ABOGADO_ASOCIACION ALEX AMBIANCE ARANTXA_MAYOR CONCHITA CONCHITA_MAYOR CUNADA_GLORIA DOCTOR_MENA DOLORES ELISA ENFERMERA ENFERMERA_MAYOR FEMME FUNCIONARIO_2 HERMANA_HERMINIA HERMANO_DE_RICARDO HERMANO_RICARDO_MAYOR HIJA_DE_CONCHITA HOMBRE_LABORATORIO HOMME HOMME_2 INSERT JUAN JUAN_MAYOR MANUEL MEDICO MONJA_1 NINA NINO OSCAR RECEPCIONISTA RICARDO SACERDOTE SECRETARIA SECRETARIA_DE_DOLORES SIRVIENTA SOR_EULALIA SUSANA VIOLETA VIOLETA_MAYOR INSERT Enfants Volés - D'après des faits réels MONJA 1 Personne ne vient vous chercher ? INSERT Dans l'épisode précédent... MONJA 1 Vous venez à Madrid pour travailler, j'imagine. VIOLETA J'attends un enfant, ma soeur. MONJA 1 Vous allez venir avec moi à ma congrégation. SOR EULALIA La Soeur Herminia s'occupera de vous. Montrez-lui où est son lit et expliquez-lui le règlement. CONCHITA Ça y est, c'est fait. Nous sommes mariés. Qu'est-ce que tu veux de plus ? On ne va pas subir cette situation uniquement parce que je suis enceinte Je vais à Bilbao. DOLORES Tu travailleras comme femme de chambre. Tu devras faire les lits, servir les petits déjeuners, nettoyer. CONCHITA Et le salaire ? DOLORES Comment ça ? Je te propose déjà d'être nourrie, logée et de trouver une bonne place pour ton bébé. DOCTOR MENA Elisa a plus de quarante ans, et si elle n'a pas réussi à tomber enceinte... C'est qu'il n'y a pas de solution. A moins que vous n'adoptiez. Ta famille n'a pas besoin de le savoir. L'enfant vous ressemblerait à tous les deux. RICARDO Elisa attend un enfant. D'ici peu de temps, il y aura un nouveau membre dans cette famille. ELISA Mais si Dieu ne nous en a pas donné, c'est pour une bonne raison. RICARDO Et s'il le donne à une mère qui ne veut pas de lui ? Qui l'a abandonné ? Pour les frais de la mère, et le don pour les nonnes de la congrégation. SOR EULALIA L'enfant des Guzman-Ferrer. Il y a un problème. DOCTOR MENA Bilbao confirme que votre fille va arriver. Il n'y a pas moyen de confier son enfant aux Guzman-Ferrer ? SOR EULALIA Impossible, Docteur. DOCTOR MENA Vous devez trouver quelque-chose pour les Guzman-Ferrer, c'est compris ? ENFERMERA Je vais faire une photo de vous et votre fille. CONCHITA SOR EULALIA Retournez chez vous. Dans votre famille. Dites-leur que votre fille est née et que... vous avez besoin d'aide. Et nous la garderons pour vous. Dans notre service. Elle ne pourra pas être dans un meilleur endroit. Prenez bien soin d'elle. DOCTOR MENA Elisa, allonge-toi rapidement. Demain matin, l'enfant sera arrivé. VIOLETA C'est une fille, ma mère. SOR EULALIA Attendez. Cette petite n'est pas bien. Il y a un souci. VIOLETA Mais elle pleure, je l'entends ! DOCTOR MENA Votre fille est morte. Elle ne respirait déjà plus en arrivant en réanimation. VIOLETA Je veux la voir ! Je veux la voir ! Amenez-la-moi ! ENFERMERA On m'a raconté pour votre bébé. Je suis vraiment désolée. C'est vous qui les avez faits ? VIOLETA Prenez-les. Je vous les donne. ENFERMERA Je ne vais en prendre qu'un. Celui-là. CONCHITA Je suis venue récupérer ma fille. SOR EULALIA Est-ce qu'on se connait ? C'est la première fois que je vous vois. CONCHITA Mais qu'est-ce qui vous prend ? Cette femme m'a enlevé ma fille ! J'appellerai la police ! Je vous jure que je vous dénoncerai ! JUAN Conchita. CONCHITA Il faut que tu m'aides. HERMANO DE RICARDO Et comment vous allez l'appeler ? ELISA Susana. SOR EULALIA D'ici quelques mois, si vous cherchez quelqu'un, vous devriez venir nous voir. RICARDO Ma femme et moi cherchons une nourrice pour une enfant de six mois. Et Soeur Eulalia nous a dit que vous pouviez nous trouver quelqu'un. VIOLETA Est-ce que je suis bien à la maison des Guzman-Ferrer ? ELISA Tu dois être Violeta. RICARDO La nourrice. ELISA RICARDO Violeta. Elle doit partir. SUSANA Combien de genoux tu as opérés aujourd'hui ? OSCAR Deux footballeurs de deuxième division. Et toi, comment ça va ? SUSANA OSCAR SUSANA Bien. OSCAR Bonjour, mon coeur. Salut. C'est quoi, ça ? SUSANA Je ne l'avais jamais ouvert. Avec la naissance du petit, ça m'a donné une envie folle d'enquêter. OSCAR Oui, oui, j'ai vu ça l'autre jour quand tu t'es mise à harceler ta mère. SUSANA Ça n'a servi à rien, elle a tout oublié. SUSANA OSCAR SUSANA Maman ! ELISA Bonjour. SUSANA Bonjour. J'attendais justement que tu m'appelles. ELISA Au moins je ne te dérange pas. SUSANA Quand est-ce que vous rentrez ? ELISA Dimanche, ma chérie. Ton père à pris goût aux vacances. Mais comment va mon petit-fils ? Je meure d'envie de le revoir. SUSANA Il est dans son parc, là, il joue. Il va très bien. Maman, je suis justement en train de regarder l'album photo que tu m'as donné et, il y en a très peu de ma naissance. Je n'en ai trouvé aucune de toi enceinte par exemple. Tu en as d'autres chez toi ? ELISA Bien sûr, oui, je dois en avoir. Elles doivent sans doute être... dans un de nos albums à nous. SUSANA Bien, je passerai tout à l'heure. ELISA Non, non, Susana. Il vaut mieux ne pas passer aujourd'hui. SUSANA Pourquoi ? Il n'y a personne. ELISA Ben... C'est parce que... juste avant de partir, heu, ton père a perdu ses clés et on a été obligé de changer la serrure. Mais avec le voyage, on n'a pas eu le temps de te faire un double, donc si tu y vas, tu ne vas pas pouvoir entrer. SUSANA D'accord, d'accord. C'est rien, on verra plus tard. Gros bisous. ELISA Moi aussi je t'embrasse. ALEX Et Papa, il venait avec toi au cimetière ? VIOLETA MAYOR Non. Il n'est jamais venu. Ta demi-soeur est née avant qu'on ne se soit rencontrés. ALEX Oui, ça je le sais, mais quand-même. Il aurait pu venir. VIOLETA MAYOR Tu sais, Alex, à l'époque, ce n'était pas comme maintenant. J'étais déjà chanceuse qu'il ne m'ait pas rejetée. Et puis, il m'a beaucoup aidée au sujet de ta soeur. ALEX Comment ça ? VIOLETA MAYOR J'ai mis énormément de temps à surmonter sa mort. Soeur Herminia aussi m'a bien aidé, plus que quiconque. ALEX J'ai du mal à croire que ça te fasse toujours autant pleurer, Maman. SACERDOTE Hier, nous avons célébré son enterrement à Bilbao. Aujourd'hui, nous disons adieu à notre amie Dolores de Prat ici, dans la ville où elle est née. AMBIANCE enterrement CONCHITA MAYOR Elle, je la connais. C'était sa secrétaire. Matilde ! Excusez-moi. CONCHITA MAYOR Vous êtes Matilde. SECRETARIA DE DOLORES Je n'ai rien à vous dire. CONCHITA MAYOR Vous devez m'aider, Matilde. J'ai travaillé à l'hospice de Meguri. Et ma fille... SACERDOTE Excusez-moi. Vous montez avec nous, Matilde ? SECRETARIA DE DOLORES Oui, mon père, j'arrive. Vous faites erreur. JUAN MAYOR Madame. Madame. Vous devez nous écouter. SACERDOTE Elle vous a déjà écoutés. Vous faites erreur. CONCHITA MAYOR Juan. Laisse-la. C'est le désistement de l'avocate. JUAN MAYOR Ça n'a pas trainé. CONCHITA MAYOR Tu avais encore raison. Il n'y a aucune preuve. Et personne à inculper. JUAN MAYOR Et la bonne soeur ? CONCHITA MAYOR La bonne soeur ? Elle n'a pas arrêté de nier pendant toutes ces années, maintenant qu'elle est quasi centenaire elle ne va pas changer d'avis. Non, Juan, personne ne nous écoute. On est condamnés à perdre. JUAN MAYOR CONCHITA MAYOR Tiens. Couvre-toi. JUAN MAYOR CONCHITA MAYOR Tu as pris tes médicaments ? JUAN MAYOR Oui. Mais je sens que la fin arrive, Conchita. JUAN MAYOR C'est le cycle de la vie. CONCHITA MAYOR JUAN MAYOR Ce qui me fait le plus de peine, c'est de penser que tu seras seule quand je serai parti. CONCHITA MAYOR JUAN MAYOR De ne pas avoir pu t'aider à retrouver notre fille. CONCHITA MAYOR Arrête de dire des âneries. Parfois tu te conduis comme un enfant. Tiens, prends ta température. JUAN MAYOR SUSANA Voilà, ça c'est fait. On peut passer à la suite. MANUEL Avoir étudié le journalisme pour au final devoir faire les comptes trimestriels. SUSANA M'en parle pas ! J'ai toujours dit à mon père qu'il était l'homme de ma vie, parce qu'il faut beaucoup aimer quelqu'un pour accepter ce travail de fou. MANUEL Mais il n'a plus d'actions dans le journal