AMBIANCE ANDY COLLINS DONNA FEMME_ASSISE FEMME_DEBOUT FEMME_EN_NOIR FEMME_HAUT_BEIGE GORDON HARVEY JACK_SOLOFF JESSICA JUDGE_AIKEN JUDGE_FABER LOUIS MIKE NATHAN NOTE OLIVER RACHEL RECEPTIONNISTE ROBERT_ZANE SCOTTIE HARVEY Dans les épisodes précédents. JACK SOLOFF Je n'ai pas les moyens d'acheter une part. NOTE JESSICA Si j'accepte de vous payer de ma propre poche, et si les associés le découvrent, ça me coûtera des millions. NOTE JACK SOLOFF Jessica. J'ai besoin de l'argent. JESSICA Je vais vous prêter cet argent, puis vous allez le prêter à Jack, et si personne ne rembourse jamais personne, NOTE JESSICA personne n'en aura quelque chose à foutre. JACK SOLOFF Merci. JESSICA Harvey, il est temps de retirer mon nom de ce mur. NOTE HARVEY Et si je vous disais que j'accepte? JESSICA Vous avez deux choses à mettre au point: combien vous allez dépenser pour racheter mes parts, et comment vous allez vous organiser. LOUIS Si on lui fait un chèque, on pourra pas se défendre en justice, c'est un aller-direct pour la banqueroute. NOTE HARVEY Peut-être mais moi, cet enfoiré, je le fais pas rentrer dans la maison de laquelle Jessica l'a banni. LOUIS Attends. Stanley Gordon n'a pas besoin d'argent. Il veut juste que le nom de Jessica soit traîné dans la boue. On balance un communiqué officiel qui fait porter le chapeau à Jessica. NOTE HARVEY Non, pas question! LOUIS Mais en faisant ça, Jessica est remboursée et on a réglé nos dettes. HARVEY Je voulais seulement savoir pourquoi il y a un contrat de bail sur mon bureau dont le loyer a baissé de dix pour cent d'un seul coup. NOTE DONNA Je voulais je voulais vous remercier de m'garder. HARVEY Avant de vous en aller vous voulez qu'on boive un verre? DONNA Et si on bousculait un peu les habitudes et qu'on en buvait deux? MIKE Nathan. Qu'est-ce que vous faites là? NATHAN Je peux vous parler? MIKE Oui. Entrez. NATHAN Merci. MIKE Vous voulez du café? NATHAN Non, ça va. Non merci. MIKE Je vous écoute. NATHAN Eh bien, je je ne sais pas comment vous le dire, alors je vais pas tourner autour du pot. J'ai pris une affaire. il y a beaucoup de plaignants, et de fil en aiguille, ça a fini en recours collectif. MIKE Mais vous avez pas les ressources pour prendre en charge un recours collectif. NATHAN ça vous a pas empêché d'aider les mineurs, l'année dernière. MIKE Non, en effet, mais j'ai, j'ai dû demander de l'aide à Pearson Specter, vous avez oublié? NATHAN Pourquoi je suis là, à votre avis? MIKE Vous voulez que je demande à mon cabinet de vous aider? NATHAN Je veux que le cabinet investisse dans le centre juridique. MIKE Non, il y a aucune chance qu'ils acceptent. NATHAN J'ai besoin d'un coup de main. Parce que ces pauvres gosses pourront jamais avoir une vie normale, et si je ne trouve pas de solution, soit je dois les laisser tomber, soit je dois fermer le centre. MIKE Euh, quels gosses, et pourquoi vous dites qu'ils auront jamais une vie normale? NATHAN Il y a une école au nord de l'état de New York. Il y a une dizaine d'années, une usine de fabrication de piles a ouvert à un kilomètre de là. Les enfants ont commencé à montrer des signes de saturnisme. Ils disent que c'est pas l'usine, mais c'est l'usine. MIKE D'accord. J'ai peut-être une idée. Mais le cabinet vous donne pas d'argent, et vous prête pas ses collaborateurs. DONNA Je sais qu'on a un peu bu hier soir, mais peut-être pas au point que vous vous trompiez de bureau. HARVEY Je voulais remplacer la bouteille qu'on a finie, mais je peux vite lui trouver une autre maison. DONNA Qu'est-ce qu'on dit sur les grands esprits? HARVEY DONNA HARVEY C'était agréable de discuter autour de quelques verres. Je dois dire que j'ai passé une bonne soirée. DONNA Oui, moi aussi. HARVEY Alors. Il n'y a pas de souci? C'est. DONNA C'est comme avant? Si c'est ce que vous voulez, ça me va. HARVEY Parfait. GORDON J'espère que vous n'avez pas ouvert cette bouteille en mon honneur. Je ne bois pas si tôt à moins d'être en vacances. HARVEY Vous êtes en vacances tous les jours, Stanley, ça s'appelle la retraite. GORDON Eh bien je suis désolé de vous décevoir, mais je remonte sur le ring. HARVEY C'est un cadeau de Noël empoisonné. GORDON Vos anciens associés ont déposé plainte contre vous, pour les dommages causés par les agissements criminels de votre cabinet. HARVEY De quels dommages vous parlez? GORDON Tous les associés qui sont partis après l'affaire Mike Ross se traînent votre sale réputation. DONNA Vous plaisantez? GORDON Non, pas du tout. Et au cas où vous ne l'auriez pas encore compris, en prenant vos distances avec Jessica Pearson, vous m'avez mâché le boulot. HARVEY Vous n'êtes qu'un enf- On a sorti ce communiqué pour vous amadouer. GORDON Attendez, c'est votre associé qui a poussé maman dans les orties, ce n'était pas mon idée. Je n'ai fait que tirer profit d'une opportunité. Bon, si vous permettez, je vous laisse, j'ai un procès à préparer. LOUIS Harvey, on a un problème. HARVEY Ton problème va devoir attendre, Louis, parce que je viens d'avoir la visite de Stanley Gordon. LOUIS Moi aussi. Il nous attaque. HARVEY Et qu'est-ce que tu comptes faire pour qu'il laisse tomber? Parce que si on en est là, c'est ta faute, Louis. LOUIS Ma faute? En quoi c'est ma faute? HARVEY C'est toi qui a eu la merveilleuse idée de publier un communiqué contre Jessica et sa gestion du cabinet. LOUIS Attends, ce n'est pas moi, l'ennemi, c'est Stanley Gordon, d'accord? Et tu peux dire ce que tu veux, c'était une bonne idée. HARVEY Eh bien, on doit vite trouver une autre idée, parce que les anciens associés nous réclament le montant exact de leurs parts. LOUIS Une seconde. Il s'agit de leurs parts? HARVEY Bien sûr qu'il s'agit de leurs parts. Quelle différence ça fait? LOUIS Si on prouve que c'est un moyen détourné de récupérer leur mise, RECEPTIONNISTE Oui. LOUIS on peut les forcer à abandonner les poursuites en un claquement de doigts. RECEPTIONNISTE Oui. Je vais vous passer son assistante tout de suite, monsieur. HARVEY D'accord. Toi, tu t'occupes de rédiger une motion, et moi, je vais chercher une preuve. LOUIS Harvey. Tu crois qu'on