ALLISON DONNA GORILLE_1 HAROLD HARVEY JESSICA LOUIS MAN MIKE QUELLING RACHEL SCOTTIE STEPHANIE WOODALL DONNA J'aurais bien trinqué au champagne, mais après ce qu'on vient de traverser, le bourbon me semble plus adapté. HARVEY Vous croyez ? DONNA Harvey, on a déjà eu cette discussion. Si vous vouliez quelqu'un qui ne dit pas ce qu'il pense, je ne suis pas celle qu'il vous faut. HARVEY Je sais. DONNA Le fait que Mike reste ne change rien à mon opinion. C'est une erreur de dire à Scottie qui il est. HARVEY Je sais. DONNA Alors, pourquoi êtes-vous si calme ? HARVEY "Parce que je veux le dire à quelqu’un qui a des raisons de m'en vouloir. Ce n'est pas la troisième fois, ce n’est pas la cinquième fois et ce n’est pas la dernière fois." DONNA Je ne voulais pas dire ça. HARVEY Mais vous l'avez dit. DONNA Parce que vous m'avez forcée à le faire. HARVEY Donna, est-ce que vous voulez vraiment qu'entre Scottie et moi, ça fonctionne ? DONNA Je veux que vous soyez heureux, bien sûr. HARVEY C'est une réponse évasive. DONNA Pas du tout. Seulement ce n'est pas à moi de décider ce que ça veut dire.. DONNA Alors, on trinque au fait que Mike reste, ou pas ? HARVEY Donnez-moi ça. Pas celui-là. Le plus plein. DONNA Vous êtes sérieux ? RACHEL MIKE RACHEL Salut. MIKE Salut. RACHEL Je suis contente que tu sois déjà rentré. J'ai préparé un bon dîner pour fêter ça. MIKE J'ai refusé le boulot. RACHEL Quoi ? MIKE Je suis allé voir Harvey et... eumh... Je lui ai dit que je voulais rester. RACHEL Tu as déjà oublié le fait que... tu n'en pouvais plus ? MIKE Ecoute... Rachel, je sais que c'est pas ce que tu voulais. RACHEL Ce que je voulais ? Je ne voulais pas te donner mon avis là-dessus. Mais tu as insisté... et ensuite, tu m'as dit que tu acceptais ce poste. MIKE D'accord, je... RACHEL Non ! Ensuite, tu viens me voir pour m'annoncer que tu vas rester un imposteur ! MIKE Un avocat. RACHEL Un imposteur ! MIKE Tu n'avais pas dit que tu m'acceptais tel que je suis vraiment ? RACHEL Tu n'avais pas dit que tu allais accepter ce travail ? C'était une façon de t'en sortir. MIKE Tu disais que tu craignais que si tu me donnais ton opinion, je puisse t'en vouloir, ensuite. Mais... maintenant que je ne fais pas ce que tu m'as conseillé de faire, c'est toi qui m'en veux. RACHEL C'est vrai. MIKE Et ça, c'est pas juste. RACHEL J'aimerais savoir ce qui a changé entre le moment où tu as dit que tu acceptais ce poste et ce soir. MIKE J'ai été voir Quelling. Un jour, il a reçu une offre qui aurait pu changer le cours de sa vie. Et il l'a déclinée parce qu'il voulait faire ce qui était le plus juste pour ses clients. MIKE Il a tout perdu. La seule chose qui lui est restée, c'est sa capacité à exercer le métier d'avocat. RACHEL MIKE Je ne voulais pas lui retirer ça, comme je n'ai pas envie qu'on me le retire. RACHEL Mike... MIKE Tu disais que de rester, ça me rendait malade ? Mais rien que l'idée de partir, ça me rend encore plus malade. Je suis pas... Je ne suis pas encore prêt à tout laisser tomber. RACHEL MIKE Merci. MAN Michael Ross ? MIKE Oui ? MAN On a quelques questions pour vous. MIKE "On" ? C'est qui "on" ? MAN Le bureau du Procureur fédéral.. MIKE En quoi puis-je être utile ? MAN Nous... préfèrerions en discuter en privé. MIKE Vous préfèreriez ? MAN On insiste. MIKE HARVEY Scottie ? SCOTTIE Je sais qu'on s'est disputés, mais boire avant dix heures le matin... Est-ce vraiment la solution ? HARVEY Ça l'est, dans Mad Men. Mais pour qui il se prend, ce type, en fait ? SCOTTIE HARVEY Mike reste. SCOTTIE Tu dois être content. HARVEY Oui. HARVEY Scottie. Je vais faire de mon mieux... pour être honnête avec toi. SCOTTIE D'accord. HARVEY Tu es sûre que... ça te va ? SCOTTIE Certaine. HARVEY Alors, si on sortait ce soir, pour se détendre ? SCOTTIE Je suis partante ! HARVEY Scottie ? SCOTTIE Oui ? HARVEY Changeons d'endroit, d'accord ? HARVEY Donna, je ne veux rien entendre. Je ne lui ai rien dit, pour Mike. DONNA Harvey, Stephanie Liston vient d'appeler. HARVEY Votre amie, au Bureau du Procureur ? DONNA Ils viennent de convoquer Mike pour l'interroger. WOODALL Monsieur Ross... Eric Woodall. Je suis le Procureur fédéral du district... MIKE Du district sud de New York. Je sais qui vous êtes. WOODALL Dans ce cas, vous savez aussi que vous vous êtes dans de sales draps. Vous voulez tout me raconter, ou vous voulez que je vous rappelle les faits ? MIKE J'ignore de quoi vous parlez. WOODALL Vous avez conspiré avec Harold Gunderson pour escroquer le gouvernement américain en essayant d'acheter les témoins à charge contre Ava Hessington. MIKE Quoi ? WOODALL Vous avez l'air surpris. MIKE Je le suis, parce que c'est des conneries. WOODALL Non, c'est pas des conneries. Vous risquez une lourde peine de prison, mon ami. MIKE Je suis pas votre ami. WOODALL Vous pouvez l'être. MIKE Sans façons. On a transigé, d'accord ? Je n'ai rien fait de mal. WOODALL Oui, j'en suis convaincu. Enfin... pas de votre propre chef. MIKE Qu'est-ce que vous me voulez ? WOODALL Jeune homme, vous êtes intelligent, vous voyez où je veux en