ACTOR ALEX_CLARKE CHRISTIAN_JENTZSCH ERIC_RUST NARRATEUR NARRATEUR Dans le nord de la Norv�ge, un sous-marin allemand sur le point dattaquer un navire de guerre ennemi est pris pour cible par un destroyer britannique. ACTOR Immersion ! NARRATEUR Quand soudain, des sons myst�rieux envahissent la coque dacier. CHRISTIAN JENTZSCH Qua d� penser l�quipage ? "Ils nous tiennent ! Ils ont sans doute un nouveau type darme !" NARRATEUR La pression saccentue, ils doivent trouver un moyen de s�chapper. NARRATEUR Pendant la Seconde Guerre mondiale, une arme redoutable entra�ne le conflit dans les profondeurs des mers. Ces b�timents sous-marins ont une puissance de feu consid�rable... et d�cha�nent de violentes ripostes. Ces navires de guerre r�volutionnaires reposent cependant sur une technologie encore parfois balbutiante. Vont-ils r�ussir � changer le cours de la guerre ? Leur histoire est aujourdhui l�gendaire. avril , mer du Nord. Le U-Boot1 allemand U- patrouille dans les eaux entre les �les Shetland et la Norv�ge, au nord de l�cosse continentale. Pendant quatre jours, le capitaine-lieutenant, Herbert Schultze, a �vit�, ou ignor� des cibles multiples. Il a des ordres inhabituels : Ne pas attaquer le transport maritime alli�. CHRISTIAN JENTZSCH Schultze �tait lun des commandants de sous-marins les plus agressifs et les plus efficaces au d�but de la guerre. En la mati�re, on exigeait dun requin quil ne morde pas. ACTOR NARRATEUR Les ordres secrets de Schultze lui prescrivent de nattaquer que les navires de guerre ennemis. ACTOR ACTOR Non, pas aujourdhui. NARRATEUR Ses cibles habituelles �tant hors datteinte, il laisse les navires ennemis passer en toute s�curit�. Ces derniers nont pas conscience d�chapper au danger qui les guette. Enfin, le avril, Schultze re�oit de nouveaux ordres provenant directement du F�hrer... Le U-Boot doit se diriger vers le nord de la Norv�ge � vitesse maximale. ACTOR Cap sur Narvik. NARRATEUR LU- est attendu � Narvik. La veille, apr�s six mois de "dr�le de guerre", Adolph Hitler sort de limpasse et envahit les pays neutres que sont le Danemark et la Norv�ge. ERIC RUST Il disposait de preuves cr�dibles selon lesquelles les Britanniques, les Fran�ais et les Polonais envisageaient de contr�ler le flanc nord de la Scandinavie, afin demp�cher les Allemands dexp�dier le minerai de fer des mines de Kiruna, en Su�de, notamment via Narvik. NARRATEUR Sen suit un assaut amphibie dampleur. ERIC RUST La marine servait essentiellement de moyen de transport. Larm�e de lair assurait la s�curit� et les bombardements. Larm�e de terre �tait affect�e � loccupation. NARRATEUR Le plan allemand vise plusieurs sites le long de la c�te norv�gienne. Dans le Grand Nord, Hitler envoie dix destroyers vers la ville de Narvik. ALEX CLARKE Narvik est un port libre de glace toute lann�e. Cest un site vital si vous voulez obtenir du minerai de fer de Su�de � notamment du minerai pur � pendant les mois dhiver. NARRATEUR La flottille allemande �limine la r�sistance norv�gienne et commence � d�barquer deux mille chasseurs alpins pour semparer de Narvik et sy maintenir. Mais avant que les destroyers allemands ne puissent partir, ils ont besoin de faire le plein. ERIC RUST C�tait leur talon dAchille. Ils ne disposaient pas dun nombre suffisant de navires pr�-positionn�s capables de r�approvisionner rapidement les destroyers en carburant. NARRATEUR Il est risqu� pour les navires de guerre de sattarder dans les fjords � pr�s de km � lint�rieur des terres. En raison de l�troitesse des plans deau, les voies d�vacuation peuvent �tre bloqu�es par des navires ennemis. Pour d�fendre les forces dinvasion allemandes, Hitler envoie �galement quelques unit�s de U-Boots. NARRATEUR Trois sous-marins allemands surveillent les fjords menant � Narvik afin de prot�ger les destroyers. ERIC RUST Les U-Boots servaient de d�tachement avanc� pour contrer les Britanniques, au cas o� ils