BILL_NYE CAPITAINE NARRATEUR SOLDAT SOLDAT_RUSSE BILL NYE Bonjour, je suis Bill Nye. Si vous avez regard� tous les �pisodes, vous conviendrez que nous avons surv�cu ensemble � de folles catastrophes�: des d�bris enflamm�s provenant de lespace, des nu�es ardentes destructrices, des ondes de choc solaires� La fois o� jai port� un n�ud papillon dans une baignoire. Mais la prochaine catastrophe est la plus effrayante de toutes. Elle va se produire dans ce quon appelle la ceinture de feu du Pacifique. �a ne vous dit rien�? Cest normal. Pourtant, les habitants de la ceinture de feu du Pacifique courent quotidiennement un grave danger. M�me ici. Bienvenue dans la ville pittoresque dHomer, en Alaska. Aujourdhui, elle fait partie� des zones les plus dangereuses du monde. La ceinture de feu du Pacifique se r�veille�! Cest le d�but de la fin�! Accrochez-vous�! Bonjour et bienvenue � lInstitut des fins du monde, o� nous passons en revue les plus grands cataclysmes pass�s, pr�sents, ou pouvant se produire � tout moment. Nous sommes ici pour assister � une nouvelle fin du monde, et pour vous montrer comment la science peut nous aider � surmonter les pires sc�narios. Nous r�pondrons �galement � la question ��Pourquoi la Terre est-elle si dangereuse�?�� Na-t-on pas parfois limpression que notre plan�te agit contre nous�? Surtout dans cette �mission. Nous nous appr�tons � vivre la catastrophe la plus terrifiante de toutes. � la fin de cette exp�rience, vous noublierez jamais son nom�: la ceinture de feu du Pacifique. La ceinture de feu du Pacifique est une r�gion de fractures et de lignes de faille longue de quarante mille kilom�tres et large de quatre-cent-quatre-vingts kilom�tres. Neuf s�ismes sur dix et presque tous les volcans du monde se situent le long de ce p�rim�tre �troit. La ceinture de feu s�tend sur les bords du pourtour du Pacifique, touchant quinze pays. Si vous faites partie des deux milliards de personnes habitant sur la c�te Pacifique du Chili, sur la c�te Pacifique du Mexique, ou sur les c�tes russes, japonaises, indon�siennes, canadiennes, n�o-z�landaises, ou �tats-uniennes, alors le danger est permanent. Cela inclut Seattle, dans l�tat de Washington, et m�me des r�gions connues pour leurs chaleurs extr�mes ou leurs volcans, comme lAlaska. BILL NYE La ceinture de feu est en quelque sorte la m�re de toutes les catastrophes naturelles. Cest plut�t vrai, car cest l� que la plupart des catastrophes terrestres ont vu le jour, comme celle-ci. Le mars . Ce nest pas un film catastrophe ou une catastrophe invent�e. Cest le film dune catastrophe. Ce que je mappr�te � vous montrer est vrai et sest r�ellement produit. NARRATEUR � Valdez, les cargos sont de retour. Cest toujours un jour m�morable pour la petite ville. Les hommes gagnent leur premi�re paie du printemps en travaillant dans les cales et sur les quais. Pour les enfants, cest un peu No�l avant lheure. Ils sattroupent sur les quais en voyant le cargo arriver pour r�cup�rer les fruits et les bonbons que leur lancent les matelots. Deux membres de l�quipage, Fred Newmayer et Ernest Nelson, brandissent leurs cam�ras huit millim�tres pour tenter de capturer les sourires des enfants et leurs chiens, plus bas sur le quai. Puis, � h, � une dizaine de kilom�tres de profondeur, la Terre se met � trembler. Soudain, le port de Valdez commence � se vider presque enti�rement. Une grotte souterraine souvre juste � c�t� du navire. Bient�t, on ne distingue plus que les t�tes de m�t. Le quai vole en �clats et coule avec lui, alors que les membre de l�quipage tentent d�sesp�r�ment datteindre les personnes qui sy trouvent. Dans le golfe dAlaska, le plancher oc�anique saffaisse puis se soul�ve de quinze m�tres, et une vague d�ferle sur le rivage. Fred Newmayer saisit l�pontille dans un espoir de survie, tout en continuant de filmer. Tous les badauds pr�sents sur le quai de Valdez