ADRIANO_CARCAMO ALTERNATIVE ANGELA ANNAMARIA EUGENIO EUGENIO_RAGAZZO GUARDIE GUIDO JULIA LAURA MARESCALCHI MONTEROSSO NOTE PAPINI PESCATORE RAG_GROSSO RINALDI ROBERTO_DE_VITO TERZANI VALENTINA VOCE GUIDO JULIA J'arrive. Je vous écoute. GUIDO Bonjour. Je suis le technicien de chez Security Alarm. Je viens faire le contrôle semestriel des systèmes de sécurité. JULIA Ah. Je vois mais par contre, les patrons ne sont pas là. GUIDO Et vous êtes ? JULIA Moi ? Je m'appelle Julia. Et euh. Je dois surveiller la maison je suis la jeune fille au pair. GUIDO JULIA Je suis arrivée en Italie depuis depuis pas longtemps. Je suis suédoise. GUIDO Julia ? JULIA Oui. GUIDO Est-ce qu'on peut les prévenir ? JULIA Euhh. En ce moment, ils sont en Californie avec leurs enfants. GUIDO JULIA Et euh. GUIDO À cette heure-ci, il doit encore faire nuit en Californie. JULIA Ouais. C'est étrange qu'ils n'aient pas pensé à avertir votre société de leur départ. GUIDO J'en sais rien. Ils l'ont peut-être fait. Moi je vais où on me dit d'aller. GUIDO Mais bon, de toute façon ! JULIA GUIDO Okay ! Euh. Je préviendrai mon mon supérieur, et je lui dirai que j'ai pas pu faire le contrôle. Il s'occupera de régler ça avec vos patrons. Au revoir. JULIA Au revoir. Euh. Une seconde, attendez. Non, c'est que j'ai pas envie qu'ils me disputent quand ils rentreront. Venez. L'alarme est de l'autre côté. GUIDO Oui, je sais. Merci. JULIA GUIDO Euh. J'ai désactivé les anciens codes. JULIA GUIDO Et après, je mettrai les nouveaux. GUIDO JULIA Oui. Il est vraiment très beau. GUIDO Je dois vérifier le capteur de pression. JULIA GUIDO On va regarder si ça marche. JULIA GUIDO Et voilà, c'est fait. JULIA Déjà ? GUIDO C'est pas très compliqué comme travail. GUIDO JULIA Salut. GUIDO JULIA Suite à ta visite de l'autre jour. J'ai été faire un tour dans le bureau de mon patron et j'ai vérifié son agenda. Le contrôle du système de sécurité de l'appartement est prévu pour le mois prochain. Et la société qui s'en occupe, ne s'appelle pas Security Alarm. GUIDO Qu'est-ce que tu veux ? JULIA Que tu me donnes une bonne raison de ne pas appeler les flics. GUIDO Je pourrais t'en empêcher. JULIA Tu l'aurais déjà fait si tu l'avais voulu. GUIDO Et toi, t'aurais déjà appelé les flics si tu l'avais voulu. JULIA JULIA "Suzanne et les vieillards" du Tintoret. Première moitié du seizième siècle. Ça fait plaisir de constater qu'il existe d'autres personnes qui l'apprécient à sa juste valeur. GUIDO Ce tableau m'appartient. JULIA Ah ouais. Rien que ça ! GUIDO Il était à mes grands-parents. JULIA GUIDO Ils en avaient beaucoup d'autres, jusqu'à ce que les nazis viennent leur voler pendant la déportation. Parce qu'ils étaient. Parce que nous sommes des juifs. Je veux seulement récupérer ces tableaux. Je ne demande rien d'autre. C'est la seule chose qu'il me reste de ma famille. Et ce n'est que le premier. JULIA Les caméras de surveillance. Tu as oublié d'enlever le C.D. Tu ne risques plus rien. Si jamais t'avais besoin de quelqu'un pour t'aider. GUIDO Est-ce que tu es sérieuse ? JULIA Face à la perspective de rentrer en Suède et de retrouver ma routine. Je préfèrerais largement connaître l'émotion de vivre au milieu de tous ces chefs-d'œuvre. Je t'assure que je n'ai jamais parlé aussi sérieusement qu'à cet instant précis. Mon travail ici se termine dans deux semaines. Pourquoi ne viendrais-tu pas voler mon cœur ? GUIDO JULIA GUIDO JULIA ANGELA Ciao, Rex. Est-ce que ton maître est là ? TERZANI ANGELA Bonjour, chef. TERZANI ANGELA TERZANI Quelle bonne surprise ! ANGELA TERZANI Le Capitaine d'un Commandement des carabiniers qui vient me rendre visite