ALICIA_PEREA ANA_GOMEZ ANTONIO_RODRIGUEZ CLARA_TOSCANO CLAUDIO_LOZANO DAVID_MARQUEZ SEBASTIAN_CELESTINO ESTHER_RODRIGUEZ FERNANDO_MARMOLERO FERNANDO_WULFF MARIA_MARTIN JOURNALISTE_1 JOURNALISTE_2 NARRATEUR NARRATRICE NARRATRICE Selon les livres anciens, l’extrême sud de l’Europe abrite un lieu extraordinaire, là où l’Atlantique rencontre la Méditerranée ALICIA PEREA Tarsis était un endroit mythique, abondant et très riche, où tout le monde voulait aller pour profiter de ces immenses richesses. NARRATRICE Datant d’il y a presque 3000 ans, Tarsis, ou Tartéssos, est considérée comme la première civilisation occidentale. Son histoire et ses mystères attirent autant les chercheurs que les touristes. CLARA TOSCANO Tartéssos offre aussi bien un angle mythologique et littéraire qu’une réalité archéologique. NARRATRICE Dès le tout début, mythe et réalité se sont entremêlés et certains historiens ont confondu Tartéssos et l’Atlantide. Mais existe-t-il réellement une cité cachée à découvrir ? FERNANDO WULFF Une cité perdue est un rêve merveilleux. NARRATRICE Aujourd’hui, sur le site de Casas del Tourouniouelo [cassass del tourouniouelo], dans la province de Badajoz [badaross], les spécialistes cherchent des réponses. SEBASTIAN CELESTINO On est vraiment surpris de l’état de conservation, 2500 ans plus tard, de ce type de constructions en adobe. ESTHER RODRIGUEZ Le rêve de tout archéologue. NARRATRICE Qui étaient les Tartessiens ? Quelles traces ont-ils laissées ? Pourquoi ont-ils disparu ? Est-ce une légende ou ont-ils existé ? Ainsi commence notre voyage pour Tartéssos, une civilisation perdue. CLAUDIO LOZANO Je m’appelle Claudio Lozano Guerra-Librero. Ma soif d’aventure m’a mené, dès le plus jeune âge, à devenir plongeur. J’ai repéré d’importantes épaves et exploré les profondeurs. Grâce à ma passion pour l’histoire et les antiquités, j’ai obtenu mon doctorat en archéologie sous-marine à l’université de Huelva. Je perçois une subvention de la National Geographic Society, et après des années de voyage, j’embarque aujourd’hui pour cette quête fascinante. NARRATRICE Au neuvième siècle avant Jésus-Christ, le Moyen-Orient domine le monde. Les Phéniciens, des commerçants nés, se trouvent parmi les peuples les plus avancés. À cette période, leurs navires atteignent le sud de la péninsule ibérique et ils rencontrent le peuple autochtone vivant à l’embouchure du Guadalquivir. SEBASTIAN CELESTINO Tartéssos, ce n’est pas seulement des peuples indigènes et des Phéniciens. C’est un mélange de cultures. NARRATRICE Pendant cinq siècles, Tartéssos prospère et se développe. CLAUDIO LOZANO Nous sommes à Casass del Tourouniouelo de Gouarenia à Badaross. Le terrain est plat et parsemé de petites buttes comme celle-ci. L’une des plus grandes découvertes archéologiques de l’histoire du bassin méditerranéen a eu lieu ici. Ce qui devait être une simple exploration en 2014 s’est transformé en l’un des principaux sites de l’histoire de Tartéssos. De nouvelles découvertes sont faites à chaque campagne de fouilles. NARRATRICE Ce site archéologique est le dernier en date de Tartéssos. Esther Rodriguez était présente lors de sa découverte et en est aujourd’hui la co-directrice. ESTHER RODRIGUEZ Casass del Tourouniouelo nous a permis de relier Tartéssos à la vallée du Gouadiana. On s’est longtemps demandé si Tartéssos s’était arrêtée au Gouadalquivir après une crise au sixième siècle ou si elle avait survécu au-delà. NARRATRICE Les Tartéssiens se sont répandus à travers la vallée du Gouadalquivir, l’Alènetéro et l’Algarve au Portugal, mais également plus au nord, vers le Gouadiana. NARRATRICE Sebastiáne Célestino, du Conseil supérieur de recherche scientifique, est aussi responsable des fouilles. Comme Casass del Tourouniouelo se trouve dans une zone inhabitée, les vestiges ont été bien préservés. SEBASTIAN CELESTINO Ce que l’on pensait être une troisième pièce partant du hall s’est avéré être ce large escalier qui s’ouvre sur le patio. C’est une magnifique construction, fermée de chaque côté par des murs de pierre bien taillée et peints en rouge. Ensuite, un sol en ardoise nous guide jusqu’à l’entrée principale. C’est un site extraordinaire. JOURNALISTE 1 Dans le village de Gouadiana, à Badaross, des archéologues ont découvert un bâtiment unique de la culture Tartéssienne. NARRATEUR Les chercheurs tentent de démêler le vrai du faux entre légende et histoire à Tartéssos. JOURNALISTE 2 