p�riront�: les dockers, les enfants, et leurs chiens. BILL NYE D�sol�, on passe normalement un dessin anim� avant la pr�sentation, mais notre projectionniste habituel a d�missionn�. Lorsque ce m�gas�isme de magnitude , a �branl� les c�tes de lAlaska, neuf-cent-soixante-cinq kilom�tres de lignes de faille se sont ouvertes, rel�chant cinq si�cle de pression accumul�e. Ce jour-l�, lunique survivant fut Fred Newmayer et son stup�fiant film amateur. Son bateau est parvenu � rester � flot. Tout le reste a �t� balay� en lespace de cinq minutes. Cest le pouvoir destructeur de la ceinture de feu. BILL NYE Et aujourdhui, nous allons essayer de comprendre comment la ceinture de feu se d�cha�ne. Nous nous appr�tons � monter � bord de notre simulateur de d�sastres. Je souhaite vous faire vivre cette exp�rience en direct � travers diff�rents points de vue�: celui dune jeune capitaine de bateau cherchant refuge au milieu dune temp�te deau et de feu, celui dune scientifique suivant la fin du monde tout en y faisant face elle-m�me, et celui dun monde immobilis� par une crise sismique. Durant les cinquante ann�es qui ont suivi ce jour, les c�tes de lAlaska ont �t� relativement calmes, mais la ceinture de feu na que faire de lattention que nous lui portons. Contrairement aux influenceurs. La ceinture de feu est plus puissante que nous, et aujourdhui, elle sappr�te � se r�veiller de nouveau. Notre histoire commence ici, dans un futur relativement proche, sur un bateau de p�che au large des c�tes du sud de lAlaska. Ce bateau navigue depuis trois jours. Cest la premi�re exp�dition en solitaire de cette jeune capitaine depuis quelle a pris la succession de son p�re � pr�sent retrait�. CAPITAINE Port dHomer, port dHomer, port dHomer pour Midnight Sun, vous me recevez�? BILL NYE Son �quipage et elle ont fait une grosse prise. Ils sont d�sormais sur le chemin du retour pour retrouver leurs lits chauds, la terre ferme et leurs �tres chers. CAPITAINE Garde-c�te, garde-c�te, garde-c�te pour Midnight Sun, vous me recevez�? BILL NYE Mais la skippeuse doit attendre la confirmation de lautorit� portuaire pour mettre son bateau � quai, et cette derni�re est injoignable. Une heure plus tard, elle approche du rivage et essaie de retrouver tous ses rep�res � lhorizon. O� sont pass�s le phare, le quai, les autres bateaux�? P�CHEUR Ce filou a presque cass� ma ligne et mon bras. Je dois reconna�tre quil sest bien battu. Cest ton jour de chance, mon petit. Je vais te faire sauter avec du citron et des c�pres. Cest quoi, �a�? BILL NYE Les scientifiques de lInstitut de g�ophysique de Fairbanks, en Alaska, sont secou�s� litt�ralement. Ils se sont fait r�veiller en sursaut � h du matin par un violent s�isme au large de la c�te sud. Les estimations provisoires font �tat dune magnitude de ,. En langage g�ologique, �a signifie ��bon sang�!��. Ces points repr�sentent les sismom�tres, les bou�es m�t�orologiques et dautres capteurs connect�s � un �norme r�seau de t�l�communications. Cela permet aux personnes vivant dans la ceinture de feu de partager des informations critiques sur les s�ismes, les volcans, les tsunamis, et dautres catastrophes, en temps r�el. Et ces scientifiques sactivent � identifier la faille � lorigine de ce tremblement de terre. �tait-il l�v�nement principal, ou �tait-ce ce quon appelle une secousse pr�monitoire, un pr�curseur ou quelque chose de bien plus gros et de plus meurtrier�? Il a d�j� tu� beaucoup de monde. Les vues satellites montrent que le village c�tier dHomer, en Alaska, a �t� d�truit en quelques minutes. Il ne reste plus rien. Un village entier englouti en seulement quelques instants�? Vraiment�? Oui, vraiment. Vous voyez, Homer, tout comme Valdez avant lui, a �t� construit sur des couches de sable et de gravier satur�s deau, qui semblent aussi solides que du b�ton jusqu� ce quun s�isme ne les secoue violemment. Ce terrain