aujourd'hui, si ? SUSANA Non. Mais je continue à travailler ici. MANUEL SUSANA MANUEL SUSANA Bon, faut pas que je traine, Oscar m'attend pour acheter des cadeaux à mes parents. Tu restes là ? MANUEL Non, non, je vais boire un verre avec les collègues. SUSANA MANUEL La nuit ne fait que commencer. MANUEL Quoi ? SUSANA Mais tu ne sortais pas avec...? Comment elle s'appelait ? MANUEL Qui ça ? SUSANA MANUEL SUSANA Allez, allez, bonne soirée. MANUEL Toi aussi. Salut. SUSANA Bonsoir. FEMME Bonsoir. SUSANA SUSANA Maria ? Oui. Bonsoir. C'est Susana. Oui, Susana Guzman. Bien, bien, merci beaucoup. Je vous appelais pour vous demander les clés de chez mes parents. Comme ils ont changé la serrure... Oui. Ah, oui, vous êtes sûre ? Non, non, non, non, c'est que... Oui, oui, c'est ce que m'a dit ma mère alors je croyais que... D'accord. C'est rien, j'ai dû mal comprendre. Merci beaucoup. On... oui, on se voit demain. Merci. Au revoir. SUSANA Coucou ! OSCAR Ça va ? SUSANA OSCAR SUSANA Bien. OSCAR J'ai pensé à un cadeau pour ton père. L'autre jour, j'ai vu que sa sacoche tombait en lambeau. Je n'ai rien pour ta mère. SUSANA Ma mère... Tu sais qu'elle m'a menti ? Je ne sais pas pourquoi, elle ne voulait pas que j'aille chez elle. OSCAR Quelle raison elle pourrait avoir de te mentir ? SUSANA J'en ai aucune idée. Elle est différente depuis que Raul est né. SUSANA Elle ne me raconte rien. Elle ne dit jamais rien de son accouchement, ni de ce qu'elle a pu ressentir quand elle était enceinte de moi. OSCAR C'est peu être le fait d'être grand-mère qui la fait se sentir plus vieille qu'avant. SUSANA Non, j'ai comme l'impression que mes questions la dérangent. Comme si elle ne voulait pas se souvenir. Dans ces moments-là, je la reconnais plus. VIOLETA MAYOR Soeur Herminia. La peinture sera finie demain, enfin. J'avais pensé à une chose, dites-moi ce que vous en pensez. On pourrait peindre une vierge dans l'entrée, pour que les visiteurs la voient en arrivant. Sinon ça fait trop triste dans le couloir. HERMANA HERMINIA Oui. Je suis d'accord. C'est parfait, très bien. VIOLETA MAYOR Oui ? Super ! Ce sera vraiment joli. ALEX Bonjour. HERMANA HERMINIA J'en suis sûre. VIOLETA MAYOR Hé ! Tu es déjà là, mon grand ! Tant mieux ! ALEX VIOLETA MAYOR ALEX VIOLETA MAYOR Allez. Je mets ma blouse à laver et on y va, d'accord ? ALEX Bien. VIOLETA MAYOR Il a des révisions pour l'examen d'entrée à l'école de foot ! HERMANA HERMINIA ALEX Ma mère est très contente de son nouveau travail. Elle peut enfin faire ce qu'elle aime. HERMANA HERMINIA Et elle le fait très bien. C'est la première personne à qui j'ai pensé quand je suis rentrée d'Afrique. ALEX Soeur Herminia. Cet été, j'ai travaillé dans un supermarché Et j'ai un peu d'argent. HERMANA HERMINIA Ah, oui ? J'espère que tu vas l'économiser et en faire bon usage. ALEX Justement, je voulais avoir votre avis. Voilà. Je... voudrais offrir à ma mère une pierre tombale pour ma soeur. ALEX Et... si possible, je voudrais qu'elle soit dans une tombe normale. A côté de mon père. HERMANA HERMINIA Pour la pierre tombale, aucun souci, mais heu... pour la déplacer, je crois que ça coûte une petite fortune. ALEX Oui. Et une montagne de papiers aussi, ce sera pas évident. Vous m'aideriez ? HERMANA HERMINIA Bien sûr. ALEX Et au fait, comment elle s'appelait, ma soeur ? Ma mère ne me l'a jamais dit. HERMANA HERMINIA Elle n'a pas vécu plus de deux minutes, Alex. On ne lui a pas donné de nom. RICARDO Susana... Susana ! SUSANA Quoi ? RICARDO Tu devrais aller voir ton monstre, il n'arrête pas de pleurer. SUSANA C'est parce qu'il a faim. RICARDO SUSANA Oscar va lui donner le biberon. Il se débrouille très bien d'ailleurs. RICARDO Et toi, qu'est-ce que tu racontes ? SUSANA A quel sujet ? RICARDO Tu n'as pas de lait ? SUSANA Non, on me l'a retiré. Mais ne parle pas de ça devant Oscar, on a eu une dispute sur le sujet. RICARDO SUSANA Il est lourd avec ça. Maman, elle m'a donné le sein combien de temps ? RICARDO Heu, je, je... Je me souviens plus. SUSANA Vous ne vous souvenez de rien. Je vais commencer à croire que ça ne vous a fait ni chaud ni froid de m'avoir. RICARDO Tu donnes trop d'importance à des détails, ma chérie. On a eu une fille et on l'a élevée. On travaillait tous les deux aussi. On n'était quasiment jamais là de la journée. Et puis ces choses-là, tu devrais les demander à ta mère. Tiens, quand on parle du loup. SUSANA Maman ! ELISA SUSANA ELISA SUSANA Tu es superbe ! ELISA C'est moi qui suis superbe ? Regarde-toi ! Tu n'as plus de ventre ! Et tellement vite ! SUSANA Et je n'ai même pas de vergetures ! Je ne sais pas si c'est les gênes ou les crèmes, mais j'ai plus rien ! Toi, tu en as eues ? ELISA Et ton garçon ? Il est là ! Mais regardez comme il a poussé, c'est fou ! OSCAR ELISA Bonjour, mon petit bout de chou ! C'est mamie ! Il a de beaux yeux verts ! OSCAR Ça, ça vient forcément de votre côté, parce que chez moi ils sont tous noirs comme la nuit ! ELISA Allez, je peux lui donner le biberon ? OSCAR Oui, bien sûr. ELISA Tu viens dans les bras de Mamie, Raul ? OSCAR Tenez. ELISA Regarde ça ! Tu en veux ? Tu vas prendre le bi... SUSANA De qui il tient ses yeux verts, Maman ? ELISA Oh, mais enfin, Susana, je ne sais pas de qui il tient ses yeux verts. C'est fatigant ! Tu donnes beaucoup trop d'importance à des détails ! Arrête ! Arrête de poser tant de questions. De... remettre toujours tout en cause de cette façon. Sincèrement, je ne... Je ne comprends pas. Tu crois peut-être que tu es la seule femme du monde à avoir eu un enfant ? ELISA Pardon, ma chérie, c'est... On est encore très... fatigués, tous les deux et ton père n'est pas en très grande forme comme tu le sais, et... SUSANA Oui. Oui. C'est rien, c'est pas grave. SIRVIENTA Madame. Vous restez manger ? ELISA On va plutôt rentrer, Susana. En fait, moi non plus je ne me sens pas très bien. Je suis... Je suis fatiguée. Je ne dors pas très bien depuis quelques temps, j'ai très mal à la tête. Mais on se verra à l'anniversaire, non ? SUSANA Si, si ! ELISA D'accord ? SUSANA ELISA Prends bien soin de ce trésor. SUSANA Tu dis au revoir ? Non. RICARDO Au revoir, chérie. SUSANA RICARDO SUSANA OSCAR Au revoir. OSCAR SUSANA Mes grands-parents... OSCAR Tu ne dors pas ? SUSANA Là, c'est mon oncle et sa femme. Cet invité, je ne le connais pas. Mon oncle Luis. OSCAR Qu'est-ce que tu fais ? Tu cherches quelqu'un ? SUSANA Lui c'est un ami de mon père. SUSANA Une femme qui avait les yeux verts. OSCAR Non mais t'as vu l'heure, Susana ? Alors toi, quand t'as une idée en tête... SUSANA Et si ma mère n'était pas ma mère ? OSCAR Quoi ? SUSANA C'est... plutôt rare d'avoir un enfant aussi tard. Et ils sont mariés depuis très longtemps. OSCAR SUSANA En plus je ne ressemble pas du tout à ma mère. OSCAR SUSANA Toute la famille me le dit. OSCAR Moi non plus je ne ressemble pas à ma mère, ça ne veut pas dire que ce n'est pas ma mère. SUSANA Peut-être que mon père avait une maîtresse. OSCAR SUSANA Regarde, il était beau à l'époque. OSCAR Ton père ? SUSANA OSCAR Mais ils sont fous l'un de l'autre encore aujourd'hui, alors en ce temps-là... SUSANA OSCAR SUSANA Mais tu as vu les regards qu'ils s'échangent ? Hein ? OSCAR SUSANA Comme s'ils avaient un secret. OSCAR SUSANA Et la réaction de ma mère. OSCAR SUSANA Ça se faisait beaucoup ça, avant. Quand une femme n'avait pas d'enfant, le mari en faisait un à sa maîtresse et après il le faisait adopter pas sa femme. OSCAR Et ils l'invitent au baptême aussi, tu crois ? Allez, à quoi tu t'attendais ? A trouver une femme splendide aux yeux verts en train de tenir la main de ton père ? Allez, viens. SUSANA OSCAR On peut faire des choses plus intéressantes que chasser des fantômes. SUSANA Non, non, j'ai pas envie. OSCAR Bien. HERMANO RICARDO MAYOR Félicitations. RICARDO Santé ! HERMANO RICARDO MAYOR Santé ! RICARDO Félicitations. ELISA Félicitations. HERMANO RICARDO MAYOR Félicitations, belle-soeur ! Vous avez passé plus de temps mariés que de temps à vivre seuls ! SUSANA Félicitations, Maman. RICARDO SUSANA RICARDO Et je ne regrette pas la moindre seconde. Et toi, Elisa ? ELISA Oui. Je ne regrette absolument rien. HERMANO RICARDO MAYOR Les jeunes d'aujourd'hui ne vont plus aussi loin. La majorité des couples finit par divorcer. ELISA Non, Jorge, ce qu'il y a, c'est que les gens d'aujourd'hui ils ne sont plus capable de sacrifices comme avant. CUNADA GLORIA Oui, et surtout les femmes, d'ailleurs, non ? Avant, elles supportaient tout parce qu'elles n'avaient pas vraiment le choix. HERMANO RICARDO MAYOR Les femmes ne savent pas ce qu'elles veulent. Voilà le problème. Elles veulent tout avoir, et ça, c'est pas possible. CUNADA GLORIA Bon, on ne va pas commencer à se disputer. On est là pour faire la fête. HERMANO RICARDO MAYOR C'est vrai. CUNADA GLORIA Je vais chercher de l'eau. SUSANA Je t'accompagne. CUNADA GLORIA Vous voulez quelque chose à la cuisine ? RICARDO Non, non. ELISA Non. RICARDO Merci, Gloria. CUNADA GLORIA Tu n'étais pas obligée de m'accompagner, ma grande. SUSANA Je voulais parler avec toi seule à seule. CUNADA GLORIA Oui. SUSANA Ça va sûrement te sembler étrange. Mais j'aimerais que tu sois sincère. CUNADA GLORIA Tu es bien sérieuse tout à coup ! Dis-moi. SUSANA Tu sais si mon père a eu une maîtresse par le passé ? CUNADA GLORIA Mais qu'est-ce que tu racontes ? Ton père a toujours été fou amoureux de ta mère. SUSANA Et pendant la grossesse ? CUNADA GLORIA Je ne comprends pas bien, pourquoi tu me demandes ça, Susana ? SUSANA J'ai besoin de savoir. CUNADA GLORIA Ben, la vérité, c'est que je n'ai revu ta mère qu'après l'accouchement. A la clinique. Durant la grossesse, non, parce qu'ils étaient à une station balnéaire. En Catalogne. Mais... ensemble. Il n'y a pas de maîtresse. ELISA Susana ? CUNADA GLORIA SUSANA ELISA Où est Oscar ? On n'attend plus que lui ! SUSANA Oui, je vais l'appeler. CUNADA GLORIA SUSANA Mais ne t'en fais pas. CUNADA GLORIA SUSANA Je suis sûre qu'il va arriver. Ce n'est pas son genre de rater une réunion de famille. ELISA Laisse ça, je vais la prendre. Qu'est-ce qu'elle t'a raconté, Susana ? CUNADA GLORIA Rien, des choses sur le petit. OSCAR Donc ta tante te dis qu'il n'y a jamais eu de maîtresse mais t'es pas convaincue pour autant ? Tu te raccroches à autre chose. Ben, ils sont allés en station balnéaire, et après ? Susana, ne... Non, écoute-moi. Mais... Tu t'obstines à chercher des preuves qui n'existent pas. MEDICO Oscar ! OSCAR Ça ne te ressemble pas. Je m'inquiète pour toi. MEDICO Oscar. OSCAR MEDICO On a besoin de toi. OSCAR Bon, faut que je te laisse. D'accord ? Je fais au plus vite pour vous rejoindre. Je t'embrasse. MANUEL Très bien. Ça me va. Et toi, Susana ? SUSANA Oui ! Oui, oui, oui. Ça me parait très bien. C'est pas mal. MANUEL Bon, ben... Allez-y. Il faut finir ça avant la mise sous presse. Merci. Je vois que ça te réussit, les fêtes de famille, t'es au top niveau. SUSANA Pourquoi ? Tu m'expliques ? MANUEL Non, mais sérieusement, qu'est-ce qui t'arrive ? T'as des problèmes ? SUSANA Non. MANUEL Non ? SUSANA Je crois que, t'as raison, les fêtes de famille, c'est épuisant ! MANUEL Oui. Au travail. Mais tu sais où me trouver au cas où. D'accord ? SUSANA Merci. SUSANA Maman ? ELISA Qu'est-ce qu'il y a, chérie ? SUSANA Rien de spécial, je voulais seulement savoir si je pouvais passer tout à l'heure avec Raul. ELISA Mais on est jeudi. Tu sais qu'on va à la messe et après je vais au bridge. SUSANA Oui, pardon, j'avais complètement oublié. SUSANA Mille neuf-cent soixante quatorze. Certificat d'admission. Elisa. Dépenses médicales, gaze, compresses. ELISA Susana ? SUSANA Allô ! Maman. ELISA Il y a un souci ? SUSANA Non ! Non, non, non. Rien. Je... Je voulais juste... Je t'aime, Maman. ELISA Moi aussi, ma chérie. Bon, je te laisse, la messe va commencer. SUSANA Je t'embrasse. ELISA SUSANA Location d'un court de tennis. Jupe de tennis. SUSANA Frais de dédommagements de la mère durant la période de gestation. INSERT Je recherche ma mère biologique SUSANA INSERT Je recherche ma mère biologique à Bilbao 1974 SUSANA Les filles étaient... à l'hospice de Neguri. L'un des huit établissements de Dolores de Prat. Attendant le jour de l'accouchement. SUSANA Passez-moi le service juridique s'il vous plaît. Oui, Antonio ? Tu peux venir à une minute dans mon bureau ? Rien, c'est pour... pour un article qu'on m'a suggéré, à propos d'adoptions illégales. Parfait. Merci. D'accord. HOMME Ah, Manuel, viens voir une minute. T'es au courant pour l'article sur l'adoption de Susana ? MANUEL De Susana ? HOMME Oui, elle m'a posé plein de questions sur le sujet. MANUEL Susana, c'est quoi cette histoire d'article sur l'adoption ? T'aurais pu me prévenir que tu faisais... SUSANA SUSANA Une femme enceinte de neuf mois ne joue pas au tennis. MANUEL J'en sais rien, peut-être qu'ils se sont plantés dans la date en faisant la facture. SUSANA Mais non, Manuel, parce qu'il n'y a pas que les reçus, regarde. Il y a deux mères, deux accouchements, deux touts ! Regarde. Dédommagement de la mère durant la gestation. Ça pourrait pas être plus clair. Pareil, mon inscription au registre civil. MANUEL Oui, mais, heu... ça ne dit nulle part que tu as été adoptée. SUSANA Non, t'as raison. Tout ce que je sais, c'est que ma mère a été admise dans cette clinique. C'est la même. MANUEL Et alors quoi ? Ils auraient simulé un accouchement ? Tu crois pas que tu y vas un peu fort ? SUSANA Non, Manuel, allons, tu me connais. Je ne crois que ce que je vois. MANUEL Tu vas partir à sa recherche ? SUSANA OSCAR Ils t'ont aimée, ils t'ont élevée et choyée. Ils sont complètement gagas devant Raul. Alors même si c'était le cas - ce qui n'est pas du tout certain - tu... SUSANA Mais je sais que c'est le cas ! Oscar, tu peux me croire, je n'invente rien ! OSCAR Tu n'en sais rien. Je dis juste que tu n'as pas... SUSANA Oscar, tout porte à croire que mes parents ne sont pas mes parents. Hein ? Tout porte à croire qu'ils m'ont menti toute ma vie. OSCAR Mais avant de les accuser, demande-leur. Donne-leur une petite chance de s'exp... SUSANA Leur donner une chance de quoi ? OSCAR De s'expliquer. SUSANA Ils ont eu des années pour me le dire, ils ont gardé le silence ! OSCAR C'est tout. SUSANA Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas eu envie. Hein ? Aujourd'hui, c'est moi qui ne vais rien dire jusqu'à ce que j'en aie envie. OSCAR OSCAR Tu es allée à la clinique ? SUSANA Oui. Elle n'existe plus. Ni la clinique ni les archives. Rien. Mais j'ai encore une carte à jouer. Je vais à Bilbao. Je rentrerai demain soir. OSCAR Demain, on devait aller à l'anniversaire de ma soeur. SUSANA Je n'aime pas les réunions de famille. SUSANA Et je ne veux pas voir mes parents. Je ne sais pas si tu comprends. OSCAR J'essaie en tout cas. SUSANA C'est comme si j'avais un trou noir dans le coeur. Je regarde Raul et je me dis que quelqu'un... quelqu'un m'a portée aussi et n'a pas voulu de moi. Elle m'a abandonnée. Et je veux savoir pourquoi elle a fait ça. J'en sais rien. J'aimerais savoir qui c'était. INSERT Bilbao SECRETARIA DE DOLORES Les enfants étaient donnés en adoption. Ils pouvaient se retrouver n'importe où en Espagne. Certains même à l'étranger. SUSANA Les accouchements se faisaient ici à Bilbao ? SECRETARIA DE DOLORES Presque toujours. SUSANA Et à Madrid ? A la clinique de la Vertu ? SECRETARIA DE DOLORES Je vois que vous avez entendu parler du reportage qui a été fait. Mais ça fait plus de vingt ans de ça, non ? Vous n'êtes pas journaliste au moins ? SUSANA J'aimerais retrouver ma mère. SECRETARIA DE DOLORES Nous disions que non, mais, heu... en réalité nous avions des archives au cas où ils ne payent pas ou s'ils nous réclamaient quelque chose. SUSANA Vous pourriez me le montrer ? SECRETARIA DE DOLORES SUSANA S'il vous plaît. SECRETARIA DE DOLORES Vous avez