venir. Je ne veux pas le dealer. Je veux le fournisseur. Harvey Specter. Retournez-vous contre lui et on conclut tout de suite un accord. HARVEY Harvey Specter, je représente Mike Ross. Receptionist Monsieur, vous n'avez pas le droit d'entrer. Monsieur ! HARVEY WOODALL Oh, bonjour. HARVEY Est-il accusé de quelque chose ? WOODALL Pas pour l'instant. HARVEY Alors, il vient avec moi. Vous n'aviez pas le droit de le convoquer. WOODALL J'ai tous les droits du monde, au contraire. Mais cela importe peu, il est venu de son plein gré. HARVEY Et il repart immédiatement. WOODALL On avait une discussion amicale à propos des témoins à charge miraculeusement disparus dans l'affaire Ava Hessington. HARVEY WOODALL Il semblerait que votre collaborateur ait fait ami-ami avec celui de Bratton Gould. HARVEY WOODALL Harvey Gunderson, si je ne me trompe...? HARVEY Harold Gunderson. WOODALL Vous avez raison. Vous êtes Harvey. Il faudra que je garde bien ça en tête avant de monter mon dossier. Parce qu'une fois qu'on aura arrêté Harold, il désignera Mike, qui n'aura pas d'autre choix alors, que de vous désigner comme responsable. Harvey. Je vous promets que je n'oublierai plus votre nom. HARVEY Ouvrez... cette porte. WOODALL Ravi de vous avoir parlé, Mike. J'espère qu'on sera amenés à se revoir. LOUIS Jessica, j'ai d'horribles nouvelles. Je suis passé près de la salle de réunion, et j'ai vu Max Pollard assis là tout seul. JESSICA Harvey n'est pas avec lui ? LOUIS Je me suis occupé de tout, mais ça ne lui ressemble pas de louper un rendez-vous. JESSICA Merci. Je vais tirer ça au clair. LOUIS Sauf qu'il y a un souci. Je pense qu'il y a quelque chose qui cloche. JESSICA Harvey serait un espion ? LOUIS Non. Ecoutez, Jessica. Depuis que j'ai fait un infarctus, je me soucie de la santé des autres. J'ai questionné Donna mais je ne veux pas qu'elle s'inquiète du fait qu'il soit mortel. JESSICA Vous croyez qu'elle ignore qu'il puisse mourir ? LOUIS Ecoutez, je sais qu'Harvey est plutôt élancé et en bonne santé. Mais l'insuffisance coronarienne peut frapper tout le monde. JESSICA Louis... Harvey n'est pas malade, il n'a pas eu d'infarctus et s'il a manqué un rendez-vous, je suis persuadée qu'il a une bonne explication. LOUIS Vous avez raison. Je vais aller prendre ma tension. JESSICA Bonne idée. JESSICA Bon sang, où est Harvey ? DONNA Il devrait être quelque part où il n'est pas ? JESSICA Donna. Je ne joue pas. Il a manqué un rendez-vous avec un de nos clients. Donc soit vous avez foiré, ce qui ne vous arrive jamais. Soit il y a une urgence dont on ne m'a pas parlé. DONNA Les deux. JESSICA C'est-à-dire ? DONNA J'ai oublié d'annuler ce rendez-vous parce qu'il y a vraiment une urgence. JESSICA De quoi s'agit-il ? DONNA Mike Ross a été convoqué pour être entendu, ce matin. JESSICA MIKE Je suis vraiment désolé, Harvey. HARVEY ça aurait pu être pire. MIKE Vous pensiez qu'ils m'avaient arrêté pour imposture ? HARVEY En tout cas, pas pour avoir rendu tes livres de bibliothèque en retard ! Pourquoi est-ce que tu les as suivis, d'abord ? Ta grand-mère ne t'a jamais dit de ne pas suivre les inconnus dans la rue ? MIKE J'essayais d'être coopératif. HARVEY Ouais, ben ne refais jamais ça. HARVEY Cet enfoiré de Quelling ne nous a pas seulement dénoncés au Barreau, il nous a livrés au Département de la justice. MIKE Je peux pas le croire. Il m'a regardé dans les yeux et il m'a donné sa parole. HARVEY Qu'il aille se faire voir. Je vais aller le dénoncer au Barreau. Mais pour l'instant, c'est pas lui le problème. C'est Harold. MIKE Non, je vais lui parler. HARVEY Je te le déconseille. MIKE Ils ne l'ont pas encore convoqué. Si j'arrive à le voir cinq minutes, je pourrais lui dire... HARVEY De s'en tenir à votre version ? C'est exactement pour ça qu'ils ne l'ont pas encore convoqué. Si t'essayes de le voir, ils t'auront à l'oeil et on sera foutus. MIKE Si on ne lui parle pas avant que Woodall décide de passer à l'action, on est dans la merde jusqu'au cou. HARVEY Alors il faut lui parler... mais sans lui parler. MIKE HARVEY Allison Holt. ALLISON Harvey Specter... Je ne suis pas surprise de vous voir. HARVEY J'en déduis que vous avez déjà parlé au Procureur fédéral ? ALLISON En effet. HARVEY Alors j'aimerais m'assurer qu'on est sur la même longueur d'ondes. ALLISON Contrairement à vous, je ne protège pas nécessairement ceux qui mettent en péril mon cabinet. HARVEY Je veux savoir ce que vous avez dit à Woodall quand il est venu vous voir. ALLISON Il n'est pas venu me voir, j'y suis allée. HARVEY Quoi ? ALLISON Un homme du nom de James Quelling est venu m'interroger sur la transaction conclue entre Harold Gunderson, Mike Ross... et vos témoins assassinés. HARVEY Et vous êtes allée aussitôt voir le Procureur ? ALLISON Mon intégrité a été mise en cause. Alors je n'ai pas été voir celui avec qui on m'accuse de conspirer, pour couvrir ses erreurs. HARVEY Dites-moi une chose : est-ce qu'Harold Gunderson sait ce qui se passe ? ALLISON J'ignore ce qu'il sait ou non. Et franchement, ça m'est égal. J'ai licencié ce garçon il