AHMED_MOHAMED_AL_TAMIMI ALBERT_LIN AYOUB_AL_OUFI DENNYS_FRENEZ DUNCAN_LEES JOE_STEEL KHALED_ABDUL_MALAK KHAMIS_NASER MATHILDE_JEAN NABHAN_AL_NABHANI NARRATION SAEED_BEN_AL_ABRI VALENTINA_AZZARA ALBERT LIN Celle-ci�? Voil�! NARRATION Lhistoire montre souvent les civilisations dominantes comme les mieux entra�n�es au combat. ALBERT LIN Il y a un peu plus de vent. NARRATION Mais parfois, les plus puissants sont avant tout les plus intelligents. ALBERT LIN La voile est d�ploy�e�? NARRATION Il y a ans, ces eaux faisaient partie dun vaste r�seau commercial sur lequel r�gnaient les myst�rieux seigneurs de Magan. Les habitants de cette r�gion �taient pionniers dans lindustrie du cuivre, � une �poque dinnovation technologique sans pr�c�dent�: l�ge du bronze. ALBERT LIN Cette civilisation avait acc�s � un cuivre dune grande qualit� et dans des quantit�s jamais vues auparavant. Certains textes tr�s anciens parlent de myst�rieux marchands sur des bateaux � coque noire. Mais on ne sait pas do� venaient ces bateaux. NARRATION O� vivaient donc ces pionniers, qui ont contribu� � linvention de l�criture, de la roue et des syst�mes dirrigation�? � quoi ressemblait leur monde d�sertique, aujourdhui oubli�? ALBERT LIN Vous �tes pr�ts�? JOE STEEL Oui. ALBERT LIN Yalla, yalla. Cest parti. NARRATION Vers avant J�sus Christ, les civilisations �gyptienne, m�sopotamienne et de la vall�e de lIndus parviennent � fabriquer du bronze. Ils sappr�tent � changer le monde � jamais. Mais pour fabriquer le bronze, il faut du cuivre. Et rien de tel que le cuivre de la r�gion de Magan. Une vaste zone qui s�tendait de lactuel sultanat dOman aux �mirats arabes unis. Mes recherches d�butent � Ras Al Jinz, sur la c�te nord-est dOman. ALBERT LIN Il y a des fouilles en cours sur une plage. On devrait trouver des infos sur la civilisation Magan. JOE STEEL On te suit�! NARRATION Ling�nieur que je suis se demande comment le peuple de Magan a pu mener des op�rations dune telle ampleur. Leur bon fonctionnement devait n�cessiter la pr�sence de plusieurs milliers de personnes. ALBERT LIN Jadore votre bureau. VALENTINA AZZARA Cest beau, hein�? Cest ici que je travaille avec mon �quipe. NARRATION Valentina AZZARA est arch�ologue � luniversit� de Leyne. Elle �tudie les ruines de cette plage depuis plus de dix ans. VALENTINA AZZARA Ces constructions sont vieilles de ans. NARRATION Elle a d�couvert la preuve de la pr�sence de la civilisation Magan ici. Elle esp�re que notre syst�me de t�l�d�tection laser r�v�lera ce qui se trouvait sur cette plage. ALBERT LIN Les textes anciens d�couverts en M�sopotamie parlent de bateaux � coque noire remplis de cuivre. Vous avez trouv� quelque chose qui pourrait correspondre � cette description�? VALENTINA AZZARA Oh, oui. On a trouv� plusieurs choses qui devraient vous int�resser. Je vais vous montrer. NARRATION Pendant que jexplore le chantier naval, Joe et Duncan lancent un drone �quip� dune cam�ra thermique pour cartographier la zone. DUNCAN LEES On va jusqu� la montagne, cest �a�? Pas plus loin�? JOE STEEL Non, je pense que �a suffira. VALENTINA AZZARA Ces murs servaient certainement de structure pour rendre les bateaux �tanches. Les coques �taient pos�es � lenvers. ALBERT LIN Comme �a�? VALENTINA AZZARA Exment. Et on mettait du bitume sur les coques pour quelles soient �tanches. ALBERT LIN Du bitume�? Cest comme du goudron, cest noir, non�? VALENTINA AZZARA Tout � fait. ALBERT LIN Des bateaux � coque noire�! VALENTINA AZZARA Exment. ALBERT LIN Cest incroyable. Tous les textes sum�riens se terminent par la description de bateaux � coque noire remplis de cuivre. Et l�, on est sur le chantier naval o� ces bateaux ont �t� entretenus, et peut-�tre m�me construits�? VALENTINA AZZARA Oui. NARRATION Les d�couvertes de Valentina prouvent que les marchands de Magan travaillaient sur cette plage. Mais ce chantier �tait-il isol�? Ou faisait-il partie dune cit� plus vaste�? ALBERT LIN Comment �a se passe�? Le drone doit chauffer. DUNCAN LEES Oui, cest compliqu�. ALBERT LIN En gros, on a fait des prises de vue du site avec une cam�ra thermique. VALENTINA AZZARA Oui. JOE STEEL La variation des couleurs correspond aux diff�rences de temp�ratures. NARRATION La pierre �met un signal thermique diff�rent du sable. Alors si des pierres sont enfouies sur cette plage, elles safficheront sur l�cran dans une couleur plus claire. JOE STEEL Je vais comparer avec vos fouilles. Vous avez fouill� ce site. VALENTINA AZZARA Oui. JOE STEEL Et celui-l�, aussi. ALBERT LIN Cest quoi, �a�? Tas vu�? JOE STEEL Cest tr�s l�ger. Je vais agrandir. Vous voyez les deux rectangles, ici et l�? Je vais agrandir pour quon voie �a de plus pr�s. VALENTINA AZZARA Daccord. Cest plus clair que le reste, en tous cas. JOE STEEL Oui, je suis daccord. VALENTINA AZZARA Et vu la forme, �a doit �tre un b�timent. JOE STEEL Oui. ALBERT LIN Cest juste � c�t�. � quelques m�tres de nous. VALENTINA AZZARA Oui�! Cest g�nial�! Cest une super d�couverte. ALBERT LIN Il y a ans, le niveau de la mer �tait plus haut, non�? VALENTINA AZZARA Oui, tout � fait. ALBERT LIN On peut utiliser les �tudes climatiques pour voir o� serait arriv� leau � l�poque. NARRATION Ces b�timents �taient donc bien plus proches du littoral quils ne le sont aujourdhui. VALENTINA AZZARA Cest vraiment incroyable. On cherche des preuves de lexistence dun port naturel ici depuis tr�s longtemps. ALBERT LIN Sil y avait un chantier naval et des structures permanentes� Cest quil y avait un port. VALENTINA AZZARA Je suis daccord. Je suis super contente. Notre travail ici consiste � chercher les traces dun ancien port. ALBERT LIN Jimagine les bateaux � coque noir dont parlaient les Sum�riens. Ils devaient quitter ce port et partir dans toutes les directions. KHAMIS NASER Ces analyses nous donnent beaucoup dindices. ALBERT LIN Merci de nous avoir fait visiter le site. Shukran. KHAMIS NASER Merci � vous. VALENTINA AZZARA Pour nous, cest une avanc�e majeure. �a me remplit de joie. ALBERT LIN Bravo, tout le monde�! NARRATION Gr�ce � nos analyses, je sais maintenant que ce port vieux de ans a jou� un r�le majeur dans le commerce du cuivre. Mais il sagit certainement dun avant-poste. Rien ne sugg�re que cette plage ait servi de base � des milliers de personnes. Pour trouver la trace du peuple de Magan, je dois explorer les montagnes qui abritaient les mines de cuivre. Avant de les atteindre, il faut naviguer � travers les dunes des Wahiba Sands. ALBERT LIN On y va�! ALBERT LIN Check radio. Vous me recevez�? JOE STEEL On te re�oit. NARRATION Contrairement aux grandes cit�s �gyptiennes et m�sopotamiennes, b�ties dans des vall�es fertiles bord�es par le Nil, les villages de Magan �taient construits dans un environnement bien plus aride. Notre voyage nous m�ne � lint�rieur des terres du sultanat dOman, jusquaux Wahiba Sands. Une travers�e �prouvante, � travers un d�sert de plus de kilom�tres carr�s. Ici, la temp�rature atteint r�guli�rement degr�s. Il pleut moins dun millim�tre par an. Malgr� tout, la vie parvient � subsister. JOE STEEL Fais attention aux dromadaires. ALBERT LIN Regardez ces dromadaires�! JOE STEEL Albert, on va croiser des ch�vres. ALBERT LIN Je vais changer de m�tier. JOE STEEL Explorateur et �leveur de ch�vres. ALBERT LIN Cest exment ce quon imagine, quand on pense au Moyen-Orient. Les dunes. NARRATION Nabhan, notre