de la chance. Depuis que Madame de Prat est morte, sa famille a vendu le bâtiment. Tout ça va être détruit. Quelle date ? SUSANA Mai Soixante quatorze. SECRETARIA DE DOLORES On va regarder en avril, au cas où vous seriez née plus tôt mais qu'on ait tardé à vous enregistrer. SUSANA Très bien. Je vais vous aider. Ce mois-là il n'y a eu qu'une seule naissance. SECRETARIA DE DOLORES Oui, mais ça ne peut pas être votre mère, regardez. Elle a eu un garçon. SUSANA SECRETARIA DE DOLORES En mai, il y en a deux. Mais on ne connait l'identité que d'une seule. Ines Aranguren. SUSANA SECRETARIA DE DOLORES L'autre devait être une sans abri. Voyez ? On n'a pas d'autre information que son prénom. Conchita. SUSANA Il n'y a pas le sexe du bébé. SECRETARIA DE DOLORES Elles n'ont pas accouché ici. A vrai dire, je ne me souviens plus d'elles. Enfin, je me souviens d'Arantxa Intaustégui parce qu'elle vient d'une famille très influente. ARANTXA MAYOR SUSANA Je suis à la recherche d'Ines Aranguren. SECRETARIA DE DOLORES ARANTXA MAYOR Je ne sais pas qui c'est. SUSANA J'ai cru comprendre que vous vous êtes connues à... l'un des hospices de Dolores de Prat. ARANTXA MAYOR Pardon mais je ne vois pas de quoi vous parlez. SUSANA Ines pourrait être ma mère. Je ne veux pas vous déranger et encore moins vous nuire. Mais j'aimerais la rencontrer s'il vous plaît. ARANTXA MAYOR Non. Ines a donné naissance à un garçon. Comme moi. SUSANA Et une certaine Conchita, vous la connaissez ? ARANTXA MAYOR Elle nettoyait ma chambre et on discutait parfois mais, heu... Je ne sais plus si elle a eu un garçon ou une fille. Je suis partie avant. SUSANA Et vous vous rappelez de son nom de famille ? ARANTXA MAYOR Non. Mais je me souviens du village d'où elle venait. Mon père avait des maisons dans la région. C'est un tout petit village. Je suis sûre que quelqu'un la connaitra. SUSANA Merci. CONCHITA MAYOR Oui. Oui, Tante Dora. Merci. Et prend soin de toi. Quand je peux, je passe te voir. Au revoir. C'était ma tante Dora. Une fille est venue au village hier demander après moi. JUAN MAYOR C'est sûrement à propos de l'héritage. Pour la maison de ta mère. CONCHITA MAYOR Non, je ne crois pas. Elle dit que c'était pour quelque chose de personnel. JUAN MAYOR Tu verras que c'est pour cette histoire de succession et de rachat. CONCHITA MAYOR SUSANA CONCHITA MAYOR Allô ? SUSANA Conchita ? MANUEL Nom d'un chien, Susana, enfin je te trouve ! Le directeur t'attend depuis une heure. J'ai dû trouver des excuses pour te couvrir. SUSANA Le directeur attendra. J'ai mieux à faire que des projections et des stats. MANUEL Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu cherches ? SUSANA La femme de Bilbao a parlé d'un reportage. Mais je ne sais pas dans quel journal et encore moins la date exacte. MANUEL T'as cherché sur internet ? SUSANA Personne n'a numérisé ça, c'est beaucoup trop vieux. MANUEL Susana. Attends. Attends. Mais calme-toi. Calme-toi, Susana, s'il te plaît. Je t'aiderai à chercher. Tout à l'heure. Okay ? Promis, juré. Mais pour l'instant, allons voir le directeur. C'est ta place que tu joues, là. D'accord ? SUSANA Oui. Je l'ai retrouvée. HOMME Si on vend Vingt-mille exemplaire, on marge à Quinze pour cent. HOMME 2 Trent-mille, ce serait mieux. ELISA Non, Ricardo. Je n'irai pas, je ne suis pas très bien. En plus elle ne m'a pas rappelée ni pour confirmer ni pour annuler. RICARDO Arrête de jouer au chat et à la souris, Elisa. Je te dis qu'elle ne sait rien. ELISA Bonjour. OSCAR ELISA Il y a un problème ? OSCAR Non. Non, non tout va bien. ELISA Je t'en prie, entre, entre. OSCAR Ricardo. ELISA Assieds-toi. OSCAR OSCAR Susana, heu... elle est persuadée de ne pas être votre fille. ELISA RICARDO Et tu la crois ? OSCAR Ben, heu, non, heu... Je ne sais pas. En tout cas, elle, elle est partie à la recherche de sa mère biologique. RICARDO Tiens ! Et pourquoi c'est toi qui vient nous dire ça ? Tu joues les messagers, ce n'est pas très courageux de sa... ELISA Allons, allons, allons. On se détend. Pas de ça. Arrête de t'énerver. D'accord ? OSCAR Parce qu'elle refuse de venir vous parler tant qu'elle... tant qu'elle n'aura pas de réponse. Le problème c'est que si elle trouve ce qu'elle cherche, vous risquez de la perdre. Susana ne va pas bien. OSCAR Et je... Je ne sais pas comment l'aider. Je ne sais pas quoi faire. Je crois que la seule solution, c'est... que vous parliez tous les trois, et que... que vous... lui disiez la vérité. RICARDO Elle a pris le dossier. ELISA Quel dossier ? RICARDO Avec les papiers de l'adoption. ELISA Les papiers ? Mais Ricardo, tu m'avais dit qu'il n'y avait pas de papiers, qu'il ne restait rien. RICARDO J'ai gardé les reçus des paiements. ELISA Comment ça, tu as gardé les reçus ? Mais comment as-tu pu garder quoi que ce soit concernant...? RICARDO Au cas où il arrivait quelque chose. Pour avoir des preuves si jamais il réclamait plus d'argent. ELISA Plus d'argent ? Mais combien tu l'as payé ? RICARDO Suffisamment pour que les choses soient comme tu le voulais. Qu'elle nous ressemble. Qu'elle soit une enfant normale. Et les bonnes soeurs... On leur a envoyé ces satanés dons... pendant dix-huit ans. CONCHITA MAYOR C'est ma fille. SUSANA Je ne sais pas. Je ne sais pas si elle ressemble aux photos de moi quand j'étais petite. Je ne saurais pas vous dire. JUAN MAYOR C'est elle, Conchita. Elle a les mêmes yeux que toi. Et tes lèvres. SUSANA CONCHITA MAYOR Je cherche cette fille depuis que... Depuis qu'ils... depuis qu'ils me l'ont prise. Je n'ai pas abandonné ma fille, vous savez ? Ils me l'ont enlevée, ils me l'ont prise. Ils m'ont trompée ! SUSANA Oui, oui. Oui. Moi, je vous crois. Mais je ne veux pas vous donner de faux espoirs parce que je ne suis sûre de rien. Mes parents ne m'ont rien dit. J'ai eu un pressentiment parce que la date de l'accouchement, et le reçu de la clinique... CONCHITA MAYOR Non ! Juan ! Elle n'a pas mes yeux ! Elle ne ressemble ni à ma famille ni à la tienne ! JUAN MAYOR Si, elle te ressemble, Conchita. Elle a les mêmes yeux que toi. CONCHITA MAYOR Je te dis que non, Juan. SUSANA CONCHITA MAYOR Partez, s'il vous plaît. JUAN MAYOR Conchita ! CONCHITA MAYOR Laissez-moi le temps de réfléchir et... Peut-être que je me souviendrai de quelque chose. SUSANA D'accord. CONCHITA MAYOR SUSANA CONCHITA MAYOR Ce serait possible qu'elle soit notre fille ? JUAN MAYOR CONCHITA MAYOR Bon, je vous appelle si j'ai du nouveau. JUAN MAYOR SUSANA Oscar, c'est moi. Rappelle-moi, s'il te plaît. Je suis très nerveuse, je veux te raconter ce qui s'est passé. Manuel ? MANUEL Bon, alors ? Tu crois que c'est elle ? SUSANA Je... J'en sais rien. Je ne sais pas, Manuel. Je ne sais pas quoi penser. Ce qu'elle dit est très étrange. C'est trop horrible. Elle dit que... qu'elle n'a pas abandonné son bébé, qu'on lui a enlevé. Mais je crois qu'elle invente une excuse pour se justifier. Parce qu'elle se sent coupable. MANUEL Peut-être pas. Peut-être qu'elle dit la vérité, Susana. INSERT A qui sont ces enfants ? - Scandaleux vol de nouveau-nés dans une clinique de Madrid MANUEL Ce n'était pas un article, mais trois. SUSANA Bon sang... Mais qu'est-ce que ça veut dire ? INSERT ... trafic de bébés SUSANA Mon dieu... MANUEL Quoi ? SUSANA MANUEL Tu penses à quoi ? SUSANA Regarde. C'est le même médecin. MANUEL Docteur Alberto Mena. SUSANA Oui. Le docteur Mena était un ami de mes parents. Il n'aurait pas fait une telle chose. MANUEL Tu sais si c'était son gynécologue ? SUSANA MANUEL Si c'est lui qui a fait accoucher ta mère, ou...? SUSANA Non. J'en sais rien. MANUEL Attends. INSERT Enfants enlevés clinique vertu MANUEL SUSANA Oh, mon dieu... INSERT A la recherche des enfants volés MANUEL C'est du lourd, Susana. DOCTOR MENA Oui. J'ai signé ce papier. Il y a un problème ? SUSANA Il n'y a pas eu d'enfant. Vous avez falsifié ces documents et camouflé mon adoption. Mes parents m'ont tout raconté. DOCTOR MENA