ADMINISTRATOR CAHILL CROWD DONNA FORSTMAN HARVEY JESSICA LOUIS MARCUS MIKE MORTICIAN RACHEL WAITER WOODALL YOUNG_ADA HARVEY YOUNG ADA A Harvey ! CROWD A Harvey ! Santé ! HARVEY Jay, tu peux me donner un dix-huit ans d'âge ? DONNA En général, quand on remporte son premier procès, on fait au moins semblant de finir le verre offert par son ami procureur. HARVEY Excusez-moi, est-ce que...? DONNA On se connaît ? Pas encore. Mais c'est votre jour de chance. HARVEY Ah oui, pourquoi ? DONNA Parce que c'est aujourd'hui que vous rencontrez Donna. HARVEY Laissez-moi deviner : vous êtes Donna ? DONNA Oh... vous ignorez encore à quel point je suis Donna. HARVEY Eh bien, Donna... je suis... Harvey... DONNA Harvey Specter. Vous croyez que je vous parlerais si j'ignorais qui vous êtes ? HARVEY Qu'est-ce que vous savez exactement, à propos de moi. DONNA Je sais tout sur tout le monde. Ce que je ne sais pas, en revanche, c'est... pourquoi c'est la première affaire que vous portez au tribunal ? HARVEY Parce que c'était un crime en col blanc, pas une simple histoire de dealer. Ce qui en fait le genre d'affaires... DONNA ...dont les journaux parlent en première page. HARVEY Vous n'êtes pas seulement pas belle. DONNA Non, en effet. Vous pourriez peut-être me payer un verre, et on continuerait cette conversation ailleurs. HARVEY Jay ? HARVEY Sean, que faites-vous en bas de chez moi, en plein milieu de la nuit ? Je croyais que vous aviez arrêté de me suivre. CAHILL Je ne vous suivais pas. Je vous attendais. Aidez-moi. HARVEY Vous avez besoin de mon aide ou la SEC a besoin de mon aide ? CAHILL Les deux. Mais je m'inquiète plus pour moi pour l'instant, que pour la SEC. Je ne trouve pas l'argent. HARVEY Comment ça, vous ne le trouvez pas ? Qu'est-ce que vous avez fait, ces trois derniers mois ? CAHILL Je l'ai cherché partout. HARVEY Alors cherchez mieux. Parce que Woodall ne vous fera pas de cadeau. Forstman achète tout le monde, et on vous a donné les noms de ces personnes sur un plateau. CAHILL Et je me suis mis en danger, quand j'ai accusé mon ami de toucher des pots-de-vin. Si je n'apporte aucune preuve, Eric Woodall s'en sort, Charles Forstman s'en sort. HARVEY Vous croyez que je peux trouver l'argent alors que vous avez échoué ? CAHILL Je ne sais pas si vous le pouvez. Mais je sais qu'ils boucleront l'enquête dans cinq jours et qu'il me faut de l'aide. HARVEY HARVEY Allez, assez parlé de moi. Parlons de vous. DONNA Oh, c'est mon sujet favori. HARVEY Vous savez ce que je crois ? DONNA Mh ? HARVEY Je crois que votre sujet favori n'est pas venu me demander pourquoi je suis allé au tribunal. Vous voulez quelque chose. DONNA C'est exact. HARVEY Et je crois que je suis prêt à vous l'offrir. DONNA Je ne cherche pas du sexe. HARVEY Alors tant pis. DONNA Vous comptez être sincère à ce point ? HARVEY Ça fait gagner du temps. DONNA Eh bien, dans ce cas, je veux travailler à votre bureau. HARVEY Pour quelle raison ? DONNA Parce qu'il est certain que dans quelques années vous retournerez chez Gordon, Schmidt et Van Dyke. HARVEY Ah, je vois... vous voulez me suivre quand je partirai ? DONNA Non, sans façons. HARVEY Alors pourquoi ? DONNA J'ai l'intention de devenir comédienne. Je veux travailler avec quelqu'un qui comprenne qu'il y a autre chose dans la vie que le bureau du procureur. Et que je peux offrir le meilleur de moi, même si je m'éclipse de temps en temps pour une audition. HARVEY Donc vous préférez me lâcher maintenant ? DONNA Oui. Mais le point positif de tout ça, c'est que je vous préviens à l'avance. WAITER Whisky, trente-six ans d'âge. HARVEY Je n'ai pas commandé ce whisky. WAITER C'est de la part de ce monsieur. DONNA Je ne le connais pas, mais je peux déjà vous dire qu'il ne me dit rien qui vaille. HARVEY HARVEY Vous êtes... différente. RACHEL Je crois que je vais le prendre comme un compliment. HARVEY Je veux dire, je ne m'attendais pas à vous voir dans cette tenue. RACHEL Je sais ce que vous vouliez dire. En fait, vous ne vous attendiez pas à me voir du tout. HARVEY Comment ça ? RACHEL Je vous en prie, Harvey. Depuis que Mike est revenu, on peut dire que je suis pratiquement inexistante à vos yeux. MIKE Qu'est-ce qu'il y a ? HARVEY Cahill n'arrive pas à trouver l'argent. MIKE Comment ça, il ne trouve pas l'argent. Qu'est-ce qu'il a fait pendant tout ce temps, alors ? HARVEY C'est ce que je lui ai dit. MIKE Il a répondu quoi ? HARVEY Qu'il était en difficulté, qu'il avait besoin de notre aide. Je vais te dire ce que je n'ai pas pu lui dire. Il ne trouve pas l'argent parce qu'il regarde au mauvais endroit. MIKE Et d'après vous, quel serait le bon endroit ? HARVEY Je ne sais pas exactement. Mais quelque part, il y a sûrement quelqu'un à qui tient Woodall. C'est là que se trouve l'argent. RACHEL Et pourquoi on ne peut pas dire ça à Cahill ? HARVEY Parce que je ne veux pas qu'il sache comment je le sais. RACHEL Comment vous le savez ? HARVEY Parce que je le sais. Vous voulez prouver que vous existez ? Trouvez un moyen de régler ça. RACHEL RACHEL DONNA Louis, j'ai eu votre mot, et je sais que Norma n'est toujours pas revenue, mais je n'ai vraiment pas de temps pour... LOUIS Norma est morte. DONNA Quoi ? LOUIS C'est arrivé ce matin, alors qu'elle s'occupait de sa soeur. DONNA Je suis vraiment désolée, je... LOUIS Ce n'est pas la peine de faire semblant. DONNA Je ne fais pas semblant, c'était une femme adorable. LOUIS C'était une fichue virago, une vraie mégère ! Il se passait pas un jour sans que j'aie envie de... lui arracher ses horribles varices et de l'étrangler avec. DONNA Là, je ne crois pas que vous soyez en prise avec vos sentiments... LOUIS Mes sentiments ?! Elle m'a laissé en plan, comme elle le fait toujours. Une fois de plus ! DONNA Vous vouliez qu'elle revienne travailler ? LOUIS Regardez. L'ensemble de ses biens est couché sur papier. Elle gérait mal mon agenda, mais sa p'tite vie de merde était réglée comme du papier musique. DONNA Et vous voulez que je m'assure que ses biens soient correctement légués. LOUIS Vous pouvez en farcir une pinata géante, ça m'est égal. Je dois trouver une urne correcte pour jeter ses cendres du toit de l'immeuble. DONNA C'est ce qu'elle voulait ? LOUIS Non, elle voulait que je les garde près de moi, mais il est hors de question que je le fasse ! DONNA Bon. Louis... je vais m'occuper de ça pour vous, mais vous ne jetez ses cendres nulle part sans moi. LOUIS Oui, d'accord. Vous voulez que je prévienne Harvey que vous êtes occupée ? DONNA Non. Harvey se débrouillera très bien tout seul. HARVEY Je sais qui vous êtes et je ne suis pas intéressé. FORSTMAN Simplement parce que j'ai mauvaise réputation ? HARVEY Parce que je ne trinquerai pas au fait d'avoir mis votre rival en prison. FORSTMAN Vous vous méprenez, mon vieux. Je ne vous offre pas ce verre parce que vous avez écarté mon ennemi. Je vous l'ai offert pour la façon dont vous vous y êtes pris pour y arriver. HARVEY D'accord, vous m'avez eu. De quoi vous voulez parler ? FORSTMAN De vous. Vous avez quelque chose de spécial. Et j'aime travailler avec des gens qui ont quelque chose de spécial. HARVEY Dites-moi pourquoi je voudrais travailler pour vous. FORSTMAN Il y a un million de bonnes raisons : c'est la prime de signature que je vous donnerai. Et ça fait beaucoup plus d'argent que ce que vous gagnerez comme avocat. HARVEY Et si je vous dis que ce n'est pas pour l'argent que j'ai choisi ce métier ? FORSTMAN Je vous demanderai alors... pourquoi avez-vous choisi ce métier ? HARVEY Pour plier les gens à ma volonté. FORSTMAN Alors pliez les gens à votre volonté pour moi. Et faites-vous plein de pognon au passage. HARVEY Eh bien, il y a un souci, monsieur Forstman. Cela ne vous regarde pas, mais je gagnerai un demi-million de dollars par an en un rien de temps. FORSTMAN Un demi-million de dollars, c'est rien. C'est ce que mon jardinier me facture. HARVEY Alors demandez ça à votre jardinier, parce que je ne suis pas intéressé. FORSTMAN Pour votre information, si vous changez d'avis et revenez me voir, cette conversation n'aura plus du tout la même tournure. HARVEY Merci pour le verre. Bonne chance, monsieur Forstman. MIKE Qu'est-ce que tu fais ? RACHEL A ton avis, qu'est-ce que je fais ? Si Forstman a donné l'argent à une personne proche de Woodall, il faut commencer par établir un arbre généalogique. MIKE Pourquoi tu n'es pas en cours aujourd'hui ? RACHEL Parce que je compte prouver à Harvey que j'existe. MIKE D'accord. Maintenant que tu le soulignes, il s'est passé quoi hier soir ? RACHEL Depuis que tu es revenu travailler ici, on dirait que vous parlez... un langage secret que je ne comprends pas. MIKE Enfin, c'est normal, après ce qu'on a traversé... RACHEL Non, je ne te parle pas de ça, je te parle de respect. MIKE D'accord. Tu ne sais pas de quoi tu parles si tu crois qu'Harvey ne te respecte pas. RACHEL Attends, ne me dis pas qu'hier soir il ne t'a pas jeté un oeil qui disait "t'es vraiment obligé de lui dire, parce que... elle n'a pas besoin de tout savoir." MIKE Il ne m'a pas regardé comme ça parce qu'il ne te respecte pas. Mais simplement parce qu'il a honte. RACHEL De quoi tu parles ? MIKE Disons que je ne suis pas le seul que Charles Forstman a piégé. RACHEL Tu crois qu'Harvey aussi s'est fait piéger ? MIKE Oui. Il me l'a dit parce qu'il y a été contraint, au moment où on était en pleine OPA. RACHEL C'est pour ça qu'Harvey a tant de mal à s'attacher à qui que ce soit. Forstman s'est déjà servi de quelqu'un qu'il aimait. MIKE T'as raison... je n'avais pas pensé à ça. RACHEL Tu crois que c'était qui ? MIKE Je ne sais pas. Mais je crois que j'ai une bonne intuition. MARCUS Alors, qu'est-ce que t'en dis ? HARVEY Je trouve que cet endroit est minable et j'ai du travail. Pourquoi tu ne me dis pas ce qu'on fait là ? MARCUS Je veux ouvrir un restaurant ici. HARVEY Marcus, c'est déjà un restaurant. Et il tourne mal. MARCUS C'est pour ça que leur bail sera pas renouvelé. Tiens, regarde. J'ai déjà... un chef cuisinier. Une licence de débit de boissons... j'ai des plans pour la rénovation, j'ai tout ce qu'il me faut là-dedans. HARVEY Excepté le financement. MARCUS J'ai besoin de cent cinquante mille dollars. HARVEY Mais t'es cinglé ! MARCUS S'il te plaît, Harvey. C'est mon rêve. Et je sais que je peux y arriver. HARVEY Je ne dis pas le contraire, mais je n'ai pas cette somme. MARCUS Non, attends, tu plaisantes ? T'es un avocat super connu qui a sa photo en première page. HARVEY Mon nom en première page ne me rapporte pas plus d'argent. Je gagne cinquante mille dollars à l'année. MARCUS Tu as dit que tu deviendrais avocat d'entreprise. HARVEY Oui, et quand ce sera la cas, je t'aiderai. Mais pour l'instant... MARCUS J'en ai rien à faire de tes pauvres excuses. Ce qui m'intéresse c'est l'époque où tu devais te comporter comme un grand frère, mais au lieu de ça, qu'est-ce que t'as fait ? HARVEY Je sais très bien ce que j'ai fait. MARCUS Alors tu sais aussi qu'on m'accordera jamais un prêt, aussi longtemps que je vivrai. HARVEY Marcus, quand est-ce que tu prendras tes responsabilités? MARCUS Qu'est-ce que tu crois que j'essaie de faire ? HARVEY MARCUS Je suis venu te voir en premier, parce que je savais que tu voudrais que je le fasse. HARVEY MARCUS Mais si tu veux pas m'aider... j'irai voir maman. HARVEY Tu