solide devient soudainement un liquide �pais�: on parle alors de liqu�faction. Cela cr�e un glissement de terrain sous-marin qui provoque une vague g�ante. Tout ce qui ne sest pas effondr� se fait emporter. Attendez. Une nouvelle alerte sismique. Et une autre. Un �v�nement sans pr�c�dent est en train de se produire. Le r�seau sismologique mondial r�agit � des perturbations majeures tout le long de la ceinture de feu. Un, deux, trois, quatre, cinq tremblements� Attendez. Six tremblements de terre majeurs se sont produits au cours des derni�res heures. BILL NYE Tokyo, au Japon. Christchurch, en Nouvelle-Z�lande. Lima, au P�rou. Seattle, aux �tats-Unis. Le long des c�tes californiennes. Les tremblements de terre sont fr�quents sur Terre, do� leur nom, mais �a� �a, cest du jamais vu dans lhistoire. Certains pensent quil sagit dune r�action en cha�ne. Pour dautres, cest impossible. Quoi quil en soit, cest en train de se produire. Six s�ismes majeurs en une journ�e, et ce nest pas quelque chose auquel on a envie dassister. C�tait un autre s�isme au large des c�tes de lAlaska. Elle craint que ce s�isme ne provoque l�ruption dun volcan sous-marin non loin. Un �v�nement semblable sest produit pendant la r�cente �ruption du Hunga Tonga sous le plancher oc�anique du Pacifique sud. Une explosion d�vastatrice qui a atteint la stratosph�re et scind� l�le en deux parties distinctes. Notre g�ophysicienne craint que quelque chose dencore plus gros ne se produise au large des c�tes de lAlaska. Voici l�le Adak, trois-cent-vingt-six habitants. Elle est en mauvaise posture. Dautres �les alentour se font �vacuer par la garde c�ti�re, mais il ny a pas assez de bateaux pour secourir tout le monde. Les habitants dAdak sont coinc�s et impuissants. Si ce volcan sous-marin entre en �ruption, les tsunamis et la liqu�faction pourraient faire couler l�le Adak en quelques minutes. La garde c�ti�re lance un appel durgence. Tous les navires disponibles doivent se rendre imm�diatement sur l�le Adak pour proc�der � son �vacuation. Bien quelle ait perdu tout ce quelle aime, sa maison, ses amis, son p�re, elle canalise sa peine pour aider les autres, d�termin�e � sauver les habitants de l�le Adak dun destin similaire. M�me si, en temps normal, il ne se pr�occupe que des conditions climatiques, aujourdhui, lInstitut de g�ophysique tient �galement les bateaux inform�s des conditions sismiques. BILL NYE Des tsunamis frappent actuellement toute la c�te Pacifique. La plupart vont se dissiper, mais certains vont avoir de graves cons�quences. Ce nest pas un tremblement de terre. Cest d�lib�r�. Une cyberattaque directe sur le r�seau sismologique mondial. Des �l�ments essentiels du syst�me commencent � s�teindre � travers de nombreux pays partout dans le monde, mais personne ne sait qui est responsable de cette cyberattaque ni pourquoi elle a lieu. Vous vous appr�tez � assister � notre premier coup de vache international. Le coup de vache est le symbole de la n�gligence humaine pouvant provoquer une catastrophe ou laggraver. Lexpression sinspire dune vache nomm�e Daisy, qui, selon la l�gende, aurait renvers� une lanterne et d�clench� le Grand incendie de Chicago. Les nations du monde entier �tant d�j� d�pass�es, la situation d�g�n�re rapidement. Larm�e am�ricaine suspecte les hackers russes d�tre � lorigine de lattaque. SOLDAT AM�RICAIN Que faites-vous�? Sans les donn�es, on est fichus. BILL NYE Et les Russes suspectent tous les autres. SOLDAT RUSSE Vous nous accusez de tout. Quest-ce qui nous dit que ce nest pas vous�? BILL NYE Voulant � tout prix prot�ger leurs propres donn�es, les �tats-Unis et la Russie d�connectent leurs capteurs du r�seau. La Chine ne prend aucun risque et retire �galement ses donn�es. Dautres pays suivent bient�t le mouvement, dans une r�action de suspicion en cha�ne. Les scientifiques avancent maintenant � t�tons. Ils ne