�� Et c�est tout archives sous-titr�es NARRATRICE Dans seulement deux mois, Reagan et Gorbatchev doivent s�asseoir ensemble pour discuter de l�avenir des armes nucl�aires Mais � la CIA, les soup�ons se renforcent DIANA WORTHEN On commen�ait � se rendre compte qu�un grand nombre de nos actifs ne reviendraient probablement pas Quand il y en a un, il n�y a pas vraiment lieu de s�alarmer Quand un e ne revient pas, on se dit que ��bon, d�accord, �a en fait deux maintenant�� Puis, quelqu�un finit par dire�: ��Je crois qu�il y a un probl�me�� Vous savez quoi�? Moi aussi, je pense qu�il y a souci JIM MILBURN Dmitri Polyakov avait �t� recrut� dans les ann�es C��tait une source exceptionnelle Il nous avait fourni beaucoup d�informations C��tait une grande perte pour nous lorsqu�il a �t� compromis NARRATRICE La CIA apprend peu � peu le sort de ses agents dans les mois qui suivent JIM MILBURN Les Russes, bien s�r, rendent publiques certaines de ces arrestations On les voit v�rifier dans sa bouche qu�il n�a pas de pilule pour se suicider DIANA WORTHEN C�est affreux Oh, je ne peux pas regarder �a Polyakov Je ne peux pas regarder �a ALEXANDER VASSILIEV Eh bien, ils ont fini ex�cut�s, parce qu�ils avaient commis des actes de haute trahison Ils avaient pr�t� all�geance � leur patrie Cela peut sembler barbare aux yeux des civils, mais il s�agit d�une guerre, d�une guerre secr�te C��taient des officiers On ex�cute les tra�tres, tout simplement DIANA WORTHEN Smetanin est ex�cut� Martynov est ex�cut� Motorine est ex�cut� JIM MILBURN Le sort de Motorine est probablement celui qui m�a le plus affect�, parce que je faisais partie de son �quipe r�f�rente On apprend � conna�tre leur famille, leurs peurs, les dangers auxquels ils sont confront�s Et puis on se rend compte du risque qu�ils prennent pour nous C�est tr�s difficile DIANA WORTHEN C�est d�une tristesse sans nom Je suis contente de ne plus faire ce m�tier On savait qu�il y avait une taupe Personne ne voulait le dire, mais il y avait une fuite JIM MILBURN On devait trouver ce type avant qu�il ne tue d�autres agents, pour des raisons de s�curit� nationale, bien s�r, mais aussi pour des raisons personnelles, pour les agents eux-m�mes NARRATRICE Tous les efforts sont d�ploy�s pour pr�parer un sommet in�dit o� deux adversaires historiques vont se rencontrer archives sous-titr�es KEN ADELMAN J��tais avec Reagan � Gen�ve Le premier sommet am�ricain en six ans et demi Le premier sommet pour Mikha�l Gorbatchev Le premier sommet pour Ronald Reagan C��tait donc tr�s sp�cial archives sous-titr�es BRYAN CARTLEDGE Je pense que les responsables politiques savent que le monde du renseignement a une existence � part Il arrive que les choses tournent mal, que des agents soient captur�s, exfiltr�s ou expuls�s Les hommes d��tat ont le devoir de ne pas se laisser distraire et de garder le cap KEN ADELMAN Vous savez, quand on a commenc� notre collaboration, quand je suis devenu directeur du contr�le des armements en , la situation �tait plut�t sombre Mais il y a une vieille expression qui dit que l�heure la plus sombre est celle qui pr�c�de l�aube archives sous-titr�es NARRATRICE Maintenant qu�il est libre de travailler au grand jour, Gordievsky devient un t�moin expert, �clairant les Britanniques et leurs alli�s sur les secrets du KGB Quant � Ames, il continue de travailler, sans �tre rep�r�, au c�ur de la CIA archives sous-titr�es NARRATRICE En Russie, la responsabilit� de l��vasion de Gordievsky revient au bureau du KGB de Leningrad et � l��quipe charg�e du contre-espionnage Parmi eux, un officier subalterne, qui gravit les �chelons RAYMOND ASQUITH Je sais qu�il a �t� tr�s contrari� Pour lui, l�op�ration Gordievsky avait eu pour cons�quence le limogeage de nombreux amis et coll�gues BRYAN CARTLEDGE Je pense que les germes de sa politique actuelle ont �t� plant�s � cette �poque, lorsqu�il n��tait qu�un jeune officier du KGB Je pense qu�aux yeux de Poutine, l�attitude moins agressive de Gorbatchev � l��gard de l�Occident �tait une trag�die nationale Son devoir serait d�y rem�dier Secrets and spies ep BBC Adaptation: Nouannipha Simon � 1