ALDO ERIC ERIN HELICO JAMES MATT MELISSA PASSERELLE PILOT PILOTE ZOLEKA JAMES L’océan… la dernière grande inconnue. Il reste encore tant de choses à explorer et à comprendre. Pour relever ce défi… une équipe de scientifiques intrépides va tenter de repousser les limites de nos connaissances sur les mondes marins. ZOLEKA Incroyable. JAMES Zoleka Filander , océanographe. ZOLEKA Étudier les fonds marins, c’est être aux premières loges du plus beau spectacle du monde. JAMES Melissa Márquez… MELISSA Droit devant. JAMES … spécialiste des requins. MELISSA On est les premiers à voir ça. JAMES Eric Stackpole… ERIC Lance le scan ! JAMES … ingénieur. ERIC Je mets au point des outils qui nous montrent les choses sous un angle inédit. Oh ! JAMES Et Aldo Kane … ALDO C’est hallucinant. JAMES … ancien membre des Royal Marines. ALDO C’est l’avant-garde de la recherche scientifique. JAMES Leur arme secrète : l’OceanXplorer …… un navire d’exploration sous-marine ultra-sophistiqué.Il est plus urgent que jamais de comprendre l’océan et les espèces qui le peuplent… car leur survie, et la nôtre, en dépendent.Aujourd’hui, nous suivons l’un des prédateurs les plus remarquables de tout l’océan… MATT Un requin-marteau, là ! JAMES … pour découvrir les super-pouvoirs… ERIC Il est vraiment immense ! JAMES … du grand requin-marteau.L’équipe fend les flots de l’océan Atlantique, au large de la côte Est des États-Unis. HELICO Tout est OK, on y va. JAMES Nos chercheurs déploient tout l’arsenal technologique de l’OceanXplorer.Leur mission : trouver un requin bien particulier. C’est l’un des animaux les plus facilement reconnaissables de la planète… ERIC Voilà, c’est ça qu’on cherche ! JAMES … le grand requin-marteau.Cette espèce n’a pas changé depuis des millions d’années.C’est l’un des résultats les plus insolites de l’évolution… pourquoi la sélection naturelle a-t-elle conservé une tête en forme de bombardier furtif ?Les scientifiques estiment que son agilité supérieure et ses détecteurs de champs électriques très performants en font l’un des prédateurs les plus spécialisés des océans.n trouve les requins-marteaux au large des côtes de la Virginie et de la Louisiane. Mais étant très sensibles à la température, ils migrent chaque hiver vers les eaux plus chaudes de la Floride.Nous pensons que les requins empruntent cet itinéraire en suivant le champ magnétique terrestre. Généré par le noyau en fusion de notre planète, ce phénomène est à l’origine des pôles magnétiques Nord et SudLes requins-marteaux peuvent apparemment sentir ce champ magnétique pour se repérer, comme avec une boussole.Mais une erreur d’un seul degré peut vite faire dévier une trajectoire de plusieurs kilomètres. Alors comment les requins se dirigent-ils avec une telle précision dans cet immense océan ?En espérant trouver une réponse… nos scientifiques arrivent en Floride.Leur objectif est d’installer une balise équipée d’une caméra sur un requin-marteau. ALDO Bienvenue à bord ! JAMES Ils sont rejoints par l’écologiste marine Erin Spencer … ALDO Et voilà. Bienvenue. On y va ! JAMES … et le biologiste expert en requins Matt Smukall . ERIN Prêts pour le marquage des requins ? MATT Ça y est ! ERIN On en a un ! JAMES Pour attraper un requin-marteau, on utilise une ligne et un appât… Ça peut sembler éprouvant, mais ce sont des animaux robustes et leur bien-être est la priorité absolue de notre équipe. MATT Écartez-vous, les autres !