y a déjà une heure. HARVEY MIKE Je peux te parler un instant ? RACHEL Bien sûr. MIKE Je reviens tout juste du centre-ville. RACHEL Quoi ? MIKE Le Bureau du Procureur m'a convoqué pour m'interroger. Je croyais que c'était à propos... de moi. Mais c'était pas ça. RACHEL Tant mieux. MIKE Non, c'est quand même la cata. Ils enquêtent sur l'accord que j'ai passé avec Harold avant le procès d'Ava. RACHEL Cet accord n'était pas exactement légal. MIKE Ils veulent que je balance Harvey. RACHEL Je savais que tu aurais dû accepter le poste. MIKE Attends, ça n'a rien à voir du tout avec ça. RACHEL T'en es sûr ? Si tu ne travaillais plus ici, ils ne pourraient pas utiliser pas ton amitié pour Harvey comme moyen de pression. MIKE Parce que tu crois que je me retournerais contre lui, si je ne bossais plus ici ? RACHEL Je crois que tu ne tourneras jamais le dos à Harvey, c'est bien le problème. MIKE Qu'est-ce que tu veux dire ? RACHEL Il voulait que tu restes, je voulais que tu t'en ailles. Tu as choisi de rester. Alors, tes priorités me semblent assez claires. MIKE Non, Rachel, tu peux pas dire ça... RACHEL Attends une seconde. RACHEL S'ils t'accusent de quoi que ce soit, ils devront fouiller dans ton dossier et là, ils se rendront compte que tu n'es pas inscrit au Barreau. MIKE Non, c'est bon. RACHEL Qu'est-ce que ça veut dire, je comprends pas ? MIKE J'ai demandé à Lola Jensen de pirater leur archives et de m'inscrire. RACHEL Quand est-ce que tu comptais me le dire ? MIKE J'étais sur le point de tout te raconter hier soir, mais tu n'avais pas l'air d'être tellement d'humeur à ce que... RACHEL Je crois que je suis pas d'humeur non plus, après ce que tu viens de dire. Ecoute, je vais sortir m'aérer. Pendant ce temps, essaye de trouver quel autre crime tu pourrais commettre pour te sortir de ce pétrin. JESSICA Vous auriez dû m'avertir à la minute même où c'est arrivé. HARVEY Je n'ai pas eu le temps. JESSICA Vous avez eu le temps de voir Allison Holt. HARVEY Je sortais de l'immeuble où elle entrait. JESSICA Allison Holt n'est pas ma préoccupation. Je m'inquiète pour Mike. Si le Procureur continue à fouiner partout, il va découvrir que son témoin-clé n'est pas inscrit au Barreau. HARVEY Non, ça ne risque rien. S'ils fouillent dans les archives, ils verront que Mike est inscrit comme membre du Barreau. JESSICA Vous lui avez fait commettre une nouvelle infraction ? HARVEY Vous voulez que je le dise à voix haute ? JESSICA Non. Je n'y tiens pas. Concentrons-nous sur les vraies questions. HARVEY Il faut s'assurer qu'Harold Gunderson ne dira rien. JESSICA Alors, vous devez en apprendre davantage sur l'homme qui veut le faire parler. Parce que c'est vous qu'il veut. Et vous ne savez ni qui il est, ni ce qu'il fera, ni ce qu'il sait. HARVEY Je sais une chose. S'il avait un commencement de preuve, l'un d'entre nous aurait déjà été arrêté. SCOTTIE Arrêté ? Pour quel motif ? HARVEY On a été questionnés sur l'accord que nous avons conclu avec Bratton Gould dans l'affaire Hessington. SCOTTIE Quelling n'a pas renoncé ? HARVEY Il avait menacé de nous dénoncer au Barreau. Là il s'agit du Bureau du Procureur. SCOTTIE Eh bien, ça n'a d'importance que si les allégations sont fondées. Je n'aurais jamais cru devoir demander ça, mais ces allégations sont-elles fondées ? JESSICA On gère la situation, Scottie. SCOTTIE Je n'ai pas demandé qui la gérait, j'ai demandé si elles étaient fondées. HARVEY HARVEY Scottie ? Scottie ? SCOTTIE Quoi ? Tu vas te montrer charmant, citer des répliques cultes ? Je croyais que tu allais faire de ton mieux ? HARVEY Ecoute-moi, bon sang. J'essaye ! SCOTTIE Alors je crois que tu ne sais pas ce qu'essayer veut dire. HARVEY Ecoute, je sais que... tu as le sentiment qu'on cherche à te maintenir dans l'ignorance de quelque chose. Mais... SCOTTIE Mais quoi ? C'est les affaires ? HARVEY Oui, ce sont les affaires. SCOTTIE Très bien. En tant qu'associée sénior, j'ai besoin de savoir si ce cabinet a enfreint la loi. DONNA Harvey, il faut que je vous parle. SCOTTIE Pas maintenant, Donna. DONNA Si vous voulez que je parle à Stephanie, vous devez me dire maintenant ce que je dois lui demander. SCOTTIE On dirait que c'est "pas maintenant, Scottie". HARVEY HAROLD Mike ? Mike, il faut que je te parle. MIKE Non. Il faut pas qu'on nous voie ensemble. Va-t'en. HAROLD Il faut que tu me parles. Allison m'a viré sans préavis, je sais plus quoi faire, putain ! S'te plaît... MIKE Harold, écoute-moi. Il faut que tu te calmes, d'accord ? LOUIS Harold Gunderson, tu n'es pas le bienvenu. HAROLD Ecoutez, Louis, on est en pleine conversation, alors... LOUIS Eh ben, j'en ai rien à cirer. Mike, faites-moi une fleur. Ne laissez pas cet ex-employé importun entrer dans nos bureaux. MIKE Harold, il faut que tu partes, rentre chez toi. HAROLD Non, attends, Mike ! Je t'en prie. J'ai reçu un appel provenant du Bureau du Procureur, qui me demandait de venir. Je sais pas comment, mais ils savent ce qu'on a fait. MIKE HAROLD Je crois qu'on devrait... MIKE Non, non, Harold, Harold ! Tout ce que je sais à propos