ASTRONOME BILL HOMME JOURNALISTE SETH BILL Bonjour, je suis Bill Nye. Belle nuit, nest-ce pas�? Difficile dimaginer que ce beau ciel scintillant au-dessus de nos t�tes est rempli dune multitude d�clats c�lestes, de roches mill�naires et de d�bris datant de la cr�ation de notre syst�me solaire, et qui peuvent, dun moment � lautre, sabattre sur la Terre et avoir des cons�quences dramatiques� Me voil� de nouveau � Linstitut des fins du monde. Un mus�e des �v�nements catastrophiques qui se sont d�roul�s dans le pass�, qui se produisent en ce moment ou qui pourraient avoir lieu � tout moment. Nous allons assister � la fin du monde tel que nous le connaissons. Mais �a sera instructif, nous allons voir comment la science peut pr�parer notre survie. La catastrophe daujourdhui vient de par-del� le ciel. La derni�re fois quun �v�nement comme celui-ci sest produit, esp�ces sur r�sidant sur Terre, ont disparu. Et cest sur le point de se reproduire. Notre belle plan�te bleue sest form�e il y a environ , milliards dann�es. Mais pour �tre honn�te, madame, vous ne faites pas plus de milliards. La plupart des �l�ments li�s � la vie, dont la quasi-totalit� de leau sur Terre sont arriv�s jusquici gr�ce � des rochers et blocs de glace volants. On les appelles plus commun�ment des ast�ro�des et des com�tes. Certains de ces rochers de glace sont toujours l�-haut. Mais en plus de nous avoir apport� les bases sur lesquelles la vie sest d�velopp�e, ces �l�ments peuvent �galement apporter la mort. Pr�parez-vous � limpact� Un conseil�? Notre plan�te subit des assauts constants. Environ tonnes de poussi�re cosmique tombent chaque jour sur Terre. Si vous vivez � la campagne, loin des usines et de la pollution urbaine, la couche de poussi�re qui saccumule sur votre voiture et votre pare-brise est majoritairement compos�e de poussi�re de com�te et dast�ro�de. Vous pouvez extraire des morceaux de m�tal dast�ro�de en utilisant un aimant. Cette poussi�re provient du fond de lespace� La plupart des objets c�lestes sont si petits quils natteignent jamais le sol, ils s�vaporent lors de leurs descentes. Ils sont emport�s par le vent. Mais de temps � autres, une roche c�leste peut atterrir dans votre jardin, ou bam�! Pile sur votre voiture. �a a �t� le cas en , � Peelskill, dans l�tat de New York, une m�t�orite de la taille dune boule de bowling a fait un trou dans une Chevy Malibu qui navait rien demand�. Votre salon nest pas non plus � labri. Cest ce que Ann Hodges � d�couvert en , lorsquune m�t�orite qui se baladait dans le cosmos depuis , milliards dann�es, a travers� le toit de sa maison dans lAlabama et la percut�e alors quelle faisait une sieste. A�e�! La pierre ne faisait que cm de diam�tre. Imaginez ce que �a serait avec un objet, fois, fois, voire � fois plus gros�? La plupart des scientifiques saccordent � dire quune collision de ce genre est � lorigine de lextinction massive la plus r�cente, il y a millions dann�es. Limpact a eu lieu au niveau de ce qui est aujourdhui la p�ninsule du Yucatan, dans le Golfe du Mexique. % de la vie sur Terre sest �teinte. Imaginez un peu, les trois quarts dentre nous. Cest comme si une com�te s�crasait dans ��Sex and the City�� et que Carrie �tait la seule survivante. � qui va-t-elle parler�? Last�ro�de qui a caus� lextinction des dinosaures mesurait km de diam�tre. Il sest �cras� avec tellement de puissance quil a cr�� un crat�re fois plus gros que lui. Limpact a fait voler �norm�ment de d�bris dans les airs, ce qui a bloqu� les rayons du soleil. La pousse de la v�g�tation sest tellement ralentie que �a a caus� leffondrement de tout l�cosyst�me. Une seule esp�ce de dinosaure a