AARON_BEKEMEYER ALISHA_OYLER ARCHIVAL_FOOTAGE BAHER_AZMY BARACK OBAMA BARRY_FRIEDMAN BEN_GAZZARA BILL CLINTON CHARLIE_ADAMS CHRISTY_LOPEZ DONALD_TRUMP DONALD_WILLIAMS ELIZABETH_HINTON ERIC_GARNER GEORGE BUSH GEORGE_YANCY HARRY_REASONER HOMER_CUMMINGS HUEY_NEWTON IDENTIFIED_ARCHIVAL_MALE_POLICE_OFFICER IDENTIFIED_ARCHIVAL_MALE_POLICE_OFFICER_2 IDENTIFIED_FEMALE_CREW_MEMBER IDENTIFIED_FEMALE_IN_CAR IDENTIFIED_FEMALE_IN_CAR_2 IDENTIFIED_FEMALE_NEWS_REPORTER IDENTIFIED_FEMALE_ON_STREET IDENTIFIED_FEMALE_PROTESTER IDENTIFIED_MALE IDENTIFIED_MALE_2 IDENTIFIED_MALE_ACTIVIST IDENTIFIED_MALE_ACTIVIST_2 IDENTIFIED_MALE_ACTIVIST_3 IDENTIFIED_MALE_ANNOUNCER IDENTIFIED_MALE_BOOK_SELLER IDENTIFIED_MALE_CAMERAMAN IDENTIFIED_MALE_CHICAGO_ACTIVIST IDENTIFIED_MALE_CIVILIAN IDENTIFIED_MALE_IN IDENTIFIED_MALE_INTERVIEWER IDENTIFIED_MALE_IN_CAR IDENTIFIED_MALE_IN_HOUSE IDENTIFIED_MALE_IN_RIOT_GEAR IDENTIFIED_MALE_IN_RIOT_GEAR_2 IDENTIFIED_MALE_IN_RIOT_GEAR_3 IDENTIFIED_MALE_IN_RIOT_GEAR_4 IDENTIFIED_MALE_IN_RIOT_GEAR_5 IDENTIFIED_MALE_IN_STREET IDENTIFIED_MALE_KKK_KNIGHT IDENTIFIED_MALE_LOS_ANGELES_ACTIVIST IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER_2 IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER_3 IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER_4 IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER_5 IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER_6 IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER_7 IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER_8 IDENTIFIED_MALE_NEWS_REPORTER_9 IDENTIFIED_MALE_ON_STREET IDENTIFIED_MALE_POLICE IDENTIFIED_MALE_POLICE_AND_BLACK_MEN_PROJECT_SPEAKER IDENTIFIED_MALE_POLICE_AND_BLACK_MEN_PROJECT_SPEAKER_2 IDENTIFIED_MALE_POLICE_CHIEF IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_10 IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_2 IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_3 IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_4 IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_5 IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_6 IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_7 IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_8 IDENTIFIED_MALE_POLICE_OFFICER_9 IDENTIFIED_MALE_POLICE_TRAINING_INSTRUCTOR IDENTIFIED_MALE_PROTESTER IDENTIFIED_MALE_PROTESTER_2 IDENTIFIED_MALE_REPORTER IDENTIFIED_MALE_SKY_KNIGHT_OFFICER IDENTIFIED_MALE_SKY_KNIGHT_OFFICER_2 IDENTIFIED_MALE_STRIKE_NEWS_ANNOUNCER IDENTIFIED_MALE_TEARGAS_INSTRUCTOR IDENTIFIED_MALE_VOICE_ON_RADIO IDENTIFIED_MAN JOE BIDEN JOHN_EDGAR_HOOVER JULIAN_GO KALFANI_TURE KEEANGA_YAMAHTTA KIM LYNDON_JOHNSON MICHAEL_CHERTOFF MICOL_SEIGEL NIKHIL_PAL_SINGH NILESH_V PAUL_BUTLER REDDITT_HUDSON RICHARD_NIXON RIOT_POLICE_OFFICER ROGER_MUDD RONALD REAGAN STOKELY_CARMICHAEL STUART_SCHRADER THOMAS_LANE UNIDENTIFIED_MALE_NYPD_CAPTAIN WESLEY_LOWERY YANCE_FORD YANCE FORD 5, 4, 3, 2, 1. YANCE FORD C'est l� que le film devrait commencer, mais sachez qu'il propose une analyse de l'histoire de la police sur laquelle j'aimerais attirer votre attention. YANCE FORD Ce film exige une certaine curiosit�, ou du moins, d'avoir l'esprit critique. YANCE FORD A vous de choisir. REDDITT HUDSON Le pouvoir de la police est imm�diat. Il est instantan�. REDDITT HUDSON C'est : REDDITT HUDSON "Tu fais ce que je te dis. Illico ! Non, je n'attends pas. Pas de coups de t�l�phone. Fais gaffe, c'est moi qui d�cide ce qui va se passer." IDENTIFIED MALE IN ARCHIVAL FOOTAGE Il suffit d'une chose pour �tre un bon flic. Il faut avoir du c�ur. Mais il faut aussi parfois �tre un salaud. Il faut parfois se comporter comme un sale type. WESLEY LOWERY Comme dans toutes les institutions, c'est : "On a toujours fait comme �a, c'est comme �a que �a doit fonctionner." Personne ne prend jamais le temps de se dire : "Minute. Que voulait-on faire quand on a commenc� ?" NIKHIL PAL SINGH Le mot police vient du latin 'politia' : 'l'art de gouverner la cit�'. L'id�e, c'est que nous sommes un peuple souverain et que nous croyons dans ce principe. Mais le probl�me, c'est qu'on ne sait jamais qui assure le maintien de l'ordre au sein de la police ni d'o� elle tire son pouvoir sur la population. HUEY NEWTON La police occupe notre quartier, notre communaut�, comme une arm�e occupe un territoire. BARRY FRIEDMAN Beaucoup de gens estiment que les agissements de la police sont hors de contr�le. Mais des crimes horribles sont commis, et la violence qui r�gne dans certaines communaut�s est elle aussi hors de contr�le. KEEANGA YAMAHTTA La brutalit� que la police exerce prouve que nous ne sommes pas des citoyens � part enti�re. La police a suscit� une r�volte d'une telle ampleur parce qu'elle est un affront direct � notre appartenance, � notre droit d'�tre ici. IDENTIFIED MALE RIOT POLICE OFFICER Dispersez-vous imm�diatement ou vous allez �tre arr�t�s. WESLEY LOWERY Si nous fondions un pays demain et que nous devions concevoir un ordre public, un syst�me judiciaire, une police, jamais nous n'inventerions le syst�me qui existe � l'heure actuelle. Et pourtant, il perdure de jour en jour. YANCE FORD Le pouvoir de la police est immense, tout-puissant, et difficile � entraver. YANCE FORD C'est la puissance d'un million de policiers d�ploy�s partout, � tout instant. YANCE FORD Et pourtant, le pouvoir de la police s'insinue dans votre vie. YANCE FORD Une seule et m�me institution colossale peut fouiller vos poches, localiser votre t�l�phone portable, exiger vos papiers, vous suivre sur des cam�ras de surveillance ou pr�lever votre ADN. YANCE FORD Aux �tats-Unis, le pouvoir de la police n'est pratiquement pas r�glement�. YANCE FORD Dans une telle d�mocratie, qui a le plus de pouvoir ? YANCE FORD La population ou la police ? YANCE FORD Quels sont les crimes les plus courants dans le North Side ? De quoi s'occupe votre commissariat ? CHARLIE ADAMS Nous avons affaire � beaucoup de violences, des meurtres. �a, c'est North High School, mon lyc�e. CHARLIE ADAMS Oui, beaucoup de violences. Un de nos sportifs, notre quarterback, a �t� tu� par balles il y a une quinzaine de jours. YANCE FORD Que s'est-il pass� ? CHARLIE ADAMS Le lyc�e a laiss� sortir les enfants plus t�t pour qu'ils puissent aller manifester contre la mort d'Amir Locke. CHARLIE ADAMS D Hill a quitt� le lyc�e avec d'autres joueurs. Il rentrait chez lui ou allait chez un ami quand il a crois� un type sur la route de Golden Valley. On va passer devant. Il a juste crois� ce type qui s'est retourn�, on ne sait pas s'ils se sont heurt�s ou quoi. D a continu� � marcher, le type a ouvert son sac � dos, en a sorti une arme et lui a tir� une balle dans la nuque. Il l'a tu� sur le coup. IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR Rapprochez-vous. IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR 2 IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR 3 IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR Assurez vos arri�res. IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR 2 On se concentre, on se focalise ! IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR La porte est ouverte. Je la prends. CHARLIE ADAMS Nos forces de l'ordre, notre police, c'est une organisation paramilitaire. IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR Police, on a mandat ! IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR 2 On entre. On entre. IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR On a un mandat ! Tous � terre ! IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR 2 Couchez-vous par terre ! CHARLIE ADAMS Les gens ignorent que c'est parce qu'elle a pour origine les patrouilles d'esclaves que la police est une organisation paramilitaire. IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR Debout. L�ve-toi ! CHARLIE ADAMS Quand les esclaves se promenaient en ville sans avoir un mot de leur ma�tre, ils �taient violemment battus. Les ma�tres qui en avaient assez de ces patrouilles d'esclaves ont demand� � la Citadelle de former ces patrouilles, de les organiser. Et on leur a donn� une structure de type paramilitaire. IDENTIFIED MALE POLICE T'habites o�, Foote ? IDENTIFIED MALE CIVILIAN La 80�me et� IDENTIFIED MALE POLICE Baisse les bras. IDENTIFIED MALE CIVILIAN La 80�me et Lewell. IDENTIFIED MALE POLICE Va l�-bas ! CHARLIE ADAMS Si les policiers savaient �a, si on leur racontait �a, ils sauraient pourquoi un Afro-am�ricain, ou autre, leur dit qu'ils sont "un produit des patrouilles d'esclaves." Ils comprendraient pourquoi on leur dit �a. On parle encore de 'patrouiller'. On emploie toujours ce genre de mots. Ils devaient avoir une lettre de leur ma�tre pour pouvoir sortir en ville. Que font les flics quand ils voient un groupe d'Afro-am�ricains ? Ils leur demandent leurs papiers. En quoi est-ce diff�rent ? NIKHIL PAL SINGH Quand on �voque l'origine de la police am�ricaine, on a tendance � la croire unique. Mais le maintien de l'ordre a des origines diverses qui se sont d�velopp�es au fil du temps. NIKHIL PAL SINGH Une de ces origines serait la fronti�re o� les revendications territoriales des colons blancs �taient contest�es par les populations autochtones quand les colons blancs ont voulu �tablir leurs droits de propri�t� sur les terres. NIKHIL