ALBERT_LIN CADREUR DUNCAN_LEES JAIRO JEFF_CONTRERAS JOE_STEEL LUIGI_MARMANILLO NARRATION PARKER_VAN_VALKENBURGH ALBERT LIN Check communications. Vous me recevez�? Cest Albert. DUNCAN LEES Oui, on te re�oit, Albert. NARRATION Depuis mon plus jeune �ge, je suis fascin� par lempire Inca du P�rou et son site arch�ologique l�gendaire�: le Machu Picchu. DUNCAN LEES On grimpe encore. ALBERT LIN Bien re�u. NARRATION Mais cette r�gion a vu l�mergence dune autre culture exceptionnelle. Une civilisation qui a r�gn� sur les montagnes du nord du P�rou pendant des mill�naires, avant m�me larriv�e des Incas. Un peuple qui a construit un monument en pierre bien plus grand et plus ancien. ALBERT LIN �a doit �tre au-dessus des nuages. DUNCAN LEES Bien re�u. NARRATION Les Incas surnommaient ce peuple les Guerriers des nuages. ALBERT LIN On peut sarr�ter sur cette cr�te pour essayer de voir Ku�lap. NARRATION Le site arch�ologique de Ku�lap est notre meilleure piste pour partir sur les traces des Guerriers des nuages. ALBERT LIN �a doit �tre� juste l�. NARRATION Malheureusement, cet incroyable site est menac�. ALBERT LIN Cest fou, ce qui est arriv� ici. La pluie a compl�tement imbib� le sol. Et voil� le r�sultat. Regardez. JOE STEEL Cest pas vrai. DUNCAN LEES �a me brise le c�ur, de voir �a. ALBERT LIN Cest horrible, le site est en train de dispara�tre sous nos yeux. Il est menac�. NARRATION Lentement mais s�rement, des glissements de terrain d�truisent ce monument mill�naire. ALBERT LIN Allez, on grimpe. Cest parti. NARRATION En se d�sagr�geant, le site de Ku�lap emporte avec lui toute lhistoire des Guerriers des nuages. ALBERT LIN Cest immense. Jen crois pas mes yeux. On est super haut. � m�tres daltitude. Je commence � le sentir, quand je respire. NARRATION Je tiens peut-�tre ma derni�re chance de percer le myst�re de cette civilisation disparue. ACTE ALBERT LIN Regardez �a. Le site de Ku�lap a �t� b�ti par les Guerriers des nuages au sommet de cette montagne. Jai trouv� ce quil reste de leurs b�tisses� Mais o� sont pass�s les habitants�? NARRATION Le site arch�ologique de Ku�lap est une des plus vastes structures anciennes dAm�rique du Sud. Le centre religieux et administratif dune grande communaut�. Dapr�s les arch�ologues, les Chachapoyas �taient environ un demi-million. Pourtant, les ruines comme celles de Ku�lap ne sont quune infime partie de leurs constructions. Leur culture a pratiquement disparu. De nos jours, on sait tr�s peu de choses de cette civilisation. Au �me si�cle, sur le territoire actuel du P�rou, lEmpire Inca �tend son influence le long de la c�te Pacifique. Sur les sommets montagneux de la r�gion Chachapoya, la population oppose une r�sistance si acharn�e aux combattants incas, que ces derniers les surnomment les Guerriers des nuages. Mais apr�s ans de guerre, les soldats incas, plus nombreux et mieux entra�n�s, parviennent enfin � vaincre les Chachapoyas. ALBERT LIN On raconte que le peuple Chachapoya a b�ti sa cit� ici, dans les nuages, pour rester cach�. Cach� dans� Cach� entre ces rochers. On na m�me pas retrouv� de traces �crites de leur existence. NARRATION Quelque part dans cette for�t nuageuse, jesp�re trouver les vestiges de la civilisation disparue des Chachapoyas. Ce serait un r�ve devenu r�alit�. ALBERT LIN La vache. Vous avez vu le vide, sur le c�t�? Une for�t de nuages. Les Chachapoyas �taient des grimpeurs. Cest