AMI_DE_LA_FAMILLE ARBITRE_DE_BASKET CONDUCTRICE EXPERT EXPERTE FEMME_1 FEMME_2 FEMME_3 FEMME_4 FEMME_RADIO FIN_DE JASON LYNETTE MARK_BUNDY NARRATEUR POLICER_4 POLICIER POLICIER_1 POLICIER_1_INTRO POLICIER_2 POLICIER_2_INTRO POLICIER_3 POLICIER_3_INTRO POLICIER_4 POLICIER_4_INTRO RADIO_FEMME RADIO_HOMME_1 RADIO_HOMME_2 RICKY TIFFANY_BURGTORF POLICIER 1 INTRO Dans cette ville, le crime est omniprésent. POLICIER 2 INTRO Police, ouvrez la porte ! POLICIÈRE INTRO On doit retrouver ces gens et les arrêter. POLICIER 3 INTRO À chaque minute qui s’écoule, une autre preuve s’efface. POLICIER 4 INTRO Je peux prouver que vous l'avez fait, mais je veux comprendre pourquoi. FIN DE L’INTRO TIFFANY BURGTORF 5-11, je suis en route vers la scène de crime. RADIO FEMME Bien reçu. 1-10 ou 1-20, à vous. RADIO HOMME 1 Je parlais aux experts, je vous écoute. RADIO HOMME 2 On est sur la 38ème, quelqu’un d’autre est là ? TIFFANY BURGTORF Qu’est-ce qu’on a ? POLICIER 1 Prénom : Adam. Adam Williams. TIFFANY BURGTORF OK. POLICIER 1 Il y a des douilles à partir d’ici, jusqu’à la 7ème rue. On a trois perforations par balle côté conducteur de la voiture blanche. Apparemment, d’autres passagers ont fui. Ils disent qu’on leur a tiré dessus, mais ils n’ont pas été touchés. POLICIER 2 Vous voulez voir la voiture ? TIFFANY BURGTORF Waow… POLICIER 1 Un impact ici. POLICIER 2 La balle a traversé, et l’a atteint au flanc. TIFFANY BURGTORF La vache… POLICIER 2 Et un autre ici. TIFFANY BURGTORF Je vois un trou ici. POLICIER 2 La balle a traversé la portière, et a cassé la boucle de la ceinture. Mais celle-ci est restée dans la portière : on doit pouvoir en récupérer un fragment. TIFFANY BURGTORF D’où est-ce que vous avez vu le sang s’écouler ? POLICIER D’ici, sur la chaussée. POLICIER 2 Il y a du sang sur l’appuie-tête. C’est bon ? TIFFANY BURGTORF (compte pour elle-même) Un… deux, trois… MARK BUNDY On dirait un calibre 5-56. TIFFANY BURGTORF Oui. MARK BUNDY C’est certainement ça qui l’a atteint. TIFFANY BURGTORF Oui, on voit bien que la balle a traversé la portière… et droit dans sa poitrine. Les types sont arrivés par ici, en tirant. Ils ont tiré depuis leur voiture en mouvement. Les témoins se sont enfuis par les bois, c’est ça ? POLICIER 1 Les passagers de la voiture, à l’avant et à l’arrière, se sont enfuis par les bois, oui. TIFFANY BURGTORF (chevauchement) Oui. MARK BUNDY Quand ils se sont enfuis en courant, quelqu’un a continué de tirer. On voit bien que cette balle a traversé le montant… TIFFANY BURGTORF Sans endommager la portière, oui. Je pense qu’ils ont fui par-là, pour aller se cacher dans les arbres. On doit interroger ces témoins au commissariat. TIFFANY BURGTORF Il y a ici, à Kansas City, plus de 200 fusillades en voiture par an. Et elles font très souvent des victimes mortelles. De nos jours, ce sont souvent des gamins, des ados. Ils pensent qu’en conduisant vite, et en tirant vite, personne ne les verra, et qu’ils pourront s’en tirer. ENQUÊTEUR 1 Le gamin s’appelle Adam Williams ? MARK BUNDY C’est ça. Je n’ai pas sa date de naissance. Tiffany ? TIFFANY BURGTORF Non, je la cherche. Il a 18 ans. Oh, il y a de vieilles photos de lui, avec ses amis… À l’école… Beaucoup d’images de basket. Il a grandi dans un secteur où il y a des familles très bien, mais c’est un environnement très dur. MARK BUNDY Oui. TIFFANY BURGTORF Mais il n’a pas d’antécédents judiciaires. MARK BUNDY À ce qu’on en voit, il avait l’air de s’intéresser plus au basket et