… Je tire. Attention, attention. Chopez la dorsale. ALDO J’ai la dorsale. JAMES Les scientifiques s’empressent de prendre les mesures les plus importantes. ERIC 80 en pré-caudal. MATT Longueur pré-caudale : 180. Longueur fourche : 186. ZOLEKA 186. MATT N’oublie pas de vérifier le sexe, Erin. JAMES Ils fixent une balise GPS… ERIN C’est bon, ça tient ? JAMES … puis relâchent le requin. Le tout dure moins de cinq minutes. ALDO Il faut beaucoup de force pour maintenir sa nageoire dorsale. C’est un animal sauvage en pleine forme, alors il faut rester très concentré. MATT On le relâche dans trente secondes. Lancez le décompte pour la queue. ERIC Trois, deux, un, on lâche la queue. ERIN Ça a l’air d’aller. Il s’éloigne. MATT Super. Bien joué, tout le monde. Beau boulot. ALDO T’as examiné combien de requins-marteaux, comme ça ? ERIN On en a examiné pas mal, mais c’est la première fois qu’on installe une balise vidéo avec un capteur de vitesse. Si tout se passe bien, on va avoir de belles images, mais aussi les mesures de vitesse qui vont avec. JAMES Au bout de vingt-quatre heures, la balise se détache automatiquement. MATT C’est quoi, à onze heures ? ERIN Regardez le truc qui flotte ! MATT C’est la balise ? ALDO Elle a l’air toute petite, dans l’eau ! ERIN Hop ! On a la balise !On va voir tout ce que le requin a vu. Vous êtes prêts ?On voit qu’il pivote pour regarder de chaque côté. ALDO C’est vraiment génial d’avoir cette perspective ! ERIN Il monte vers la surface… Il est presque à la limite, on voit les motifs à la surface de l’eau. Et il redescend, jusqu’à environ 80 mètres de profondeur. MATT On dirait un choix délibéré, d’être à la surface ou en profondeur. Il n’a pas l’air d’y aller au hasard. ZOLEKA Oui, tu as raison. Si on regarde les données, on voit bien les déplacements vers le haut et vers le bas…et c’est une sorte de motif en yo-yo, qui se reproduit vingt ou trente fois. Je me demande pourquoi il consomme autant d’énergie à se déplacer verticalement, comme ça.Tu penses que c’est lié à ses capteurs magnétiques ? JAMES Les requins perçoivent plus facilement le champ magnétique terrestre à la surface… mais les fonds marins possèdent également des champs magnétiques locaux, dus aux formations géologiques.On pense que les requins-marteaux effectuent ces oscillations verticales pour dessiner une carte magnétique virtuelle.Cette carte leur permet d’établir un itinéraire plus précis jusqu’à leur destination, à plusieurs centaines de kilomètres de là.Certains requins-marteaux passent l’hiver en Floride, mais d’autres continuent leur route jusqu’à atteindre les Bahamas, et notamment le petit archipel des îles Bimini.Suivant le sillage des requins-marteaux, l’OceanXplorer s’élance vers le large.Matt étudie les requins-marteaux dans cette région depuis des années et il sait où aller pour présenter la faune locale à Eric. ERIC C’est parti. MATT Prêt ! Bon. JAMES Cette station de nourrissage n’attire pas seulement les requins-marteaux. MATT Un requin-bouledogue ! Ça, c’est le genre de requin qui a mauvaise réputation. ERIC Il a pas l’air de rigoler ! MATT Eric, un requin-marteau, là !Tu as vu sa taille ? Il doit faire au moins 3 mètres 50 de long.Je n’arrête pas de me répéter qu’ils ne mangent pas les humains, ils mangent des raies. ERIC Et tu le reconnais ? MATT Oui, c’est Atlas. C’est l’un des habitués des îles Bimini.Et il revient depuis six ou sept ans. ERIC C’est un vieil ami, alors… Peut-être qu’il te reconnaît, lui aussi !C’est incroyable qu’au fil des ans, Atlas revienne toujours dans ce minuscule archipel. Il doit être vraiment doué pour se repérer en pleine mer !… Ça fait partie des merveilles de l’évolution. JAMES Les recherches de Matt révèlent que les requins-marteaux comme Atlas reviennent régulièrement aux îles Bimini. Mais cet archipel ne mesure que onze kilomètres de long.Même avec la navigation magnétique, ça doit être difficile de retrouver cet endroit. Alors comment les requins y arrivent-ils ? Est-ce qu’ils utilisent d’autres sens pour s’orienter ?Zoleka va cartographier ce fond marin grâce au sonar de l’OceanXplorer , en espérant ainsi trouver une réponse. ZOLEKA Cette zone n’a jamais été cartographiée à une telle résolution, alors j’espère vraiment qu’on va repérer des particularités qui nous