ALBERT_LIN DUNCAN_LEES GORDON_NOBLE JAMES_ODRISCOLL JOE_STEEL KELLY_KILPATRICK LINDSEY MILLIE_LIN NARRATION ALBERT LIN Cest par l�? LINDSEY Oui, dans cette direction. NARRATION Jai toujours r�v� d�tre explorateur. Mais quand j�tais enfant, je pensais que tout avait d�j� �t� d�couvert. ALBERT LIN Cest �a�? LINDSEY Oui, cest juste l�. NARRATION Javais tort. Notre histoire regorge de r�cits incroyables, oubli�s avec le temps. ALBERT LIN Cest dingue. NARRATION De civilisations disparues, malgr� leur impact majeur sur lhistoire de lhumanit�. ALBERT LIN Allez, je sors le grappin. NARRATION Ce sont ces r�cits que je veux raconter. ALBERT LIN En plein dans le mille�! ALBERT LIN Ce paysage est incroyable. Cest compl�tement sauvage. Tu peux tirer un peu sur la corde�? LINDSEY OK. Sois prudent. ALBERT LIN La roche se d�sint�gre. Attention�! �a va�? LINDSEY Oui, �a va. NARRATION Les histoires des peuples opprim�s me passionnent tout particuli�rement. ALBERT LIN Fais gaffe�! Tu devrais tabriter sous le gros rocher. LINDSEY Oui. NARRATION La capacit� des �tres humains � surmonter les obstacles me fascine. ALBERT LIN Je suis presque au sommet. NARRATION Le peuple qui a v�cu ici en est lexemple parfait. ALBERT LIN La vue est � couper le souffle. Cest magnifique. NARRATION Il y a pr�s de ans, cet �peron d�rosion marine �tait le berceau dun des peuples les plus anciens d�cosse�: les Pictes. Une myst�rieuse conf�d�ration de tribus diss�min�es � travers un large territoire. Cette population a d� affronter une des arm�es les plus puissantes au monde�: celle de lEmpire romain. � la fin du premier si�cle apr�s J�sus-Christ, lEmpire romain r�gne sur la quasi-totalit� de lEurope et de lAfrique du Nord. En Grande-Bretagne, lactuelle Angleterre et le Pays de Galles ont �t� conquis. Les l�gions romaines continuent leur conqu�te vers le nord et marchent sur l�cosse. Pendant ans, les Romains tentent de conqu�rir l�cosse. Mais les tribus du nord r�sistent et parviennent � �tablir leur propre nation�: le royaume des Pictes. ALBERT LIN Tu ten sors�? LINDSEY Jai besoin de souffler. NARRATION Pourtant, personne ne sait comment ils sy sont pris. ALBERT LIN �a va�? NARRATION Cest le but de ma mission�: d�couvrir comment ce peuple l�gendaire a pu tenir en �chec la puissante arm�e romaine. ALBERT LIN Et voil�. LINDSEY Cest magnifique�! NARRATION Cet �peron d�rosion marine est le lieu de vie picte le plus ancien jamais identifi�. Le docteur LINDSEY est sp�cialiste de cette p�riode de lhistoire. ALBERT LIN Comment on sait que les Pictes ont v�cu ici�? Cest un lieu tellement isol� et aride. LINDSEY Au milieu du �me si�cle, on a d�couvert plusieurs pierres avec des symboles pictes grav�s dessus. Cest ce quon appelle des pierres pictes. ALBERT LIN Des pierres pictes�? LINDSEY Oui. ALBERT LIN Tiens. LINDSEY �a, cest une pierre picte. ALBERT LIN Cest incroyable. Cest une esp�ce de triangle avec de leau ou du feu� Cest quoi�? Un poisson�? Quest-ce que �a signifie�? Regarde. On dirait un croissant de lune. Cest quoi, leur signification�? LINDSEY On na pas d�quivalent de la pierre de Rosette pour interpr�ter les symboles. On na jamais r�ussi � les d�chiffrer. ALBERT LIN Si je fais venir mes experts en t�l�d�tection par laser, on saura peut-�tre ce qui se trouve sous la v�g�tation. Ce serait un d�but de piste. ALBERT LIN Joe�! Duncan�! Content de vous voir�! DUNCAN LEES Jadore le lieu de rendez-vous, Albert�! NARRATION Pour mon �quipe, impossible de transporter plus de kilos de mat�riel fragile au sommet de ce rocher. Jai une id�e, mais elle risque de ne pas leur plaire. ALBERT LIN Vous avez le drone