parviennent plus � suivre les �picentres des tremblements de terre, les �ruptions volcaniques imminentes ni les tsunamis qui arrivent. Ils ne parviennent plus � identifier qui est en danger, tout cela � cause du nationalisme et de la politique. Mais le temps presse et ce nest plus lheure de faire de la politique sur la ceinture de feu. Ce quil faut, cest� une ceinture de cessez-le-feu. Pr�parez-vous pour la pire journ�e sur Terre�! BILL NYE Ce dernier tremblement de terre en Alaska a �t� tr�s violent, , sur l�chelle de Richter. La ville de Fairbanks a �t� s�v�rement touch�e. Personne ne sait quand la prochaine r�plique frappera. Les tremblements de terre sont inarr�tables, et ils deviennent de moins en moins bien pr�visibles. Avant, nous pouvions �valuer la probabilit� des r�pliques, des glissements de terrain, des tsunamis, et dautres cons�quences, mais plus maintenant, pas si ces nations ne communiquent plus. Personne sur la ceinture de feu ou nulle part ailleurs ne connait la suite des �v�nements. Pas m�me les Japonais. Les habitants du Japon r�sident depuis longtemps sur la ceinture de feu. Leur pays est la zone sismique la plus active au monde, et ils se consid�rent parfaitement pr�par�s, mais on nest jamais pr�par� pour ce quils appellent Daidjishin [da�-dji-chine], ��le g�ant��. Bien que le Japon enregistre le plus grand nombre de s�ismes, les g�ophysiciens vous diront que cest lIndon�sie qui est la plus durement touch�e par la ceinture de feu. Elle a �t� frapp�e par toutes les catastrophes�: s�ismes, ouragans, volcans, moussons, inondations, glissements de terrain, et, �videmment, tsunamis. Parfois, lhistoire se r�p�te de la pire des fa�ons. Sans syst�me dalerte de tsunami, les habitants de Bali et dautres r�gions dIndon�sie ignorent totalement quun s�isme sous-marin sest produit au large des c�tes. Une fois encore, des centaines de milliers de personnes seront tragiquement prises au d�pourvu. Pendant ce temps, de lautre c�t� du Pacifique� notre jeune capitaine sempresse de rejoindre l�le Adak pour aider � l�vacuation durgence. Il sav�re que notre g�ophysicienne avait raison de craindre que le tremblement de terre en Alaska nouvre une chambre magmatique juste en dessous du plancher oc�anique et ne d�clenche une �ruption. Un �norme s�isme le long dune ligne de faille jusqualors inconnue est survenu � moins dun kilom�tre de la centrale nucl�aire de Diablo Canyon. Bien que les op�rateurs de la centrale aient pris toutes les pr�cautions, ils ne pouvaient pas pr�voir que les �v�nements sur la ceinture de feu amplifieraient les tensions g�ologiques � ce point. Les dommages structurels sur les r�acteurs sont importants. Les �missions de rayonnements atteignent des niveaux dangereux. Plus de deux-cent-cinquante-mille habitants du comt� de San Luis Obispo sont en danger. Une fusion totale du R�acteur est en cours. Le comt� entier et ses nombreux kilom�tres de littoral magnifique vont devenir inhabitables pendant des si�cles. Les �tats-Unis vont avoir leur propre Tchernobyl. BILL NYE Ah. Rien de tel quune bonne tasse de caf� serr� de Seattle pour se concentrer. �a doit �tre leau, lair, lambiance. Jai v�cu � Seattle pendant vingt-six ans. Jai travaill� en tant quing�nieur m�canique, mont� un petit spectacle et pr�sent� ma premi�re �mission t�l�, et tout �a ici, dans la cit� �meraude. Ce qui rend les �v�nements � venir dautant plus tragiques pour moi. La ville de Seattle a �t� construite sur du limon, du sable, et de largile satur�s deau et polis par les anciens glaciers. Le s�isme qui vient de frapper Seattle a suffi � tout secouer sous terre. Il doit �tre � six� Au moins�! � pr�sent, le sol sous nos pieds est� bon sang�! Liqu�faction�! � laide�! Oh�! Alors que notre simulation de catastrophe touche � sa fin, je pleure la perte de ma bien-aim�e Seattle en me demandant ��Pourquoi ne pas avoir choisi Portland�?