au sport qu’à trainer dans la rue. NARRATEUR Les témoins présents dans la voiture arrivent au commissariat pour y être interrogés. ENQUÊTEUR 2 Ils ont de petites égratignures, après avoir couru dans la broussaille. TIFFANY BURGTORF Tu veux les interroger ? MARK BUNDY On les sépare, et on les interroge à part. TIFFANY BURGTORF (chevauchement) OK. MARK BUNDY (parle bas) Ils ont l’air d’être de bons gamins. TIFFANY BURGTORF (parle bas) « Oui Madame, non Madame… » Ils sont bouleversés. Et comme je le pensais, quand ils ont fui vers les bois, on a recommencé à leur tirer dessus. MARK BUNDY Qu’est-ce qui s’est passé, d’après toi ? TIFFANY BURGTORF Aucune idée. Je ne pense pas qu’ils soient mêlés à des gangs. Vu le secteur où ils vivent, ils peuvent trainer dehors, parler comme des durs, ou faire semblant pour s’intégrer à la communauté, mais ils passent leur vie à faire du sport. TIFFANY BURGTORF Les fusillades depuis une voiture sont des actes d’une grande lâcheté. On tire sur n’importe qui, on n’a même pas besoin de regarder sa victime. Le début d’une enquête de ce type est toujours très compliqué : la scène de crime a disparu avec la voiture. On va devoir obtenir des témoignages. LYNETTE J’aimais mon fils de tout mon cœur. C’est inexplicable… Je n’aurais jamais pensé qu’une chose pareille nous arriverait. J’étais assez stricte dans ce que je leur autorisais. Les pistolets à billes, ou même à eau, étaient interdits à la maison. Adam n’a jamais eu d’ennemi. Je ne voulais que son bonheur, qu’il vive loin des problèmes. Qu’il grandisse, devienne intelligent, se fasse un nom, et quelque chose de sa vie. Il me disait toujours : « Je ne serai pas comme les autres. Je serai bien mieux : je t’achèterai une maison, et plein de choses. J’irai à la fac. » Il voulait étudier le droit criminel, pour devenir policier. C’est ce que j’espérais pour lui, et puis c’est arrivé… Tout s’est effondré. Je ne sais pas ce que je vais faire. Mon bébé me manque. La police doit retrouver les coupables. Le Kansas, c’est petit. Quelqu’un va parler, même pour donner une toute petite information. Je veux savoir qui a tué mon fils. ENQUÊTEUR 1 On va commencer. Tiffany ? TIFFANY BURGTORF La victime s’appelle Adam Williams ; il a 18 ans. On a quatre témoins, qui étaient trop secoués hier soir pour nous donner de bonnes informations. On n’a donc pas grand-chose. Ils ont participé à un tournoi de basket, et remontaient Walker. Une voiture les a dépassés, s’est arrêtée, et a tiré trois fois. Ils se sont enfuis en courant, et en arrivant dans un bois, ils ont entendu de nouveaux coups de feu. Il y a une école à proximité : on espère que ses vidéos de surveillance nous fourniront une description de la voiture des suspects. MARK BUNDY On est assez loin de l’endroit des faits, mais les témoins n’ont pas pu nous donner beaucoup d’informations. On pourrait tirer de la vidéo de nouvelles informations, même minimes. JASON Ça peut nous aider. POLICIER 3 Vous voulez voir la vidéo sur le grand écran ? MARK BUNDY S’il vous plait, oui. POLICIER 3 Voilà l’image que j’ai. Elle va entrer dans le champ ici. MARK BUNDY C’est là que la voiture s’arrête, comme l’ont dit les témoins. JASON La voiture des suspects. MARK BUNDY On voit mal. Ils leur tirent dessus en les dépassant. POLICIER 3 Ils n’ont même pas ralenti. JASON Non. MARK BUNDY Les quatre passagers disent qu’ils se sont enfuis par les bois. La voiture revient, et leur tire dessus. Mais ça peut se passer hors champ. POLICIER 