devrait prévenir Jessica? HARVEY Non, on ne va rien lui dire. Parce qu'il est hors de question qu'elle sache que la déclaration qu'on a faite contre elle n'a servi à rien. MIKE Donna. Je cherche Harvey. DONNA Il est sorti. Et il ne va pas revenir avant un moment. MIKE Comment ça? DONNA Les anciens associés nous poursuivent en justice. Ils veulent que le cabinet les dédommage, et c'est Stanley Gordon qui les défend. MIKE Merde. Si jamais ils gagnent, on. DONNA Je sais. Mais Harvey et Louis sont sur le coup, on n'a pas de souci à se faire. Je peux faire quelque chose pour vous? MIKE Donna, le centre est dans la merde. Nathan est passé chez moi, il voudrait que le cabinet lui donne de l'argent, et. DONNA Non, on ne peut pas. MIKE Je sais. C'est ce que je lui ai dit. DONNA Qu'est-ce que vous voulez faire? MIKE Je voudrais me consacrer à fond à son recours collectif jusqu'à ce qu'on gagne. Et comme on a eu quelques différends, Harvey et moi, cette année, je veux être sûr que c'est bon. DONNA Oh, eh bien, si vous voulez ma bénédiction, vous l'avez. MIKE Merci, Donna. DONNA Mike? MIKE Oui? DONNA C'est quoi, ce recours? MIKE Une usine qui empoisonne des enfants. DONNA Foncez. JACK SOLOFF Je savais qu'on se croiserait, vous et moi. HARVEY Vous voulez bien m'expliquer pourquoi vous êtes avec eux? JACK SOLOFF Harvey. HARVEY Parce que d'après ce que je sais, Jessica vous rendu votre argent. JACK SOLOFF HARVEY Ce qui veut dire que vous n'avez aucune raison de nous poignarder dans le dos. JACK SOLOFF Je ne poignarde personne dans le dos, Harvey. HARVEY Dans le même temps, vous enfoncez le couteau, et vous êtes payé deux fois plutôt qu'une. JACK SOLOFF Réfléchissez une seconde. Vous, vous savez que j'ai été remboursé, aucun d'eux n'est au courant. Si je n'avais pas ajouté mon nom au recours, ils auraient forcément fini par comprendre ce qu'il s'est passé. Ça aurait ouvert les vannes, ils auraient eu un motif légitime de réclamer leur argent et ils n'auraient pas eu besoin d'un faux prétexte. HARVEY Je dois vous remercier, en gros? JACK SOLOFF Je pense que oui. Mais vous êtes au-dessus de ça. HARVEY Je le ferai quand vous aurez convaincu ces clowns qu'il vaut mieux nous laisser tranquille. JACK SOLOFF Je ne peux pas. HARVEY Bien sûr que si. Vous avez toujours été le meneur. Vous leur bourrez le crâne, vous leur dites qu'ils s'exposent à des contre-poursuites pour rupture de contrat, et je peux vous promettre qu'ils laisseront tout tomber. JACK SOLOFF Ce sont des avocats. Ils verront clair dans mon jeu, ce sera comme si j'avais refusé de me joindre à eux dès le départ. HARVEY Jack. Ecoutez-moi. ça pourrait nous couler. JACK SOLOFF Je ne suis pas fan de Stanley Gordon, alors si je trouve un moyen de vous sortir de la merde sans me faire baiser, je vous aiderai. Mais vous êtes responsable. Vous n'auriez pas dû publier ce communiqué contre Jessica. Je dois vous laisser. Je préfère qu'on ne nous voie pas ensemble. OLIVER Mike. Salut. Qu'est-ce que tu fais là? MIKE Je suis venu dire au roi du recours collectif qu'il peut compter sur moi. Je reste tant que vous aurez besoin de moi. NATHAN Mike, c'est génial, je suis soulagé. MIKE OLIVER Une seconde, tu es en train de dire cette face de rat va bosser avec nous? MIKE Excusez-moi. C'est monsieur face de rat, s'il vous plaît. NATHAN OLIVER Comment va Johnnie Face de cul? MIKE Non monsieur, c'est Jonathan Face de cul. OLIVER NATHAN Hé, ça suffit, vous deux, parce qu'on a un procès à préparer et. Ils déposent une motion demandant le rejet du classement en recours collectif. OLIVER Quoi? J'ai rempli les documents moi-même et tu les as portés au tribunal hier. NATHAN Non, c'est toi qui l'as fait. Tu m'as dit que tu t'occupais des documents, Oliver. OLIVER Et tu as dit que tu devais passer au tribunal. NATHAN Merde. Je suis désolé, j'ai oublié. OLIVER Et merde, c'est pas vrai. Tu fous en l'air trois mois de travail, là. NATHAN ça va, je sais! OLIVER Non, ça va pas du tout, c'est toi qui voulais dé- MIKE C'est bon, c'est bon, c'est bon, arrêtez, ça suffit, c'est pas en vous gueulant dessus que vous allez arrangez les choses. NATHAN J'ai oubli- OLIVER NATHAN Oui, Mike a raison. OLIVER NATHAN Mais qu'est-ce qu'on fait, on est coincés. MIKE On a qu'une seule solution quand la loi n'est pas de notre côté. On va dire la vérité et croiser les doigts pour que le juge comprenne. COLLINS Votre Honneur, la loi est claire à ce sujet: ils n'ont pas respecté les délais, vous êtes donc obligé de débouter leur action. NATHAN C'est vrai, je n'ai pas respecté les délais, mais il y a cent cinquante enfants qui ont des taux élevés de plomb dans le sang et ils ne devraient pas subir les conséquences de mon erreur. COLLINS C'est très touchant, cette histoire, mais il est évident qu'à vos yeux, ces enfants ne sont qu'un moyen de vous remplir les poches. Purement et simplement. OLIVER Nous remplir les poches? Nos honoraires sont plafonnés à cinquante mille dollars. COLLINS Votre centre va tourner un sacré bout de temps avec cette somme. Et ils n'ont pas fourni une seule preuve que mon client était au courant de cette soi-disante pollution au plomb. MIKE Si vous permettez, je voudrais présenter des documents à la Cour, votre Honneur. JUDGE FABER Et vous êtes? MIKE Mike Ross, de Specter Litt, votre honneur. Et je pense qu'il est dans l'intérêt la Cour de connaître le passif de monsieur Collins avec les affaires de ce genre. COLLINS Peut-on savoir de quoi vous parlez? MIKE De votre dernière affaire contre le centre. Vous les avez mis dans une situation de ce genre seize fois et la dix-septième, ils ont été déboutés, parce qu'ils ont présenté un document en retard. COLLINS C'est une présentation incorrecte des faits, Votre Honneur. MIKE Alors que seulement dix pour cent des affaires de Nathan Krueger sont réglées par le paiement de dommages, parce que cet homme a pour but de défendre les droits de personnes dans le besoin et il fait en sorte qu'elles puissent garder un toit sur la tête. COLLINS Donnons-lui une médaille, alors, mais vous devez quand même débouter son action parce