pour charges lourdes�? DUNCAN LEES Oui, on la apport�. ALBERT LIN Jai mis une bobine de fil dans un des �tuis. Envoyez l�-moi, on va fabriquer une tyrolienne. �a va fonctionner, promis. DUNCAN LEES On te fait confiance. On tenvoie �a. JOE STEEL Le vent va pas nous aider. DUNCAN LEES Non. OK, cest envoy�. JOE STEEL Tire encore. Il faut que le fil soit bien tendu. LINDSEY Il arrive. ALBERT LIN Encore un peu. Voil�! Bouge plus�! Cest bon�! Je lai�! On peut lancer la ligne de lautre c�t�. DUNCAN LEES On a lautre bout de la corde. ALBERT LIN Super�! Cest parfait. JOE STEEL La corde est bien fix�e. DUNCAN LEES Cest vraiment nimporte quoi. ALBERT LIN Allez, Joe�! Tu y es presque. NARRATION La t�l�d�tection par laser, ou Lidar, projette des lasers depuis le sol et le ciel pour cr�er une maquette D extr�mement pr�cise. ALBERT LIN Cest mieux que le m�tro, hein�? On a r�ussi�! Jaimerais quon essaie de recr�er le village qui se trouvait ici. Vous pouvez commencer les prises de vue�? Allez. JOE STEEL Cest parti. DUNCAN LEES D�collage. ALBERT LIN Et voil�. Je pense que cest bon. JOE STEEL Super. On peut r�cup�rer les donn�es. LINDSEY On voit les images du drone en direct�? JOE STEEL Oui, et la t�l�d�tection par laser aussi. ALBERT LIN Voil�. JOE STEEL On a le rocher. ALBERT LIN Oui, �a prend forme. LINDSEY Cest incroyable. JOE STEEL On peut le voir en D, aussi. LINDSEY Cest dingue, ce truc. NARRATION Le logiciel a cr�� une maquette D pr�cise du site, � quelques centim�tres pr�s. ALBERT LIN Tu as les r�sultats des fouilles qui ont �t� men�es ici�? NARRATION Gr�ce aux donn�es relev�es par les coll�gues de Lindsey � luniversit� dAberdeen, nous allons pouvoir recr�er le village picte qui se dressait ici, il y a pr�s de deux mill�naires. LINDSEY On a trouv� des objets le long de ces tranch�es. ALBERT LIN Si on allie ces donn�es � la maquette D, on pourra avoir une id�e pr�cise de ce qui se trouvait ici. DUNCAN LEES Je lance lanalyse. JOE STEEL �a arrive. Voil�. ALBERT LIN Ce sont des maisons�? Des petites maisons�? LINDSEY Oui, elles �taient construites au milieu des villages pictes. NARRATION Si le site r�v�le bien � quoi ressemblait ce village picte � l�poque de linvasion romaine, il aura fallu un miracle pour que ses habitants ne soient pas massacr�s. LINDSEY On ne voit pas tout, � cause de l�rosion. � l�poque, le village devait �tre l�g�rement plus grand, mais le site na jamais �t� tr�s vaste. Le village devait abriter quelques dizaines dhabitants. ALBERT LIN Cest minuscule. LINDSEY Cest typique des villages pictes. Ils sont souvent assez petits et diss�min�s un peu partout sur les c�tes. ALBERT LIN Donc les Pictes vivaient tous dans des petits villages comme celui-ci�? Quand on pense � ce quils ont affront� LINDSEY Oui, les deux camps �taient totalement d�s�quilibr�s. On parle de quelques tribus pour r�sister � des milliers de soldats qui marchaient sur eux. ALBERT LIN O� se trouvaient les forts romains�? Tu peux me montrer�? NARRATION Mon �quipe a d�j� cartographi� les sites romains d�couverts dans la r�gion. ALBERT LIN Regardez �a. Incroyable. Cest immense. Cest quoi, ces longs b�timents�? LINDSEY Chaque b�timent repr�sente un baraquement. Il y avait cent soldats par baraquement. Ce fort abritait plus dun millier de soldats. Et cest un des plus petits de la r�gion. ALBERT LIN Il y en a de plus grands�? Fais voir. Cest une vraie d�monstration de force. LINDSEY Ce fort fait dix fois la taille de celui quon vient de voir. ALBERT LIN �a permet de se rendre compte de ce que les Pictes ont d� affronter. LINDSEY C�tait une v�ritable machine militaire. ALBERT LIN Cest vraiment