leur territoire, leur r�gion. Ils vivaient dans ces montagnes, ils en connaissaient chaque recoin. NARRATION Mon �quipe et moi quittons Ku�lap pour rejoindre le village isol� de San Jer�nimo et El Tigre, un lieu de s�pulture Chachapoya. Le lieu o� les Guerriers des nuages enterraient leurs morts me m�nera peut-�tre � lendroit o� ils vivaient. ALBERT LIN On va essayer de... Dy aller en douceur. Avec respect. M�me si on acc�de au site, la zone na jamais �t� cartographi�e. Ces gens vont nous emmener sur les lieux. ALBERT LIN Ce serait possible dacc�der aux sarcophages�? ALBERT LIN On esp�rait pouvoir cartographier le site avec diff�rents outils. Cest de la photogramm�trie. Si on y arrive, le monde entier aura acc�s au site gr�ce � des visites virtuelles. Vous seriez daccord pour nous emmener sur place�? ALBERT LIN Besoin daide�? DUNCAN LEES Non, cest pas tr�s lourd. NARRATION Juan a compris limportance de notre mission. NARRATION En nous donnant acc�s � un site sacr�, il nous t�moigne une immense confiance. NARRATION Jesp�re ne pas le d�cevoir. ALBERT LIN �a va, derri�re�? JOE STEEL Oui, on essaie de suivre. ALBERT LIN Je commence � sentir les effets de laltitude. ALBERT LIN Juste l�. Tu vois la cr�te, l�-bas�? � gauche de lescarpement. Cest incroyable. ALBERT LIN OK. DUNCAN LEES Les chevaux ne pourront pas aller plus loin. ALBERT LIN OK, on va monter le camp ici. La nuit commence � tomber. Il faut monter les tentes. Cest fou, de passer la nuit ici. ALBERT LIN Demain, on escaladera la montagne. Jai aucune id�e de ce quon va trouver. Mais je sens que jai� une grande responsabilit� sur les �paules. Il faut faire preuve de respect. Ici, je suis au milieu des esprits du pass�. Allez, il faut dormir. ALBERT LIN Cest �a. JOE STEEL Cest dingue. ALBERT LIN Le mieux, ce serait que je monte avec Juan en premier. Quand jaurai trouv� lendroit id�al, je vous donnerai les coordonn�es pour lancer le drone, et ensuite on avancera. JOE STEEL Parfait. ALBERT LIN Allez, cest parti. � plus, les gars. NARRATION � mesure que je menfonce dans la for�t en suivant la rivi�re, le terrain devient plus difficile � pratiquer. Ces reliefs offraient une protection naturelle aux Chachapoyas face � leurs ennemis. ALBERT LIN Daccord. �a glisse�? ALBERT LIN OK. Compris. ALBERT LIN On peut pas contourner�? ALBERT LIN OK. Jai une corde�! Je vais la chercher. Je monte en premier. ALBERT LIN Jattacherai la corde l�-haut pour te remonter. Cest bon. Attends ici. �a va�? Je te tiens. ALBERT LIN Eh ben� ALBERT LIN Jai limpression d�tre dans un monde fantastique. On est o��? NARRATION � m�tres daltitude, nous trouvons des signes de vie� ou plut�t de mort. ALBERT LIN Fais attention, cest tra�tre, ici. On a limpression que les arbres amortissent la chute, mais on est � flanc de falaise. Il faut surtout pas tomber. ALBERT LIN Cest l�-haut�? Daccord. � moi de jouer. NARRATION Jai h�te darriver au sommet. Je suis sur le point de d�couvrir un lieu de culte particuli�rement sacr�. ALBERT LIN Je vois des cheveux. Oui, ce sont des m�ches de cheveux. Je suis juste � c�t� de m�ches de cheveux humains. Cest la d�pouille dun Guerrier des nuages. Cest un �tre humain. La vache. Jai jamais vu un truc pareil. Je sais pas pourquoi, jai chuchot� sans r�fl�chir. Jai limpression d�tre sur un site sacr�. Cest incroyable. ACTE ALBERT LIN Ah, �a y est. Je crois que je vois un cr�ne � lint�rieur