ne veux pas parler de maman. Tu veux parler de lui. Il est hors de question que tu acceptes un centime de ce type. MARCUS Si j'accepte son argent, ça n'aggravera pas ce qu'il a fait à notre père. HARVEY C'est de la foutaise, t'en es conscient. Je ne vais pas te laisser faire. MARCUS Hé, Harvey ! Comment est-ce que tu comptes m'en empêcher ? HARVEY HARVEY Je deviens gâteux ou vous portez la même robe que la dernière fois que je vous ai vue ? MIKE Vous devenez gâteux, car je ne porte jamais deux fois la même tenue. HARVEY Vous devez dépenser une fortune en garde-robe. Mais je dois reconnaître que ça en vaut le coup. JESSICA Tout à coup j'ai l'impression que vous n'êtes pas là par hasard. HARVEY J'aimerais modifier notre calendrier. JESSICA Harvey, on avait un accord. Je me suis mise en danger pour vous. Notre accord n'est pas renégociable. HARVEY Je pourrais rembourser ma dette et passer à autre chose ? JESSICA Si vous pouviez faire cela, vous ne seriez pas ici à demander à revenir. Combien Marcus a-t-il perdu, cette fois ? HARVEY Il n'a rien perdu. Il veut ouvrir un restaurant. JESSICA Il ne veut rien ouvrir du tout. Il a sûrement une dette envers quelqu'un. HARVEY Vous n'en savez rien. Il a tourné la page. JESSICA Ce que je sais, c'est qu'il a un problème de jeu. Et qu'il essaie visiblement de vous soutirer de l'argent. Je ne vous le donnerai pas. HARVEY Alors j'irai le trouver ailleurs. JESSICA Je peux savoir ce que ça veut dire ? HARVEY Charles Forstman vient de me proposer un travail. JESSICA Ecoutez-moi bien. Je ne veux pas savoir ce qu'il vous a offert. N'acceptez pas. HARVEY Parce qu'il a mauvaise réputation. Vous croyez que je l'ignore ? JESSICA Il y a beaucoup de choses que vous croyez savoir et que vous ignorez. HARVEY Ce que je sais, c'est que soit vous m'aidez, soit Charles Forstman le fera. Ça dépend de vous. JESSICA Je ne peux pas vous obliger à m'écouter. Mais s'il y a une chose que je refuse, c'est de vous laisser venir me voir et faire pression sur moi en me parlant de ce banquier véreux. Faites ce que vous avez à faire. Mais je vous aurai prévenu. HARVEY Vous pouvez acheter autant de pain complet que vous voulez, Eric, vous ne pourrez l'emporter en prison. WOODALL Que faites-vous ici ? HARVEY Je suis venu vous rappeler qu'une fois qu'ils auront trouvé l'argent, tout vous tombera dessus d'un seul coup. WOODALL Mais ils ne le trouveront pas. Car il n'y a rien à trouver. HARVEY Non, pas sur vos comptes. Mais je sais ce que Cahill ignore. Forstman l'a donné à quelqu'un qui vous est proche. Et si je lui en parle, il sera trop tard. WOODALL Je sais ce que vous essayez de faire. Vous voulez m'inciter à... déplacer le cadavre. HARVEY On sait tous les deux que vous n'êtes pas assez bête pour ça. Je vous propose de conclure un accord qui fera tomber Forstman. WOODALL Vous n'êtes pas en position de négocier un accord. HARVEY Non, mais je peux contraindre Cahill à le faire. Quand vous m'aurez engagé pour vous représenter. WOODALL Vous voulez que j'engage le renard pour surveiller le poulailler ? Hors de question. HARVEY Eric ? Ils se rapprochent. Quand ils vous coinceront, vous aurez envie de m'appeler. Alors... si vous preniez ma carte ? RACHEL Tout ça... est ridicule. Je compte trente parents proches de Woodall et ce n'est peut-être aucun d'eux. MIKE Je sais mais c'est notre travail. RACHEL Non. Notre travail serait plutôt d'aider Harvey à coincer Forstman. MIKE Si tu penses à ce que je crois que tu penses... RACHEL Je sais que tu y penses aussi. MIKE Rachel, on ne pourra jamais obliger Harver à poursuivre Forstman pour une histoire vieille de douze ans. RACHEL Pourquoi ? Parce qu'il s'agit de son frère ? MIKE Oui, parce qu'il s'agit de son frère. Ou parce qu'il a honte. Dans tous les cas, il sait déjà qu'il a cette possibilité. Il n'a pas besoin que j'aille lui en parler. RACHEL Non, il n'a pas besoin que moi j'aille lui en parler. MIKE Arrête, c'est... RACHEL Il ne s'agit pas de ça. Je ne peux pas lui en parler, parce que je ne suis pas censée savoir, mais toi oui. MIKE Je viens de te dire qu'il ne voulait rien entendre. RACHEL Jusqu'à présent, ça ne t'avait jamais freiné. MIKE Là, c'est différent. RACHEL Pourquoi ? MIKE Parce qu'il a honte, justement. RACHEL Alors, c'est qu'il n'a pas les idées claires. Il a plus que jamais besoin de ton aide. MIKE Alors on lui parle tous les deux. RACHEL Je ne cherche pas les louanges. MIKE Non, il s'agit pas de louanges, il s'agit de nous deux. Il ne doit pas s'attendre à ce que je ne te dise pas ce qu'il me raconte. DONNA Vous vouliez me voir ? HARVEY Où étiez-vous passée, aujourd'hui ? DONNA Pourquoi, vous vouliez me parler de quelque chose ? HARVEY Où étiez-vous aujourd'hui ? Sean Cahill était devant ma porte hier soir et j'ai... DONNA Harvey, Norma vient de mourir, j'ai passé ma journée à aider Louis. HARVEY Norma est morte ? Oh c'est terrible. DONNA Je croyais que vous pouviez pas la sentir. HARVEY Non, mais je suppose que Louis l'appréciait, alors... faites ce que vous avez à faire. DONNA Parce que c'était sa secrétaire, il l'aimait forcément. HARVEY Ce n'est pas ce que je voulais dire. DONNA Mais c'est ce que vous avez dit. HARVEY Bon, Donna. Qu'est-ce qui vous arrive ? DONNA Oh, ben, si je vous disais que je viens de passer les dix dernières heures à me demander si vous alliez reconnaître ce qui s'est passé hier soir. Mais vous connaissant, évidemment que non. HARVEY Je n'ai pas l'intention de reconnaître quoi que ce soit, il ne s'est rien passé hier soir. DONNA Pourquoi ? Et ne me dites pas que je le sais déjà. HARVEY Parce que ça aurait été une erreur, vous le savez. DONNA Ce que