��. Des �v�nements sismiques majeurs vont secouer la ceinture de feu pendant encore quelques semaines. � pr�sent, les dirigeants mondiaux reconnaissent quun hacker isol� est � lorigine de la cyberattaque et tentent de r�tablir la communication. Mais il est trop tard. Toute cette destruction vous pousse s�rement � vous demander ��Pourquoi la Terre est-elle si dangereuse�?�� [� lhomme] Eh, que faites-vous ici�? Vous faites partie de la simulation�! Ah�! Ooooh�! Non�! Non�! Aaah�! Alors que notre simulation de catastrophe touche � sa fin, la ceinture de feu a laiss� son empreinte sur Terre, et lInstitut des fins du monde est en ruines. � des fins de simulation, �videmment. Quelquun avec un sacr� sens de lhumour. Vraiment�? Me faire mourir deux fois�?... Ah� Ah. Bien, allons au labo pour essayer de r�pondre � la question ��Pourquoi Dame Nature tente-t-elle toujours de nous tuer�?��. Notre plan�te est dangereuse, les amis. Elle peut nous br�ler, nous avaler, nous �craser, et nous noyer, parfois tout �a en m�me temps. Mais pour autant quon sache, la Terre est le seul endroit de lespace o� il y a des �tres vivants. Co�ncidence�? Pas du tout. Cest justement gr�ce � la g�ologie que la biodiversit� pr�sente sur la plan�te existe. De nombreux scientifiques supposent que la vie trouve son origine dans les monts hydrothermaux nourris par les chaleurs extr�mes du noyau terrestre. Comme ces autocollants qui disent ��Peace and� lave�?��. BILL NYE Anecdote amusante�: lorsque j�tais en cinqui�me, ma professeure, Mme Paul, nous avait parl� dAlfred Wegener [v�jn�r] et de la d�rive des continents. Wegener �mit lhypoth�se quauparavant, lAfrique et lAm�rique du sud constituaient un seul et m�me continent, car elles semblaient sassembler comme les pi�ces dun puzzle. Au d�but, la th�orie selon laquelle les continents puissent se d�placer paraissait cocasse. Mais cinq ans apr�s mon d�part du coll�ge, cette folle id�e devint un fait scientifiquement �tabli. Mme Paul avait donc raison�! Je vous avais dit que c�tait amusant. � la fin des ann�es soixante, les g�ologues pr�sents sur les navires oc�anographiques ont d�couvert que le plancher oc�anique se d�chirait lentement au niveau de ce quon appelle aujourdhui la dorsale m�dio-atlantique, provoquant un �loignement de lAm�rique du nord par rapport � lEurope denviron deux centim�tres par an, presque aussi vite que les ongles ne poussent. Cela semble peu, mais dure depuis plusieurs millions dann�es. Imaginez les ongles pousser pendant plusieurs millions dann�es. Non� Oublions �a. Nous savons aujourdhui que la cro�te terrestre nest pas quune grande surface rocheuse. Elle se compose dune dizaine d�l�ments majeurs et dautres plus petits, et tous ces fragments sont appel�s plaques et se d�placent dans des directions l�g�rement diff�rentes. Ce syst�me de plaques mobiles porte le nom de plaques tectoniques, terme signifiant ��construction�� en grec. Lorsque les plaques se percutent ou se brisent, attention�! Le Pand�monium g�ologique se d�cha�ne, m�lant roches et lave. � mesure que loc�an Atlantique s�tend dun c�t�, de lautre, les plaques se rapprochent entre elles dans tous les sens et se percutent avec une �nergie ph�nom�nale, cr�ant ainsi� la ceinture de feu. Notre plan�te fonctionne par cycles. La chaleur � lint�rieur de la Terre entra�ne des cycles de roches fondues, ce qui explique pourquoi le monde est si dangereux. Cest aussi la raison pour laquelle nous vivons. Laissez-moi vous lexpliquer tout en faisant un peu de cardio. Je vais faire appara�tre les cycles de la Terre. Les rouages internes de la Terre fonctionnent gr�ce aux forces g�ologiques et biologiques qui travaillent toutes simultan�ment et entretiennent la vie autant quelles la d�truisent. Voici le cycle de leau. BILL NYE Tout le monde sait que leau est n�cessaire � la vie. Rien sur Terre ne pourrait survivre sans, encore moins vous et