dun des sarcophages. Cest incroyable. On dirait un m�lange de boue et de paille. Regarde les visages. Ils ont tous des yeux, une bouche et du maquillage. Je me demande� Je me demande si ces visages repr�sentent ceux des morts inhum�s dans les sarcophages. Ils ont peut-�tre �t� sculpt�s pour repr�senter la personnalit� des d�funts. Je suis face au peuple Chachapoya. ALBERT LIN Joe, Duncan, vous me recevez�? DUNCAN LEES On te re�oit. ALBERT LIN Vous pouvez envoyer le drone�? DUNCAN LEES Re�u. On lenvoie. JOE STEEL Cest parti�! NARRATION Nos drones �quip�s de cam�ras permettent de capturer des centaines dimages en haute r�solution par minute. Gr�ce � la t�l�d�tection par laser, nous allons pouvoir cartographier le site et rep�rer les traces de cit�s alentours. DUNCAN LEES On se rapproche�? ALBERT LIN Affirmatif. NARRATION Cest le but de notre mission�: raconter lhistoire oubli�e des Chachapoyas et d�couvrir lendroit o� ils auraient pu vivre. DUNCAN LEES On peut redescendre�? ALBERT LIN Oui, on a ce quil nous faut. DUNCAN LEES Re�u. Je lenvoie vers la gauche. Cest bon�? ALBERT LIN Oui, tu peux y aller. DUNCAN LEES Re�u. NARRATION Le drone peut maintenant cartographier les alentours. JOE STEEL Dici, on voit presque pourcents de la zone. DUNCAN LEES On ne voit pas grand-chose. NARRATION Mais nous avons beau chercher, nous ne trouvons aucune trace de vie humaine dans les environs. DUNCAN LEES Je pense quon va devoir chercher ailleurs. ALBERT LIN Oui, je suis daccord. ALBERT LIN Juan�! NARRATION Nous navons pas trouv� de cit� perdue, mais je tiens � partager nos d�couvertes avec les villageois. Certains dentre eux nont jamais vu le tombeau de leurs anc�tres. ALBERT LIN Si on zoome� Voil�. JOE STEEL Javais jamais vu �a. DUNCAN LEES Cest incroyable. ALBERT LIN Et voil�. Vous voyez�? Les sarcophages sont l�. Regardez. On peut tourner tout autour. JOE STEEL Cest dingue. ALBERT LIN Il y en a encore l�. DUNCAN LEES Cest fou, ces visages. ALBERT LIN Il y en a sur tout le flanc de la montagne. DUNCAN LEES La v�g�tation pousse par-dessus. ALBERT LIN Oui, il y en a l�, aussi. NARRATION Gr�ce au drone, nous avons d�couvert dautres s�pultures encore plus isol�es, cach�es dans le flanc de la montagne. ALBERT LIN Vous saviez�? Vous aviez d�j� vu ces sites�? Non�? Cest un honneur davoir pu venir ici pour en savoir plus sur les Chachapoyas. Maintenant, on voit leurs visages sur tout le flanc de la montagne. Merci de nous avoir montr� le chemin. Cest fou quon ait trouv� dautres sites. ALBERT LIN Voil� pourquoi je fais ce m�tier. Je voyage � travers le monde depuis des ann�es, � la recherche de cit�s et de mondes perdus. Et les moments comme ceux que je viens de vivre dans ce village� Cest ce qui me motive. Cest ce qui me passionne. On est tous li�s. NARRATION Ma visite dans ce village ma permis de mieux comprendre qui �taient les Chachapoyas. Mais je nai toujours pas d�couvert o� ils vivaient. ACTE NARRATION Afin de d�couvrir la cit� perdue des Guerriers des nuages, jai d� parcourir kilom�tres au sud de Ku�lap pour rejoindre Chacanto, au bord du R�o Mara��n. Cette rivi�re aurait servi de route commerciale au peuple Chachapoya. ALBERT LIN On va dans la for�t amazonienne�? ALBERT LIN Luigi�! LUIGI MARMANILLO Albert�! ALBERT LIN Merci pour ton aide. LUIGI MARMANILLO Bienvenue au R�o Mara��n. NARRATION Jai rejoint Jeff Contreras, un arch�ologue de la