Nouvelles découvertes à El Tourouniouelo : Les restes de seize chevaux comme une offrande aux dieux. Un dernier sacrifice avant de quitter les lieux. NARRATEUR Archéologie de la grande hécatombe tartessienne. CLAUDIO LOZANO Le mot « hécatombe » résonne dans ma tête. Je suis stupéfait d’imaginer ce que les Tartéssiens ont fait il y a 2000 ans, juste avant de quitter les lieux. Des sources anciennes mentionnent des sacrifices d’animaux au nord de la péninsule, mais jamais aucune hécatombe, aucun sacrifice d’animaux de grande ampleur, n’avaient été documentés dans le bassin méditerranéen au premier âge du fer. Sur le site de Tourouniouelo, il y a plus de cinquante squelettes, la majeure partie étant des chevaux, des mules et des ânes, tous au même endroit. La plupart de ces squelettes sont entiers. CLAUDIO LOZANO Voici le spécimen le mieux conservé. Les chercheurs l’appellent Fèrmíne. Lui et d’autres chevaux ont été trouvés allongés dans des positions particulières. NARRATRICE Pourquoi faire une telle chose ? Tout brûler et quitter les lieux ? Pourquoi sacrifier tous ces chevaux et les coucher avec précaution ? Personne ne sait. CLAUDIO LOZANO Je cherche des indices à l’école vétérinaire de Cácérès. María Martín Couervo fait partie de l’équipe vétérinaire. Nous inspectons ensemble un lot d’os vieux de 2500 ans. Ces images vont nous permettre d’étudier ces vestiges si fragiles sans avoir à les manipuler. MARIA MARTIN Lorsqu’on mange un animal, on utilise un couteau pour racler la viande et on laisse des traces sur les os. Dans ce cas précis, il n’y a aucune trace, donc ces animaux n’ont pas été consommés. Ils les ont laissés dans une position particulière, mais ne les ont pas mangés. À cette époque, posséder un cheval était comme posséder une voiture de luxe. C’est comme si on achetait cinquante voitures de luxe et qu’on décidait de les enterrer et de les brûler. C’est assez difficile à expliquer à notre époque. NARRATRICE Le sacrifice d’un si grand nombre d’animaux et la façon dont leurs propriétaires se sont enfuis ne font qu’ajouter au mystère. À El Tourouniouelo, les archéologues continuent leur recherche d’indices. Après avoir fouillé le premier étage, ils se concentrent sur le couloir faisant le tour de l’aile sud. Au rez-de-chaussée, ils n’ont exploré que le patio central et les autres parties doivent encore être fouillées. SEBASTIAN CELESTINO Ça, c’était la première partie. CLAUDIO LOZANO Je vois. SEBASTIAN CELESTINO Nous avons trouvé un endroit fortifié et plus de deux-cents assiettes, ce qui nous a surpris. Nous avons compris l’importance de cette pièce et nous avons trouvé cette baignoire. En plus d’être originale, car elle est unique, nous avons remarqué qu’elle avait été construite à base de mortier de chaux, ce qu’on n’avait encore jamais vu. Tourouniouelo marque la révolution technologique de Tartéssos. Nous ne savions pas qu’ils possédaient déjà des techniques si avancées au cinquième siècle avant Jésus-Christ. NARRATRICE En fouillant les couloirs, ils ont trouvé de grands vases décoratifs, ainsi que d’autres pièces. ESTHER RODRIGUEZ Nous avons eu la surprise de trouver des fragments de cette pièce, très similaires à la baignoire que nous avons vue tout à l’heure. Dans ce cas précis, une bonne partie des motifs décoratifs a été conservée, ce qui est plutôt inhabituel au vu de la chronologie et de l’environnement tartessiens car les éléments iconographiques sont rares dans cette culture. CLAUDIO LOZANO C’est le seul fragment ? ESTHER RODRIGUEZ Non, il y en a plein d’autres. NARRATRICE Le site de Tourouniouelo est très bien conservé car, avant leur départ il y a 2500 ans, les habitants l’ont recouvert d’argile. Pour travailler dans un tel environnement, il faut être extrêmement précautionneux. CLAUDIO LOZANO D’après les prévisions météorologiques, il va pleuvoir. La majeure partie du site est faite d’adobe et la pluie pourrait le détruire. Nous devons prendre des précautions. CLAUDIO LOZANO Nous nous arrêtons là pour aujourd’hui et nous ne savons pas quand nous pourrons reprendre. NARRATRICE À moins que d’autres indices ne permettent de démêler le vrai du faux entre légende et réalité, le mythe de Tartéssos, le riche Occident, continue d’être alimenté. La cité perdue a-t-elle réellement existé ? Tartéssos est le nom donné par les Grecs à une civilisation située dans l’ouest du bassin méditerranéen datant d’il y a presque 3000 ans. Grâce