David contre Goliath. ALBERT LIN Vous imaginez le bruit que devaient faire les troupes quand elles marchaient sur les collines�? Les habitants devaient entendre les armures et les boucliers tout autour deux. Les Pictes �taient cern�s par une arm�e puissante et surentra�n�e, qui semparait de leurs terres et tuait leurs semblables. Ils devaient �tre terroris�s�! NARRATION Le choix est corn�lien�: se battre�? Ou senfuir�? ALBERT LIN La corde�! NARRATION Nous sommes en �cosse, au troisi�me si�cle apr�s J�sus Christ. Des soldats romains surentra�n�s marchent depuis les territoires colonis�s du sud pour chasser les tribus de leurs terres ancestrales. ALBERT LIN Personnellement, si javais �t� picte et que javais vu une arm�e aussi immense marcher sur mon village, jaurai pris ma famille et quelques affaires sous le bras pour fuir vers le nord. NARRATION La m�me histoire sest rejou�e des centaines de fois. Des civilisations enti�res an�anties par lenvahisseur. Des habitants forc�s de fuir leur village. Mais face � ladversit�, ils ont surv�cu. Comment ont-ils r�ussi � r�sister � lenvahisseur�? Je suis la route des Pictes en direction du nord. Cest l� que les anciennes tribus, fortes de leur parfaite connaissance de la c�te, sont parvenues � �chapper aux Romains. LINDSEY On va accoster sur cette plage. ALBERT LIN OK, je me rapproche. ALBERT LIN Cette plage a quelque chose dinqui�tant. ALBERT LIN Bon� �a se rafraichit. LINDSEY Oui, je commence � avoir froid. ALBERT LIN On fait un feu de camp�? NARRATION Lhomme de lettres romain Eum�ne est le premier � employer officiellement le terme ��picte��, qui signifie litt�ralement ��les hommes peints�� en latin. Tout ce que nous savons de ce peuple nous vient des t�moignages dennemis qui tentaient de les r�duire � n�ant. LINDSEY Les Romains les repr�sentaient comme des barbares qui se baladaient nus. LINDSEY Voil� un dessin romain qui repr�sente un homme picte. LINDSEY Je pense quil y a une dimension artistique � prendre en compte. ALBERT LIN Cest dingue. LINDSEY Visiblement, les Pictes faisaient peur au Romains. Assez pour �tre d�crits comme un peuple sauvage et barbare, au corps couvert de peinture. ALBERT LIN Ce sont des tatouages�? LINDSEY Soit des tatouages, soit de la peinture. NARRATION Je ne veux pas me laisser influencer par la propagande romaine. Malheureusement, les Pictes nont jamais �crit leur version des faits. Leur histoire reste un point dinterrogation. ALBERT LIN Je veux me mettre dans leur peau. Il faut vivre comme eux, pour comprendre. LINDSEY Je suis daccord. ALBERT LIN Incroyable�! Cette entr�e est immense. NARRATION Dans presque toutes les cultures que jai �tudi�es, les grottes repr�sentent une sorte de fen�tre vers le monde des esprits. ALBERT LIN Il y a des gravures partout. LINDSEY Des g�n�rations et des g�n�rations ont laiss� des traces de leur passage. ALBERT LIN Jai limpression davoir voyag� dans le temps. Cest quoi, �a�? Tas vu�? On dirait� Cest difficile � voir, dans le noir. Mais quand je d�place la torche de gauche � droite, jai limpression de voir quelque chose dans lombre. NARRATION Je sens que les Pictes cherchent � communiquer avec nous. Mais que veulent-ils nous dire�? NARRATION On sait tr�s peu de choses du peuple picte. Pour trouver la trace de leur royaume perdu, je dois suivre toutes les pistes qui soffrent � moi. Sur les parois de cette grotte, quelque chose mattire comme un aimant. ALBERT LIN Je lance lanalyse. LINDSEY OK. NARRATION Gr�ce � la t�l�d�tection par laser, je vais pouvoir analyser les parois de la grotte et diff�rencier les gravures anciennes des plus r�centes. ALBERT