r�gion qui explore cette zone isol�e depuis des ann�es, et le navigateur Luigi Marmanillo. ALBERT LIN Je r�ve de venir ici depuis que je suis petit. Je connais toutes les l�gendes de la for�t amazonienne et �a y est, jy suis. LUIGI MARMANILLO Tu y es. ALBERT LIN Bon� Jeff dit que tu as une carte. LUIGI MARMANILLO Oui, regarde. On est ici, � Chacanto. ALBERT LIN Daccord. LUIGI MARMANILLO Et l�, cest Tuen. ALBERT LIN Il ny a pas de route entre les deux�? LUIGI MARMANILLO Non, pas de route. ALBERT LIN On est � quelle distance�? LUIGI MARMANILLO Il y a kilom�tres. ALBERT LIN Jesp�re tomber sur les sentiers que les Chachapoyas empruntaient. Le but, cest de d�couvrir les traces danciennes routes Chachapoyas en direction de Ku�lap. ALBERT LIN On est l� pour �a. ALBERT LIN OK, on y va, alors. JEFF CONTRERAS Oui. NARRATION Le R�o Mara��n est la fronti�re naturelle la plus � louest de la r�gion Chachapoya. En remontant la rivi�re en rafting, jesp�re d�couvrir danciennes routes commerciales, et peut-�tre une cit� perdue entre ici et Ku�lap. ALBERT LIN La rivi�re est dangereuse�? Il y a des rapides�? LUIGI MARMANILLO Il y en a quelques-uns. On risque d�tre chahut�s par les vagues. ALBERT LIN OK. Le mieux, cest peut-�tre daller le plus lentement possible. ALBERT LIN Cest incroyable. Le paysage nest pas du tout le m�me. Et la temp�rature est supportable. Ce matin, je pensais quil allait faire tr�s chaud. Mais en fait, �a va. Tu disais quoi, tout � lheure�? ��Sous les tropiques��� Quoi�? LUIGI MARMANILLO ��Tout est possible, mais rien nest jamais s�r.�� LUIGI MARMANILLO Attention � la profondeur, ici. En avant�! ALBERT LIN Cest dangereux. LUIGI MARMANILLO On retourne en arri�re�? Attention�! Attention�! JEFF CONTRERAS Oh, la vache�! LUIGI MARMANILLO Cest bon, tout va bien. JEFF CONTRERAS Attention. Accrochez-vous�! LUIGI MARMANILLO �a va aller. Faites attention. LUIGI MARMANILLO �a va�? Une, deux. ALBERT LIN Je te tiens. Cest bon, je te tiens. Tes pr�t�? Je vais taider � monter. Un, deux, trois. �a va�? CADREUR Oui, mais jarrivais pas � me relever. Javais plus de force dans les bras, je pouvais pas. ALBERT LIN On a perdu un des raftings. Celui qui transportait la plus grosse cam�ra sest retourn�. Tout le mat�riel a fini � leau. Quand on a percut� la paroi, un des raftings est pass� sous lautre et il sest retourn�. Cest vraiment pas lid�al, quand on est dans une des zones les plus isol�es du monde. ACTE ALBERT LIN On est de retour. On affronte nos peurs et� On avance. NARRATION �a me fait bizarre, de revenir ici. Apr�s le naufrage dun des raftings, tout est all� tr�s vite. Coups de fils, assurances, visites m�dicales� On avait perdu les cam�ras et un orage se pr�parait. Finalement, le couperet est tomb�: il fallait arr�ter le tournage. Mais tout �a est derri�re nous. Il est temps daller de lavant. De trouver les traces du peuple Chachapoya. Je tr�pigne dimpatience. ALBERT LIN On a pass� les rapides�! On a r�ussi. ALBERT LIN Regardez �a. �a vient do��? Ces chemins ont �t� trac�s par les Chachapoyas�? JEFF CONTRERAS Oui, tout � fait. ALBERT LIN Ils vont dans quelle direction�? ALBERT LIN Une route Chachapoya. LUIGI MARMANILLO Au sommet de la cr�te, on voit des ruines. Regarde entre les deux sommets, il y a des murs. ALBERT LIN Oui, je les vois. LUIGI MARMANILLO Tu vois�? ALBERT LIN On y va�? NARRATION Ces sentiers renferment peut-�tre les