chez moi ! ANGELA C'est exact. TERZANI Il doit y avoir quelque chose derrière tout ça ! NOTE Passage au tutoiement. ANGELA Je crois que tu devrais t'habituer à collaborer avec un Capitaine des carabiniers. TERZANI ANGELA Écoute, je suis venue te donner des nouvelles de nos. Comment on peut les appeler ? Les collectionneurs ? TERZANI Les collectionneurs. LAURA Au début, ce n'était que des voleurs d'œuvres d'art. ANNAMARIA LAURA Les tableaux qu'ils ont volés appartenaient tous à la collection de Martin Krueger. Elle réunissait des œuvres spoliées par allemands pendant la période de l'occupation nazie. Les quatre tableaux qui ont été volés étaient ceux de la famille Orefici. ANNAMARIA Et c'est là que vous avez découvert que le seul héritier encore en vie était un diplômé en ingénierie électronique qui a disparu dans la nature. LAURA Guido dell'Ombra. ANNAMARIA Sauf que cette fois, ce n'était pas seulement un vol, ils ont également tué le maître des lieux. LAURA Et c'était la première fois que ça se produisait. ANNAMARIA Mais revenons un instant sur le piège que nous leur avons tendu. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? LAURA Ils se sont échappés en empruntant un passage secret très ancien, qui ne figurait sur aucun plan du château. Ils avaient tout prévu. GUIDO Tu n'as pas à t'inquiéter. Le tableau de Raphaël rejoindra bientôt les autres. JULIA GUIDO JULIA Mais ce n'est pas la question ! GUIDO Dis-moi ce qui ne va pas ? JULIA Je ne veux pas qu'ils pensent que tu as tué cet homme. GUIDO Je me fiche de ce qu'ils pourront penser. JULIA Il suffirait d'envoyer une copie du disque dur à police et qu'ils voient les images de la vidéosurveillance. GUIDO Je ferais jamais ça. JULIA Pour quelle raison ? Ces images pourraient t'innocenter. GUIDO Est-ce qu'ils nous ont aidés à récupérer ce qui était à nous ? JULIA Écoute Guido, ce n'est pas pour eux qu'il faut le faire, mais pour toi. Tu veux qu'ils t'accusent d'un crime que tu n'as pas commis ? GUIDO Rien de tout ça n'arrivera. Tu verras. JULIA Où tu vas ? GUIDO Couper un peu de bois. JULIA ANGELA La famille de Guido dell'Ombra était originaire de la région. Ils avaient plusieurs biens immobiliers à Capodimonte, y compris une propriété qui est encore habité. TERZANI Nous sommes arrivés à destination. Il faut que j'appelle Fiori pour la prévenir. ANNAMARIA Entendu Terzani, ne prenez aucun risque et tenez-moi au courant, soyez prudents. MONTEROSSO Qu'est-ce que ça donne ? ANNAMARIA Ils font des repérages à Capodimonte, le Capitaine Ranieri a trouvé une piste. PAPINI Annamaria ? ANNAMARIA Ah, justement, Carlo. Il y aurait peut-être quelque chose du côté de Bolsena. Terzani et le Capitaine Ranieri sont déjà sur place. PAPINI Tu sais ce que j'étais en train d'me dire ? ANNAMARIA PAPINI Je pensais à ce que la fille a crié quand elle s'est enfuie du château. ANNAMARIA Elle mentait à coup sûr. PAPINI Je n'en suis pas si certain. Et si c'était quelqu'un d'autre qui avait tué Marescalchi ? ANNAMARIA Qu'est-ce qui te fais dire ça ? PAPINI Cette fille était en proie à un important stress émotionnel, elle avait aucune raison de ne pas dire la vérité. ANNAMARIA Ah ! PAPINI Tu fais quoi ? ANNAMARIA J'appelle le centre pénitencier. Allô oui. Est-ce que vous pourriez libérer les détenus qui ont déclarent qu'ils sont innocents ? MONTEROSSO ANNAMARIA Non, c'est une nouvelle théorie de Carlo Papini. PAPINI Annamaria, tu n'as pas l'impression d'exagérer. ANNAMARIA Et pourtant. Une preuve existerait bien. C'est le disque dur des images qui ont été filmées le soir du meurtre. PAPINI La première chose que l'assassin a fait