LIN Voil�. Il y a plein de petits d�tails, ici. Regarde. ALBERT LIN Tas vu �a�? Et maintenant� Voil�. LINDSEY Voil�, cest �a�! ALBERT LIN Cest bien ce que je crois, l�? �a ressemble au croissant de lune que tu mas montr�, sur la pierre picte. LINDSEY Jen reviens pas. On a trouv� un symbole picte. Cest g�nial. ALBERT LIN Jai limpression de trouver le nouveau chapitre dun livre oubli�. LINDSEY �a a forc�ment une signification. Cest une forme d�criture. NARRATION Si jen crois ces symboles complexes grav�s dans la pierre, les Pictes �taient bien plus �volu�s que les barbares sauvages d�crits par les Romains. ALBERT LIN Il doit y en avoir sur toutes les parois de la grotte, non�? LINDSEY Oui, il y en a s�rement dautres. LINDSEY Tu re�ois les images�? NARRATION En analysant les parois, nous d�couvrons de nouveaux indices. LINDSEY Il y a encore un symbole, � gauche du premier. NARRATION Chaque symbole est un lien vers les pictes qui ont arpent� cette grotte il y a pr�s de ans. Je sens presque la pr�sence de ceux qui les ont trac�s. Ces symboles ne sont pas de simples images ou des �uvres anciennes. Ils repr�sentent une fen�tre vers lesprit de leurs auteurs. ALBERT LIN Jai trouv� quelque chose. Regarde. Il y a quelque chose l�-haut, dans ce rectangle. Quest-ce que cest�? LINDSEY Si on consid�re les grottes comme des portails entre diff�rents mondes, �a pourrait repr�senter une porte entre notre monde et lau-del�. ALBERT LIN Si elle m�ne � un autre monde, quest-ce quelle fait ici�? LINDSEY Je pense que cest un hommage aux morts. ALBERT LIN Aux morts�? LINDSEY Oui. LINDSEY � la fin des ann�es , quand cette grotte a �t� fouill�e pour la premi�re fois, les arch�ologues ont d�couvert des ossements humains partout sur le sol. ALBERT LIN C�tait un cimeti�re�? LINDSEY Parmi les ossements, on a d�couvert neuf vert�bres cervicaux. Sur ces vert�bres, on a retrouv� les traces de blessures inflig�es par une lame, certainement une �p�e. Donc il y avait neuf personnes, dont deux adolescents� ALBERT LIN Des enfants�? LINDSEY Oui, des enfants. Ils ont �t� d�capit�s dans cette grotte, au moment o� les Romains attaquaient Dunnicaer. NARRATION Jimagine que c�tait une famille. Neuf personnes, enfants et adultes confondus. Et puis, ces blessures inflig�es par une hache ou une �p�e� �a ressemble �trangement aux ex�cutions romaines. LINDSEY Les corps nont pas pu arriver dans la grotte d�capit�s, donc� NARRATION Impossible de savoir avec certitude qui a tu� les gens retrouv�s dans cette grotte. Mais tout porte � croire que les Pictes ont d� faire face � une menace extr�mement violente. ALBERT LIN Cest fou, d�tre ici. ALBERT LIN Il y avait des enfants� Des enfants qui sont morts dans cette grotte. Des enfants pictes. Les enfants des guerriers qui se sont battus. Ceux qui ont os� d�fendre leur territoire. MILLIE LIN Coucou�! ALBERT LIN Coucou�! Vous me manquez. MILLIE LIN Toi aussi tu me manques, papa. Quest-ce que tu fais�? ALBERT LIN Je viens de visiter une grotte. Jai vu� NARRATION Je sens une connexion de plus en plus forte avec les Pictes. Je sais que ce peuple a �t� traqu�, chass�. Ils ont beaucoup souffert. Il est temps de trouver lendroit o� ils ont d�cid� de se d�fendre. ALBERT LIN Cest horrible, ce qui est arriv� dans cette grotte il y a des milliers dann�es. Mais les Pictes ont ripost�. Quelque part dans cette r�gion, un site a �t� le t�moin de leur courage. Et je vais le trouver. NARRATION En lan apr�s J�sus Christ, lempereur Septime S�v�re m�ne une campagne sanglante contre les tribus du nord de la Grande-Bretagne. Linvasion est un tel massacre que les arch�ologues la comparent � un v�ritable g�nocide. Petit � petit, les l�gions romaines repoussent les tribus rescap�es vers le nord, pour les pi�ger avant de leur ass�ner le coup fatal. Mais en vain. Quelque part au nord de l�cosse, les derni�res tribus pictes allient leurs forces pour riposter. La plupart des sites pictes r�pertori�s semblent trop petits. Mais lun deux a attir� mon attention. Burghead. ALBERT LIN Magnifique. On dirait danciens remparts. �a a lair grand. Je vais cartographier la zone. NARRATION Pour la t�l�d�tection laser, les villes modernes pr�sentent un d�fi suppl�mentaire. Mais si les Pictes ont �tabli une base militaire ici, cest la preuve de leur grande capacit� dadaptation. ALBERT LIN Tas vu �a�? DUNCAN LEES Oui. ALBERT LIN Cest quoi, �a, � ton avis�? Regarde la hauteur de ces murs. NARRATION � mon arriv� sur cet immense site, je remarque tout de suite que la v�g�tation cache quelque chose. Mais quoi�? JOE STEEL On a une belle prise de vue, l�. Regarde. ALBERT LIN Tas vu�tous ces murs�? Regarde �a. JOE STEEL Oui. ALBERT LIN On dirait une esp�ce de fort. ALBERT LIN Et l�, regardez. La ville a �t� construite par-dessus, vous avez vu�? �a sarr�te ici. ALBERT LIN En fait, on ne voit quune partie du site. Tout le reste est recouvert par les constructions modernes. On na pas de vue densemble. Jaimerais savoir ce qui se trouve sous les routes. NARRATION Notre syst�me de t�l�d�tection laser est � la pointe de la technologie, mais il ne peut pas analyser ce qui se trouve sous la chauss�e. ALBERT LIN Ten penses quoi�? On sort le radar � p�n�tration de sol�? DUNCAN LEES Oui, �a nous donnera plus dinfos. JOE STEEL Cest le seul moyen. DUNCAN LEES Oui. JOE STEEL Le seul moyen. NARRATION Nous allons utiliser un radar � p�n�tration de sol. Il ressemble � une tondeuse � gazon, mais cet outil produit des signaux capables de p�n�trer le sol et de r�v�ler ce qui se trouve sous nos pieds. ALBERT LIN Vous pouvez regarder sil y a d�j� eu des fouilles et des d�couvertes, ici�? JOE STEEL Bien s�r. NARRATION Nous comparerons nos analyses aux r�sultats des fouilles d�j� effectu�es sur le site. Pour interpr�ter nos d�couvertes, jai fait appel � larch�ologue qui a dirig� ces fouilles. ALBERT LIN Bonjour, James. JAMES ODRISCOLL Cest vous, Albert�? ALBERT LIN Oui. Enchant�. JAMES ODRISCOLL Enchant�. ALBERT LIN Merci d�tre venu, �a va bien nous aider. On a fait une analyse de la ville avec un radar � p�n�tration de sol. On sait pas trop de ce que cest, mais� Tu peux nous montrer le sous-sol�? Voil� les donn�es quon a r�cup�r�es. Et regardez �a. JAMES ODRISCOLL Oui, y a quelque chose. Cest dingue, �a�! �a se voit tout de suite. Cest une succession de talus et de foss�s. �a continue l�-bas. ALBERT LIN Cest quoi�? JAMES ODRISCOLL Je pense que cest un rempart qui a �t� recouvert par la ville. ALBERT LIN Un rempart, cest-�-dire un mur de protection�? Une fortification�? Comme �a�? Cest � �a que vous pensez�? JAMES ODRISCOLL Exactement�! ALBERT LIN G�nial�! JAMES ODRISCOLL Ils sont immenses. ALBERT LIN Fais voir, si tu superposes les constructions modernes�? JAMES ODRISCOLL Jy crois pas. Cest dingue. Ces remparts sont immenses. Ils doivent mesurer m�tres de haut. Ils �taient l� pour prot�ger les habitants dune menace. ALBERT LIN Jaimerais voir la ville comme elle �tait � l�poque. On peut combiner nos r�sultats aux donn�es des fouilles arch�ologiques�? JOE STEEL Oui, je vais voir ce que je trouve. ALBERT LIN Incroyable�! JAMES ODRISCOLL Cest compl�tement fou. On sy croirait presque. ALBERT LIN Cest beaucoup plus grand que tout ce quon a vu jusqu� maintenant. �a ne peut pas �tre picte, si�? JAMES