3 On voit deux personnes courir dans cette direction. MARK BUNDY Ce sont nos témoins qui s’enfuient. POLICIER 3 Et deux autres. POLICIER 3 C’est allé très vite. MARK BUNDY Oui, en un clin d’œil. POLICIER 3 C’est tout ce que j’ai. MARK BUNDY C’est dingue. Ils ne savent même pas qui pouvait se trouver dans cette voiture. JASON Non ! MARK BUNDY Le véhicule a fait demi-tour, et est revenu tirer de nouveau. Pour moi, c’est un assassinat. Ils cherchaient clairement à tuer quelqu’un. MARK BUNDY Salut, Tiffany. On a pu voir la vidéo à Summer. On ne distingue pas bien les véhicules. On a juste de quoi confirmer notre chronologie. Il faut vraiment qu’on tire quelque chose de ces douilles. J’espère que le labo pourra nous dire quelque chose, et qu’on pourra identifier les armes. Ça pourrait bien être notre seule piste… TIFFANY BURGTORF Après une fusillade en voiture, l’étape suivante, c’est de retrouver l’arme, pour pouvoir y associer les balles et les douilles retrouvées sur la scène de crime. TIFFANY BURGTORF On a des petits gants ? EXPERT Tu veux des petits gants ? TIFFANY BURGTORF S’il te plait. NARRATEUR Les enquêteurs examinent la voiture de la victime, pour obtenir plus d’informations sur l’arme utilisée pour commettre cet homicide. TIFFANY BURGTORF C’est incroyable qu’aucun des gamins à l’arrière n’ait été touché. EXPERTE Qu’est-ce qu’on cherche, exactement ? TIFFANY BURGTORF Des balles qui seraient tombés dedans. EXPERT (chevauchement) Attends, sors. TIFFANY BURGTORF Je n’en vois pas. TIFFANY BURGTORF On sait qu’ils ont utilisé un fusil calibre 5-56 pour tuer Adam, grâce aux douilles qu’on a retrouvées sur les lieux. C’est un fusil très puissant, un peu comme ceux que les soldats utilisent à l’armée. Ces balles sont conçues pour tirer de très loin. On voit de plus en plus de 5-56, ils gagnent en popularité. MARK BUNDY Ils sont conçus pour causer de grosses blessures. Il a eu une grosse hémorragie interne. TIFFANY BURGTORF Il a eu les poumons et le cœur transpercés. Il est mort quasiment sur le coup. MARK BUNDY Si on parvient à retrouver cette arme, et qu’on établit une correspondance avec les balles, ce sera une grande avancée pour l’enquête. TIFFANY BURGTORF On doit retrouver ce fusil au plus vite. MARK BUNDY Ce n’est jamais facile, surtout quand une arme vient tout juste de servir à tuer quelqu’un. TIFFANY BURGTORF Si on ne le retrouve pas vite, il pourrait changer de mains. MARK BUNDY On va publier un communiqué de presse. Si ça passe aux infos, un témoin pourrait nous appeler. MARK BUNDY En cas d’homicide, on s’adresse souvent à la population. On a absolument besoin de témoins, pour faire progresser l’enquête. Très souvent, des gens ont des informations, qu’ils ne souhaitent pas partager. On fait de notre mieux pour établir une relation de confiance… mais être policier aux États-Unis, de nos jours, c’est très difficile. Les gens ne souhaitent pas coopérer avec les forces de l’ordre, et parfois, sans la coopération du public, l’enquête n’avance pas, et si quelqu’un sait quelque chose, on a besoin qu’il fasse une bonne action, et vienne nous raconter ce qui s’est passé. LYNETTE Les adolescents de nos jours refusent d’être considérés comme des « balances ». De dénoncer, de dire qui a fait quoi. Ils disent qu’ils n’ont rien vu. C’est idiot. Si c’était vous la victime, vous voudriez qu’un témoin dénonce le coupable. LYNETTE Merci, Dieu vous bénisse. CONDUCTRICE Vous tenez le coup ? LYNETTE C’est dur… CONDUCTRICE