disparaître. JULIA MARESCALCHI Tu veux que les flics débarquent ! EUGENIO MARESCALCHI JULIA MARESCALCHI JULIA MARESCALCHI Espèce de débile. EUGENIO MARESCALCHI Laisse-moi ! EUGENIO MARESCALCHI EUGENIO MARESCALCHI EUGENIO MARESCALCHI EUGENIO JULIA GUIDO Julia, est-ce que t'es là ? JULIA GUIDO J'ai fini avec le bois. Qu'est-ce que tu fais ici ? JULIA Rien du tout. J'avais juste besoin d'un endroit pour réfléchir. GUIDO Réfléchir à quoi ? JULIA Non, c'est que. Je ne suis pas tranquille. GUIDO Arrête de t'inquiéter. JULIA GUIDO Il ne peut rien nous arriver. J'ai pensé à chaque détail. JULIA Guido. Ces tableaux ont autant d'importance pour toi ? GUIDO Tu le sais. C'est la seule chose qu'il me soit restée de ma famille. Je ferai n'importe quoi pour les avoir. JULIA GUIDO Qu'est-ce que tu as ? JULIA Rien. Je suis un peu fatiguée et je crois que. il faut que je me repose un peu. LAURA Tu es donc certain de leur innocence, Carlo ? PAPINI LAURA Alors je ne comprends toujours pas la raison du meurtre de Marescalchi. PAPINI Ce qui est sûr, c'est que l'assassin savait qu'il avait quitté l'exposition. LAURA La complice de dell'Ombra ? GUIDO Non non ! Je pense que cette fille était uniquement là pour garder un œil sur Marescalchi à l'exposition, pendant que dell'Ombra cambriolait sa villa. LAURA Ah. Et donc ? PAPINI Et donc. LAURA PAPINI Et donc, il devait y avoir quelqu'un d'autre qui le surveillait pendant ce vernissage. LAURA PAPINI Attends une seconde. Tu as les images de l'inauguration ? Celles que tu regardais tout à l'heure. LAURA PAPINI Reprenons depuis le début. LAURA PAPINI Jusqu'à présent on a toujours pensé qu'il s'agissait d'une femme. LAURA PAPINI Cette fois, il faudrait contrôler toute la liste des invités. ANGELA Et voilà... La Rocca Farnese. ALTERNATIVE La Roche Farnèse. TERZANI Allons-y. ANGELA Je t'avoue que je suis en train de changer d'avis au sujet de ce jeune couple. TERZANI Pourquoi ? ANGELA Parce qu'ils agissent avec la conviction d'être dans le vrai, que ce qu'ils font est juste. De leur point de vue, ils ne font que reprendre quelque chose qui leur appartient. TERZANI Ça reste quand même du vol. ANGELA Oui mais il y a une certaine forme d'éthique derrière ce qu'ils font. Une éthique qui n'est pas celle de deux meurtriers, rien à voir. TERZANI En quoi c'est une question d'éthique ? Dans un accès de folie, même les personnes honnêtes peuvent commettre des meurtres. Alors pourquoi pas des voleurs ? ANGELA C'est une possibilité comme une autre. PAPINI Tu as vu comme c'est beau ? Une porte avec sonnette à l'ancienne. TERZANI ANGELA À l'ancienne. PAPINI Attends, arrête-toi, arrête-toi. TERZANI LAURA PAPINI Ici ! LAURA PAPINI De l'autre côté du couloir. Celui qui est isolé. LAURA C'est à peine croyable. PAPINI LAURA Comment est-ce qu'il pourrait être là ? PAPINI Il va falloir s'y prendre autrement. Reprends la liste, et recoupe les noms des invités avec les données des registres de l'état civil. LAURA Et pourquoi ? PAPINI J'ai peut-être une idée. MONTEROSSO Vous êtes monsieur Rispoli ? EUGENIO Ouais, c'est moi, je vous demande juste une seconde, j'ai presque terminé. Mais allez-y, dites-moi quel est le problème. MONTEROSSO Oui. Vous vous seriez pas rendu à un à un certain. À cet évènement, là. À l'inauguration de la galerie Domini. Vous y étiez ? EUGENIO Pourquoi ? MONTEROSSO Vous allez devoir me suivre, je suis de la police. EUGENIO VALENTINA Messieurs dames. TERZANI Bonjour. ANGELA Bonjour. VALENTINA En quoi puis-je vous être utile ? TERZANI Voilà. Je suis le Commissaire Marco Terzani. Je suis policier. VALENTINA ANGELA Je suis carabinière. VALENTINA TERZANI