CARRIE_ANNE_KELLER CHARLENE_HARMON CREIGHTON_HORTON DAVID_TOMB DON_BELL DR_CARLISLE GARY_BRUCATO JESSICA_FOWLER KENNETH_LANNING MICHAEL_GEORGE NICKY_JACKSON QUINCEE_GIDEON ROD_DECKER TINA_SCHERMER_SELLERS CHARLENE HARMON L'Utah est un �tat tr�s attach� aux traditions. La famille et la religion y ont une place importante. Quasiment la moiti� des habitants de l'Utah sont mormons et c'�tait �galement le cas autour des ann�es et . C'est un �tat o� les gens craignent le jugement de Dieu et o� les gens vivent en communaut�. Je connais tout le monde dans mon quartier. Ce n'�tait pas le genre d'endroit o� on se demandait si on �tait en s�curit�. Mon p�re travaillait avec �norm�ment de criminels violents � la prison d'�tat de l'Utah. Il a travaill� avec des tueurs en s�rie, des meurtriers, et la plupart du temps, ils �taient oblig�s de participer � des s�ances. Mais pour Art Bishop1, il me semble que c'�tait la toute premi�re fois qu'un prisonnier contactait directement mon p�re pour discuter. Il disait qu'il en avait besoin. DR CARLISLE Mon premier contact avec Arthur Gary Bishop a �t� quelques jours apr�s son arriv�e � la prison d'�tat de l'Utah. Il a �t� plac� dans une cellule haute s�curit� dans le bloc des condamn�s � mort. Je ne voulais pas lui parler. Il me d�go�tait, et je ne voulais pas le rencontrer. CARRIE ANNE KELLER Les crimes d'Art Bishop perturbaient beaucoup Al. L'�ge de ses victimes, qui n'�taient que des enfants, le r�voltait. MICHAEL GEORGE Arthur Gary Bishop �tait un ancien missionnaire mormon. C'�tait aussi un ancien scout et un comptable. C'�tait un membre � part enti�re de la communaut�. Je pense que c'est ce qui lui a permis de commettre tous ces crimes. Il se fondait dans la masse. CREIGHTON HORTON En Utah, il ne me semble pas avoir entendu parler d'un autre cas o� un condamn� � mort a accept� son jugement et a d�clar� "J'accepte cette condamnation, et je ne ferai pas appel. Je sais que je pourrais repousser cette ex�cution ind�finiment, et peut-�tre m�me obtenir une r�duction de peine. Mais au lieu de �a, je d�cide d'�tre ex�cut�." C'est le choix qu'a fait Bishop. DR CARLISLE Je ne voulais pas lui parler. Mais lorsqu'il a ouvertement admis �tre coupable du meurtre de ces enfants, j'ai commenc� � changer d'avis. CHARLENE HARMON Bishop voulait comprendre quels �taient les �v�nements de sa vie qui l'avaient men� au meurtre de cinq enfants. Il �tait pr�t � tout raconter. Il n'avait aucun int�r�t � mentir. Il assumait pleinement d'�tre un horrible meurtrier, d'�tre celui qui avait tu� ces pauvres enfants, et d'�tre un p�dophile. DR CARLISLE Il a d�clar� qu'avant de mourir, il voulait comprendre comment il �tait devenu un meurtrier. En tant que psychologue, je voulais comprendre autant que lui. Est-ce qu'on aurait pu l'en emp�cher ? CARRIE ANNE KELLER L'un des objectifs d'Al en discutant avec Arthur Bishop� �tait de d�terminer s'il �tait possible non seulement d'emp�cher les meurtres des tueurs en s�rie, mais aussi s'il �tait possible d'emp�cher un enfant de devenir un meurtrier lui-m�me. Il se disait que �a en valait la peine s'il pouvait emp�cher ne serait-ce qu'un enfant de d�velopper un esprit violent. DON BELL Lorsque j'ai �t� assign� � l'affaire, il s'agissait d'un cas de disparition d'un jeune homme �g� de ans nomm� Graeme Cunningham2. Il avait disparu depuis quelques jours. Ses parents �taient d�boussol�s, ce qui �tait compl�tement normal. Ils disaient "Notre fils a disparu. Comment allez-vous nous aider ? Il ne r�pond plus du tout� On veut savoir ce qu'il se passe." Lorsque nous avons