surv�cu, celle qui pouvait voler, les oiseaux. Et oui, ces petits chants que vous entendez tous les matins sont les cris des actuels descendants des dinosaures. Pr�parez-vous pour la prochaine grande extinction, elle est en chemin� Nous allons embarquer � bord de notre simulateur de d�sastres. Je veux que vous puissiez assister en re loge � cet �v�nement, gr�ce � points de vue diff�rents. Celui dune astronome qui m�ne son enqu�te et tente demp�cher la destruction de notre plan�te. Celui dun fanatique qui veut trouver des r�ponses gr�ce � la fin du monde, et celui dun membre du Congr�s tr�s condescendant qui est persuad� quun malheur narrive jamais deux fois. SETH Qui allez-vous croire�? BILL ��Mais enfin, Bill, millions dann�es, cest y a longtemps�!�Ce qui se passait � cette �poque ne peut plus arriver aujourdhui.� Cest l� que vous vous trompez, dangereusement. Notre histoire commence ici, dans un champ de lOhio, dans un futur relativement proche. Ce crat�re a �t� cr�� par une onde de choc, celle dune boule de feu qui a travers� le ciel la nuit pr�c�dente� Notre coll�gue ici pr�sente est astronome, elle sest rendu sur place pour �tudier le point dimpact... Elle a pass� ses derni�res ann�es au Chili, pour aider � la fabrication dun nouveau t�lescope. Elle a conclu que les d�bris retrouv�s proviennent dune com�te de glace. Les impacts de com�te sont rares, et causent g�n�ralement plus de d�g�ts. Elle suspecte que c�tait en fait un fragment de com�te. Le myst�re s�paissit, quest-il arriv� au reste de la com�te�? Le prochain indice se trouve � kilom�tres au-dessus de nos t�tes. Ici, au sein de la Station Spatiale Internationale, les choses semblent plut�t normales. Je dirais pas non � un peu de sucre� Des microm�t�orites, de toutes petites pierres de lespace, pas plus grosses que des grains de riz, mais qui vont fois plus vite quune cartouche de fusil. La Station Spatiale Internationale est faite pour encaisser des petits impacts, mais elle na jamais eu affaire � ce genre de chose� Fuite doxyg�ne, pannes de courant, cest pas bon signe, vraiment pas bon. Un fragment de com�te s�crase dans un champ dans lOhio. Dans les heures qui suivent, un nuage de corps c�lestes mart�le lISS. Que se passe-t-il�? Voici le tout nouvel observatoire Vera C Rubin, plac� au sommet dune montagne, au nord du Chili. Il a �t� nomm� dapr�s Vera Rubin. C�tait une incroyable astronome am�ricaine, qui �tudiait la rotation des galaxies et qui a �t� la premi�re � prouver lexistence de la mati�re noire. Tout �a, en se battant pour la place des femmes dans les domaines scientifiques. � cette �poque, les femmes n�taient pas admises dans la plupart des grands observatoires. Elle �tait ce que beaucoup appelleraient aujourdhui, une ��dur � cuire�. En parlant de dur � cuire, regardez ce t�lescope optique � champ large�! Il a un miroir primaire de , m�tres�! Il est aussi large quun court de tennis. Il photographie la totalit� du ciel, la nuit, � intervalles r�guliers, dans le cadre dune �tude sur ans sur lespace et le temps. Il va fournir les images les plus larges et les plus d�taill�es de lunivers quon a pu prendre jusqu� pr�sent. Imaginez ce que �a donnerait sil �tait � la recherche dune com�te. Notre intuition nous fait dire que limpact dans le champ et que lincident des microm�t�orites sur lISS sont li�s. Notre astronome est retourn�e � son camp de base, au Chili. Elle �tudie lorbite de lISS, la station est pass�e au-dessus de la zone dimpact, quelques heures avant le nuage de m�t�orites. Il est presque certain que la station a �t� touch�e par la queue de la com�te. Les deux �v�nements sont connect�s, mais une question demeure, o� se