J’imagine… NARRATEUR La mère d’Adam doit vite réunir 4000 dollars, pour payer l’enterrement de son fils. LYNETTE On fait une quête, pour l’enterrement de mon fils. LYNETTE Certains nous regardent de travers, mais si c’était leur enfant, eux aussi en seraient réduits à ça. LYNETTE Je ne sais pas quoi faire. Je me force à aller de l’avant, à faire comme si tout allait bien. J’essaye d’être forte pour mes autres enfants. Mon bébé me manque, je pense à lui tous les jours. On va trouver qui a fait ça, je le sais. Je vais trouver le coupable, on va parler à la police. Je n’ai pas peur. TIFFANY BURGTORF Elles sont là. NARRATEUR La mère de la victime arrive au commissariat, pour être informée de la progression de l’enquête. TIFFANY BURGTORF Désolée d’avoir à vous rencontrer dans ces circonstances. Vous tenez le coup ? LYNETTE Oui… TIFFANY BURGTORF Je tenais à vous dire qu’on aborde chacune de nos affaires avec le même sérieux. On traite tout le monde de la même manière. LYNETTE Yeah. TIFFANY BURGTORF On est la voix de la victime, et on œuvre pour sa famille. Notre objectif est d’arrêter les suspects, et de les mettre en prison. Mais malheureusement, on n’y arrivera pas sans l’aide des amis et de la famille. Ça doit être un effort commun. Tout ce que vous pouvez entendre, même si ça n’a l’air de rien… LYNETTE (acquiesce) Les gamins me donnent tous des versions différentes. « C’est lui, c’est l’autre, c’est untel… » Ils disent que ce gars est impliqué dans la fusillade. TIFFANY BURGTORF Ce serait l’un des garçons qui a participé à la fusillade ? LYNETTE Oui. MARK BUNDY C’est lui, le tireur ? LYNETTE C’est l’un des garçons impliqués dans la mort d’Adam. J’ignore pourquoi. Ça peut être à cause d’une fille, ou d’un conflit avec son frère, ou encore d’autre chose qu’on ignore… TIFFANY BURGTORF Quand la famille nous donne un nom, on doit rester impassibles. D’un côté, je suis très enthousiaste, mais un nom, ça ne suffit pas. Ça reste une rumeur, une hypothèse. TIFFANY BURGTORF Ces jeunes gars sont incontrôlables, ils ne répondent à aucun code. Ils sont capables de tirer sur quelqu’un qui les a un peu énervés. Ça ne les gêne pas. TIFFANY BURGTORF Certains ont tendance à penser qu’il suffit de nous donner un nom pour qu’on aille interpeler la personne, et qu’on l’amène au poste pour l’interroger. Mais ça ne marche pas comme ça. On a besoin de faits, et de preuves tangibles. Il y a des lois, qui protègent les droits des gens. On doit faire les choses dans les règles. TIFFANY BURGTORF Très bien. FEMME 1 Merci beaucoup. TIFFANY BURGTORF Merci à vous. MARK BUNDY Merci d’être venues. FEMME 1 Merci. MARK BUNDY (soupirant) Eh ben, Jason… JASON Sacrée séance… MARK BUNDY Tu l’as dit. Au moins, la famille est de notre côté. Ce n’est pas si souvent le cas. TIFFANY BURGTORF Tu m’étonnes ! MARK BUNDY C’est le type qui serait le tireur, selon la mère d’Adam. TIFFANY BURGTORF Il a quel âge ? MARK BUNDY 17 ans. TIFFANY BURGTORF Waow. Il en fait 10. MARK BUNDY Il a un casier pour possession d’armes à feu. TIFFANY BURGTORF La plupart de ces jeunes gangsters sont sur les réseaux sociaux. On va trouver ses comptes, et y jeter un œil. TIFFANY BURGTORF Dès qu’on obtient le nom d’un suspect, on commence tout de suite à enquêter sur cette personne. MARK BUNDY Il a grandi dans le même secteur qu’Adam ; ils se connaissent forcément du quartier. TIFFANY BURGTORF On a reçu quelques tuyaux sur internet, dont le nom de leur bande. MARK BUNDY On a les noms