moi. Les oc�ans deviennent nuages. Les nuages deviennent pluie. La pluie devient rivi�res et lacs. Mais les ouragans, les tornades, les orages, les inondations appartiennent �galement au cycle de leau. Une partie de cette eau s�coule dans la Terre, o� elle est filtr�e � travers les roches et les min�raux et produit les mol�cules n�cessaires � la vie. Cest le cycle du carbone. La vie est faite de mol�cules de carbone. Le dioxyde de carbone pr�sent dans latmosph�re nourrit les plantes. Les animaux mangent les plantes, y compris nous, qui mangeons aussi dautres animaux. Lorsque les plantes et les animaux meurent, ils restituent ce carbone � la Terre et � lair. Cest le cycle de la vie, les amis, mais le cycle du carbone est sur la corde raide. Un trop-plein de dioxyde de carbone conduit � un r�chauffement d�mesur� de la plan�te. On cuit comme sur V�nus. Un manque de dioxyde de carbone conduit au refroidissement de la plan�te, et on g�le comme sur Mars. Un exc�s de carbone dans latmosph�re conduit au r�chauffement climatique, la plus grosse catastrophe � laquelle nous sommes confront�s. Notre plan�te est constitu�e dautres cycles. La Terre poss�de un cycle doxyg�ne, un cycle dazote, un cycle de phosphore, et, �videmment, un cycle deau. Tous ces cycles ont lieu en m�me temps. Rien ne reste tr�s longtemps en place sur notre plan�te agit�e. Ils sont en grande partie influenc�s par les forces g�ologiques � lint�rieur de la Terre. Lorsque ces forces sont lib�r�es, elles provoquent des �ruptions et des tremblements de terre. Cest la raison pour laquelle la ceinture de feu existe, et pour laquelle la Terre nourrici�re, � travers ses magnifiques �volutions, est aussi belle que mortelle, la femme fatale de notre syst�me solaire. Oui, elle est dangereuse, mais cest ce qui rend la chose vivante, cest ce qui rend la chose amusante. Bon, daccord, de qui je me moque�? Vous avez regard� cette �mission. Ce nest pas toujours amusant. Mais si vous �tes comme moi, ce qui est mon cas, cela ne vous d�rangerait s�rement pas de vivre sans ces catastrophes li�es � la ceinture de feu. Eh, vous voulez quon cherche lendroit le plus s�r de la Terre, g�ologiquement parlant�? Une zone �loign�e de toute liqu�faction ou tsunamis dorigine tectonique�? BILL NYE Allons voir du c�t� du Qatar, ce pays d�sertique. Le Qatar nest pas sujet aux s�ismes car cest un pays plat. Il ny a pas de montagnes ni forces tectoniques, pas dinondations, de glissements de terrain, douragans, juste des �t�s tr�s chauds et ensoleill�s et des hivers un peu moins chauds. Vous souhaitez peut-�tre �viter les s�ismes � tout prix. Dans ce cas, je vous conseille de vous rendre vers le paisible et calme Antarctique, le continent le plus r�gulier et stable de la Terre. En plus, vous naurez plus jamais besoin dacheter des sandales. Pour une s�curit� optimale, sans plaques tectoniques, sans s�ismes, sans volcans, sans tsunamis pour lamour du ciel, vous pourriez quitter ce monde � jamais et aller sur la Lune. De nombreux pays et s�rement quelques milliardaires sont actuellement en train de r�fl�chir � y �tablir leurs bases et un ou deux centres de traitement. � force de travail, vous pourriez m�me apporter � la Lune de leau et une atmosph�re. Cest une id�e connue sous le nom de ��terraformation��. Sur la Lune, il nous faudrait donner vie � un lieu d�pourvu de vie et lalimenter constamment. La Terre subvient � ses propres besoins. Notre plan�te est vivante, et cest gr�ce � elle que nous le sommes aussi, mais navons-nous pas moyen dapprendre � cohabiter avec elle�? Notre plan�te est dangereuse. Est-il possible de la rendre plus s�curitaire�? Oh, merci davoir pos� la question. La Terre est un endroit dangereux. Cest pour cela que nous avons construit cet Institut. Mais toutes les catastrophes ne se valent pas. Vivre sur la ceinture de feu, ce nest pas comme d�truire une com�te tomb�e