je sais, c'est qu'il s'est passé quelque chose. Et que vous avez fui, mais pas avant de m'avoir dit que vous m'aimiez. HARVEY J'ai dit ça parce que je voulais que vous vous sentiez mieux. DONNA Quoi, qu'est-ce que vous venez de me dire ? HARVEY Non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je n'ai pas dit ça parce... DONNA Parce que vous avez pitié de moi ? Oui, c'est ça ! HARVEY Non, j'ai dit ça parce que je vous aime et je voulais que vous le sachiez. DONNA Vous m'aimez de quelle façon ? HARVEY Pourquoi faut-il qu'on en arrive là ? DONNA Vous m'aimez de quelle façon ? HARVEY DONNA C'est bien ce que je pensais. Soit vous ne pouvez pas répondre, soit vous ne voulez pas. C'est vraiment stupide, parce que de toute évidence vous ne me regardez pas de cette façon-là. HARVEY DONNA Vous êtes capable de me regarder autrement. Mais vous refusez de laisser ces deux mondes coexister, parce que vous avez peur de prendre des risques. HARVEY Parce qu'on a déjà tout, Donna. DONNA Non, Harvey, vous avez déjà tout. HARVEY Vous voulez dire que vous voulez tout avoir ? DONNA J'avoue que je n'en sais rien. Mais je suis certaine d'une chose : je ne veux pas de votre pitié. FORSTMAN Que faites-vous là. Personne n'a jamais découvert où je vivais. HARVEY Moi si. FORSTMAN Oh, attendez, je vais éteindre ça. HARVEY C'est une blague, vous regardez "Wall Street" ? FORSTMAN Une fois par mois, c'est un rituel pour ne pas oublier. HARVEY Oublier quoi ? FORSTMAN A quel point Gordon Gekko est minable. Alors... vous venez me dire que vous avez changé d'avis ? HARVEY J'ai décidé que je voulais cet argent. FORSTMAN Vous l'avez déjà refusé. Alors, vous allez devoir me dire pourquoi vous le voulez, maintenant. HARVEY Mon frère a besoin de cent cinquante mille dollars pour son restaurant. FORSTMAN Maintenant on va pouvoir discuter. HARVEY FORSTMAN Je vous écoute. HARVEY Vous voulez savoir ? FORSTMAN HARVEY C'est simple. Ce n'est pas seulement un restaurant, c'est une seconde chance. Marcus a des problèmes de jeu. Et c'est de ma faute. FORSTMAN Et vous vous dites que ça le remettrait sur les rails ? HARVEY J'en suis certain. FORSTMAN On ne vas pas s'entendre, alors. Les restaurants font faillite. Et quand ce sera le cas, vous partirez. Alors vous feriez aussi bien de partir maintenant. HARVEY Et si on pariait, plutôt ? FORSTMAN Vous voulez parier sur ce restaurant, pour sortir votre frère de sa dépendance au jeu ? HARVEY Je n'ai jamais dit que j'en avais une. FORSTMAN Je crois que vous êtes peut-être accro. HARVEY Quand on gagne toujours... ce n'est pas un problème. FORSTMAN Je sens que je vais bien vous aimer. DONNA Louis ! J'ai eu votre message, que se passe-t-il ? LOUIS Il se passe qu'ils essayent de m'arnaquer : vous devez jouer le mauvais flic. DONNA Quoi ? MORTICIAN Avez-vous arrêté votre choix, monsieur ? LOUIS Non. Je n'ai pas arrêté mon choix, sale vendeur de mort dégénéré. DONNA Okay... Je crois qu'on a besoin d'un délai de réflexion. MORTICIAN Bien sûr... LOUIS Non, pas du tout. Je n'ai pas besoin de réfléchir pour voir que celle-ci ressemble à un pot de chambre, celle-là à une lampe d'hôtel de bas étage, et celle-ci à une putain de pièce d'artillerie. Vous avez de la chance que je ne prenne pas ce simulacre de dernier lieu de repos... pour vous l'enfoncer profondément dans le cul ! DONNA Louis, ça suffit ! LOUIS Non, ça suffit pas ! ça fait deux jours que je m'occupe de ces foutaises, pour une femme qui devait s'occuper de mes affaires. DONNA Louis, le problème n'est pas là... LOUIS Oh, pitié, me servez pas ce ton compatissant. Et pourquoi vous jouez pas le mauvais flic ? DONNA Parce que ce n'est pas nécessaire. LOUIS Oh, putain, comment ça, c'est pas nécessaire ?! DONNA Louis ? LOUIS Vous ne faites pas attention à moi, vous n'avez jamais fait attention à moi. Tout ce qui vous intéresse, c'est vous-même. Et votre stupide soeur ! Et vos figurines en porcelaine ! Et la rediffusion de votre série préférée. DONNA Je ne suis pas Norma ! Elle nous a quittés. Et tout va bien aller. LOUIS C'était une mégère ! C'était ma mégère. DONNA Je sais. LOUIS Elle m'a pas seulement planté, elle m'a quitté pour de bon... DONNA ça va aller... HARVEY Vous êtes venus tous les deux ? MIKE On travaille tous les deux pour vous. RACHEL C'est la raison pour laquelle on vient vous suggérer d'explorer de nouvelles options. HARVEY Non, vous plaisantez ? Vous avez passé deux jours là-dessus et vous jetez déjà l'éponge ? MIKE On a passé deux des cinq jours qui nous restent et on n'a toujours pas trouvé de nom. Alors... on pense qu'il est temps d'envisager... HARVEY Quoi ? RACHEL De poursuivre Forstman pour ce qu'il vous a fait il y a douze ans. HARVEY Tu lui as dit ? MIKE Oui. Je lui ai dit, parce que, je le répète, nous travaillons tous les deux pour vous. RACHEL On veut vous aider. HARVEY Vous croyez vraiment que je n'ai pas déjà pensé à le faire une bonne centaine de fois, ces douze dernières années. RACHEL Pourquoi avez-vous renoncé ? HARVEY Parce que je ne suis pas le seul impliqué. MIKE Vous parlez de votre frère. HARVEY Oui, c'est ça. Et je refuse de le mêler à ça, car il n'a rien fait de mal. MIKE Ecoutez, on n'est pas en train de dire... HARVEY Tu m'as entendu, Mike ? Il ne tend pas seulement un flingue sur ma tempe, mais aussi sur celle de mon frère. MIKE Combien de fois vous m'avez dit que lorsqu'on est menacé d'une arme, il faut trouver un autre moyen de s'en sortir ? HARVEY Il s'agit de Charles Forstman. Il n'y a aucun moyen de s'en sortir. MIKE Il y a d'autres... HARVEY Je vous ai donné un boulot. Faites-le correctement. RACHEL Oh, c'était un vrai fiasco ! MIKE Il fallait