qu'il n'a pas fait sa demande dans les temps. JUDGE FABER Il est dans mon pouvoir d'accorder un délai, monsieur Collins. Donc, si vous pouvez prouver l'innocence de votre client, vous n'avez rien à craindre. L'affaire sera jugée. LOUIS Madame la juge, cette action n'est qu'un faux prétexte trouvé par nos anciens associés pour récupérer leur part. GORDON Vous pouvez le prouver? HARVEY C'est simple, vous nous avez aidé à revoir le règlement du cabinet pour contrer leur requête, et maintenant, vous vous servez de la déclaration que vous nous avez forcé à faire pour relancer cette même plainte. GORDON Vous savez que les agissements frauduleux du cabinet et de ses dirigeants ont eu de lourdes conséquences sur la carrière des anciens associés. LOUIS HARVEY LOUIS Wouah, Stanley, vous n'avez rien d'autre pour venir appuyer vos propos que la parole d'associés qui seraient prêts à inventer n'importe quoi pour récupérer leur part. HARVEY GORDON C'est bien que vous souleviez le problème, Louis. Parce que justement, j'ai le témoignage d'une ancienne associée qui n'est pas parmi les plaignants. HARVEY Une associée a témoigné? GORDON Madame, voici les notes d'audience d'une affaire défendue par Dana Scott, l'ancienne associée en question. J'attire votre attention sur le passage où madame Scott affirme que sa crédibilité a été mise en doute pour la seule et unique raison qu'elle a travaillé à Pearson Specter. HARVEY Votre honneur, il doit sûrement y avoir une autre explication à la déclara- GORDON Qu'elle ramène son cul ici, alors. HARVEY Vous dépassez les bornes. NOTE Surveillez votre langage. JUDGE AIKEN Ça suffit. Il a raison. Si vous n'arrivez pas à convaincre madame Scott de revenir sur son témoignage d'ici demain, l'affaire ira devant les tribunaux. AMBIANCE COLLINS Monsieur Ross! MIKE Si vous avez quelque chose à nous dire, il faudra aussi le dire à Nathan. COLLINS Je vois, vous êtes le caïd du grand cabinet qui est venu leur mâcher le travail. Quand vous commencerez à vous lasser et que vous les lâcherez, je reviendrai à l'attaque. OLIVER Allez-y, on vous attend. MIKE Vous savez, monsieur Collins, je suis pas du genre à me lasser et je vais pas les lâcher de sitôt. COLLINS Vous n'étiez même pas à l'heure à l'audience. On vous a collé une affaire pro-bono sans vous donner le choix et vous détestez ça. MIKE Vous savez que dalle sur moi. Ces gens étaient là quand j'ai eu besoin d'eux alors je vais être là pour eux. Pour toujours. COLLINS Alors on n'a qu'à passer un accord tout de suite. MIKE Pas intéressé. COLLINS Vous devez bien avoir un montant en tête. MIKE J'ai peut-être une petite idée. Quand vous l'aurez trouvé, portez-nous votre proposition. En attendant, on a un recours collectif à préparer. COLLINS Okay. Je viendrai à votre bureau demain à dix heures. MIKE Ce sera à neuf heures, et au centre. Oh, et monsieur Collins, vous avez intérêt à être à l'heure, et à nous faire une offre digne de ce nom. AMBIANCE OLIVER Mike. Vous allez jouer à ce petit jeu longtemps? Il propose un accord. MIKE Je sais ce que je fais. En lui faisant croire qu'on veut pas de son accord, on fait grimper le montant. OLIVER Pourquoi on lui donne pas plutôt rendez-vous à ton cabinet, ça l'intimiderait, au moins. MIKE Parce qu'il sait très bien qu'on va pas affecter de ressources sur cette affaire. OLIVER Tu as peut-être pas remarqué, mais le centre non plus a pas les ressources. MIKE Je suis au courant. Collins, non. Dépêche, j'ai un travail à te confier. DONNA Harvey. Je peux entrer? HARVEY Je ne préfère pas, parce que je sais pourquoi vous êtes là. DONNA J'en doute fort. HARVEY Louis vous envoie me convaincre de demander à Scottie de se retracter, je me trompe? DONNA D'accord, peut-être que vous saviez, mais Louis ne m'a pas envoyée, je me suis portée volontaire. HARVEY Donna, rien de ce que dirai ne la fera se raviser. DONNA Vous n'en savez rien. Et vous êtes peut-être le seul à pouvoir la convaincre. HARVEY Pourquoi? Parce que je suis sorti avec elle? DONNA Bien sûr, parce que vous êtes sorti avec elle. HARVEY Je n'aime pas trop le fait que chaque fois que je vais voir Scottie, je dois me servir de notre relation pour la convaincre de faire quelque chose qu'elle ne voudra pas faire. DONNA Harvey. Elle n'est pas la seule personne que vous allez voir que quand vous avez quelque chose à demander. Elle est seulement la seule personne à vous le reprocher. HARVEY Pourquoi vous croyez que je ne veux pas aller la voir? DONNA Pour être honnête, ça ne m'intéresse pas vraiment. Et ça ne concerne pas que vous, c'est le cabinet qui est en jeu, cette fois. HARVEY Je sais, merci. DONNA Je sais que vous le savez. Et vous devez aussi savoir que si vous restez les bras croisés, on ira au tribunal. Et il est possible qu'on perde. Et pour tout vous dire, /h si vous n'aviez pas eu une relation avec Scottie, elle ne nous aurait sûrement jamais mis dans une situation pareille. ANDY C'est rare, les avocats qui vont au bureau à vélo. MIKE C'est... une vieille habitude. ça me permet de me vider la tête quand je prépare un procès. ANDY Eh bien continuez. ça fait des merveilles. MIKE Je vous ai vu au tribunal. Au sixième rang, au milieu du banc. ANDY Exact. Andy Forsyth. NOTE MIKE Mike Ross. ANDY Je sais. En fait, c'est pour vous voir que je suis venu de Seattle. MIKE Pourquoi venir de si loin? ANDY Parce que je vais m'attaquer à la plus grande compagnie d'assurance de la côte ouest. Et je monte mon propre cabinet. Et d'après l'article du Times, vous êtes tout à fait le genre d'homme que je veux avoir pour associé. MIKE Mais si vous avez bien lu l'article, vous savez que j'ai déjà un job. Et je suis bien là où je suis. ANDY Plus pour longtemps. C'est inévitable. MIKE Comment ça, inévitable? ANDY Au bout d'un moment, vous serez dans une position où votre job sera de défendre l'indéfendable. MIKE Ecoutez, je suis flatté, mais je suis au beau milieu d'un recours collectif, et je travaille avec un centre d'aide juridique qui a très peu de moyens. Je suis vraiment désolé, mais je les abandonnerai pas. ANDY Je ne vous le demande pas. Vous