guide b�douin, conna�t ce d�sert comme sa poche. ALBERT LIN Le d�sert dArabie. Comment on appelle �a, en arabe�? ALBERT LIN Je suis dans le Ramla du Sharqiya. NABHAN AL NABHANI � gauche, � gauche�! NARRATION Le sable rend la route dangereuse et difficilement praticable. NABHAN AL NABHANI On monte, on monte. Allez�! ALBERT LIN OK. NABHAN AL NABHANI Voil�! ALBERT LIN Joe, Duncan, vous me recevez�? Tout va bien�? DUNCAN LEES On est juste derri�re vous. JOE STEEL Cest le pneu qui a fait ce bruit�? DUNCAN LEES Oui. DUNCAN LEES Arr�te-toi. JOE STEEL Je vais monter. NABHAN AL NABHANI Avance, avance. ALBERT LIN Vous avez un pneu � plat�! Il a �clat�. DUNCAN LEES Quand on �tait sur la dune, tout le poids de la voiture reposait sur le pneu. JOE STEEL Fait [chier].1 ALBERT LIN Oui, on la entendu �clater. JOE STEEL D�sol�. On navait vraiment pas besoin de �a. La nuit va tomber, en plus. ALBERT LIN Vous avez de leau�? JOE STEEL Je vais bient�t avoir soif. ALBERT LIN Le soleil va bient�t se coucher. Regardez o� on est. L�, on est vraiment mal. ALBERT LIN Je vais essayer de regonfler le pneu. Cest bon�? NABHAN AL NABHANI Oui. ALBERT LIN Voil�. �a va faire un bruit. Trois� Deux� DUNCAN LEES Cest �a quon veut entendre�! JOE STEEL Bien jou�. Merci. ALBERT LIN De rien. Et voil�. Il y a un puits pas loin, cest �a�? NARRATION Sans route ni panneau daffichage, il serait trop dangereux de continuer apr�s le coucher du soleil. Une halte pour la nuit nous permettra de faire des r�serves deau. ALBERT LIN Cest l�? NABHAN AL NABHANI Oui, on y est. Tas vu�? Cest magnifique. ALBERT LIN Il y a des dromadaires. ALBERT LIN De leau�? Cest dingue. On a trouv� de leau en plein d�sert. Comment on dit ��eau��, en arabe�? NABHAN AL NABHANI Mai. ALBERT LIN Mai�? NABHAN AL NABHANI Oui. ALBERT LIN Mai. ALBERT LIN Je mappelle Albert. SAEED BEN AL ABRI Albert. ALBERT LIN Cest Joe. Et Duncan. NABHAN AL NABHANI Nabhan. ALBERT LIN Nabhan. SAEED BEN AL ABRI Saeed. ALBERT LIN Saeed�? Vous vivez ici�? NARRATION Les B�douins sont les seuls habitants de ce d�sert. Mais leurs r�serves en eau sont extr�mement rares et mettent du temps � sapprovisionner. Alors ils ne restent jamais longtemps au m�me endroit. ALBERT LIN Il nous a invit� chez lui. On devrait y aller. On est l� pour vivre comme des B�douins, non�? DUNCAN LEES Daccord. NABHAN AL NABHANI Mets-toi en arri�re. Tu connais la technique�? On passe davant en arri�re plusieurs fois. Voil�. ALBERT LIN On se retrouve l�-bas. Suivez-vous. JOE STEEL Bon courage. DUNCAN LEES Jaimerais pas �tre � sa place. JOE STEEL Moi non plus. ALBERT LIN Je chevauche un dromadaire pour traverser le d�sert dArabie. ALBERT LIN Cest un vrai festin�! JOE STEEL Cest bon. ALBERT LIN �a veut dire ��cest bon��, hein�? ��D�licieux���? DUNCAN LEES Tr�s bon. ALBERT LIN Cest quoi, le couteau quils portent � la ceinture�? NABHAN AL NABHANI Cest le kandjar omanais. ALBERT LIN Le kandjar�? NABHAN AL NABHANI Oui. ALBERT LIN Le manche est magnifique. NABHAN AL NABHANI � sa mort, la dague sera transmise � ses fils. Cest lembl�me dOman. Elle est en argent massif. ALBERT LIN Cest beau, cette transmission de g�n�ration en g�n�ration. Moi aussi, jai un couteau. JOE STEEL Tessayes de faire un �change�? ALBERT LIN Oui, allez-y. NARRATION Pendant de nombreuses ann�es, les historiens ont �t� persuad�s que les habitants de Magan �taient un peuple nomade, comme les B�douins. Mais pour moi, l�tendue de leur industrie aurait exig� des installations permanentes et un mode de vie s�dentaire. ALBERT LIN Nous sommes sur les traces dun peuple qui faisait commerce du cuivre il y a ans. On cherche les ruines dune ville, ou une piste pour trouver lendroit