essayer. RACHEL Vraiment ? Je t'avais dit qu'il serait furieux. Et c'est le cas. MIKE Tu m'as dit aussi qu'il devait entendre des choses qu'il refusait d'admettre. RACHEL Oui, eh bien, ce qu'il en a retenu c'est qu'il ne peut pas me faire confiance, ni à toi, d'ailleurs. MIKE Ce n'est pas du tout ce qu'il a retenu, tu le sais. Ce qu'il a retenu c'est que tu es la personne la plus proche de moi. Que je ne te cacherai jamais rien et que je ne suis pas le seul à être de son côté. RACHEL Je suis la personne la plus proche de toi ? MIKE Evidemment, comment est-ce que tu peux...? RACHEL Ce n'est pas la question. Je suis la personne la plus proche de toi... mais je n'apparais pas sur ton arbre généalogique. MIKE Tu veux parler de Woodall. RACHEL Oui, je veux parler de Woodall. MIKE Il est marié. On a enquêté sur sa femme, il n'y a rien. RACHEL Justement. On n'est pas mariés. MIKE Oui, mais je crois pas que ça soit le moment d'en discuter. RACHEL Je suis sérieuse. On a fait le tour de toutes les personnes de sa famille. Peut-être... qu'on devrait se pencher sur celles qui n'ont pas de lien de sang. MIKE Tu es géniale. RACHEL Merci. MIKE Je ne comprends vraiment pas pourquoi Harvey ne te respecte pas. C'est trop tôt... C'est trop tôt pour ce genre de blagues. RACHEL MIKE Trop tôt. HARVEY Je peux avoir celle que je veux ? FORSTMAN Faites votre choix. Ça n'a pas d'importance, vous allez perdre. HARVEY C'est marrant. J'ai la sensation que je vais être doublement gagnant. Je vais pouvoir conduire une voiture de folie ET vous botter le train. FORSTMAN Arrogant... j'aime ça. Comment un type comme vous peut supporter de bosser pour Cameron Dennis, je ne comprends pas. HARVEY Comment ça ? FORSTMAN Il n'aime pas les arrogants. Par exemple, prenez ce type, là... Dupont ? Il est accusé de quoi ? Evasion fiscale ? HARVEY Délit d'initié. FORSTMAN Oui, peu importe. Après ce que vous avez fait l'autre jour, pourquoi n'est-ce pas vous qui le défendez ? HARVEY C'est l'affaire de Cameron. FORSTMAN Si j'étais lui, je vous l'aurais laissée. Harvey... vous êtes le joueur vedette. Et il ne vous laisse même pas entrer sur le terrain. Et en plus de ça, Il n'a même pas le cran de dire s'il va poursuivre Dupont ou non. HARVEY Ne vous en faites pas pour Cameron Dennis. Dupont aura le sort qu'il mérite. HARVEY FORSTMAN C'est exactement ce que je voulais entendre. HARVEY De quoi vous parlez ? FORSTMAN Vous êtes loyal envers celui qui vous fait travailler, j'aime ça. HARVEY Alors vous racontez des conneries exprès pour voir si je vais vous emboîter le pas ? FORSTMAN Et vous ne l'avez pas fait. Raison pour laquelle nous n'avons plus besoin de nous mesurer. HARVEY Ça veut dire que je suis pris ? FORSTMAN Je vous souhaite la bienvenue dans l'équipe. HARVEY Tout ça est excellent, Charles, mais... la course n'est pas finie. FORSTMAN Vous en faites pas pour ça. Nous devons seulement trouver un autre objet de pari. HARVEY Bonjour Sean, content de vous voir. CAHILL Me racontez pas de salades. Est-ce que vous avez abordé Eric Woodall hier matin dans un supermarché ? HARVEY Je suis tombé sur lui par hasard, les produits sont très bons, là-bas. CAHILL Je ne suis pas vraiment d'humeur. Avez-vous oui ou non approché le principal sujet d'une enquête de la SEC dans le but exprès de l'intimider. HARVEY Je l'ai approché dans le but exprès de me faire engager par lui en tant qu'avocat. CAHILL Pourquoi est-ce que vous feriez ça ? Vous êtes censé me venir en aide. HARVEY S'il accepte de reconnaître ce qu'il a fait, c'est susceptible de vous aider. CAHILL Au lieu de cela, il prétend que je vous ai envoyé l'intimider. HARVEY Alors j'imagine que c'est sa façon de craquer. CAHILL De quoi est-ce que vous parlez ? HARVEY Soit il gobait ce que je lui racontais, soit il essayait de couvrir ses traces. S'il cherche à couvrir ses traces, vous devez être présent. CAHILL Vous me suggérez de le suivre ? HARVEY Non, je vous demande expressément de le suivre. CAHILL Je regrette, je n'ai pas d'autorisation. HARVEY Cela ne vous a pas empêché de me suivre. CAHILL Ecoutez, ça suffit. Il a décidé de déposer une plainte pour harcèlement contre moi. Si je fais ce que vous demandez, tout tombera à l'eau. HARVEY Alors on ne le coincera pas, parce qu'on a rien du tout. CAHILL Alors voilà qui va vous motiver. Rappelez-vous : Woodall sait tout de la petite transgression entre Forstman et Louis Litt. Alors si jamais il venait à être disculpé, après qui croyez-vous qu'il se retournera en premier ? Au lieu d'aller faire vos courses dans le New Jersey, trouvez une preuve que je puisse utiliser. HARVEY HARVEY Vous prenez un verre seule ? Que se passe-t-il ? JESSICA Il se passe que les ouvriers viennent de finir d'effacer le nom de Jeff de cette porte. Alors, si vous me disiez ce que vous venez faire là ? HARVEY Cahill a du mal à trouver des preuves contre Forstman et Woodall. JESSICA Je suis au courant. HARVEY Vous devez aussi savoir que si Woodall conserve son poste, il s'en prendra ensuite à Louis. JESSICA Ça, j'aurais pu le deviner seule et vous aussi. Alors... HARVEY Il est possible que je puisse les aider à coincer Forstman sur un autre dossier. JESSICA Est-ce que ça a à voir avec le travail qu'il vous avait offert il y a douze ans ? HARVEY Oui. JESSICA Je vous avais dit qu'il vous causerait des problèmes. HARVEY Et je vous ai dit que je refusais d'abandonner Marcus, et que vous aviez tort à propos de lui. JESSICA Alors c'est donc de Marcus qu'il s'agit. HARVEY Oui, c'est exact. JESSICA Eh bien, si vous... comptez me demander de choisir entre votre frère et Louis, vous savez qui je choisirai. HARVEY Je n'ai pas l'intention