du ciel ou prot�ger notre r�seau �lectrique dune �ruption solaire. Son �tendue est bien trop vaste. Comme je le dis toujours, � gros probl�mes grosses solutions. Et la ceinture de feu est grosse, si grosse quil lui faudra aussi de petites solutions. Nous devons consid�rer la ceinture de feu dans son ensemble, et localement, dans nos propres communaut�s. Commen�ons � la maison. Un nouveau tremblement de terre�? Oui, mais cette fois-ci, cest un s�isme au nom de la science. Derri�re moi se trouve le plus grand simulateur de s�ismes de plein air, situ� ici, � lUniversit� de Californie de San Diego. Il est assez grand pour faire vaciller un immeuble de dix �tages. Le but est den apprendre davantage sur les failles des �difices� et de d�velopper des technologies plus puissantes pour pr�server les b�timents lorsque le sol se met � trembler. BILL NYE Cet �quipement ainsi que des �quipements similaires aideront les ing�nieurs � construire des syst�mes et des structures sup�rieurs. Il y a un vieil adage, ou un vieil adage connu des sismologues en tout cas, selon lequel ce ne sont pas les tremblements de terre qui tuent les hommes, mais les b�timents. Donc rendons nos b�timents plus s�curitaires�! Ouah�! Les tueurs les plus impitoyables sont souvent les briques ordinaires ou les structures en mortier, celles que lon trouve dans la plupart des vieux quartiers. �vitons ce type de structures dans les zones � fort risque sismique. Mettons nos connaissances � profit pour cr�er des constructions parasismiques� Ou du moins antisismiques� qui soient solides l� o� elles doivent l�tre et souples l� o� elles doivent l�tre. Je persiste � dire aux gens de ne pas construire sur du sable ou de la boue, mais m�coutent-ils pour autant�? Non�! Ils veulent habiter en bord de mer ou sur des collines pittoresques. Soit, mais ces endroits seraient bien plus s�curitaires si les b�timents avaient des fondations profondes raccord�es au soubassement. Les �difices eux-m�mes peuvent �galement amortir et r�sister aux ondes sismiques des tremblements de terre. Un parfait exemple, celui de la tour , � Taiwan. Elle dispose dune �norme boule dacier suspendue � lint�rieur du �me �tage pour contrer et amortir le mouvement de balancement lors dun s�isme. La plupart des plus hauts gratte-ciel du monde utilisent le m�me syst�me de contrepoids. Et nous devons r�fl�chir au-del� des s�ismes. Lune des menaces les plus s�rieuses provenant des plaques tectoniques sont les tsunamis. Bien quils soient in�vitables, nous pourrions r�duire consid�rablement leur impact gr�ce � des brise-lames et des structures fortifi�es si nous savions � lavance o� ils �taient le plus susceptible de sabattre. Cest pourquoi les simulateurs de tsunamis comme celui de Londres sont si importants. Ici, les ing�nieurs exp�rimentent des simulations de tsunamis dans des conditions extr�mes. Leurs recherches nous permettront de pr�dire avec plus de pr�cision le lieu et la mani�re dont les tsunamis d�ferleront afin de mieux nous prot�ger deux. Le pouvoir destructeur des tsunamis les rend impossibles � �tudier lorsquils se produisent�; le fait de les recr�er dans un labo permet donc aux scientifiques dobserver la fa�on dont les vagues se forment et roulent � travers loc�an et ce qui arrive lorsquelles atteignent le rivage. BILL NYE Ils utilisent des mod�les de maisons et des b�timents pour montrer comment les diff�rents mat�riaux r�agissent � limpact, ce qui leur permet de construire des structures plus solides et de concevoir des sismographes, mar�graphes, capteurs de pression et dautres technologies de d�tection des tsunamis et denvoi rapide dalertes destin�es aux personnes habitant dans les zones � risque imm�diat. Ces avanc�es ainsi que des b�timents plus robustes repr�sentent de grandes actions locales qui rendront la vie quotidienne plus s�curitaire sur la ceinture de feu. Mais ce sont les