indices qui me m�neront � une cit� perdue. ALBERT LIN Cest fou de se dire quon suit un chemin emprunt� par des commer�ants Chachapoyas il y a des mill�naires. ALBERT LIN Mais non�! JEFF CONTRERAS Si. ALBERT LIN S�rieux�? Tu as trouv� �a l�? JEFF CONTRERAS Oui. ALBERT LIN Cest incroyable. Il y a des poteries partout. Cest dorigine Chachapoya�? JEFF CONTRERAS Oui. ALBERT LIN Cest un serpent. JEFF CONTRERAS Oui. ALBERT LIN Il y a des murs. C�tait une maison�? ALBERT LIN Ah, oui. Jai vu des maisons qui y ressemblaient beaucoup, � Ku�lap. Visiblement, les habitants de ce village �taient � la fronti�re du territoire Chachapoya. Cest tr�s courageux. LUIGI MARMANILLO Oui. ALBERT LIN On continue�? ALBERT LIN Ah oui, je le vois. ALBERT LIN Ce site est r�pertori�? LUIGI MARMANILLO Non. ALBERT LIN Ce site est incroyable. Au sommet de la cr�te. � ton avis, cest quoi, Jeff�? ALBERT LIN Un site Inca�? ALBERT LIN On pensait trouver un site Chachapoya, mais vous voyez ces structures rectangulaires�? Quand cest rectangulaire, cest Inca. Le structures circulaires sont Chachapoya. NARRATION Dapr�s Jeff, ces huttes seraient les vestiges dune �poque o� les deux civilisations coexistaient, lune � c�t� de lautre. Avant que la guerre n�clate. ALBERT LIN Cest la route�? JEFF CONTRERAS Oui. NARRATION Le lendemain, nous entamons une exp�dition de kilom�tres � cheval le long des chemins trac�s par les Chachapoyas. Nous avons rendez-vous avec la derni�re personne au P�rou � parler la langue de la civilisation perdue. ALBERT LIN On sarr�te ici�? JEFF CONTRERAS Oui. ALBERT LIN Jairo�? JAIRO Bonjour. ALBERT LIN Enchant�. JAIRO Mamma Rosa est l�. ALBERT LIN Hol�, Mamma Rosa. Enchant�, je mappelle Albert. ALBERT LIN Rosa. ALBERT LIN Il est magnifique, ce pain. Je suis arriv� au bon moment. �a sent bon. JAIRO Oui. ALBERT LIN �a donne faim. ALBERT LIN Pas de probl�me. ALBERT LIN �a me fait plaisir de vous rencontrer, Mamma Rosa. Vous parlez une langue magnifique. NARRATION Gr�ce � sa grande connaissance de sa culture dorigine, jesp�re que Mamma Rosa pourra maider � identifier les vestiges danciens villages sur ma carte. ALBERT LIN Vous pouvez me parler des noms de villes�? J�tais sur le R�o Mara��n. Voil� Ku�lap. ALBERT LIN Huiquilla�? ALBERT LIN Cest l� que je dois aller, alors�? � Huiquilla�? ALBERT LIN Daccord. Cest not�. NARRATION Mamma Rosa et sa connaissance de la langue des Chachapoyas sont les derniers liens avec cette civilisation oubli�e. Huiquilla serait-il le nom de la myst�rieuse cit� perdue que je recherche�? ACTE NARRATION Huiquilla se trouve � deux jours de marche, de lautre c�t� dune for�t de nuages dense. Pour nous guider, jai fait appel � Jos� La Torre, qui poss�de des terres dans la r�gion, et � mon vieil ami arch�ologue Parker Van Valkenburgh, expert de la cordill�re des Andes. Apr�s une randonn�e �puisante � travers la jungle, nous pouvons enfin monter le camp. ALBERT LIN Le chemin a �t� long pour arriver jusquici. Je ne sais pas si on va trouver� une cit� ou� des huttes� Tout ce que je sais, cest que� Je dors dans la for�t� qui a abrit� les Chachapoyas, autrefois. ALBERT LIN Allez. Chachapoya. Chachapoya. NARRATION Nous concentrons nos recherches sur une zone � louest de Ku�lap, dans une for�t de nuages de pr�s de kilom�tres carr�s. Son nom�: Huiquilla. JOE STEEL Albert, tu me re�ois�? ALBERT LIN Oui, je tentends. On senfonce dans la jungle. Elle