o� ils ont v�cu. Vous savez quelque chose qui pourrait nous aider�? NARRATION Les B�douins sont des collectionneurs dhistoires. Le souvenir du peuple de Magan fait peut-�tre partie de leur culture. NABHAN AL NABHANI Il dit quil ny a rien par ici. Mais si on traverse les dunes, on trouvera des montagnes. ALBERT LIN Des montagnes�? NABHAN AL NABHANI Avant, le voyage se faisait � dos de dromadaire. ALBERT LIN On va devoir faire pareil, si Joe napprend pas � conduire. JOE STEEL Je fais de mon mieux. ALBERT LIN Les B�douins ont pass� la soir�e � nous raconter des histoires transmises de g�n�ration en g�n�ration. Maintenant, je porte un regard totalement diff�rent sur le d�sert dArabie. NARRATION � laube, nous mettrons le cap sur les montagnes et leurs mines de cuivre. Mais le peuple de Magan �tait-il install� au m�me endroit�? ALBERT LIN Les virages sont de plus en plus serr�s. Je vais les prendre en douceur. DUNCAN LEES Bien re�u. NARRATION Au nord du sultanat dOman, les monts Hajar s�tendent sur plus de kilom�tres. Il y a des millions dann�es, des minerais rares comme le cuivre, naturellement pr�sents dans la cro�te terrestre, sont remont�s � la surface du globe. ALBERT LIN Cest le paradis des g�ologues, ici. DENNYS FRENEZ Exment. Ce sont les r�serves naturelles dOman qui ont fait sa fortune. NARRATION Larch�ologue Dennys Frenez a pass� des ann�es � �tudier lhistoire des routes commerciales li�es � l�ge du bronze. DENNYS FRENEZ Les minerais comme le cuivre remontaient presque � la surface. � l�poque, on pouvait r�cup�rer le minerai sans creuser de puits. Les constructions mini�res �taient totalement inutiles. ALBERT LIN Quest-ce qui permet de savoir quil y a du cuivre dans la pierre�? DENNYS FRENEZ Sa couleur. Je peux vous montrer, si vous voulez. Jai un �chantillon g�ologique. Cest un morceau de Chrysocolle. ALBERT LIN De Chrysocolle�? DENNYS FRENEZ Oui. ALBERT LIN Cest un minerai de cuivre�? DENNYS FRENEZ Oui. Vous voyez la couleur�? Sur la montagne, il y avait des veines de la m�me couleur. ALBERT LIN Cest magnifique. On dirait que �a vient dune autre plan�te. DENNYS FRENEZ Oui. ALBERT LIN Jimagine quil y en avait sur tout le flanc de la montagne. �a devait �tre sublime. DENNYS FRENEZ Oui, s�rement. � notre connaissance, lutilisation la plus ancienne a �t� faite pour des produits cosm�tiques. Les gens ont probablement �t� attir�s par le mat�riau pour sa brillance avant de se rendre compte quil pouvait �tre transform� en m�tal. ALBERT LIN Donc il y a du cuivre partout dans les montagnes�? DENNYS FRENEZ Plus maintenant. Il ne reste plus rien dutilisable. Tous les bons minerais ont �t� r�cup�r�s. C�tait une esp�ce de ru�e vers le cuivre. NARRATION Le commerce international du cuivre de Magan a dur� environ un mill�naire. ALBERT LIN Vous avez vu cette cr�te�? On dirait un temple naturel. NARRATION Avec la disparition du cuivre, et en labsence de traces �crites de leur histoire, il ne reste que tr�s peu de traces du peuple de Magan et de leur culture. KHALED ABDUL MALAK Mes enfants ont grandi ici. Ils samusaient � sauter entre les rochers. ALBERT LIN On marche depuis une bonne heure pour atteindre le sommet du canyon. Les habitants de Magan ont peut-�tre pos� le pied ici il y a des milliers dann�es. NARRATION Khaled Abdul Malak est un explorateur de la r�gion. Il conna�t un endroit qui porte les traces du passage dau moins un habitant de Magan. KHALED ABDUL MALAK Regarde l�-haut. Tu vois�? ALBERT LIN Non, quoi�? Ah oui�! Je vois�! KHALED ABDUL MALAK Cette gravure date de l�ge du bronze. ALBERT LIN Il faut que janalyse �a. Tes pr�t�? KHALED ABDUL MALAK Oui. NARRATION Cette gravure est l�uvre la plus complexe