se pr�senteraient. NARRATEUR Le avril , de fortes chutes de neige tombent sur l�troit Ofotfjord2 et r�duisent la visibilit�. Les U-Boots utilisent le couvert du blizzard pour sattarder � la surface et recharger les batteries. Mais ils surestiment leur propre capacit� � voir les autres navires... Masqu�s par la neige, cinq destroyers britanniques passent devant les sous-marins allemands sans �tre aper�us, ni m�me entendus. Les navires de guerre britanniques atteignent bient�t le port int�rieur de Narvik. ALEX CLARKE Ils d�couvrent un port anim�, rempli de navires surtout des navires marchands. Le brouillard dense les emp�che de rep�rer les destroyers parmi les navires marchands qui battent toutes sortes de pavillons. NARRATEUR La force dattaque britannique identifie plusieurs destroyers allemands au mouillage qui se ravitaillent en gasoil, ou qui attendent leur tour. Sans sommation, les destroyers britanniques lancent des torpilles et ouvrent le feu avec leurs canons de pont. ALEX CLARKE Ces navires sont la premi�re unit� de torpillage de la Royal Navy. Tandis que leurs canons semploient � d�truire ceux des allemands, les Britanniques cherchent � envoyer les destroyers par le fond. NARRATEUR En quelques minutes, les Britanniques endommagent deux destroyers allemands et en coulent deux autres. Ils doivent maintenant �vacuer leurs navires du port. ALEX CLARKE Les b�timents de la Classe H �taient de bons navires, mais ils �taient engag�s dans un combat pour lequel ils navaient pas �t� con�us. Leur mission consistait � rep�rer lennemi, ce quils ont fait. Ils devaient donc se retirer. NARRATEUR Alors que les Britanniques se retirent aux premi�res lueurs de laube, des destroyers allemands surgissent dautres fjords pour couper leur retraite. Lorsquils arrivent � port�e de tir, cest un d�luge de feu qui sabat. ERIC RUST Je nai pas connaissance dun autre sc�nario de la Premi�re ou de la Seconde Guerre mondiale o� des combats dune telle intensit� se sont d�roul�s dans un espace aussi confin�. Il y a eu des navires coul�s, des navires en feu. L�cho des explosions des torpilles. Ce devait �tre le chaos total. NARRATEUR Deux destroyers britanniques sont touch�s et sombrent, tandis que dautres parviennent � fuir. Pour lheure, Narvik appartient toujours aux Allemands. Mais leur emprise est faible. ERIC RUST Ils savent que ce nest quun r�pit, mais que peuvent-ils faire ? Leurs destroyers sont endommag�s et quasiment clou�s sur place en attendant d�tre ravitaill�s don ne sait o�. NARRATEUR Afin de pr�venir toute nouvelle attaque britannique, Hitler ordonne � tous les U-Boots disponibles de se rendre sur place pour prot�ger le port occup�. Tandis que le U- file vers le nord, le long de la c�te norv�gienne, l�quipage rep�re des navires de guerre qui se dirigent dans la m�me direction. Ils identifient un m�lange de cuirass�s, de croiseurs lourds et de destroyers britanniques. ACTOR Alerte ! NARRATEUR Apr�s avoir �vit� tout contact pendant pr�s dune semaine, le capitaine-lieutenant Herbert Schultze a loccasion de semer la pagaille... Il jette un dernier coup d�il et plonge pour pr�parer une attaque. Lorsquil atteint la profondeur p�riscopique, Schultze choisit sa premi�re cible : un croiseur lourd. CHRISTIAN JENTZSCH Cest loccasion r�v�e de changer lissue de toute la campagne en torpillant un cuirass�, ou des croiseurs lourds. ACTOR NARRATEUR Il lance une salve de trois torpilles. NOIR ACTOR NARRATEUR Les secondes s�gr�nent, mais l�quipage de lU- ne d�tecte aucun impact. Lorsquils refont surface, le croiseur britannique est hors de port�e. Herbert Schultze a manqu� un tir pourtant classique. CHRISTIAN JENTZSCH Cest un tir d�cole pour un commandant de sous-marin, et il a rat� son coup. Il a d� se remettre en question et sinterroger sur la technologie embarqu�e. ACTOR NARRATEUR Alors quil continue de scruter lhorizon, l�quipage �tablit un nouveau contact visuel. Il