est tr�s dense, mais si tu trouves une clairi�re, �a vaudrait le coup de cartographier la zone. JOE STEEL OK, je pr�pare le mat�riel. ALBERT LIN Cest magnifique. NARRATION Joe et Duncan se mettent au travail. Gr�ce au drone, ils cherchent les vestiges danciens villages pour nous donner leurs coordonn�es. JOE STEEL On est pr�ts � envoyer le drone. ALBERT LIN Joe�? DUNCAN LEES Joe dit quil a peut-�tre quelque chose. Vous devriez aller voir. ALBERT LIN Tu as les coordonn�es�? DUNCAN LEES Il faut que tailles vers le sud. Six degr�s, minutes et secondes. JOE STEEL Tu vois quelque chose�? ALBERT LIN Oui, je vois une esp�ce de cr�te. Sur la carte, on est cens�s la suivre jusquau bout�? JOE STEEL Oui, il devrait y avoir un chemin. Il vous m�nera jusquau sommet. ALBERT LIN Y a pas de chemin, ici. Il faut que je le trouve. OK, bien re�u. Franchement, je vois pas o� je vais. Et je suis m�me pas s�r de pouvoir activer le GPS de ma montre. Je ne vois pas le ciel, l� o� je suis. DUNCAN LEES �a a lair compliqu� davancer dans la jungle. Nous aussi, on a du mal � piloter le drone. On narrive pas � trouver la bonne altitude pour longer le sommet des arbres. ALBERT LIN R�cup�re toutes les donn�es que tu peux, ce sera toujours �a de pris. DUNCAN LEES OK, re�u. ALBERT LIN Attendez. Il y de gros rochers, ici. Regardez. Il y en a de plus en plus. JOE STEEL On a rep�r� un site potentiel. � un kilom�tre � louest de ta position actuelle. ALBERT LIN �a ressemble � un mur, non�? PARKER VAN VALKENBURGH On est pas venus pour rien, finalement. ALBERT LIN Jai perdu le contact. Normalement, les coordonn�es quon ma envoy�es devraient pas �tre loin. Mais jai perdu le signal GPS. Regardez ce mur. Vous avez vu �a�? Cest un vrai travail de ma�onnerie. On y est presque. Depuis quand personne nest pass� ici, � ton avis�? PARKER VAN VALKENBURGH Autour de ans, je pense. NARRATION Ces murs circulaires sinscrivent sur le flanc de la colline. Ce sont forc�ment des constructions Chachapoyas. Mais si nous avons trouv� une cit�, il doit y en avoir dautres. ALBERT LIN Je vois une entr�e, ici. Des escaliers�! PARKER VAN VALKENBURGH On nen voit plus des comme �a. ALBERT LIN Ah bon, �a ne se fait plus�? PARKER VAN VALKENBURGH Cest incroyable. ALBERT LIN C�tait quoi, � ton avis�? PARKER VAN VALKENBURGH Plus on prend de laltitude et plus les b�timents sont sacr�s ou r�serv�s � des membres hauts plac�s de la communaut�. Cest certainement l� que vivaient les chefs de la tribu. ALBERT LIN Cest fou. Jarrive pas � croire que jai trouv� les ruines dun village cach� dans la jungle depuis ans. PARKER VAN VALKENBURGH On ne savait pas quon trouverait cette cit� avant darriver ce matin. Les r�gions isol�es du P�rou regorgent de sites arch�ologiques non r�pertori�s. Ces civilisations �taient prosp�res, elles ont r�ussi � sinstaller au sommet des collines pendant des mill�naires. ALBERT LIN Donc aucun arch�ologue ne connaissait lexistence de ce site�? PARKER VAN VALKENBURGH Non, il na jamais �t� r�pertori�. ALBERT LIN Il nest pas cartographi�? PARKER VAN VALKENBURGH Non, on vient de le d�couvrir. PARKER VAN VALKENBURGH Il y a des tr�sors partout. Regarde. ALBERT LIN Cest dingue�! Cest un bec verseur�! Cest un syst�me dirrigation invent� par les Chachapoyas. Tavais d�j� vu un truc pareil�? PARKER VAN VALKENBURGH Non. ALBERT LIN Cest vrai�? PARKER VAN VALKENBURGH Oui, je te jure. ALBERT