ODRISCOLL Gr�ce � la datation au carbone , on sait que tout ce qui se trouve sur ce site est dorigine picte. ALBERT LIN Cest une ville picte�? Tous les sites pictes quon a visit�s sont des villages minuscules construits au sommet d�perons d�rosion marine. Mais ici, �a na rien � voir. On est loin dun petit village. JAMES ODRISCOLL Toutes les tribus pictes diss�min�s dans la r�gion se sont r�unies ici pour construire ces forts. ALBERT LIN �a a forc�ment �t� pr�cipit� par un �v�nement. Le fait que les tribus se soient r�unies, cest le signe dun changement marquant. On dirait que les tribus se sont unifi�es. NARRATION Le site de Burghead confirme que les Pictes sont parvenus � prosp�rer apr�s linvasion romaine. Mais un fort de cette taille na pas pu d�fendre l�cosse seul. Il y en a forc�ment dautres. Pour les d�couvrir, je dois me rendre au c�ur des champs de bataille romains. ALBERT LIN Jai d�j� travers� des jungles tr�s denses. Mais, l�, cest dur. NARRATION Nous sommes en �cosse, au cinqui�me si�cle apr�s J�sus Christ. LEmpire Romain court � sa perte, et les Pictes saisissent loccasion pour simposer. Alors que les tribus se sont unifi�es contre lenvahisseur, les guerriers en nombre utilisent leur parfaite connaissance de la r�gion pour prendre lavantage. Jai quitt� la c�te �cossaise pour me rendre dans les terres, sur un site arch�ologique picte du nom de Rhynie. Pour rejoindre ma destination, je dois traverser les for�ts qui ont �t� le th��tre de batailles sanglantes entre guerriers Pictes et soldats romains. ALBERT LIN Les Romains sont pass�s par l� aussi�? KELLY KILPATRICK Avec armures et boucliers. NARRATION Larch�ologue Kelly Kilpatrick �tudie la culture picte depuis plus de ans. KELLY KILPATRICK Les Pictes utilisaient la for�t � leur avantage. On raconte que le g�n�ral Agricola regardait les arbres avec horreur en voyant les barbares foncer sur les troupes romaines. ALBERT LIN Les barbares, cest les Pictes�? KELLY KILPATRICK Exactement. ALBERT LIN Je crois quil va falloir nager. Jimagine les combattants romains qui ont suivi les guerriers pictes � travers la for�t avant de devoir traverser cette rivi�re. On va prendre cet arbre comme point de r�f�rence pour ne pas trop d�river entre les deux berges. On y va. �a va�? Tarr�te pas. KELLY KILPATRICK OK. ALBERT LIN On y est presque. NARRATION Ce territoire sauvage a permis aux Pictes de se prot�ger de leurs ennemis. Les l�gionnaires romains, �puis�s par leurs lourds �quipements, peinaient � avancer. Le peuple opprim� reprenait le dessus. ALBERT LIN �a va�? KELLY KILPATRICK Oui, �a va. Merci. On a r�ussi. �a y est�! NARRATION Nous voil� en plein c�ur du territoire picte. Cest ici, � Rhynie, que se trouve lune des pierres pictes les plus grandes d�cosse. ALBERT LIN L�, je vois d�j� le symbole du poisson. KELLY KILPATRICK Oui, il y a les nageoires, en bas. ALBERT LIN Ensuite� KELLY KILPATRICK Juste en-dessous, cest un symbole quon appelle ��la b�te picte��. ALBERT LIN Quest-ce que �a fait l�? Quest-ce que �a veut dire�? KELLY KILPATRICK Il y a plusieurs th�ories, mais la v�rit�, cest quon ne sait pas ce que �a signifie. NARRATION �a force lhumilit�. Malgr� toutes nos nouvelles technologies, nous ne d�couvrirons peut-�tre jamais la signification de ces symboles. Dinstinct, je sais que leur pr�sence donne une importance majeure � ce site. Jai le sentiment de me rapprocher de mon but. Je suis sur le point de percer le secret des Pictes. ALBERT LIN �a devait �tre un lieu capital, pour eux. KELLY KILPATRICK Dapr�s une th�orie largement accept�e par les arch�ologues, cette pierre picte aurait servi � identifier