ANA AVERY CAPITAINE_WATT DANIEL EVAN FILLE_BATEAU GAGE HAZEL JODY JOEL JOHN JOHN_SONNA_BOY JUSTIN LOUISE MARCELLA MARVIN NALU PANITA PRODUCTRICE QUANNAH STEVEN STOSH TERESA JOHN SONNA BOY H�! Regarde l�-bas�! L�-bas�! Vas-y, tire�! JOHN Un jour, quand j��tais petit, mon grand-p�re m�a dit�: ��Quand notre Cr�ateur a model� l�Alaska, j�y ai pris part.�� ��Et je suis le ma�tre de cette terre.�� STEVEN Quel que soit notre lieu de naissance, � l�int�rieur des terres, sur la c�te ou dans le sud, nous sommes tous issus de peuples autochtones forts. JODY Notre peuple a r�ussi � prosp�rer dans un environnement hostile. DANIEL C�est quelque chose que les anciens nous ont transmis. MARVIN J�ai beaucoup appris des histoires qu�on m�a racont�es. STEVEN On �coutait ces histoires et on apprenait. O� trouver du gibier, par exemple. DANIEL Comment tirer depuis un bateau. MARCELLA Comment r�colter des baies. ANA Ma m�re nous a appris � d�couper le poisson. JOEL On a appris � survivre ici. JODY � prosp�rer dans cet environnement. � le respecter. LOUISE On a appris � s�entraider. JOHN � jouer du tambour et � chanter. -TERESA Il est capital que nos histoires se transmettent de g�n�ration en g�n�ration. JOHN Il faut apprendre aux jeunes � raconter ces histoires car elles perp�tuent l�esprit de notre peuple. Transmettre cet h�ritage fait partie de notre vie. JOHN SONNA BOY Tu l�as eu�! JOHN Formidable. Il faut qu�on retourne chercher les couteaux pour le d�pecer. JOHN SONNA BOY D�accord. JOHN Mes capacit�s physiques ne sont plus ce qu�elles �taient. PANITA Ils reviennent de la chasse. TERESA Tr�s bien. JOHN Mais quand je vois un ��tuntuvak��� je retrouve tous mes moyens. TERERA Oui�! C�est une belle b�te. JOHN Je me sens� rajeuni, plus fort. Tu sais ce que je vais faire�? TERESA Me le d�dier�? Non. JOHN Il faut qu�on aille l�-bas pour le d�couper. - TERESA D�accord. J�ai h�te. Allez, on y va�! MARVIN Belle journ�e, Justin. JUSTIN Oui. MARVIN Ce sera notre derni�re journ�e de p�che autoris�e cette saison. �a a �t� une ann�e tr�s calme pour la p�che. Les prix �taient bas. � pr�sent, le poisson se montre, et le gouvernement nous a autoris�s � p�cher heures de plus. En gros, j�ai heures pour faire une bonne p�che. J�ai �t� p�cheur de saumon professionnel toute ma vie, depuis mon adolescence. Mais j�ai toujours fait partie d�un �quipage. Cette ann�e, j�ai un permis � mon nom. J�ai droit � cent pour cent de ce que je p�che. On arrive � nos bou�es. J�ai un nouveau lieu de p�che par rapport � la derni�re fois. Sur la zone pr�c�dente, j�ai d� lutter, on a eu des catastrophes. Il faut que je remonte mon filet, j�ai perdu une ancre�! Malgr� ces gros p�pins, on sait ce qu�on est capables de faire. Le potentiel est toujours l�, il suffit d�aller l�exploiter. Tu l�as�? JUSTIN Oui. MARVIN Il faut bosser dur jusqu�� ce que �a paie. JUSTIN C�est bon. MARVIN Il faut bien tendre la ligne. JUSTIN Oui. MARVIN J�esp�re que le corps de ligne est bien tendu et que les ancres vont tenir. Cet �t�, j�ai achet� du mat�riel flambant neuf, un nouveau filet, une nouvelle ancre et une nouvelle ligne. J�ai acquis mon mat�riel petit � petit pour m�en sortir. On va laisser le filet en place jusqu�� la bascule de la mar�e. Je suis content de notre installation. �a a pris un peu de temps, mais maintenant, il faut attendre. GAGE Vas-y, recule. Attends, attends. Attends�! �a