La police, quoi. ANGELA TERZANI ANGELA TERZANI Bref. Nous sommes à la recherche de deux personnes. Il s'agit d'un homme et d'une femme. Voici une photo de lui. Il s'appelle Guido dell'Ombra. Ça vous dit quelque chose ? VALENTINA Non. Ça ne me dit absolument rien du tout. JULIA ANGELA Et le nom dell'Ombra, il ne vous dit rien ? TERZANI VALENTINA Si je sais que c'était les anciens propriétaires du fort. Mais ça remonte à plusieurs dizaines d'années maintenant. TERZANI Rex ! JULIA TERZANI ANGELA TERZANI ANGELA JULIA TERZANI JULIA TERZANI Il faut qu'on trouve un bateau. Ce sont eux, Rex ? ANGELA Tu crois qu'il va te le dire ? TERZANI Qui sait ce qu'il peut y avoir sur cette île ? ANGELA Va savoir si c'est encore une des propriétés de dell'Ombra. Ce ne sont que d'anciennes ruines et un couvent. Elle a complètement été laissée à l'abandon. TERZANI Allons chercher ce bateau. PESCATORE Ça me dérange pas de vous en prêter un. Mais vous savez. À votre place, j'éviterai d'y aller sur cette île. TERZANI ANGELA Qu'est-ce qu'il pourrait bien y avoir sur cette île, des fantômes ? TERZANI PESCATORE Me dites pas que vous allez vous mettre à y croire aussi. C'est l'histoire de l'île qui veut ça. On raconte qu'il y avait un gardien qui portait un bandeau sur l'œil. Il arrachait les yeux des vilaines filles et il en faisait son quatre heures. Moi, quand j'ai été sur cette île. J'ai entendu une voix, qui venait de plus profond de l'enfer. Et qui me hurlait : Dégage, dégage, dégage de là ! Après ça. Quelqu'un a commencé à me tirer dessus. Vous parlez d'un fantôme ! TERZANI Qui était le tireur ? PESCATORE J'en sais rien, je sais pas qui m'a tiré dessus. Tout ce que je sais, c'est qu'à l'époque de la guerre, il y avait un gardien sur l'île, c'était sûrement lui. TERZANI Un gardien en poste à l'époque de la guerre, aurait une bonne centaine d'années aujourd'hui. PESCATORE Ben. Je sais pas quel âge il avait. Mais vous avez raison, à mon avis, c'était la voix d'un vieillard. JULIA GUIDO Julia. JULIA Excuse-moi, mais j'ai besoin de rester seule. TERZANI Restez cachés. On y est presque. JULIA GUIDO Julia. Je t'ai menti. Je suis désolé. JULIA Le problème n'est pas de m'avoir menti. Guido. Tu es un assassin. GUIDO Je n'ai tué personne. Viens avec moi. S'il te plaît. TERZANI PAPINI Bonjour. Ciao, Rinaldi. RINALDI Carlo. PAPINI Donc. Vous êtes Monsieur Eugenio Rispoli. Vous avez un garage à Rome. RINALDI PAPINI Et vous êtes. le frère jumeau de Guido dell'Ombra. EUGENIO PAPINI EUGENIO Je vois pas de qui vous voulez parler. PAPINI Écoutez, je vous en prie. Est-ce qu'on pourrait éviter de perdre du temps, s'il vous plaît ? Vous étiez à ce vernissage. RINALDI PAPINI Nous avons des photos ! Il est impossible que ce soit votre frère, puisqu'il était chez Marescalchi. Et vu qu'il nous en fallait plus. On a procédé avec un contrôle de l'identité de tous les invités de cette exposition. En recoupant ces données avec celles de l'état civil, il n'y avait que deux personnes qui n'était pas inscrites. Montre-lui les photos. Depuis l'ordinateur. Il y a d'abord cette femme. Est-ce que c'est elle ? RINALDI Oui. PAPINI Et puis il y a vous, tu peux avancer. RINALDI PAPINI C'est vous sur cette photo. PAPINI Par ailleurs, tous les documents qui mentionnent un certain Eugenio Rispoli, datent de mille neuf cent quatre-vingt-douze. L'année de la mort du frère de Guido dell'Ombra. Ce qui veut dire que vous êtes son frère jumeau, nous en sommes certains. Il s'agit d'un fait avéré. Vous comprenez ? EUGENIO J'avoue ! C'est bien ça. C'est un crime pour autant ? PAPINI Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. En