ALAN_MAYER BREAKING_NEW_GROUNDS COURTNEY DR_KENDRA ELIZABETH FEMME_1 HOMME_1 JOHN LARRY_GOODWYN PROCHAINEMENT ROBERT_HARTWELL WILLIAM ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Cette maison a été construite à Great Barrington, dans le Massachusetts, en 1822. Elle a appartenu à des blancs dont l'activité reposait sur l'esclavage dans le Sud. DR KENDRA T. FIELD Leur entreprise faisait d'énormes profits grâce aux esclaves qui travaillaient dans les champs de coton. Dans les années 1830, 40 et 50, la production de textiles, ici, au bord de la rivière, était un secteur clé de l'économie esclavagiste qui alimentait la nation à l'époque. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) 200 ans plus tard, je l’ai rachetée 379 000 dollars. Cash. J’ai fait un post sur les réseaux sociaux qui est devenu viral. ELIZABETH (INTERVIEW) Je lui ai dit : « Robert, je ne sais pas ce que tu as fait, mais tu as explosé les compteurs avec ton histoire. » ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Le retentissement provoqué par la publication m’a donné envie d’en savoir plus sur le passé de cette maison, et, par-là, de creuser plus profondément dans ma propre histoire familiale. WILLIAM (INTERVIEW) Il faut savoir d’où on vient. Il faut connaître son histoire et sa culture. Si on ne sait pas d’où on vient, on ne saura jamais quoi faire de sa vie. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Pour rénover et réinventer cette maison de style colonial en ruine, afin de la léguer à ma famille pour les générations futures, j'ai contracté un emprunt de 1 500 000 dollars. Mais cette somme n'ouvre pas autant de possibilités que je l'avais espéré. Maintenant, on va s’occuper de ma chambre, la suite principale. Je veux que ce soit mon sanctuaire. Une fois que tout ça sera fini, j’en aurais bien besoin. ROBERT HARTWELL J’arrête pas de me dire que cette maison aura raison de moi. ALAN MAYER Oh là, là. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Il y a une grande surface habitable ici, et c'est super, mais j'ai besoin de l'aide de mon architecte, Alan, pour aménager l'espace de manière optimale. ROBERT HARTWELL Je veux commencer par la pièce qui me plaît le plus. C’est un espace qui a vraiment l’énergie d’un sanctuaire. ALAN MAYER Complètement. ROBERT HARTWELL Le sol m’inquiète un peu, parce qu’il est... ALAN MAYER Je suis d’accord. ROBERT HARTWELL Trop souple. ALAN MAYER On dirait un trampoline. Dans la plupart des maisons anciennes, les charpentes sont sous-dimensionnées. ROBERT HARTWELL OK. ALAN MAYER On peut ajouter d'autres solives de plancher que l'on raccordera aux solives existantes. ROBERT HARTWELL OK. ALAN MAYER Ça va renforcer la structure. Et ça va nous permettre corriger la courbure et le dénivelé du plancher. ROBERT HARTWELL OK. Et dans cette pièce, on a une autre cheminée. ALAN MAYER Une autre cheminée. ROBERT HARTWELL Est-ce qu’on sait si elle est d’origine ? ALAN MAYER Je n’en ai aucune idée. ROBERT HARTWELL OK. ALAN MAYER Elle m’a l’air plus victorienne que néo-grecque. ROBERT HARTWELL D’accord. ALAN MAYER Mais il y a peut-être moyen de la remettre en service si on chemine le conduit de fumée et qu'on la rénove un peu. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Si on arrive à la faire marcher, ce serait le rêve. Je peux déjà imaginer ma famille blottie autour du feu avec moi. En vacances, j'ai vu une baignoire dans un endroit qui n'était clairement pas une salle de bain. J'aime l'idée qu'on puisse se détendre n'importe où. J'ai envie de recréer cette atmosphère. Je veux installer une baignoire autoportante juste entre ces deux fenêtres. ROBERT HARTWELL C’est quoi cette pièce ? On dirait un labyrinthe. ALAN MAYER C’est vrai. Tu vois ce mur ? Il a été ajouté, il n’y a aucun doute là-dessus. Et ils ont remplacé le revêtement de sol par du contreplaqué. ROBERT HARTWELL Ouais. ALAN MAYER Si on enlève ce mur, on va se retrouver avec un espace de la même superficie que la pièce d’à côté. ROBERT HARTWELL Sérieux ? ALAN MAYER Mais oui. Donc c’était probablement une chambre. Et à côté, il y a cette autre grande chambre. Et l’idée, ce serait de les rassembler pour en faire ta suite principale. ROBERT HARTWELL OK. OK. ALAN MAYER Tu vois ? ROBERT HARTWELL OK. D’accord, je me projette bien, maintenant. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Si on fait tomber ce mur, on va se retrouver avec beaucoup d’espace. Assez pour mettre un lit king size, idéalement. Je nous vois déjà, mon futur mari et moi, nous réveillant et admirant la vue à travers ces belles fenêtres. ROBERT HARTWELL C’est vraiment très spécial, ici, on sent tout de suite une atmosphère apaisante. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) En tant qu'afro-américain, constamment confronté aux tensions sociales, je ressens à la fois le besoin de lutter contre l'injustice et de me reposer. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Alors, cet espace, c’est une bénédiction. ROBERT HARTWELL Si tu me dis qu’on peut rassembler ces deux chambres, ça serait le sanctuaire ultime. ALAN MAYER Oui. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Il y a tellement de mots et d'expressions dans notre vocabulaire dont on ne soupçonne même pas le lien avec la période des plantations. Je ne veux pas entendre parler de chambre ou de salle de bain de maître. Parce qu’il n’y a pas de maître, ici. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Donc, la chambre principale au fond. La salle de relaxation, à l’avant. Et si on arrive à agrandir ce petit dressing, la salle de bain principale pourrait tenir là. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Comme je vis et je travaille toujours à New York, je suis pas souvent à la maison. J’ai demandé au maître d’œuvre, John, de protéger la façade de la cheminée en marbre et de démolir tout le reste de la suite principale. Rénover cette maison a été un véritable cours d'histoire, révélant parfois des zones d'ombre. Comme la plupart des Afro-Américains, on ne peut pas remonter bien loin dans notre arbre généalogique. Il y a des générations entières qui se demandent d’où elles viennent et qui sont leur aïeux. L’histoire de cette maison est très bien documentée, contrairement à la mienne. Il est temps que ça change. Alors, je m’envole vers le sud. ROBERT HARTWELL Je contrôle de nombreux aspects de ma vie. Mais là, c’est flou total. Du coup, je suis très heureux de découvrir enfin des choses que je cherche à savoir depuis si longtemps. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Ma famille m'a toujours dit que nos plus lointains ancêtres avaient probablement été esclaves dans une plantation à Hartwell, en Virginie. Mais mon amie, la célèbre historienne afro-américaine Kendra T. Field, a découvert la vérité. DR KENDRA T. FIELD On y va ? ROBERT HARTWELL C’est parti. DR KENDRA T. FIELD On est dans le comté de Brunswick. ROBERT HARTWELL En Virginie ? DR KENDRA T. FIELD Oui. Et avant que ça devienne le comté de Brunswick, évidemment, c’était un territoire autochtone. Les populations de cette région ont été repoussés toujours plus loin vers l’ouest. ROBERT HARTWELL Mais pourquoi tu m’as amené ici ? DR KENDRA T. FIELD Tu te souviens du mail de ta tante que tu m’avais transféré ? Il parlait d’éléments de votre histoire familiale qu’elle avait retrouvé. En partant de là, on a creusé un peu plus et on a essayé de déterminer sur quelle plantation ont vécu vos ancêtres. Et ça nous a conduit ici. C’est le plus loin qu’on ait pu remonter. ROBERT HARTWELL OK. Tout est si calme, ici. DR KENDRA T. FIELD On cultivait du tabac, ici. Au début du 18e siècle, ça a été une révolution. Les esclavagistes ont installé des plantations dans toute la région. Au 19e siècle, ces terres appartenait à une famille de cultivateurs blancs, les Heartwell. On l'appelait la plantation Brunswick. Il s'agissait d'Harrison Heartwell, sa femme, Rebecca Lightfoot, devenue Heartwell, et leurs enfants, Horus et Charles, entre autres. On pense qu'ils ont possédé jusqu'à 90 esclaves, femmes, hommes et enfants. Et parmi ces enfants, il y avait Isaiah Hartwell, qui est né ici dans les années 1850, avant la guerre de Sécession. ROBERT HARTWELL Donc ce serait mon arrière-arrière-grand-père ? DR KENDRA T. FIELD Et il est probable que sa mère ait également travaillé en tant qu’esclave dans cette plantation. ROBERT HARTWELL Sur ces terres ? DR KENDRA T. FIELD On ne sait pas grand-chose sur son père. Ça pourrait être l’un des fils Heartwell, comme ça pourrait être quelqu’un d’autre, on n’a retrouvé aucune information à ce sujet. ROBERT HARTWELL Il avait quel âge à la Proclamation d'émancipation ? DR KENDRA T. FIELD À la fin de la guerre de Sécession, il devait avoir 7 ans… Peut-être six… On pense qu’Isaiah a appelé l’un de ses fils Horus. C’était le prénom de l’un des propriétaires de la plantation ou est né Isaiah. Autre point : le nom des propriétaires d'esclaves, ainsi que celui des descendants des personnes réduites en esclavage qui ont travaillé ici, s'écrivait H-E-A-R-T. ROBERT HARTWELL D’accord. DR KENDRA T. FIELD Et plus tard, vers 1920, Isaiah a modifié l'orthographe du nom en H-A-R-T, qui est celle que vous utilisez aujourd’hui. ROBERT HARTWELL Ma tante Gloria avait découvert ça dans ses recherches. J'avais toujours trouvé ça fascinant. Et maintenant, t'entendre le confirmer, c'est... waouh ! ROBERT HARTWELL Venir ici, voir où il né... et le fait qu'il s'appelait Isaiah, comme mon frère... C'est bouleversant. Mais ça m'apporte de la paix de mettre un nom sur mon aïeul. DR KENDRA T. FIELD Oui, tout à fait. ROBERT HARTWELL Et de me dire que c’est sur ces terres que ma famille a travaillé. C’est là qu’ils ont rêvé, c’est là qu’ils ont espéré. Je ressens une profonde gratitude… de savoir, de ressentir ça… Et de pouvoir avancer… d’être fier de ce que je suis. Merci. DR KENDRA T. FIELD Arrête… ROBERT HARTWELL Sérieusement. Merci. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire. Peu d'entre nous ont la chance de vivre ça. ROBERT HARTWELL Ouais… C’est pas rien. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) J’aimerais que tous les afro-américains puissent vivre ça. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Pendant cette rénovation, j'ai l'impression d'être un étudiant en histoire, découvrant sans cesse des éléments nouveaux. Et c'est aussi un projet colossal, le plus important qu'il m'ait été donné d'entreprendre. C'est une succession de moments exaltants et d'autres où on a envie de tout laisser tomber, mais on finit par s’y faire. ROBERT HARTWELL In-cro-yable. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) On a conçu un excellent plan d'aménagement pour la suite principale, mais il y a un problème avec le mur entre la salle de bain et la pièce de relaxation. JOHN O’BRIEN OK, Robert. Cette poutre, là… Elle est déformée, et le support structurel qui la maintenait en place n'est plus là. Si on regarde d'un bout à l'autre ce nouveau mur, plus précisément au niveau de sa lisse haute, on voit qu'il fléchit au centre. C’est à cause du poids transmis par ces deux poutres qui, sans un sabot pour les retenir, exercent une pression continue vers le bas. ROBERT HARTWELL On voit même qu'elle s'est fissurée au milieu. JOHN O’BRIEN Oui. Et c'est parce qu'il y avait un mur porteur ici qui a été supprimé, pour une raison ou une autre. Ceux qui ont fait ça n'ont pas compris qu'il assurait la stabilité de la structure. ROBERT HARTWELL C’est dangereux, j’ai l’impression. JOHN O’BRIEN Ouais, c’est mauvais pour la charpente. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Au fur et à mesure, on apprend, et en même temps, on est obligés de prendre des décisions rapidement. JOHN O’BRIEN Ce qu'il faudrait faire, c'est abattre ce mur et reconstruire le mur porteur en entrant d'un pied vers votre salle de relaxation. Malheureusement, cela signifie que cette pièce va perdre en superficie. Mais c'est ce qu'on a constaté quand on a mis la charpente à nu. ROBERT HARTWELL Si j’hésite, ça va me retomber dessus. Et je n’ai aucune envie de perdre encore plus d’argent en travaux plus tard. Donc il faut intégrer cette information, réfléchir, prendre la bonne décision et passer à autre chose. JOHN O’BRIEN (INTERVIEW) À un moment donné, il y a peut-être une centaine d'années, quelqu'un a pris la décision de supprimer certains éléments de la structure, ce qui nous fait perdre aujourd'hui du temps et de l'argent. On doit faire refaire les calculs et remplacer les éléments manquants. JOHN O’BRIEN On va avancer le mur d’un pied dans la salle de relaxation.Mais d’un autre côté, la salle de bain principale va gagner en superficie et on va remettre le mur porteur en place, ce qui va renforcer la charpente et la rendre plus sûre. ROBERT HARTWELL Ça me plaît de gagner de l’espace dans la salle de bain, parce que je trouvais que ça faisait un peu petit. JOHN O’BRIEN Et la salle de relaxation va rester très grande. Vous ne le sentirez même pas. ROBERT HARTWELL OK. Parfait. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) C’est un peu comme commencer une relation. On espère savoir où on met les pieds, mais ce n’est qu’une fois qu’on a partagé l’intimité du foyer et qu’on a vraiment pratiqué la personne qu’on commence à voir certaines choses. Et on est là : « Ah, il y a un petit enfant blessé, là-dedans. OK. » ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Pendant que John et son équipe renforcent la structure dans la suite principale, je rentre New York. ROBERT HARTWELL Courtney. COURTNEY Salut ! ROBERT HARTWELL Salut. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Je suis passé voir ma décoratrice Courtney dans son cabinet. On doit discuter de la déco de la suite principale et de la salle de relaxation. COURTNEY J'adore l'idée de faire de cette partie de la maison un sanctuaire privé. C'est un agencement unique avec la suite principale, la salle de bain principale, et enfin la salle de relaxation. C'est quoi une salle de relaxation, pour vous ? Quel usage comptez-vous en faire ? ROBERT HARTWELL Si j'ai acheté cette maison, c'est parce qu'elle datait d'une période de l'histoire américaine où les Noirs, en particulier, auraient aimé avoir un lieu de retraite. On avait besoin d'un endroit pour se ressourcer, d’un endroit où se sente bien. Et cette pièce nous rappelle que le repos n’était pas une récompense, mais quelque chose d’essentiel. C’est vital d’avoir