avez mis une râclée à cet avocat, ce sera réglé demain, au plus tard. MIKE Et dans le cas contraire? ANDY Je vais être plus clair: Je veux monter un cabinet qui s'attaque aux gros bonnets sans dépendre de dons ou de subventions. C'est cette affaire qui va rendre cela possible. Et je cherche quelqu'un capable d'en prendre les commandes. Et ce quelqu'un, c'est vous, monsieur Ross. Je sais ce que vous allez dire: Rachel Zane y aura une place à vos côtés. Mais vous devez dire oui assez vite. Sinon je devrai chercher ailleurs. Vous me trouverez au Carlyle. Vous avez quarante-huit heures. HARVEY Tu as une sacrée vue. Quand je pense que tu aurais pu en être privée à cause de moi. SCOTTIE Moi aussi je suis contente de te voir. Si tu viens en personne, ça veut dire que Stanley Gordon a dû te la mettre bien profond. HARVEY Donc tu sais pour les poursuites. SCOTTIE Il m'a appelée il y a trois semaines pour me demander de te poignarder dans le dos et je lui ai fait comprendre que je n'avais rien à dire. HARVEY C'est drôle, parce qu'il se sert quand même de toi pour nous attaquer. SCOTTIE Comment ça, il se sert de moi? HARVEY Il y a six mois, au tribunal, tu as donné cette plaidoirie. SCOTTIE C'est un connard. HARVEY Scottie, pourquoi tu as dit ça? SCOTTIE La partie adverse attaquait ma crédibilité, je devais mettre le jury de mon côté, et je n'ai pas l'intention de te présenter des excuses. HARVEY Tu n'as pas l'intention de t'excuser? Il n'y a pas un mot de vrai, là-dedans. SCOTTIE Je n'ai rien inventé. HARVEY Non mais- Arrête ça, tu n'as subi aucun préjudice, ce cabinet porte ton nom. SCOTTIE ça ne veut pas dire que je n'ai pas souffert de mon association avec toi. HARVEY Tu plaisantes? Je te connais, je sais que tu ne recules devant rien pour gagner un procès, et c'est ce qu'il s'est passé, là. SCOTTIE Et alors, qu'est-ce que ça change? HARVEY Tu le sais très bien. SCOTTIE Non, Harvey, je ne sais pas. Parce que si tu es en train de me demander de venir à la barre et de dire à un jury que quand je plaide une affaire je ne pense pas un mot de ce que je dis, tu es complètement à côté de la plaque! HARVEY Scottie, je suis dans une sacrée merde et j'ai besoin d'un coup de main. C'est mon cabinet maintenant, et s'il se casse la gueule juste après que j'en ai pris la tête. SCOTTIE Je sais que ça doit être dur. HARVEY SCOTTIE Mais ce n'est pas moi qui t'ai mis dans la merde, c'est toi. Et je ne compte pas mettre ma carrière en danger pour te sortir de là. HARVEY Scottie. SCOTTIE Je suis vraiment désolée. Mais je t'ai trop souvent dit oui, et là je ne peux pas. HARVEY Tu sais quoi? Je suis désolé d'être venu. RACHEL Je suis rentrée. MIKE Bonsoir. RACHEL Ça te dirait qu'on aille manger au resto? MIKE Pas ce soir, il faut que je me prépare pour le rendez-vous avec l'avocat demain. RACHEL Pour le recours collectif? Mike, c'est génial. MIKE Il y a rien de génial dans cette affaire. Regarde ces gosses, Rachel. Les uns après les autres. RACHEL Elle est si petite. MIKE Elle a trois ans. Et on sait qu'elle souffre de troubles cognitifs à cause du plomb. RACHEL La pauvre petite. MIKE C'est si injuste. Et le pire, c'est que même si on gagne, c'est pas l'argent qui va la soigner. Ni elle, ni les autres enfants. RACHEL Tu fais tout ce qui est en ton pouvoir pour les aider. MIKE Vraiment? RACHEL Hé, qu'est-ce qu'il t'arrive? MIKE On m'a proposé un job, aujourd'hui. RACHEL Okay. Mais qu'est-ce que ça a à voir avec cette affaire? MIKE Le type qui est venu me voir veut ouvrir un cabinet qui se consacrera entièrement à ce genre de cas. Un centre, mais avec les moyens d'un grand cabinet. Et il voudrait qu'on le dirige. RACHEL On? Il Il veut qu'on le dirige, tous les deux? MIKE Oui. RACHEL Je pense que ça vaut le coup d'y réfléchir. MIKE Non, c'est. Non, non, je disais pas ça pour ça, et c'est, c'est à Seattle. Il veut une réponse dans deux jours, on peut pas dire oui. Ces pauvres enfants, ça me met en colère. RACHEL Alors va à ton rendez-vous demain matin et sers-toi de la colère que tu as en toi pour obtenir le meilleur dédommagement possible à ces familles. Parce qu'un jour, on aura des enfants, toi et moi, et je refuse qu'ils vivent dans un monde où on laisse faire des horreurs pareilles. HARVEY Fais comme chez toi. LOUIS Qu'est-ce qu'elle a dit? HARVEY Elle ne témoignera pas en notre faveur. LOUIS Donc, en d'autres termes Gordon va présenter cette plaidoirie au procès et on n'a aucun moyen de la réfuter. HARVEY Oui. Tu as tout compris. LOUIS Bon. Donc, on est foutus. HARVEY LOUIS Parce que cette déclaration, c'est la preuve que. HARVEY LOUIS le cabinet est responsable. HARVEY Ecoute. LOUIS Harvey, Scottie était associée au même titre que les autres, et rien de ce qu'on dira ne pourra y changer quoi que ce soit. HARVEY Non, pas au même titre. LOUIS Je ne te suis pas. HARVEY Louis c'est faux, elle n'était pas associée au même titre que les autres. Ce n'est pas elle qui nous attaque, et elle est partie bien avant que les autres ne nous laissent tomber. Alors même si on stipule que le cabinet lui a porté préjudice, ça ne prouve rien pour les autres. LOUIS Oui, je te suis. On doit prouver que si les autres ont des difficultés, ce n'est pas notre faute, c'est la leur. HARVEY C'est tout à fait ça. Et je sais exactement à qui demander de l'aide. AMBIANCE HARVEY Je ne vous dérange pas? Sylvia a dit que je pouvais entrer. AMBIANCE HARVEY ROBERT ZANE Je suppose que vous venez me parler de la plainte de vos anciens associés. HARVEY Vous connaissez tous les détails? ROBERT ZANE Je sais qu'ils veulent récupérer leur part du gâteau, et que vous n'êtes pas venu me demander de l'aide, parce que je ne peux rien faire. HARVEY Je sais, Robert, mais. ROBERT ZANE Je ne crois pas, non. HARVEY ROBERT ZANE Vous ne vous rendez pas compte à quel point ma réputation est ternie, ici. HARVEY Pourquoi elle serait ternie? ROBERT ZANE Je vous ai rendu service. Avec Bratton Gould. Et avec l'affaire de la prison, ensuite. Si je vous aide là-dessus je déménage mon bureau chez vous. Parce que plus personne ne me fera confiance, ici. HARVEY