de cet accord, c'est que tu nous l'as balancé parce que tu y as vu l'occasion de te venger après qu'on t'ait viré. HAROLD Mike, tu sais que c'est faux. MIKE Je ne veux rien savoir. Ce que tu as fait, c'était dur et vindicatif, mais c'était parfaitement légal parce que c'est toi qui l'as initié. Alors personne ne pourra rien prouver d'autre, tant qu'on gardera bien ça en mémoire. HAROLD HAROLD Je viens de perdre mon boulot. MIKE J'en suis vraiment désolé. J'aurais aimé pouvoir te venir en aide. Ecoute, maintenant il faut que j'y aille. MAN Michael Ross. Harold Gunderson. Vous êtes en état d'arrestation pour complot contre le gouvernement des Etats-Unis. HAROLD GORILLE 1 MAN DONNA Salut... Merci d'avoir accepté de me voir. STEPHANIE Me remercier ne changera rien. Je ne sais rien sur Eric Woodall. DONNA Stephanie, s'il te plaît. Tu sais tout ce qui se passe dans ce bureau. Dis plutôt que tu ne veux rien me dire. STEPHANIE Tu veux savoir quoi ? DONNA Si tu commençais par me dire pourquoi il s'en prend à Harvey ? STEPHANIE Parce qu'il déteste les avocats véreux. Il pense que ce sont les déchets de l'humanité. DONNA Et Harvey est dans le collimateur. STEPHANIE Et tu sais pourquoi vous ne l'avez pas vu venir ? Parce que la dernière affaire qu'il a gagnée lui a pris quatre ans. DONNA Tu veux dire que rien ne pourra l'arrêter ? STEPHANIE Pour ce que j'en sais. DONNA Alors on doit savoir ce qu'il a sur nous. STEPHANIE Hors de question ! Quand ils ont arrêté votre petit jeune, je te l'ai dit. Et je risque de perdre mon boulot pour ça. DONNA Tu as quelque chose de bien plus important que ton travail, grâce à moi. STEPHANIE Tu comptes me servir cet argument à chaque fois ? DONNA Je te le ressors dans trente secondes, si tu ne me dis pas ce que j'ai besoin de savoir. STEPHANIE STEPHANIE Il n'a rien du tout. Mais le truc, c'est qu'il peut gagner avec un dossier vide. DONNA Tu viens de dire qu'il détestait les avocats véreux et tu crois qu'il enfreindrait la loi ? STEPHANIE Peut-être que oui, peut-être que non. Mais il ne lâchera pas tant qu'il n'aura rien trouvé. SCOTTIE Je veux savoir ce qui se passe. JESSICA Je vous l'ai déjà dit. Harvey et moi avons la situation en main. SCOTTIE Epargnez-moi votre baratin. JESSICA Je ne sais pas comment ça fonctionnait entre vous et Edward Darby, mais entrez encore une fois dans mon bureau de cette façon et ça se passera mal avec moi. SCOTTIE Pour être honnête, j'ai travaillé avec Edward Darby et je ne veux pas revivre ça. JESSICA Vous dépassez les bornes. Votre nom n'est pas sur la porte. SCOTTIE Non. Mais si cette enquête est liée à ce qu'Harvey et vous avez fait, ma réputation sera en jeu. JESSICA Alors allez-vous en, dans ce cas. Je ne vous empêche pas de partir. SCOTTIE Votre clause de non-concurrence m'empêche de le faire. JESSICA C'est ça qui vous entrave ? SCOTTIE Jessica, j'ai déménagé pour vivre à New York, je ne veux pas partir à nouveau. Alors je vais vous poser la question une nouvelle fois. Vous voulez bien me dire ce qui se passe ? JESSICA Je vais vous le dire. L'accord que vous avez passé avec Harvey était prématuré. A l'évidence, si votre collaboration fonctionnait, vous vous adresseriez à lui. Pas à moi. MIKE WOODALL Eh bien... Voyez ce que le chat a ramené... MIKE ça fait deux heures que je suis là. Vous dites que je suis en état d'arrestation, mais... je n'ai toujours pas été interrogé. Je veux appeler Harvey. WOODALL Désolé. Mais c'est impossible. MIKE Alors, ça veut dire que vous n'avez rien contre moi, ni contre personne d'autre. Je connais mes droits. WOODALL Je crains bien que vos droits... ne soient allés heurter de plein fouet ce qu'on appelle le Patriot Act. MIKE La manoeuvre à laquelle vous tentez de recourir ne s'applique qu'aux terroristes. WOODALL Alors c'est une bonne chose qu'il y ait eu des allégations de terrorisme contre les témoins de l'affaire Hessington. MIKE Vos manigances ne vous mèneront à rien. WOODALL De quelles manigances parlez-vous ? Je m'efforce d'être scrupuleux dans l'examen de ces allégations. Essayez d'être patient. Dites-vous qu'Harold Gunderson essaie lui aussi de se montrer patient dans la pièce à côté. WOODALL Vous faites les cent pas... Comme prévu. C'est le premier signe qu'un homme sent qu'il a perdu la bataille. MIKE On appelle ça marcher. WOODALL Appelez ça comme vous voulez. Je sais très bien ce que je vois. MIKE Oui. Moi aussi. Un type qui a épluché des allégations de terrorisme. Et qui n'a rien trouvé du tout. WOODALL Je reconnais que ces rumeurs concernant les témoins n'avaient aucun fondement. Mais ce serait de la négligence de ne pas enquêter sur un Américain qui a des liens avec des personnages douteux. Et on ne sait jamais ce qu'une enquête approfondie sur le passé de quelqu'un peut révéler. MIKE Alors allez-y. Menez votre enquête, que je puisse sortir d'ici. Parce qu'une chose est sûre : tout ça m'ennuie à mourir. WOODALL Oh, j'ai peut-être une solution pour vous. Si je vous laissais regarder la télévision ? Lui, il fait les cent pas. HARVEY JESSICA Vous avez