Dans ce cas, pourquoi est-ce que tu es venue ici ? SUSANA Parce qu'une femme a passé sa vie à rechercher sa fille et je ne veux pas lui donner de faux espoirs pour rien. DOCTOR MENA Si c'est un nom que tu cherches, je ne peux pas t'aider. Même si je pouvais, le secret médical me contraint au silence. SUSANA J'aimerais voir le document de renoncement qu'elle a signé à l'époque. DOCTOR MENA Tu plaisantes ? Tu veux un document ? Après au moins trente ans ? SUSANA De toute façon elle n'a rien signé. DOCTOR MENA Si, si, elle a signé. Elles signaient toutes. Et si cette femme t'a dit le contraire, elle t'a menti. Sûrement pour apaiser sa conscience. SUSANA Mais ce n'est pas la seule. DOCTOR MENA Non, ce n'est pas la seule. SUSANA DOCTOR MENA Ecoute, je continue à exercer ma profession. Et ni l'Ordre ni la justice n'ont mis en doute mon honnêteté. Je ne vais pas laisser quelqu'un le faire aujourd'hui. RICARDO Elle s'est moquée de toi, nom de dieu ! Elle t'a fait dire ce qu'elle voulait savoir ! C'est elle qui avait des soupçons. T'entends, Mena ? Mena ! DOCTOR MENA Oui, oui, je t'entends très bien. RICARDO Je vais te demander ce que j'aurais dû te demander il y a des années. Cette jeune fille, Violeta, la nourrice. DOCTOR MENA Je ne vois pas de quelle nourrice tu parles, Ricardo. Je sais juste que j'ai assez de problèmes comme ça, et que ça me suffit largement. RICARDO C'était la mère de Susana, c'est pour ça que tu as insisté pour que je la renvoie ! DOCTOR MENA Tu peux penser ce que tu veux, mais que ta fille ne vienne plus traîner par ici. C'est dans ton intérêt à toi, et à Elisa. SUSANA Bonjour. OSCAR Ils ont attribué les primes aujourd'hui à l'hôpital. C'est la première fois que tu rates ça. SUSANA J'avais oublié. J'ai vu le gynécologue qui a déclaré ma naissance. J'ai pris mon courage à deux mains et... OSCAR Tu aurais pu me prévenir. SUSANA Pourquoi ? Pour que ailles le répéter à mes parents ? OSCAR SUSANA T'aurais mieux fait de répondre. Qui ne dit mot consent. OSCAR Susana, on... on ne peut pas vivre comme ça. Ce, ce... C'est comme si je vivais avec une étrangère. SUSANA Je suis une étrangère ! Avant, j'étais une autre. J'étais... J'ai toujours fait ce que mes parents ont voulu. J'ai fait le métier qu'ils voulaient que je fasse. Je ne suis mariée à l'église. SUSANA Avec un médecin. On habite même au dernier étage ! OSCAR Qu'est-ce que tu dis ? Que te marier avec moi, que d'avoir un... que d'avoir un enfant ne faisait pas partie de tes plans ? Que c'était tes parents... SUSANA Non, ce n'est pas ce que je dis. Je dis qu'ils se sont bien moqués de moi ! Ils m'ont appris la justice, et les valeurs. Et ils n'avaient ni l'un ni l'autre. OSCAR Moi, j'ai épousé cette fille. Celle qui savait la chance qu'elle avait. Celle qui... Je croyais que cette fille était vraie. SUSANA Tu vois ? Toi aussi tu commences à douter de tout. Ils t'ont trompé autant que moi. OSCAR SUSANA SUSANA Oui. Dis-moi, Manuel. MANUEL Ecoute, c'est un véritable scandale. Ils se sont même organisés, ils ont une association et tout ! SUSANA Une association ? MANUEL Oui, oui ! J'ai appelé, ils sont ouverts jusqu'à cinq heures. Je crois que ça vaut la peine d'aller voir. SUSANA Evidemment que ça vaut la peine. J'y vais immédiatement. MANUEL Je t'accompagnes. SUSANA Merci. Je dois y aller. OSCAR SUSANA Tu peux lui donner le biberon ? OSCAR Bien sûr. SUSANA Merci. OSCAR Viens mon grand. Viens là. ABOGADO ASOCIACION Si Conchita accepte de faire un test A.D.N. et qu'il s'avère que vous êtes mère et fille, nous aurons une base pour nous présenter devant le Parquet Général. SUSANA Mais elle a déjà porté plainte plusieurs fois et ça n'a servi à rien. ABOGADO ASOCIACION Tout seul, on n'arrive pas à grand-chose, mais vu le nombre on a beaucoup plus de chances. Vous savez ils n'ont inscrit personne, il n'y a aucun moyen de prouver quoi que ce soit. SUSANA ABOGADO ASOCIACION Persuadez Conchita. Pas seulement pour vous deux, mais pour les autres mères. Elles sont des centaines, des milliers dans toute l'Espagne. C'est un business. A l'échelle industrielle. SUSANA Un business. SUSANA Ils m'ont achetée. Et ils ont déguisé ça en appelant ça des frais, des dons, des dédommagements. MANUEL Certainement que eux aussi se sont faits avoir. ABOGADO ASOCIACION Oui. C'est sûr. Ils ont dû leur dire que la mère vous a laissée volontairement. Mais ils savaient très bien qu'ils étaient en train d'enfreindre la loi. SUSANA Je ne veux pas te parler. Je ne veux pas te voir. ELISA Je voudrais t'expliquer les raisons pourquoi j'ai fait ça. SUSANA Non, vas-t-en. J'ai dit non. ELISA Susana, tu es SUSANA ELISA ma fille. SUSANA ELISA Ça ne change rien de savoir qui t'a portée. Pour moi ça ne comptait pas que tu sois ou non de mon sang. Ce... Ce n'est pas important. L'important c'est tout ce qui s'est passé après, quand... SUSANA Si c'est pas important, pourquoi le cacher, alors ? ELISA SUSANA Pourquoi m'inscrire au registre comme si j'étais vraiment de toi ? ELISA SUSANA ELISA Parce que j'avais honte, Susana. SUSANA ELISA Parce que... Les choses n'étaient pas pareilles en ce temps-là. On ne pouvait pas.... Comment... Je ne sais pas comment te dire, il y avait un jugement, comme une pression. Ton père et moi, nous... Mais je t'ai désirée. Je t'ai désirée tout autant. SUSANA ELISA Et je sais que toi aussi tu m'aimes. Hein, mon amour ? Ça ne veut rien dire. Ça ne fait aucune différence. SUSANA Tu ne sais pas si ça fait une différence. Tu n'as jamais eu un enfant en toi. Tu ne sais pas ce que c'est. ELISA SUSANA Moi si. ELISA SUSANA HERMANA HERMINIA C'est ici. Bonjour. FUNCIONARIO 2 Bonjour. HERMANA HERMINIA Nous venons pour le déplacement d'un corps. Je ne sais pas si c'est vous que j'ai eu l'autre jour au téléphone. FUNCIONARIO 2 Si. Voici le formulaire. Clinique de la Vertu. Il manque le nom de la mère, c'est étrange. HERMANA HERMINIA Non, ça ne peut pas être ce bébé. Elle est morte quelques minutes après la naissance. La cause de la mort ne peut pas être une otite. FUNCIONARIO 2 C'est le seul nouveau-né qu'on a ce jour-là. HERMANA HERMINIA Alex, va m'attendre dehors. ALEX Soeur Herminia, je peux l'entendre. HERMANA HERMINIA Tu devrais attendre dehors. ALEX HERMANA HERMINIA Est-ce que vous avez conservé l'autorisation d'inhumer ? FUNCIONARIO 2 En temps normal, on ne peut pas diffuser ces documents. Je devrais vous renvoyer vers le Registre Civil pour avoir le dossier du décès. HERMANA HERMINIA Docteur Mena et Eulalia Margarit. Il n'y a pas pu avoir autant d'enfants mort-nés, ma mère. SOR EULALIA C'était une autre époque. Le taux de mortalité infantile était... HERMANA HERMINIA Les derniers accouchements datent des années Quatre-vingt. SOR EULALIA Des prostituées. Des mères célibataires, qui buvaient et fumaient, qui fréquentaient des hommes. Comment voulez-vous que leurs enfants ne meurent pas à la naissance ? HERMANA HERMINIA D'une otite ? Tous ? Personne ne nait avec une otite. Et ça prend des semaines avant de savoir si on l'a contractée. SOR EULALIA Je ne suis pas médecin. Et vous non plus, si je ne m'abuse. HERMANA HERMINIA Je suis infirmière. Vous, non, mais ça ne vous a pas empêché de signer comme sage-femme. Ma mère. HERMANA HERMINIA Celle qui dirige cette congrégation aujourd'hui, c'est moi. S'il y a eu des irrégularités, vous devez m'en informer. SOR EULALIA Tout a toujours été bien fait. Dans l'intérêt des innocents qui naissaient. HERMANA HERMINIA Je ne veux pas que vous m'expliquiez pourquoi vous avez fait ce que vous avez fait. Je veux savoir qu'est-ce que vous avez fait ? Si vous êtes allée trop loin, vous devez... SOR EULALIA Vous aussi, vous avez cru cet article de journal ? Rien n'est vrai. Calomnies. Qu'ils n'ont jamais pu prouver. HERMANA HERMINIA Quel article, au juste ? SOR EULALIA Vous, vous êtes pire que les autres. Depuis le début, je ne vous fait pas confiance. HERMANA HERMINIA INSERT Un docteur