Je ne veux qu'une chose: avoir accès à leur évaluation individuelle. ROBERT ZANE Vous vous foutez de moi? Elles sont confidentielles. HARVEY Et on sait tous les deux que je peux demander à la juge de vous forcer à les produire. ROBERT ZANE Je ne peux pas avoir l'air d'être votre complice, Harvey. Alors vous pouvez tout de suite ranger les violons. HARVEY Je ne sors pas les violons, Robert. Le cabinet risque de mettre la clé sous la porte à cause d'eux. ROBERT ZANE D'accord. J'ai peut-être la solution. Mais il faut absolument que ce soit ce soir, pendant que je dîne avec Rand et Kaldor. HARVEY Comment on fait? NATHAN Oui, mais s'il dit non, vous- MIKE C'est bon. NATHAN MIKE NATHAN C'est lui, non? MIKE Monsieur Collins. On apprécie que vous soyez à l'heure. COLLINS On est là pour parler d'un accord, vous avez besoin de tant de personnel? MIKE Avant de voir votre offre, on voulait vous montrer contre qui vous vous battez. COLLINS Vous croyez que mon client n'a pas les moyens de se payer une armée d'avocats? NATHAN Oh, bien sûr que non. Mais contrairement à vous, mon armée d'avocats est prête à se donner corps et âme pour cette affaire. COLLINS Alors j'espère qu'après cette proposition ils pourront rester entiers. MIKE NATHAN MIKE COLLINS A quoi vous jouez? MIKE C'est moins de soixante mille dollars par famille. NATHAN MIKE COLLINS Pour une pollution au plomb dont on ignorait tout, c'est une belle somme. OLIVER L'entreprise a toujours été au courant. COLLINS Vous n'avez pas de preuve qu'elle savait. FEMME HAUT BEIGE Il a du culot. MIKE Vous avez là une liste d'enfants retirés de l'école dans les six mois qui ont suivi l'implantation de l'usine. FEMME EN NOIR C'est dingue. COLLINS MIKE Je vous laisse deviner ce qu'ils ont en commun. COLLINS MIKE Leurs parents sont tous cadres à Discharge Power. Arrêtez de nous dire que personne savait. COLLINS Comment vous l'avez eue? MIKE C'est comme ça que vous allez refuter devant le jury? COLLINS Cent mille par famille. C'est le maximum que vous aurez. MIKE Non, c'est pas assez. NATHAN Mike. MIKE Non. Ce sont des enfants, et on va mettre tous nos moyens en œuvre pour vous coincer. Alors vous pouvez retourner auprès de vos maîtres et leur dire que s'ils ne veulent pas être exposés au monde entier, ils ont intérêt à ajouter plusieurs zéros à la somme. COLLINS Cent mille, on n'ira pas au-delà. MIKE Vous irez au-délà. On a fini, foutez le camp. COLLINS NATHAN Dans mon bureau, tout de suite. FEMME EN NOIR On pourra pas tenir. FEMME HAUT BEIGE ça va être dur. On n'a pas les moyens. NATHAN C'est pas vrai. Je peux savoir à quoi tu joues? MIKE Comment ça, à quoi je joue? Le coup du bon flic, méchant flic, c'était le plan. NATHAN Le plan, c'était de passer un accord aujourd'hui, pas de tout faire foirer pour une proposition qu'ils ne feront pas! MIKE Nathan, Collins reviendra. NATHAN Qu'est-ce qui cloche chez toi? MIKE Qu'est-ce qui cloche chez moi? Ces gosses vont avoir une vie de merde à cause de ces connards et tu préfères accepter le premier accord qu'on te propose plutôt que de te battre pour eux! NATHAN Tu as écouté un mot ce que j'ai dit quand je suis venu te voir? MIKE NATHAN Le centre n'a pas les moyens de financer un procès, on risque de fermer. MIKE Et je te dis qu'on ira pas jusqu'au procès. Tu veux accepter leur offre sans leur laisser le temps de tripler le montant parce que t'as pas les couilles d'attendre! NATHAN MIKE Nathan, écoute, je sais que tu t'es lancé là-dedans parce tu veux à tout prix aider ces familles, et j'ai beaucoup d'admiration pour toi. Mais tu dois avoir confiance en moi. Je sais ce que je fais, d'accord? Tout ce que je veux, c'est qu'on attende encore un peu. Un jour. NATHAN Okay, Mike. Un jour. RACHEL Si c'est au sujet du dossier Bartlett, je vous rassure, j'ai déjà prévu de travailler tard. HARVEY En fait, je veux que vous partiez tôt. Allez chez vos parents pour dîner, votre mère vous attend pour la blanquette. RACHEL C'est mercredi. Ma mère fait des lasagnes. HARVEY Même si elle fait un soufflé à la bouse de vache, je veux que vous alliez dîner avec elle, et que vous fouilliez dans les dossiers de votre père. RACHEL Avec tout le respect que je vous dois, je n'ai pas pour habitude de fouiller dans ses affaires sans sa permission. HARVEY Il n'y a pas de problème, alors, parce qu'il est d'accord. RACHEL Harvey, que se passe-t-il? HARVEY Nos anciens associés ont décidé de nous poursuivre devant les tribunaux. Ils affirment que leur réputation a été entachée par le cabinet. RACHEL D'accord, et il y en a certains qui travaillent pour mon père, et il veut vous aider à prouver que tout ça est faux mais il ne veut pas que Rand et Kaldor le sachent. HARVEY C'est pour ça qu'il va laisser leurs évaluations sur son bureau. Vous allez les lire et me dire ce qu'elles contiennent. RACHEL Je ferais mieux d'y aller dans ce cas. Parce que vous vous en fichiez peut-être, mais ces lasagnes sont les meilleures au monde. MIKE Nathan? Qu'est-ce qu'il se passe? Oliver m'a demandé de venir mais il a pas dit pourquoi. Où sont les autres? NATHAN Rentrés chez eux. MIKE Quoi? Pourquoi? NATHAN On nous a coupé les vivres. MIKE De quoi est-ce que tu parles? NATHAN Discharge Power a appelé nos principaux donateurs et les a convaincu d'arrêter de nous financer. Alors on ferme. MIKE Ils ont pas le droit. NATHAN La preuve que si. MIKE Oh, merde, j'arrive pas à y croire. NATHAN Oui, merde, comme tu dis. Parce que c'est game-over. Le centre, l'affaire, c'est fini. MIKE Attends, me dis pas qu'on va se laisser faire. Tu as encore des locaux, je parie que tes collaborateurs sont prêts à travailler jusqu'à ce qu'on ait- NATHAN Le règlement nous l'interdit, d'accord? Toi non plus, tu n'as pas le droit d'être ici, alors dégage. NATHAN Retourne à PSL, ou à SL, ou à je sais pas quoi! Le cabinet qui t'apprend à dire non à plusieurs millions de dollars. MIKE Tu crois que c'est ma faute? Tu te trompes. Nathan, c'est leur faute et celle du monstre qu'ils ont engagé comme avocat, j'ai rien à voir- NATHAN Je m'en fiche que ce soit ta faute ou la sienne. Si leur