trouvé des infos utiles sur Eric Woodall ? HARVEY J'ai découvert qu'on devait passer à l'offensive. JESSICA C'est-à-dire ? HARVEY Donna a demandé à Mike de compiler tous les éléments de communication liés à cette transaction prouvant qu'Harold nous a contactés le premier et non l'inverse. JESSICA Est-ce que c'est vrai ? HARVEY Vous voulez le savoir ? Après quoi, on va examiner toutes les tactiques utilisées par Woodall dans sa dernière affaire. JESSICA Il n'y en a qu'une ? HARVEY Elle lui a pris quatre ans. JESSICA Il a rongé son os jusqu'à la moëlle... HARVEY C'est pourquoi on va passer à l'offensive. JESSICA Eh bien, j'ai découvert quelque chose, moi aussi. Scottie veut partir. HARVEY Quoi ? JESSICA Elle a évoqué la clause de non-concurrence. HARVEY Que lui avez-vous dit ? JESSICA Que je devais en discuter avec mon associé. HARVEY ça aurait été sympa de sa part d'en discuter avec son associé. JESSICA Elle m'a accusée de tremper dans des affaires louches. Et elle a raison. HARVEY De quoi vous voulez parler ? JESSICA Je vous l'ai déjà dit. Je ne voulais rien savoir à propos de Mike et du Barreau. Et à l'instant, vous me demandez si je veux savoir, pour Mike et Harold. De nouveau, je ne veux rien savoir. Et "je ne veux rien savoir", c'est exactement ce qu'Edward Darby disait. HARVEY On n'est pas comme lui. JESSICA Edward Darby n'a pas commis ces meurtres, mais il les a dissimulés. JESSICA Et j'ai l'impression qu'on ne cesse de faire certaines choses et qu'on passe ensuite notre temps à les dissimuler. HARVEY On n'est pas comme lui. JESSICA Harvey. Que voulez-vous que je dise à Scottie ? HARVEY Si elle n'a pas envie de rester, laissez-la s'en aller. JESSICA QUELLING Qu'est-ce que vous avez foutu ? HARVEY Vous le savez très bien. Je vous ai dénoncé au Barreau. QUELLING Mike Ross et moi on avait un accord. HARVEY Oui mais l'accord est tombé à l'eau quand Mike a été emmené par les services du Procureur pour être interrogé. QUELLING Quoi ? HARVEY QUELLING Je n'y suis pour rien. Je n'ai pas été les voir. HARVEY Je me fous que vous y soyez allé ou non. Tout a commencé quand vous avez accepté un pot-de-vin pour intenter une action en justice contre nous. QUELLING Ensuite, j'ai passé un accord avec Mike. Et jusque-là, j'ai tenu ma parole. HARVEY Vous m'avez mal entendu. Cet accord est caduque depuis qu'ils l'ont arrêté pour l'interroger et qu'ils tentent de l'amener à se retourner contre moi. QUELLING Vous pouvez encore empêcher ça ! HARVEY Oui, mais je ne ferai rien pour vous. QUELLING Ouais, ben dans ce cas, vous feriez mieux de passer le reste de votre vie à surveiller vos arrières. HARVEY Vous avez dit quoi ? QUELLING Vous m'avez entendu. HARVEY Ecoutez-moi bien, salopard, vous avez sorti un flingue et menacé de tuer mon collaborateur. J'en ai rien à foutre que vous ayez eu l'intention de tirer ou non, parce que le coup est parti ! C'est uniquement à cause de vous, que le Procureur s'intéresse à moi. Et si jamais j'ai le malheur d'entendre votre nom à nouveau, je vous jure que je vous retrouverai et vous passerez un très mauvais moment. QUELLING Vous n'êtes rien d'autre qu'un pauvre type qui est monté sur ses grands chevaux. Eh bien, monsieur le pauvre type, je les ai peut-être lancés sur votre piste, mais c'est vous qui avez fait les conneries. HARVEY Quelling, à votre place, je m'en irais. QUELLING LOUIS Rachel, vous avez vu Mike ? RACHEL Non, désolée, je ne l'ai pas vu. LOUIS D'accord. Quelque chose ne va pas ? RACHEL Oui, ça ne va pas. On s'est disputés et je ne l'ai pas vu depuis. LOUIS Moi je ne l'ai pas vu depuis qu'il a parlé à Harold, mais je dois absolument... RACHEL Il a parlé à Harold ? LOUIS Oh... disons plutôt qu'ils se disputaient... pourquoi ? RACHEL Non, rien. Il faut que j'aille parler à Harvey. LOUIS Un petit instant ! Harvey ? ça a un lien avec le fait qu'il a manqué un rendez-vous ce matin ? RACHEL Je ne dirai rien ! LOUIS Rachel. je veux que vous me disiez ce qui se passe tout de suite. RACHEL HARVEY Je sais que vous avez vu ce qui s'est passé dans le hall. Je ne veux pas de commentaires. DONNA Harvey, je ne trouve pas Mike. HARVEY Quoi ? DONNA J'ai essayé par mails, j'ai essayé par textos, j'ai cherché partout : il n'est nulle part où on peut le trouver. LOUIS HARVEY C'est pas le moment, Louis. LOUIS Au contraire, Harvey. Je sais où il est. Il est en état d'arrestation, ainsi qu'Harold Gunderson. HARVEY Il faut y aller tout de suite. WOODALL Laissez-moi tirer ça au clair. Vous aviez une conversation animée, quand on a procédé à votre arrestation. Et vous dites qu'elle n'avait rien à voir avec ça ? HAROLD ça avait tout à voir, au contraire. WOODALL ça signifie que vous essayiez de couvrir vos arrières ? MIKE Non, on avait une conversation animée à propos de vos fallacieuses accusations contre nous. WOODALL Très bien, j'en ai assez de votre petit jeu. C'était votre seul ami dans ce cabinet, vous avez été viré - vous lui avez trouvé un nouveau boulot et c'est pour cela que vous avez été le voir - pour mettre en place cet accord. MIKE Vos informations