aux mines de métaux, les peuples autochtones et les Phéniciens y ont conjointement établi une culture unique et très avancée. SEBASTIAN CELESTINO Lorsqu’une culture n’est pas très connue, elle attise un certain intérêt car de nombreux mystères restent à révéler. NARRATRICE L’intérêt scientifique pour Tartéssos a commencé à grandir au début du vingtième siècle, notamment grâce à l’attrait provoqué par une culture unique en plein essor qui a amené certains des premiers chercheurs à imaginer des choses qui n’ont jamais pu être prouvées, ce qui n’a fait qu’alimenter la légende. CLARA TOSCANO C’est la première civilisation de cette terre, nos premiers ancêtres. NARRATRICE Une grande partie de la richesse tartessienne reposait sur le commerce de métaux. Les mines étaient éloignées de la côte et nécessitaient une plateforme logistique. Clara Toscano dirige les fouilles archéologiques du site de Tejada la Vieja [terada la viera]. CLARA TOSCANO À l’époque, cet endroit était prisé par tout le monde oriental pour ses minéraux. Tejada est un oppidum, une ville fortifiée datant de l’époque des Tartessiens et des Turdétans, dont la taille témoigne de l’importance et révèle de nombreuses informations sur les caractéristiques sociales de ses habitants. CLARA TOSCANO Cette rue était l’une des plus longues. Ce site est un exemple d’aménagement urbain avant les Romains. Les gens pensent que l’urbanisme n’est arrivé qu’avec les Romains, mais on a la preuve que non. CLAUDIO LOZANO Terada la Viéra mesure dix hectares. Aujourd’hui, seulement un hectare a été mis au jour, et uniquement en surface. En regardant la cité, je pense à son ampleur et au raffinement des Tartéssiens. CLARA TOSCANO Au nord, dans cette petite vallée, se trouve Pata del Caballo, l’endroit offrant le meilleur accès à la ceinture pyriteuse ibérique. À l’est, il y a Aznalcólar, également très riche en minéraux. Et enfin l’embouchure du Guadalquivir, près de Coria del Río, et à l’ouest, Niébla et Huélva, portes de sortie vers l’Atlantique de toute cette richesse minérale. Elles relient l’arrière-pays, la région minière, aux mondes méditerranéen et atlantique. NARRATRICE L’importance de Tartéssos réside dans l’or et les métaux qui s’y trouvent. Les premiers colons avaient déjà connaissance de la richesse minérale de cette région. Le Río Tine’to longe la plus grande exploitation minière à ciel ouvert d’Europe. CLAUDIO LOZANO Magnifique. Une partie de ce site est exploitée, mais l’autre peut se visiter. J’ai rendez-vous avec David Márquez, qui connait bien le parc minier, pour en apprendre davantage sur l’origine de ce métal. Là où les Tartéssiens ont commencé à prospérer. DAVID MARQUEZ Les zones les plus en hauteur sont moins accessibles en voiture, mais on va tout de même essayer et on finira à pied. CLAUDIO LOZANO Nous nous arrêtons au site situé juste au-dessus de la source du Río Tine’to. DAVID MARQUEZ Les gens parcouraient cette zone et y vivaient également. Cette couleur distinctive était associée à l’exploitation du cuivre. CLAUDIO LOZANO Du cuivre natif, proche de la surface. DAVID MARQUEZ Tout à fait. C’était idéal. Parfait. Nous sommes mineurs. Nous faisons fondre des métaux. C’est dans nos gènes. CLAUDIO LOZANO Dans vos gènes, vraiment ? DAVID MARQUEZ C’est ce qui détermine notre personnalité et nos caractéristiques. CLAUDIO LOZANO C’est fascinant que cette mine soit continuellement exploitée depuis 5000 ans. La plus ancienne au monde. DAVID MARQUEZ La plus ancienne n’ayant jamais existé. Elle est unique en son genre. CLAUDIO LOZANO David, il y a un tronc d’arbre. Pouvons-nous le passer ? DAVID MARQUEZ On va essayer. CLAUDIO LOZANO Vous êtes trop près. Continuez. Attendez. Nous continuons à pied. J’espère trouver des traces des premiers miniers tartéssiens dans la partie la moins accessible de la montagne. CLAUDIO LOZANO Voici une trace. Encore une. Ici aussi. Il y en a partout. CLAUDIO LOZANO Cette zone n’a presque pas bougé, c’est l’un des rares endroits du parc minier à être encore intact. Le paysage qui existait déjà quand le premier peuple a exploité des métaux à Tartéssos était composé de roches du même type. Le rouge qu’on voit, c’est de l’oxyde de fer, qui témoigne de la présence de métaux. Ce type de roche leur servait à faire des trous d’essai. On a vu des trous très profonds, car les hommes devaient creuser pour trouver du minerai comme de la malakite ou du cuivre natif. C’est