le propri�taire du territoire. Comme un panneau que les gens auraient reconnu en p�n�trant sur les terres. ALBERT LIN Des gens vivaient ici�? KELLY KILPATRICK Il y a quelques ann�es, des fouilles ont �t� effectu�es ici. On a d�couvert que cette pierre picte marquait lentr�e dun site royal de la culture picte. Des rois pictes ont pos� le pied juste ici. ALBERT LIN Cest vraiment� Cest un lieu sacr�. NARRATION Si laffrontement entre les Pictes et lEmpire romain peut �tre compar� � celui de David et Goliath, cest � Rhynie que lopprim� a �t� couronn� roi. ALBERT LIN Jai un peu de mal � comprendre. Les rois �taient entour�s de leurs sujets. O� vivait le peuple�? KELLY KILPATRICK Oui, exactement. Il faut �tre roi de quelque chose. Dun peuple, dune nation. ALBERT LIN O� �tait la nation, alors�? NARRATION Si nous foulons lentr�e dun royaume picte disparu, il y avait forc�ment une ville assez grande pour le d�fendre. ALBERT LIN Regarde la colline. Tas vu�? On devrait monter l�-haut. ALBERT LIN Jai limpression de marcher sur des �ponges. NARRATION Kelly et moi avons entam� lascension de cette colline. Je veux lanalyser pour savoir si elle a un lien avec le site royal de Rhynie, dans la vall�e en contrebas. D�s notre arriv�e au sommet de la colline, son importance strat�gique nous saute aux yeux. ALBERT LIN Cest incroyable. La vue est dingue�! NARRATION Dici, les Pictes avaient une vue imprenable sur la vall�e. Ils pouvaient veiller sur le site royal de Rhynie, mais aussi rep�rer lennemi en approche. ALBERT LIN La vue est compl�tement d�gag�e. On voit tout ce qui se passe autour. Cest magnifique. KELLY KILPATRICK Jen crois pas mes yeux. ALBERT LIN Il faut faire apporter le mat�riel ici, pour cartographier la zone. NARRATION Cest le moment de v�rit�. Notre syst�me de t�l�d�tection laser � la pointe de la technologie va nous permettre de remonter dans le temps. Jesp�re quil r�v�lera la cit� picte qui repose sous nos pieds. ALBERT LIN Vous avez trouv� le chemin�? Nous, on la fait � pied. Je te pr�sente Kelly. DUNCAN LEES Enchant�, Kelly. KELLY KILPATRICK Enchant�e. ALBERT LIN On va envoyer les drones tout de suite. On a du boulot. DUNCAN LEES Oui, le site est tr�s grand. ALBERT LIN Allez, on sy met. NARRATION Gr�ce � nos drones � t�l�d�tection laser, une reproduction D du site appara�t en direct sur l�cran. ALBERT LIN Montre-moi la vue densemble. NARRATION Le professeur Gordon Noble est le plus grand sp�cialiste de la culture Picte en �cosse. KELLY KILPATRICK Bonjour, Gordon. Je vous pr�sente Albert. GORDON NOBLE Enchant�, Albert. ALBERT LIN Moi aussi. Jai beaucoup entendu parler de vous. NARRATION Il sait que Tap ONoth est un site picte important. GORDON NOBLE Je suis curieux de voir ce que r�v�lent vos analyses. NARRATION Si mon instinct dit vrai, la maquette D nous confirmera quil est dune importance capitale. ALBERT LIN On a toutes les donn�es relev�es par le drone�? JOE STEEL Oui. DUNCAN LEES Oui, on a tout. GORDON NOBLE Par endroits, la bruy�re monte � ou centim�tres de haut. �a suffit � masquer toutes les ruines qui se trouvent en-dessous. ALBERT LIN Le Lidar arrive � passer au travers�? JOE STEEL Il faut quelques minutes danalyse. ALBERT LIN Allez, retire-moi cette bruy�re�! JOE STEEL �a va me demander un peu de boulot, mais je devrais y arriver. ALBERT LIN Allez. Fais voir ce que nous r�v�le le drone. GORDON NOBLE G�nial�! KELLY KILPATRICK Regardez�! ALBERT LIN Oui, cest fou�! GORDON NOBLE Cest extraordinaire. Incroyable. KELLY KILPATRICK Regarde, l�. Tu vois �a�? ALBERT LIN Quest-ce que cest�? GORDON NOBLE Il y en a dautres. Il y a des trous dans la