interrog� la famille, un d�tail important est ressorti. Ils se souvenaient tous que le t�l�phone de la maison avait sonn� juste avant la disparition de Graeme. Sa grande s�ur avait attrap� l'un des t�l�phones fixes. Elle s'appr�tait � r�pondre. Mais elle n'a pas eu le temps de le mettre � son oreille. Graeme avait attrap� un autre t�l�phone dans la maison et il a cri� "c'est bon, je m'en occupe !" avant de r�pondre. Sa s�ur avait donc repos� le t�l�phone. C'est juste apr�s ce coup de fil que Graeme est all� voir sa m�re pour lui dire "je vais juste au coin de la rue, je reviens." Elle lui a dit d'accord. Il a dit "Je t'aime, maman." Elle a r�pondu "Je t'aime aussi". Il a ensuite pass� la porte et on ne l'a plus jamais revu. � ce moment de l'enqu�te, on n'avait aucune raison de croire qu'il lui �tait arriv� quelque chose. On se disait que s'il �tait parti de lui-m�me, il devait avoir un endroit o� dormir, o� manger et o� se cacher. Et quel meilleur endroit que chez des amis ? Si un de ses amis le cachait, on devait le d�couvrir. On a demand� aux enfants du quartier qui �tait le meilleur ami de Graeme. Ils nous ont donn� plusieurs noms. "On pense qu'il est souvent avec telle et telle personne." Mais ils nous ont aussi dit que quelqu'un �tait persuad� d'�tre son meilleur ami. On a demand� qui, et ils ont r�pondu "Jeff. Jeff pense que Graeme est son meilleur ami au monde." En r�ponse, on a demand� ce qu'en pensait Graeme. Ils ont presque tous r�pondu que Graeme trouvait Jeff un peu bizarre, mais qu'il trouvait que son beau-p�re, un homme appel� Roger Downs3, �tait tr�s tr�s bizarre. On a demand� pourquoi. L'un des enfants a r�pondu "Une fois, j'ai vu des photos de petits gar�ons tout nus� dans sa maison." �a m'a donn� un tr�s mauvais pr�-sentiment. DON BELL Quand on a entendu parler de cette histoire, on a d�cid� de se renseigner sur qui �tait ce Roger Downs. On a voulu retrouver la m�re de Jeff, Eileen4. On est all� jusqu'� la r�gion o� elle vivait. Il me semble qu'elle vivait dans une sorte de duplex. On a tap� � la porte et Eileen nous a ouvert. On a jet� un �il � l'int�rieur mais Graeme n'�tait pas l�. Je lui ai dit que j'avais besoin de voir Roger Downs. Elle m'a r�pondu "Il n'est pas l�. Il ne vit pas l�, je ne sais m�me pas o� il habite". J'ai dit que d'apr�s ce qu'on nous avait dit, son fils passait du temps chez lui. Elle nous a dit "Oui, en effet. Mais ce n'est pas mon ex. Ce n'est pas vraiment le beau-p�re de Jeff." DON BELL Graeme, l'ami de Jeff, avait disparu depuis quelques jours. On a voulu retrouver la m�re de Jeff, Eileen. Je lui ai dit que j'avais besoin de voir le beau-p�re de Jeff, Roger Downs. Je voulais savoir o� il �tait. Elle m'a dit "Ce n'est pas vraiment le beau-p�re de Jeff". DON BELL La m�re de Jeff nous a expliqu� que, lorsqu'ils vivaient en appartement � The Avenues5, Roger �tait leur voisin du dessous. Apr�s la mort de son mari, Roger a tap� � sa porte et lui a demand� s'il pouvait faire quoi que ce soit pour l'aider avec Jeff. Elle allait tellement mal � ce moment l� qu'elle lui a dit qu'il pouvait faire tout ce qu'il voulait pour aider. C'est ce qu'il a fait. DON BELL Elle nous a dit "Je ne sais pas comment j'aurais tenu sans lui, les premiers mois. Il disait qu'il avait bien connu mon mari." Elle a ajout� "Le plus �trange, c'est que personne d'autre� n'avait l'air de le connaitre. Et plus le temps passait, plus Jeff voulait rester avec Roger. Alors j'ai d�cid� de nommer Roger comme tuteur l�gal de Jeff et j'ai d�m�nag� hors de l'�tat pendant un an environ. En parall�le, c'�tait plus simple