rep�re trois autres destroyers britanniques. ACTOR NARRATEUR Schultze ordonne de plonger pour pr�parer une nouvelle attaque. � travers la coque du U-Boot, l�quipage entend le son dune attaque a�rienne contre les navires britanniques... Lorsquil se risque � jeter un coup d�il � travers son p�riscope, Schultze estime que lun des croiseurs britanniques est � la d�rive. En r�alit�, il tente de remorquer un navire endommag�. ALEX CLARKE Le fait de remorquer en fait une cible plus facile parce quil ne peut pas zigzaguer. Le fait de zigzaguer pour �viter les sous-marins rend la trajectoire moins pr�visible et complique le lancement des torpilles. ACTOR NARRATEUR Face � une cible aussi facile, Schultze pr�pare sa prochaine salve. Mais avant quil nait le temps de tirer, l�quipage radio confirme quun destroyer britannique les a rep�r�s. Le "ping" du sonar retentit. CHRISTIAN JENTZSCH Le son quentend l�quipage est le c�l�bre "ping" immortalis� par le film allemand "Le Bateau". Tout l�quipage devait savoir quils avaient �t� rep�r�s par lennemi, ou que ce dernier les cherchait. ACTOR ! NARRATEUR Schultze ignore la menace et poursuit son approche. ACTOR Feu ! NARRATEUR Il lance une salve de trois torpilles en direction du croiseur remorqueur. ACTOR secondes ! NARRATEUR Une quinzaine de secondes plus tard, une explosion secoue le sous-marin allemand. ACTOR C�tait quoi ?! NARRATEUR La d�tonation fait remonter le U- en surface � seulement m�tres dun navire de guerre britannique. ACTOR CHRISTIAN JENTZSCH Le journal de guerre mentionne que ces explosions ont soulev� le U-Boot qui sest retrouv� � la surface alors quil attaquait lennemi - et il nattaquait pas des navires marchands, mais des navires de guerre alli�s destin�s � chasser les sous-marins. NARRATEUR Schultze doit sortir de la zone. Il ordonne une plong�e durgence... Et parvient � s�chapper avant que le destroyer ne puisse contre-attaquer... L�quipage est frustr� par les dysfonctionnements de ses torpilles. DIALOGUES EN ALLEMAND NARRATEUR Une fois � labri des navires britanniques, Schultze informe par radio le contre-amiral, Karl D�nitz, de l�chec des attaques. ERIC RUST Schultze est lun de ses meilleurs capitaines. Cest celui qui a le mieux r�ussi et qui a rejoint le service des U-Boots d�s son r�tablissement, en . D�nitz est convaincu que Schultze nest pas en cause, mais que la torpille, ou quun autre �l�ment ne fonctionne pas. Ce nest pas un probl�me tactique, cest un probl�me technique. NARRATEUR D�nitz consulte ses experts qui sugg�rent que les probl�mes pourraient provenir des d�tonateurs qui d�clenchent les ogives. Il en existe deux types : les d�tonateurs par contact explosent � limpact. Les d�tonateurs magn�tiques nont pas besoin de frapper le vaisseau. Ils sont activ�s par les champs magn�tiques cr��s par lacier de la coque lorsque la torpille passe en dessous. Le d�tonateur magn�tique se d�clenche et explose... sans contact physique. NARRATEUR Les experts pr�sument que ce sont les puissants champs magn�tiques proches des p�les qui provoquent lexplosion pr�matur�e des torpilles, plut�t que les coques en acier des navires. Dans limpossibilit� de rappeler ses U-Boots et les torpilles d�fectueuses pendant une op�ration aussi importante, D�nitz ordonne � ses commandants dutiliser simultan�ment les deux types de d�tonateurs lors des attaques. Afin de r�duire le risque dexplosion pr�coce des torpilles, il impose �galement un temps dattente de huit secondes entre chaque tir. Ainsi, si les champs magn�tiques terrestres d�clenchent les d�tonateurs magn�tiques, les autres torpilles de la salve nen seront pas affect�es. Le avril, le U- arrive dans le Vestfjord, le bras de mer qui m�ne � Narvik. Cest lun des cinq U-Boots affect�s � cette ville portuaire cruciale. Ensemble, ils doivent prot�ger les destroyers allemands de toute incursion des forces britanniques. Le premier officier de quart, le lieutenant