va se renverser. - AVERY Mais non. GAGE C�est bon�! On est � Takotna, dans notre camp de chasse � l�orignal. On dispose d�un chalet, d�un abri pour la viande et d�une chambre froide. Mais ce qui nous manque, c�est un sauna, qu�on appelle ��maqivik��. AVERY Un makivik est un bain de vapeur traditionnel qui permet de se laver quand on ne dispose pas d�eau. On en construit un pour notre m�re. Personnellement, je pr�f�re une douche, mais on utilise le maqivik depuis qu�on est petits. Super, c�est parfaitement horizontal�! STOSH Oui, j�ai tass� le gravier pour avoir de bonnes fondations. AVERY Je ne m�attendais pas � ce que ce soit plane du premier coup. On est des pros. STOSH La chance des d�butants. Oui, �a se pr�sente bien, les gars. Il faut s�assurer que c�est d��querre et que �a fait bien cinq m�tres cinquante sur quatre m�tres quatre-vingt-dix pour ne pas avoir � recouper les panneaux de contreplaqu�. GAGE �videmment, en mati�re de construction, notre p�re a bien plus d�exp�rience que mon fr�re et moi. STOSH Le parement va au-dessus. AVERY C�est toujours notre p�re qui con�oit les projets, mais Gage et moi, on ne manque jamais d��mettre quelques critiques. Tu es trop court de seize millim�tres . STOSH Bon, �a ira. On va poser le plancher sur les poutres. GAGE On va mettre le po�le ici�? - STOSH Oui, le po�le sera l� et la chemin�e juste au-dessus. Ensuite, on montera les murs. Ce sont des panneaux d�un m�tre quatre-vingt-trois , donc il faut retrancher neuf virgule trois centim�tres. AVERY Quoi�? STOSH Oui. ANA Le bain de vapeur est une coutume chez les Yupiks. Prendre un makivik, ce n�est pas seulement nettoyer son corps. Quand on est dans la partie chaude du sauna, on s�efforce de supporter la chaleur. Et quand on passe dans la partie froide, on appr�cie la fra�cheur venant de l�ext�rieur. Le makivik est donc un endroit o� on se ressource. STOSH Attendez. On va s�assurer que c�est bien droit. GAGE Attends. Ne bouge plus. STOSH C�est bon�? AVERY Encore un peu. GAGE Non. AVERY �a touche ce trait. GAGE � peine. Tu peux visser�! AVERY Parfait. GAGE �a penche de l�autre c�t�, maintenant. Peu importe. AVERY Non, �a penche pas. GAGE Si, �a penche. AVERY Non. GAGE Si. AVERY Non. STOSH On doit pouvoir monter l�autre mur rapidement. Inutile de palabrer pendant une demi-heure. �a prendra cinq minutes. GAGE Allez, il faut se bouger. STEVEN On a d�j� fait pas mal de chemin. Chaque courbe semble un peu plus prometteuse que la pr�c�dente. Je me souviens de tous les endroits o� j�ai vu des orignaux, et par ici, j�en ai vu quelques-uns. LOUISE On a beaucoup de travail � faire avant un long hiver, et on esp�re pouvoir remplir nos cong�lateurs. STEVEN On va peut-�tre grimper sur un poste d�observation et faire le tour de quelques lacs. LOUISE Beaucoup de choses sont ��hutlaanee��. On ne dit pas�: � Nous partons chasser l�orignal��, on dit�: ��Nous partons faire une balade.