PAL SINGH La milice frontali�re est donc l'une des origines de ce qu'on appelle aujourd'hui les forces de l'ordre. JULIAN GO Dans le Sud, le syst�me �tait un peu diff�rent. C'�taient essentiellement des patrouilles d'esclaves confi�es � des milices. Des groupes d'hommes �taient charg�s d'aller dans les plantations s'assurer que les esclaves qui vivaient sur ces plantations ne causaient pas d'ennuis. Ils assuraient le maintien de l'ordre au sein de ces communaut�s d'esclaves. NIKHIL PAL SINGH Les patrouilles d'esclaves sont devenues une institution li�e � l'esclavage. Elles peuvent �tre consid�r�es comme un embryon de la police. YANCE FORD Pr�venez-moi quand c'est bon. IDENTIFIED FEMALE CREW MEMBER C'est bon. YANCE FORD Bien. Action ! NIKHIL PAL SINGH Aux 18�me et 19�me si�cles, des forces municipales �tait charg�es d'assurer le maintien de l'ordre au sein de la classe ouvri�re. C'est une troisi�me origine de la police comme �tant un moyen de faire respecter l'ordre social. IDENTIFIED MALE STRIKE NEWS ANNOUNCER Gr�ve des pompiers et des ouvriers de l'automobile � Toledo. Les gardes de l'�tat ont eu recours au gaz lacrymog�ne et � des projectiles pour contenir les gr�vistes galvanis�s par des agitateurs radicaux. Gaz lacrymog�nes et gaz assommants cr�ant un barrage suffocant. Des combats de rues ont fait deux morts et sept bless�s avant que les gr�vistes se dispersent et que les meneurs soient arr�t�s. La guerre dans les rues. La gr�ve sous son pire jour. AARON BEKEMEYER Aux 19�me et 20�me si�cles, l'un des principaux r�les de la police �tait de briser les gr�ves des travailleurs et de prot�ger les biens des employeurs. NIKHIL PAL SINGH On en revient � ce dont on parlait : les trois dimensions du projet politique am�ricain. Celle qui d�coule de l'esclavage, de la capture et de la coercition de la main-d'�uvre noire. Celle qui r�sulte de la fronti�re, de la soif d'expansion territoriale et de la conqu�te des peuples indig�nes. Et celle qui r�sulte du d�veloppement du capitalisme am�ricain et de son besoin de main-d'�uvre. C'est toujours la notion de propri�t� qui en est le moteur. Tout part du principe que les individus n'ayant pas de propri�t�... NIKHIL PAL SINGH � ou �tant eux-m�mes une propri�t� - comme c'est le cas des esclaves - constituent une menace pour un ordre social fond� sur la propri�t� car elles n'ont aucun int�r�t dans cet ordre social. Elles en sont les victimes. YANCE FORD Tous ces gens-l� sont vraisemblablement morts � l'heure actuelle. YANCE FORD Morts, qu'ils aient battus ou �t� battus. Une violence d'un autre temps. YANCE FORD Cette violence appartient-elle au pass� ou a-t-elle perdur� avec le temps ? YANCE FORD C'est comme une danse, un mouvement qui franchit la ligne de violence de part et d'autre. Je me demande ce que ces hommes ressentaient � cet instant-l� ? YANCE FORD Comment se sentaient-ils � l'issue des combats ? Irr�prochables ? Puissants ? YANCE FORD Quand votre m�tier consiste � r�primer et contr�ler d'autres individus, quel effet ce pouvoir a-t-il sur vous ? IDENTIFIED MALE POLICE CHIEF On va d�manteler tous les bars clandestins, distilleries illicites, bouges et bastringues de South Canal � North Haven. On va d�busquer et pourchasser la racaille jusqu'� ce qu'elle saute en voiture pour quitter la ville. Le pays. Pour quitter non pas la ville, mais le pays ! IDENTIFIED MALE POLICE CHIEF Ne frappez pas dans vos mains. Serrez les poings et faites en bon usage ! WESLEY LOWERY A l'origine, l'ordre public signifiait assujettir de petites fractions de la population au profit de la majorit�. WESLEY LOWERY Prenons le terme "la Loi et l'Ordre". La loi et l'ordre sont deux choses diff�rentes. WESLEY LOWERY Quel pourcentage du travail de la police consiste � faire respecter la loi ? Et quel pourcentage concerne le 'maintien de l'ordre' ? Le maintien d'un ordre d�fini par qui ? GEORGE YANCY Le maintien de l'ordre est inh�rent � l'histoire raciale de notre pays. Et pour comprendre ce cadre sous-jacent, il faut remonter au c�ur-m�me de la logique culturelle de l'Europe. IDENTIFIED MALE PROTESTER On n'est pas � Ferguson. IDENTIFIED MALE PROTESTER On n'est pas n'importe o�. IDENTIFIED MALE PROTESTER On est � Baltimore ! GEORGE YANCY Le philosophe David Hume disait qu'un noir, ou un n�gre, n'�tait dot� que de la facult� d'imitation. IDENTIFIED MALE PROTESTER 2 Pourquoi je ne peux pas aller faire des courses sans me faire arr�ter ? GEORGE YANCY Nous ne serions que des perroquets, des oiseaux exotiques. Nous n'aurions aucune id�e in�dite. Pour Thomas Jefferson, nous serions incapables de la moindre cr�ativit�. De m�me que selon Emmanuel Kant �tre noir de la t�te aux pieds est la preuve qu'on ne peut dire que des niaiseries. Pour le philosophe allemand Hegel les Noirs sont d�nu�s de ce qu'il appelle "Geist", l'esprit. Nous serions des �ternels enfants, des primitifs du continent africain, � l'exception bien s�r de l'Egypte. IDENTIFIED FEMALE PROTESTER Exactement ! Vous �tes responsables de out �a ! GEORGE YANCY Dans une certaine mesure, l'imaginaire blanc a structur� le corps noir contre son gr�, de sorte que la 'blanchit�' serait l'expression de ce qui est humain, de ce qu'est un �tre humain � proprement parler. Les Noirs n'�tant que des corps d�viants, troubl�s, dangereux, fauteurs de troubles. YANCE FORD Que signifie troubler l'ordre public ? YANCE FORD Parler fort ? Se tenir trop pr�s ? Poser trop de questions ? Refuser d'ob�ir ? YANCE FORD Peut-�tre vous a-t-on trait� d'individu dangereux ou d�viant ? Peut-�tre avez-vous �t� g�n� par un fauteur de troubles s'approchant trop pr�s de vous ? YANCE FORD Comment avez-vous r�agi ? BEN GAZZARA Cet homme peut-il �tre celui qui, il y a moins de 24 heures BEN GAZZARA � a risqu� sa vie pour un salaire horaire inf�rieur BEN GAZZARA � � celui de cet homme-l� ? BEN GAZZARA L'id�e d'un syst�me policier et de sa responsabilit� envers les citoyens est comparable � ce qui s'est pass� il y a des millions d'ann�es quand les anc�tres de ces fourmis ont �tabli leur syst�me policier. Et aujourd'hui, apr�s des mill�naires d'�volution, les fourmis sont dot�es d'un syst�me social au sein duquel certaines d'entre elles montent la garde et surveillent toute fourmi voulant p�n�trer dans la fourmili�re. Si celle-ci est consid�r�e comme une ennemie, les fourmis polici�res appellent des renforts pour les aider � an�antir l'ind�sirable. JULIAN GO On peut � juste titre estimer que la cr�ation des services de police moderne qui ont vu le jour au 19�me si�cle �tait une r�ponse aux individus consid�r�s comme �tant diff�rents au sein de la soci�t� am�ricaine. Par exemple, le 1er service de police de la ville de New York en 1844 �tait une r�ponse directe � l'afflux d'immigrants venus d'Europe, tout particuli�rement les Irlandais qui �taient consid�r�s comme des �tres inf�rieurs. De nos jours, les Irlandais sont consid�r�s comme des Blancs � part enti�re, mais ce n'�tait pas le cas au milieu du 19�me si�cle. AARON BEKEMEYER Aux Etats-Unis, surtout � la fin du 19�me si�cle quand le pays a connu une tr�s forte immigration, il y avait de nombreux d�saccords quant � l'appartenance des uns et des autres � telle ou telle race, o� finissait et o� commen�ait les diff�rentes races. Le fait d'�tre pris pour cible par la police �tait souvent la raison pour laquelle un individu �tait consid�r� comme non-Blanc. AARON BEKEMEYER Quand la police contr�lait les Italo-Am�ricains, les Grecs-Am�ricains ou les Irlando-Am�ricains qui faisaient l'objet des m�mes abus et discriminations que de nombreux non-Blancs de nos jours, ils n'�taient pas consid�r�s comme une ethnie de plus au sein de la 'blanchit�', mais comme ayant un statut racial de non-Blanc. WESLEY LOWERY La police est un moyen d'acc�der au pouvoir. WESLEY LOWERY Au cours de l'histoire, diff�rents groupes ethniques blancs, pris pour cible par la police � leur arriv�e aux Etats-Unis, se sont efforc� d'int�grer, non seulement la classe sociale blanche am�ricaine, mais aussi les rangs de la police am�ricaine. WESLEY LOWERY Les services de police de la plupart des grandes villes am�ricaines sont constitu�s de nombreux individus appartenant � des groupes ethniques blancs qui �taient � l'origine victimes de pratiques polici�res agressives et discriminatoires. MICOL SEIGEL Juste avant et juste apr�s l'esclavage, les individus qui �taient des domestiques asservis ou des Blancs pauvres � domestiques asservis avant l'esclavage, Blancs pauvres apr�s � se sont vu offrir ce que les historiens qualifient de pot-de-vin racial, � savoir : "Reste � l'�cart de tes camarades de classe, ne cr�e pas de liens avec eux. Et nous, on t'accordera l'acc�s � la 'blanchit�' par le biais de lois et de pratiques qui t'octroieront certains privil�ges. " La police a jou� un r�le crucial dans l'attribution de ces privil�ges. NIKHIL PAL SINGH Dans les ann�es 1690, les gouverneurs de la colonie de Virginie se sont dit : "Pour faire en sorte que les esclaves et les domestiques ne s'associent pas pour nous renverser, nous allons leur dire que les domestiques doivent garder leurs v�tements quand ils sont fouett�s, mais que les esclaves doivent �tre fouett�s nus." Ce qui prouve deux choses, tout