offre est toujours valable, je l'accepte tout de suite, parce qu'on n'a aucun autre moyen /h de récupérer notre financement. MIKE Nat- Nathan, si tu retournes voir Collins maintenant, tu n'obtiendras qu'une fraction de leur offre initiale. NATHAN Tant pis, on devra s'en contenter! MIKE Tu pourrais te calmer et m'écouter? Parce que j'essaie de t'aider- NATHAN J'en ai marre de t'écouter! Dégage! Et reste en dehors de cette affaire. ANDY Mike. Je suis content de vous voir, je- MIKE Vous nous avez fait un sale coup. ANDY Je ne vois pas de quoi vous parlez, je ne vous ai rien fait. MIKE C'est ça. Vous avez coupé les vivres au centre parce que je vous ai dit qu'ils avaient peu de ressources. ANDY Je n'ai rien à voir dans cette histoire, croyez-moi. MIKE Vous allez nier qu'il y a neuf mois, vous travailliez pour le cabinet qui représente la société-mère de l'usine de piles? ANDY J'y travaillais, oui, et je détestais ça, c'est pour ça que je suis parti. MIKE Si c'était vrai, vous en auriez parlé à notre première rencontre, mais vous avez rien dit. ANDY MIKE Non, au contraire, vous m'avez proposé un boulot, vous m'avez donné une bonne raison de dire oui, et comme j'ai pas bondi dessus, vous mettez mes amis au chômage le jour qui suit. ANDY Je n'ai rien fait à ce centre, c'est clair? Vous êtes paranoïaque. MIKE Moi, je suis paranoïaque, ah oui? Qu'est-ce qui est le plus plausible, que je sois paranoïaque, ou que vous apparaissiez comme par magie pour me proposer le boulot dont je rêve depuis toujours un jour avant qu'on perde notre financement? ANDY Je ne suis pas votre ennemi. MIKE Je vous interdis de vous approcher de moi, du centre et de cette affaire. JACK SOLOFF Harvey. Que faites-vous ici? HARVEY Je viens vous donner votre évaluation. JACK SOLOFF Je ne travaille pas pour vous. HARVEY Non, mais vous répondrez à mes questions quand on sera au tribunal. Lisez-la. Moi, quand je la lis, je n'y vois pas un homme dont la carrière d'avocat est au point mort parce que son ancien cabinet à mauvaise réputation. J'y vois un homme qui a atteint ses limites. Tout le monde le sait, sauf lui, et maintenant il cherche quelqu'un à blâmer. JACK SOLOFF Ce n'est pas moi qui veut votre peau. HARVEY Je m'en fous, parce que pour les autres associés, vous êtes le chef de la bande, ce qui veut dire que vous passez premier. JACK SOLOFF Vous voulez quelque chose. Vous n'êtes pas venu jusqu'ici uniquement pour me prévenir que vous allez m'humilier. HARVEY Je viens vous donner une chance. Dites aux autres associés d'abandonner les poursuites et cette évaluation restera entre nous. Sinon, vous serez à la barre, demain. Parce que je vous préviens, Jack, il est hors de question que je les laisse se servir de vous, de Scottie ou de n'importe qui d'autre pour me prendre mon cabinet. MIKE Pitié, dis-moi que t'es pas retourné voir Collins. NATHAN J'ai essayé. Il m'a tout de suite envoyé bouler. MIKE Génial. NATHAN Génial. Mike, le seul moyen de garder le centre ouvert, c'est de laisser tomber cette affaire, de supplier les donateurs de revenir, et d'accepter que les enfants n'aient rien. MIKE Non, tu te trompes. NATHAN Tu vois un autre moyen? MIKE Un type m'a proposé un boulot, l'autre jour. Il a dans l'idée d'ouvrir un cabinet qui se consacrerait à des affaires comme celles qu'on traite. NATHAN Si tu viens me demander conseil, tu devrais dire oui. MIKE Non, je viens pas. C'est à cause de lui que les donateurs te laissent tomber, en fait. NATHAN Pardon? MIKE Il travaillait au cabinet Porter Lofton, et son Son offre, c'était une ruse. NATHAN En gros, tu t'es fait piéger? MIKE Même si cette histoire de boulot était bidon, je dois reconnaître que c'est une bonne idée. NATHAN Tu veux qu'on ouvre un cabinet de ce genre? MIKE Non, je veux que ce soit toi qui le fasses. Au lieu de dépendre d'autres gens pour faire tourner le centre, ouvre un cabinet, avec un statut d'entreprise. NATHAN Pourquoi je ferais un truc pareil? MIKE Tes honoraires ne seraient plus plafonnés. Avec cette seule affaire, tu pourrais gagner assez d'argent pour dédommager ces familles et faire tourner ta société pendant des années. NATHAN Ecoute, le centre représente tout pour moi, tu comprends? ça fait plus de dix ans que je le dirige, j'ai pas envie de tout perdre en prenant un risque aussi fou. MIKE Ce n'est pas un risque si tu gagnes. Ecoute, tu auras un coup de main. On t'aidera, Oliver et moi, et une fois que ce sera terminé, je te promets que personne pourra jamais plus te forcer à abandonner un client parce qu'on t'aura fait du chantage aux dons. NATHAN Alors disons que je sois d'accord, tu as oublié pourquoi je suis venu te voir, au départ? MIKE Tu as besoin d'argent. NATHAN On est loin d'avoir de quoi survivre si on devait aller jusqu'au procès. MIKE Et combien il te faut? NATHAN Pour bien faire tourner la boîte? MIKE Oui. NATHAN Un demi-million de dollars. MIKE Je vais te trouver l'argent. FEMME ASSISE Redonnez-moi son nom, je l'appellerai. FEMME DEBOUT Madame Carter. HARVEY Scottie, si tu es là parce que tu as été citée à comparaître, j'ai trouvé une solution. SCOTTIE Je n'ai pas été cité à comparaître. Je ne suis pas là pour ça. HARVEY Pourquoi tu es venue? SCOTTIE Pour dire que j'étais désolée. Je ne veux pas que tu perdes ton cabinet, Harvey. Je tiens beaucoup à toi. Depuis toujours, et pour toujours. Et je voulais que tu le saches. HARVEY Et? SCOTTIE Et quoi? HARVEY Tu n'es pas venue jusqu'ici uniquement pour me dire ça. SCOTTIE Tu ne me facilites pas la tâche. La dernière fois qu'on s'est vus, tous les deux, tu tu m'as dit que tu voyais une psychologue pour régler certaines choses. Tu m'as demandée si tu pouvais m'appeler, quand tu aurais fini. HARVEY Oui, je m'en souviens. SCOTTIE Alors? Tu as fini? Tu as trouvé la paix intérieure? HARVEY On va dire que, eh bien, hh je- je me cherche encore. SCOTTIE Je ne te suis pas. HARVEY Tu veux la vérité? SCOTTIE Oui. HARVEY Un an après que j'ai arrêté de voir ma psy, je suis sorti avec elle. SCOTTIE Un an? HARVEY Un an et trois semaines. SCOTTIE Trois semaines de plus que ce que le règlement