l’esprit originel des débuts de la métallurgie. À certains endroits, on peut voir l’emplacement exact de l’impact des outils miniers. Ici, on peut le voir très clairement. NARRATRICE L’extraction du minerai, son traitement en vue d’obtenir divers métaux et son transport jusqu’à la côte devaient être une vraie prouesse logistique pour les Tartéssiens. Le minerai était essentiel pour leur évolution et leur prestige. Notre intérêt pour les civilisations anciennes nous ramène en 1873, lorsque l’Allemand Heïnrich Schlimann met au jour la cité mythique de Troie sur les indications de l’Iliade d’Homère. C’est à partir de ce moment que Tarsisse, ou Tartéssos, commence à prendre forme. ALICIA PEREA La philologie et les textes gréco-latins, tout comme la Bible, décrivent Tarsisse comme étant un lieu mythique, fertile et riche, c’est pour cette raison qu’il était considéré comme le riche Occident où tout le monde voulait aller. C’était une explication très simple mais convaincante. NARRATRICE Alicia Péréa est experte en orfèvrerie de l’Âge du Bronze et de l’Âge du Fer. D’après elle, certaines nécropoles du sud-ouest de l’Espagne présentent des objets à l’iconographie inconnue dans la péninsule, ce qui appuie l’existence du « riche Occident ». ALICIA PEREA Cette idée de richesse était très attrayante pour les archéologues de l’époque et les personnes qui n’étaient pas spécialistes comme le sont les historiens et les archéologues, donc Tartéssos s’est imposée à l’archéologie. FERNANDO WULFF À cette époque, il existait une différence entre les sources qui mentionnaient Tartéssos, qui étaient très confuses et contradictoires, et ce qui avait été trouvé. Ce n’était pas aussi percutant que ce qu’ils espéraient. Qu’est-ce qui les aurait choqués ? La cité. NARRATRICE Fernando Woulff enseigne l’histoire antique. Selon lui, au début du vingtième siècle, frappé par la découverte de Troie, un jeune Allemand est parvenu à mettre au jour une autre cité perdue. Il s’appelait Adolf Schoultèn. FERNANDO WULFF Schoultèn voulait découvrir quelque chose. Il était obsédé par la recherche et était un chercheur infatigable qui utilisait toutes les ressources à sa disposition pour réaliser son rêve. Il pensait pouvoir mettre au jour la cité de Tartéssos. Il l’imaginait comme étant une énorme cité et la considérait comme la plus ancienne culture occidentale. Un empire que, à l’aide de ses sources, il a étendu à sa guise dans le temps et dans l’espace. Si on regarde les choses dans leur ensemble, le rôle de Schoultèn a été d’encourager les gens à réfléchir à ces questions. CLAUDIO LOZANO Adolf Schoultèn voulait trouver Tartéssos, sa cité perdue. Pour y parvenir, il a cherché des indices dans les textes anciens. L’un d’eux s’appelait Ora Maritima, écrit par le poète latin Aviénousse, au quatrième siècle après Jésus-Christ. Le poème d’Aviénousse raconte l’histoire d’une quête menée par un marin marseillais presque mille ans plus tôt. Ce marin, venu de l’Atlantique et passant à côté de Tartéssos, rentre par la Méditerranée. Schoultèn s’est fié à la description détaillée de la côte et du trajet pour atteindre son objectif. Au début du vingtième siècle, George Bonnesore, un nouvel acteur clé, rejoint la quête de la cité perdue de Tartéssos. Je me dirige vers le château de Mahiréna del Alcor, où il a vécu et travaillé toute sa vie. Je dois y rencontrer Ana Gómez, qui est responsable de son patrimoine. Depuis combien de temps vivez-vous ici ? ANA GOMEZ Vingt ans. NARRATRICE George Bonnesore était franco-britannique. Il est né dans une famille aisée et a reçu une éducation cosmopolite. À la fin du dix-neuvième siècle, il se rend en Andalousie pour peindre, attiré par le romantisme. Mais à Carmona, une révélation archéologique le pousse à rester. CLAUDIO LOZANO Ici, on est dans la vallée de Carmona ? Son site archéologique ? ANA GOMEZ Exactement, son site archéologique. C’est ici qu’il a établi des liens avec la civilisation tartessienne. NARRATRICE En 1902, George Bonnesore achète ce château 2000 pesetas et y établit son foyer, son bureau et un musée. Autodidacte et méticuleux, il devient un pionnier de l’archéologie. ANA GOMEZ Il a fait le levé topographique de cette région et l’a cartographiée avec précision. Il a rassemblé des informations, les a étudiées et a publié ses travaux. C’était de la recherche scientifique. CLAUDIO LOZANO Il avait ses méthodes. ANA GOMEZ Ses méthodes. Et il photographiait