si Jeff disait aux gens que Roger �tait son beau-p�re". Mais elle n'avait jamais �t� mari� avec Roger. NICKY JACKSON Bishop a construit sa relation avec Eileen autour de son incapacit� � s'occuper de son petit gar�on. �a devait �tre une terrible �preuve pour elle. C'est comme �a qu'il a r�ussi � se retrouver seul avec un enfant. NICKY JACKSON C'est l'exemple parfait de quelqu'un qui conditionne un enfant. Petit � petit, il gagne la confiance de Jeff. Il �loigne aussi l'enfant de sa famille et de ceux qui pourraient le prot�ger, en �loignant la m�re de Jeff. Et il fait croire qu'il est comme son p�re. DON BELL � ce moment-l�, on ne savait pas grand-chose sur Roger Downs. Pendant une semaine, on a tout fait pour trouver le plus d'informations possible sur lui. Il avait vol� de l'argent � beaucoup de gens sous deux noms diff�rents. Le dimanche, Roger Downs �tait revenu. DON BELL Jeff pensait que Graeme �tait son meilleur ami. Il venait de dispara�tre. Je lui ai demand� "Qu'est-ce que tu penses de tout �a ?" Il a dit "Eh bien� Je trouve �a �trange. Mais c'est d�j� arriv� avant." Je lui ai r�pondu "Comment �a, c'est d�j� arriv� ?" et il m'a dit "Ce n'est pas la premi�re fois que d'autres enfants que je connais disparaissent. Je me dis juste que c'est bizarre que d'un seul coup, Graeme disparaisse aussi. Je ne sais pas trop quoi penser". J'ai fini par une simple question "Depuis combien de temps ton beau-p�re abuse de toi sexuellement ?". Il a pleur� d'un coup et a r�pondu "�a fait des ann�es." DON BELL Je lui ai dit que j'avais besoin d'enregistrer toutes ses d�clarations, et il �tait d'accord. Plus on discutait, plus je sentais qu'il n'arr�tait pas de me mentir. Alors, � un moment durant l'interrogatoire, qui avait dur� plus d'une heure d�j�, j'ai d�cid� de passer � l'attaque. Je lui ai r�v�l� que j'avais fait mes recherches et que je savais qu'il mentait. Je savais qu'il mentait sur qui il �tait vraiment, et sur Roger Downs. Je lui ai dit "Avant d'�tre Roger Downs, vous �tiez Lynn Jones6. Il y a un mandat d'arr�t pour d�tournement de fonds contre vous, et vous allez aller en prison." J'ai ajout� "Je pense que vous �tes aussi une autre personne disparue en Utah, nomm�e Art Bishop". DON BELL Il m'a r�pondu "Si vous me ramenez chez moi, je vous raconterai tout." DON BELL Je l'ai conduit jusqu'� chez lui. On est entr�s et il m'a montr� un placard. Il m'a dit "Si vous ouvrez ce placard et cherchez sur l'�tag�re du haut, vous trouverez un livre". C'�tait un grand album-photo blanc, comme on en utilise pour les mariages. Je l'ai d�pos� sur le lit, puis je l'ai ouvert. J'ai d�couvert qu'il �tait rempli de photos de petits gar�ons� compl�tement nus. DON BELL Ma seule pr�occupation �tait ce qui �tait arriv� � Graeme. J'ai demand� s'il avait eu un accident. Bien souvent, lorsqu'on donne aux suspects une occasion d'adoucir ce qu'il s'est pass�, ils la saisissent et parlent de leurs victimes. Il m'a regard� calmement et m'a dit "Il va tr�s bien." Je lui ai demand� comment il le savait. Il a dit "Car je l'ai tu�. Je les ai� tous tu�s." DON BELL On �tait chez lui lorsqu'il m'a dit "Je les ai tous tu�s." J'ai compris qu'il confessait le meurtre d'autres enfants que le petit Cunningham. Je lui ai demand� qui il avait tu�. En minutes, j'ai tout appris de ses meurtres. Il a avou� avoir kidnapp� puis tu� un enfant appel� Troy Ward. Et il a continu� "J'ai tu� un autre enfant, Chris ou Christopher." Je lui ai demand� s'il parlait de Kim, un enfant d'une autre affaire � South Salt Lake7. Il a r�pondu "Oui. C'�tait de moi, �a aussi." Et