toute franchise. Je serais curieux de savoir pourquoi... est-ce qu'un modeste ouvrier, qui doit passer ses journées dans un garage, s'intéressait-il aux peintres du "Cinquecento" ? RINALDI EUGENIO Quel est le rapport avec mon travail, je suis passionné par la peinture de cette époque, c'est un problème ? RINALDI PAPINI Pas du tout, bien au contraire. Ça me fait plaisir de voir... que la classe ouvrière a soif de culture. RINALDI PAPINI Quel est votre peintre préféré ? EUGENIO Qu'est-ce que ça changerait ? PAPINI Rien, ce n'est qu'une simple curiosité. L'art a toujours été ma passion. RINALDI PAPINI Quel est votre artiste préféré ? EUGENIO Le Titien. PAPINI Tiziano Vecellio ! Ses tableaux sont sublimes ! J'apprécie beaucoup "La Dame à l'hermine". En fait. C'est l'une de mes œuvres préférées. EUGENIO C'est un très beau tableau. PAPINI C'est vrai ! Dommage que ce ne soit pas une œuvre du Titien. Elle est de Léonard de Vinci. D'accord, ce n'est pas "La Joconde", mais c'est quelque chose qui doit faire partie du bagage culturel de n'importe quel étudiant universitaire inscrit en première année d'histoire de l'art. EUGENIO PAPINI Imaginez un peu la place de ce tableau dans le patrimoine culturel d'un spécialiste des peintres du "Cinquecento". EUGENIO PAPINI Mais bon, passons ! PAPINI Après tout, quoi de plus normal. RINALDI EUGENIO PAPINI de la part d'un ignorant ! C'est tout juste si vous pourriez faire la différence entre un Botticelli et un poster de Mickey. EUGENIO PAPINI Il y a des personnes comme ça vous êtes médiocre, limité et vous savez quoi ? EUGENIO PAPINI Je comprends mieux pourquoi, à un certain moment. Votre famille a décidé de vous renier, parce que vous êtes quelqu'un de violent, une personne d'une médiocrité sans nom, un chien errant ! EUGENIO EUGENIO Tu veux que je te crève, c'est ça ! PAPINI Non ! RINALDI Lâchez-le ! PAPINI Monterosso, au secours ! EUGENIO Je te jure que je te vais te crever ! RINALDI PAPINI RINALDI PAPINI EUGENIO Sale enfoiré ! MONTEROSSO PAPINI Il va m'étrangler ! EUGENIO C'est ça que tu veux, huh ? MONTEROSSO Non mais ça va pas ! Dell'Ombra. Arrête-toi. PAPINI EUGENIO MONTEROSSO RINALDI MONTEROSSO RINALDI PAPINI EUGENIO MONTEROSSO Tu vas rester assis, bordel ! EUGENIO MONTEROSSO Allez ! PAPINI Monterosso ! Essaie d'arriver plus tôt la prochaine fois. MONTEROSSO Je vous arrête pour violences sur un agent de la force publique. PAPINI RINALDI PAPINI Vous vous êtes calmé, ça y est ? RINALDI EUGENIO PAPINI Monterosso, tu peux m'attendre à l'extérieur, s'il te plaît. MONTEROSSO PAPINI MONTEROSSO PAPINI EUGENIO RINALDI EUGENIO PAPINI Je suis désolé. Excusez-moi de vous avoir provoqué. EUGENIO PAPINI Le fait est que je suis là pour vous parler d'un meurtre. EUGENIO PAPINI Il s'agit du meurtre d'Umberto Marescalchi. EUGENIO PAPINI Vous voulez bien m'en parler ? EUGENIO GUIDO C'est cet homme qui a tué Marescalchi. Je n'étais pas habillé comme ça ce soir-là, rappelle-toi. JULIA GUIDO Maintenant, je vais te montrer ce que ces mêmes caméras ont filmé dans une autre pièce, au même moment. Regarde, ça c'était dans la chambre. Tu sais très bien que c'est moi qui portait cette cagoule. Mais ça, la police ne le sait pas. Comment veux-tu leur prouver que ce n'est pas moi ? Pour eux, mon visage est identique à celui de l'assassin. JULIA Alors que c'était ton frère. GUIDO JULIA Ton jumeau. GUIDO JULIA Et pourquoi tu ne m'en as jamais parlé avant ? GUIDO Je n'en ai pas eu le courage, Julia. Ce soir-là, quand tu m'as appelé pour me prévenir que Marescalchi n'était plus à la galerie. GUIDO Qu'est ce qu'il y a ? JULIA Je l'ai perdu. GUIDO J'ai entendu