et une religieuse impliqués... A qui sont ces enfants ? HERMANA HERMINIA Nous sommes allés au cimetière. Je suppose qu'Alex a dû t'en parler. VIOLETA MAYOR Oui, c'est un garçon très bien, mon fils. Je crois que Dieu me l'a envoyé parce qu'il n'a pas été très gentil avec moi. HERMANA HERMINIA Oui, peut-être. De quoi est morte ta fille, Violeta ? Est-ce qu'on te l'a dit ? VIOLETA MAYOR Non, non. On ne m'a... A l'époque on m'a dit qu'elle... qu'elle ne respirait pas. Qu'elle... Mais pourquoi vous demandez ça ? Il faut tous ces détails pour déplacer son corps ? HERMANA HERMINIA Oui... Un renseignement de plus. VIOLETA MAYOR Je m'en souviens encore comme si c'était hier, Soeur Herminia. VIOLETA MAYOR Je me souviens de tout. Je revois tout. La sage-femme est venue, HERMANA HERMINIA C'est soeur Eulalia qui est venue ? VIOLETA MAYOR elle m'a dit que tout... Non. Non, non. C'était une autre sage-femme au début de l'accouchement. Et... La mère est arrivée plus tard. Elle m'a dit qu'elle allait s'occuper de tout. Je ne sais pas. Ils ne m'ont pas laissé voir ma petite fille. VIOLETA MAYOR Mais j'ai tellement pleuré qu'à la fin ils me l'ont amenée et... Elle était gelée. HERMANA HERMINIA VIOLETA MAYOR Glaciale. HERMANA HERMINIA Est-ce que tu en es sûre, Violeta ? VIOLETA MAYOR Oui. HERMANA HERMINIA Tu es sûre ? VIOLETA MAYOR Oui, oui, elle était complètement gelée. HERMANA HERMINIA Si elle venait à peine de mourir... VIOLETA MAYOR Je le sais, je le sais parce que c'est comme... C'est comme si je sentais encore ce froid sur mes lèvres, Soeur Herminia. Comme si je la serrais encore contre moi. RICARDO Nous avons fait ce qui se faisait à l'époque. SUSANA RICARDO On a caché l'adoption dans ton intérêt. Pour que personne dans la famille ne remette en question tes droits. SUSANA RICARDO C'est injuste, ce que tu fais subir à ta mère. Que tu recherches la personne qui t'a abandonnée. SUSANA Non. Elle ne m'a pas abandonnée. ELISA Tu veux dire que tu l'as retrouvée ? SUSANA Demain, on aura les résultats du test A.D.N. RICARDO Comment elle s'appelle, cette femme ? SUSANA Quoi ? Tu ne me crois pas ? SUSANA Elle s'appelle Conchita. Conchita Romero. Et elle n'est pas la femme seule qu'on vous a fait croire. Elle est mariée. Donc j'ai aussi un père. Un vrai père. RICARDO C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Ce test sera négatif. Tu verras. ELISA Comment peux-tu le savoir ? Tu sais qui est sa vraie mère, pas vrai ? RICARDO Je sais seulement qu'on a réussi à gommer tous nos liens. Il sera négatif. Et Susana finira par entendre raison. SUSANA Je vais quitter mon travail. Je vais me mettre à mon compte. OSCAR Comment ça ? Pour faire quoi ? SUSANA Quelque chose qui ressemble plus à du journalisme que de signer des bilans. OSCAR Et tu décides ça quand j'arrête les consultations d'après-midi. Et que je vais gagner moins. SUSANA C'est la seule chose qui t'intéresses ? Rembourser le crédit. OSCAR Tu n'as pas eu le courage de tenir tête à tes parents quand tout allait bien. Et là, tu as trouvé l'excuse parfaite. Je sais pas si t'es au courant, Susana, mais tu as un mari et un fils. Une famille, bon sang ! Que ça te plaise ou non. SUSANA C'est mieux de faire comme ça. De venir seules. Ça restera entre nous. CONCHITA MAYOR Pour moi c'est très important. C'est toute ma vie. J'ai passé ma vie à chercher... HOMBRE LABORATORIO Tenez. Les résultats. SUSANA Merci. HOMBRE LABORATORIO De rien. SUSANA Conchita. Quel que soit le résultat, merci beaucoup d'avoir fait ce test. CONCHITA MAYOR SUSANA D'avoir cru en moi. CONCHITA MAYOR Toi aussi, tu as cru en moi. SUSANA On l'ouvre ? CONCHITA MAYOR Oui. CONCHITA MAYOR Tu n'es pas ma fille. SUSANA CONCHITA MAYOR SUSANA Je suis désolée. SUSANA CONCHITA MAYOR JUAN MAYOR Conchita ! CONCHITA MAYOR JUAN MAYOR Conchita ! CONCHITA MAYOR Oui, Juan. Une minute. JUAN MAYOR Comment ça a été ? C'est elle, pas vrai ? CONCHITA MAYOR JUAN MAYOR C'est notre fille ? CONCHITA MAYOR JUAN MAYOR CONCHITA MAYOR Oui, Juan. JUAN MAYOR CONCHITA MAYOR C'est notre fille. JUAN MAYOR Pourquoi elle n'est pas venue ? Elle ne voulait pas me voir ? CONCHITA MAYOR Parce qu'il est déjà tard. Elle est avec son garçon. JUAN MAYOR Je voudrais voir son fils. Dis-lui de venir avec lui. CONCHITA MAYOR Je lui dirai demain, je ne veux pas la déranger. JUAN MAYOR CONCHITA MAYOR JUAN MAYOR Elle restera avec toi. Elle s'occupera de toi. CONCHITA MAYOR JUAN MAYOR CONCHITA MAYOR Oui, Juan. JUAN MAYOR CONCHITA MAYOR Je ne serai plus jamais seule. Maintenant, il faut dormir, il est très tard. Moi aussi je vais aller me coucher. CONCHITA MAYOR SUSANA Mes condoléances. CONCHITA MAYOR Je vais bien. SUSANA CONCHITA MAYOR J'ai eu le temps de m'y préparer. Et lui, il est parti en paix. C'est ton Raul ? SUSANA Oui. Tu veux le tenir ? CONCHITA MAYOR Comme il a de jolis yeux ! SUSANA CONCHITA MAYOR Bonjour, toi ! Tu viens voir tata ? SUSANA CONCHITA MAYOR Il est vraiment adorable. Entre ! SUSANA Tu te souviens de l'association dont je t'ai parlé ? Je crois qu'elle pourrait nous aider. CONCHITA MAYOR On en parlera plus tard, Susana. Je n'ai plus la force en ce moment. SUSANA Je te laisse y réfléchir. Si ça te dis, préviens-moi et je viendrai avec toi. CONCHITA MAYOR Et toi, tu as du nouveau de ton côté ? SUSANA Non. J'ai l'impression de me prendre un mur à chaque étape. Qui a pris cette photo ? CONCHITA MAYOR Celle-là ? Une infirmière. La seule qui m'ait traitée comme un être humain dans cette clinique. SUSANA Et elle n'a pas pu t'aider ? CONCHITA MAYOR Quand je suis revenue chercher ma fille, elle n'y travaillait plus. Mon avocate a essayé de retrouver son nom mais, comme ce n'était que des internes, elles n'étaient pas fichées à la sécurité sociale. SUSANA Vous n'êtes pas allées parler avec les bonnes soeurs ? CONCHITA MAYOR Les bonnes soeurs ! Même si elles avaient su quelque chose, elles n'auraient rien dit. Ce sont elles qui me l'ont enlevée. SUSANA Conchita, tu dois aller les voir. Pour retrouver cette infirmière. SUSANA C'était une rousse aux cheveux longs. HERMANA HERMINIA Oui, je me souviens d'elle. Vaguement, vous vous en doutez. SUSANA Vous savez qui c'était ? Ou comment elle s'appelle ? HERMANA HERMINIA Non, désolée. Pourquoi vous la cherchez ? SUSANA Parce qu'elle pourrait aider une mère à retrouver sa fille. Peut-être que qu'elle vous dit quelque chose. HERMANA HERMINIA Non, elle n'a pas passé sa grossesse dans cette congrégation. Sinon je m'en souviendrais. SUSANA Non, elle l'a passée à Bilbao. Mais c'est ici qu'elle a accouché. SUSANA Ensuite, elle a décidé... de donner l'enfant en adoption, et... aujourd'hui, elle aimerait la retrouver parce qu'elle veut lui demander pardon. Oui. HERMANA HERMINIA Vous êtes sûre de me dire toute la vérité ? SUSANA Bien sûr que c'est la vérité. RECEPCIONISTA J'ai une soeur Herminia pour vous. SUSANA Oui, oui, passez-la-moi. RECEPCIONISTA SUSANA Soeur Herminia ? HERMANA HERMINIA Allô, Susana ? J'ai trouvé le nom de l'infirmière que vous recherchez. SUSANA HERMANA HERMINIA Elle s'appelle Alicia Caballero Benéïto. SUSANA Vous avez son numéro ? HERMANA HERMINIA Non, désolée. SUSANA C'est bon, je vais le trouver. Caballero ? HERMANA HERMINIA Benéïto. SUSANA Benéïto. HERMANA HERMINIA Sachez que je vous donne son nom parce je ne crois pas à votre version. S'il vous plaît, si vous trouvez ce que vous cherchez, prévenez-moi. Moi aussi, je veux connaître la vérité. SUSANA Merci. VIOLETA MAYOR Soeur Herminia. Soeur Herminia, Alex vient d'appeler. On a une date pour le nouvel enterrement. HERMANA HERMINIA Justement, je voulais te parler de ça, Violeta. VIOLETA MAYOR HERMANA HERMINIA Il faut que tu sois préparée. Ils vont te montrer ses restes, et... ça va être très dur pour toi. VIOLETA MAYOR Non, ça me donnera la paix. Ne vous en faites pas pour ça. J'ai toujours voulu l'enterrer, mais on ne m'a pas laissé le faire. Ce sera enfin... HERMANA HERMINIA Qui