il ajout� Alonzo Daniels8 � la liste. DON BELL C'�tait une des plus grosses affaires encore en cours. Elle avait eu lieu deux ans avant, en Utah. Je lui en ai parl�. DON BELL J'�tais� j'�tais totalement affol�. De toute ma carri�re, je pense que c'est l'une des personnes� les plus terrifiantes que j'ai rencontr�es. MICHAEL GEORGE J'�tais responsable de l'enqu�te juridique sur Arthur Gary Bishop pour le bureau du procureur du County de Salt Lake. Apr�s ses aveux, il a emmen� des agents de police dans le d�sert et leur a montr� l'endroit o� il avait enterr� trois des corps. MICHAEL GEORGE �a a profond�ment choqu� toute la ville. Ceux qui y habitaient n'imaginaient pas Arthur Gary Bishop comme �tant capable de commettre tous ces crimes. DAVID TOMB La cour m'a demand� d'aller discuter avec Arthur Bishop. Je devais lui faire une analyse psychiatrique pour savoir quel genre de personne il �tait. La premi�re fois que je l'ai rencontr�, je n'arrivais pas � me dire qu'il s'agissait de la personne qui �tait responsable du meurtre de plusieurs enfants. Il �tait tr�s poli et tr�s calme. Il avait l'air tout � fait ordinaire. JESSICA FOWLER Mon grand-p�re voulait savoir comment une personne qui n'avait jamais commis aucun crime pouvait faire des choses aussi horribles, comme des meurtres ou des agressions sexuelles. Personne ne change comme �a, sans raison. DR CARLISLE Si nous voulons trouver comment arr�ter les agressions sexuelles sur des enfants, il ne faut pas seulement sauver les victimes. Il faut aussi emp�cher les enfants de se transformer en pr�dateurs. GARY BRUCATO Je m'appelle Gary Brucato9. Aujourd'hui, je m'appr�te � �couter pour la toute premi�re fois une entrevue entre le docteur Carlisle10 et Arthur Gary Bishop. GARY BRUCATO C'est tr�s int�ressant. Lorsqu'il �tait enfant, Bishop �tait membre de l'�glise mormone. On peut imaginer que �a a jou� un r�le dans ce qui l'excitait et dans ses fantasmes. Il devait y avoir cette id�e d'acte interdit juste sous le nez d'une famille o� la religion a son importance. Il se pr�sentait comme quelqu'un de droit et de gentil en accord avec la religion, alors que ses activit�s sexuelles auraient choqu� et horrifi� sa famille. TINA SCHERMER SELLERS Chez les mormons, il n'y avait aucune �ducation sexuelle. Ce qui veut dire qu'ils ne parlaient pas de tout ce qui avait rapport aux changements du corps et aux relations. � l'�ge de ans, on disait aux gar�ons que s'ils se masturbaient, ils devaient aller en parler � l'�v�que. Ils devaient avoir internalis� l'id�e que s'ils pensaient � ce genre de choses, ils �taient oblig�s d'en parler. Ils devaient culpabiliser d'�tre pervertis. JESSICA FOWLER Je sais que mon grand-p�re ne voulait pas entendre parler des fantasmes d'Arthur Gary Bishop, mais il �tait oblig� d'en apprendre plus s'il voulait arr�ter de futurs p�dophiles, et sauver des enfants de ces pr�dateurs. DR CARLISLE Je pense qu'Art Bishop a eu un moment de lucidit� et a compris que quelque chose clochait lorsqu'il avait ans, et qu'il a regard� un enfant de ans nager. Il s'est dit que pour l'attoucher, il devait d'abord tuer ce petit gar�on. Cette pens�e l'a choqu� et lui a fait peur, au d�part. Malgr� �a, il a continu� � s'enfoncer dans la p�dophilie. GARY BRUCATO Ce qui est remarquable � propos de cet enregistrement entre Carlisle et Bishop, c'est qu'il met en lumi�re le fait que beaucoup de fantasmes de tueurs en s�rie suivent un certain sch�ma. Ils s'installent chez ces tueurs, et �voluent avec le temps. Jusqu'� ce qu'ils se transforment en actions concr�tes. CHARLENE HARMON