sont fausses. Ce n'était pas mon ami. J'ai eu l'occasion de lui sauver la mise. HAROLD Mais au lieu de ça, il m'a laissé tomber. C'est pour ça que j'ai entamé cette action en justice. MIKE Alors vous pouvez remballer vos allégations fumeuses parce que j'ai pas l'intention de dénoncer Harvey. HAROLD Je ne balancerai pas Mike. MIKE Et Harold ne me dénoncera jamais. WOODALL On voit que vous avez bien répété. Je vous pose encore la question. Est-ce vraiment ce que vous faisiez dans la rue aujourd'hui ? HAROLD LOUIS Nom d'un chien, vous conduisez comme ma Nanny. Il conduit comme elle, elle a cent-deux ans. HARVEY Détends-toi, Louis. Ray assure. Personne ne conduit plus vite que lui. LOUIS Vraiment, j'arrive pas à croire que j'ai pas été mis au courant de tout ça plus tôt. HARVEY Ecoute, je ne tiens pas à en discuter. Pour l'instant, Mike est en garde-à-vue et on doit le faire sortir. LOUIS Oui et tu dois me raconter ce qui s'est passé. HARVEY Tu me demandes s'il a enfreint la loi quand il a passé cet accord avec Harold ? LOUIS C'est exactement ce que je veux savoir. HARVEY On s'est exposés. LOUIS Alors on a plutôt intérêt à ce que Ray conduise aussi vite que possible. Parce qu'on sait tous les deux ce qui est en train de se passer. WOODALL Je vais vous dire à quoi vous vous exposez. Complot en vue de subornation de témoins, sept ans. Remplir une fausse déclaration sous serment pour étayer vos poursuites, c'est du parjure... deux ans de plus. HAROLD WOODALL Et pour couronner le tout, l'argent... a été transféré outre-mer, ce qui s'appelle... Eh bien, c'est vous l'avocat... remplissez les blancs. MIKE Virement frauduleux. WOODALL Bingo ! Bravo au gagnant, vous remportez... vingt ans supplémentaires. Et vous savez, je m'assurerai personnellement que ça ne sera pas une prison pour criminels en cols-blancs. LOUIS Tout ça est ridicule. Si Harold n'a pas déjà tout balancé, ça sera un miracle. HARVEY Si Harold a tout balancé, le temps qu'on arrive, Mike sera en route pour la prison. LOUIS Il faut que quelqu'un aille lui tenir la main. HARVEY Non, pas "quelqu'un". Toi. LOUIS Tu plaisantes ? Je suis bien la dernière personne au monde qu'Harold Gunderson a envie de voir, à l'heure actuelle. HARVEY Louis, quand on était collaborateurs qui est-ce que tu craignais le plus ? LOUIS C'est facile, ma mère. HARVEY Je voulais dire : au sein du cabinet. LOUIS Daniel Hardman. HARVEY Et qui voudrais-tu voir arriver et s'attaquer à Eric Woodall, si tu étais dans cette pièce ? LOUIS Daniel Hardman. HARVEY Exactement. Oui, peut-être qu'Harold ne t'aime pas, mais il te respecte et il est tout seul. Quand on arrivera là-bas, laisse s'exprimer le Daniel Hardman qui est en toi, amène-le à te faire confiance, et fais-lui fermer sa gueule. DONNA Est-ce que je peux vous parler un instant ? JESSICA Vous avez l'air inquiète. DONNA Savez-vous pourquoi je n'ai pas tiqué quand j'ai découvert qu'Harvey avait engagé un gamin qui n'avait pas fait son droit ? JESSICA Par loyauté envers lui. DONNA Parce que je savais ce qu'il cache au fond de lui. Et j'ai cru que s'il avait un protégé... JESSICA Il aurait pu engager quelqu'un venant d'Harvard. DONNA Mais il n'aurait pas été obligé de le défendre. JESSICA Et il ne serait pas devenu l'homme qu'il est aujourd'hui. DONNA Maintenant ce protégé a de gros ennuis. Mike et Harold Gunderson sont en garde-à-vue. JESSICA Alors Harvey a de gros ennuis aussi. DONNA Non. Mike ne dénoncerait jamais Harvey. JESSICA On ne sait jamais ce que les gens peuvent faire, une fois qu'ils sont placés en garde-à-vue. DONNA Pas maintenant, Scottie. SCOTTIE Donna, je ne fais que... lui écrire un mot lui disant que je veux lui parler. DONNA Lui parler ? Est-ce que vous vous rendez compte des efforts qu'il fait ? SCOTTIE Je sais qu'il fait des efforts. Seulement, je ne suis pas sûre que ce soit suffisant. DONNA Vous saviez quel homme il était. SCOTTIE Je pensais qu'il allait changer. DONNA Je trouve qu'il a changé. Et si ce n'est pas suffisant à vos yeux, alors... SCOTTIE Vous ne comprenez pas. Je trouve qu'il a trop changé, justement et je crois que c'est arrivé avant que je ne revienne. DONNA C'est quelqu'un de bien, Scottie. Il n'est pas parfait. Parfois, il faut se contenter de ce qu'on a. Ou laisser tomber. WOODALL Des scientifiques ont fait une expérience, il y a quelques années. Ils ont choisi cinq souris, les ont mises en cage et leur ont donné juste de quoi survivre. Vous savez ce qui s'est passé ? MIKE WOODALL Une par une, elles ont coincé la souris la plus faible... et l'ont mangée vivante. MIKE WOODALL Vous savez ce que vous serez, quand vous serez en prison, Mike ? MIKE WOODALL La souris la plus faible. MIKE C'est des conneries ! WOODALL MIKE Ils ont fait des recherches et je les ai lues et ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. La seule raison pour laquelle une souris en mange une autre, c'est si elle a été contaminée par une autre espèce. WOODALL Ouais, vous avez raison, c'est des foutaises. Mais vous savez qui m'a cru, quand je lui ai dit ça il y