trouve le reste de la com�te�? Et peut-elle poser un danger dans le futur�? Pour r�pondre � ces questions, elle doit trouver la com�te parente. Et pour �a, notre astronome va devoir remonter dans le temps. Les astronomes ont recours � ce quon appelle les observations pr�-d�couvertes, en gros, la red�couverte avant la d�couverte. Cest tr�s simple. Elle revoit les images prises plusieurs nuits auparavant. Gr�ce � la mod�lisation sur ordinateur, elle retrace la trajectoire du fragment de com�te depuis Jupiter, � millions de kilom�tres, ans en arri�re. Notre astronome peut confirmer que limpact dans le champ et la temp�te de gravas sur lISS ont tous les deux �t� caus�s par des objets en provenance de Jupiter. Elle se demande maintenant sil pourrait y avoir dautres objets qui pourraient avoir d�vi� de cette m�me trajectoire. La r�ponse est oui. ans plus t�t, une �norme com�te est pass� � proximit� de Jupiter et a �t� d�truite par la puissante gravit� de cette plan�te. Deux fragments ont p�n�tr� dans latmosph�re de Jupiter, qui ont cr�� deux zones sombres au moment de leur explosion. Sur le coup, les astronomes ont cru � de gigantesques temp�tes qui sont relativement communes sur Jupiter. Mais ils avaient tort, il sagissait dimpacts de com�tes. Les fragments de com�te restants ont contourn�s Jupiter et se sont align�s, comme un collier de perles. Je ne fais pas r�f�rence � ce que Mamie Nye porte avec son surv�tement. Ce sont des morceaux de com�tes, plus petits, mais tout aussi mortels, qui font entre quelques centaines de m�tres et des kilom�tres de diam�tre. Et voici la tr�s mauvaise nouvelle�: les autres fragments de com�te de ce collier de perles se dirigent droit sur nous. Ce qui veut dire quils peuvent s�craser sur la Terre. Il est impossible de pr�dire exactement � quelle distance ils seront de la Terre. Si nous avons de la chance, ils vont tous passer � c�t�. Peut-�tre quil ny aura pas de catastrophe aujourdhui. Vous en pensez quoi�? Notre astronome a arr�t� de regarder les �toiles afin de sauver le monde. Elle a alli� ses forces � dautres scientifiques afin de tirer la sonnette dalarme au sujet de la multitude de com�tes qui se dirigent vers notre plan�te. Ils ont contact� un ambitieux membre du Congr�s afin de demander un investissement durgence pour tenter de d�vier la trajectoire de la com�te. Mais lancer ce genre de programme rapidement va requ�rir un investissement monumental et couter des milliards. Malheureusement, il a d�j� discut� avec ses propres experts. Ils lui ont dit que personne ne pouvait pr�voir la trajectoire exacte de ces objets. Nous navons pas assez dinformations et il y a trop de variables en jeu. Il consid�re quelle est trop �motive et met �a sur son manque dexp�rience. Elle sait maintenant ce que Vera Rubin a d� endurer. Elle persiste en disant que m�me si la chance dun impact est minime, on ne peut pas prendre le risque de ne rien faire. Il fallait commencer � se pr�parer d�s la veille. ASTRONOME Si on nagit pas maintenant, il sera trop tard. BILL Ah, le voil�, notre coup de vache. Le coup de vache est le symbole de la n�gligence humaine pouvant provoquer une catastrophe ou laggraver. Lexpression sinspire dune vache nomm�e Daisy, qui, selon la l�gende, aurait renvers� une lanterne et d�clench� le Grand incendie de Chicago. Pas tr�s sympa pour Daisy, qui a eu lid�e de laisser une lanterne derri�re une vache�? Personne parmi nous. Nous avons devant nous un membre du Congr�s qui a d�j� parl� avec le Pr�sident et ses conseillers. Tout le monde saccorde � dire que la science ne donne pas de conclusion exacte, donc pourquoi gaspiller des milliards dans quelque chose