LIN Pour moi aussi, cest un honneur. ALBERT LIN On boit leau des anc�tres. Regardez, �a continue. Cest dingue�! PARKER VAN VALKENBURGH Tu sais combien de murs on a vu�? Jai perdu le compte. NARRATION Ces murs et ce syst�me dirrigation sont des d�couvertes majeures. Mais la t�l�d�tection par laser confirmera-t-elle que cette cit� a �t� b�tie par les Chachapoyas�? ACTE ALBERT LIN Cest le r�f�rentiel, �a�? DUNCAN LEES Oui. ALBERT LIN Branche le projecteur, quon fasse les choses en grand. On a pris le projecteur pour voir les images en grand. On a camp� o��? On �tait pr�s de cette cr�te, cest �a�? JOE STEEL Oui. La Iglesia est l�, au milieu. ALBERT LIN Allez, Joe. Retire tous ces arbres. JOE STEEL OK. ALBERT LIN Cest parti. Cest g�nial. PARKER VAN VALKENBURGH Je trouve �a compl�tement fou. Jai jamais vu un truc pareil. ALBERT LIN Donc l�, on a retir� tous les arbres, gr�ce aux mesures les plus basses enregistr�es par la t�l�d�tection laser. Oh, regardez�! On voit les terrasses�! Oui, elles sont juste l�. Jusquau sommet. NARRATION Pratiquement toutes les collines cartographi�es � Huiquilla sont couvertes de constructions en terrasses. Cest le signe dune occupation humaine. PARKER VAN VALKENBURGH Ces cercles indiquent que la zone a �t� occup�e par des humains. JOE STEEL On a pris les mesures dune des huttes, et elle correspond parfaitement au diam�tre des cercles. NARRATION Personne navait jamais d�couvert ces sites � Huiquilla. Chaque cercle repr�sente lemplacement dune hutte. En utilisant les donn�es collect�es, nous parvenons � redonner vie � la cit� perdue. JOE STEEL Il y en a encore l�. ALBERT LIN Cest dingue�! JOE STEEL Gr�ce � un algorithme, je peux placer une hutte dans chaque cercle. PARKER VAN VALKENBURGH Jy crois pas. ALBERT LIN Cest g�nial�! ALBERT LIN Les Chachapoyas sont de retour�! NARRATION Gr�ce au logiciel, village apr�s village, nous d�couvrons l�tendue de la population Chachapoya. ALBERT LIN Jai du mal � y croire. On y est. On est revenus au temps des Guerriers des nuages. Donc ceux qui vivaient l� avaient une vue d�gag�e sur Ku�lap. Tout devait �tre li�, non�? Si je suis Chachapoya et que je vis dans cette maison, au milieu de cette communaut�, ma vue ne se restreint pas � mes voisins directs. Je vois les villages alentours, sur les autres collines. Comme si je faisais partir dune immense m�tropole. NARRATION Si lon en croit cette carte, les cit�s Chachapoyas existaient par centaines, toutes li�es les unes aux autres. Ce r�seau de villages formait une civilisation �volu�e. ALBERT LIN Cest un vrai monde dans les nuages. PARKER VAN VALKENBURGH Si on avait cartographi� toute la zone, on aurait certainement trouv� les vestiges de villages identiques sur des kilom�tres � la ronde. ALBERT LIN Parfois, joublie � quel point ces recherches peuvent �tre importantes. Ce nest pas juste une partie de lhistoire. Cest lhistoire de tout un peuple. NARRATION Je suis venu au P�rou dans lespoir de trouver les traces dun monde perdu, d�truit par les Incas il y a ans. Gr�ce � nos d�couvertes, nous savons que les Guerriers des nuages �taient un peuple �volu� et extr�mement prosp�re. Des milliers de Chachapoyas ont d�velopp� des routes commerciales complexes, du R�o Mara��n aux collines de la for�t amazonienne, pour prosp�rer sur le flanc des montagnes. Et au sommet de la cr�te, la l�gendaire cit� de Ku�lap veillait sur chaque village.