a à peine cinq minutes ? Harold. On dirait que votre temps est écoulé. Harold est prêt à parler. Vous avez quelque chose à me dire ? MIKE WOODALL WOODALL Dites-le lui avant qu'il ne change d'avis. HARVEY Je demande à voir mon client. WOODALL Vous le verrez. Mais je ne le laisserai pas sortir. Dans cinq minutes, je retournerai le voir avec un rouleau-compresseur. LOUIS Pas si vite. Je demande à voir mon client. Et mon client n'est pas Mike Ross. C'est Harold Gunderson. WOODALL Et vous êtes... ? LOUIS Louis Litt, Pearson Specter. WOODALL ça veut dire qu'un homme qui travaille dans le cabinet accusé d'être de mèche avec Harold, se trouve comme par hasard être aussi son avocat ? LOUIS C'est exactement ce que je veux dire. WOODALL C'est des conneries ! LOUIS Non. Ce qui l'est par contre, c'est que vous croyez pouvoir décider qui représente Harold Gunderson. WOODALL Donc, si j'entre là-dedans et que je lui demande qui est son avocat, il va dire que c'est vous ? LOUIS Peu importe ce qu'il dira. Article quatre-cent-sept. LOUIS Si vous ne me laissez pas voir mon client, tout ce qu'il dira passé cet instant deviendra irrecevable. Et j'accumulerai les plaintes pour violation du Quatrième Amendement contre vous jusqu'à la fin de vos jours. MIKE HARVEY Si tu voulais un peu de temps libre, tu n'avais qu'à demander. MIKE J'espère que vous avez de bonnes nouvelles, sinon je vais avoir plein de temps libre devant moi. Harvey... Ce type, Woodall, il est sérieux. HARVEY Eh bien, je le suis aussi. MIKE Alors pourquoi je suis encore là ? HARVEY Parce qu'on doit attendre Louis. MIKE Louis ? Il doit... faire quoi ? HARVEY Convaincre Harold de se taire. MIKE Nom d'un chien. Louis est avec Harold ? Harold déteste Louis ! HARVEY C'est notre meilleur atout. MIKE On fait quoi, maintenant ? HARVEY On attend. HAROLD Louis, qu'est-ce que vous faites là ? LOUIS D'abord : comment vous allez ? HAROLD A votre avis, je vais comment ? J'ai l'impression d'avoir atterri en Enfer ! LOUIS Eh bien, la cavalerie vient d'arriver. HAROLD Je n'ai pas besoin de la cavalerie. J'ai décidé de sortir de là. LOUIS Vous ne pouvez pas signer d'aveux... Votre carrière d'avocat serait terminée. HAROLD Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Vous m'avez viré en tant qu'avocat. Et tout d'un coup, vous êtes mon meilleur ami parce que vous avez besoin de moi ? Allez vous faire voir, Louis ! LOUIS D'accord. LOUIS Vous savez quoi ? Vous avez raison. Je ne suis pas votre ami. Je ne l'ai jamais été. Mais il y a une chose que je sais, c'est que je ne vous ai jamais menti. Vous avez une chance de sortir d'ici aujourd'hui... comme si rien ne s'était passé. Et tout ce que vous avez à faire, c'est de me faire confiance. HAROLD Vous n'avez aucune idée du type auquel vous vous confrontez. LOUIS Vous croyez ? A votre avis, comment je suis entré ? HAROLD D'accord. Vous voulez que je vous dise ? Je suis bien content que vous soyez sur ce dossier. Parce que si je leur donne pas Mike, je risque de passer le reste de ma vie en prison. JESSICA On ne paye pas les avocats à regarder par la fenêtre. RACHEL JESSICA J'ai aussi du mal à me concentrer. RACHEL J'aimerais qu'on puisse faire quelque chose. JESSICA Rachel... Si cette affaire devait aller jusqu'au procès, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour le remporter. Mais il reste encore deux minutes de match et nos meilleurs joueurs sont sur le terrain. RACHEL JESSICA Alors, pour l'instant, on doit leur faire confiance. RACHEL On ? JESSICA Oui. Vous allez travailler ici. Vous allez faire partie de la famille. Et la meilleure façon de faire connaissance avec sa famille est d'être auprès d'elle quand les gens qui lui sont chers ont des ennuis. RACHEL On va attendre combien de temps ? JESSICA Autant qu'il le faudra. MIKE J'aimerais vous parler de ma stratégie de défense. HARVEY C'est ça, ta stratégie de défense. Si ça ne fonctionne pas, je crois que tu voudras un autre avocat que moi. MIKE Je me fiche totalement de ce qu'Harold peut balancer sur moi. Je balancerai rien sur vous. HARVEY Je vais te raconter une histoire. MIKE J'ai pas envie de l'écouter. HARVEY C'est à propos du jour où j'ai décidé de tout balancer à mon père. MIKE HARVEY Tu te souviens, ce dont je t'ai parlé ? MIKE Harvey... HARVEY J'avais vingt ans, j'avais quitté la maison. J'ai dit à ma mère que je ne dirais rien à mon père, tant qu'elle ne ramènerait personne chez nous. HARVEY Un jour, je suis rentré laver mon linge. Et j'ai entendu... J'ai entendu. Et ensuite, j'ai vu. Je l'ai dit à mon père ce soir-là. MIKE HARVEY Parce que, parfois, il vaut mieux tout dire. MIKE Elle l'avait mérité. HARVEY Comme moi aujourd'hui. MIKE Toute cette histoire, c'était mon idée. HARVEY Mais je t'ai donné le feu vert. C'est moi que Woodall veut. MIKE Mais il ne vous aura pas ! HARVEY Si. MIKE Non ! HARVEY Et je te dis... MIKE Je me fous de ce qui se passe à côté, j'ai pas l'intention de vous dénoncer. HARVEY Ne sois pas idiot ! MIKE Soyez pas un connard ! HARVEY Ecoute-moi bien, petit con. Je viens de te donner