exige. HARVEY Oui, après tout, je suis avocat. SCOTTIE Je suppose que ça n'a pas marché. HARVEY Non. C'est fini. C'était c'était compliqué. SCOTTIE Est-ce que Donna avait quelque chose à voir avec ces complications? HARVEY Pourquoi cette question? SCOTTIE C'est tout ce que je voulais savoir. LOUIS Désolé de vous déranger mais Stanley Gordon est dans la salle de réunion. Il veut nous parler. Scottie. SCOTTIE Louis. Bonne chance, Harvey. GORDON Je n'ai jamais aimé cette salle de réunion. Trop de vitres. HARVEY Qu'est-ce que vous voulez, Stanley? LOUIS HARVEY On va faire court, on a un procès à préparer. LOUIS GORDON Vous avez mis Jack Soloff hors jeu, bien joué. LOUIS On peut faire pareil avec les autres. GORDON Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. En tout cas, rien ne vous y oblige. LOUIS Comment ça? GORDON Tout ce qu'ils veulent, depuis le début, c'est revenir au cabinet. LOUIS Quoi? GORDON Si vous leur permettez de revenir, ils laisseront tomber la plainte. HARVEY Vous plaisantez? GORDON Je ne plaisante pas, c'est vraiment ce qu'ils veulent. HARVEY Et vous, qu'est-ce que vous voulez? Cette histoire de poursuite, ce n'est qu'un prétexte pour que vous repreniez le contrôle de la voiture de Jessica. GORDON Ce n'est pas la voiture de Jessica Pearson, c'est la mienne! Mais ce n'est pas le problème. HARVEY Je n'en crois pas un mot. GORDON Peu importe que vous me croyiez ou non, parce que c'est l'accord que je vous propose. Soit vous prenez le risque d'aller au tribunal, soit vous mettez tout ça derrière vous dès aujourd'hui. LOUIS Vous pouvez toujours rêver. GORDON Je vous le mets noir sur blanc, si l'un de mes clients essaie de vous obliger à me nommer associé du cabinet, l'accord ne tient plus et on ne touche pas un dollar. Ça vous surprend, n'est-ce pas? Je ne suis pas comme Jessica. J'ai une certaine considération envers mes collègues. Si vous refusez ma proposition, très bien. Mais avec ou sans ce cher Jack Soloff, il y aura un procès. DONNA Vous avez l'air fatigué. MIKE Ecoutez, Donna, je préfèrerais ne pas avoir à vous demander ça, mais il y a qu'à vous que je peux m'adresser. DONNA C'est sérieux, à ce que je vois. MIKE Je voudrais demander que le cabinet prête de l'argent au centre pour mon affaire, et j'ai besoin que vous m'appuyiez. DONNA Combien? MIKE Cinq cent mille dollars. DONNA Quoi? Mike, il n'y a aucune chance qu'Harvey soit d'accord. MIKE Je sais, c'est pour ça que vous devez essayer de le convaincre. DONNA Je vous ai aidé en vous donnant l'autorisation de travailler sur cette affaire, et vous voulez qu'en plus je vienne appuyer votre demande de prêt, alors que le moment est on ne peut plus mal choisi. MIKE Le bon moment, ce serait quand, en fait? DONNA Jamais. MIKE DONNA On est spécialisés dans le droit des affaires, si j'accepte, je n'ai plus qu'à dire à nos clients qu'ils ne sont pas sur notre liste de priorités. MIKE J'ai pas demandé un investissement mais un prêt, c'est pas du tout la même chose. DONNA Si vous ne voyez pas qu'entre l'un ou l'autre, il n'y a aucune différence, alors. MIKE Alors quoi? DONNA Alors rien. MIKE C'est parce que vous pensez que je suis pas prêt que vous dites ça? DONNA Quoi? MIKE Harvey a dit que j'étais pas prêt à être nommé associé sénior, mais il est pas arrivé à cette conclusion sans d'abord vous demander votre avis. DONNA D'accord. Alors oui, Mike. Vous n'êtes pas capable d'accepter qu'on vous dise non, et c'est exactement pour ça que je pense que vous n'êtes pas prêt. MIKE Je comprends. Je sais. Si Gordon gagne, on pourrait ne pas y survivre. Mais dites-moi, quel intérêt il y a à s'accrocher à la vie si on peut même pas faire ce genre de choses? LOUIS Crois-moi, que ce soit les comptes de Gordon, ceux des anciens associés, le règlement du cabinet, j'ai tout épluché, je n'ai rien trouvé. HARVEY On cherche jusqu'à ce qu'on trouve. LOUIS Ecoute, Harvey, quand on y réfléchit bien, ce n'est peut-être pas la fin du monde. HARVEY C'est vrai. Et je pourrais être renversé par une voiture, mais entre nous, ce n'est pas vraiment le sujet. LOUIS On les reprend, quitte à ce que Gordon pense qu'il a réussi à nous forcer la main, parce que, pour être honnête, le cabinet est plus puissant avec eux. HARVEY Et tu sais aussi bien que moi que si Stanley Gordon veut qu'on les reprenne, il a une idée derrière la tête, et je te garantis qu'il ne fait pas ça par bonté. DONNA J'ai une information, mais je ne sais pas si ça a quelque chose à voir avec ça. HARVEY On vous écoute. DONNA La semaine dernière, quand notre bail a failli être résilié, j'ai fait des recherches au cas où on devrait déménager et. LOUIS Attendez. Une minute. On a failli être jetés dehors? DONNA Ce n'est pas le sujet, j'ai réglé le problème, je vous disais il y avait trois étages à louer dans l'immeuble de Robert Zane, et quand j'ai voulu me renseigner, on m'a dit qu'ils n'étaient plus disponibles, pour la simple et bonne raison que Rand, Kaldor, Zane va s'agrandir. HARVEY Non, c'est impossible. LOUIS Pour que les associés reviennent, il faudrait que Zane résilie leur clause de non-concurrence. Pourquoi il ferait ça alors que le cabinet s'agrandit? DONNA Je n'en sais rien. Mais vous savez, trois étages, c'est justement l'espace qu'on occupe. LOUIS L'enfoiré. Gordon dit la vérité, il ne veut pas prendre le pouvoir. Son plan, c'est que les associés reviennent, qu'ils votent une fusion avec Zane, et que Specter Litt disparaisse. HARVEY Ce n'est pas possible, Louis, ce n'est pas autorisé par le règlement. LOUIS Il n'y a rien qui l'interdise. J'ai pris le problème dans le mauvais sens. Il n'a pas besoin d'être associé gérant pour qu'ils aient la majorité au vote. DONNA Harvey. Si c'est vrai, Zane est forcément dans le coup. HARVEY Je vais aller tirer ça au clair. DONNA LOUIS Bien joué, Donna. DONNA Merci, Louis. Dites, hum puisque que je suis là, j'ai un petit service à vous demander. HARVEY Vous deviez vous douter qu'on finirait par le découvrir. ROBERT ZANE Je peux savoir de quoi vous parlez? HARVEY Je parle votre projet de nous absorber, et du fait que vous êtes