qui pourrait potentiellement arriver�? Il dit que cest �galement tr�s suspect que quelques semaines apr�s avoir mis en marche leur t�lescope Rubin qui a co�t� des milliards de dollars, les astronomes d�couvrent, comme par hasard, quelque chose qui mettrait en danger toute lhumanit�. Et maintenant, ces scientifiques qui nen ont jamais assez en veulent encore plus�! Plus dinstruments, plus de missions, plus dargent. SETH Qui allez-vous croire�? Un pseudo-scientifique inconnu ou un gars honn�te qui dit les choses telles quelles sont�? Et l�, cest une fausse alerte. BILL Ah oui�? Une fausse alerte�? Vraiment�? Dans les semaines qui vont suivre, le monde sera dans un �tat dincertitude constant. Les scientifiques amateurs comme professionnels du monde entier sont de plus en plus alarmistes. Certains politiciens et sceptiques sont de plus en plus violents dans leur d�ni� Alors m�me que certaines nations font la course pour faire le plein de provisions, quittent � en accumuler en masse. Les survivalistes construisent des bunkers, les sceptiques et adeptes des th�ories du complot se font la guerre sur les r�seaux sociaux. Les nouvelles de limpact dune com�te se r�pandent. Les gens paniquent, naturellement. Des cultes comme celui devant nous se propagent � travers le monde. Les gens les int�grent pour plusieurs raisons, la peur, la superstition, les connexions humaines� Comme mon ami quon voit-l�. On a travers� pas mal de choses ensemble, il a des nerfs dacier, maintenant. Il doit se dire quil ne peut rien faire face � ce qui arrive, donc autant essayer de faire ami-ami. Coucou, cest moi, Bill�! HOMME Non, non, non�! BILL Les fanatiques de la fin du monde ne sont pas une nouveaut�, nous sommes m�me obs�d�s par la mani�re dont le monde va �tre d�truit. Toutes les religions majeures mentionnent une version de lApocalypse. Les proph�tes de la fin du monde gagnent tr�s bien leur vie en pr�disant lArmageddon. Nostradamus avait pr�dit que la Terre serait frapp�e par une com�te g�ante et que le monde prendrait fin en . �a na pas �t� le cas, sauf si vous consid�rez la fin de ��Friends�� comme telle. Les gens sont obs�d�s par la fin du monde. Vous ne me croyez pas�? Alors pourquoi regardez-vous cette �mission�? �a, cest un autre �pisode. Les jours passent, puis les semaines, et les informations passent � autre chose. La plupart des gens en ont marre dentendre le mot ��com�te��. Les m�dias vivent de lactualit� pr�sente, pas de ce qui peut se passer plus tard. Les gens ont des probl�mes plus urgents � g�rer, comme aller au travail, payer leurs factures. Des choses plus terre � terre. Jusqu� ce quune nuit, la menace ne puisse plus �tre ignor�e. JOURNALISTE Regardez ces images, difficile de croire � ce que nous voyons. Pour ceux qui nous rejoignent, avez-vous regard� le ciel derni�rement�? BILL Les images de limpact qui a percut� la Lune tirent la sonnette dalarme pour toute lhumanit�. Amis Terriens, vous �tes en danger. Apr�s limpact de la com�te sur la Lune, il nest plus question de nier le danger qui guette la Terre. Dautres com�tes se dirigent vers nous. Les astronomes sont d�sormais les personnes les plus importantes du monde, ils sont les seuls � pouvoir pr�voir o� les prochaines com�tes vont s�craser. Ils mettent � jour leurs simulations toute les minutes pour prendre en compte les mouvements erratiques des fragments de com�te. Il est trop tard pour les d�vier, cette opportunit� a �t� �cart� il y a plusieurs mois, lorsque le membre du Congr�s a bloqu� les investissements et minimis� la menace. SETH Il faut dire les choses comme elles sont. Cest une fausse alerte. BILL Tout ce quon peut esp�rer, cest de