un espace pour se ressourcer, et pourquoi pas installer une baignoire dans la pièce. COURTNEY Parlez-moi de ça. C’est une requête très inhabituelle. ROBERT HARTWELL Eh bien, pourquoi pas ? COURTNEY J’adore. ROBERT HARTWELL Pourquoi pas ? C’est un espace pour se détendre et se ressourcer. COURTNEY J'adore. Alors, voici ce que je vois. J'aime beaucoup l'emplacement de la baignoire autoportante juste en face de la cheminée en marbre. Ça crée un équilibre dans cette pièce aux proportions parfaites. Au centre de l'espace, deux canapés luxueux invitent à la détente et à la réflexion sous un lustre féérique. Pouvoir se détendre est un luxe inestimable, et vous pourrez le faire ici. Maintenant, concernant la salle de bain principale, outre sa fonctionnalité, vous la voyez comment ? ROBERT HARTWELL Un carrelage splendide. COURTNEY Ce carrelage émaillé est vraiment magnifique. Comme vous pouvez le voir, il a un cachet artisanal. Imaginez-le associé à ces superbes robinets en laiton. ROBERT HARTWELL C’est vraiment magnifique. COURTNEY Oui. Les carreaux vert profond et la robinetterie dorée vont créer une atmosphère similaire à celle de la salle de relaxation. Une douche à double pommeau et une double vasque vont apporter une touche de luxe pour vous et votre futur mari. Un éclairage élégant vous permettra de commencer et de terminer votre journée dans un cadre apaisant digne d'un spa. ROBERT HARTWELL Que dire ? Oui. COURTNEY Oui ? ROBERT HARTWELL Oui. COURTNEY N’est-ce pas ? Concernant la chambre principale, on a pensé construire un mur à cet endroit pour créer un dressing fermé. ROBERT HARTWELL OK. COURTNEY Ainsi, vous pourrez chacun avoir votre propre dressing. La chambre principale sera une oasis de quiétude et d'intimité, complètement isolée du reste de la maison. On installera un luminaire et un lit king size qui apporteront élégance et réconfort. En franchissant le seuil de cette chambre en fin de journée, vous aurez l'impression de pénétrer dans un cocon protecteur, propice à un sommeil réparateur. JOHN O’BRIEN Robert. ROBERT HARTWELL Salut, John. JOHN O’BRIEN Je voulais vous parler de la cheminée qui se trouve dans la salle de relaxation. ROBERT HARTWELL OK. JOHN O’BRIEN On vient tout juste de recevoir le rapport de l’inspection. La cheminée est inutilisable. ROBERT HARTWELL John, vous me faites marcher, rassurez-moi. JOHN O’BRIEN Non. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Attendez, je vais retourner ma caméra pour vous montrer de quoi il s’agit. C’est bon. Voici donc la deuxième cheminée. C'est celle qui descend vers la suite principale. La maçonnerie est délabrée, c'est un désastre. Je ne pense pas qu’il soit possible d'évacuer la chaleur d’un foyer par ce conduit. Il faut la reconstruire entièrement. Il va falloir environ 60 000 $ pour la démolir et la reconstruire, et c'est une estimation basse. Le prix pourrait grimper une fois qu'on aura mis le nez dedans. ROBERT HARTWELL Non, hors de question. 60 000 dollars ? C’est… C’est complètement dingue. JOHN O’BRIEN Ouais. J’aurais aimé vous apporter de meilleurs nouvelles, mais si vous allumez un feu là-dedans, la maison va brûler. ROBERT HARTWELL Pour moi, rien n’est impossible. Il y a toujours une solution, il suffit juste de la trouver. Mais me dire simplement que c’est impossible, je ne l’accepte pas. JOHN O’BRIEN Bon, OK, je vais voir ce qu’on peut faire. ROBERT HARTWELL OK. Merci John. JOHN O’BRIEN OK. À toute. ROBERT HARTWELL Bye. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Après avoir explosé le budget dans la cuisine et le salon, je ne peux pas me permettre de dépenser 60 000 dollars pour refaire une cheminée. Il va falloir limiter les dégâts et avancer. JOHN O’BRIEN (INTERVIEW) Je n’ai jamais vu quelqu’un injecter autant d’argent dans un projet. Alors quand il vient nous dire qu’il est à sec, et qu’on lui répond qu’il faut qu’il débourse 60 000 dollars, imaginez ce qu’il doit ressentir. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) L’heure tourne. Et la moindre erreur pourrait tout faire capoter. Au bout d’un moment, on se demande dans quoi on s’est embarqué. JOHN O’BRIEN (INTERVIEW) Si je pouvais revenir en arrière, j’y penserais à deux fois. Je suis fatigué, dépité, mais je suis plus déterminé que jamais. On ira au bout. On ne va pas baisser les bras. Ce n’est pas une option. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Quand je m’imagine vivre dans cette maison, le mot qui me revient tout le temps, c’est sanctuaire. Et un sanctuaire, c’est ce qu’on édifie, mais ce sont aussi les personnes qu’on y convie. Quand on aura terminé, je sens que je vais être bien. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Les travaux dans la suite principale se poursuivent à Great Barrington. Pendant ce temps, je continue de mener mon enquête. Avec l’aide de mon amie historienne, la docteure Kendra T. Field, on a retrouvé la trace de mon ancêtre à l’église baptiste de Big Bethel au comté de Dinwiddie, en Virginie. DR KENDRA T. FIELD Voici une partie des recherches qu'on a menées au cours des deux derniers mois. Je suis ravie de pouvoir les partager avec toi. ROBERT HARTWELL Tout ça ? … Oh là, là… DR KENDRA T. FIELD Voici les registres d'esclaves de 1860. Ils recensent le nombre d'esclaves présents sur les plantations. La Virginie a été le berceau de l'esclavage américain. L'exportation du tabac était un moteur économique au 18ème siècle. Mais au 19ème siècle, l'activité s'est déplacée vers ce qui allait devenir le Sud profond, le Mississippi et l'Alabama produisant du coton, et la Louisiane du sucre. À mesure que cette transition s'opérait, la valeur des esclaves devenaient de plus en plus intéressante pour les propriétaires blancs et les marchands. Vendre une femme en âge de procréer rapportait plus, parce que ses enfants allaient également devenir des biens de la propriété. ROBERT HARTWELL D’accord. DR KENDRA T. FIELD Au 18ème et 19ème siècle, ce système a été particulièrement brutal envers les femmes de couleur. ROBERT HARTWELL Plus elles enfantaient, plus ils étaient riches. DR KENDRA T. FIELD OK. Alors, Isaiah est ton arrière-arrière-grand-père. Voici le document le plus ancien qu’on a retrouvé où son nom est mentionné après la Proclamation d’émancipation. Isaiah Hartwell, là, 24 ans. Ce document provient du recensement de 1880. Isaiah a été enregistré dans le comté de Dinwiddie. Sa femme s'appelle Polly. Polly Bland était ton arrière-arrière-grand-mère. ROBERT HARTWELL Incroyable. DR KENDRA T. FIELD Ils ont appartenu et participé à la fondation d’une communauté… Et l’église où on se trouve aujourd’hui appartenait à cette communauté. ROBERT HARTWELL Bonjour. HOMME 1 Salut. ROBERT HARTWELL Comment allez-vous ? HOMME 1 Très heureux de vous rencontrer, Robert. ROBERT HARTWELL Enchanté, je suis Robert. FEMME 1 Enchantée. LARRY GOODWYN J'ai grandi et j'ai été baptisé dans cette église. C'est un plaisir de partager avec vous ce que je sais à propos votre famille. Vous avez des racines dans cette église. ROBERT HARTWELL Est-ce-qu’on est parents ? Est qu’on est de la même famille ? Dites-moi tout ! ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Larry Goodwyn est le président du conseil d'administration de Big Bethel. C'est LA personne ressource à qui s'adresser pour obtenir des informations sur cette église et cette communauté. Cette église a été fondée en 1865, l'année de l'abolition de l'esclavage dans le sud. Mon arrière-arrière-grand-père Isaiah n'était alors qu'un enfant. En 1880, il avait 24 ans et on sait qu'il était ici. C'est ici qu'il a trouvé une communauté et a fondé une famille. LARRY GOODWYN Ce vitrail porte le nom Hartwell… Il y a un lien entre cet homme et ces gens. ROBERT HARTWELL Oui. LARRY GOODWYN Robert Hartwell est venu à Big Bethel à la recherche de ses ancêtres. Donc à partir d’aujourd’hui, tu fais partie de l’histoire de l’église de Big Bethel. ROBERT HARTWELL Je pense à tout ce que je traverse : l'achat de la maison, les charges financières... Mais quand je vois leurs noms, je me sens plus fort. Ouais. LARRY GOODWYN Magnifique. Mais il y a autre chose que je dois te montrer. ROBERT HARTWELL J’ai hâte. LARRY GOODWYN On y va ? 25’15 ROBERT HARTWELL On y va. LARRY GOODWYN Voici quelque chose qui devrait t’intéresser. Lula Madison Hartwell. Mabel Madison Hartwell Chapman. Les familles Madison et Hartwell ont eu des liens maritaux. C’est ta famille, aussi. ROBERT HARTWELL Ouais. J’arrive pas à y croire. Je me sens chez moi. LARRY GOODWYN Tu es chez toi. Tu entends le sol craquer ? Ce parquet sur lequel tu te tiens… a plus de 100 ans, Robert. ROBERT HARTWELL On peut sentir ce qu’ont traversé les gens qui ont prié ici. On peut sentir leurs prières. LARRY GOODWYN Tout à fait. Les racines de cette église sont très profondes, Robert. ROBERT HARTWELL Qu’est-ce que c’est ? LARRY GOODWYN C’est Bethel. 26’04ROBERT HARTWELL Waouh. LARRY GOODWYN C’est la même église. C’est à ça qu’elle ressemblait entre 1910 et 1928. Cette église rassemblait plus d’un millier de fidèles quand elle a été construite. ROBERT HARTWELL D’accord. C’est ici qu’ils venaient trouver de l’inspiration, et c’est là qu’ils venaient aux nouvelles, aussi. C’est ici qu’on se rassemblait pour décider de la prochaine manœuvre politique… Une église Noire, c’est un lieu puissant. LARRY GOODWYN Lula Hartwell et Mabel Hartwell ont eu des enfants. C’étaient mes camarades de jeu… Oui, on a grandi ensemble. ROBERT HARTWELL On est un peu cousins, alors. LARRY GOODWYN C’est vrai. ROBERT HARTWELL Pour moi, on est cousins. LARRY GOODWYN Ça marche. ROBERT HARTWELL Vous pouvez plus vous