Mon p�re s'impliquait beaucoup dans les activit�s de son �glise. Il �tait tr�s pieux. Art Bishop �tait membre de l'�glise mormone, comme je le suis et comme mon p�re l'�tait. Ils avaient ce terrain commun qu'�tait la religion. Mais c'�tait la foi de mon p�re qui lui compliquait la t�che� face aux actions d'Art Bishop. GARY BRUCATO Bishop appr�ciait s�rement l'id�e de faire partie d'une hi�rarchie ou d'un groupe qui lui donnerait un sentiment d'appartenance. Que ce soit comme membre de la paroisse ou comme membre des scouts, c'est comme s'il voulait �tre une personne mod�le pour rentrer dans le moule. ROD DECKER � l'�poque, les Mormons avaient financ� le programme des scouts. Si vous �tiez un enfant normal, vous faisiez partie des scouts. Et puis, si vous faisiez partie des enfants sages, vous partiez en mission pour douze mois, parfois dix-huit. Vous partiez pr�cher la bonne parole � d'autres gens. Arthur Gary Bishop a fait tout �a. DR CARLISLE Lorsqu'il �tait en mission dans les Philippines, Arthur Bishop continuait de lire les textes, de faire ses pri�res, et convertissait de nouvelles personnes � sa religion. Mais il ne pouvait pas s'emp�cher d'�tre excit� sexuellement � la vue de petits gar�ons nus. TINA SCHERMER SELLERS Si une personne a une attirance similaire � celle que ressent Arthur Bishop, il faudrait qu'elle puisse en parler � quelqu'un avec qui elle se sent bien. Elle pourrait parler de ses sentiments, de ce qu'elle ressent et de ce qu'elle remarque. Elle pourrait avoir un dialogue avec quelqu'un qui lui ferait comprendre que �a ne fait pas d'elle une mauvaise personne. Mais il est important de dire que cette attirance ou cette orientation n'am�nera du plaisir qu'en causant de la souffrance. DR CARLISLE � ce moment de sa vie, Art avait abandonn� tout espoir de changer. Ce n'�tait pas qu'il en �tait incapable, mais il n'avait simplement plus envie d'essayer. DR CARLISLE Art avait besoin d'aide, mais il refusait de parler � qui que ce soit de son attirance sexuelle pour les jeunes enfants. QUINCEE GIDEON Dans un contexte religieux, les abus sexuels sont courants. Bien plus que ce qu'on pense, malheureusement. Mon travail avec des patients m'a permis d'aider des personnes qui avaient soufferts de ces abus, lorsqu'ils �taient enfants et en tant que membres de l'�glise mormone. Dans la plupart des cas, ces abus ne sont pas signal�s � la police si un repr�sentant de l'�glise s'en occupe. C'est pour �a que les chiffres que nous avons concernant ces abus sont trop bas. Ils ne repr�sentent pas la v�rit�. L'�glise mormone pense que ces probl�mes doivent �tre r�gl�s en interne. QUINCEE GIDEON � cause de �a, il n'y a aucune suite � ces affaires, et encore moins d'intervention de la part de la police. QUINCEE GIDEON Il n'y aura aucun protocole de s�curit� mis en place pour prot�ger les futurs enfants, ou m�me pour prot�ger l'enfant qui aurait subi l'abus sexuel en question. CARRIE ANNE KELLER Je sais qu'Al �tait tr�s pieux, mais il avait atteint ses limites. Il �tait tr�s contrari� car l'�glise mormone avait pass� cette affaire sous silence. KENNETH LANNING La premi�re fois que j'ai entendu parler d'Arthur Bishop, le bureau f�d�ral de Salt Lake City m'avait contact� pour me signaler son arrestation. Ils avaient des preuves qu'il avait commis des enl�vements, et qu'il avait agress� sexuellement et tu� plusieurs enfants. J'�tais sp�cialis� dans les crimes contre les enfants et ils voulaient savoir si je pouvais aider avec l'enqu�te. Bien souvent, les p�dophiles auront un moyen d'�tre au contact des enfants et