la permission de... MIKE J'en ai rien à foutre de ce que vous me la donniez ! HARVEY J'ai engagé un imposteur. On a franchi les limites, avec Clifford Danner. Ensuite, avec Lola Jensen. Et après ça, avec ces témoins. Enfin, pour couronner le tout, il y a cette subornation de témoin avec Edward Darby. Si jamais on en arrive là, tu me désignes comme responsable. C'est clair ? MIKE Alors espérons qu'on en arrive pas là. LOUIS C'est terminé. Alors on se tire de là. HAROLD Salut, Mike, est-ce que ça va ? MIKE WOODALL Monsieur Specter ! HARVEY Eric ? WOODALL Ce n'est pas parce que vous empêchez Gunderson de témoigner que je vais laisser tomber l'affaire. HARVEY Alors continuez. Et je vous attaquerai pour poursuites abusives. WOODALL Vous n'avez aucune preuve de cela. HARVEY Vous avez arrêté mon client, il est resté ici pendant quatre heures, et votre registre n'indique aucun appel sortant pour me contacter. Le tout, sur la base d'une accusation de terrorisme montée de toutes pièces. Si ça, ce n'est pas abusif, je ne sais pas ce qui l'est. WOODALL WOODALL Vous pouvez dire ce que vous voulez. Vous êtes un avocat véreux. Et je vous ai dans le collimateur. HARVEY Si je suis un avocat véreux, c'est que vous regardez dans un miroir. RACHEL MIKE Je suis désolé. RACHEL J'ai cru que j'allais jamais te revoir... MIKE T'inquiète pas, ça va aller. RACHEL HARVEY Salut chérie, je suis de retour. JESSICA Tu as pensé à passer prendre les enfants à l'école ? HARVEY Ouaip. Le petit dernier commence à être une vraie plaie, d'ailleurs. JESSICA Je suis contente de vous revoir. HARVEY Je suis content d'être là. JESSICA A quoi pensez-vous, Harvey ? HARVEY Vous aviez raison. On se conduit comme Edward Darby. JESSICA Je sais. Nous devons redevenir nous-mêmes. HARVEY Avez-vous parlé à Scottie de notre décision ? JESSICA Non, j'ai pensé que vous souhaiteriez la lui annoncer vous-même. HARVEY Salut. SCOTTIE Salut. HARVEY Je te sers un verre ? SCOTTIE C'est ce qu'ils font dans Mad Men, non ? HARVEY On a annulé la clause de non-concurrence : on te laisse partir. SCOTTIE Et pour l'admission ? HARVEY On se chargera de l'admission. SCOTTIE Harvey, je euh... HARVEY Mike Ross n'a jamais fait son droit. Je le savais et je l'ai engagé quand même. SCOTTIE Pourquoi tu me le dis maintenant ? HARVEY Parce que tu as accusé Jessica... d'être comme Edward Darby. C'était pas elle. C'était moi. SCOTTIE ça ne change rien, je dois partir. HARVEY Je sais. Seulement, je veux arrêter de mentir aux personnes que j'aime. SCOTTIE HARVEY Je suis désolé. DONNA HARVEY Je lui ai dit. DONNA Je sais. HARVEY Elle ne dira rien à personne. DONNA Je sais. HARVEY Elle s'en va. DONNA Je sais. HARVEY DONNA Harvey... HARVEY DONNA Vous êtes quelqu'un de bien. HARVEY Vraiment ? J'ai dénoncé Quelling au Barreau. J'ai déversé toute ma colère sur lui. Il ne méritait pas ça. DONNA C'est pour ça que j'ai tout arrêté. HARVEY De quoi vous voulez parler ? DONNA Vous croyez sérieusement que Stephanie Liston est la seule personne qui ait une dette envers moi ? HARVEY ça ne fait pas de moi quelqu'un de bien. Ça fait de vous quelqu'un de bien pour moi. DONNA Harvey... Parfois, on a besoin d'aide. HARVEY HARVEY C'est un grand jour. MIKE Quelle horrible journée. HARVEY Elle s'est bien terminée. MIKE Merci. Avec Louis, vous avez... vraiment assuré. HARVEY Toi aussi. HARVEY Ecoute, je sais à quoi tu penses. MIKE Vous en savez rien. HARVEY Tu ne veux pas aller en taule. MIKE Harvey. Quand j'étais assis dans cette pièce, tout à l'heure, je vous ai écouté me dire que depuis le jour où on s'est rencontrés, vous avez dû transgresser les lois, les unes après les autres. HARVEY Mike... MIKE Non, ne... Laissez-moi finir. HARVEY MIKE D'abord, il y a eu Clifford Danner. Et les témoins. Ensuite, surbornation de témoin. Sans parler des dix-septs infractions qu'on a commises dès le départ pour empêcher la fusion. Et tout ça depuis que vous m'avez engagé. HARVEY Ecoute... ce n'est pas... du tout ce que j'ai dit. MIKE Si, ça l'est. HARVEY Je ne te reprochais rien de tout ça. MIKE ça ne change rien. HARVEY MIKE Je commence à en avoir marre de mettre en danger les gens que j'apprécie. J'ai appelé Jonathan Sidwell, cet après-midi. J'ai accepté son offre. HARVEY On vient de s'en sortir. MIKE Harvey. Vous m'avez autorisé à vous désigner comme coupable. Vous m'avez autorisé à partir. HARVEY MIKE Vous êtes quelqu'un de bien, Harvey. HARVEY Merci. MIKE MIKE HARVEY Au fait. C'est quand, ton dernier jour ? MIKE J'en sais rien. Pourquoi ? HARVEY J'aimerais t'emmener à dîner. Etant donné que je ne vais plus te voir. MIKE Je ne sais pas si vous rendez compte, mais... je ne vais pas vraiment m'en aller. HARVEY Sidwell. Tu es un client. MIKE Ce qui veut dire que vous allez travailler pour moi, maintenant. HARVEY C'est hors de question. MIKE C'est hors de question, "patron" ! HARVEY N'y songe même pas. MIKE Ou monsieur. Ce qui vous sera le moins agréable à dire. HARVEY Vu que je travaille désormais seul, tu peux m'appeler Superman. MIKE Ou Aquaman. Vous êtes dedans jusqu'au cou.