de plusieurs personnes, mais aucune n’était sur les lieux, ni n’accepte de s’impliquer. TIFFANY BURGTORF On a besoin de preuves en béton. TIFFANY BURGTORF Dans la plupart des affaires, quelqu’un sait quelque chose. Si personne ne sait rien de ce qui s’est passé, on se rapproche du crime parfait, mais ça n’existe pas. ENQUÊTEUR 3 Je le fais entrer. NARRATEUR Les enquêteurs tiennent un suspect potentiel, mais ils ont besoin de témoignages pour confirmer qu’il est bien impliqué dans l’homicide. NARRATEUR Ils ont convaincu l’un des témoins de revenir au poste, pour y être de nouveau interrogé. TIFFANY BURGTORF Je suis convaincue que les victimes présentes dans la voiture savent qui a tiré sur Adam. Souvent, les témoins ne parlent pas. Ils ont besoin de temps, ou ont peur, et c’est compréhensible. Mais ce mur de silence, c’est très frustrant. LYNETTE (au téléphone) 4000 dollars. Ça inclut les funérailles, et la pierre tombale. NARRATEUR La famille d’Adam a organisé un match de basketball pour récolter plus d’argent pour ses funérailles. RICKY Adam avait 18 ans. Il adorait jouer au basket. Il allait entrer à la fac, mais tout a été brisé. Pensez à ça, ç’aurait pu être vous. Il n’avait rien fait de mal : il est deux heures du matin, je vais voir une fille avec la voiture de ma mère. La fac commence la semaine prochaine : la vie est belle. Et d’un coup… RICKY Seigneur, merci pour cette opportunité de rendre hommage à ce jeune homme. RICKY Je ne suis pas naïf, ce n’est pas la première fois que je vis cette situation. ARBITRE DE BASKET C’est parti ! RICKY Beaucoup de gamins ont été tués, et parfois, on ne retrouve pas le tireur. Il reste en liberté. Je sais que quelqu’un connait le coupable. Mais c’est comme ça, dans la communauté : personne ne va balancer. C’est culturel. Personne ne veut être celui qui a dénoncé. La rumeur court vite. Personne ne veut se salir les mains, et c’est un cercle vicieux. Les gens ne veulent pas parler à la police, ils ont peur des représailles. On pourrait s’en prendre à leur famille, on vit dans un entre-deux. On veut que les choses changent, mais on n’aide pas, parce qu’on craint pour sa propre famille. RICKY Est-ce que les gens devraient parler ? Oui, mais une fois qu’on a dit ça, c’est malheureux, mais il y a des règles à suivre. Est-ce que c’est normal ? Est-ce que c’est bien ? Certainement pas. Je ne dis pas que c’est bien, mais c’est comme ça. C’est notre réalité. FEMME 2 Merci à tous d’être venus, merci pour votre soutien. Adam aurait apprécié. LYNETTE Merci à tous. FEMME 2 Merci à tous ! TIFFANY BURGTORF J’ai téléchargé les réseaux sociaux de notre suspect, et je ne vois rien qui nous aiderait à résoudre l’homicide. Dans l’un de ses groupes, quelqu’un dit : « On ne balance pas ! » Quelque chose dans le genre. « On ne donne pas de noms. » « On peut parler d’une situation, mais si on donne des noms, on est une balance. » Ce genre d’idées. C’est sur une page Facebook. MARK BUNDY C’est pour ça qu’ils refusent de parler à la police. TIFFANY BURGTORF Il nous suffirait d’une preuve solide. Un nom, ça ne suffit pas. MARK BUNDY Oui, et l’arme qui correspond aux douilles. TIFFANY BURGTORF (chevauchement) C’est ça ! C’est ça. On doit trouver les armes. RADIO FEMME 1-13. POLICIER 2 1-13, on vient d’arrêter une Dodge devant une maison de drogués. Elle a grillé un stop, et le passager avant est descendu. On n’a pas pu l’attraper. Il a laissé un sac sur le siège, avec deux armes à feu, dont un fusil