débarrasser de moi. LARRY GOODWYN Dans ce cimetière se trouvent quelques-uns de tes ancêtres. D’accord ? Ils sont par là… Quand Kendra m’a parlé d’un certain… Horus Hartwell. C’est le nom qu’elle m’a transmis. ROBERT HARTWELL D’accord. LARRY GOODWYN Sur le premier mail qu’elle ma’ envoyé… Le voilà, il est ici. ROBERT HARTWELL Incroyable. LARRY GOODWYN N’est-ce pas ? Il est juste là. Horus Hartwell… Il est né en 1886. ROBERT HARTWELL 1886. LARRY GOODWYN Mort en 1944… C’est ton aïeul. ROBERT HARTWELL Horus était mon arrière-grand-oncle. C’est l’un des fils d’Isaiah, qui lui a donné le nom de celui qui possédait sa mère en esclave. Horus est né une génération après la fin de l’esclavage aux États-Unis, mais il portait encore cet héritage avec son prénom. LARRY GOODWYN Tout ça, ce sont des Hartwell. Regarde comme ça a poussé ? Quand mon père était encore parmi nous, il prenait soin de ces tombes. Tu veux pas m’aider à tailler ces arbres ? ROBERT HARTWELL Waouh. LARRY GOODWYN Allez, viens. Coupe-moi ces branches. Attends… Ah, la voilà. ROBERT HARTWELL On l’a trouvée ! LARRY GOODWYN Ouais. ROBERT HARTWELL Incroyable. LARRY GOODWYN C’est la tombe de Lula Hartwell. Elle est née… ROBERT HARTWELL En 1890 ? LARRY GOODWYN 1889. C’est bon. Alors… Le fils de Lula, c’est Henry Hartwell. Maintenant que tu sais, personne ne peut te l’enlever. Ce sont tes ancêtres. Ils font partie de toi. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, Robert. LARRY GOODWYN Oui. LARRY GOODWYN Tu sais. ROBERT HARTWELL C’est une bénédiction. LARRY GOODWYN Tout à fait. Savoir, c’est synonyme de pouvoir. ROBERT HARTWELL Quand j’ai acheté la maison, en 2020, je pensais que sur les tombes des serviteurs, il ne devait y avoir que des encoches. Et je me suis toujours dit que j’aurais aimé connaître leurs noms. Et aujourd’hui, je connais le nom des descendants de mon arrière-arrière-grand-père. Ils sont tous là. Et j’en ressens une profonde gratitude. LARRY GOODWYN Cette expérience te rendra plus fort. Elle t’aidera à avancer dans ce que tu entreprends. ROBERT HARTWELL Merci. Ça me touche. Ça me touche. Vraiment. LARRY GOODWYN Ouais. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Je suis comblé… J’ai tellement de chance, parce que c’est ce que j’ai toujours voulu. C’est tout ce que je voulais. Je voulais connaître leur nom. Et maintenant, je sais… Ouais. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) C'est un soulagement de savoir que la suite principale est presque terminée, mais on n'en est même pas à la moitié des travaux et je dépasse déjà le budget de plus de 150 000 dollars. C'est flippant. JOHN O’BRIEN (NARRATEUR) La baignoire de la salle de relaxation est arrivée. C’est moins lourd que de la fonte, mais elle pèse quand même presque 100 kilos. JOHN O’BRIEN OK, on pose. Il faut y aller mollo, avec ça. JOHN O’BRIEN (NARRATEUR) Je me suis engagé. Il faut que je finisse. C’est ce que j’ai dit à Robert, je lui ai donné ma parole. Et mon équipe compte sur moi. Il y a beaucoup d’argent en jeu. Il y a beaucoup de gens qui ont travaillé très dur sur ce projet. JOHN O’BRIEN Une, deux… JOHN O’BRIEN (NARRATEUR) On doit avancer, on n’a pas le choix. JOHN O’BRIEN Voilà. JOHN O’BRIEN (INTERVIEW) Mais j’ai hâte que ce soit terminé. ROBERT HARTWELL Merci. JOHN O’BRIEN C’est joli. Mais ce n’est pas exactement là qu’elle sera placée. Elle va être un peu plus loin du mur, et un peu plus centrée. Mais elle est très belle. ROBERT HARTWELL Regardez, franchement. C’est pas génial ? Ça, on va dire que c’est de la mousse. Je vais vous demander de me laisser un peu d’intimité… et de me laisser profiter de cet instant. J’espère que vous comprenez. JOHN O’BRIEN Profitez bien. COURTNEY Coucou. ROBERT HARTWELL Ça fonctionne pas. Pendant notre réunion, tu avais proposé de faire de cet espace un dressing attenant à la salle de relaxation, et de mettre le lit ici. Mais une fois que l'ossature était quasiment prête pour recevoir les cloisons sèches, on s'est rendu compte que la pièce était trop petite. Alors on fait quoi ? Il me faut un endroit pour ranger mes habits, mais il faut aussi que je dorme. COURTNEY Ouais, je comprends… ROBERT HARTWELL C'est un problème. J'ai donc demandé aux ouvriers de retirer l'ossature, mais maintenant je n'ai plus de dressing. Au secours, Courtney ! À l'aide ! COURTNEY Mais je trouve que ça crée une opportunité pour quelque chose de vraiment très intéressant. D'habitude, quand on rentre dans une chambre à coucher, le lit est collé au mur. ROBERT HARTWELL Oui. COURTNEY On est pas obligés de le mettre contre le mur. Il suffit juste choisir le bon lit. ROBERT HARTWELL Ouais. COURTNEY On peut le désolidariser du mur. Comme ça, on obtiendrait à peu près le même espace derrière. ROBERT HARTWELL OK. COURTNEY Sans le mur, vous vous sentirez moins à l’étroit. Et on pourra toujours installer un beau placard encastré le long du mur. ROBERT HARTWELL Parfait. COURTNEY Ça sera aussi l’occasion de faire du design. COURTNEY (INTERVIEW) Prendre un lit avec une tête de lit haute va créer cette séparation visuelle dans la pièce. La chambre va paraître plus grande. Ce sera une suite principale adaptée à la taille de la maison. Ça va être magnifique. ROBERT HARTWELL C’est une solution fabuleuse. COURTNEY Vous pouvez compter sur moi ROBERT HARTWELL Je sais. J’adore. J’adore. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Quand John m'a annoncé que la cheminée de la salle de relaxation n'était pas fonctionnelle et que ça coûterait une fortune de la réparer, je me suis mis à chercher une alternative plus abordable. Et bonne nouvelle, j'en ai trouvé une. ELIZABETH Il est là. Je peux sentir la chaleur. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) La mauvaise nouvelle, c’est que je vais devoir prendre cette décision tout seul. :36JOHN O’BRIEN Qu’est-ce que c’est que ça ? :37ROBERT HARTWELL OK. Alors, le but, c’est de faire marcher cette cheminée. D’accord ? Je veux me poser dans dans cette salle de relaxation et voir de la braise. JOHN O’BRIEN Un insert électrique ? Allez, on va voir s’il rentre. ROBERT HARTWELL OK… Allez. C’est le moment de vérité… John! JOHN O’BRIEN On dirait vraiment une bûche, non ? ROBERT HARTWELL Courtney va devoir faire avec. JOHN O’BRIEN Ça donne bien. ROBERT HARTWELL Allez, branchez-le… Ah! C’est chaud ! JOHN O’BRIEN Ça fait des flammes. ROBERT HARTWELL C’est chaud… Vous voulez vous réchauffer les mains ? Il faut savoir faire contre mauvaise fortune bon cœur. Je suis ravi. JOHN O’BRIEN Je pense que c'est bien mieux que de dépenser 60 000 dollars. ROBERT HARTWELL Oh oui. C’est super… Courtney va détester. JOHN O’BRIEN Aucun doute là-dessus . ROBERT HARTWELL Allez, on s’en va. ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Je n'arrive toujours pas à croire que j'ai la chance d'avoir la moitié du premier étage consacré à ma suite principale ! Ma salle de bain sera légèrement plus spacieuse que prévu, et à la place d’un dressing, dans la chambre principale, on va installer de magnifiques placards encastrés. Je suis complètement conquis par ces changements. JOHN O’BRIEN (INTERVIEW) J'aimerais pas être là quand Robert recevra les factures de ce chantier. C'est beaucoup de stress pour un propriétaire de transformer un manoir de 1822 de cette envergure, avec autant de problèmes, en un lieu habitable. Il aura besoin de quelques minutes pour décompresser, pour se ressaisir. Je ne sais pas comment il tient le coup en ce moment sans la salle de relaxation, mais dès qu'on lui livrera la maison, j'espère vraiment qu'il en profitera comme il se doit. COURTNEY J’arrive pas à croire qu’on ait réussi à le tenir loin d’ici aussi longtemps. ELIZABETH Je suis trop contente de lui faire la surprise. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Ma mère s’occupe des dernières retouches dans la suite principale et la salle de relaxation. COURTNEY Il a choisi tous les éléments. On sent bien sa personnalité, je trouve. ELIZABETH Je suis d’accord. Je suis contente qu’on s’occupe un peu de lui, parce que c’est quelqu’un qui donne beaucoup. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Je sais ce qu’elles vont mettre dans la chambre, mais je ne sais pas ce que ça va donner. J’ai l’impression de me faire une surprise à moi-même. ROBERT HARTWELL Je suis vraiment fier de moi, j’ai résisté à la tentation d’aller voir la salle de relaxation et la suite principale. Je ne veux les découvrir que quand elles seront finies. ROBERT HARTWELL Je peux entrer ? ELIZABETH Oui, viens. ROBERT HARTWELL J’ai trop hâte. Waouh ! ELIZABETH Et voilà. ROBERT HARTWELL C’est… ELIZABETH Oui. ROBERT HARTWELL …au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer. ELIZABETH Oui. ROBERT HARTWELL J’y crois pas. C’est magnifique. Les couleurs sont belles. Et ce lustre ! Waouh. J’adore les cristaux. On dirait une forêt. ELIZABETH Mais franchement, une baignoire en plein milieu de la forêt ? Sincèrement, c’est la première fois que je vois une baignoire dans une pièce. ROBERT HARTWELL Quand j’ai acheté la maison en juin 2020, j’ai ressenti le besoin de m’éloigner de tout ça. Je suis allé dans l’un de mes hôtels préférés, et dans la chambre, il y avait une baignoire sur pied à côté de la cheminée. Et je me suis dit que je voulais avoir la même chose, parce que nous, les Noirs, on a besoin de repos. On a bien mérité d’avoir un endroit douillet pour se ressourcer. Je voulais un espace où, en me levant le matin, je puisse émerger en douceur et me faire du bien. Alors, m’asseoir sur ce magnifique canapé, qui est immense, tous les matins, ça va me donner un regain d'inspiration et un sentiment