ça ? VIOLETA MAYOR Non. Ça n'a pas d'importance. HERMANA HERMINIA Qui ne t'a pas laissée faire, Violeta ? VIOLETA MAYOR Peu importe, c'est du passé tout ça, Soeur Herminia. L'important, c'est que ma fille aura enfin sa tombe. Et je pourrai être à ses côtés quand je partirai. Vous m'accompagnerez à l'enterrement ? HERMANA HERMINIA Bien sûr. VIOLETA MAYOR Hein ? HERMANA HERMINIA Oui, je ne te laisserai pas y aller seule. VIOLETA MAYOR Merci. Croyez-moi, c'est une bonne nouvelle. HERMANA HERMINIA Elle s'appelait Violeta, vous vous souvenez d'elle ? Elle a passé sa grossesse à la congrégation et sa fille est morte quelques minutes après sa naissance. SOR EULALIA Non, je n'en sais rien, il y avait des tas de filles qui allaient et venaient... HERMANA HERMINIA Cette femme, Violeta, elle va aller déterrer sa fille. Jurez-moi que les restes qu'elle va trouver sont vraiment les siens. Que vous n'avez pas enterré un autre bébé à sa place. Un de ceux que vous gardiez dans le réfrigérateur. SOR EULALIA Le réfrigérateur. Je ne sais pas comment vous pouvez douter. HERMANA HERMINIA Ma mère. D'ici peu de temps, vous répondrez de vos actes devant Dieu. Je sais que vous en avez conscience. Si jamais vous avez trompée Violeta, si vous lui avez dit que sa fille était morte alors que ce n'était pas vrai, je vous jure que... SOR EULALIA Vous étiez là à l'époque, que je sache. Vous avez vu ce qu'on faisait ici et à la clinique. Nous avons toujours fait au mieux pour les enfants. Et ce n'est pas à vous à qui je devrai répondre de mes actes. C'est à Dieu seul. ENFERMERA MAYOR C'était mon premier appareil. C'est mon père qui me l'avait offert. Mais cette photo, je... Je ne m'en souviens vraiment pas. Désolée. Je ne suis restée que très peu de temps dans cette clinique et ça fait si longtemps que je ne me souviens que de quelques visages. Une fille avait perdu son bébé durant l'accouchement. Je me souviens bien d'elle. Et cette bonne soeur qui n'arrêtait pas... CONCHITA MAYOR Une fille qui a perdu son bébé ? ENFERMERA MAYOR Oui. La pauvre. Elle était si triste, et le berceau vide à côté d'elle... CONCHITA MAYOR Je me souviens d'elle, ça me dit quelque chose. SUSANA Bien. En tout cas merci beaucoup pour tout. CONCHITA MAYOR Non, Susana, Susana, Susana, attends une minute ! Cette fille, là, celle qui a perdu son bébé, c'était le même jour que moi, je m'en souviens. SUSANA Et tu sais pas qui c'était, tu ne sais pas comment elle s'appelait ou quoi ? CONCHITA MAYOR Non, pas du tout... SUSANA Vous peut-être ? ENFERMERA MAYOR Non... CONCHITA MAYOR Susana, je... Je le revois encore très bien en train de sortir du bureau en pleurant. Elle avait les yeux de ton fils. Elle avait les mêmes yeux, Susana. SUSANA CONCHITA MAYOR Le même jour que moi. SUSANA Je vais vous laisser ma carte pour que vous puissiez me contacter si vous vous rappelez de quelque chose ou si... Merci beaucoup. CONCHITA MAYOR Ça va ? SUSANA Oui. VIOLETA MAYOR Alex... ALEX Maman ! HERMANA HERMINIA Violeta ! ALEX Maman ! HERMANA HERMINIA Violeta ! HERMANA HERMINIA Il n'y avait rien que des restes de graisse au fond du cercueil à cause de la saponification ! Il n'y avait rien d'autre à décomposer parce que ce cercueil est toujours resté vide, Docteur ! Vous avez signé l'acte de décès d'un bébé en parfaite santé, et vous l'avez enlevé pour gagner de l'argent ! DOCTOR MENA Vous avez terminé, ça y est ? Soeur Herminia ? HERMANA HERMINIA Non, je ne fais que commencer. J'ai les actes de décès falsifiés. J'ai également vos signatures dans le Registre et tous les autres papiers. Croyez-moi, je n'arrêterai pas tant que je ne vous aurai pas personnellement traîné en justice. Vous et tous les autres responsables. DOCTOR MENA Vous savez que si vous faites ça, vous mettez en question votre congrégation, et l'Eglise en général. Personne ne vous soutiendra. HERMANA HERMINIA Vous feriez mieux de vous en faire pour vous, Docteur. HERMANA HERMINIA Bilbao. Valence. ALEX Ma mère ne dort pas. Elle... Elle ne mange rien. Elle a vomi. Elle est cadavérique. Je dois retrouver ma soeur. C'est la seule chose qui peut la guérir. HERMANA HERMINIA Alex, il faut y aller doucement. On ne peut pas faire de faux pas, on n'a pas droit à l'erreur. Je ne veux pas lui donner de faux espoirs, d'accord ? On va se faire conseiller. Il y a des avocats qui peuvent nous aider. ALEX Non, non, non, non. Il faut retrouver ma soeur. Il faut que ma mère récupère son bébé. HERMANA HERMINIA Alex, ce n'est plus un bébé depuis longtemps. ALEX HERMANA HERMINIA ENFERMERA MAYOR Ça m'est revenu d'un coup ! C'est elle qui me l'a donné. Elle l'a peint elle-même. SUSANA Vous en êtes sûre ? Vous êtes certaine que c'est la même qui... ENFERMERA MAYOR Je vous assure ! C'est elle qui me l'a offert dans sa chambre à la clinique. SUSANA Violeta. ALEX Ma soeur est née à la Clinique de la Vertu à Madrid. Ma mère s'appelle Violeta. Et elle a passé sa grossesse à l'orphelinat de la Congrégation de la Lumière Blanche à Madrid. C'était en Mille Neuf-cent Soixante-quatorze. On a dit à ma mère que ma soeur était morte peu de temps après sa naissance. Mais... VIOLETA MAYOR ALEX nous avons des preuves VIOLETA MAYOR ALEX qu'on lui a menti. VIOLETA MAYOR ALEX Sûrement pour donner son bébé en adoption. MANUEL Si on peut l'avoir pour demain c'est parfait. SUSANA Je pars plus tôt, j'emmène Raul se faire vacciner. MANUEL Oui, heu... Une minute, pardon. Bien. Je fermerai la boutique. SUSANA MANUEL Pardon, heu, je te rappelle plus tard. Okay ? Oui. Merci. SUSANA Il n'y avait aucune Violeta dans les archives de Bilbao. MANUEL Peut-être qu'elle avait pris un autre nom. Ou qu'ils ne l'ont pas archivée. SUSANA Non, j'ai vérifié sur internet, il n'y avait rien. MANUEL SECRETARIA Le taxi est à l'entrée, Susana. SUSANA Merci, je descends. MANUEL Est-ce que tout va bien ? On ne voit plus Oscar passer te chercher. SUSANA A demain, Manuel. MANUEL Oui. MANUEL ALEX Ma soeur est née à la Clinique de la Vertu MANUEL ... à la Clinique de la Vertu à Madrid. ALEX Ma mère s'appelle Violeta. MANUEL Ma mère s'appelle Violeta. ALEX Et MANUEL Et elle a passé sa grossesse à l'orphelinat ALEX elle a passé sa grossesse... MANUEL de la Congrégation de la Lumière Blanche à Madrid. C'était en Mille Neuf-cent Soixante-quatorze. On a dit à ma mère que ma soeur était morte peu de temps après sa naissance... MANUEL Susana ! Il y a une Violeta qui est à la recherche sa fille. SUSANA MANUEL Il y a un truc qui colle pas, c'est qu'elle n'était pas à Bilbao. SUSANA MANUEL Mais... SUSANA Mais elle dit quoi ? Elle dit quoi ? Elle pense qu'on lui a enlevée ? MANUEL Oui. SUSANA VIOLETA MAYOR Qui c'est à cette heure-ci ? SUSANA VIOLETA MAYOR SUSANA VIOLETA MAYOR Ça fait combien de temps que tu me cherches ? SUSANA Pas très longtemps. Mes parents ne m'ont jamais dit que j'étais adoptée. VIOLETA MAYOR Adoptée ? Tu n'as pas été adoptée, Susana. Tes parents t'ont enlevée. Ou ils t'ont achetée, ou je ne sais quoi ! SUSANA Je crois qu'on peut rattraper les choses. VIOLETA MAYOR Rattraper quoi, Susana ? Rattraper quoi ?! Il n'y a jamais rien eu, rien ! Ils ne m'ont pas laissé voir ma fille. Je ne la connais pas. Je ne l'ai jamais vue ! Je sais seulement qu'elle était gelée, Susana ! Gelée ! VIOLETA MAYOR Ce bébé que j'ai embrassé était... c'était le bébé mort-né de quelqu'un. SUSANA VIOLETA MAYOR Parfois, je me dis que ç'aurait été mieux que je trouve les restes de ma fille dans ce cercueil, pour m'apaiser une bonne fois pour toute. C'est tout ce que je veux. Etre apaisée. Pardon. Pardonne-moi. Pardonne-moi, Susana, pardonne-moi, je ne sais pas ce que je raconte. SUSANA Ne t'en fais pas. Ne t'en fais pas. VIOLETA MAYOR SUSANA VIOLETA MAYOR SUSANA VIOLETA MAYOR SUSANA VIOLETA MAYOR SUSANA Mais je suis ici. VIOLETA MAYOR SUSANA Je suis ici et vivante grâce à toi. VIOLETA MAYOR SUSANA Tu sais que j'ai un fils qui a les mêmes yeux que toi ? VIOLETA