de vous demander ça. JESSICA Que voulez-vous ? HARVEY Je veux que vous m'aidiez à penser correctement. JESSICA C'est le souci, justement. Jeff est parti. C'est une décision qu'il a prise en fonction des choix que j'ai faits. Je ne suis pas certaine de pouvoir vous aider à réfléchir correctement. Parce que pour l'instant, mes idées sont confuses. DONNA Je reviens tout de suite. Tiens. HARVEY Bonsoir. DONNA Vous n'êtes pas simplement venu me dire quand je commence ? HARVEY Je suis venu vous dire que je vous trouve vraiment très spéciale. Et que je serais vraiment ravi de vous avoir à mon cabinet. Mais je vais quitter le bureau du procureur. DONNA ça a à voir avec le verre que monsieur Forstman vous a payé l'autre soir ? HARVEY Je croyais que vous ignoriez qui c'était ? DONNA Eh bien, je me suis renseignée parce que je pensais que je travaillerais pour vous. Et à mon avis, il est véreux. HARVEY Parce qu'il a mauvaise réputation ? DONNA Oh, je me fiche totalement de sa réputation. Vous ne me connaissez pas encore, mais je connais les gens souvent mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes. Et, de la même façon que je sais que vous êtes un homme bien, je sais reconnaître une pomme pourrie quand j'en vois une. HARVEY Vous essayez de me retenir pour que je vous prenne à mon service. DONNA Ecoutez-moi... Aucune importance que je travaille ou non avec vous. Vous commettrez une grave erreur en acceptant ce poste. HARVEY Alors je viens de commettre une erreur, parce que j'ai déjà dit oui. Ravi de vous connaître. DONNA Alors vous la gardez près de vous, finalement ? LOUIS Je n'ai pas réussi à la jeter du toit après que vous m'avez fait pleurer. DONNA J'en suis ravie. LOUIS Je ne sais comment vous remercier de ce que vous avez fait. DONNA Il n'y a pas de quoi, voyons. Mais en réalité, j'avais plus besoin d'être utile que vous ne le croyez. LOUIS Oui, je comprends. DONNA LOUIS Vous aviez besoin d'un peu de distraction après ce que vous avez traversé. DONNA Oui... Oui. On peut dire ça. LOUIS En vérité... moi aussi, j'apprécierais un peu de distraction. DONNA Il vous reste encore une chose à faire. Vous devez penser à prendre une nouvelle secrétaire. LOUIS Je sais que je vous ai déjà demandé ça... Mais nous sommes plus proches que nous ne l'étions alors... et je v... DONNA Louis... je travaille pour Harvey, je ne peux pas être à votre service. LOUIS Mais on a ce... ce lien. Vous et moi, Shakespeare, le club de tir... nous avons toujours parlé le même langage, vous le savez. DONNA Louis... je regrette. LOUIS Je comprends. C'est mieux qu'on reste amis. DONNA Hé. Que diriez-vous que j'organise une cérémonie d'adieu pour Norma ? Ce serait ma dernière initiative en tant que secrétaire intérimaire. LOUIS Merci, Donna. MIKE Tu es sûre que c'est la bonne adresse ? RACHEL Oui, plus que sûre. ADMINISTRATOR Est-ce que je peux vous aider ? RACHEL Oui, y aurait-il une Maryanne MacGrath ici ? ADMINISTRATOR Oui, qui dois-je annoncer ? MIKE Nous sommes de Pearson Specter Litt. Nous aurions aimé lui parler d'une affaire en cours. ADMINISTRATOR Je crains que ce ne soit pas possible. MIKE Mais vous dites qu'elle est là, je ne comprends pas. ADMINISTRATOR Elle a un Alzeihmer de stade avancé. RACHEL Mais elle n'a que cinquante-cinq ans. ADMINISTRATOR Le sien est très précoce... et particulièrement agressif. Je suis désolée. MIKE Depuis quand a-t-elle été placée ici ? ADMINISTRATOR Je ne peux vous communiquer ce genre de choses. RACHEL S'il vous plaît. C'est très important. ADMINISTRATOR Elle est arrivée il y a à peu près un an et demi. RACHEL Et avant cela ? ADMINISTRATOR Je ne sais pas très bien. Mais je crois qu'elle ne recevait pas les meilleurs soins. RACHEL Merci à vous. RACHEL Ma mère... a cinquante-cinq ans. MIKE RACHEL Et si elle est ici uniquement grâce à Forstman qui paye les soins... MIKE Je sais. Harvey voulait qu'on trouve la personne dont Woodall était proche. On... ne peut rien faire d'autre. RACHEL Non. Ce qu'on est en train de faire c'est de la renvoyer dans un horrible centre médical. MIKE Non, ça on en sait rien du tout. RACHEL Si, on en est sûrs. MIKE Rachel ? C'est terrible. Cela ne me plaît pas plus que toi. Mais ça ne dépend pas de nous. RACHEL Je sais... Je trouve ça cruel... HARVEY Espèce de sale menteur ! FORSTMAN Ne soyez pas trop fâché. Conchita dit à tout le monde que je ne suis pas à la maison. HARVEY Vous savez de quoi je parle. Les Investissements Dupont se sont écroulés aujourd'hui et vous avez vendu vos titres à découvert en vous fiant à ce que je vous ai dit en privé. FORSTMAN Je n'ai pas souvenir que vous m'ayez dit quoi que ce soit. HARVEY Espèce de salopard. Vous empochez plus de cent millions de dollars sur ce coup-là. FORSTMAN Oui, c'est vrai. Bienvenu dans le vrai monde, mon vieux. HARVEY Dans mon monde, on ne sympathise pas avec de jeunes procureurs pour obtenir des informations internes. FORSTMAN Alors peut-être que vous n'êtes pas l'homme qu'il me faut, après tout. HARVEY Vous croyez que je veux encore travailler pour vous, après ça ? FORSTMAN Vous cherchiez compétition et argent. Vous avez eu la compétition. Et voici votre argent. HARVEY Alors n'hésitez pas à vous mettre ce million de dollars là où je pense : car je refuse ce travail, et je vous poursuis en justice. FORSTMAN Pensez à mettre votre nom sur l'acte d'accusation... puisque vous avez une participation aux bénéfices. HARVEY Je peux savoir de quoi vous parlez ? FORSTMAN Jetez un oeil à ce chèque. Il n'y a pas un million de dollars. Il y a là huit cent cinquante mille dollars. FORSTMAN Je parie que vous devinez où sont les cent cinquante mille restant. HARVEY