limiter les d�g�ts. Mais �a ne sannonce pas bien. Les derni�res pr�visions montrent quil y a % de chances pour quil y ait au moins un impact. % de chances pour quil y ait impacts, voire plus. Nul besoin de faire des statistiques pour comprendre quon est finis � %. Ils peuvent maintenant pr�dire la fen�tre de temps avant quon ne soit touch�s. Le compte � rebours a commenc�. Il ne reste au monde que jours, soit un million de secondes avant que le premier fragment ne s�crase et que lon d�couvre lampleur de l�v�nement. Je vous donne un petit indice, �a va �tre catastrophique. La surface de la Terre est majoritairement compos�e deau, donc un impact dans un oc�an est tr�s probable. Mauvaise nouvelle pour les plagistes� Mais notre aga�ant membre du Congr�s pense que cest le moment id�al pour partir en vacances. La plupart des grandes agences mondiales recommandent l�vacuation des villes c�ti�res. Mais il est quasiment impossible de pr�dire quelles seront les zones les plus en s�curit�. Notre ami du Congr�s se dirige vers la p�ninsule du Yucatan, l� o� last�ro�de qui a caus� la fin des dinosaures s�tait �cras�e, il y a tr�s longtemps. Il se dit quil y a peu de chance pour quun �clair sabatte deux fois de suite au m�me endroit. Ce qui est faux, les �clairs tombent tr�s souvent plusieurs fois au m�me endroit. LEmpire State Building est touch� une douzaine de fois, tous les ans. Cest le premier exemple qui mest venu. SETH Merci, un autre� Cest pas vrai�! BILL Apr�s limpact sur la c�te de la p�ninsule du Yucatan, les astronomes font tout leur possible pour pr�dire o� la prochaine va atterrir, afin de pouvoir faire �vacuer le plus de monde possible et que les gouvernements puissent se pr�parer au pire. Il semblerait que le fragment le plus important suive une trajectoire qui lui ferait fr�ler lAntarctique. Et un autre fragment se trouve � seulement quelques heures derri�re. Vous vous souvenez des cons�quences du r�chauffement climatique dont je me tue � r�p�ter les effets depuis ans�? Elles se sont toutes d�clar�es en secondes� Le t�lescope de lObservatoire de Rubin a �t� endommag� par les d�bris dimpacts pr�sents dans latmosph�re. D�sormais, il ny a nulle part sur Terre o� lon puisse suivre les �v�nements, alors quil y a encore un impact qui doit avoir lieu. Le Canada a �t� touch� il y a environ une heure et les impacts se sont tous arr�t�s. Mais le monde va en subir les cons�quences pendant des d�cennies. Dans quelques semaines, la Terre aura laspect dune boule grise, recouverte de d�bris, de fum�e et de cendre. Si nous parvenons � survivre, nous allons devoir apprendre � cultiver de la nourriture � des temp�ratures n�gatives� Mais ce nest pas termin�, voil� des tectites, expuls�es par limpact sur le Canada qui retombent sur Terre comme une vol�e de tir. Notre simulateur de d�sastre termine avec un impact d�vastateur. C�tait vraiment pas cool. Mais le pire dans tout �a, cest la couche de suie dans notre stratosph�re qui va bloquer les rayons du soleil pendant des dizaines dann�es. La plupart des �tres humains encore vivants vont mourir de froid ou de faim. Comment �a va finir�? Demandez � nimporte quel dinosaure. Ah non, on ne peut pas leur demander, ils sont tous morts�! Vous comprenez�? Comment emp�che-t-on dautres com�tes de causer notre mort�? Dabord, il faut d�couvrir do� proviennent ces corps c�lestes. Direction le labo, pour se mettre en tenue. Les impacts massifs de m�t�orites se sont produits plusieurs fois depuis la cr�ation de la Terre. � chaque fois que lune delle sest �cras�e, la vie sur Terre a �t� compl�tement chamboul�e. Mais lhistoire de ces �l�ments glacials et mortels remonte � bien