MAYOR Ah, oui ? SUSANA Oui. VIOLETA MAYOR SUSANA Je... VIOLETA MAYOR SUSANA Je crois qu'il vaut mieux que tu m'appelles quand tu auras assimilé tout ça. Quand... quand tu te sentiras mieux et... et si tu veux qu'on discute ou... VIOLETA MAYOR SUSANA pour apprendre à nous connaître, VIOLETA MAYOR Oui. SUSANA tu n'auras qu'à m'appeler. VIOLETA MAYOR SUSANA D'accord ? VIOLETA MAYOR SUSANA Allez. VIOLETA MAYOR Susana. SUSANA VIOLETA MAYOR Guzman ? Guzman-Ferrer ? SUSANA Tu savais bien qui c'était ! Tu l'as viré dès que t'a su que c'était ma mère ! Et tu m'as laissé chercher, sachant très bien que je me tromperais et que je donnerais de faux espoirs à une femme qui a souffert toute sa vie ! RICARDO Ce n'est pas ça, Susana ! Le Docteur Mena m'a dit qu'il t'avait fait venir de Bilbao, il m'a montré des preuves... SUSANA Mais tu ne l'as pas cru ! C'est pour ça que tu l'as virée ! RICARDO Je n'en savais rien ! Il m'a dit qu'il avait une fille que la mère avait décidé d'abandonner et... SUSANA Ce n'était pas un abandon ! C'était un vol, nom d'un chien ! Tu comprends, ça ? RICARDO Comment voulais-tu que je le sache ? Susana. RICARDO A moi aussi, il m'a menti. SUSANA Tu t'attendais à quoi venant d'un type qui falsifie des documents ? Qui te fais simuler un accouchement ? S'il n'y avait pas des gens comme toi, il n'y aurait pas eu de trafic ! Il faut deux parties, c'est la loi de l'offre et de la demande. C'est à cause de types comme vous que le monde est aussi pourri. ELISA C'est vrai ce qu'elle raconte ? C'est... C'est vrai ? Que Violeta était la mère de Susana ? De notre fille, Ricardo ? RICARDO Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? Tu vas me quitter ? SUSANA RICARDO Elisa, on a peut-être fait une erreur, mais nous avons été heureux pendant très longtemps. ELISA Oui, mais notre bonheur à fait souffrir de nombreuses personnes, Ricardo ! RICARDO Tu aurais pu y penser avant. ELISA SUSANA Si tu n'as pas posé de questions avant, pourquoi tu en poserais aujourd'hui ? Reste avec lui. Tu es sa complice. Tu ne vaux pas mieux que lui. SUSANA Je suis allée chez mes parents. Ça a été très difficile. OSCAR Tu les as écoutés, au moins ? Maintenant ne viens pas dire que tu n'es pas responsable de notre malheur. Tu nous séparés, comme si notre couple ne valait rien. SUSANA Violeta a les yeux de Raul. OSCAR SUSANA J'ai aussi fait ça pour lui. OSCAR SUSANA Et c'est ton fils. Il vient de là où je viens. OSCAR La question n'est pas d'où tu viens, Susana, c'est où tu vas. Et clairement nous n'allons pas dans la même direction. Et je sais que ce n'est pas quelque chose de temporaire. Ce n'est pas une parenthèse qu'on pourra refermer et... que tout redeviendra comme avant. OSCAR J'ai loué un appartement à côté d'ici. Je te laisse le temps de réfléchir à ce que tu veux faire. SUSANA Je ne vois pas ce tu veux que fasse, tu as pris ta décision. OSCAR Donnons-nous un peu de temps. On en a besoin tous les deux. ELISA Voilà, c'est... C'est la vie qu'à eu ton bébé. Avant que tout ça n'arrive, avant qu'elle ne découvre... Elle a été très heureuse. Non, non, garde-les. C'est pour toi. Et ça... Ça aussi. C'est la seule que j'ai trouvée dans laquelle tu étais avec elle. VIOLETA MAYOR Oui... Et dire que durant des mois j'étais avec Susana. Je la touchais. Je lui donnais à manger. Je la promenais. Et pendant la nuit je pleurais ma petite fille morte, mais... Parfois, je vous enviais vraiment. ELISA ELISA Tu me pardonnes ? VIOLETA MAYOR On vous a menti a vous aussi. C'est à Susana qu'il faut demander pardon. ALEX Maman. Et aux autres, tu leur pardonnes ? A la bonne soeur ? Au médecin ? VIOLETA MAYOR Ils n'en ont rien à faire de mon pardon, Alex. DOCTOR MENA Je t'avais dit de me laisser tranquille. Vas-t-en. Si tu as d'autres questions, demande à ton père. SUSANA Vous vous souvenez de Violeta, Docteur ? DOCTOR MENA SUSANA Vous l'avez fait embrasser un enfant mort, glacé. En lui disant que c'était sa fille. Mais pas de chance parce que sa fille c'est moi ! Je vous jure que vous paierez pour tout ce que vous lui avez fait à elle et aux autres mères. Cette fois, vous ne vous en tirerez pas. ABOGADO ASOCIACION Vous la connaissez ? SUSANA Oui, Soeur Herminia, oui. ABOGADO ASOCIACION C'est de ça que je voulais vous parler. Ce sont les documents de la congrégation. Ça ne peut être que la fille de Conchita. Elle est née à peine vingt-quatre heures après vous. Et il n'y a pas d'autre adoption ce jour-là. SUSANA Oui, mais Valence est une grande ville. Et... Et ils ont dû la déclarer comme leur fille biologique. ABOGADO ASOCIACION Il y a un an, nous avons reçu ça. SUSANA Qui l'a signé ? ABOGADO ASOCIACION La mère adoptive. SUSANA Un testament ? ABOGADO ASOCIACION Elle nous a contactés avant de mourir. C'est relativement fréquent. SUSANA La fille n'est au courant de rien. ABOGADO ASOCIACION Non. Rien du tout. Et elle ne saura rien, sauf si on lui présente sa mère biologique. Ce sont ses volontés. SUSANA ABOGADO ASOCIACION Oui, Conchita, entrez, je vous prie. Ça va ? CONCHITA MAYOR Bonjour. ABOGADO ASOCIACION Enchanté. CONCHITA MAYOR Enchantée. SUSANA Bonjour. CONCHITA MAYOR SUSANA CONCHITA MAYOR SUSANA CONCHITA MAYOR ABOGADO ASOCIACION CONCHITA MAYOR Qu'est-ce qui se passe ? INSERT Valence SUSANA C'est ici, Conchita, c'est ce portail. Au premier étage. Viens. CONCHITA MAYOR Non, non, non. SUSANA CONCHITA MAYOR Pas encore, pas maintenant. Allons d'abord... au parc pas longtemps. SUSANA Si tu veux. CONCHITA MAYOR C'est fou comme elle ressemble à Juan ! SUSANA Profites-en, c'est l'occasion. Vas-y et dis-lui que sa mère voulait qu'elle te connaisse. CONCHITA MAYOR SUSANA Vas-y petit à petit. Courage, Conchita. HIJA DE CONCHITA Pardon, est-ce que vous allez bien ? NINO Maman ! NINA Maman ! NINO Maman ! CONCHITA MAYOR NINO Maman ! Maman ! Maman ! NINA Maman ! Maman ! HIJA DE CONCHITA Hop-là ! Tout est prêt ? NINO Oui ! HIJA DE CONCHITA Très bien. Vous n'avez rien oublié ? NINA Non ! NINO On pourra avoir une glace ? NINA Oui, Maman ! Une glace à la vanille ! HIJA DE CONCHITA Vous cherchez quelqu'un ? NINO Non ! Au chocolat ! C'est trop meilleur ! NINA Ah, non, la glace au chocolat, c'est beurk ! NINO Le chocolat c'est mon préféré parfum ! CONCHITA MAYOR Non, pardonnez-moi, je me suis trompée. NINA Moi c'est la vanille que je préfère ! NINO Ah, non, pas la vanille, heu ! NINA Si ! La vanille ! NINO D'abord, toi t'en auras pas, de glace ! CONCHITA MAYOR NINO Hein, Maman, on pourra avoir une glace, dis ? HIJA DE CONCHITA Oui, bonne idée ! T'en veux aussi ? On y va ? NINA Oui ! HIJA DE CONCHITA Allez, on va aller la chercher au parc. NINO Ouais ! NINA Ouais ! HIJA DE CONCHITA HERMANA HERMINIA Prends autant de temps qu'il te faudra pour digérer la nouvelle que tu as retrouvé Susana. VIOLETA MAYOR Ah, Soeur Herminia ! Combien de fois j'ai rêvé que ça arrive ! Que ma fille était vivante, que j'étais de nouveau avec elle et... aujourd'hui, rien. Je n'ai pas la moindre réaction. HERMANA HERMINIA Violeta. Pardon. Je regrette. Je regrette de ne pas t'avoir crue. VIOLETA MAYOR Mais non, voyons. Comment pouviez-vous imaginer une telle chose, Soeur Herminia ? A l'époque, je n'étais rien qu'une... HERMANA HERMINIA Non, pas seulement à l'époque. J'avais la vérité sous les yeux tout le temps, depuis de nombreux mois. HERMANA HERMINIA C'était comme si je cherchais la vérité et en même temps je n'avais pas envie de la trouver. VIOLETA MAYOR Soeur Herminia. Vous n'avez jamais rien fait d'autre que de m'aider depuis le premier jour où j'ai passé cette porte. Si vous vous êtes trompée, c'est parce que parfois les... les choses qui nous font souffrir sont beaucoup trop difficiles à croire. C'est normal. HERMANA HERMINIA Regarde, c'est ta fille qui arrive. VIOLETA MAYOR Merci ! SUSANA Bonjour. VIOLETA MAYOR Susana. Bonjour. SUSANA VIOLETA MAYOR SUSANA VIOLETA MAYOR SUSANA VIOLETA MAYOR SUSANA Soeur Herminia ! Merci.