Vous avez fait quoi ? FORSTMAN Vous le savez déjà. HARVEY Marcus n'avait rien à voir là-dedans. FORSTMAN Cela aurait été le cas si vous aviez accepté tout de suite, mais vous ne l'avez pas fait. HARVEY Dans ce cas, on va vous rembourser. FORSTMAN Vous voulez briser son petit coeur ? Il est persuadé que cet argent vient de vous. Et vous voulez retirer cet argent des mains d'un joueur compulsif et lui enlever son rêve ? Cela ne peut finir que d'une seule façon. Soit vous boudez dans votre coin, soit vous saisissez votre chance. Et vous prouvez à tout le monde que j'avais raison de voir en vous quelqu'un d'exceptionnel. HARVEY Un beau jour, les rôles finiront par être inversés, Charles. FORSTMAN Vous parlez comme la plupart des losers que j'ai pu rencontrer. On se verra à l'occasion, mon vieux. RACHEL C'est la première femme de Woodall. Elle s'appelle Maryanne, ils sont grandis ensemble. Ils se sont mariés quand ils avaient vingt-et-un ans, et tout s'est écroulé six mois plus tard. HARVEY L'argent servait à quoi ? RACHEL Elle a un Alzheimer. HARVEY Laissez-moi deviner, il l'a placée en institution et a payé des soins vingt-quatre sur vingt-quatre. RACHEL Notre problème, c'est que l'entreprise qui gère les paiements dit que... HARVEY Que tout est réglé en liquide. Il a probablement payé cinq ans d'avance. RACHEL Et Maryanne ne pourra rien nous dire parce qu'elle... ne parle pas. HARVEY Ce qui veut dire qu'on n'a aucune preuve. RACHEL Où vous allez ? HARVEY Je vais aller chercher des preuves. Vous êtes derrière ça ? RACHEL C'est un travail d'équipe. HARVEY Alors pourquoi êtes-vous venue seule ? RACHEL Vous savez pourquoi. HARVEY Parce que c'était votre idée. Très beau travail, Rachel. HARVEY Vous faites des courses, vous louez des vidéos... On dirait que vous commencez à tourner en rond. WOODALL ça va... Ma suspension va bientôt être levée. HARVEY Je ne compterais pas trop dessus. On a trouvé Maryanne. Il paraît que ça se passe bien, dans son nouveau centre. Vous savez, celui que paie Forstman. WOODALL Vous n'êtes qu'un sale enfoiré. HARVEY Je ne viens pas pour exploiter cette tragédie, Eric. Je viens vous dire que c'est fini. WOODALL Si c'était fini, vous seriez en compagnie de Sean Cahill, à l'heure qu'il est. Vous espérez encore que je conclue un accord. HARVEY J'espère que vous allez vous retourner contre Forstman. WOODALL Vous m'avez approché deux fois déjà, en à peine trois jours. Et vous me balancez le nom de Maryanne, comme... monnaie d'échange. Vous pensez vraiment que je vais vous aider ? Allez vous faire voir ! HARVEY HARVEY Eric... WOODALL HARVEY s'il vous plaît. Je savais qu'il fallait chercher une personne à qui vous teniez parce que Forstman a fait pareil avec moi. Il sait trouver le point faible... et maintenir la pression jusqu'à ce qu'on ait plus la volonté de lutter. Vous, c'est votre ex-femme qui a Alzheimer. Moi... c'est un jeune frère qui a des problèmes de jeu. WOODALL Je m'en cogne. Vous n'avez aucune preuve. Et vous n'allez pas en trouver dans les prochaines vingt-quatre heures. HARVEY C'est vrai. Je n'en ai pas. Mais je vais vous dire. Cahill... a peut-être une date butoir, mais moi non. Et je me fiche du temps qu'il faudra y passer. Parce que je trouverai cette preuve, si vous ne dénoncez pas Forstman. WOODALL LOUIS Beaucoup d'entre vous ne le savent pas... mais en réalité, je détestais Norma. Je détestais ses sabots, sa moustache, ses stupides chandails de saison. Et... ce que je détestais le plus... c'était quand elle racontait comment ce vieux Abe Vigoda lui avait demandé sa main en mille neuf cent soixante quinze. LOUIS C'est bon, on a saisi. Vous étiez sexy. Vous l'avez repoussé... et c'était votre plus grand regret. Et comme tous les autres trucs que vous racontiez, cela m'était insupportable, à l'époque. Mais maintenant que vous êtes partie, je comprends ce que vous vouliez dire. Ne laissons pas la vie nous filer entre les doigts. Ne laissons pas les gens qu'on aime nous côtoyer sans leur dire ce qu'on ressent pour eux. Parce que la vie file à toute vitesse et ensuite, tout est terminé. Et je ne laisserai pas passer une minute de plus, sans vous dire combien vous comptez pour moi. Je vous aime, Norma. JESSICA Merci, Louis. C'était une très jolie cérémonie. LOUIS DONNA C'était vraiment magnifique, Louis. LOUIS Je n'aurais rien pu faire sans vous. DONNA Non, c'est faux. LOUIS Si, c'est vrai. Je ne savais même pas ce que je ressentais, vous m'avez aidé à y voir clair. La vérité, Donna, c'est que vous me connaissez mieux que je ne me connais. Je vous l'ai déjà dit, Harvey... n'a aucune idée de la chance qu'il a de vous avoir. FORSTMAN Vous cherchez des traces de l'argent que j'ai soi-disant donné à Eric Woodall ? HARVEY Si vous m'épargniez cette peine et que vous admettiez les faits ? FORSTMAN Mais ça ne serait pas drôle si je vous disais tout. HARVEY D'accord. Continuez vos manigances. Mais cette fois vous allez perdre. FORSTMAN Pourquoi, parce que vous croyez avoir convaincu Woodall de me dénoncer ? Oui, il est venu me voir. Il a dit que vous vouliez le retourner contre moi. HARVEY En fait, ce que je lui ai dit c'est que vous êtes un fumier arrogant qui a passé sa vie à manipuler des gens. FORSTMAN Et vous, vous êtes un loser qui ne s'intéresse qu'à la compétition. Je n'y peux rien si vous n'arrivez pas à me battre. HARVEY Cette fois, je le peux. FORSTMAN Je ne crois pas, non. Parce que... s'il se retourne contre moi, je vous dénonce. HARVEY Si vous voulez parler d'il y a douze ans, laissez-moi vous rappeler qu'on avait passé un accord tous les deux. FORSTMAN Je m'en souviens. On avait même un accord