son travail. Il a également réalisé des dessins à l’aide de divers topologies et systèmes. NARRATRICE George Bonnesore a également été séduit par la possibilité de trouver Tartéssos. CLAUDIO LOZANO Tartéssos était son obsession ? ANA GOMEZ Plus qu’une obsession, c’était un objectif. Lorsqu’il a commencé à fouiller à Los Alcorès, il a dit : « Si j’en crois les informations que j’ai rassemblées jusqu’ici, il semblerait qu’il y ait eu des colonisateurs phéniciens ou des peuples orientaux. » Puis il a commencé à se concentrer sur l’étude de Doniana, à Huelva. À l’aide de ses sources, il a essayé de localiser les sites décrits dans la philologie de l’époque. CLAUDIO LOZANO Ce n’est pas la mer, mais l’estuaire de Huelva, où le Río Tine’to, l’Odiél et le Gouadalquivir à Doniana, avec leur réseau de canaux et de marais, forment un labyrinthe. Localiser cet endroit en suivant les textes classiques a dû être un vrai défi pour Adolf Schoultèn. FERNANDO WULFF Schoultèn jouissait d’un certain prestige, et il était bien connu pour s’être approprié l’histoire antique espagnole en Europe. Bonnesore considérait peut-être Schoultèn comme un opportuniste car il essayait de faire son travail. NARRATRICE Schoultèn avait le nom et Bonnesore les compétences. Malgré leur rivalité, ils n’ont eu d’autre choix que de coopérer. FERNANDO WULFF Le conflit se résumait à qui aura le mérite auprès du monde franco-britannique et du monde allemand. Cette alliance pouvait éclater à tout moment. NARRATRICE En 1923, les deux pionniers se rendent à El Cérro del Trigo dans l’espoir de trouver la cité perdue de Tartéssos. CLAUDIO LOZANO Au début du vingtième siècle, Doniana joue un rôle clé dans la recherche de Tartéssos. Adolf Schoultèn et George Bonnesore pensent que c’est à cet endroit que se trouve la richesse de la première civilisation occidentale. Nous profitons de la marée basse pour traverser rapidement Matalascaniasse. Je suis accompagné de deux chercheurs qui connaissent bien la région. Nous allons essayer d’atteindre l’endroit où les deux pionniers ont tenté de compléter leurs recherches. Dans la zone côtière de Doniana, deux éléments prédominent : le vent et le sable. Le sable s’accumule en monticules pouvant atteindre trente mètres de haut et le vent d’est souffle fort en moyenne deux-cents jours par an. Comme dans le désert, les dunes se déplacent, et ce qui est visible aujourd’hui peut être entièrement recouvert demain. NARRATRICE Antonio Rodríguez considère Doniana comme sa deuxième maison. Ses ancêtres ont gardé cette réserve naturelle de génération en génération. En tant que géologue, il étudie l’évolution de ce paysage. ANTONIO RODRIGUEZ Cet endroit s’appelle Cérro del Trigo. Cérro del Trigo est juste ici. Entre Cérro del Trigo et La Algahida [la algaïda], il y a 2500 ans, il y avait cette vaste étendue de mer, d’autres îles et toute cette zone est apparue bien plus tard. Elle s’est développée plus tard, il y a moins de 2000 ans. Lors des fouilles, ils ont trouvé entre un mètre et demi et deux mètres de sable éolien au-dessus. CLAUDIO LOZANO Je vois. ANTONIO RODRIGUEZ Le site se trouve sur les anciennes plages qui ont créé cette barrière de sable. NARRATRICE En 1923, aucune étude géologique n’a été effectuée. Schoultèn et Bonnesore n’avaient pas connaissance de cette information, donc quand ils ont commencé les fouilles, elles étaient vouées à l’échec. Sebastiáne Celestino mène l’équipe jusqu’à Cérro del Trigo, où les deux pionniers espéraient découvrir la cité de Tartéssos. SEBASTIAN CELESTINO Ce qu’ils ont trouvé, c’est ce mur, qui pouvait dater de n’importe quelle époque, mais les objets, comme cette pointe d’amphore romaine, correspondent aux poteries de cette époque. Des vestiges des deuxième et troisième siècles avant Jésus-Christ et peu d’autres choses, ce qui contrarie le rêve de Schoultèn de découvrir la cité de Tartéssos. CLAUDIO LOZANO Après la déception de Schoultèn et Bonsor à Cérro del Trigo, l’intérêt pour Tartéssos diminue et cette histoire tombe dans l’oubli pendant plus de trente ans. Cependant, ici, à Séville, un événement sans importance va tout changer. NARRATRICE Le 30 septembre 1958, des maçons travaillent dans un club de tir de la colline d’El Carambolo, à quelques kilomètres de Séville. Ils trouvent d’abord un bracelet en or, puis un pot cassé et d’autres pièces, qui seront connues plus tard sous le nom du Trésor d’El Carambolo. ÁLVARO