tellement lâche que vous agissez dans mon dos. ROBERT ZANE Arrêtez votre petit délire ou je vais devoir vous faire interner en psychiatrie. HARVEY Donc vous n'avez rien à voir là-dedans? ROBERT ZANE Et je vous répète que je ne sais pas de quoi il s'agit. HARVEY Okay. Je vais essayer d'être plus clair. A la seconde où on a publié le communiqué sur Jessica, Stanley Gordon vous a contacté avec une idée derrière la tête. Il a trouvé un prétexte pour qu'on reprenne ses clients, et qu'une fois revenus, ils votent en faveur d'une fusion avec vous. ROBERT ZANE Si je voulais absorber votre cabinet, je n'aurais pas le moindre scrupule à vous le dire en face, et je n'aurais pas besoin de Stanley Gordon. HARVEY Alors pourquoi vous avez un bail de cinq ans pour louer les trois étages en dessous de vous? C'est bien votre signature? ROBERT ZANE Ce n'est pas possible. HARVEY Vous saviez depuis le début et vous m'avez menti. ROBERT ZANE Non. C'est à moi qu'on a menti. HARVEY Qui ça, on? ROBERT ZANE Eric Kaldor et Ellen Rand. Mes deux associés, avec qui je travaille depuis vingt-six ans, n'hésitent pas à me poignarder dans le dos. HARVEY Ecoutez, Robert, je suis désolé que vous ayiez dû l'apprendre par moi. Mettez de l'ordre dans votre maison, parce que maintenant, je dois à tout prix protéger la mienne. RACHEL Balivernes. MIKE Quoi? RACHEL Balivernes. Je Je voudrais qu'on discute de l'offre qu'on t'a faite et de ce que ça implique si on décide de dire oui. MIKE Eh bien je sais pas quoi te dire, Rachel, il se trouve que l'offre de ce type était bidon. RACHEL Quoi? Comment ça, elle était bidon? MIKE Il y avait pas de boulot. Il voulait me pousser à laisser tomber l'affaire. RACHEL Oh, Mike, c'est horrible, je suis désolée. MIKE C'est pas le pire. Je lui ai dit que le centre n'avait que des moyens très limités et il s'est servi de cette information pour faire du chantage aux donateurs et les forcer à nous couper les vivres. RACHEL LOUIS Pas tous vos donateurs. MIKE Louis, on est occupés. LOUIS Vous vous trompez, mon ami, parce que on n'est jamais trop occupé pour recevoir un demi-million de dollars. MIKE Je- je croyais que le cabinet pouvait pas. LOUIS Ce n'est pas le cabinet. Je fais un don anonyme au centre d'aide juridique. Je ne veux pas qu'on me rembourse et ça restera entre nous. MIKE Louis, c'est votre idée ou celle de Donna? LOUIS Travail d'équipe. MIKE Je sais pas quoi vous dire, c'est. RACHEL Dis merci. MIKE Merci. LOUIS Non, Mike. Merci à vous. Parce que vous avez toujours à cœur de faire ce qui est juste. Le monde aurait bien besoin qu'il y ait plus de gens comme vous. RACHEL Je suis entièrement d'accord. Super! MIKE Oh mon dieu. RACHEL C'est dingue. MIKE RACHEL JESSICA Je constate que la déco a empiré depuis mon départ. HARVEY ça ne vous plaît pas? JESSICA ça peut aller. Si on ignore les couleurs et les textures. HARVEY Au temps pour moi. Mais dites-moi plutôt ce que vous faites ici. Parce que je doute que vous soyez là pour me dire que la déco que votre ancien bureau est à chier. JESSICA Harvey. Je sais que Stanley Gordon vous attaque. Mais j'ai besoin d'un service. HARVEY Quel genre de service? JESSICA Vous vous souvenez de ce tracas qui ne devait pas me suivre à Chicago? J'ai été naïve. HARVEY Oh, merde. Vous avez perdu le droit d'exercer? JESSICA En effet. HARVEY JESSICA Je vous demande donc de m'accompagner à Chicago demain, et de faire une demande de mesure d'éloignement, sinon cinq cents personnes vont se retrouver à la rue. HARVEY Je devrais venir pour une histoire de mesure d'éloignement? Jessica, vous vous rendez compte que je mène une guerre pour notre survie? JESSICA Je m'en fiche, vous avez une dette envers moi. Parce que sans compter tous vos sales coups, vous m'avez publiquement humiliée. HARVEY Et je vous signale que vous nous avez assurés être d'accord. JESSICA Et maintenant, je vous demande un service. HARVEY Okay. Vous voulez un coup de main? Je veux savoir dans quoi je me lance. JESSICA Si vous insistez. Je vous dis tout. J'avais comme objectif de me battre pour un certain idéal. Et j'ai compris que je ne faisais que gratter la surface, un pro bono après l'autre. Alors j'ai décidé de m'attaquer aux gros poissons et j'ai affronté le cabinet du maire sur une affaire de violences policières. J'ai eu quatre millions en dédommagements. Et à peine deux semaines après votre communiqué, ils ont voulu me retirer le droit d'exercer. HARVEY Ils ont fait ça pour se venger. JESSICA Ils ont fait ça pour se débarrasser de moi. HARVEY Je ne comprends pas, qu'est-ce que vous attendez de moi? JESSICA Je veux que vous soyez à mes côtés sur la dernière affaire que je plaiderai parce que je veux partir la tête haute. HARVEY Si c'est un avocat qu'il vous faut, il y a des ténors du barreau qui seraient disposés à vous aider. JESSICA Harvey, vous ne m'écoutez pas. Je pars en guerre contre les gens qui m'ont retiré mon droit d'exercer. Je n'ai pas besoin d'un ténor du barreau, j'ai besoin du meilleur associé que j'aie jamais eu. Et qu'il soit là pour moi. HARVEY HARVEY Dites, c'est une intervention? Parce que si c'est le cas, je ne suis pas sûr que vous soyez censés boire. DONNA Jessica nous a dit ce qu'il se passait. HARVEY DONNA Si elle a besoin de vous, vous pouvez nous confier le cabinet, on s'occupera de tout. HARVEY Vous vous occuperez de tout? Moi je doute que ça marche. LOUIS Mais une chose est sûre, c'est qu'on ne serait pas là sans Jessica. MIKE On est prêts à tout pour l'aider, Harvey, compte sur nous. HARVEY Vous êtes prêts à tout? MIKE Oui. HARVEY Je veux que tu me promettes ici et maintenant, que si jamais tu dois choisir entre le centre et le cabinet, tu laisses tomber le centre. Ça veut dire, pas de combine pour te soustraire à tes engagements ou pour refiler le boulot à quelqu'un d'autre. Tu laisses tout tomber à la seconde où Louis a besoin de toi et tu fais ce qu'il te demande. MIKE D'accord. RACHEL Ils ont raison, Harvey. Jessica a fait de gros sacrifices pour nous. Vous pouvez comptez sur nous. Allez à Chicago. HARVEY Eh bien d'accord. J'espère que vous avez raison.