tous les trois, vous, moi et votre frère. HARVEY Laissez mon frère en dehors de ça. FORSTMAN Hors de question. Et si vous ne laissez pas courir Woodall, quand j'en aurais fini avec ça, tout ce que les gens sauront de ce qui s'est passé il y a douze ans, c'est que vous m'avez rencardé et que vous vous êtes assuré ensuite que votre frère en profiterait. HARVEY Je ne vous ai donné aucun conseil. Vous m'avez piégé pour obtenir des informations internes et ensuite vous m'avez fait chanter en offrant à Marcus un chèque dont il ignorait la provenance. FORSTMAN C'est peut-être vrai, mais personne ne m'entendra jamais l'admettre. HARVEY J'ai bien peur que si, à l'instant. CAHILL Bonsoir, Charles. Sean Cahill, ravi de vous rencontrer. FORSTMAN Je peux savoir qui vous êtes ? CAHILL Je suis un type de la SEC qui n'est pas dans votre poche. HARVEY J'ai demandé à Sean de suivre Woodall. CAHILL Je ne pouvais pas, sans autorisation. Mais je n'ai pas eu de difficultés à en avoir une... pour vous suivre. HARVEY Ce qui m'a permis de savoir à quel moment allumer ce truc. FORSTMAN Vous portiez un putain de micro ? HARVEY Pour quelqu'un dont le film préféré est "Wall Street"... ça doit être plutôt embarrassant. FORSTMAN Espèce d'enfoiré. HARVEY Vous avez peut-être eu le dessus sur moi il y a douze ans, mais cette fois... ce n'est plus le cas. Alors rappelez-vous bien ce qu'on ressent. Moi je ne l'oublierai pas. FORSTMAN Harvey, on n'en a pas fini. HARVEY Vous parlez comme la plupart des losers que j'ai pu rencontrer. On se verra à l'occasion, mon vieux. CAHILL Deux pour deux. HARVEY Il n'a pas touché mes balles. DONNA Noir, deux sucres et un soupçon de vanille. HARVEY Comment savez-vous comment j'aime mon café ? DONNA De la même façon que je sais que vous avez refusé ce poste. HARVEY Vous savez que je l'ai refusé parce que je suis venu travailler aujourd'hui. DONNA Non, monsieur Specter, j'ai su que vous le refuseriez à la minute où vous vous êtes éloigné de moi l'autre soir. Je vous ai dit que je connaissais les gens mieux qu'il ne se connaissent. HARVEY Eh bien... qu'avez-vous fait de Tina ? DONNA Oh, j'ai demandé à Bertha de la réaffecter. HARVEY A qui ? DONNA ça vous intéresse vraiment ? HARVEY Non, pas du tout. DONNA Bien. Voici le deal. Je prendrais une balle... pour vous. Et je ne parle pas de façon littérale. Mais en retour, ce que je vous demande, c'est que vous me donniez ce dont j'ai besoin. C'est une relation à double sens. HARVEY Vous feriez aussi de vraies tâches de secrétariat ? DONNA Regardez plutôt ce que je vous ai préparé comme agenda, p'tit génie. HARVEY ça alors... Quand avez-vous fait ça ? DONNA Je vous l'ai dit, je ne suis pas comme les autres. Je suis Donna. HARVEY Alors, au travail. Mais pour info, je ne mets pas de vanille dans mon café. DONNA Vous le ferez, quand vous y aurez goûté. HARVEY Oh, j'y crois pas, c'est délicieux ! DONNA Quand est-ce qu'ils apprendront ? MIKE RACHEL Pile au bon moment. MIKE Qu'est-ce qu'on fête, exactement ? RACHEL Notre victoire. MIKE Notre victoire ? ça fait plaisir à entendre. RACHEL Oui. Où étais-tu ? MIKE J'y viendrai dans une minute. Mais d'abord je veux te parler. RACHEL Qu'est-ce qu'il y a ? MIKE Rachel... tu te souviens, je t'ai dit que je t'ai aimée à l'instant même où je t'ai vue. RACHEL Oui, c'est ma jupe crayon qui t'intéressait. MIKE J'ai aimé ton visage. RACHEL MIKE Tu es la femme la plus incroyable que je connaisse. Et tu... tu n'es pas seulement belle... mais tu es douce, et... attentionnée et gentille et ... brillante et tenace... RACHEL Mike... Mike... MIKE et tu... RACHEL Est-ce que tu es en train de faire ce que je crois que... tu fais ? MIKE J'ai appelé ton père aujourd'hui. Et j'ai fait reprendre l'alliance de Grand-mère. RACHEL Oh mon Dieu... MIKE Je ne veux pas passer les quarante prochaines années à me demander pourquoi je n'ai pas fait ça plus tôt. Rachel Elizabeth Zane, je t'aime et je t'aimerai toujours. RACHEL MIKE Tu es toute ma vie. Est-ce que tu veux m'épouser ? RACHEL Oui. Oui. MIKE RACHEL MIKE RACHEL MIKE Tiens. RACHEL Oh, Mike, elle est... Elle est m... magnifique. MIKE Elle l'a portée tous les jours pendant près de soixante ans. RACHEL J'en ferai autant. MIKE RACHEL MIKE MARCUS Quoi de neuf, crétin ? HARVEY Quoi de neuf, loser ? MARCUS Salut, ça fait plaisir de t'entendre. HARVEY MARCUS Qu'est-ce qui se passe, tout va bien ? HARVEY Oui, tout va bien. ça fait longtemps qu'on s'est pas parlé. Je voulais savoir si ça allait. MARCUS Impec. Katie va bien, les enfants vont bien... ça roule. HARVEY Génial. C'est exactement ce que je voulais entendre. MARCUS T'es sûr que ça va, frangin ? HARVEY Certain. Je te l'ai dit, je... je ne t'avais pas parlé depuis longtemps et... tu me manques. MARCUS Toi aussi, tu me manques. Si t'as rien d'autre à me dire, je vais devoir y aller. Les enfants sont dans le bain. HARVEY Y a rien d'autre. MARCUS Je t'aime, frangin. HARVEY Je t'aime aussi. HARVEY Salut. DONNA Salut. HARVEY Ecoutez, j'ai bien réfléchi à ce que vous avez dit, sur le fait que j'ai pitié de vous. Ce n'est pas ça du tout. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Je crois que vous êtes la femme la plus époustouflante que j'ai jamais rencontrée. Et ce n'est pas parce que je ne... DONNA Je vous quitte, Harvey. HARVEY Quoi ? DONNA Cette situation ne me convient plus. HARVEY Donna, je sais ce que vous ressentez. Mais vous venez de traverser d'énormes épreuves, en passant au tribunal... vous avez besoin de temps. Vous ne pouvez pas démissionner. DONNA Je ne démissionne pas. Je vais travailler pour Louis. HARVEY Donna... S'il vous plaît... DONNA Je vous aime, Harvey. HARVEY