quelqu'un entrer dans la villa. Il faut que je te laisse. JULIA C'est la merde ! GUIDO Alors je suis descendu. EUGENIO GUIDO EUGENIO GUIDO Et je l'ai vu. EUGENIO GUIDO J'ai reconnu mon frère. EUGENIO GUIDO J'étais juste à côté de lui quand il a tué Marescalchi. EUGENIO GUIDO Mais je n'ai pas trouvé le courage de m'approcher de lui. Tout comme je n'ai pas eu le courage de venir t'en parler. Parce que si mon frère l'a tué, j'y suis aussi pour quelque chose. Tout comme ma famille. JULIA Qu'est-ce que ça veut dire ? PAPINI Nous avons fait des recherches. Crises de colère, instabilité émotionnelle. Par ailleurs, nous savons qu'il y a dix-neuf ans, seulement quelques jours avant votre disparition présumée. Un de vos amis nous a quittés. dans des circonstances assez mystérieuses. Vous l'avez tué ? EUGENIO Il me harcelait constamment ! Je n'en pouvais plus. RAG GROSSO T'es qu'une pédale, espèce de pédale ! EUGENIO RAGAZZO Arrête de m'appeler comme ça ! RAG GROSSO Je t'appelle comme je veux. Tu veux que je te touche les nichons ? Espèce de pédale, sale petite pédale ! EUGENIO RAGAZZO Arrête-toi ! RAG GROSSO PAPINI C'est pour cette raison que votre famille s'est séparée de vous, n'est-ce pas ? Parce qu'ils savaient que vous étiez un assassin ? RINALDI EUGENIO Ils disaient que c'était pour me mettre à l'abri. J'ai dû partir la maison. Disparaître. Tout abandonner. Ils ne voulaient plus de leur fils. PAPINI Et c'est là qu'ils ont trafiqué vos papiers d'identité. Pour faire en sorte que vous disparaissiez. EUGENIO J'entends encore la voix de ma mère qui disait. Qu'ils le faisaient pour mon bien. Pour mon bien ! Pour le leur plutôt. PAPINI EUGENIO Je leur faisais honte. PAPINI EUGENIO Je n'étais pas à la hauteur de Guido. Mon père n'arrêtait pas de me le répéter. RINALDI EUGENIO Pourquoi tu n'es pas comme lui ? Pourquoi tu n'es pas comme ton frère ? PAPINI Alors vous êtes parti ? Vous avez fait ce qu'ils vous demandaient ! EUGENIO PAPINI Et un jour, après de nombreuses années. Vous vous êtes rapproché de Marescalchi. EUGENIO PAPINI Cette statuette. RINALDI PAPINI a été retrouvée dans votre garage. MONTEROSSO La fameuse déesse Hébé ! PAPINI C'est l'arme du crime. EUGENIO PAPINI Pourquoi l'avoir tué ? TERZANI ANGELA TERZANI ANGELA Il a vu quelque chose ? TERZANI Des cellules photoélectriques. ANGELA Si on les traverse. On risque de les déclencher. TERZANI On va suivre Rex, il nous montrera un autre chemin. ANGELA TERZANI ANGELA TERZANI Qu'est-ce qu'il y a, Rex ? Il y a quelqu'un. ANGELA TERZANI TERZANI ANGELA C'est un mannequin. TERZANI Je te présente le célèbre fantôme borgne qui règne sur cette île. ANGELA Il doit être connecté aux cellules photoélectriques de tout à l'heure. Il suffirait de les activer pour que sa voix se déclenche. Et qu'il se mette à tirer. Bam ! Je reconnais que l'idée est géniale. TERZANI Je te parie qu'ils en ont aussi mis un sur les plages qui sont de l'autre côté. ANGELA Probablement ! TERZANI Il vaudrait mieux couper ce fil. ANGELA TERZANI Allons-y ! ANGELA EUGENIO J'en ai voulu à mes parents de m'avoir fait ça. Et puis. Au moment de leur mort. Guido a disparu lui aussi. Et. C'était étrange. C'est pas qu'ils me manquaient. Mais là. PAPINI Mais là ? EUGENIO Je me suis senti encore plus seul. Quand les différents vols de tableaux ont commencé. Ceux de la collection Krueger. Je. J'ai tout de suite su que c'était Guido. PAPINI Et puis vous avez fini par découvrir qu'un de vos tableaux était entre les mains de Marescalchi. C'est pour ça que vous étiez à ce vernissage, non ? EUGENIO PAPINI Vous vous rendez compte que vous auriez pu vous faire démasquer