jamais d�couverte au sultanat dOman. Le trac� est � peine visible, mais en prenant des centaines de photos � haute r�solution, notre logiciel r�v�lera peut-�tre un indice susceptible de nous mener � lendroit o� vivait le peuple de Magan. JOE STEEL �a fonctionne�? ALBERT LIN Je suis pas s�r. Je marche sur les pas de lartiste. Cest magique. On ne sera jamais aussi pr�t de comprendre qui �taient ces gens. KHALED ABDUL MALAK Cest vrai. ALBERT LIN On a mis nos analyses sur un logiciel de r�alit� augment�e. Regarde, cest comme un nouveau monde. En augmentant le contraste, on voit encore plus de choses. Regarde. NARRATION Limage r�v�le clairement une trinit� ancienne. ALBERT LIN Jai d�j� vu �a quelque part. Les arch�ologues appellent ce motif ��le ma�tre des animaux��. �a, cest un motif similaire d�couvert en M�sopotamie. Un homme entre deux lions. KHALED ABDUL MALAK Oui, je vois deux lions. ALBERT LIN Tu vois�? KHALED ABDUL MALAK Oui. NARRATION Gr�ce au lien avec dautres civilisations de l�ge du bronze, je sais que cette gravure est l�uvre des habitants de Magan. Et notre scanner haute d�finition nous permet de trouver de nouveaux indices. ALBERT LIN Jarrive � distinguer presque tous les d�tails. Mais cest quoi, �a�? KHALED ABDUL MALAK On dirait une Tholos. ALBERT LIN Une quoi�? KHALED ABDUL MALAK Tu sais, les tombeaux qui ressemblent � des ruches�? Il y en a un au sommet de la montagne. ALBERT LIN Un tombeau de Magan�? KHALED ABDUL MALAK Oui. De l�ge du bronze. ALBERT LIN On peut y aller�? KHALED ABDUL MALAK Bien s�r. NARRATION Si le peuple de Magan enterrait ses morts ici, peut-�tre vivait-il aux alentours. KHALED ABDUL MALAK Fais attention avant de poser le pied. Certains rochers se d�tachent. ALBERT LIN Il fait chaud. KHALED ABDUL MALAK Cest lheure o� on cuit au soleil. ALBERT LIN �a devient difficile. KHALED ABDUL MALAK Oui. ALBERT LIN On devrait pouvoir monter par l�. OK. KHALED ABDUL MALAK Bien jou�. Bravo�! ALBERT LIN Toi aussi. KHALED ABDUL MALAK On y est. ALBERT LIN Regarde-moi �a. Cest fou. KHALED ABDUL MALAK Cest vraiment magnifique. Tu imagines le temps quils ont d� mettre � construire �a�? ALBERT LIN Cest incroyable. KHALED ABDUL MALAK Oui. NARRATION Dapr�s les arch�ologues, ce tombeau serait plus ancien que les pyramides d�gypte. ALBERT LIN Il y a ans, les habitants de Magan ont b�ti ce tombeau de leurs propres mains. Il faut bien comprendre que les gens reposaient ici apr�s leur mort. Ils navaient plus qu� regarder le temps passer en admirant la vue. NARRATION Je sens que je me rapproche du but. Mais un tombeau isol� nindique pas forc�ment la pr�sence dune ville. Et puis, une question majeure reste en suspens�: o� se trouve leau�? ALBERT LIN Daccord. Donc cest ici�? KHALED ABDUL MALAK Oui. ALBERT LIN Je vais prendre �a. Oui, celui-l�. Je suis bien assur�. Toi aussi�? KHALED ABDUL MALAK Oui. NARRATION � plus de m�tres daltitude, le climat des Monts Hajar est bien diff�rent de celui de laride d�sert dArabie. En p�riode de moisson, les pluies torrentielles provoquent parfois des crues subites. Un v�ritable danger pour les habitants du d�sert. Dapr�s Khaled, les montagnes elles-m�mes portent la trace de ces crues. KHALED ABDUL MALAK Pour comprendre ces montagnes, il faut descendre. Il faut aller dans la caverne. ALBERT LIN Qui descend en premier�? KHALED ABDUL MALAK Cest toi, le premier. Si, si, cest toi. Tu me fais pas confiance�? ALBERT LIN Daccord, jy vais. KHALED ABDUL MALAK Tu es bien �quip�? ALBERT LIN Cest bon. KHALED ABDUL MALAK Cest parti. ALBERT LIN Je suis bien harnach�. KHALED ABDUL MALAK OK. ALBERT LIN Jai deux cordes. Je suis pr�t. KHALED ABDUL MALAK On y va. ALBERT LIN Jy vais. KHALED