de vaisseau, Reinhard Suhren, aper�oit un destroyer au loin. ACTOR NARRATEUR Dans un premier temps, son identification reste incertaine. Convaincu quil sagit dun navire allemand, son commandant, Herbert Schultze, ordonne d�tablir le contact par lampe de signalisation. Suhren jette un nouveau coup d�il... Convaincu quil sagit dun destroyer britannique, il incite Schultze � plonger sur le champ. CHRISTIAN JENTZSCH Teddy Suhren est cat�gorique : "Jai servi � bord de destroyers allemands et je sais � quoi ils ressemblent. Plongeons ! Si ce sont des destroyers allemands, nous en discuterons plus tard". NARRATEUR Schultze ignore lavis de son lieutenant et continue � envoyer des signaux au destroyer. La r�ponse est confuse. ACTOR NARRATEUR Mais lorsque le myst�rieux navire oriente ses canons vers le sous-marin, Schultze se ravise. ACTOR Alerte ! NARRATEUR Bien quil ne soit pas convaincu quil sagit dun navire britannique, il ordonne une plong�e durgence. NOIR NARRATEUR Dans les eaux glaciales du nord de la Norv�ge, le sous-marin allemand U- plonge rapidement pour �viter un destroyer en approche. Le navire est maintenant au-dessus du U-Boot... Et commence � larguer des grenades sous-marines. NARRATEUR Les f�ts m�talliques remplis dexplosifs sont r�gl�s pour exploser � des profondeurs pr�d�termin�es. Tandis que les d�tonations �branlent la coque dacier, le capitaine-lieutenant, Herbert Schultze, et son officier de quart, Reinhard Suhren, continuent leur controverse sur lidentit� du destroyer. CHRISTIAN JENTZSCH Schultze est furieux contre Teddy Suhren parce quil reste convaincu quil sagit de destroyers allemands et que sils subissent cette attaque, cest parce que les commandants des navires estiment quun submersible qui fuit leurs destroyers est forc�ment un sous-marin ennemi. Ils se retrouvent donc sous la menace de tirs amis. NARRATEUR Convaincu d�tre dans le vrai, Suhren fait une pr�diction apr�s lexplosion de huit grenades sous-marines. CHRISTIAN JENTZSCH Il explique que les marins britanniques sont superstitieux. Cest un vendredi , un jour de malchance. Les Britanniques ont d�j� largu� huit grenades sous-marines, et Suhren affirme quils en largueront cinq autres. NARRATEUR Cinq autres grenades sous-marines explosent autour du U-boat, puis le navire s�loigne et le calme revient. CHRISTIAN JENTZSCH Les faits lui ont donn� raison. Co�ncidence ou non, la sixi�me charge de profondeur nest jamais venue. Mais il a impressionn� son commandant, et il est probable quapr�s cet incident, Schultze a admis son erreur. NARRATEUR Une fois le danger �cart�, Schultze veut confirmer la position des destroyers allemands. Depuis la salle de radio, on linforme que des navires britanniques ont p�n�tr� dans le port int�rieur de Narvik et ont attaqu� la flotte allemande. Dans le m�me temps, une autre force navale britannique sapproche, command�e par le vice-amiral, William Whitworth. Son navire amiral est le HMS Warspite3. Le cuirass� est lhomonyme moderne dune longue lign�e de navires remontant � l�poque �lisab�thaine. ALEX CLARKE Le Warspite a la r�putation dignorer les ordres de ses commandants et est probablement lun des navires les plus rebelles de la Royal Navy. Il y a th�oriquement ce que les humains demandent au Warspite de faire, et il y a ce que le Warspite fait. NARRATEUR Le Warspite a �t� endommag� pendant la Premi�re Guerre mondiale et a subi des r�novations majeures dans les ann�es . ALEX CLARKE Cela le rend encore plus important. Il poss�de toujours ses magnifiques canons de millim�tres, il a conserv� sa puissance de feu et son blindage, mais il a �t� �quip� dun radar, dune meilleure d�fense antia�rienne et de moteurs am�lior�s. NARRATEUR La mission du Warspite est simple : la destruction des navires de guerre, des navires marchands et des d�fenses allemandes dans la r�gion de Narvik. Pr�c�d� par neuf destroyers, le cuirass� sapproche dOfotfjord. La