d'avoir du pouvoir sur eux, c'est comme �a qu'ils ne se font pas prendre. J'ai d�couvert qu'Arthur Gary Bishop faisait partie du programme "Big Brother, Big Sister11". DAVID TOMB Bishop �tait responsable d'un petit gar�on qu'il devait conseiller, pendant un an voire plus. MICHAEL GEORGE Ces enfants venaient souvent de milieux difficiles. Ils �taient �lev�s dans des familles monoparentales. Art Bishop savait qu'ils seraient oblig�s d'accepter son aide. "MICHAEL" Art Bishop �tait le grand fr�re qui m'avait �t� assign� par le programme "Big Brother Big Sister" de Salt Lake City. C'�tait autour de , je devais avoir ans. Ma premi�re impression d'Art �tait qu'il �tait tr�s dr�le. Il aimait s'amuser. En y repensant aujourd'hui, je me rends compte que n'importe quel petit gar�on l'aurait appr�ci�. Il avait tous les derniers jouets. Il �tait gentil. Et d�s que j'�tais curieux � propos de quelque chose, il n'h�sitait pas � m'en dire plus ou � me montrer. Puis, ses actions se sont transform�es en agressions sexuelles. C'est exactement ce que c'�tait. Il me disait "C'est ce qu'on fait, entre hommes." Il disait que c'�tait normal de se doucher ensemble pour des gar�ons, et de se voir nus. Il me rassurait et me disait qu'il n'y avait rien de mal � �a. D'ailleurs, il renfor�ait cette id�e en m'emmenant dans des piscines publiques ou encore dans des parcs aquatiques. On se changeait devant d'autres hommes. Il faisait en sorte que �a se passe toujours comme �a. La premi�re fois qu'Art m'a vraiment agress� sexuellement �tait tr�s subtile. Quand j'�tais enfant, j'avais souvent des migraines. Il m'a demand� si un bain chaud me ferait du bien, et m'a propos� d'en faire couler un. Je me souviens qu'il prenait l'eau chaude entre ses mains et qu'il la versait sur mon torse. � force d'attraper l'eau chaude pour la verser, sa main a frott� mes parties intimes. Quand j'ai appris pour les meurtres des ann�es plus tard, j'ai imm�diatement pens� �� toutes ces fois o� il aurait pu me tuer, moi aussi. �a m'est revenu d'un coup. Je pense que la seule raison pour laquelle je ne fais pas partie de ces enfants d�c�d�s, c'est parce qu'il pensait que je ne pouvais pas le d�noncer. Il m'avait tr�s bien conditionn�. J'�tais toujours curieux de tout et je lui faisais confiance. QUINCEE GIDEON Lorsque qu'une personne est excommuni�e de l'�glise mormone, elle est compl�tement expuls�e des affaires religieuses. C'est l'�quivalent d'une mort spirituelle, et c'est tr�s grave. C'est s�rement la pire chose qui pourrait arriver � une personne religieuse. GARY BRUCATO Sa distinction du bien et du mal �tait influenc�e par sa religion. D'ailleurs, il utilise des termes comme "bon" ou "mauvais". �a devait �tre l'un des piliers de son identit�. �a le for�ait � retenir ses pulsions. C'est pour �a que la perte d'une chose aussi importante� aurait pu le faire changer totalement. QUINCEE GIDEON Lorsque l'on passe notre vie enti�re au sein d'une �glise, toute nos relations et nos attentes se construisent autour de �a. Si on quitte cet environnement, �a am�ne forc�ment de grands changements identitaires. Pour quelqu'un qui aurait d�j� besoin d'une aide psychologique, c'est encore plus d�stabilisant. �a peut les blesser et les changer profond�ment. CHARLENE HARMON M�me si mon p�re �tait tr�s r�serv� � l'id�e de s'entretenir avec Art Bishop, qui �tait un meurtrier p�dophile responsable de la mort de cinq enfants, tous �g�s de moins de ans, il en apprenait �norm�ment. Mon p�re esp�rait pouvoir en apprendre assez pour prot�ger les enfants et emp�cher ce genre de crimes de se