par la fiancée de votre frère. Elle était présente elle aussi, ce soir-là. Pour surveiller Marescalchi, pendant que Guido était dans sa villa. Vous avez quitté la galerie en compagnie du collectionneur. Et c'est à peine si. Elle ne s'est même pas rendu compte qu'il n'était plus là. RINALDI PAPINI Quand elle s'en est aperçue, il était déjà trop tard. C'est ce qu'il s'est passé, non ? EUGENIO Guido avait. Il avait disparu. J'avais aucun moyen d'entrer en contact avec lui. Je me suis dit que si j'arrivais à retrouver ce tableau. J'aurai pu l'attirer, le conduire à moi. Mais pour ça, j'avais besoin de Marescalchi. MARESCALCHI EUGENIO En fait, je J'aimerais bien voir le tableau, s'il vous plaît. MARESCALCHI Mais oui, bien entendu ! Par contre, le tableau est dans la chambre à coucher, à l'étage. Tu n'as pas à t'en faire, on pourra y aller plus tard. On pourrait d'abord boire un verre, non ? EUGENIO Non, j'ai pas envie de boire, je veux voir le tableau. MARESCALCHI Ahh. Bon sang de bonsoir ! Et pourquoi ce tableau t'obsède autant, huh ? Commençons par boire quelque chose, pour euh. Pour se relaxer ! EUGENIO Non, j'ai pas envie de boire, je veux voir le tableau ! S'il vous plaît. MARESCALCHI Ahh ! Mais c'est pas croyable ! Quel rabat-joie, celui-là ! C'est bon. D'accord ! Allons-y ! NOTE La manière dont il prononce la phrase fait que le "putain" est très difficile à atténuer. "Foutu" ou "fichu" supprimerait le "de" qui est un appui essentiel. MARESCALCHI Parlons un peu de ce putain de tableau ! Qu'est-ce que tu veux en faire, huh ? T'as envie de me l'acheter ? EUGENIO Oui. MARESCALCHI D'accord ! Vas-y ! Fais-moi une offre, je t'écoute. Tu n'aurais pas une petite idée de son prix ? EUGENIO J'vous en donne quatre-vingt mille euros. MARESCALCHI Tu veux me faire pitié, c'est ça ! Rien que quatre-vingt mille euros ! Pour un tableau du Titien authentique, c'est tout juste le prix du cadre. EUGENIO J'm'en fous du prix du cadre, moi j'veux le tableau et quatre-vingt mille euros, ça fait un paquet de fric. MARESCALCHI Sérieusement. EUGENIO J'ai même dû hypothéquer mon garage ! MARESCALCHI Oh Seigneur ! Il a même dû hypothéquer son garage, oh, le pauvre garçon ! EUGENIO Je me suis endetté jusqu'au cou pour l'avoir. J'ai besoin de récupérer ce tableau, c'est clair ? MARESCALCHI Allez ! Non. EUGENIO MARESCALCHI Pas les larmes, non. Pitié, non. Et maintenant ce débile mental va me pleurer dans les bras. Allez, arrête ! Pas la peine de chouiner ! EUGENIO Et comment je le récupère ? J'ai vraiment besoin de ce tableau. MARESCALCHI Tu en as besoin ? Voilà ce qu'on va faire, huh ? Continue à espérer. On est entre amis, tu sais ? J'ai peut-être une idée. Laisse-moi t'expliquer. EUGENIO Si vous saviez ce qu'il m'a demandé et ce qu'il voulait que je lui fasse. MARESCALCHI EUGENIO MARESCALCHI EUGENIO Cet homme me dégoûtait, c'était un pervers un gros vicieux. Il me Il m'a mis hors de moi. MARESCALCHI EUGENIO MARESCALCHI EUGENIO MARESCALCHI EUGENIO Je voulais. C'était pour revoir mon frère que je le faisais. Et il était là, à quelques mètres de moi. Il était juste à côté. PAPINI Excusez-moi, je suis pas sûr de comprendre. Qu'est-ce que vous comptiez faire, une fois que vous l'auriez retrouvé ? EUGENIO J'en sais rien, j'aurai voulu le serrer dans mes bras. Ou peut-être lui faire du mal. J'en sais rien. Peut-être que ma famille avait raison. J' dois être malade. TERZANI GUIDO TERZANI GUIDO TERZANI Il y a un passage. Vas-y, Rex. GUIDO Malédiction ! TERZANI On prendra l'entrée principale. ANGELA Et comment ? TERZANI Rex va s'en occuper. JULIA Guido, c'est toi ? TERZANI Je vais couvrir l'autre