�� C�est l�automne et tout le monde sait ce que nous allons faire. STEVEN Quand on aura effectivement de la viande d�orignal, on en consommera environ un kilo par jour. Avec sept enfants � nourrir, il y a rarement des restes. J�ai d�j� fait une sortie avec mes filles. On a vu quelques orignaux, sans pouvoir les abattre. Mais � cette �poque de l�ann�e, on ne peut pas baisser les bras. J�ai mon appeau � orignal, j�ai mon fusil. J�ai ma femme ch�rie. Je ne peux pas t�oublier. On y va�! Des poils bruns clairs. Les ours viennent se gratter ici depuis pas mal de temps. LOUISE Cet automne est une saison difficile. C�est assez d�moralisant de ne voir aucune proie. C�est triste, on n�a vraiment pas de chance. J�aimerais bien que la chance nous sourie un peu. STEVEN Il y a plein de postes d�observation un peu partout. LOUISE Je me disais que �a devait tr�s important, autrefois. STEVEN Oui. LOUISE Quand les anciens voyaient un animal l�-bas, m�me s�il �tait loin, ils pouvaient le traquer. STEVEN ��Grimpe sur une hauteur pour voir ce que voit le corbeau.�� Tu vois ce corbeau�? Il est venu vers nous et il est reparti en criant ��Croa�! Croa�!�� Il y a un orignal tout pr�s d�ici. Le vent souffle pile dans sa direction. Il a senti notre odeur. Et il a d�tal�. D�s qu�il a senti notre odeur dans le vent, il a pris la fuite. LOUISE C�est quand m�me encourageant. Et c�est vraiment palpitant. Si on attend encore un peu, on verra peut-�tre un animal surgir entre les arbres. TERESA O� est l�orignal�? Tu as vu des baies�? PANITA Je n�ai pas fait attention. - JOHN On va s�occuper de l�orignal que j�ai tu�. TERESA Va tout de suite couper la veine jugulaire. JOHN Oui. TERESA La carcasse ne doit pas bouillir au soleil. Il fait tr�s doux, donc il faut s�en occuper tout de suite. JOHN Cette prise va nous permettre de nous nourrir pendant l�hiver. Et on donnera de la viande � tous ceux qui peuvent en avoir besoin � Chevak. On va r�gler �a en un rien de temps. Pas vrai, Sonna Boy�? JOHN SONNA BOY Oui. TERESA On va cueillir des airelles pendant que les hommes d�coupent l�orignal. Mmmm�! Les airelles sont mes baies pr�f�r�es. Elles contiennent beaucoup de vitamine C. Elles ont de grandes vertus m�dicinales. C�est pour cette raison qu�on aime bien en garder quelques sacs au cong�lateur. On en consomme tout au long de l�hiver. Ce sont les derniers jours de l�automne, et nous devons faire le maximum de r�serves pour l�hiver. Oh, c�est peut-�tre un orignal�! PANITA Tu crois�? TERESA Oui. Dans les buissons, de ce c�t�! PANITA C�est un b�uf musqu�. TERESA Oui, Panita, c�est bien un b�uf musqu�. On va le laisser vivre car on ne tue que les animaux dont on a besoin, et on �pargne les autres. Quand on vient ici, on ne sait pas ce qu�on va trouver, mais on ne reste pas t�te baiss�e � cueillir des baies. JOHN SONNA BOY Bon sang, �a p�se une tonne�! TERESA H�, regardez toutes les baies qu�on a ramass�es. Regardez �a�! JOHN Donne-m�en une poign�e. TERESA Pas tout de suite. JOHN Ouah�! TERESA On peut rentrer. John, tu es enti�rement satisfait�? JOHN Oui, je suis vraiment satisfait. � cent pour cent. TERESA La chasse est termin�e. STOSH Vous �tes pr�ts � soulever le b�ti�? Un, deux, trois, on l�ve�! - AVERY Attendez. La fen�tre est � la bonne hauteur. STOSH Tu vois notre orignal�? AVERY Pas pour l�instant. GAGE On a install� le plancher, les montants pour les murs et le cadre de la fen�tre, donc on a fait le plus dur. AVERY C�est tout un processus. On fait deux pas en avant, un pas en arri�re, surtout si on r��value sans cesse le travail pour s�assurer que tout est aux bonnes dimensions. Voil�. Tu veux la porte � cette hauteur�? GAGE Oui, descends et fais comme si tu ouvrais la porte pour entrer. C�est bon. AVERY Oui, mais tu vas te cogner la t�te. GAGE Un m�tre