agissements � l�chelle mondiale qui sauveront le plus de vies. La mesure de s�curit� la plus puissante � notre disposition est linformation. Cest pourquoi nous devons tous communiquer les uns avec les autres sans laisser la politique et la parano�a interf�rer avec la libre circulation des donn�es scientifiques. Les informations doivent �galement �tre s�curis�es. Nous devons renforcer nos infrastructures contre les cyberattaques, et il nous faut des syst�mes dalertes pr�coces plus performants, un autre investissement peu co�teux mais tr�s rentable. Une alerte donn�e cinq minutes plus t�t peut faire une grande diff�rence lors dun tsunami. Et cest mon exp�rience personnelle qui parle, m�me dix secondes peuvent nous sauver dune mort certaine lors dun s�isme. Dans un monde dot� dun syst�me dalerte pr�coce, la ville dHomer et l�le Adak auraient �t� �vacu�es � temps. Avec la mise hors service des sites nucl�aires autour de la ceinture de feu, comme il est pr�vu pour la centrale nucl�aire de Diablo Canyon, plus de d�chets radioactifs. Toujours bon � prendre. Et quen est-il de Valdez, en Alaska, la ville portuaire qui sest fait ravager par un �norme tremblement de terre et un tsunami en �? Eh bien, Valdez a fini par �tre reconstruite dans un endroit plus s�curitaire quelques kilom�tres plus loin. Aujourdhui, les nouveaux �difices sont con�us pour r�sister � dintenses secousses, alors que les plus vieilles structures ont �t� modernis�es et le d�veloppement dans les zones les plus dangereuses est interdit. Tout ceci nemp�chera pas de nouveaux s�ismes de se produire, mais les habitants de Valdez et dautres villes dAlaska sont bien plus en s�curit� et bien mieux �quip�s pour survivre � de futures catastrophes, un projet viable pour tous les habitants de la ceinture de feu. BILL NYE Gr�ce aux structures parasismiques, ma bien-aim�e Seattle a �t� davantage �pargn�e. Mieux que �a, plus de personnes ont �t� sauv�es par un syst�me dalerte sismique multinational qui permet aux gens de se mettre en s�curit� � temps, ce qui nous permet de reconstruire et revenir plus forts que jamais� � avec le meilleur caf� de la plan�te. Les hommes sont uniques. Sur les quatre milliards dann�es de vie sur Terre, nous sommes la premi�re esp�ce � avoir cr�� une civilisation technologique. � travers la science, nous commen�ons � comprendre notre relation profonde avec la plan�te sur laquelle nous vivons, la fa�on dont la Terre nous influence, et dont nous linfluen�ons �galement. Au sein de notre Institut des fins du monde, nous avons d�montr� � quel point les choses pouvaient mal tourner pour nous. Nous avons aussi d�montr� � quel point elles pourraient bien tourner si nous mettions les bons syst�mes en place. Dans les ann�es � venir, nous pourrions construire une civilisation plus forte, plus r�sistante, � condition de travailler ensemble � sa r�alisation. Non, nous ne devons pas nous tenir la main ou partager le m�me avis sur tout, mais nous devons nous aider mutuellement lorsque Dame Nature nous met des b�tons dans les roues. Les amis, il se passe un tas de choses folles dans le monde. Je ne vous en veux pas si vous vous sentez parfois d�pass�s. Lorsque jai un coup de mou, je pense � la science, loptimisme bas� sur des faits. Bien quil reste encore beaucoup de travail � accomplir, le monde est plus s�r quil ne la jamais �t� dans toute lhistoire pour la plupart des gens. Et vous savez pourquoi�? Car nous apprenons � nous servir de la science pour le bien commun. Ne vous y m�prenez pas, nous vivons dans une �re dangereuse, une �re terrifiante. Nous rencontrons de gros probl�mes qui n�cessitent de grosses solutions, mais nous sommes une esp�ce r�siliente avec une habilit� unique de r�flexion et de raisonnement. Alors, pensez-vous que la fin est proche�? Non. La fin est encore tr�s loin, car ensemble, nous pouvons� jose le dire� changer le monde.