d'abord que leur privil�ge de "Blancs" ne valait pas grand-chose s'ils pouvaient toujours �tre fouett�s, mais aussi qu'un effort avait �t� fait pour les diff�rencier et s'assurer que les Noirs apparaissent comme �tant plus vuln�rables face � la force et � la violence de l'�tat. GEORGE YANCY Plus on a la peau claire et plus on est proche de la race blanche. Or, plus on est proche de la race blanche et plus le niveau, la fr�quence et le danger repr�sent� par les forces de l'ordre seront fondamentalement diff�rents. CHARLIE ADAMS A mes d�buts dans la police, je poursuivais un type dans une voiture vol�e que j'ai fini par rattraper. J'�tais en train de l'immobiliser quand j'ai re�u un coup de torche sur la t�te. Je me suis retourn�, j'ai regard� l'autre flic et je lui ai dit : "Pourquoi tu as fait �a ?" Il m'a r�pondu : "Il y avait deux jeunes noirs. J'ai pris le premier qui m'est tomb� sous la main." Et il n'avait pas le moindre regret d'avoir fait �a IDENTIFIED MALE KKK KNIGHT Nous ne d�testons pas le N�gre. Dieu l'a fait noir et il nous a faits blancs. C'est expliqu� dans la Gen�se, chapitre 11, o� Il diff�rencie les races. Sachant que depuis 5.000 ans, la race blanche est la race supr�me, nous, les Chevaliers du Ku Klux Klan, comptons faire en sorte qu'elle le reste. KEEANGA YAMAHTTA � cause de la s�gr�gation et de la fa�on dont la race stigmatise les Afro-Am�ricains, de nombreux immigrants, ayant eux aussi souffert d'indignit�, d'oppression et d'exclusion, ont pu finir par devenir quelqu'un d'autre. On pouvait changer de nom de famille, perdre son accent. On pouvait devenir blanc dans cette soci�t�. Ce que jamais un Afro-Am�ricain ne pourrait faire parce qu'on ne peut pas changer de couleur de peau. IDENTIFIED MALE TEARGAS INSTRUCTOR La police a essay� d'utiliser des gaz lacrymog�nes en les lan�ant sous le vent de la foule. Quand vous �tes face au vent, projetez les grenades lacrymog�nes derri�re la foule � l'aide d'un lance-grenade pour que le vent rabatte les gaz vers les �meutiers. STUART SCHRADER Au d�but du 20�me si�cle, la police de nombreuses villes am�ricaines faisait partie int�grante du syst�me politique municipal. STUART SCHRADER Quand la police faisait partie de la machine politique, elle �tait inefficace dans la lutte contre la criminalit�. C'�tait en fait une organisation criminelle. C'est ce qu'ont voulu changer les r�formateurs de la police. STUART SCHRADER Beaucoup d'entre eux avaient une exp�rience militaire � l'�tranger. STUART SCHRADER � leur retour aux �tats-Unis, ils ont voulu transformer la police de la m�me fa�on que l'arm�e avait �t� transform�e lors des op�rations militaires coloniales dans les Cara�bes, aux Philippines et ailleurs. Ils voulaient que les policiers deviennent des professionnels, tout comme les soldats �taient de plus en plus des professionnels. JULIAN GO Pour comprendre le maintien de l'ordre actuel, il faut remonter aux premi�res interventions militaires am�ricaines � l'�tranger. Je pense en particulier � un homme du nom d'August Vollmer. JULIAN GO August Vollmer est un personnage fascinant. Il est bien connu des policiers, il est consid�r� comme le p�re de la police moderne. August Vollmer a servi dans l'arm�e, tout particuli�rement aux Philippines pendant la guerre hispano-am�ricaine. NIKHIL PAL SINGH Les �tats-Unis ne disent pas que les Philippines �taient une colonie. Mais ils ont occup� les Philippines pendant pr�s d'un demi-si�cle. Et cette occupation s'est �tablie lors d'une brutale guerre contre-insurrectionnelle. JULIAN GO L'un des aspects de la guerre coloniale aux Philippines, c'est que l'arm�e am�ricaine y a perfectionn� un grand nombre de techniques et de tactiques pour faire face aux insurg�s, aux rebelles, � leurs "petits fr�res bruns" comme ils appelaient les Philippins. JULIAN GO August Vollmer a �t� un acteur crucial de cette campagne. Il a �t� minutieusement choisi pour servir dans l'une des unit�s mobiles d'�lite contre-insurrectionnelles charg�es d'aller dans les terres d�busquer et an�antir les insurg�s philippins. NIKHIL PAL SINGH Vollmer est un personnage tr�s int�ressant. C'est un policier qui a pass� du temps aux Philippines � r�fl�chir � la mise en place d'institutions polici�res, avant de devenir un universitaire. Il est l'un de ceux qui ont �crit sur la conception et l'�laboration d'un appareil policier. IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER Inspir�e peut-�tre par les transports en temps de guerre, la division mont�e du service de police a acquis des camions dans lesquels peuvent prendre place dix policiers �quip�s de mitrailleuses, bombes lacrymog�nes et autres dispositifs anti�meute. NIKHIL PAL SINGH Vollmer a combin� les diff�rents domaines que nous avons �voqu�s. Il s'est int�ress� � l'ordre int�rieur. Il a acquis son exp�rience dans une situation de contre-insurrection. Une situation pouvant �tre assimil�e � une guerre, mais qui relevait en fait de la pacification. Il a de plus r�fl�chi aux moyens d'assurer une l�gitimit� � la police. IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER 2 Pour �viter toute confrontation physique, la police a de nouveau eu recours au gaz lacrymog�ne. Repoussant la foule dans l'enceinte du monument. JULIAN GO L'utilisation de tactiques et dispositifs contre-insurrectionnels a inculqu� � la police l'id�e que les citoyens �taient des criminels potentiels, � l'instar des insurg�s. Ce sont des ennemis de l'�tat contre lesquels on peut faire usage de toute la violence n�cessaire. JULIAN GO La police est pratiquement une institution coloniale. C'est le pouvoir d'un �tat qui s'exerce sur des individus n'ayant pas leur mot � dire sur la fa�on dont ils sont gouvern�s. Ce qui implique que cette police, en tant qu'institution coloniale, est principalement au service des int�r�ts des soi-disant colonisateurs, des colons, qui sont g�n�ralement associ�s � la richesse et � la blanchit�. IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER 3 Il y a dans notre pays une tr�s grande vari�t� de beaut�s. Les Am�ricaines pr�sentent tous les types et couleurs possibles et imaginables. Miss America prend son apparence tr�s au s�rieux. La beaut� de son corps et de son esprit est son grand h�ritage am�ricain, le droit de naissance qu'elle doit au fait que ses anc�tres sont venus dans ce pays cr�er un monde nouveau pour leurs enfants et petits-enfants. C'est sur ce sol libre que des gens venus de partout se sont rencontr�s, mari�s, et �l�vent leurs enfants comme des Am�ricains. MICOL SEIGEL La police se distingue radicalement de tout autre organe gouvernemental en ce qu'elle cristallise tr�s nettement le pouvoir fondamental de l'�tat de revendiquer le monopole de la violence l�gitime. De d�cider quelle violence est acceptable et quelle violence ne l'est pas. KALFANI TURE L'�tude du maintien de l'ordre consiste � s'interroger sur le pouvoir et la fa�on dont la police fonctionne au sein d'une soci�t� pour y maintenir un statu quo donn�, que les policiers en soient conscients ou pas. Nous nous int�ressons au pouvoir et � la fa�on dont les policiers participent aux in�galit�s de pouvoir dans une soci�t� donn�e. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER C'est bon, on entre. Assieds-toi par terre. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER Assieds-toi. Ne bouge pas. Il y a quelqu'un d'autre ici ? Du calme ! IDENTIFIED MALE IN HOUSE On n'a rien. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER Ne bouge pas. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER Il y a des armes ici ? IDENTIFIED MALE IN HOUSE On n'a rien. Il n'y a rien ici. Rien ! IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER Des drogues ? De l'argent ? Debout ! IDENTIFIED MALE IN HOUSE C'est l'argent de mon boulot. Je travaille. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER Montre-moi. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER Fais voir. MICOL SEIGEL Le travail de la violence n'est pas un travail violent. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 2 Les mains sur le capot de la voiture ! Maintenant ! Maintenant, j'ai dit ! MICOL SEIGEL C'est le travail de la violence d'�tat et il est plus efficace quand la violence est contenue. Quand la violence est une menace qui n'est pas inflig�e, mais qui pourrait �tre inflig�e � tout moment. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 2 Tu m'as compris ? Allez tous l�-haut. Tout de suite ! L�-haut, j'ai dit. KALFANI TURE Quand je dis que les individus marginalis�s sont des menaces dystopiques, j'ajoute que ces menaces sont consid�r�es comme contagieuses et pouvant affecter d'autres individus. Le but est de les remettre � leur place. Pas seulement � leur place sociale, mais aussi dans les emplacements g�ographiques qui leur ont �t� attribu�. CHRISTY LOPEZ Aux �tats-Unis, ce sont les Afro-am�ricains qui caract�risent la fa�on dont la logique carc�rale s'est d�velopp�e. En partie parce que le maintien de l'ordre a vu le jour dans le contexte de l'esclavage des Noirs. CHRISTY LOPEZ Quand l'esclavage a �t� aboli, beaucoup de gens ont pris peur. C'est alors qu'ont �t� con�us les Codes noirs, c'est-�-dire des lois concernant exclusivement les Noirs. C'�tait tr�s clairement : "Nous allons tenter de vous contr�ler comme nous n'essaierons de contr�ler aucun autre groupe." IDENTIFIED ARCHIVAL MALE POLICE OFFICER Cette marche doit s'arr�ter. C'est clair ? CHRISTY LOPEZ Il est �vident que cette logique carc�rale n'affecte pas seulement les Noirs ou les gens de couleur. Elle concerne tout le monde. Mais sans cette peur, sans ce : "Que va-t-on faire quand les Noirs ne seront plus des esclaves ? Si on ne peut plus les contr�ler comme �a, comment va-t-on s'assurer qu'ils agissent correctement ? " Sans ce chapitre tr�s particulier de notre histoire, notre syst�me de s�curit� publique aurait �volu� d'une fa�on totalement diff�rente. YANCE FORD Comment en sommes-nous arriv�s l� ? YANCE FORD La question se morcelle d�s qu'on la pose. YANCE FORD Qui est ce "nous" ? O� se trouve ce "l�" ? YANCE FORD Nous avons beau partager ce pays, sommes-nous assez proches pour �tre un "nous" ? YANCE FORD Votre Am�rique est-elle la m�me que mon Am�rique ? YANCE FORD L'ont-elles jamais �t� ? BEN GAZZARA Est-ce de la brutalit� polici�re ? Ou de la l�gitime d�fense ? Qu'en pensez-vous ? A moins de dire que vous ne savez pas, vous �tes partial. Vous �tes pour ou contre la police. Il vaut mieux conna�tre tous les faits pour bien comprendre la police, sa fonction et sa responsabilit� envers chaque citoyen. Dans le cas des insectes, comme des �tres humains, l'id�e d'une force de l'ordre est n�e d'une n�cessit�. M�me le corps humain a des forces de l'ordre : en cas de maladie ou de blessure, les globules blancs prot�gent l'organisme des bact�ries nocives qui le menacent. BEN GAZZARA Quand l'humanit� s'est civilis�e, elle a d� vivre selon des r�gles plus �labor�es. Des lois destin�es � prot�ger les faibles contre les forts. C'est ainsi que le pouvoir et la force du groupe ont �t� confi�s � certains individus pour qu'ils les utilisent au nom du groupe. Le m�me principe s'applique aux forces de police actuelles. CHARLIE ADAMS Nous sommes � North Minneapolis, sur l'avenue Plymouth. Cette avenue est connue pour le soul�vement qui s'y est produit dans les ann�es 60. Fin 67 ou 68, je crois. Tout �a, c'�taient des magasins d'alimentation, des �piceries fines, toutes sortes de choses. Les Noirs se sont rebell�s et ils ont tout br�l�. CHARLIE ADAMS Je devais avoir 5 ans � l'�poque, mais je m'en souviens tr�s bien. Le lendemain, mon oncle nous a mis dans sa voiture et on est venus ici. Il est entr� chez le traiteur juif et il l'a pill�. Il a pris de la viande et tout un tas de choses. Je revois encore ma m�re disant � mon oncle de ne pas faire �a parce que ce traiteur la laissait faire ses courses � cr�dit. YANCE FORD Qu'est-ce qui avait engendr� ce soul�vement ? CHARLIE ADAMS Il y avait eu un incident avec la police. CHARLIE ADAMS Ce n'�tait pas un environnement sain pour les Noirs, ils �taient victimes de harc�lement policier dans ce quartier. CHARLIE ADAMS Il y avait eu un probl�me dans un bar. Le propri�taire avait violemment battu un Noir et les forces de l'ordre n'avaient absolument rien fait. �a a �t� la goutte d'eau qui a tout d�clench�. CHARLIE ADAMS Il y avait toutes sortes de commerces sur Plymouth Avenue et une nuit, ils y ont mis le feu. Il y a eu beaucoup de r�voltes dans le pays cette ann�e-l�. IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER 4 B�timents �ventr�s, incendies incontr�lables, la peur r�de encore dans le quartier tranquille de Watts, � Los Angeles. IDENTIFIED ARCHIVAL MALE POLICE OFFICER 2 L�che ce sac et l�ve les mains. Mains en l'air ! IDENTIFIED ARCHIVAL MALE POLICE OFFICER 2 Mains en l'air ! L�ve les mains ! Avance ! IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER 5 Les dirigeants noirs ont mis ces �v�nements sur le compte des probl�mes sociaux. Pauvret�, ch�mage, mauvaises �coles, logements insalubres sont autant de facteurs de discrimination. Mais avant tout, selon leur porte-parole, les brutalit�s polici�res. ELIZABETH HINTON L'id�e re�ue veut que les r�sidents � et tout particuli�rement les Noirs � aient �t� � l'origine de ces r�voltes contre la police et les institutions. Mais quand on regarde de pr�s les faits et la fr�quence de cette forme de protestation politique � soit pr�s de 2.000 soul�vements de ce genre entre 1964 et 1972 � on constate que c'est en fait la police qui les a provoqu�s. IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER 6 Des spectacles incroyables. Une fusillade en plein Broadway. Une rafle dans les rues de Los Angeles. IDENTIFIED MALE ACTIVIST Il ne doit pas y avoir un nouveau Harlem, Rochester ou New York. On peut r�soudre ce probl�me, il est encore temps. IDENTIFIED MALE ACTIVIST 2 Ecoutez-moi, ce soir �a va recommencer, que vous le vouliez ou non. Non, non, attendez, attendez ! Ecoutez-moi. Les Noirs d'ici en ont vraiment marre. Et vous savez ce qu'ils vont faire ce soir ? Ils n'ont plus rien � perdre. Ils ne vont plus se battre ici. Vous savez o� ils vont aller ? Ils vont aller s'en prendre aux Blancs. STOKELY CARMICHAEL Personne n'a cherch� � les arr�ter quand ils ont br�l� notre �glise. Mais quand on riposte, tout le monde est fou de rage. KEEANGA YAMAHTTA Les luttes pour les droits civiques des ann�es 60 �taient une r�ponse aux brutalit�s polici�res, mais aussi � une longue p�riode de violence de la part des Blancs. STOKELY CARMICHAEL Ne vous en faites pas, on ne va plus encaisser tout �a. Le mois dernier, deux �glises noires ont �t� incendi�es dans le comt� de Lowndes, en Alabama. Une semaine plus tard, une �glise blanche a �t� r�duite en cendres. STOKELY CARMICHAEL Nous pratiquerons notre culte o� que ce soit, dedans ou dehors. ELIZABETH HINTON La r�bellion a �clat� dans le Midwest industriel, la Sun Belt, la Rust Belt, sur la c�te Est et dans les �tats du Sud. Partout o� les Noirs vivaient dans des conditions de s�gr�gation et d'in�galit�, en plus d'�tre r�guli�rement contr�l�s par la police avec de nouvelles m�thodes pendant la guerre contre le crime des ann�es 60. Tout �a a engendr� des r�voltes qui ont �clat� partout, dans les grandes et les petites villes. IDENTIFIED MALE Ras-le-bol d'�tre malmen� par vous, les Blancs. IDENTIFIED MALE INTERVIEWER Comment �a malmen� ? A quel point et comment ? IDENTIFIED MALE Vous nous arr�tez dans les rues, d�foncez nos portes, vous nous embarquez au poste. Vous ne nous l�chez jamais. IDENTIFIED MALE INTERVIEWER Des gens se font arr�ter dans les rues, mais ils ne les arr�teraient pas s'ils n'avaient pas commenc�. IDENTIFIED MALE Oui, les Noirs sont dans les rues. Mais ils font �a depuis longtemps. HUEY NEWTON La police n'est pas dans nos rues pour notre bien-�tre ou notre s�curit�, mais pour nous contenir, nous brutaliser et nous assassiner parce que ce sont les ordres qu'ils ont re�us. La police ne pourrait pas �tre dans nos rues pour prot�ger nos biens, car nous ne poss�dons rien. Elle ne pourrait pas �tre l� pour s'assurer que nous b�n�ficions d'une proc�dure l�gale r�guli�re vu que la police n'applique pas une proc�dure l�gale r�guli�re. Il est �vident que la police est dans nos rues uniquement pour assurer, non pas notre s�curit�, mais celle des propri�taires d'entreprises et de leurs biens, et pour faire en sorte que l'�tat des choses reste inchang�. IDENTIFIED MALE CHICAGO ACTIVIST Quand on pense qu'on paye des imp�ts pour que les flics nous bottent le cul. C'est nous qui les payons. On les paye pour qu'ils nous bottent le cul. On les paye pour qu'ils battent nos enfants, pour qu'ils nous fassent d�guerpir des rues. On les paye pour qu'ils nous tuent ! IDENTIFIED MALE CHICAGO ACTIVIST STOKELY CARMICHAEL N'ayez pas peur, n'ayez pas honte, place au Black Power ! Place au Black Power ! Place au Black Power ! Black Power ! Black Power ! IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER 7 Stokely Carmichael, un r�volutionnaire de 25 ans. C'est ici dans le Mississipi que cet �t�, avec son cri pour le Black Power, Carmichael est devenu une figure nationale, et pour beaucoup, effrayante. STOKELY CARMICHAEL Il faudrait br�ler tous les tribunaux du Mississipi pour virer la pourriture. D�sormais, quand on vous demandera ce que vous voulez, vous saurez quoi r�pondre ! Que voulez-vous ? STOKELY CARMICHAEL Que voulez-vous ? STOKELY CARMICHAEL Que voulez-vous ? STUART SCHRADER La police a compris que le radicalisme noir des ann�es 60 �tait un mouvement mondial. STUART SCHRADER La police a compris que la menace communiste, qui semblait aller de pair avec le radicalisme noir, �tait un probl�me mondial, et pas seulement confin� "loin l�-bas". STUART SCHRADER Les responsables am�ricains de la s�curit� ont vu ce qui se passait dans les rues aux �tats-Unis. STUART SCHRADER Ils ont estim� que ces mouvements �taient l'�quivalent des mouvements de lib�ration qui s�vissaient un peu partout. Le radicalisme et le communisme inspiraient une peur colossale. NIKHIL PAL SINGH � l'id�e de la militarisation de la police, il faut en ajouter une autre qui peut sembler bizarre, mais nous devons aussi r�fl�chir � "l'empolicement" de l'arm�e. IDENTIFIED MALE VOICE ON RADIO NIKHIL PAL SINGH La police est la fonction premi�re. Le travail de l'arm�e consiste d�sormais � assurer le maintien de l'ordre. Depuis la Seconde