quarante�? AVERY Non, un m�tre cinquante. GAGE Mais non. AVERY Pourquoi�? GAGE C�est ridicule. C�est plus facile d�aller chasser en famille. De temps en temps, ces p�pins m�ennuient et mon fr�re m�agace aussi. Mais je me dis que ma m�re sera tr�s contente de profiter de ce maqivik. AVERY H� regarde, il y a des canards�! Il y a des canards�! GAGE / AVERY O� �a�? - Juste en face�! AVERY Viens�! On va se laisser porter par le courant et on les tire au passage. Pr�t�? GAGE Oui. AVERY Prends la rame. GAGE Tu les as tu�s tous les deux d�un seul coup. Joli tir. Bon, c�est comme si on �tait all�s chez le volailler. ANA Deux�? Super. Il y aura de la soupe de canard au menu. AVERY Oui. GAGE On d�jeune et on reprend le boulot. JOHN On ne va pas d�ployer le filet � l�endroit habituel. Sonna Boy, l�endroit o� on va le poser, c�est mon grand-p�re qui me l�a fait d�couvrir quand il venait ici pour p�cher le cor�gone et le brochet. On va aller vers l�autre rive installer le filer pour la nuit, et on verra ce qu�on attrape. D�accord�? JOHN SONNA BOY Oui. TERESA Aujourd�hui, c�est une bonne journ�e. Cette nourriture de subsistance est notre garantie de survie pour l�hiver � venir. JOHN Bien. Le ��qagatek�� est une zone de frai pour les poissons. C�est ici que mes anc�tres venaient p�cher pendant l�automne. Ferme un �il�! � l�automne, le poisson est abondant. Tu me dis quand tu es pr�t, Sonna boy. D�accord�? On vide les poissons, on les fait s�cher et on les garde pour l�hiver. TERESA C�est parfait. JOHN J�esp�re qu�on en attrapera beaucoup. Je vis sur la toundra. Cette terre a confiance en moi. Elle a confiance en mon esprit. Mon mode de vie de subsistance, c�est quelque chose qui s�est transmis de g�n�ration en g�n�ration depuis des mill�naires. Ce mode de vie est capital pour moi. Il nous maintient en vie, moi, nos familles, nos villages. Notre survie d�pend de cette terre. Tu vas v�rifier le filet, il a pass� toute la nuit dans l�eau. JOHN SONNA BOY Oui, �a fait environ treize heures. TERESA Il y a beaucoup de poissons�? Je vois des brochets. JOHN Ouah�! Regardez �a�! TERESA Panita, on a attrap� combien de poissons, � ton avis�? PANITA Une douzaine. TERESA �a suffira pour aujourd�hui. JOHN On retourne au camp�? TERESA Oui. JOHN D�accord. TERESA On va s�occuper de ces poissons. STEVEN Hier, on a navigu� toute la journ�e. J��tais �puis�. On a fait beaucoup de chemin, mais on n�a pas eu de chance. LOUISE Chaque ann�e, je voudrais que ce soit plus facile. J�ai toujours l�espoir qu�un automne, on puisse tirer un orignal au d�tour d�un m�andre, apr�s une courte navigation. Mais ce n�est jamais aussi facile pour nous. On doit faire des kilom�tres, explorer chaque rivi�re. STEVEN Tu te souviens de ce petit lac o� on est tomb� sur un m�le, l�an dernier�? LOUISE Oui. STEVEN C��tait un mastodonte. Mais personne n�a pu l�avoir. Un orignal de cette taille doit avoir une couche de graisse d�au moins sept centim�tres d��paisseur sur la croupe. LOUISE Quand on habite dans cette r�gion, il faut conna�tre ses limites. Savoir jusqu�o� on peut aller. Savoir quand renoncer. - STEVEN Je ne baisserai pas les bras. J�emm�ne Louise � un autre lac, o� on a rep�r� un orignal l�ann�e derni�re. Il y a toujours des signes prometteurs l�-bas. L�an dernier, j��tais avec mes filles et Louise. Et on a rep�r� un grand m�le. On n�a pas r�ussi � l�approcher, mais j�esp�re qu�il est toujours dans les parages. J�entends du bruit dans l�eau par ici. Tu entends�? LOUISE Oui. STEVEN Le voil�, ce grand m�le. LOUISE Il est venu du m�me endroit que l�an pass�. STEVEN Il doit faire m�tre au garrot. LOUISE Tu crois�? STEVEN Il est �norme. LOUISE Il est juste de l�autre c�t�. STEVEN �a fait un peu loin pour tirer. Environ deux cent cinquante m�tres. Je sens monter l�adr�naline. Tu vois ce grand arbre�? LOUISE Oui. STEVEN L�-bas�! LOUISE Steven�? Oh non�! Je suis perdue. Steven�? J�essaie de trouver des traces. Steven�? Bon sang�! Je n�avais jamais vu de tani�re et je ne tenais pas � en voir une d�aussi pr�s. J�ai eu peur. Steven�! Te voil�! Tout va bien�? STEVEN J�ai compl�tement rat� mon coup. Je vois la flaque d�eau et l�herbe o� il est pass�. Il n�y a pas une goutte de sang. Mais finalement, c�est un mal pour un bien. Au moins, je ne l�ai pas bless�. C��tait une bonne occasion de remplir nos cong�lateurs et d�assurer une bonne alimentation � ma famille pour tout l�hiver. - LOUISE J�ai cueilli quelques airelles. STEVEN LOUISE � ton avis, �a vaut quand m�me la peine de revenir demain�? STEVEN Oui, on reviendra et on retentera notre chance. Vu que je suis le seul chasseur et p�cheur dans ma famille, j�ai beaucoup de poids sur les �paules parce que je dois m�assurer qu�on aura assez de nourriture pour l�hiver. Le soleil va se coucher. Il faut qu�on retourne au bateau. On retentera notre chance une autre fois. Je dois porter beaucoup d�enfants et ma femme sur mes �paules, et c�est �puisant. Il y a des jours o� j�ai du mal � me lever, mais je me rends compte qu�il y a beaucoup de gens qui comptent sur moi, alors je dois continuer � me battre. Je dois aller � la chasse et trouver du gibier. TERESA Le temps est r�volu o� je d�coupais tous les poissons. � pr�sent, les enfants me donnent un coup de main. On a attrap� quelques brochets. Comme il fait beau, j�ai dit � John de retourner poser son filet pour attraper un peu plus de poisson. JOHN SONNA BOY Elles vont �tre contentes. TERESA John m�a fabriqu� ces kegginaleks. JOHN Celui-ci, c�est vraiment un monstre. On va te manger, tu sais. TERESA Je fais �a depuis que je suis petite, car ma m�re est d�c�d�e quand j�avais ans. Quand j��tais jeune, lorsque les hommes travaillaient � la conserverie, c��taient les femmes qui p�chaient. Elles partaient en kayak, posaient les filets et attrapaient beaucoup de saumons, � cette �poque. C��taient des femmes fortes, tr�s ind�pendantes. JOHN SONNA BOY �a fait un bon paquet de brochets. JOHN Dix au total. On rentre�! JOHN SONNA BOY On a fait bonne p�che. PANITA Tant mieux�! JOHN Ouah�! Formidable�! Ils sont tr�s beaux, Teresa. TERESA Oui, c�est vrai. JOHN �a sera super quand ils auront s�ch�. Les ressources qu�on trouve ici m�appartiennent toutes. Elles font partie de notre patrimoine. En vivant ici, je suis devenu autosuffisant. MARVIN �a fait � peu pr�s six heures qu�on a pos� les filets. En g�n�ral, c�est le moment o� je les rel�ve, au changement de mar�e. L�ann�e a �t� tr�s calme pour tout le monde. C�est le d�but de l�automne, et on ne sait pas si �a va �tre notre dernier jour de p�che autoris�. Tu es pr�t�? JUSTIN Oui. On attrape diff�rentes esp�ces de poissons, mais on vise surtout le saumon rouge, qui rapporte plus d�argent. Le saumon rouge est le plus charnu