ABDUL MALAK Suis bien la corde. ALBERT LIN Quelle horreur. Donne-moi un peu de mou. KHALED ABDUL MALAK Tes content d�tre le premier�? ALBERT LIN Non�! KHALED ABDUL MALAK Profite de la descente. ALBERT LIN Oh, la vache�! NARRATION Cette caverne descend � plus de m�tres de profondeur et s�tend sur m�tres de long. ALBERT LIN Jy crois pas. NARRATION Une v�ritable cath�drale souterraine. ALBERT LIN Cest dingue. KHALED ABDUL MALAK Albert, tes en bas�? ALBERT LIN Jai r�ussi�! ALBERT LIN Je lib�re la place pour que tu puisses descendre. Cest incroyable�! ALBERT LIN Khaled�! ALBERT LIN Cest un tout petit point, l�-haut. ALBERT LIN Quand on est l�-haut, on nimagine pas ce qui se trouve en-dessous. Cest du d�lire�! Jai vu beaucoup de cavernes, mais celle-l� est incroyable. KHALED ABDUL MALAK Il ny a pas que le d�sert, ici. Tout �a, cest l�uvre de leau. ALBERT LIN S�rieux�? KHALED ABDUL MALAK Oui. KHALED ABDUL MALAK Tout �a, cest de la roche calcaire. La caverne a �t� creus�e par leau. Cest le travail de leau de pluie. ALBERT LIN Il faut beaucoup deau, pour creuser une caverne aussi grande. KHALED ABDUL MALAK �a, oui. ALBERT LIN Et beaucoup de temps, aussi. KHALED ABDUL MALAK Oui, je confirme. KHALED ABDUL MALAK Il y a des trous partout. Cest un vrai gruy�re. Certains trous sont cass�s, il ny a plus rien dedans. Et dautres sont encore pleins. ALBERT LIN Cest compl�tement fou. KHALED ABDUL MALAK Cest comme un canyon souterrain. Quand il pleut, leau monte � six ou sept m�tres de haut. ALBERT LIN On devrait remonter. ALBERT LIN Bien jou�, Joe. Sacr� journ�e, hein�? KHALED ABDUL MALAK Oh, oui. ALBERT LIN Je crois que je nai pas bu assez deau. On a pass� la journ�e � parler deau et jen ai pratiquement pas bu. ALBERT LIN Khaled ma dit quil y avait des cavernes souterraines comme celle quon a vue dans tout le nord-est dOman. Vous imaginez�? Si le peuple de Magan a trouv� un moyen de conserver les eaux de pluie stock�es dans ces cavernes, ils ont pu b�tir une ville qui aurait abrit� une grande population. Vu leur capacit� � d�velopper une industrie, je me dis quils ont d� trouver un moyen. Mais o��? NARRATION Je m�ne mon �quipe � louest du sultanat dOman. Nous nous dirigeons vers les contreforts des monts Hajar, l� o� les eaux de pluies trop abondantes vont irriguer des terres plus fertiles. ALBERT LIN Cest quoi�? Incroyable. ALBERT LIN Cest une lieu sacr�. ALBERT LIN En touchant la pierre, je sens les vibrations, les �chos, la r�verb�ration de toutes les �motions ressenties par les gens ici, � lentr�e des tombeaux. Jessaie dimaginer ce que c�tait de vivre ici, au milieu du d�sert, � chercher de leau et � ramasser des minerais tous les jours pour trouver du cuivre. ALBERT LIN Vu le nombre de tombeaux, si les morts �taient enterr�s ici, cest que la population vivait tout pr�s. Je sens quon se rapproche. On se rapproche du c�ur de Magan. ALBERT LIN Il y a des tombeaux tout autour de nous. MATHILDE JEAN Cette zone est un paradis pour les arch�ologues. Il y a des milliers de tombeaux. ALBERT LIN Des milliers�? MATHILDE JEAN Oui, partout autour de nous. NARRATION Mathilde Jean est arch�ologue � luniversit� de la Sorbonne, � Paris. Elle ne travaille ici que depuis quelques ann�es, mais elle a d�j� beaucoup � nous apprendre sur ces structures, qui auraient �t� b�ties par le peuple de Magan. MATHILDE JEAN Il y a une tour, je vais vous montrer. ALBERT LIN Une tour�? MATHILDE JEAN Oui. MATHILDE JEAN On est � lint�rieur de la tour. ALBERT LIN Incroyable�! MATHILDE JEAN Cest immense, hein�? ALBERT LIN Cest la premi�re fois que je vois un truc pareil dans la r�gion. Cest dingue. Quest-ce que cest�? MATHILDE JEAN Cest un des plus grands