très puissant. Selon le chauffeur, le sac appartient au passager. On lui a demandé l’identité du passager, mais il n’a pas pu nous donner de nom. FEMME RADIO Bien reçu. TIFFANY BURGTORF C’est du bon boulot ! Une voiture a été arrêtée, on y a retrouvé deux armes. On doit vite interroger le conducteur. Le labo du comté de Johnson procède à l’analyse ADN et balistique. NARRATEUR Les armes retrouvées dans la voiture sont du même type que celles utilisées pour l’homicide. On s’empresse de procéder à leur analyse scientifique. TIFFANY BURGTORF Quand on découvre une arme, on procède tout de suite à des relevés ADN. On veut comparer l’ADN retrouvé à celui de nos suspects, pour savoir s’ils ont utilisé ces armes, ou si l’arme a été en leur possession. Puis on tire avec, pour procéder à des tests. TIFFANY BURGTORF On récupère les douilles, et on les compare à celles de notre registre. MARK BUNDY Ce registre nous permet de comparer les marques laissées par un percuteur sur une douille. Ça laisse une trace unique, comme une empreinte digitale. Ça nous permet d’associer les douilles à une arme spécifique, et donc aux autres crimes dans lesquels cette arme a pu être utilisée. TIFFANY BURGTORF Mark ? MARK BUNDY Oui ? TIFFANY BURGTORF Tu peux venir une seconde ? On a les résultats du registre. Ce sont les armes qui ont tué Adam, elles correspondent. TIFFANY BURGTORF Les deux armes sont impliquées, c’est sûr à 100 pourcents. MARK BUNDY C’est une preuve énorme. TIFFANY BURGTORF Absolument. NARRATEUR Le rapport des experts indique que l’une des armes a été utilisée non seulement lors de cet homicide, mais également lors d’un autre incident : des coups de feu avaient été tirés sur une maison au hasard. TIFFANY BURGTORF Le fusil calibre 5-56 utilisé dans l’homicide d’Adam a servi lors d’une autre fusillade. Il est inscrit au registre, et on a une vidéo de cet incident. MARK BUNDY Ça s’est passé quelques jours avant le meurtre. TIFFANY BURGTORF Exact. NARRATEUR Les enquêteurs espèrent que les images de surveillance leur permettront d’identifier le tireur. MARK BUNDY C’est la caméra de surveillance d’un particulier ? TIFFANY BURGTORF Oui, la maison des voisins. Ce sont des coups de feu. Des coups de feu viennent se mêler aux feux d’artifice. Là, des coups de feu. MARK BUNDY Pourquoi il y a autant de feux d’artifices ? TIFFANY BURGTORF Je pense qu’ils ont allumé des feux d’artifice pendant qu’ils tiraient, pour que les voisins ne s’en rendent pas compte. MARK BUNDY C’est n’importe quoi. TIFFANY BURGTORF Ça se passe tout près, on voit bien les lumières. On ne voit pas de voiture arriver dans l’autre sens, et on voit bien qu’ils sont là. La lumière vient de là. Mais on ne voit rien, ça se passe derrière les arbres. Et les tirs partent d’ici, hors champ. On les rate d’un rien. (souffle, dépitée) On n’a rien… MARK BUNDY Si on avait vu une voiture, ç’aurait été une super piste, mais on ne va rien pouvoir en tirer. TIFFANY BURGTORF Non. On va pouvoir aller interroger le type dans la voiture duquel on a retrouvé les armes. POLICIER 4 Il est là. POLICER 4 Attendez quelques minutes. POLICIER 4 Bundy : le gars qui avait les armes dans sa voiture est là. TIFFANY BURGTORF Il dit que le propriétaire des armes a fui, mais il sait forcément qui c’est. NARRATEUR La police a arrêté un homme. On a retrouvé dans sa voiture les deux armes qui ont tué Adam Williams. MARK BUNDY Il déraille un peu… Et il ne fait pas exprès de changer de sujet, c’est son cerveau