de tous ces poissons. Le fait que Marvin ait sa licence commerciale est un bon investissement pour l�avenir de la famille. La ligne est bien droite. MARVIN J�ai h�te de ramener du poisson. Tu as quelque chose�? JUSTIN Non. MARVIN Pas de poisson. C�est �a, la p�che, il y a des bons et des mauvais jours. Il faut l�accepter, sinon on est constamment d��u. Le filet est d�chir�. Il s�est accroch� au fond�? JUSTIN La p�che, c�est la loterie. Il y a des ann�es o� on gagne de l�argent, d�autres pas. On ne le sait jamais � l�avance. MARVIN Un peu de patience. Je crois qu�on a attrap� du poisson. JUSTIN Salut, les saumons ! Il y en a quelques-uns pris dans ce coude. MARVIN Oui. C�est g�nial. Ces poissons sauvent notre journ�e. Beau saumon rouge. Oh oui, ce coude-ci et l�autre donnent bien, Justin. Du poisson en pagaille. Du saumon rouge, du saumon rouge, du saumon rouge. ��Mortel, mortel, ce filet�!�� Mieux vaut ne pas chanter �a�! Direction le bateau transporteur. On va livrer notre poisson � l�Ermine, et on fera aussit�t demi-tour. On a juste le temps de faire une derni�re p�che, parce que �a se termine ce soir. Salut, John�! CAPITAINE WATT Bonjour Marvin, bonjour Justin�! MARVIN Belle journ�e, pas vrai�? CAPITAINE WATT Oui, belle p�che aussi, on dirait. MARVIN Oui. La p�che ferme officiellement � heures. Quelle heure est-il, John, s�il te pla�t�? CAPITAINE WATT Il est heures . MARVIN heures �? C�est �a qui m�inqui�te. FILLE BATEAU On vous envoie le crochet, les gars�! MARVIN La grue du bateau est �quip�e d�une balance, donc quand ils remontent notre cargaison, ils peuvent nous dire quel poids elle fait et combien �a va nous rapporter. CAPITAINE WATT Quatre-cent-huit kilos de saumon rouge, Marvin. MARVIN C�est bien, on est contents. CAPITAINE WATT Oui, c�est bien. MARVIN Super, merci. � tout � l�heure. CAPITAINE WATT Dix-huit heures, c�est vite l�. - MARVIN Absolument. C�est pour �a que je suis un peu press�. On a encore du boulot, mon pote. JUSTIN On n�a pas dit notre dernier mot. GAGE �a se pr�sente bien. C�est le dernier. Voil�, les chevrons sont pos�s. AVERY Tr�s bien. GAGE �a commence � ressembler � un maqivik. On va fixer les panneaux de contreplaqu� et le toit sera termin�. STOSH Fais-le glisser. AVERY J�ai toujours eu � coeur de perp�tuer les traditions de notre peuple. J�ai appris notre langue en grandissant, je me suis impr�gn� de notre culture. Ce que je souhaite par-dessus tout, c�est de pouvoir transmettre tout �a � mes enfants, un jour. GAGE On a vraiment progress�. AVERY Oui, j�ai h�te de descendre. �a fiche un peu la frousse d��tre perch� ici. STOSH C�est presque fini, les gars. AVERY Qu�est-ce que tu d�coupes�? - STOSH �a, c�est la fen�tre. Ensuite, on installera le pignon pour la porte. GAGE D�accord. STOSH On va voir si je peux scier droit. AVERY Mets tes lunettes de vue. STOSH Chaque gar�on a sa personnalit�. Ce sont des adultes, maintenant. Donc �a nous fait trois points de vue, trois avis diff�rents. De ton c�t�, ce n�est pas d��querre, Avery. L�, c�est bon. AVERY C�est un peu d�cal�. - GAGE Bon sang�! STOSH En g�n�ral, on se dispute un moment, sans se prendre au s�rieux, et ensuite on arrive toujours � une conclusion, un compromis qui fonctionne bien. J�esp�re qu�elle sera � la bonne taille. ANA Oui. C�est l�instant de v�rit�. �a a l�air bon. STOSH On dirait bien. ANA Travailler