plus longtemps, avant la vie, m�me avant la Terre. Bien avant lapparition des plan�tes de notre syst�me solaire. Je vais vous emmener aux confits de notre syst�me solaire, un endroit dont tr�s peu de personnes connaissent lexistence. Cest le moment ou jamais daller aux toilettes. Bienvenue dans le nuage dOort, nomm� dapr�s Jan Oort, lastronome qui a d�couvert son existence. Le nuage dOort est un immense ensemble sph�rique contenant une multitude de d�bris de glace, qui entoure notre syst�me solaire. Il est compos� de la m�me poussi�re et du gaz d�toile qui ont form� le soleil, la Terre et toutes les autres plan�tes, mais ils nont jamais �t� aspir�s par lune dentre elles, au lieu de �a, ils ont �t� r�partis dans les confins de cette dimension. Si vous d�zoomez pour apercevoir notre syst�me solaire � une ann�e lumi�re, le nuage dOort ressemblerait � quelque chose comme �a. Et oui, notre syst�me solaire est entour� dune carapace compos�e de roches c�lestes glaciales. Il y a des milliards et des milliards de com�tes, ici. Contrairement aux ast�ro�des, qui sont des �normes rochers, et les m�t�oro�des, qui sont des roches plus petites, les com�tes sont des boules de neiges cosmiques compos�es deau glac�e et de carbone congel�. Quand elles se rapprochent du soleil, les boules de neige se vaporisent, rejetant de la poussi�re et des gaz, cr�ant ce quon appelle des queues, qui peuvent s�tendre sur des millions de kilom�tres. En g�n�ral, les com�tes passent assez loin de la terre. De temps en temps, elles passent assez pr�s et nous offrent un spectacle envoutant. Tous ces �l�ment orbitent autour du soleil, mais tr�s lentement. La force du soleil est tellement r�duite par ici, que m�me une petite perturbation, comme la gravit� exerc�e par une �toile de passage, pour que lune des com�tes soit expuls�e du nuage dOort. Quand son orbite est perturb�, une com�te va commencer sa chute vers le soleil, et entamer son long p�riple � travers notre syst�me solaire. La gravit� de Jupiter est tellement forte quelle peut r�duire en miette une com�te comme celle-ci, sans aucun probl�me. �a arrive tr�s souvent. Les impacts de ��colliers de perles�� laissent des traces particuli�res et forment ce que lon appelle une catena. On les retrouve dans tout notre syst�me solaire. Certains dentre vous se rappellent peut-�tre quand le Voyager de la NASA est pass� � proximit� de Callisto, une lune de Jupiter, en . On y avait remarqu� des cha�nes de crat�res� Plus tard, autres cha�nes avaient �t� d�couvertes sur Callisto. cha�nes semblables avaient �t� observ�es sur Ganym�de, la plus grosse lune de Jupiter� Au d�but, ces cha�nes de crat�res �taient un v�ritable myst�re, jusqu� la d�couverte de la com�te Shoemaker-Levy . On ne parle pas dun cabinet davocat, mais dune catena, une cha�ne de fragments de com�te qui sest faite lorsque la gravit� de Jupiter a d�truit la com�te originelle. Shoemaker-Levy a pris sa revanche en en entrant en collision avec Jupiter. Les astronomes ont observ� l�v�nement avec attention, les fragments s�crasaient tels des tirs de mitrailleuse. D�s quon regarde notre syst�me solaire, on aper�oit des crat�res un peu partout. Des crat�res, en veux-tu, en voil�. La seule raison pour laquelle on ne voit pas de crat�res sur la Terre, est que notre plan�te est dou�e pour cacher ses cicatrices. Si on vidait les oc�ans et quon enlevait toutes les for�ts et autres cache-mis�re, on observerait sans doute quelque chose comme �a. Voil� la Terre, mise � nu. Ce nest pas ce que vous imaginiez�? Restons-en l�, cest une �mission familiale. La Terre a subi quelques coups, lors de ces , derniers milliards dann�es. Nous sommes