FERNÁNDEZ Un trésor, grâce aux précieux métaux qui le composent, sera toujours au centre de l’attention. NARRATRICE Álvaro Fernández Flores a organisé les dernières fouilles archéologiques au début des années 2000. Il fait partie des archéologues qui examinent actuellement les premières recherches effectuées sur Tartéssos. ÁLVARO FERNÁNDEZ C’est ici que le trésor d’El Carambolo est apparu en 1958. Je peux même vous montrer une photo de ces fouilles. À l’époque, là où nous nous trouvons, au bout de ce fossé, il y avait un mur et un souterrain. NARRATRICE Après cette découverte, ils ont appelé la plus haute autorité de Séville, Juan de Mata Carriazo, professeur d’histoire ancienne. Il écrit à propos de cette trouvaille : « Un trésor digne d’Arganthonios, mythique roi de Tartéssos. » ÁLVARO FERNÁNDEZ Ce trésor était crucial, car il redonnait vie à Tartéssos. Avant ça, Tartéssos n’était qu’une simple référence bibliographique, une citation. NARRATRICE Les premières fouilles sur la colline du Carambolo se déroulent en 1958 et l’année suivante. Mais après ça, il faudra attendre 2002 pour que de nouvelles fouilles aient lieu. ÁLVARO FERNÁNDEZ Ce qu’il s’est passé entre temps ? Un nombre considérable de livres ont été publiés sur Tartéssos et El Carambolo, son incarnation. NARRATRICE Cet élément de preuve est essentiel : la richesse de Tartéssos existe. Avec ce trésor, tout ce qui entoure cette culture, réelle ou légendaire, connait un intérêt grandissant. CLAUDIO LOZANO Le trésor d’El Carambolo comporte vingt-et-une pièces. Presque trois kilos d’or 24 carats. À Madrid et dans ce musée de Séville, seules des répliques sont exposées. Le vrai trésor est conservé dans la chambre forte la plus sécurisée de la ville. NARRATRICE Grâce au trésor d’El Carambolo, le mythe de Tartéssos devient réel et la fascination pour la culture de la première civilisation occidentale surpasse le monde de la recherche. Fernando Marmoléro fait partie d’une dynastie d’orfèvres de Séville qui détient cet héritage. CLAUDIO LOZANO Quel est le lien entre votre famille et le trésor d’El Carambolo ? FERNANDO MARMOLERO Mon père était passionné d’archéologie, et il avait acheté le journal dont les plaques, les bracelets, les pectoraux faisaient la uneet il a eu l’idée de reproduire ces plaques. Il en a fabriqué une première. Il l’a envoyée à Madrid, au ministre de la Culture. Son arrivée n’est pas passée inaperçue : « Qui a fait ça ? » « Fernando Marmoléro de Séville ». « Alors dépêchez-vous de lui demander de reproduire l’entièreté du trésor. » Et ils en ont commandé une copie. CLAUDIO LOZANO Génial. NARRATRICE Depuis lors, les Marmoléro fabriquent des copies pour les musées. Comme la loi l’exige, elles ne sont pas parfaitement identiques, mais dans cet atelier, on a le souci du détail. Les pièces de ce trésor comprennent des bracelets, des pectoraux, des plaques et un collier à pendentif. C’est en quelque sorte l’évolution des artisans tartessiens. FERNANDO MARMOLERO Et voici le bracelet. FERNANDO MARMOLERO La technique de la pièce d’origine… CLAUDIO LOZANO a été perfectionnée. FERNANDO MARMOLERO Très perfectionnée. CLAUDIO LOZANO Il doit y avoir une tradition, une technique qui demande des années à parfaire avant d’en arriver là. Ce qui est surprenant, c’est que le trésor date du sixième siècle avant Jésus-Christ. FERNANDO MARMOLERO Comme vous le savez, une autre caractéristique de ce trésor est qu’il est creux. La soudure est également d’une complexité remarquable. Pour souder de si petits éléments, ils ont utilisé un four. Rien d’autre. La température de ce four devait être bien contrôlée, car lorsque vous fabriquez une pièce et que la température change, certaines parties se décollent après la soudure. C’était très complexe. CLAUDIO LOZANO Je vois. FERNANDO MARMOLERO C’est pour cette raison que le trésor d’El Carambolo est le résultat de toutes les difficultés qu’ils ont surmontées. CLAUDIO LOZANO Les bijoux tartéssiens ont longtemps symbolisé la richesse et le pouvoir de la première civilisation occidentale. J’ai convaincu le Musée archéologique national d’Espagne d’analyser quelques originaux datant du septième siècle avant Jésus-Christ et découverts en 1920 à Alisséda, dans la province de Cácérèsse. La chercheuse Alicia Péréa me montre ce qui rend ces pièces extraordinaires si uniques. ALICIA PEREA D’un point de vue technologique, ces pièces sont très complexes. Elles sont