côté. ANGELA TERZANI JULIA Guido ? ANGELA Ne bougez pas ! JULIA ANGELA Carabiniers ! JULIA TERZANI Je te présente Rex. JULIA ANGELA On va devoir se séparer. Il faut trouver son compagnon avant qu'il ne prenne la fuite. TERZANI Il ne partira pas. Tout ce qui compte pour lui est ici. JULIA TERZANI Sa fiancée sans parler des tableaux. ANGELA Les tableaux. Finalement ! TERZANI Ravi de te connaître. JULIA TERZANI Mieux vaut tard que jamais ! Tu t'appelles comment ? NOTE Elle prononce "Habach". JULIA Julia Eberg. TERZANI Écoute-moi, Julia. La vie de ton compagnon est entre tes mains. Dis-moi où il est parti se cacher. JULIA Je sais pas. VOCE Qui est-ce ? JULIA TERZANI VOCE Qui est au rez-de-chaussée ? JULIA ANGELA Qu'est-ce que c'est ? JULIA Le gardien, il s'est réveillé. VOCE S'il vous plaît, répondez ! JULIA ANGELA Où est-il ? TERZANI Je vais jeter un coup d'œil. Rex ! JULIA TERZANI Je te laisse la surveiller. JULIA VOCE Qui êtes-vous ? TERZANI VOCE Qui est-ce ? TERZANI Rex ! Allez ! Ne me dis pas que tu crois à cette histoire de fantôme ! Quel trouillard ! VOCE J'arrive, je vous aurai prévenu. ANGELA C'est qui ce gardien ? JULIA ANGELA Répondez ! JULIA ANGELA Est-ce qu'il vit avec vous ? JULIA Non. VOCE Qui êtes-vous ? Qui est-ce qui fait du bruit ? TERZANI VOCE Vous allez voir de quel bois je me chauffe ! TERZANI C'est quoi ce bordel ! JULIA ANGELA JULIA GUIDO VOCE Qu'est-ce que c'est ? S'il vous plaît, répondez ! TERZANI VOCE Vous voulez que je descende, c'est ça ? TERZANI Merde ! ANGELA GUIDO On y va. JULIA GUIDO JULIA Guido. GUIDO TERZANI Bien joué, Rex ! Plus un geste ! GUIDO JULIA TERZANI Angela ? Rex ? Continue à les surveiller ! J'appelle des renforts. JULIA ANGELA Je crois que c'est le moment de se dire au revoir. Notre affaire est résolue, et je dois retourner au commandement. ANNAMARIA Ces jeunes gens vont passer quelque temps en prison. ANGELA J'avoue que ça fait de la peine, parce que ces tableaux appartenaient vraiment à la famille de Guido. ANNAMARIA Je sais bien mais il y avait d'autres façons de les récupérer. ANGELA C'est vrai, en revanche... Je pense qu'il existerait un moyen officiel de leur restituer leurs biens. C'est une procédure bureaucratique longue et complexe, mais il y a de bonnes chances de réussite. Et puis, ça fait désormais longtemps que ces vols sont avérés ! La première fois que son grand-père a voulu dénoncer les faits... C'était il y a plus de soixante ans. Je sais pas, on verra. ANNAMARIA Entrez. TERZANI Excusez-moi. ANGELA Merci. C'est un cadeau pour moi ? Qu'est-ce qu'il est joli ! Merci ! Un chapeau de la Police. ANNAMARIA Ça a été un plaisir de travailler avec vous. Sincèrement. ANGELA C'était réciproque ! ANNAMARIA Excusez-moi. ANGELA Merci à toi aussi. Ça n'a pas été simple, mais nous avons prouvé que les policiers et les carabiniers peuvent travailler ensemble. TERZANI Uniquement de temps en temps ! ANGELA TERZANI Merci pour tout. ROBERTO DE VITO Allez les gars, on descend ! GUARDIE ROBERTO DE VITO Merde ! C'est du gaz soporifique. GUARDIE ROBERTO DE VITO GUARDIE ADRIANO CARCAMO Non, j'y crois pas ! Ils se sont tirés ! ROBERTO DE VITO ADRIANO CARCAMO TERZANI Il va falloir passer à la caisse ! Une carte postale de Hawaï ! GUIDO Nos vacances, on a préféré les passer dans un endroit plus accueillant que la prison. Pas la peine d'essayer de nous retrouver ici, à Hawaï. TERZANI GUIDO On est déjà partis. Ah ! TERZANI Quel enfoiré ! GUIDO On compte sur toi pour surveiller les tableaux, jusqu'à ce qu'on revienne les prendre. Guido et Julia. TERZANI Ça te dirait qu’on parte en vacances tous les deux, Rex ? J’ai hâte d’y être !