flotte doit emprunter la partie la plus �troite de lapproche de Narvik. ALEX CLARKE Les cuirass�s ne sont pas con�us pour les espaces confin�s. Ils sont con�us pour mener des batailles en mer, de pr�f�rence dans de vastes espaces o� ils peuvent man�uvrer et faire feu sans risquer de voir tout un pan de falaise seffondrer devant eux. NARRATEUR Dans cet espace restreint, les destroyers rechercheront les mines et prot�geront le Warspite contre les attaques. Cette escorte devrait assurer sa s�curit�. En guise de pr�caution suppl�mentaire, Whitworth sappuie �galement sur un avion de reconnaissance, un Fairey Swordfish4. ALEX CLARKE Le Swordfish du HMS Warspite est dabord lanc� pour des missions de reconnaissance et vole en amont le long du fjord, pour rep�rer les Allemands. NARRATEUR Avec une vitesse de pointe de deux cent vingt-quatre kilom�tres par heure, ce biplan est lent mais tr�s maniable. ALEX CLARKE On lui a souvent reproch� d�tre d�mod� parce quil sagissait dun biplan. Mais en , les biplans sont tr�s utilis�s. Ils sont encore tr�s efficaces et peuvent transporter de lourdes charges. NARRATEUR Son armement peut comprendre deux bombes explosives de kg, deux bombes anti-sous-marines de kg et huit bombes antipersonnel de kg. Lappareil est �quip� de flotteurs qui lui permettent de se poser sur leau et d�tre remont� sur le pont. NARRATEUR Une fois dans les airs, le pilote vole en �claireur et se dirige vers Narvik, � la recherche de lennemi. NOIR NARRATEUR Au fond dun fjord dans le nord de la Norv�ge, un pilote britannique, lofficier marinier, Ben Rice, utilise un avion Swordfish lors dune mission de reconnaissance. ALEX CLARKE Lappareil vole � diff�rentes altitudes. Par moments, il vole au raz de leau, puis il prend de laltitude pour avoir une vue densemble. Quelles que soient les positions des Allemands, elles sont visibles depuis les airs. NARRATEUR L�quipage peut ainsi communiquer les positions au vice-amiral William Whitworth, de la Royal Navy, afin de planifier lapproche de la force op�rationnelle. Mais lors du survol du biplan, un destroyer allemand rep�re lavion britannique et ouvre le feu. Le pilote Ben Rice se dirige vers les montagnes pour �viter les tirs de DCA. NARRATEUR Au bout du fjord Herjangs5, l�quipage a�rien rep�re un U-Boot allemand. ACTOR Un sous-marin, l�-bas ! NARRATEUR Sans h�siter, Rice se pr�pare � attaquer. Le sous-marin U- est en surface pour effectuer des travaux de r�paration. CHRISTIAN JENTZSCH Avant la campagne, il �tait pr�vu que la force des destroyers allemands travaille en �troite collaboration avec les sous-marins. Mais le U- �tait en surface parce quil navait pas re�u lordre dentrer dans le fjord. Il profitait de ce r�pit pour soccuper de probl�mes techniques. ACTOR L�-bas ! NARRATEUR Lorsquil rep�re lavion ennemi, l�quipage du sous-marin arme ses canons et ouvre le feu. Le pilote britannique du Fairey Swordfish commence � piquer. ALEX CLARKE Il attaque parce que cest la plus grande menace pour son navire, le HMS Warspite. Cest l� quil est bas�, cest l� quil retourne. Il doit attaquer pour �carter toute menace. NARRATEUR Bien quil sagisse dune d�cision risqu�e pour lunique pilote du cuirass�... ALEX CLARKE Le calcul est le suivant : la Royal Navy peut-elle se permettre de remplacer un avion Swordfish ou le HMS Warspite ? NARRATEUR ... Le biplan �chappe � la plupart des tirs de DCA... Et largue deux bombes anti-sous-marins de kg � seulement m�tres daltitude. Lune des bombes touche sa cible et le sous-marin commence � prendre de la g�te. Le U- sombre en quelques minutes avec huit marins � bord. Il sagirait du premier sous-marin coul� par un avion esseul� au cours de la Seconde Guerre mondiale. NARRATEUR Il ne reste que quatre U-Boots pour prot�ger les forces allemandes de Narvik. Tandis que son hydravion continue douvrir la voie, le vice-amiral Whitworth de la Royal Navy poursuit sa navigation vers