reproduire dans le futur. QUINCEE GIDEON La demande de Bishop d'�tre excommuni� de l'�glise �tait peut-�tre pour soulager sa conscience et pour ne pas affronter sa propre immoralit�. Il avait peut-�tre internalis� une certaine honte et il devait penser qu'il contaminait la communaut� religieuse, l'�glise ou m�me le Dieu qu'il v�n�rait. Il devait sentir au fond de lui que ses actions �taient mauvaises, et qu'il devait �tre surveill� ou bien qu'il devait se soutirer totalement � tout ce qui lui rappelait sa d�pravation. DR CARLISLE Il s'�tait d�cid� � se couper compl�tement de la religion et de Dieu. Il n'y avait plus aucune motivation assez forte pour l'aider � combattre son probl�me. D�sormais, sa seule raison d'�tre serait de satisfaire ses pulsions et de ne pas se faire attraper. CARRIE ANNE KELLER Arthur Gary Bishop a �t� excommuni� de l'�glise mormone. Et seulement un mois apr�s, il a commis son premier meurtre. CREIGHTON HORTON Sa premi�re victime �tait Alonzo Daniels, �g� de ans. GARY BRUCATO Dans l'histoire que raconte Arthur Gary Bishop, il y a un point int�ressant. On dirait presque qu'il essaie de faire quelque chose d'horrible et de r�pr�hensible pour recevoir une punition et pouvoir passer � autre chose. Durant toute sa vie, il craindra d'�tre punit par les gens autour de lui ou m�me par Dieu. Dans cette optique, il se dit que s'il fait quelque chose d'ignoble, il sera enfin consid�r� comme une mauvaise personne, et il n'aura plus besoin de combattre cette partie de lui. CARRIE ANNE KELLER Al �tait persuad� qu'apr�s le premier meurtre, deux choix s'offrent � la personne. Elle peut tuer � nouveau, ou ne plus jamais tuer. Si elle d�cide de tuer � nouveau, elle tuera encore et encore. CREIGHTON HORTON La police avait interrog� Bishop, parce qu'il vivait dans le m�me immeuble. MICHAEL GEORGE Ils ont frapp� � sa porte. Ils lui ont pos� quelques questions. L'un des agents de police a not� sur son rapport "Ce type est tr�s bizarre". Bishop m'a r�v�l� qu'� ce moment-l�, il �tait pr�t � tout avouer. Il pensait que c'�tait d�j� fini � partir du moment o� les agents �taient rentr�s chez lui. Il m'a dit qu'apr�s seulement une ou deux questions, ils ont pass� la porte et sont repartis. C'est l� qu'il a d�cid� de changer d'appartement, de changer d'apparence et de changer de nom. KENNETH LANNING Dans le cas des pr�dateurs sexuels qui s'int�ressent aux enfants, ils auront une relation avec un enfant mais finiront avec un autre. Ils manipuleront les enfants de diverses mani�res. Ce qui rend les choses compliqu�es pour les forces de l'ordre, c'est que ces pr�dateurs forcent parfois des enfants � se rendre complices de leurs crimes. Ces enfants deviennent un moyen gr�ce auquel les pr�dateurs attirent d'autres enfants. DAVID TOMB C'�tait un psychopathe. Il n'arrivait pas � comprendre l'importance de ses actes, la souffrance qu'il avait caus�e, l'impact qu'il avait eu sur ses victimes et leur entourage. Il prenait du plaisir � faire du mal, et il voulait recommencer. MICHAEL GEORGE Danny Davis12 �tait au supermarch� du coin. Il �tait accompagn� de son grand-p�re et il voulait faire un passage au rayon jouet. Son grand-p�re lui a donn� sa permission, et a continu� ses courses pendant ce temps. Lorsqu'il est retourn� au rayon jouet, Danny n'�tait plus l�. Son grand-p�re a paniqu�. Ils ont imm�diatement alert� les services de police. Tout au long de la nuit, des agents de police ont cherch� Danny dans toute la zone. Ils ne l'ont jamais trouv�. DR CARLISLE Arthur Bishop a dit au petit gar�on que s'il acceptait de le suivre, il