toujours dans la ligne de mire. Mais voil� la bonne nouvelle, parmi toutes les catastrophes naturelles qui ont �t� pr�sent�es dans notre Institut, cest la seule que lon peut �viter � %. Comment�? Gr�ce � la science�! Pour emp�cher un impact, il faut dabord trouver lobjet de limpact, ce qui va nous tomber dessus. Cest ce que tente de faire l ��Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System��, commun�ment appel� ATLAS. Il se situe � Maui, sur Hawa�. Vous connaissez Atlas, dans la mythologie grecque, cest celui qui porte le monde sur ses �paules. Cet ALAS-l�, tente de maintenir la vie sur Terre. Cest un travail � temps plein, sans avantages majeurs� Les t�lescopes robotis�s dATLAS font partie dun syst�me dalerte ultime que les scientifiques utilisent afin de d�tecter les objets � proximit�de la Terre, quelques jours voire quelques heures avant quils s�crasent. Ce dont on a le plus besoin, cest d�tre pr�venus avec assez davance. Il y a un dicton, parmi les chasseurs de com�tes, r�ussir � voir arriver une com�te de loin, cest comme r�ussir � trouver une aiguille dans une botte de foin, ou avoir lair distingu� en jogging. Cest pratiquement impossible. Divers objets passent tr�s r�guli�rement � proximit� de la Terre. Les scientifiques estiment quenviron une douzaine de gros ast�ro�des volent chaque ann�e � une distance plus proche de la Terre que celle de la Lune. Mais seule une petite portion sont d�tect�s. Ceux que lon parvient � voir sont g�n�ralement d�tect�s apr�s leur passage. Seulement un ou deux sont d�tect�s dans les heures avant leur passage. Je ne veux pas vous faire peur, mais il faut peut-�tre trouver un meilleur moyen de d�tecter ces diff�rents objets. Voil� ce quil nous faut, le ��Near-Earth Object Surveyor Spacecraft.�� Le NEO surveyor. Cest un nouveau type de t�lescope spatial, con�u pour d�nicher les objets dangereux proches de la Terre. Sils sont r�chauff�s par le soleil, il faut bien se dire quil fait extr�mement froid dans lespace, et que vous avez un d�tecteur assez sensible pour sentir les changements de temp�ratures, cest comme la vision infrarouge, mais pour les ast�ro�des. Si on a une grande ouverture sombre de ce c�t� et que cette partie reste la plus froide possible, � lint�rieur, on a les d�tecteurs de chaleur les plus pointus jamais construits. Y a plus qu� lenvoyer dans les airs et on pourra commencer les recherches. Imaginons que lon arrive � trouver une com�te ou un ast�ro�de, qui va nous arriver dessus. Vous vous dites certainement quon peut simplement le faire exploser, en prenant exemple sur Bruce Willis. Suffit de balancer une bombe nucl�aire et puis voil�. Cela dit, une bombe nucl�aire, nest pas une mauvaise id�e, si les scientifiques et ing�nieurs parviennent � trouver comment sen servir. Les agences spatiales ont �tudi� comment sen servir sans avoir � recourir � une multitude de foreuses et autres engins p�troliers. Voil� une solution�: on peut utiliser cette arme nucl�aire pour creuser un crat�re � la surface de la com�te. Lexplosion et les fragments au moment de limpact, l�jecta, pousseraient la com�te dans une autre direction. Sinon, on peut enclencher une explosion � distance et la radiation servirait � r�chauffer la com�te. Une partie de sa surface se vaporiserait, ce qui pousserait la com�te sur un orbite diff�rent. Ou alors, on fait �a. Cest une op�ration d�licate. Si lexplosion est d�clench�e trop loin, on risque de ne pas r�ussir � d�vier suffisamment la trajectoire de lobjet. Si on est trop proche, au lieu davoir un objet en approche, on peut se retrouver avec une multitude de fragments. Cest pour �a que les personnes concern�es par la