composées de plaques très fines sur lesquelles on a superposé des petites sphères soudées à la base. C’est ce qu’on appelle la granulation, et on la retrouve également avec les fils d’or, le filigrane. La granulation et le filigrane sont fixés à la base en or par soudure. Ce trio technologique, la soudure, le filigrane et la granulation, est caractéristique de l’orfèvrerie tartessienne. NARRATRICE D’après les recherches d’Alicia Péréa, lorsqu’ils ont commencé à travailler le métal, les peuples autochtones de la péninsule du sud-ouest jouaient sur la solidité et la texture lisse. Avec l’arrivée des Phéniciens il y a 2900 ans, de plus grosses pièces sont apparues, mais elles étaient creuses, légères et ornées de décorations. Cependant, à El Carambolo, certains orfèvres de la région ont commencé à collaborer avec les Phéniciens, ce qui prouve que Tartéssos est un mélange de ces deux peuples. ALICIA PEREA C’est très important, car jusqu’à récemment, ils pensaient que les peuples autochtones étaient en quelque sorte primitifs et dénués de connaissances. Mais ce n’était pas le cas. À l’âge du bronze final, la technologie phénicienne est venue s’ajouter pour produire le trésor d’El Carambolo. L’iconographie est réservée aux aristocrates. Les peuples puissants créent des images et tous les autres les utilisent. NARRATRICE La plupart des musées tartessiens abritent des monolithes comme ceux-ci. On les appelle « stèles de guerriers ». SEBASTIAN CELESTINO Les stèles racontent l’histoire des classes dominantes chez les peuples autochtones. Elles n’ont pas été trouvées au cœur de Tartéssos, mais autour. CLAUDIO LOZANO Les stèles ont été découvertes au sud de la péninsule. Elles remontent entre le onzième et le septième siècles avant Jésus-Christ et beaucoup datent de l’époque tartessienne. Jusqu’à présent, nous avons identifié cent-cinquante blocs de pierre comme ceux-ci, principalement dans les vallées du Gouadalquivir et du Gouadiana, et dans les provinces de Cácérèsse, Badaross, Cordoue et Séville. Sur la plupart des stèles apparait un guerrier et son arsenal d’armes. Un bouclier, une lance, une épée, et, souvent, un char et un cheval. Étaient-ce des monuments funéraires ? Des marqueurs territoriaux ? Aujourd’hui encore, leur sens reste un mystère. CLAUDIO LOZANO Qu’il s’agisse de sacrifices rituels, d’équipement funéraire ou de stèles, les chevaux apparaissent régulièrement en signe de puissance tartessienne. María Martíne, vétérinaire à l’Université d’Estrémadure, leur consacre son travail et son temps libre. Je lui ai proposé une balade afin de comprendre ces animaux énigmatiques. MARIA MARTIN Depuis l’aube de l’humanité, nous sommes connectés aux chevaux, en les considérant d’abord comme des proies pour nous nourrir, puis en les apprivoisant pour nous permettre d’accomplir de merveilleuses choses. C’est ce que nous tentons d’expliquer par la science, mais il y a quelque chose que nous n’avons toujours pas expliqué, car c’est une émotion difficile à décrire. CLAUDIO LOZANO Sur mon cheval, je ne cesse de penser à l’élite tartéssienne. Elle avait tout ce dont elle avait besoin, et un jour, sans crier gare, elle a disparu. Que lui est-il arrivé ? Aujourd’hui encore, le mystère de Tartéssos persiste à Doniana. De temps à autre, une trace sur les dunes est examinée. Malgré les recherches infructueuses, les scientifiques ne renoncent pas. Qui peut affirmer que la cité mythique de Tartéssos n’a jamais existé ? SEBASTIAN CELESTINO Nous nous trouvons dans le marais où nous avons effectué quelques prélèvements. Nous avons suivi les pas d’un physicien allemand qui avait repéré quelques cercles qu’il pensait appartenir à la culture tartessienne. NARRATRICE En 2005, Sebastiáne Celestino et d’autres chercheurs ont entrepris le projet Hinoross, sur demande du Conseil supérieur de recherche scientifique. Leur mission était de vérifier la nature et l’âge des structures qu’ils avaient repérées sur le site grâce aux technologies les plus avancées. SEBASTIAN CELESTINO Voici la zone dans laquelle nous avons travaillé. Nous avions remarqué que cette structure était quadrangulaire. Grâce à la télédétection, nous avons déterminé qu’il s’agissait d’un bâtiment. Nous ne savions pas de quand il datait. Nous avons également marqué ces deux cercles comme de possibles constructions. SEBASTIAN CELESTINO Dans l’un des prélèvements, nous avons trouvé du blé, ce qui signifie que ces marais