aideront à comprendre comment les requins-marteaux viennent ici, dans les îles Bimini. JAMES Le navire scanne les environs pendant douze heures d’affilée et génère pour la toute première fois une carte détaillée… afin d’étudier les secrets qui se cachent dans les profondeurs. ERIC Attends, tu as fait une modélisation accentuée du relief ? Avec toutes ces pointes, là ? ZOLEKA C’est pas accentué. ERIC C’est vraiment comme ça ? Avec ces grands piliers qui dépassent du fond marin ? ZOLEKA Oui. C’est vraiment grisant ! JAMES Le sonar dévoile un terrain labyrinthique dissimulé sur le plancher océanique. ERIC Ça, c’est l’échelle, ça fait cent mètres. Donc ils mesurent trois cents mètres de haut ! J’essaie de me représenter ça au fond de l’océan. JAMES Ces piliers sont aussi hauts que la statue de la Liberté. ALDO Et c’est à l’ouest de l’archipel ? MATT Oui, à la limite du courant océanique. ZOLEKA Oui. ERIN C’est ce que vous pensiez voir, ou c’est une surprise ? MATT On ne savait pas qu’ils étaient là. Il y a plein de choses à voir, c’est grisant. ZOLEKA Ce serait super de prendre le submersible pour voir de plus près à quoi ça ressemble. En général, on cherche à révéler des secrets dont on soupçonnait un peu l’existence. Mais parfois, on tombe sur des choses auxquelles on ne s’attendait pas du tout ! JAMES Pour savoir si ces immenses piliers pourraient avoir une influence sur la navigation des grands requins-marteaux, Zoleka et Matt vont s’aventurer dans les profondeurs. ZOLEKA Là, c’est vraiment de l’exploration totale… On ne sait pas du tout sur quoi on va tomber. PILOTE Passerelle, ici le Neptune, on quitte le pont. PASSERELLE Bien reçu. PILOTE Passerelle, ici le Neptune, on descend. PASSERELLE Bien reçu. JAMES En plus du submersible, les scientifiques envoient un véhicule téléguidé.Piloté depuis la surface, il enverra en direct des images des fonds marins. PILOTE Contrôle, ici le Neptune, on passe les 500 mètres.Descente. Profondeur sous quille : 21 mètres. À vous. PASSERELLE Bien reçu. ALDO Ces piliers se trouvent au niveau du Gulf Stream , un courant océanique puissant qui circule vers le nord en permanence. PILOTE Le courant est très fort. JAMES Le Gulf Stream est le courant océanique le plus rapide du monde : il peut atteindre les 8 kilomètres/heure.Et à 500 mètres de profondeur, l’équipe du submersible sent toute sa force. PILOTE Zoleka, tu vois quelque chose ? ZOLEKA Non, quasiment rien. JAMES Le courant soulève des sédiments et la visibilité est presque nulle.Pour nous, les pilotes de submersibles, ces conditions sont loin d’être idéales.L’eau s’éclaircit enfin… PILOTE Ça alors, c’est énorme. JAMES … révélant un immense pilier. ZOLEKA C’est magnifique. PILOTE Contrôle, ici le Neptune, nous allons remonter le long de la paroi, à vous. PASSERELLE Bien reçu, remontez la paroi. ERIC J’y crois pas. MATT Une montagne sous-marine. PILOTE Requin à bâbord. MATT Ah, oui, là. C’est un requin de nuit ? ZOLEKA Oui. MATT Oh, il est passé en dessous… Il a filé sous l’appareil. ZOLEKA Il est là ! À bâbord. MATT Ah… Il est très vif. ZOLEKA Oui. PILOT On est au sommet. ZOLEKA Regardez-moi ça. PILOTE Contrôle, contrôle, ici le Neptune. On est au sommet du premier pilier. Profondeur : 408 mètres. ZOLEKA Dès qu’on est arrivés au sommet… la vue était superbe. C’est stupéfiant. PILOTE Vous voulez qu’on passe au pilier suivant ? MATT Oui. ZOLEKA Oui. JAMES Le submersible et le véhicule téléguidé explorent la zone en cherchant des requins. MATT Un petit requin, là. PILOTE Ah, oui. JAMES C’est une émissole douce. ZOLEKA Oh, je vois un requin, là ! JAMES Un requin-tigre… Tout comme Atlas, les requins-tigres parviennent à s’orienter sur plusieurs centaines de kilomètres pour atteindre les îles Bimini.Et ce labyrinthe de piliers est peut-être ce qui leur permet de se repérer. ALDO Quand je navigue, je ne me fie