qui lui joue des tours. Quand il démarre… TIFFANY BURGTORF Je vais tenter ma chance. MARK BUNDY OK. TIFFANY BURGTORF Il ne peut pas identifier le passager. Je pense qu’il pourrait nous le dire, mais qu’il refuse, parce qu’il a fréquenté ces gars. De toute évidence, il se drogue, et c’est auprès d’eux qu’il se fournit. Je pense qu’il a peur. MARK BUNDY C’est frustrant. Il faut qu’on retrouve le tireur, et il n’est pas en mesure de nous aider à identifier cette personne… TIFFANY BURGTORF Non, et puis le tireur a très bien pu donner ou vendre les armes à quelqu’un d’autre. Elles ont pu changer de mains. Et faute d’ADN, on ne va pas pouvoir l’identifier. MARK BUNDY Oui, pour le moment, l’ADN ne nous a pas permis d’identifier qui que ce soit. TIFFANY BURGTORF On est dans l’impasse… MARK BUNDY On a besoin d’une quantité suffisante de traces ADN pour espérer établir un profil du suspect. La plupart des criminels le savent : ils portent des gants, effacent leurs traces… Il ne suffit pas de tirer une fois avec une arme pour y laisser son ADN. TIFFANY BURGTORF On a beau avoir l’arme qui a tué la victime, on n’a pas pour autant le tireur. On ne peut pas forcer les gens à nous parler s’ils ne le souhaitent pas. C’est très compliqué ; je ne sais pas comment on va pouvoir briser cette mentalité. MARK BUNDY Forcément, on pense à la famille. On fait tout notre possible pour tenter d’identifier celui qui a tué leur être cher. Ça ne leur retirera pas leur douleur, mais ça peut les aider de savoir qui a fait ça, et pourquoi. Et ne pas pouvoir donner de réponse à la famille, c’est difficile. AMI DE LA FAMILLE Quand j’ai appris, à 7 heures du matin, qu’Adam était mort… ça m’a bouleversé. C’est terrible. Certains ici sont de la deuxième et de la troisième génération : on doit être soudés, comme une famille. La plupart d’entre vous n’a pas encore 20 ans. Vous ne connaissez encore rien à la vie. Et je veux vous voir survivre ! Que vous nous surviviez, à nous ! Il est temps qu’on grandisse enfin. C’est un message ! Prions : « Seigneur, nous louons ton nom. Nous t’honorons, et nous prions pour Adam. Notre vie est courte, Seigneur, mais nous avons reçu ton message. Amen.» FEMME 3 On t’aime, Adam !! FEMME 4 On t’aime !! TIFFANY BURGTORF Je prendrai ma retraite à la fin de l’année, après 25 ans au service de la police de Kansas City. C’est très énervant de ne pas pouvoir résoudre une affaire. On y repense tout le temps. Si un enquêteur à la criminelle vous dit qu’il n’a aucun problème, que rien ne le tracasse jamais, c’est un menteur, ou quelque chose ne tourne pas rond chez lui. Je sais que certaines personnes détiennent des réponses. Le plus frustrant dans cette affaire, c’est qu’elle reste non résolue uniquement parce qu’on n’a pas réussi à faire parler les témoins. LYNETTE Je cherche toujours des réponses. Il y a beaucoup de gens très mauvais, ici. Je fais des cauchemars dans lesquels je vois ce qui lui est arrivé. Qu’est-ce qui s’est passé, et pourquoi ? Personne ne m’a encore rien dit qui puisse expliquer sa mort. Je suis en colère contre certains policiers. Les choses devraient se passer différemment. J’ai l’impression d’être la seule à continuer de chercher qui a tué mon fils. Quelqu’un va bien finir par parler, même s’il faut attendre plusieurs années. Quelqu’un va parler. Je me bats pour trouver des réponses, je n’abandonnerai pas ! Il ne me laisserait pas tomber, s’il était toujours là. Je ne baisserai jamais les bras pour mon fils.