b�timents de la civilisation Magan. On dit que cest une tour parce que cest une structure ronde. Elle est en pierre et en briques dargile. On pense que les tours servaient � distribuer leau. Donc il y avait peut-�tre un puits au centre. Et il y a dautres structures pour la distribution de leau tout autour de nous. ALBERT LIN Vous pensez que le site sentend au-del� de ces tours�? MATHILDE JEAN Cest possible, parce quon a trouv� des foss�s devant les tours. Pour r�cup�rer leau. ALBERT LIN Jy crois pas�! MATHILDE JEAN On pense que les tours de Magan sont li�es � la conservation de leau. Le foss� a �t� creus� dans la roche m�re. Encore aujourdhui, quand il pleut, les foss�s sont remplis deau. ALBERT LIN Compl�tement�? MATHILDE JEAN Oui, jusquen haut. Et quand on creuse dans la roche-m�re, on r�cup�re aussi leau quelle renferme. NARRATION Je me sens tout petit. Ce site est la preuve que le peuple de Magan a trouv� un moyen de conserver leau de pluie pendant les p�riodes de moisson et de la distribuer. Ils sont all�s encore plus loin, en trouvant le moyen de r�cup�rer leau enferm�e sous terre, dans la roche-m�re. MATHILDE JEAN Cest potentiellement � cette �poque quont �t� d�velopp�es les premi�res exploitations agricoles de palmiers. ALBERT LIN Donc il y avait des palmiers tout autour�? MATHILDE JEAN Oui. Des esp�ces de champs de palmiers. ALBERT LIN Cest un syst�me de collecte deau de pluie. MATHILDE JEAN Oui. ALBERT LIN Jen reviens pas. �a devait une grande p�riode dinnovation. MATHILDE JEAN Oui. ALBERT LIN Je pensais retrouver la trace des marchands de cuivre, et vous me prouvez lexistence ding�nieurs hydrauliques dans lAntiquit�. Il devait y avoir du monde, ici. MATHILDE JEAN On pense quil y avait une ville. Jaimerais savoir jusquo� s�tend ce site. Il y a peut-�tre dautres b�timents quon ne voit pas. ALBERT LIN Cest incroyable�! MATHILDE JEAN Oui�! Je suis contente que �a vous plaise. ALBERT LIN Joe, Duncan, il faut que vous veniez voir. Il y a une tour. Je crois que� On a peut-�tre trouv�. ALBERT LIN Apportez le radar � p�n�tration de sol, les drones, la t�l�d�tection laser� Prenez tout. On va faire une analyse compl�te. DUNCAN LEES Bien re�u. Merci, Albert. JOE STEEL Par� au d�collage. NARRATION Joe et Duncan vont faire la toute premi�re analyse a�rienne du site arch�ologique. MATHILDE JEAN Vous pouvez continuer. JOE STEEL OK. MATHILDE JEAN Voil�. Parfait. NARRATION La t�l�d�tection laser va nous permettre de cr�er une maquette des structures pr�sentes en surface. Gr�ce au radar � p�n�tration de sol, notre logiciel pourra nous montrer les structures enfouies sous terre. Ce site est exceptionnel, mais il na pas pu abriter une grande ville. Quelque chose me dit quil faut chercher plus loin. ALBERT LIN On est � peu pr�s ici, sur la carte. AYOUB AL OUFI Oui. ALBERT LIN Sur cette image satellite, on dirait quil y a une autre tour. Vous en pensez quoi�? Elle a lair grande, non�? AHMED MOHAMED AL TAMIMI Oui, elle est grande. Mais on nest pas s�rs que ce soit une tour. ALBERT LIN Je vais y aller, pour voir ce que cest. ALBERT LIN Cest bon�? NABHAN AL NABHANI Oui cest bon. ALBERT LIN Un ami de Nabhan peut nous pr�ter une moto cross. Je vais la prendre. NARRATION En chemin, chaque tas de pierre me semble �tre les ruines dune structure b�tie par les ing�nieurs de Magan. ALBERT LIN Eh ben� Un grande structure ronde, comme celle que jai vue tout � lheure. ALBERT LIN Vous voyez �a�? Ce sont des briques. Des briques. ALBERT LIN Cest fou. Jen reviens pas. �a, cest une tour qui date de l�ge du bronze. Cest quoi, �a�? Quest-ce que cest�? Oh, la vache. Jy crois pas. ALBERT LIN Cest du cuivre, �a. Du cuivre�! ALBERT LIN