Ofotfjord, escort� par neuf destroyers faisant office d�cran anti-sous-marin. Mais un U-Boot immerg� se cache dans le passage. NARRATEUR Situ� � une distance denviron m�tres, le Warspite appara�t distinctement dans le p�riscope du sous-marin. Le commandant a loccasion r�v�e de couler un vaisseau capital. ACTOR ACTOR ACTOR NARRATEUR Mais avant quil ne lance ses torpilles, le U-Boot heurte une cr�te sous-marine. L�quipage est ballott� dun compartiment � lautre. CHRISTIAN JENTZSCH Op�rer dans un fjord norv�gien est un d�fi, car les navires de guerre allemands se sont entra�n�s dans la r�gion de la Baltique ou en mer du Nord. L�, il sagit deaux peu profondes et tr�s rocheuses. Les Allemands ne disposent pas de cartes exactes, contrairement aux Norv�giens. NARRATEUR La collision fait remonter Le U- � la surface. DIALOGUES EN ALLEMAND NARRATEUR Par chance, et en d�pit de sa position expos�e en plein jour, les Britanniques se concentrent sur leur formation d�fensive � travers l�troit fjord. La plupart des regards se tournent vers la proue. Personne ne semble remarquer le U- qui sefforce de plonger dans lurgence. Aucune poursuite nest lanc�e. Le sous-marin s�chappe, mais il manque loccasion darr�ter le cuirass�. Pour la deuxi�me fois, les sous-marins allemands �chouent � emp�cher les navires de guerre ennemis dentrer dans Narvik. Le avril en d�but dapr�s-midi, la flotte britannique d�clenche une attaque foudroyante sur les d�fenses allemandes menant au port, gr�ce aux renseignements fournis par le Fairey Swordfish. ALEX CLARKE Lorsque les navires passent, leurs canons sont d�j� point�s vers lobjectif. En lespace de secondes... une centaine dobus de mm frappent le navire allemand. Au bout dune quinzaine de secondes, les canons avant de mm du HMS Warspite tirent quatre obus suppl�mentaires. NARRATEUR Les montagnes environnantes amplifient le bruit des canons. ALEX CLARKE Cest une parfaite ar�ne naturelle, elle ferait un formidable espace pour un concert. Mais dans ce cas, il sagit de lOuverture solennelle de Tcha�kovski, enti�rement jou�e avec des canons de mm. �a na rien de m�lodieux, dautant que ces canons ne tirent pas des balles � blanc pour faire du bruit, mais vous visent avec des obus. NARRATEUR Leffet est d�vastateur. ALEX CLARKE Le destroyer est litt�ralement pulv�ris�. NARRATEUR En d�pit dune forte inf�riorit� num�rique, les destroyers allemands subsistants ripostent. ALEX CLARKE Les destroyers allemands poursuivent la strat�gie quils esp�raient mettre en �uvre � lorigine. Une sorte de gu�rilla, utilisant les fjords pour mener des attaques furtives, sabriter de la puissance de feu britannique, puis repartir � lassaut et les submerger par de rapides tirs cibl�s. NARRATEUR Mais les canons de mm du Warspite sont imparables et les destroyers britanniques se montrent implacables. ALEX CLARKE Les Allemands parviennent � d�truire lavant dun destroyer, le HMS Eskimo, qui perd sa proue � cause dune torpille allemande. Se replie-t-il pour autant ? Non. Il lance ses torpilles, puis progresse � reculons en direction de lennemi en faisant feu avec les tourelles X et Y. Les Allemands observent la man�uvre et se disent : "Ils sont fous". Il nest pas �tonnant quune fois � court de munitions, ils s�chouent. Ils nessaient pas de se rendre, ils tentent de senfuir pensant quils ont affaire � des fous ! NARRATEUR Vers heures, les armes se taisent. Les Britanniques ont remport� la deuxi�me bataille de Narvik. Les huit autres destroyers allemands sont sabord�s ou coul�s. Plusieurs destroyers britanniques sont endommag�s mais continuent de naviguer. Mais malgr� toute leur puissance de feu, ils nont ni les hommes ni les armes pour attaquer et prendre le port. NOIR NARRATEUR avril . Apr�s la fin de la bataille de lapr�s-midi, le vice-amiral britannique, William Whitworth, ordonne au HMS Warspite de s�loigner du port int�rieur de Narvik. Sans les ressources n�cessaires pour