Guerre mondiale, il ne s'agit plus de livrer des guerres contre des puissances souveraines pour assurer la d�fense nationale, mais de mener � bien des projets de contre-insurrection et de pacification � l'�tranger. Les aspects militaires ont infiltr� la police, et le maintien de l'ordre a pris place dans l'action militaire. KEEANGA YAMAHTTA Les gens tirent des conclusions de plus en plus radicales et, aux �tats-Unis, ces conclusions sont aliment�es par les mouvements internationaux, les mouvements anticoloniaux. KEEANGA YAMAHTTA Dans ces pays, les gens adoptent des concepts politiques radicaux. Ils se qualifient de socialistes. Ils contestent l'autorit� et exigent le droit de gouverner sur cette base. Ces id�es ont un sens pour les radicaux de notre pays. Ce n'est sans doute pas une population colonis�e de la m�me fa�on, mais ses conditions de vie sont comparables. KEEANGA YAMAHTTA Ce n'est pas du colonialisme traditionnel, mais �a y ressemble beaucoup. Et les gens ont commenc� � reprendre le m�me type d'id�es et de rh�torique, et � remettre en question le capitalisme. IDENTIFIED MALE ACTIVIST 3 Nous, les Noirs, avons besoin de leaders. Et o� sont-ils ? Ils ne sont pas ici et ils ne sont pas sur le point d'arriver parce que... Oui, ils nous vendent, une fois de plus, et on en a marre d'�tre vendus comme esclaves. IDENTIFIED MALE IN STREET Je vous en prie, ne me tuez pas ! Ne me tuez pas ! IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER 8 Quand tout a �t� termin�, un jeune manifestant avait �t� tu� par balle. On d�nombrait au moins 30 bless�s, dont 19 par balle, et 88 arrestations. STUART SCHRADER Pendant toutes les ann�es 60, les autorit�s polici�res estimaient que le mouvement des droits civiques et par la suite, le Black Power, �taient manipul�s par l'Union sovi�tique. Des agitateurs mettaient des id�es dans la t�te des Afro-Am�ricains du pays pour les inciter � se rebeller. GEORGE YANCY Samuel Cartwright �tait un m�decin que les propri�taires de plantations consultaient parce que les Noirs s'enfuyaient des plantations. Ce qui semble assez normal. On veut �tre libre et on s'enfuit d'une plantation. Les propri�taires blancs ne comprenaient pas �a. Si les Noirs �taient par nature des �tres inf�rieurs, s'ils �taient des possessions, pourquoi s'enfuyaient-ils ? Ils sont all�s voir Samuel Cartwright qui leur a dit : "Je crois avoir une r�ponse." Et il leur a expliqu� que les Noirs souffraient de ce qu'il appelait la "drap�tomanie", une maladie qui les poussait � s'enfuir des plantations. Le corps des Noirs �tait d�termin� selon l'image qu'en avaient les Blancs. Il �tait inconcevable que les Noirs veuillent �tre libres. Et en effet, s'ils s'enfuient des plantations dans un d�sir de libert�, �a invalide l'id�e que les Noirs sont par nature des esclaves. IDENTIFIED MALE LOS ANGELES ACTIVIST Minute ! On veut juste du boulot. Si on a du boulot, on n'emb�te personne. Si on n'a pas de boulot, on d�molit Los Angeles. Point final ! IDENTIFIED MALE 2 Et que penses-tu de la pr�sence de la police ? IDENTIFIED MALE LOS ANGELES ACTIVIST La police ? On br�lera aussi la police. STUART SCHRADER Pour la police ces mouvements n'�taient ni justifi�s ni fond�s sur une v�ritable injustice. STUART SCHRADER Et ces mouvements �taient de fait trait�s comme un complot ennemi. STUART SCHRADER C'est pourquoi les moyens utilis�s pour r�primer ces mouvements � l'�tranger �taient ad�quats sur le territoire national. LYNDON JOHNSON Chers compatriotes ! LYNDON JOHNSON Nous avons connu une semaine qu'aucune nation ne devrait avoir � vivre. LYNDON JOHNSON Trois questions fondamentales se posent quant � ces �meutes. Que s'est-il pass� ? Pourquoi ? Que faire pour �viter que �a ne se reproduise encore et encore ? J'ai nomm� une commission consultative sp�ciale sur les troubles civils. Otto Kerner, gouverneur de l'Illinois, a accept� de la pr�sider. IDENTIFIED MALE CAMERAMAN NIKHIL PAL SINGH Le rapport de la commission Kerner est un �norme pav�. Il marque un tournant d�cisif dans l'histoire du gouvernement am�ricain. Pour la premi�re fois, il est admis ouvertement que le maintien de l'ordre dans la soci�t� am�ricaine est intimement li� � la cr�ation d'une soci�t� divis�e selon des crit�res raciaux. Et comme le dit clairement le rapport, "s�par�e et in�gale". HARRY REASONER Le rapport est un v�ritable best-seller. 740.000 exemplaires ont �t� vendus en trois semaines. Plus d'un million d'exemplaires sont en cours de r�impression. Bantam Books l'a qualifi� de livre de poche le plus vite vendu depuis "La vall�e des poup�es", dont le style diff�re quelque peu. IDENTIFIED MALE BOOK SELLER Le rapport de la commission sur les �meutes ! HARRY REASONER Des jeunes pr�tres de Bushwick s'activent pour encourager la vente du rapport, le consid�rant comme un premier pas des Blancs vers la reconnaissance de ce qu'ils estiment �tre le probl�me fondamental : le racisme blanc. HARRY REASONER Quelle sera la r�ponse � ce rapport ? Quelles mesures seront prises � Washington ? Avec moi, Roger Mudd, qui couvre le Congr�s. Roger, quel est l'impact de ce rapport ? ROGER MUDD Pour l'instant, la Maison Blanche s'est content�e de garder le silence. HARRY REASONER Pourquoi n'ont-ils rien dit ? ROGER MUDD C'est sans doute volontaire. Le pr�sident veut prendre le temps d'assimiler le rapport, mais il doit aussi faire des calculs politiques assez d�licats. ROGER MUDD Rappelons deux choses � propos du Congr�s. Il est principalement compos� de Blancs de classe moyenne des petites villes am�ricaines. Et un rapport qui pointe du doigt ces hommes-l� comme �tant la principale cause des �meutes ne peut que rencontrer une certaine r�sistance. MICOL SEIGEL La commission Kerner apportait une r�ponse � tout le monde. Elle fournissait � la gauche des analyses sur les causes profondes de la criminalit�, et � la droite, des recommandations pour renforcer le maintien de l'ordre et les techniques polici�res. MICOL SEIGEL Les suggestions de droite l'ont emport� sur l'analyse de gauche. Johnson a suivi les recommandations du rapport Kerner pr�conisant un renforcement des effectifs de police. IDENTIFIED MALE NEWS REPORTER 9 La criminalit� est consid�r�e comme un probl�me des grandes villes. Aujourd'hui, les banlieues ressentent l'impact de la mont�e en fl�che du crime. Lakewood, en Californie, utilise des h�licopt�res comme d'autres utilisent des voitures de patrouille. Baptis�e Projet SkyKnight, cette exp�rience associe voitures au sol et policiers dans les airs. MICOL SEIGEL L'injection de fonds par le gouvernement f�d�ral a permis d'augmenter consid�rablement le recrutement de policiers en uniforme et en civil. IDENTIFIED MALE SKY KNIGHT OFFICER 136, ici SkyKnight, on couvre la zone de Compton � Downey. MICOL SEIGEL De m�me que les technologies et le mat�riel utilis�s pour le maintien de l'ordre. IDENTIFIED MALE SKY KNIGHT OFFICER 2 Ici SkyKnight, j'ai un visuel, je lance l'arrestation. IDENTIFIED MALE SKY KNIGHT OFFICER 2 KEEANGA YAMAHTTA L'intervention de Johnson ne concerne pas uniquement la professionnalisation de la police, elle place le gouvernement f�d�ral au c�ur du maintien de l'ordre municipal. Du jamais vu. LYNDON JOHNSON Les Am�ricains n'en peuvent plus de la hausse de la criminalit� et de la d�linquance. LYNDON JOHNSON Ils estiment aussi que le gouvernement peut et doit aider les villes et les �tats dans leur guerre contre le crime. WESLEY LOWERY Quand on emploie le terme "guerre", on demande aux citoyens d'autoriser le gouvernement � faire tout ce qu'il faut, � prendre toutes les mesures n�cessaires. C'est une fa�on de demander aux gens de ne pas exiger un trop grand contr�le et de laisser la police faire tout ce qu'elle jugera n�cessaire parce qu'elle combat une menace potentielle dirig�e contre la population qu'elle est charg�e de prot�ger. HOMER CUMMINGS La criminalit� pose un probl�me de plus en plus s�rieux. HOMER CUMMINGS Elle constitue une menace plus grave pour la nation qu'il n'y a quelques d�cennies. JOHN EDGAR HOOVER La criminalit� va de pair avec l'effondrement des crit�res moraux. LYNDON JOHNSON Nous ne cesserons d'exiger des lois destin�es � prot�ger nos citoyens de la violence. Notre travail ne fait que commencer. RICHARD NIXON L'�poque des marchands du crime et de la corruption dans la soci�t� am�ricaine touche � sa fin. La vague de criminalit� ne forgera pas l'avenir des �tats-Unis d'Am�rique. RONALD REAGAN Nos rangs sont pass�s de 55 hommes en 1925 � pr�s de 4.000 hommes et femmes � l'heure actuelle. Merci encore d'�tre le rempart qui emp�che une jungle de reprendre possession de la clairi�re que nous appelons civilisation. GEORGE BUSH Le budget de la lutte contre le trafic de drogue a �t� augment� de 700 millions de dollars pour l'ann�e � venir. Un besoin imm�diat d'un milliard et demi de dollars suppl�mentaires s'est fait sentir. Avec ces 2,2 milliards suppl�mentaires, le budget 1990 s'�l�ve � pr�s de 8 milliards de dollars. BILL CLINTON La proposition de budget que j'ai pr�sent�e au Congr�s alloue pr�s de 1,3 milliard de dollars au renouvellement du programme de police de proximit�. MICHAEL CHERTOFF Le programme de s�curit� du territoire finance les Etats et collectivit�s