Mathilde, ici Albert. Vous me recevez�? MATHILDE JEAN Oui. ALBERT LIN Je crois que jai trouv� une autre tour. MATHILDE JEAN G�nial�! NARRATION Le sultanat dOman a �t� si peu explor� que des sites comme celui-ci nont encore jamais �t� fouill�s. � la tomb�e de la nuit, nos analyses sont enfin termin�es. Il est temps de voir les r�sultats de notre travail. On sait que le peuple de Magan collectait les eaux de pluie sur ce site. Mais comment les tours �taient-elles li�es les unes aux autres�? Et si tout un peuple vivait ici, � quoi ressemblait leur ville�? DUNCAN LEES Joe a d� faire beaucoup danalyses. MATHILDE JEAN Super. DUNCAN LEES Mais les r�sultats sont int�ressants. JOE STEEL Voil�. DUNCAN LEES Les analyses g�ologiques et arch�ologiques sont assez claires. NARRATION La t�l�d�tection laser r�v�le les ruines de structures � peine visibles � l�il nu. ALBERT LIN Il y a des murs partout. On dirait quil y a des b�timents sur tout le flanc de la colline. Il y en a vraiment partout�! NARRATION Il est temps de v�rifier les analyses du radar � p�n�tration de sol. ALBERT LIN On cherche des formes g�om�triques qui ne peuvent pas �tre l� naturellement. Comme des angles droits ou des rectangles. JOE STEEL L�, je descends de plus en plus profond�ment dans le sol. On descend de centim�tres par clic. D�s quon voit du rouge, cest que le radar a d�tect� quelque chose. MATHILDE JEAN Ce qui est rouge est plus solide que le sable�? ALBERT LIN Oui. Si cest rouge, cest certainement de la roche ou de la pierre. JOE STEEL Il y a beaucoup de rouge, ici. NARRATION Les marques rouges indiquent la pr�sence de mat�riaux solides sous le sable. MATHILDE JEAN Jy crois pas. Cest vraiment dingue. NARRATION Sous les ruines de la tour, le sol r�v�le les traces de plusieurs b�timents anciens. MATHILDE JEAN �a voudrait dire que la ville �tait plus vaste quon ne le croit. On est certainement au c�ur de la r�gion de Magan. Cest une d�couverte incroyable. DUNCAN LEES �a va vous aider dans vos recherches. MATHILDE JEAN Oui�! Merci beaucoup pour votre aide�! DUNCAN LEES Cest super. ALBERT LIN �a pourrait �tre une des premi�res oasis�? MATHILDE JEAN Oui, cest tout � fait possible. ALBERT LIN Cest g�nial�! Jen reviens pas. La premi�re oasis, avec des palmiers en plein d�sert. MATHILDE JEAN Oui. ALBERT LIN Je voulais suivre les traces du commerce du cuivre. Mais � la place, jai trouv� des ing�nieurs de lAntiquit�. Cest �a que jaime le plus, dans mes recherches. Si la l�gendaire r�gion de Magan a pu exister, cest uniquement parce que son peuple a trouv� le moyen de b�tir une ville en plein milieu du d�sert. NARRATION Gr�ce � son imagination, le peuple de Magan a r�ussi � prosp�rer en plein d�sert. En concevant un syst�me r�volutionnaire de r�cup�ration des eaux de pluie, cette civilisation a pu b�tir la premi�re grande ville habit�e du d�sert dArabie. Leurs inventions leur ont permis dirriguer et dexploiter les terres qui entourent les monts Hajar, tout en faisant commerce du cuivre � linternationale. Je suis persuad� que la myst�rieuse r�gion de Magan �tait parsem�e de villes-oasis habit�es. Une civilisation novatrice a v�cu dans ce d�sert, il y a plus de ans. Alors que le cuivre de Magan est au c�ur des innovations de l�ge du bronze, cest le peuple de Magan qui a �uvr� pour donner vie au d�sert dArabie. ALBERT LIN Cest �a que je trouve fou, dans linnovation. Les hommes disparaissent, mais les id�es restent. Cest toute la puissance de limagination. 1 Ou ��Cest pas vrai�! � si le bip est supprim� au mix. --------------- ------------------------------------------------------------ --------------- ------------------------------------------------------------