abritaient une civilisation, mais les cercles dataient du Moyen-Âge. À côté des dunes, nous avons trouvé des objets de l’Âge du bronze, qui avaient sûrement été ramenés au pied des dunes par un tsunami. NARRATRICE Un tsunami ? En rassemblant des indices témoignant de l’existence de la civilisation tartessienne, les chercheurs ont pu prouver leur impact sur la région. Seraient-ils à l’origine de la disparition de Tartéssos ? CLAUDIO LOZANO Un tsunami est une vague géante provoquée par un séisme dans la mer. Ils peuvent mesurer trente mètres de haut et atteindre une vitesse de sept-cents kilomètres/heure. Trop puissants et trop rapides pour réagir. L’existence de tsunamis et de leur pouvoir destructeur a été prouvée dans le sud-ouest de la péninsule. Leur force peut tout détruire sur leur passage. Les bâtiments et les personnes peuvent être traînés sur des centaines de mètres, voire sur un kilomètre. Les experts n’écartent pas l’hypothèse voulant qu’un tsunami ait détruit les ports et entraîné les Tartéssiens dans l’arrière-pays, ce qui les aurait décimés. NARRATRICE Dans les faits, la culture tartessienne près du Gouadalquivir et sur la côte connaît une crise au milieu du sixième siècle avant Jésus-Christ. SEBASTIAN CELESTINO Cette crise pourrait avoir été provoquée par un tsunami. Cela coïncide avec l’expansion de Tartéssos dans l’arrière-pays, dans la vallée du Guadiana. NARRATRICE S’il existe peu d’indices quant à la disparition de Tartéssos sur la côte, la clé de son extinction dans la vallée du Guadiana pourrait se trouver sur ce site. ESTHER RODRIGUEZ C’est difficile de déterminer ce que le site de Casas del Tourouniouelo a à nous offrir, car nous suivons constamment l’espace de fouilles en pensant tomber sur une pièce, et nous trouvons de nouvelles portes et de nouveaux couloirs. SEBASTIAN CELESTINO Ça, c’est nouveau. Nous avons délimité une sorte de fossé afin de voir les pièces parallèles au patio, et nous avons trouvé cette structure. Le fait qu’elle soit faite de brique cuite est plutôt étrange, tout comme le fait de placer une telle structure dans un couloir étroit. Elle bloque le passage. Le couloir contourne le bâtiment, et il nous faut déterminer l’utilité de cette structure. NARRATRICE En attendant de déterminer la pertinence de cette découverte, les archéologues poursuivent leurs recherches. Des réponses pourraient émerger à tout moment. Malgré les avancées, l’extinction de cette civilisation demeure un mystère. SEBASTIAN CELESTINO Tout comme une crise survenue au sixième siècle avant Jésus-Christ provoque l’évaporation du centre de Tartéssos sans que l’on sache vraiment pourquoi, à la fin du cinquième siècle, c’est tout le reste de Tartéssos dans la vallée du Guadiana qui disparaît. NARRATRICE La façon dont ce bâtiment a été fermé et abandonné exclut toute hypothèse selon laquelle Tartéssos ait été soudainement envahie. Aujourd’hui, en exploitant un nouvel angle de recherche, l’équipe d’El Tourouniouelo tente de déterminer les causes de cette disparition en étudiant les changements climatiques et le comportement du fleuve Guadiana par le passé. ESTHER RODRIGUEZ Le Gouadiana est en crue tous les dix, cent ou cinq-cents ans, il est fort probable qu’une inondation ait compromis la vie dans ce bâtiment. SEBASTIAN CELESTINO Peut-être ont-ils pensé qu’il s’agissait d’un sort lancé par les dieux et sacrifié leurs animaux. C’est l’ancienne mentalité, bien sûr, mais aujourd’hui, nous demandons toujours à la vierge Marie le retour de la pluie. NARRATRICE Pour l’heure, nous devons continuer de chercher les pièces de ce puzzle infini et en analyser minutieusement le contexte en détail. ALICIA PEREA On pourrait avoir de belles pièces sans rien d’autre, pas d’histoire, pas de peuple pour les contextualiser. ESTHER RODRIGUEZ Il nous faudrait une espèce de pierre de Rosette pour traduire le scénario du sud-ouest ou de Tartéssos. Ce serait la cerise sur le gâteau. SEBASTIAN CELESTINO Un mythe est toujours intéressant car il permet de faire perdurer la recherche afin de découvrir ce qu’il dissimule, et il maintient l’intérêt des gens. NARRATRICE En suivant les traces de ce mythe, nous avons découvert une vérité fascinante. Avec le temps, chaque découverte et chaque chercheur trouvera sa juste place, mais la flamme qui avait animé les pionniers de leur intérêt et de leur engouement nous accompagnera toujours dans la quête de notre propre Tartéssos.