municipales pour planifier, organiser, �quiper et former afin de pr�venir d'�ventuelles attaques terroristes. BARACK OBAMA Mon administration a d�s le d�but allou� aux forces de l'ordre municipales et d'�tat les ressources n�cessaires pour remplir leur mission. A ce jour, 3,5 milliards de dollars du plan de relance ont �t� consacr�s au soutien des forces de l'ordre locales. DONALD TRUMP Je me battrai pour vous prot�ger. Je suis votre pr�sident du maintien de l'ordre. J'ai recommand� aux gouverneurs de d�ployer la Garde nationale en nombre suffisant pour que nous ayons le contr�le des rues. JOE BIDEN Vous en conviendrez, il ne faut pas cesser de financer la police, il faut la financer. JOE BIDEN Financez- les ! Financez- les ! YANCE FORD Le statu quo. YANCE FORD L'�tat des choses actuel, tout particuli�rement en ce qui concerne les questions sociales et politiques. YANCE FORD L'expansion de la police a toujours �t� la r�ponse aux conflits int�rieurs et aux p�riodes d'agitation sociale de l'histoire des �tats-Unis. YANCE FORD Toute opposition ou r�sistance au statu quo est r�prim�e par une force �crasante. YANCE FORD Ripostes arm�es et expansion de la police pour r�tablir le statu quo. CHARLIE ADAMS Je veux voir les cam�ras du McDonald's et du J.J.'s Fish House. Et je veux des renforts devant chez Merlin's. CHARLIE ADAMS Je vois qu'ils sont en train de dealer de la drogue. Je ne sais pas s'ils jettent les aiguilles. Ils sont toujours � l'h�ro l�-bas ? Ou ils vendent de l'herbe ? C'est tes potes que je suis en train de regarder. CHARLIE ADAMS J'aimerais qu'il y en ait � tous les coins de rue. Elles sont tr�s utiles, non pas pour dissuader les d�linquants, la plupart d'entre eux ne r�alisent m�me pas qu'il y a des cam�ras. On n'essaie pas de garder le secret. L'an dernier, des membres du conseil n'aimaient pas l'id�e d'un 'Big Brother qui vous a � l'�il'. Mais la pr�sence de ces cam�ras dans toute la ville nous a aid�s � d�barrasser les rues des mauvais gar�ons et de certaines jeunes femmes. CHARLIE ADAMS �a enregistre toujours ? L'int�r�t, c'est qu'on voit les v�hicules impliqu�s. Ce 4x4 noir et quatre Afro-am�ricains sont l� depuis des heures. Je les ai vus � l'�uvre ce qui nous permet d'aller les arr�ter direct. On a un motif suffisant pour le faire. Et aucun innocent ne sera interpell� par m�garde. IDENTIFIED MALE POLICE AND BLACK MEN PROJECT SPEAKER Je vais vous lire la mission du jour, vous dire ce que nous comptons faire aujourd'hui et ensuite, on partira en patrouille. Nous sommes le 'Projet Police et Hommes Noirs'. Nous sommes un groupe de policiers de Minneapolis, membres de la communaut� noire, et nous y �tablissons des relations de confiance pour en assurer la s�curit�. CHARLIE ADAMS Mon souci, c'est la hausse des carjackings. Et le fait que pr�s de 99% des voleurs sont des adolescents. Un adulte fait rarement �a, m�me si �a peut arriver. Notre plus jeune carjacker avait 9 ans. Une jeune fille qui doit avoir 16 ans maintenant a plus de 20 carjackings � son actif, sans compter le reste. On parlait du laxisme du syst�me de justice des mineurs. On ne souhaite pas criminaliser nos enfants, mais on ne comprend pas pourquoi, quand ce sont des d�linquants av�r�s, on les laisse sortir pour qu'ils commettent des actes pires encore. IDENTIFIED MALE POLICE AND BLACK MEN PROJECT SPEAKER 2 Oui. IDENTIFIED MALE POLICE AND BLACK MEN PROJECT SPEAKER 2 IDENTIFIED MALE POLICE AND BLACK MEN PROJECT SPEAKER 2 IDENTIFIED MALE POLICE AND BLACK MEN PROJECT SPEAKER 2 Le probl�me, Charlie, c'est que c'est un �chec du syst�me p�nal. Et de mon point de vue, il doit �tre enti�rement revu. CHARLIE ADAMS Ces filles vont finir par se faire tuer, ou par tuer quelqu'un, si ce n'est pas d�j� fait. IDENTIFIED MALE POLICE AND BLACK MEN PROJECT SPEAKER 2 Moi, ce qui me para�t insens�, c'est qu'on ne puisse pas �tablir une communication par zoom avec un juge pour que ces enfants b�n�ficient d'une intervention quelconque. Ce qui prouve bien ce qu'ils pensent de nos enfants. A l'heure actuelle, les enfants blancs b�n�ficient d'interventions avant le proc�s. Avant le proc�s ! Ils les envoient en traitement, ils les dirigent vers toutes sortes de� Cet idiot qui a tir� sur DeShawn, je suis certain qu'il a b�n�fici� d'une intervention avant son proc�s. La r�alit�, c'est que notre syst�me juridique p�nal nous laisse tomber, ce qui signifie que vous ne pouvez m�me pas faire votre boulot. IDENTIFIED MAN Ils les envoient en traitement. CHARLIE ADAMS Que peut-on faire ? On a un groupe d'enfants afro-am�ricains enferm� au centre de d�tention pour mineurs. Ce n'est pas une bonne chose, ils ne devraient pas �tre d�tenus. Et on ne surveille m�me pas ce qu'ils font. IDENTIFIED MALE POLICE AND BLACK MEN PROJECT SPEAKER 2 Oui. CHARLIE ADAMS Ils sont enferm�s � cause de leurs actes, pas � cause de ce qu'ils sont. IDENTIFIED MALE POLICE AND BLACK MEN PROJECT SPEAKER 2 On peut discuter du genre d'intervention n�cessaire. Je suis d'accord avec ce que tu dis, mais le probl�me, c'est que nos enfants ne b�n�ficient d'aucune proc�dure d'intervention. Notre syst�me p�nal estime qu'il suffit de les laisser sortir et de s'assurer qu'ils ne r�cidivent pas. C'est des foutaises. Ils pr�parent nos enfants � l'�chec. Ils vous pr�parent � l'�chec. Ils nous pr�parent tous � l'�chec. Ce genre de choses ne se produit pas � Edina. YANCE FORD Chaque arrestation, chaque fouille au corps arbitraire, chaque violence polici�re illustre le paradoxe du pouvoir policier. YANCE FORD C'est une vaste institution, qui englobe 18.000 services de police. YANCE FORD Mais c'est dans les rencontres rapproch�es qu'il est le plus tangible. BAHER AZMY Ray Kelly a d�clar� que le stop-and-frisk, la fouille au corps, avait pour but d'instiller la peur chez les jeunes Noirs et les jeunes de couleur pour qu'ils ne sortent pas arm�s dans les rues. Ce n'est pas une r�ponse au crime, c'est une forme de domination et de contr�le. YANCE FORD Au jour le jour, l'institution polici�re n'a pas un visage unique, mais les individus pris dans la machine polici�re n'en ont qu'un. NILESH V En 2008, j'�tais un �l�ve absent�iste sur le point d'�tre renvoy� de l'�cole, ma vie se r�sumait essentiellement � s�cher les cours. La vie � la maison �tait difficile. NILESH V La vie � l'�cole �tait difficile. Je me d�foulais en prenant la tangente, en fuyant mes responsabilit�s et j'ai commenc� � �tre connu dans les rues de Flushing. Je devais me faire fouiller au corps deux fois par semaine. Chaque jour, quelqu'un se faisait arr�ter. On �tait un petit groupe d'une quarantaine de copains. On ne pouvait pas aller faire un tour � Bowne Park certains jours parce qu'il y avait des flics. On se disait juste : "Navinder s'est d�j� fait gauler" ou "c'�tait le tour d'Asha aujourd'hui." Certains flics se la jouaient sympa, d'autres �taient tr�s agressifs. J'ai plus de mal � supporter ceux qui se la jouent sympa. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 C'est quoi ton nom ? IDENTIFIED MALE ON STREET Hops. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Quoi ? IDENTIFIED MALE ON STREET Hops. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Et lui ? IDENTIFIED MALE ON STREET Eddie. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Viens voir l�. IDENTIFIED MALE ON STREET O� tu vas, Eddie ? IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Si je le revois, il va avoir des probl�mes. Pig� ? Eddie, tu ferais mieux de rappliquer. IDENTIFIED MALE ON STREET Je sais. NILESH V C'�tait devenu une habitude. Je connaissais leur nom, ils connaissaient le mien. Une fois, �a m'est arriv� alors que j'�tais assis sur un banc en train de lire un livre. Je me souviens que ce jour-l�, �a ne m'a fait ni chaud ni froid. Elle ne pouvait pas savoir quoi que ce soit. Quand je l'ai vue, je lui ai dit : "Salut Amanda, �a va ? Tu passes une bonne journ�e ?" Et elle m'a r�pondu, "Ouais, Nilesh, tr�s bonne. Pose tes mains sur le banc." IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Tu veux qu'on aille en parler au poste ? IDENTIFIED MALE ON STREET Non. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Bien, c'est quoi ton nom ? IDENTIFIED MALE ON STREET Eddie. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Eddie quoi ? IDENTIFIED MALE ON STREET Smith. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Tu te fous de moi ? Arr�te �a, mon vieux. Va t'asseoir dans la voiture. Je vais te l�cher. Va dans la voiture. IDENTIFIED MALE ON STREET C'est vrai, Eddie Sm� IDENTIFIED MALE ON STREET Pour aller au poste ? IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 3 Va dans la voiture ! NILESH V Quand on a ce genre de relations avec les flics, chaque minute semble en durer 10. Une arrestation de cinq minutes semble en durer 30. On devient tr�s vite soumis. J'�tais un con. Du genre : "Je t'emmerde. J'emmerde les flics !" Je le redis, je n'�tais pas un putain de mec violent ou quoi que ce soit. J'�tais juste un Hindou maigrichon. NILESH V Et on passe peu � peu du sentiment de culpabilit�, "Oh mon Dieu, je suis arr�t� par la police. Je dois �tre quelqu'un d'horrible", �... NILESH V � voil� ce qu'on me donne pour �tre ce que je suis. On finit par s'identifier � ce genre de sentiment. A l'image qu'ils plaquent sur vous. Ne me demandez pas quel �tait cette image, je ne sais pas, mais j'avais le sentiment d'�tre un abominable criminel. J'avais le sentiment d'�tre une racaille, un putain de dealer de crack. C'�tait ce que j'�prouvais. J'avais l'impression d'�tre ce genre de mecs vu la fa�on dont ils me traitaient. C'�tait juste comme �a, c'est tout. NILESH V Je n'ai jamais fait des trucs pareils. Je le jure, mais� NILESH V Cette petite pouss�e incessante vers le bas. C'est juste une petite pouss�e. Mais elle est incessante et... on finit par se sentir trop fatigu�, ou un peu trop en col�re, ou un peu trop � fleur de peu. Et on finit par �tre mort. NIKHIL PAL SINGH Un exemple tr�s int�ressant, c'est celui de la ville de New York � l'�poque de la pratique du "stop-and-frisk" qui �tait une forme plus mobile et plus flexible de g�rer, non pas la s�paration g�ographique entre les diff�rents quartiers de la ville � m�me si �a existe toujours � mais la fa�on dont les gens se d�pla�aient dans la ville. BAHER AZMY Ils trouvaient des armes dans 1,5 % des cas. Le taux de r�cup�ration des armes � feu �tant de 0,1 %, c'est dire � quel point ce programme �tait nul. NIKHIL PAL SINGH En un certain sens, c'�tait un projet racial purement algorithmique de par sa nature. La police se d�pla�ait en regardant o� les diff�rents types de corps se mouvaient dans la ville et d�cidait de mettre la main sur eux d'une seconde � l'autre. "Stop-and-frisk", "arr�ter et fouiller" ! Les rendant de fait suspects d'�tre l� o� ils se trouvaient. On pourrait pratiquement dire que c'�tait une sorte de projet de s�gr�gation mobile. On va se d�placer et faire en sorte que� On ne va pas dire que les gens n'ont pas le droit d'�tre ici ou l�, mais certains individus seront toujours consid�r�s comme n'�tant jamais � leur place, jamais l� o� ils sont cens�s �tre. UNIDENTIFIED MALE NYPD CAPTAIN Vous savez quoi ? Je ne tol�re pas cette merde. Il est entr� et deux de ses potes sont entr�s. On doit donc garder ce coin d�gag�. D'apr�s moi, ils sortent et ils tra�nent quelques instants. Si on ne les fait pas d�guerpir, ils vont tous sortir. Il faut les faire d�guerpir d�s le d�but parce que s'ils sont trop nombreux, ils vont devenir incontr�lables et ils vont penser que le quartier leur appartient. Le quartier nous appartient � nous, pas � eux, pig� ? Ils peuvent y vivre, mais c'est � nous qu'il appartient. Ces rues nous appartiennent. IDENTIFIED FEMALE ON STREET IDENTIFIED MALE REPORTER Ce n'est ni un couteau ni une arme � feu qui a conduit � l'arrestation de cette femme, mais sa chaussure qu'elle a jet�e. IDENTIFIED MALE REPORTER Flynn a cru que c'�tait une pierre ou une brique. JULIAN GO Exiger une soumission inconditionnelle, comme le fait la police, va � l'encontre de ce que la majorit� des Am�ricains estiment �tre notre soci�t�, � savoir une d�mocratie dont les citoyens n'ont pas � �tre soumis � des ordres autoritaires. JULIAN GO Avant, �a s'appelait "Demander, Dire, Faire". Je commence par lui demander de faire quelque chose, puis je lui dis de le faire, et s'il refuse, je l'oblige physiquement � le faire. JULIAN GO Quand on regarde une �mission de t�l�vision sur un r�gime autoritaire ou qu'on lit des articles traitant d'un r�gime autoritaire dont les citoyens doivent �tre inconditionnellement soumis au pouvoir, on en rit en se disant : "C'est horrible ! C'est de la tyrannie. Heureusement, nous les Am�ricains, nous sommes libres." PAUL BUTLER La clef d'�tranglement est une prise utilis�e par certains policiers pour vous obliger � faire ce qu'ils veulent, mais vous ne pouvez pas le faire parce que vous ne pouvez pas respirer. IDENTIFIED MALE POLICE TRAINING INSTRUCTOR En cas de confrontation violente dans la rue, un policier peut difficilement se rappeler de l'emplacement des vaisseaux sanguins et des nerfs dans le cou. IDENTIFIED MALE POLICE TRAINING INSTRUCTOR D'un autre c�t�, conseillers m�dicaux et instructeurs estiment qu'avec la pratique, on se familiarise avec l'anatomie et que les risques de blessures et d'invalidit� diminuent. Apr�s avoir pass� en revue plusieurs cas, j'estime que ces techniques d'interpellation comportent tr�s peu de risques quand elles sont pratiqu�es correctement, c'est pourquoi nous pensons que... ERIC GARNER Je ne peux pas respirer. Je ne peux pas respirer. Je ne peux pas respirer. MICOL SEIGEL Les individus qui exercent le pouvoir policier font une chose tr�s sp�cifique, ils mettent en pratique l'�l�ment essentiel du pouvoir de l'�tat : la capacit� de revendiquer le monopole de la violence l�gitime. IDENTIFIED FEMALE IN CAR Quoi ? IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 4 Ouvre la porte. Sors de la voiture. Sors de l� ! IDENTIFIED FEMALE IN CAR Pourquoi vous l'avez ouverte ? IDENTIFIED FEMALE IN CAR Je ne sais pas ce qui se� IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 4 Sors de la voiture. Sors de l� ! IDENTIFIED FEMALE IN CAR D'accord. Arr�tez la voiture ! Arr�tez ! C'est bon, je vais sortir. Arr�tez ! Arr�tez de faire �a ! J'essaie de sortir. C'est quoi, �a ? Arr�tez ! Je vais sortir. IDENTIFIED FEMALE IN CAR YANCE FORD Mets en pause ! YANCE FORD C'est bon, rembobine. YANCE FORD Si j'arr�te cette violence � cet endroit-l�, est-elle moins abominable ? YANCE FORD Je l'ai plac�e dans l'angle mort. YANCE FORD Mais quelle est la capacit� de l'angle mort ? DONALD WILLIAMS Il ne r�agit plus, mec. ALISHA OYLER Est-ce qu'il a un pouls ? DONALD WILLIAMS Non, regarde. Il ne r�agit plus du tout. ALISHA OYLER ALISHA OYLER Prends son pouls. DONALD WILLIAMS S�rieusement, tu vas rester assis l� alors qu'il est mort ? ALISHA OYLER Laisse-moi prendre son pouls ! DONALD WILLIAMS Est-ce qu'il respire ? Prends son pouls ! Vas-y, prends son pouls, Tom. Tom, prends son pouls. Prends son pouls. Prends son pouls, mec. Tu es nul, mec. Nul. C'est quoi �a ? C'est quoi � ton avis ? Tu trouves que ce qu'il a fait est bien ? Tu dis que ce qu'il a fait est bien ? Tu penses que ce que vous faites est bien ? THOMAS LANE Combien de temps on va parler de �a ? THOMAS LANE Bien. ALISHA OYLER Je te dis de prendre son pouls. THOMAS LANE Arr�tez la dope, les gars ! THOMAS LANE Recule. THOMAS LANE Tu es vraiment pompier ? ALISHA OYLER Oui, je suis de Minneapolis. DONALD WILLIAMS Tu crois que tout va bien ? Prends son pouls, Tom. Prends son pouls. Vas-y ! Il ne bouge plus. Le mec ne bouge plus. THOMAS LANE Va sur le trottoir. ALISHA OYLER Fais voir son pouls. ALISHA OYLER Prends son putain de pouls ! THOMAS LANE Retourne sur le trottoir. PAUL BUTLER On peut difficilement tra�ner un policier devant la justice pour avoir tu� un individu de couleur, parce que c'est g�n�ralement l�gal. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 5 Les mains en l'air ! Maintenant, j'ai dit. Retourne-toi ! IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 5 A genoux ! PAUL BUTLER La Cour supr�me a accord� � la police des "super-pouvoirs" pour �tablir des profils raciaux, arr�ter et tuer. BARRY FRIEDMAN En ce qui concerne l'usage de la force par la police, c'est l'affaire Graham contre Connor qui fait autorit�. La Cour supr�me a statu� que "la police peut recourir � la force tant qu'un policier estime que la situation exige le recours � la force." C'est la r�gle. C'est hallucinant de voir combien de services de police ne veulent pas d'autre r�glementation que celle-l�. WESLEY LOWERY Depuis des ann�es, les syndicats de police abusent des n�gociations collectives pour �toffer leurs contrats et, dans certains cas, pour renforcer les lois de l'�tat par des dispositions non seulement g�n�reuses, mais pr�tes � toutes les entorses au r�glement pour �viter aux policiers d'avoir � rendre des comptes. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 6 Je crois que c'�tait cette maison. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 7 Tu as coup� le son ou pas ? IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 6 Je l'ai coup�, mais je peux� IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 7 Content de vous voir. IDENTIFIED FEMALE NEWS REPORTER Des questions se posent pour savoir pourquoi les policiers de Sacramento ont coup� le son de leurs cam�ras. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 7 Tu as coup� le son ? IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 6 J'ai tout coup� ! IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 7 Bien. REDDITT HUDSON Les syndicats de police arrivent aux n�gociations et disent aux repr�sentants du gouvernement qui leur sont redevables et pr�ts � tout : "Voil� ce qu'on veut. On a besoin de 24 � 48 heures avant qu'un policier doive d�clarer ce qu'il ou elle a fait. Y compris avoir fait usage de son arme. Les dossiers disciplinaires doivent rester secrets. Ces dossiers doivent �tre effac�s au bout de six mois. Le dossier doit disparaitre." C'est gr�ce � ce genre de choses que les policiers �chappent � leurs responsabilit�s, encore et encore. Et je ne parle m�me pas de "l'immunit� qualifi�e". IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 8 Ne bouge pas ! KIM Arr�te ! IDENTIFIED MALE IN CAR Elle m'a tir� dessus. IDENTIFIED FEMALE IN CAR 2 Arr�tez, par piti�. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 8 Tu as tir� ? KIM Oui. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 8 Kay ! KIM KIM J'ai tir� sur elle. Oh mon Dieu ! IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 8 Assieds-toi, Kim. WESLEY LOWERY Le syst�me du maintien de l'ordre a �t� con�u � l'insu de l'Am�ricain moyen, et c'est tr�s souvent l'institution polici�re elle-m�me et ses groupes de pression qui ont �tabli les r�gles qui r�gissent le maintien de l'ordre aux �tats-Unis. Ce qui signifie que la police a �t� en mesure de codifier et de d�cupler son pouvoir, encore et encore. BARRY FRIEDMAN Du point de vue l�gal, il y a tr�s peu de normes nationales. Pratiquement pas. Et �tonnamment, il y a tr�s, tr�s peu de normes �tatiques. Et tr�s peu de normes municipales. Les normes qui r�gissent les agissements de la police sont en grande partie �tablies par la police, les politiques des services de police et leurs associations professionnelles. CHRISTY LOPEZ Il faut s'assurer que les agissements de police sont l�gaux et qu'elle doive r�pondre de ses actes quand elle agit � l'encontre de la loi. Mais le principal probl�me � l'heure actuelle, c'est que la plupart des pr�judices caus�s par la police sont parfaitement l�gaux. CHRISTY LOPEZ YANCE FORD CHRISTY LOPEZ C'est effrayant, non ? Et tout �a est de notre faute. C'est nous qui rendons �a l�gal. Je ne cherche pas � exon�rer la police de ses responsabilit�s, mais le fait est que la plupart des pr�judices qu'elle cause sont parfaitement l�gaux. YANCE FORD Ce qui m'int�resse, c'est� YANCE FORD Ce qui m'int�resse, c'est le "nous" dans tout �a. Vous avez tous deux parl� des lois que nous laissons la police appliquer et de ce que nous laissons la police faire. Je suis assis l� et je me dis : "Je ne laisse pas la police faire �a ! Je ne veux pas que la police fasse �a. J'ignorais que c'�tait l�gal." Est-ce que j'appartiens � ce "nous" ? Pouvez-vous essayer de d�finir ce "nous" qui permet aux l�gislateurs de se soustraire � leurs responsabilit�s. Ce serait formidable de pouvoir dire fermement � la police ce qu'elle peut faire et comment. CHRISTY LOPEZ CHRISTY LOPEZ CHRISTY LOPEZ REDDITT HUDSON Tout individu en position d'autorit� qui chercherait � rendre la police responsables de ses actes va se heurter aux services de police et aux autres d�fenseurs du statu quo, o� que ce soit. Et l'instigateur est toujours le m�me : l'Am�rique des entreprises, les int�r�ts financiers. Il suffit de regarder le r�le qu'a jou� la police dans l'histoire des Etats-Unis. Elle a d�mantel� les syndicats dans le Nord d�s leur apparition. Elle supervisait les patrouilles d'esclaves dans le Sud d�s leur formation, elle a toujours prot�g� les int�r�ts de ceux qui voulaient exploiter les masses � leur profit. MICOL SEIGEL Quand on pense aux politiciens et � la police, on pense � des individus par opposition � des syst�mes. Or, ces individus agissent souvent dans l'int�r�t d'un syst�me qu'ils ne soutiennent pas forc�ment, qu'ils peuvent m�me remettre en cause. MICOL SEIGEL Mais leur travail consiste � renforcer, � �tayer un syst�me qui privil�gie une �lite de classe, une �lite raciale, des nantis qui ne sont pas stigmatis�s par la soci�t�. Et pourtant, parmi tous les individus au service de ce syst�me, nombreux sont ceux qui se trouvent du mauvais c�t� de la barri�re. CHARLIE ADAMS Assurer le maintien de l'ordre, c'est une t�che difficile. Tr�s difficile. Chaque jour, je me sens un peu plus fatigu�. CHARLIE ADAMS L'an dernier, un enfant de 12 ans a pris une balle. Juste � cet endroit-l�. Il a pris une balle alors qu'il se battait avec un autre gamin de la rue. Quand je me suis arriv� sur place, personne n'a pu me dire qui avait fait �a si vite. Il y a beaucoup de gens avec qui j'ai grandi qui vivent encore ici. YANCE FORD Qu'est-il arriv� � cet enfant ? CHARLIE ADAMS Il est mort. BARRY FRIEDMAN Il y a un grand nombre de communaut�s tr�s vuln�rables dans ce pays. Si vous demandez � ces gens-l� : "Vous voulez la suppression de la police ?" Beaucoup d'entre eux vous diront : "Non, on aimerait avoir plus de policiers." Mais si vous leur parlez de la fa�on dont le maintien de l'ordre est assur�, ils sont en col�re. Une fois de plus, c'est notre �chec. Il y a d'autres fa�ons d'aider ces communaut�s qu'en ayant recours � des m�thodes carc�rales agressives. Mais nous ne le faisons pas. CHARLIE ADAMS J'ai longtemps cru qu'avec plus de policiers noirs, nous aurions moins de probl�mes. Avec un chef noir, il y aurait moins de probl�mes. J'y ai cru pendant une trentaine d'ann�es. CHARLIE ADAMS Je n'y crois plus. CHARLIE ADAMS J'ai beaucoup perdu pour avoir pris la d�fense des flics noirs de ce d�partement. Je me demande parfois ce qui se serait pass� si je m'�tais content� de me taire et de faire mon boulot. O� j'en serais maintenant ? YANCE FORD Charlie Adams est policier depuis 1986. Il n'envisage pas de prendre sa retraite. YANCE FORD Il veut terminer sa carri�re comme inspecteur du 4�me commissariat. IDENTIFIED MALE ANNOUNCER � l'origine, nous �tions treize �tats sur la c�te atlantique. Nous avons apport� la libert� avec nous. NIKHIL PAL SINGH Si la police et le r�gime politique sont des entit�s d�mocratiques autonomes, la police est la force de l'ombre qui dit : "Nous sommes l� pour faire autorit� quand vous ne pouvez plus vous gouverner." NIKHIL PAL SINGH "Nous sommes l� pour contr�ler et r�guler la violence au sein la soci�t� en nous arrogeant cette violence." REDDITT HUDSON La r�ponse des forces de l'ordre aux exigences des Noirs quant au respect de leurs vies, leurs maisons, leurs familles et leurs enfants est toujours : "On s'en tape ! Go�te � �a ! Go�te � cette force pour voir si tu aimes �a." NIKHIL PAL SINGH Quand on pense au syst�me policier et � la fa�on dont il s'est d�velopp� aux �tats-Unis jusqu'� devenir cette force massive. Quand on consid�re, non seulement la police, mais aussi le r�seau de prisons, le nombre d'individus arr�t�s, le nombre d'individus condamn�s, et tout ce qui en d�coule � tout l'entourage de ces individus punis, arr�t�s et emprisonn�s � on en arrive � la majorit� de la population. Non pas une minorit�, mais la majorit� des habitants de ce pays. Nous sommes une soci�t� surpolic�e ce qui signifie que la relation entre la police et la population est totalement fauss�e. NIKHIL PAL SINGH Au lieu d'augmenter le nombre d'individus pouvant �tre consid�r�es comme appartenant � ce monde d�mocratique souverain dont les citoyens tentent de trouver le moyen de vivre en bonne intelligence et de r�soudre leurs conflits par la politique, par les revendications, ce nombre se r�duit de plus en plus � un noyau d'individus autoris�s � vaquer � ses occupations, face � un groupe de plus en plus important vivant sous une forme de surveillance polici�re. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 9 Sortie 161. IDENTIFIED MALE POLICE OFFICER 10 C'est bon, je la vois. JULIAN GO L'une des premi�res mesures d'un r�gime totalitaire, c'est de renforcer le pouvoir policier. IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR 4 JULIAN GO Nous renfor�ons actuellement le pouvoir de la police, cette 4�me branche de l'ex�cutif. Et ce faisant, nous sonnons le glas de la d�mocratie. NIKHIL PAL SINGH Prenez l'individu le plus puissant aux �tats-Unis, que ce soit Joe Biden, Donald Trump, ou Hillary Clinton, si vous croyez qu'elle est toujours aux mannettes dans l'ombre. Aucun de ces individus ne peut sortir une arme et vous tirer dans la poitrine. Chacun des policiers asserment�s des �tats-Unis d'Am�rique a le droit, le pouvoir de sortir une arme et de vous tirer dessus. IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR 5 Il saigne ! Il a les oreilles qui saignent ! Il a les oreilles qui saignent ! Faites-le sortir de l� ! IDENTIFIED MALE IN RIOT GEAR 5 Sur quoi tu marches, putain ! NIKHIL PAL SINGH La perte de notre d�mocratie n'a rien � voir avec un d�magogue de droite tel que Donald Trump. Elle a � voir avec notre longue et complexe histoire au cours de laquelle nous sommes montr�s incapables de r�soudre le probl�me syst�mique du renforcement de la police au d�triment de la croissance et du d�veloppement de nos crit�res d�mocratiques et des soutiens dont nous avons besoin pour fonctionner en tant que peuple souverain. WESLEY LOWERY Le moment est venu ! WESLEY LOWERY Dix ans apr�s Trayvon Martin, pr�s de dix ans apr�s Michael Brown, les Am�ricains doivent prendre une d�cision. WESLEY LOWERY Si nous voulons affronter ces probl�mes et envisager tr�s s�rieusement de remettre en cause de ces syst�mes � ce que de nombreuses personnes ont dit vouloir faire � alors nous allons devoir prendre ces probl�mes � bras le corps, parce que ces syst�mes sont costauds. Ils sont durs. Ils sont complexes. Ils sont puissants. WESLEY LOWERY Frederick Douglass a dit : "Le pouvoir ne conc�de rien qui ne soit exig�" or le pouvoir que repr�sente le maintien de l'ordre am�ricain n'a absolument rien conc�d�. WESLEY LOWERY Au contraire, ce pouvoir a doubl�, tripl�. YANCE FORD Le pouvoir ne conc�de rien qui ne soit exig�. YANCE FORD Il ne l�a jamais fait et ne le fera jamais. YANCE FORD Frederick Douglass.