pas seulement à ma carte et ma boussole : j’utilise mes yeux pour identifier des repères visuels dans le paysage. Et on pense que les requins font la même chose, mais avec l’odorat. JAMES En passant entre ces piliers, le Gulf Stream fait remonter à la surface une eau riche en nutriments, formant ainsi des traînées olfactives bien particulières.Les requins comme Atlas, qui disposent d’un odorat très puissant, sont capables de détecter ces traces et de les suivre, comme si c’étaient des panneaux indicateurs menant tout droit aux îles Bimini.Ce champ de piliers est peut-être la clé qui nous manquait pour comprendre enfin comment les requins localisent cet archipel. Mais une fois sur place, leur morphologie unique leur donne-t-elle d’autres avantages ?L’équipe se réunit dans le laboratoire holographique pour étudier la question. ALDO Je me rends compte que l’avant de sa tête, en forme de T, est vraiment énorme, surtout par rapport à la taille de sa gueule juste en dessous. MATT On voit bien qu’ils ne sont pas faits pour s’en prendre à de grosses proies. Ils chassent les raies, ou les requins plus petits qu’eux.Ils peuvent se servir de leur grosse tête pour plaquer une raie au sol, par exemple, avant de lui arracher une aile d’un coup de gueule pour l’empêcher de s’enfuir. ERIC Mais ils ont aussi des sens très développés. Ils ont beaucoup de glandes olfactives et ils peuvent détecter les signaux électriques des poissons. Tout ça doit être très utile pour chasser. MATT Oui, et avec ces capteurs répartis sur toute la surface de leur tête, c’est sans doute plus facile de repérer certaines choses, comme des raies cachées sous le sable. ZOLEKA Donc c’est grâce à cette surface sensorielle étendue que les requins-marteaux sont des chasseurs aussi doués ? MATT Oui, ça fait d’eux des prédateurs très efficaces. JAMES Pour mieux observer comment fonctionne la tête des requins-marteaux, Aldo et Matt prennent une balise équipée d’une caméra qui devrait leur donner une perspective presque inédite. ALDO Un, deux, trois, allez ! JAMES Mais pour installer cette balise, ils doivent aller au contact des requins. ALDO Ça, c’est un gros spécimen !Ces requins sont énormes. Ils peuvent peser jusqu’à 400 kilos, et quand on est dans l’eau, ils nous tournent autour. Il faut regarder de tous les côtés, mais les masques réduisent beaucoup notre champ de vision. Requin à ta droite ! MATT C’est parti. ALDO Ça y est, il arrive.Ah, j’y étais presque… Il revient.C’est bon, je l’ai mise ! MATT Oui, ça m’a l’air nickel.Si vous m’entendez, là-haut… on a réussi à poser la balise ! JAMES Huit heures plus tard… la balise se détache.L’équipe la récupère afin de visionner les images. MATT Cette caméra nous donne un très bel aperçu du comportement de ce requin dans son environnement naturel. ZOLEKA Il baisse la tête et il pivote sans arrêt d’un côté à l’autre. On dirait qu’il chasse. MATT Il avance assez lentement, comme s’il cherchait sa proie. ZOLEKA Oui, en général ils ont une vitesse moyenne de 10 kilomètres/heure, avec des pointes à 35. Regarde, il accélère. Il a dû repérer quelque chose. JAMES Cette caméra grand angle permet de voir en détail la zone dans laquelle ce requin chasse. MATT À ce niveau-là, le long du récif, on a les deux habitats qui convergent : les herbiers marins d’une part, et le récif d’autre part. C’est là qu’on trouve ces requins, en général, et ils vont sans doute chasser dans ces deux types d’habitat. ZOLEKA Oui. ERIC La nuit est tombée, là. JAMES Malgré l’obscurité de l’eau, grâce à ses capteurs électro-sensoriels, ce requin-marteau… ZOLEKA Un poisson ! JAMES … peut toujours détecter ses proies. ZOLEKA Ça alors ! Il a perçu la présence du poisson et il lui fonce pile dessus. Il sent le champ électrique, ou la vibration, grâce au réseau de capteurs sur toute la largeur de sa tête. JAMES Il a raté sa