l'emm�nerait � un endroit plein de jouets qu'il pourrait garder. L'enfant a accept� et l'a suivi jusqu'� chez lui, � quelques pas seulement du magasin. DON BELL Pour l'affaire du petit Danny Davis, une grande �quipe d'intervention avait �t� mise en place. Le FBI aussi �tait impliqu� dans l'enqu�te. M�me au bout d'un an, d'un an et demi, deux ans, l'affaire faisait toujours du bruit. Elle �tait non-r�solue. Jusqu'aux aveux d'Art Bishop. GARY BRUCATO La raison pour laquelle il a commenc� � tuer, c'�tait pour �liminer les t�moins. Il se d�barrassait des enfants qui l'auraient d�nonc�. Mais je pense qu'il a fini par ressentir de l'excitation� � l'id�e de tuer. Et que petit � petit, agresser sexuellement des enfants ne pouvait plus le satisfaire. DON BELL Durant l'une de nos conversations, il m'a dit "C'est une bonne chose que vous m'ayez attrap�. Parce que j'avais de plus en plus de mal � me contr�ler." DR CARLISLE C'est une v�ritable trag�die que cinq petits gar�ons innocents aient d� mourir pour satisfaire les pulsions d'Arthur Bishop. J'esp�re que nous serons en mesure de reconnaitre les signes pr�curseurs d'un probl�me psychologique chez des individus, au point o� nous pourrions peut-�tre l'emp�cher de suivre ses tendances psychopathiques. JESSICA FOWLER Apr�s avoir discut� avec Arthur Bishop pendant heures en tout, mon grand-p�re en a appris beaucoup sur les �v�nements qui ont transform� Bishop en une personne violente. Il a aussi �t� capable de trouver un moment pr�cis dans la vie D'Arthur Gary Bishop o�, s'il avait re�u l'aide appropri�e, il n'aurait peut-�tre jamais donn� lieu � ses tendances meurtri�res. GARY BRUCATO Je pense que Carlisle recherchait aussi le moment o� un individu peut d�railler et �couter ses pulsions. Il s'int�ressait � cette question "� quel moment quelqu'un aurait pu intervenir ?" Il voulait savoir ce qui aurait pu �tre fait pour remettre cette personne sur "le droit chemin", comme on dit. DR CARLISLE Le premier grand tournant pour Arthur Bishop �tait lorsqu'il �tait encore missionnaire pour l'�glise mormone. Il se battait contre ses pulsions depuis plusieurs ann�es d�j�. Mais lorsqu'il a �t� envoy� dans un pays �tranger o� de nombreux jeunes gar�ons couraient compl�tement nus autour de lui, il a senti qu'il ne pourrait jamais combattre cette attirance. Il a abandonn� Dieu, et lui-m�me. GARY BRUCATO C'est tr�s perturbant de penser � �a, mais c'est la vie qu'il a choisi de mener, et il l'a men�e. Je pense que pour Carlisle, comprendre et documenter les aspects les plus sombre de la nature humaine est une �tape importante pour mieux comprendre ces criminels, mais aussi pour mieux comprendre ceux qui nous entourent. CARRIE ANNE KELLER Je suis incapable d'imaginer � quel point il �tait difficile pour Al d'�couter toutes ces histoires de meurtres, mais il n'a jamais perdu de vue son objectif. DR CARLISLE Si nous pouvions au moins comprendre comment d'innocents enfants deviennent des monstres en grandissant, ce serait un premier pas dans la bonne direction. Nous ne pouvons pas changer ce que nous ne comprenons pas. DR CARLISLE C'�tait un v�t�ran du Vietnam. Il s'appelait Danny. Il �tait devenu tueur � gages. FIN DE L'�PISODE 1 [Art' Bi-shop] 2 [Gr�me Keuninegame] 3 [Rodjeur Dawnz] 4 [A�line] 5 [Zi Aveuniouz] 6 [Line Dj�nsse] 7 [Saouss Solt La�ke] 8 [Danielz] 9 [Broucato] 10 [Al Carl-la�l] 11 [Big Brozeur Big sissteur] 12 [Danny Da�vis] --------------- ------------------------------------------------------------ --------------- ------------------------------------------------------------