protection de la plan�te, veulent avoir un �ventail de possibilit�s � disposition, dont quelques-unes un peu plus subtiles. Nous ne savons toujours pas la force qui serait n�cessaire pour r�aliser tout �a. Jetons un �il � la mission DART de la NASA, le test de double redirection dast�ro�de. Le vaisseau spatial DART a �t� lanc� en , et a pour but dentrer en contact avec un petit ast�ro�de appel� Dimorphos, en automne � Si DART fonctionne, nous pourrons utiliser cette m�thode pour d�vier les futurs objets spatiaux venant dans notre direction. DART va faire bouger les choses, la force de son impact va l�g�rement d�vier la trajectoire. Cest le coup de pouce quil faut afin demp�cher les ast�ro�des de sapprocher dun peu trop pr�s de nous. Attendez, il y a autre chose, passons au laser�! Et si on arrivait � allier la chaleur dune bombe nucl�aire et le contr�le que lon a sur la lumi�re�? Et si on pouvait tirer sur une com�te avec des lasers�? Comment peut-on envoyer des lasers sur un objets � proximit� de la Terre�? Je vais vous montrer� Voil� les abeilles laser. Cest une id�e sur laquelle mes coll�gues de la Planetary Society se sont pench�s. On en enverrait tout un essaim, peut-�tre une douzaine. Les rayons lasers sur les abeilles pourraient br�ler ou faire fondre des morceaux de glace de la com�te pour la d�placer dans lespace� Dans lespace il ny a pas de son donc �a serait juste comme �a� Cest une id�e tellement farfelue quelle pourrait fonctionner� Bon, prenons une bonne inspiration et recommen�ons notre histoire, cette fois-ci, avec des m�thodes � dispositions. Notre astronomes et ses coll�gues, ainsi que des gens lambda, comme vous et moi, ont mis la pression sur les hommes politiques afin quils prennent la situation plus au s�rieux, peu importe le co�t ou les probabilit�s. La s�curit� de notre plan�te ne se joue pas aux d�s. Notre membre du Congr�s �coute les rapports et donne son feu vert pour entamer un effort � l�chelle mondiale afin de sauver notre plan�te� Plus dune centaine de pays investissent dans le projet le plus urgent et le plus ambitieux technologiquement, depuis le er alunissage. Il ne reste quune seule question, cela va-t-il fonctionner�? La mission est un succ�s. Notre collier de perle va passer � c�t� de la Terre en toute s�curit�. Nous navons rien � craindre, au contraire, on assiste � une spectacle hors du commun� Nos amis les dinosaures ont disparu, �a pourrait aussi �tre notre cas, mais il nous reste encore un peu de temps. Les impacts dast�ro�des et de com�tes sont des �v�nements catastrophiques que lon peut �viter si nous allions nos forces. Dapr�s ce quon sait, les dinosaures navaient pas de missions spatiales, alors que nous, si. Et nous avons le pouvoir de faire en sorte que nos repr�sentants respectent nos choix lorsquil sagit dinvestir dans la technologie qui pourrait sauver notre monde. Nous avons la possibilit� demp�cher notre propre extinction, tout en apprenant des choses extraordinaires au sujet de notre univers et de notre place � lint�rieur. Avec des infrastructures solides compos�es de t�lescopes et de vaisseaux spatiaux, nous pouvons en apprendre davantage sur la formation de notre syst�me solaire, sur lorigine de la vie sur Terre et sur les possibilit�s dune vie ailleurs dans lunivers. M�me si on met de c�t� les �l�ments pratiques, on ne va pas se leurrer, les explorations spatiales sont g�niales. �viter une nouvelle phase dextinction massive na jamais �t� aussi simple, et na jamais pr�sent� des avantages aussi chouettes et merveilleux. Plus nous investirons dans lexploration de ce qui se passe l�-haut et plus notre qualit� de vie sam�liorera ici-bas.