ensemble en famille, c�est ce qui compte le plus. Youpi�! Regarde �a�! STOSH Qu�est-ce que tu en dis�? ANA STOSH �a va marcher�? ANA Oui. STOSH Je vais apporter le po�le avec les gar�ons. Attention � ce que le conduit ne heurte pas la porte. ANA �tre ensemble, se raconter des histoires, se taquiner, tout �a prend tout son sens quand on le fait en famille. �a fait vraiment partie de notre identit�. Tr�s bien, on l�allume�! AVERY �a chauffe�! ANA J�en r�ve depuis des ann�es. Je vais jouer les testeuses. AVERY D�accord. ANA Tr�s bien. Je suis tr�s reconnaissante envers Stosh et les gar�ons. J�ai trop h�te�! Et je serai reconnaissante aussi longtemps que j�utiliserai ce bain de vapeur. Beau travail, les gar�ons. LOUISE �a va �tre assez grand�? - STEVEN C�est la taille que faisait cet orignal dans mon viseur. J�avais un tir parfait et j�ai rat� mon coup. J��tais allong�, bien cal�, mon fusil ne bougeait pas. Pour moi, cet orignal aurait d� s��crouler. Il faut ajouter des points. L�, �a ressemble � un orignal. C�est un bon endroit pour v�rifier ma hausse. Voir si c�est le fusil ou moi. Douze centim�tres trop haut. Je dois faire une l�g�re correction. Trois crans. Attention, je tire. Mon fusil �tait mal r�gl�. Ce n��tait pas moi. �a fait plusieurs semaines que je chasse et la chance ne m�a pas encore souri. C�est peut-�tre un automne o� on ne tuera pas d�orignal. Si c�est le cas, ce sera de ma faute, c�est moi qui aie rat� mon tir. Ce ne sont pas mes enfants, ce n�est pas ma femme, c�est moi qui aie rat� mon tir. Si on n�a pas assez � manger, ce sera de ma faute. LOUISE �a me fend le coeur de voir Steven culpabiliser. Je ne me rendais pas compte de la pression que subissent les hommes du village quand il s�agit de ramener de la viande � la maison avant l�hiver. C�est un sentiment d��chec que je partage avec Steven, d�une certaine fa�on. Mais je garde espoir. STEVEN Tu sens son odeur�? LOUISE Tr�s l�g�rement. STEVEN On voit de plus en plus de traces fra�ches. Il a carr�ment d�racin� cet arbre. On peut dire qu�il a fait des d�g�ts. C�est une force de la nature. LOUISE Steven. On l�entend grogner de ce c�t�-l�. On l�entend, il est par l�. STEVEN Allez�! Allez, allez�! Viens, on y va�! LOUISE Je te suis tellement reconnaissante. Je t�aime. STEVEN LOUISE Il a de la bonne graisse�? STEVEN Oui. Il en a perdu un peu sur la croupe, mais il y a de la bonne graisse l�-dedans. Il faut que j�aille chercher tout le mat�riel pour le d�pecer. LOUISE C�est un mastodonte. Tu vas avoir du mal � le soulever. - STEVEN Avec mon �quipement, je vais pouvoir le sortir de l�. On a minutes de marche avant de le charger sur le bateau. Il faut se mettre au boulot si on veut �tre rentr�s avant la nuit. Tout d�un coup, je me suis senti soulag�. J�ai pouss� des cris de joie. C�est quelque chose que je n�aurais pas d� faire car c�est contraire � notre culture. Mais je me suis senti soulag� d�un tel poids quand j�ai vu cet orignal s�effondrer que c�est sorti comme �a. Je me sens un peu coupable d�avoir r�agi comme �a, mais je suis content d�avoir enfin r�ussi. Oh oui. C�est bon de sentir ce poids sur mon dos. Ce poids sur mon dos m��te un �norme poids sur les �paules. LOUISE Je suis tr�s fi�re de Steven. Je suis contente qu�il n�ait pas renonc�. Je sais qu�il �tait terriblement d��u d�avoir rat� son premier tir. Alors c��tait g�nial de