colline. Regardez. On dirait des constructions en terrasses. KELLY KILPATRICK Il y en a encore une l�, non�? GORDON NOBLE Oui, il y en a partout. Cest fou. ALBERT LIN �a me fait penser � la surface dune balle de golf, pas vous�? KELLY KILPATRICK Si. GORDON NOBLE Si. Il y a des centaines de trous. ALBERT LIN Vous pensez que ce sont des plateformes�? GORDON NOBLE Oui, cest �a. Cest comme �a quon construisait les b�timents au temps des Pictes. ALBERT LIN Alors� Tout �a, ce sont des maisons�? GORDON NOBLE Oui�! KELLY KILPATRICK Jen reviens pas�! GORDON NOBLE On a effectu� des fouilles sur le site et on a trouv� des maisons. GORDON NOBLE Cest incroyable. Il y en a vraiment partout. ALBERT LIN �a repr�sente combien dhabitants�? GORDON NOBLE Si on compte personnes par habitation, multipli� par b�timents, on arrive � plus de habitants. ALBERT LIN Ce nest ni un village ni une ville. Cest carr�ment une m�tropole. GORDON NOBLE Cest quelque chose, hein�? Cest g�nial, de voir �a. Cest vrai que �a ressemble une m�tropole. NARRATION Les Pictes ne vivent plus en petites tribus. Ils se sont unis pour former une civilisation � grande �chelle. Au lieu dan�antir le peuple Picte, lEmpire romain a unifi� les tribus. La plus grande arm�e au monde vient de cr�er son ennemi le plus redoutable. ALBERT LIN Cest leffet boule de neige. � force d�tre repouss�es par les romains, les tribus se sont alli�es les unes aux autres, petit � petit. Finalement, les Pictes �taient tellement nombreux quils sont devenus une v�ritable nation install�e au sommet dune colline. GORDON NOBLE Cest in�vitable, quand on est menac� par un ennemi commun. On est oblig�s de sallier et de cr�er une grande communaut� pour r�sister � lenvahisseur. NARRATION Gr�ce � nos drones, nous avons r�v�l� lexistence de la plus grande cit� picte jamais d�couverte en �cosse. Mais je ne peux memp�cher de penser que nous navons expos� que la partie �merg�e de liceberg. ALBERT LIN Quand je regarde le paysage, jai limpression que tout a pu servir � construire une forteresse. GORDON NOBLE Oui, il y a des constructions partout. ALBERT LIN Partout�! GORDON NOBLE Maintenant quon le sait, nos yeux rep�rent automatiquement tous les signes. ALBERT LIN Jimagine toutes les collines alentours illumin�es par les maisons �clair�es. Comme un rempart imp�n�trable. GORDON NOBLE Exactement. ALBERT LIN Donc cest comme �a que les Pictes ont pu r�sister � linvasion romaine. GORDON NOBLE Oui. KELLY KILPATRICK Oui. NARRATION � mon arriv�e en �cosse, jai d�couvert lhistoire dun peuple opprim�. Mais mes recherches mont permis de mettre au jour une nouvelle version des faits. Lhistoire dun peuple en pleine expansion, pr�t � voir plus grand. Nous avons d�couvert une cit� disparue, au c�ur dun royaume oubli�. Le territoire des Pictes. Un lieu b�ti gr�ce � une communaut� motiv�e par sa foi en une id�e fondamentale�: face � larm�e la plus puissante au monde, on peut riposter. Des sites comme celui-ci existaient certainement partout sur le territoire picte. Peupl� de communaut�s qui cohabitaient et combattaient c�te � c�te. Un royaume uni, dont le peuple est parvenu � repousser les Romains pour reprendre possession de ses terres. NARRATION Au cinqui�me si�cle apr�s J�sus Christ, les Romains abandonnent leurs ambitions de conqu�te du nord. Avec la chute de leur empire, les l�gions quittent d�finitivement l�cosse. Autour du huiti�me si�cle, les Pictes disparaissent progressivement des livres dhistoire, absorb�s par des communaut�s plus importantes. Mais lesprit du peuple picte subsiste, � travers les habitants du territoire quils ont contribu� � d�fendre�: l�cosse.