proie. Mais l’équipe a obtenu des informations cruciales sur la localisation de son terrain de chasse.Eric et Matt se remettent en route… vers les herbiers marins des îles Bimini. ERIC C’est dingue : avec une eau aussi peu profonde, je n’aurais jamais pensé voir des requins-marteaux ici ! JAMES Cette zone abrite notamment les proies favorites des requins-marteaux : les pastenagues américaines. MATT Tu vois toutes ces raies, qui sont très proches du rivage ? JAMES Ici, les raies trouvent un abri relatif où se cacher…car la plupart des prédateurs restent à l’écart de ces zones. Mais pas le requin-marteau.C’est un spécialiste des eaux peu profondes comme en témoignent les cicatrices de certaines raies. MATT Regarde celle-là : il lui manque une partie de la queue. C’est sans doute parce qu’un requin l’a arrachée en essayant d’en faire son dîner. JAMES Maintenant que les scientifiques ont identifié le terrain de chasse et les proies des requins-marteaux… ils envoient l’hélicoptère. Si l’équipe aérienne parvient à filmer un requin-marteau en pleine chasse, nous pourrons mieux voir en quoi cet animal est particulièrement bien adapté à ces eaux peu profondes.L’hélicoptère revient avec de nouvelles images à découvrir.Là encore, le requin-marteau avance tête baissée, à la recherche d’une proie.Et cette fois, il la trouve. ERIN Ses mouvements de queue sont dingues. ERIC Oh ! ERIN Super ! ERIC Il tourne à toute vitesse. JAMES Le requin essaie d’attaquer la raie depuis le côté. ZOLEKA Il y a seulement un mètre de profondeur. Il est vraiment bien adapté à la chasse en eaux peu profondes. MATT Et quand l’eau devient trouble, il utilise ses autres sens pour continuer à suivre sa proie. ERIC La visibilité est très mauvaise, mais ses capteurs électro-sensoriels détectent le signal de la raie. ZOLEKA C’est vraiment dingue. ERIN Cette vidéo de chasse, c’est une perle rare. ZOLEKA C’est vraiment intense. Regardez-moi ces virages ! MATT Il veut coincer la raie au fond de l’eau, alors qu’elle essaie de remonter vers la surface… C’est là qu’elle serait le plus en sécurité, puisque la gueule du requin est sur le dessous de son corps. ERIC Je ne m’attendais pas à ce qu’un animal de cette taille puisse prendre des virages aussi serrés. Peut-être même que la forme de sa tête, avec cette grande surface de contact, l’aide à négocier ces virages difficiles. MATT On voit bien la puissance et l’agilité de cet animal. ERIC C’est une vraie machine à chasser les raies ! MATT Ça y est. ERIN Oui, oui… On voit le moment où il a attrapé la raie. JAMES C’est très rare de filmer une telle chasse dans son intégralité. Celle-ci dure presque quatre minutes : c’est une guerre d’usure difficile, que le requin-marteau finit par remporter. ERIC Ce requin-là est vraiment parfait dans cet environnement. JAMES Pendant ces quelques jours passés à suivre le grand requin-marteau, nos scientifiques ont plongé dans l’univers de cette mystérieuse créature. ALDO Le grand requin-marteau a un sixième sens. Il s’oriente en dessinant une carte électromagnétique, c’est incroyable. JAMES Ils ont révélé au grand jour des paysages cachés dans les profondeurs. MATT Ça alors. ZOLEKA C’est stupéfiant.Quand on scanne les fonds marins, on découvre des choses dont on ignorait l’existence. Et ce sont des indices qui nous aident à résoudre les plus grands mystères de l’océan. JAMES Et les images qu’ils ont obtenues offrent un aperçu exceptionnel du mode de vie de ces créatures méconnues. ERIC Grâce à la caméra de la balise, on a pu observer une journée tout entière du point de vue du requin ! JAMES Ils ont pu étudier les grands requins-marteaux ici parce que les Bahamas constituent un sanctuaire pour ces animaux. Mais ailleurs, ils sont en danger critique d’extinction et ils ont besoin de notre aide. Nous devons tout faire pour protéger cette espèce extraordinaire.