semparer de la ville, il doit veiller � ce que le cuirass� ne soit pas pi�g� dans les fjords �troits comme les navires allemands quil vient dattaquer. NARRATEUR Mais la nouvelle des combats parvient au capitaine-lieutenant, Herbert Schultze. Son U-Boot file en surface vers Narvik. Au loin, un destroyer britannique appara�t dans lOfotfjord. ACTOR Alerte ! NARRATEUR Le U- plonge et sapproche � profondeur p�riscopique. Schultze se met en position pour attaquer le navire de guerre britannique... Avant d�tre rapidement pris sous le feu des canons du destroyer. ACTOR Plongez ! Plongez ! NARRATEUR Avec leur p�riscope rep�r� par le navire de guerre, ils doivent plonger plus profond�ment pour s�loigner du destroyer. Lorsquils atteignent m�tres, Schultze et l�quipage font une pause et �coutent. Aucune charge de profondeur ne les suit. NARRATEUR Mais � terme, des sons �tranges quils ne reconnaissent pas pulsent � travers leau. Schultze plonge encore plus profond�ment pour leur �chapper. Les bruits continuent de p�n�trer la coque du U-. Au point de noyer tous les autres sons du sous-marin. CHRISTIAN JENTZSCH Qua d� penser l�quipage � ce moment-l� ? Quils �taient pi�g�s, probablement par une nouvelle sorte darme inconnue. NARRATEUR Mais il ne sagit pas dune nouvelle arme acoustique secr�te. Cest le cuirass� britannique HMS Warspite qui leur passe au-dessus. CHRISTIAN JENTZSCH Ils op�rent dans un fjord. Le son rebondit donc sur les rives et revient amplifi�. On pourrait comparer cette exp�rience � celle du bruit dun train qui traverse un tunnel. NARRATEUR Le son produit par les quatre �normes h�lices du cuirass� rebondit sur les parois du fjord et est d�form� par leau. Le HMS Warspite finit par s�loigner. NARRATEUR Clou� au fond de leau, Schultze manque le cuirass�. Mais apr�s avoir quitt� lOfotfjord, le vice-amiral britannique, William Whitworth, fait demi-tour et regagne le bras de mer pour porter assistance � ses destroyers endommag�s. Le lendemain, apr�s avoir transf�r� les marins britanniques bless�s dans la grande infirmerie du cuirass�, Le HMS Warspite sort une derni�re fois de lOfotfjord dans la matin�e du avril. � bord du U-, Herbert Schultze navigue en surface, cherchant toujours � acc�der au port de Narvik. Il identifie un destroyer britannique. ACTOR Alerte ! ERIC RUST Les cibles se rapprochaient � grande vitesse. Les U-Boots devaient donc agir rapidement. Ils navaient pas beaucoup de temps. NARRATEUR Filant � environ n�uds, le navire est trop rapide pour �tre attaqu�. Schultze doit plonger pour se d�rober. � profondeur p�riscopique, derri�re le destroyer, Schultze aper�oit une cible plus importante : le Warspite. CHRISTIAN JENTZSCH � ce stade, lop�ration devait �tre tr�s d�cevante pour lui et son �quipage. Cette fois, il avait loccasion de torpiller un cuirass�. Cela compenserait tout le stress quils avaient accumul� au cours des derni�res semaines. NARRATEUR LU- se rapproche du HMS Warspite. Schultze �tudie l�cran form� par les destroyers. CHRISTIAN JENTZSCH L�cran descorte est destin� � prot�ger le cuirass�. Et pour pr�parer sa propre attaque, il doit p�n�trer cet espace car cest le seul endroit do� il aura un angle de tir d�gag�. NARRATEUR Conform�ment aux ordres du contre-amiral, Karl D�nitz, l�quipage a charg� les torpilles de proue dogives arm�es dun m�lange de d�tonateurs dimpact et de d�tonateurs magn�tiques. ACTOR NARRATEUR Arriv� au c�ur du dispositif �cran, la silhouette du cuirass� g�ant remplit le p�riscope. NOIR NARRATEUR � bord du U-, le capitaine-lieutenant, Herbert Schultze, se pr�pare � lancer une s�rie de torpilles � intervalles de huit secondes, conform�ment � ses instructions... Mais pour lheure, le HMS Warspite zigzague. ALEX CLARKE Jusque l�, ils se trouvaient dans un fjord �troit, dans un espace o� lon ne pouvait pas vraiment zigzaguer, surtout avec des navires en colonne de part et dautre. Mais une fois quils acc�dent � un fjord plus large et quils se dirigent vers la mer, lespace sagrandit. NARRATEUR Schultze ne peut pas faire feu. ACTOR NARRATEUR Il sempresse dadopter une autre approche. ACTOR degr�s ! NARRATEUR Il se positionne pour tirer une torpille de poupe � m�tres. ACTOR Feu ! NARRATEUR La torpille manque sa cible. Le cuirass� quitte le fjord indemne. ALEX CLARKE La chance poursuit le HMS Warspite. Sa man�uvre et son positionnement sav�rent suffisants. Et en d�pit de plusieurs tirs, aucun naboutit. NARRATEUR Le HMS Warspite fera route vers la M�diterran�e o� il exercera ses fonctions avec �clat. En , il effectuera les premiers tirs de barrage sur la plage "Sword" lors du d�barquement du jour J... � la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est lun des navires les plus d�cor�s de la Royal Navy... Bien quHitler r�ussisse � occuper la Norv�ge, la Kriegsmarine rentre en Allemagne meurtrie. Les pertes navales comprennent destroyers, un croiseur lourd, deux croiseurs l�gers, transporteurs et navires auxiliaires. ERIC RUST Oui, nous avons gagn� cette bataille. Nous avons montr� notre courage, mais nous avons perdu nos camarades. Je dirais que jusqu� la toute fin de la guerre, des gens comme Raeder et D�nitz ont presque physiquement senti lombre de Narvik sur eux. ALEX CLARKE Pour les Allemands, Narvik nest pas seulement important pour la perte des navires. Il sagissait �galement de former des hommes destin�s aux futurs �quipages. Et ces �quipages, m�me ceux qui ont surv�cu, ont eu leur moral sap�. Ils ont v�cu une exp�rience de combat effroyable. NARRATEUR La flotte des U-Boots a perdu quatre sous-marins. Mais pire encore, pour les survivants, les sous-marins allemands auront men� attaques distinctes contre la marine britannique, et toutes auront �chou�. � bord du U-, le capitaine-lieutenant, Herbert Schultze, rentre chez lui d�courag� et en col�re. Sachant que les torpilles avaient d�j� fonctionn�, il affronte le contre-amiral, Karl D�nitz. CHRISTIAN JENTZSCH Il a demand� � D�nitz, de mani�re tr�s grossi�re, de traduire en cour martiale les responsables de la production de ce type de torpilles qui nexplosaient pas. NARRATEUR Lamiraut� allemande cherche un coupable. Elle traduit en cour martiale le directeur de linstitut dessai des torpilles et certains membres du personnel dencadrement. Les torpilles pr�sentent de multiples d�fauts. ERIC RUST � ce jour, je ne suis pas persuad� quon ait identifi� tous les probl�mes. Certaines torpilles nont pas explos� du tout. Dautres ont explos� trop t�t, ou trop tard, soit en contournant la cible, soit en passant jusqu� deux m�tres en dessous sans d�clencher dexplosion. Au total, il y avait cinq crit�res � examiner. NARRATEUR D�nitz dira plus tard que ces torpilles �taient dysfonctionnelles. Dans la foul�e, les Allemands d�velopperont un nouveau d�tonateur de contact bas� sur la technologie britannique. Herbert Schultze ne rejoindra pas son �quipage pour les patrouilles suivantes. Il sera mis � l�cart pour des raisons de sant�. CHRISTIAN JENTZSCH Lacidit� gastrique est un sympt�me du syndrome de stress post-traumatique. Mais ils nont pas pu le d�crire car le ph�nom�ne n�tait pas connu des m�decins de l�poque. Cela ne cadre pas tr�s bien avec limage des surhommes nazis. Ils �taient cens�s se comporter comme des machines de guerre. NARRATEUR Herbert Schultze rejoindra l�quipage du U- en d�cembre ; avec des torpilles am�lior�es. Il coulera encore tonnes de navires alli�s, ce qui porte son total � pr�s de tonnes. Lop�ration en Norv�ge sera la seule patrouille au cours de laquelle Schultze naura pas coul� un seul navire. FIN 1 Prononcer "ou-bote". 2 Prononcer "O-fot-fiorde" 3 Prononcer "Wor-spa�te". 4 Prononcer "Fairay-sord-fiche". 5 Prononcer "Her-yangs". --------------- ------------------------------------------------------------ --------------- ------------------------------------------------------------ 3