le voir r�ussir cette fois-ci. STEVEN On va faire bon usage du moindre morceau de cet orignal. Ce bon vieux m�le va nourrir nos enfants. On consomme notre propre nourriture issue de nos propres terres. MARVIN On se d�p�che d�aller relever le filet car la p�che ferme officiellement ce soir. Le temps a chang�, alors il va y avoir un peu plus de clapot. Tu vois l�eau qui rentre par ce trou, c�est ce que je v�rifie avec attention pour voir le poids du bateau. Quand je vais relever mon filet, le bateau va prendre beaucoup de poids et s�enfoncer dans l�eau. C�est surtout �a qui m�inqui�te. Tiens bien la ligne, Justin. Je vais la d�tacher juste ici. Ouah�! J�ai failli passer � l�eau�! Dire que j�ai failli faire un plongeon�! On a encore attrap� du poisson. On va pouvoir faire une autre livraison. Ce filet est mortel. JUSTIN Oui. MARVIN C�est clair. Ce sera plus facile quand on avancera dans l�autre sens, d�accord�? On n�est pas venus pour rien. Et on n�a pas perdu notre temps�! C�est la premi�re ann�e que j�ai ma propre licence commerciale et je suis tr�s content parce que �a me permet de faire vivre ma famille un peu mieux que ce que j�ai connu personnellement. JUSTIN C�est parfait, il y a un poisson tous les cinquante centim�tres. MARVIN Oui. �a fait plaisir � entendre. C�est une s�curit� pour moi et ce sera �galement une s�curit� pour eux. Parce que l�argent ira � Justin et � sa famille. C�est une bonne mani�re de conclure cette derni�re journ�e de p�che. On ne pouvait pas esp�rer mieux que ce qu�on a pris aujourd�hui. Je suis tr�s satisfait. Je suis content. JUSTIN Il n�y a pas eu de catastrophe. On a pu p�cher tout ce qu�on voulait en temps et en heure. MARVIN Ici, ce sont les plus forts qui survivent. Rebonjour�! J�appr�cie beaucoup cet endroit, je l�aime avec passion. J�ai l�impression d�y avoir enfin retrouv� ma place. JOHN Bon, Sonna Boy, tu es pr�t�? Il est temps de lever le camp. TERESA On a pass� un moment formidable tous ensemble, en famille, mais il est temps de rentrer chez nous, au village. JOHN Sonna Boy, remplis ce bol d�eau. On va dire une pri�re avant de rentrer � la maison. JOHN SONNA BOY Mon grand-p�re fait tout son possible pour m�enseigner ce qu�il sait, de mani�re � ce que je passe moi-m�me ce flambeau un jour. JOHN JOHN SONNA BOY Je ne comprends pas toutes les paroles de cette chanson, mais c�est une ode � l�oc�an. Est-ce que je peux... PRODUCTRICE Oui. JOHN SONNA BOY QUANNAH Notre g�n�ration a la responsabilit� de prot�ger et de perp�tuer notre mode de vie traditionnel et notre culture. AVERY J�esp�re avoir des enfants un jour et les �lever comme nous avons �t� �lev�s ici. GAGE C�est une mani�re de s�assurer que nos traditions culturelles seront transmises � la prochaine g�n�ration. EVAN Je me sens responsable d�enseigner notre culture aux plus jeunes. HAZEL Pour moi, le plus important est de transmettre ces connaissances � mes proches. NALU Nous, les jeunes, nous devons faire vivre ces traditions et prendre soin de nos familles et de nos communaut�s. AVERY Nous devons nous souvenir de ces histoires et honorer tous ceux qui ont v�cu ici. JOHN SONNA BOY Peu importe que le travail soit p�nible, je suis pr�t � le faire. Nous avons �t� les premiers � vivre ici. C�est notre terre, c�est notre culture, et personne ne pourra nous en priver. FIN DU COMMENTAIRE First Alaskans Episode