de refuge. ELIZABETH Ça me plaît. C’est vraiment un endroit paisible. ROBERT HARTWELL Et la salle de bain, oh là, là. Elle est magnifique. J’adore. Ces carreaux vert émeraude, c’est vraiment royal. Et ces accessoires en laiton. On a une double douche. Chacun son côté. Je sens que je vais faire toute mes réunions là-dedans, parce qu’elle est vraiment magnifique. Pourquoi pas ? ELIZABETH Tu sais que j’adore les cheminées. Quand on est arrivés ici et qu’on a vu cette cheminée, mon cœur s’est mis à battre plus fort. ROBERT HARTWELL Je sais. Elle est fabuleuse. Je t’explique : je voulais vraiment qu’elle fonctionne. Je m’imaginais déjà dans ma baignoire, en train d’entendre le crépitement du feu. Mais pour ça, il aurait fallu débourser une fortune. :22JOHN O’BRIEN La cheminée est inutilisable. La maçonnerie est complètement délabrée. Il va falloir environ 60 000 dollars pour tout démolir et tout reconstruire. ROBERT HARTWELL J’ai opté pour cette solution pour qu’on puisse quand même profiter de la cheminée sans faire exploser le budget. On a restauré le manteau, qui est magnifique, et ce n’est peut-être pas un vrai feu, mais moi, j’adore. ELIZABETH Tout est dans la tête. :52ROBERT HARTWELL Ça fait l’affaire. :53ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Je vais être en paix. Je vais vraiment vivre ma meilleure vie dans cette maison. ELIZABETH On a vu la salle de relaxation, maintenant, laisse-moi te montrer la chambre. :04ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Je pense que je vais entrer dans la phase la plus créative de ma vie. ELIZABETH OK. Tu es prêt ? ROBERT HARTWELL Je suis prêt. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) J’ai trop hâte. ELIZABETH Allez, entre. ROBERT HARTWELL Waouh ! Maman, c’est magnifique ! ELIZABETH Le papier peint ? ROBERT HARTWELL J’ai vraiment galéré pour trouver ce papier peint, mais ça en valait la peine. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) Quand j’ai vu ce papier peint, ça a été le coup de foudre. Il est foisonnant. Il est débordant. Toutes ces couleurs, et tout se marie si bien. Ça relève vraiment la pièce. ELIZABETH Tout à fait. ROBERT HARTWELL Waouh, ce lustre… ELIZABETH Il est splendide. ROBERT HARTWELL Il est parfait. Le parquet chevron est vraiment un chef-d’œuvre. On se croirait à Versailles… La première fois que je suis entré dans cette pièce, je n'aurais jamais imaginé qu'on puisse en faire une chambre. C’est quoi cette pièce ? On dirait un labyrinthe. Au départ, il y avait une cloison de séparation, et on l'a abattue. Ensuite, on a envisagé un dressing, mais ça prenait vraiment trop de place. Alors, on a installé ce placard encastré. ELIZABETH D’accord. ROBERT HARTWELL Il est magnifique. Et très élégants. Mais je te jure, maman, cette pièce revient de très loin. Elle est vraiment parfaite. Et maman… Ces rideaux. Ils sont magnifiques. ELIZABETH C’est une tradition, chez nous. Dans tous les endroits où tu as vécu, c’est moi qui ai fait les rideaux, les oreillers… J’ai été très honoré de pouvoir habiller ce nouvel espace, ce nouveau départ, avec ces rideaux. ELIZABETH (INTERVIEW) Cette maison est très chaleureuse. On va être heureux, ici. On va passer de très bons moments. Je sens que les ancêtres, les gens qui ont construit les fondations de cette maison, sont vraiment fiers de qui est en train de se passer et de ce qui se profile. ELIZABETH Tu as travaillé très dur, pour aménager cet espace. Avec un sanctuaire pareil, tu trouveras le repos nécessaire pour affronter tes journées. ROBERT HARTWELL Cette expérience m’a permis de regarder en arrière et de découvrir d’où je venais. LARRY GOODWYN C’est ici que sont enterrés certains de tes ancêtres. ROBERT HARTWELL Apprendre que mon arrière-arrière-grand-père est né esclave sur la plantation Brunswick, ça me pousse à poursuivre mes rêves. Et ça me pousse à me battre pour réaliser ces rêves. ROBERT HARTWELL Merci… Merci. Je t’aime. ELIZABETH Moi aussi. ROBERT HARTWELL C’est vraiment parfait. C’est parfait. ROBERT HARTWELL (INTERVIEW) On va aller au bout. Ouais. PROCHAINEMENT ROBERT HARTWELL (NARRATEUR) Prochainement, dans Rebâtir son histoire… ROBERT HARTWELL Ici, ça va être mon bureau. JOHN O’BRIEN Malheureusement, les voussoirs d'origine étaient vermoulus et se seraient effrités au moindre contact. On a donc été obligés de les enlever. ROBERT HARTWELL C'est vraiment dommage. C'est beaucoup trop petit. Ça ne correspond pas du tout à la maison. Je crois qu'on devrait le remettre dans sa caisse, parce que là, ça ne le fait pas du tout. JOHN O’BRIEN Cette colonne est pourrie. Elle ne tient plus que par le toit. Elle met en danger la maison. Ouais. ROBERT HARTWELL Être propriétaire, y a vraiment de quoi devenir fou. Je vais péter un câble. BREAKING NEW GROUNDS REBÂTIR SON HISTOIRE S01 EP03