ANDY ANGELA ARIELA BILAL BINIYAM BRIAN BRYAN DAVID EMILY FEMME_1 GUILLERMO HALALAH JANICE JIBRI JIBRIL JOHN KARA KOBE LISA MADELINE MAHALA MIKE MIMI MIONA NEFERTARI PATRICK RAHEEM SHAEEDA THAIS THARAN WISH YVE ZAYNAH MIONA Précédemment dans 90 jours pour se marier… JIBRI On est arrivés ! MAHALA Bienvenue dans le Dakota du Sud. JIBRI Miona va rencontrer mes parents et j’avoue que je suis un peu stressé. MAHALA Brian et moi, on voudrait vous parler de ce qu’on attend de vous. JIBRI Je sens que ça va être plus compliqué que je l’imaginais de vivre chez mes parents. Il y a déjà des tensions. KARA Je n’en reviens pas d’être là avec Guillermo. Mais maintenant ce qui m’inquiète, c’est de savoir s’il arrivera à s’intégrer dans mon mode de vie ici, à Charlottesville. KARA Mettez votre ceintre, Monsieur, on est en Amérique ici, vous risquez l’arrestation. GUILLERMO Oui, mon amour. KOBE Je suis vraiment impatient de le rencontrer. EMILY Je me disais qu’on pourrait passer une nuit ensemble avant de d’aller voir Koban. KOBE Je veux voir mon fils. Je ne l’ai jamais vu, moi. EMILY Qu’est-ce que t’en penses ? KOBE Ouah ! J’ai hâte de voir ça sur toi. EMILY Alors tu es d’accord ? KOBE Oui. BILAL Bienvenue chez toi. SHAEEDA J’y crois pas ! Tu m’as menti ! C’est exactement ce que j’aime. BILAL Shae et moi, on n’a passé que sept jours ensemble, quand je suis allé à Trinité. J’ignore encore beaucoup de choses d’elle. Imaginons que je sois millionnaire... SHAEEDA Oui ? BILAL ... et qu’on jour je perde tout. Est-ce que tu resterais avec moi ? WISH Salut. ARIELA C’est notre dernière soirée en Éthiopie et Bini a tout juste commencé à annoncer la nouvelle à ses amis et à sa famille. Je suis assez contente de ne plus avoir à vous supporter. Et je vais vous dire quelque chose. C’est Biniyam que j’épouse, pas vous. WISH On s’en fout. [Salope]. BINIYAM Maman est là. Ari et moi, on part en Amérique ce soir. Je suis stressé par ce déménagement. Ce qui s’est passé hier avec mes sœurs, ça m’angoisse. ARIELA Dis... MIMI Oui ? ARIELA Tu peux me faire une tresse ? BINIYAM Elles tiennent Ari responsable car je ne leur ai pas parlé de mon déménagement. Ma sœur lui a jeté du vin en plein visage. C’est pas normal, ça se fait pas. Mais j’aurais aimé leur dire plus tôt. J’ai fait une erreur. J’ai une question. MIMI Oui... ARIELA J’écoute. BINIYAM Ma famille va venir déjeuner. Pour dire au revoir, pour Avi. ARIELA Ouais. BINIYAM Tu viens avec nous ? ARIELA Je pense pas. Je ne viendrai pas. BINIYAM C’est pas la première fois qu’Ari et Wish se disputent. Je veux pas être pris entre deux feux. Je suis déjà stressé, je veux pas en rajouter. Je veux que tout le monde s’entende bien avant d’aller en Amérique. BINIYAM Pourquoi ? Tu veux pas dire au revoir ? ARIELA Vous pouvez aller leur dire au revoir, mais comme elles ne veulent pas me parler... BINIYAM Je sais que tu es contrariée pour hier. ARIELA C’est pas moi qui était contrariée. Ta sœur et toi vous étiez contrariés. Moi je me suis pris un verre de vin en pleine tête. Bini a décidé de ne pas leur dire qu’il allait partir et au lieu de lui en vouloir, elles s’en sont prises à moi. Ses sœurs n’ont jamais été gentilles avec moi, je leur ai toujours donné une nouvelle chance, mais là, je n’ai plus envie d’avoir affaire à elles. Quand quelqu’un va jusque-là avec moi, c’est bon, je passe à autre chose. Tu peux pas passer la journée à pleurer. On a un vol à prendre, je dois m’occuper de mon bébé. C’est pas comme si j’avais jamais essayé de les appeler et de les aider quand elles avaient besoin d’aide. J’ai la conscience tranquille. J’ai fait tout ce que je pouvais pour être gentille avec elle et m’intégrer à la famille. BINIYAM Oui, tu as essayé d’être gentille. ARIELA J’ai été très gentille. Et je reste pacifique, je n’ai appelé personne en disant : "Tu m’as jeté un verre de vin à la figure !" Ça suffit, j’ai assez donné. BINIYAM Je comprends ce que tu ressens. Tu es contrariée. ARIELA Non, je t’ai déjà dit que j’étais pas contrariée. C’est toi qui es contrarié. BINIYAM Oui, je le suis. ARIELA Tes sœurs sont contrariées. Pas moi, moi je me concentre sur les bagages et mon bébé. BINIYAM OK. BINIYAM J’aimerais qu’Ari vienne déjeuner avec nous. C’est notre dernier jour ici. Si elle vient, ça pourrait aider à arranger les choses. Mais elle refuse. Je suis vraiment contrarié. Ça craint. EMILY Bonjour. Santé. KOBE Alors... EMILY T’en dis quoi ? KOBE Oh, là, là, bébé. Je suis enfin avec toi, je vis un rêve, je vis l’instant présent. Je n’arrive pas à croire que je suis en Amérique. Je peux enfin embrasser Emily. Elle est dans mon bras. Je suis dans un rêve. La nuit dernière, c’était dingue. C’était chaud, on avait une alchimie folle. On a ravivé la flamme. J’ai adoré. EMILY Je me suis réveillée à côté de Kobe pour la première fois en deux ans. À part les ronflements, c’était parfait. Ça fait du bien de retrouver ses bras. C’est comme si on s’était jamais quittés. La vache, t’es à fond. KOBE Je t’aime ! Oh, là, là. C’était tellement naturel entre nous... EMILY J’étais super stressée. KOBE Pourquoi ? EMILY Ça faisait si longtemps ! On a fait l’amour une fois dans la douche hier soir, et deux fois ce matin. L’alchimie était 100 % là. Il m’a fait me sentir si bien dans mon corps, dans mon nouveau corps. Je me suis sentie aimée sans même me toucher. On n’avait pas trop parlé de ma poitrine, le fait qu’elle soit un peu plus tombante. J’avais un peu peur de ce comment ça allait être mon corps de maman et son corps de papa, mais c’était super. Tu es content qu’on ait passé la soirée en amoureux ? KOBE C’était la plus belle nuit de ma vie. EMILY Tu ne regrettes pas ? KOBE Je ne regrette rien. EMILY OK. KOBE Et si tu tombais enceinte. EMILY Non, on n’a pas fait de bébé. KOBE Non. EMILY Enfin, tu sais ce qui s’est passé quand tu dormais ? KOBE Quoi ? EMILY J’ai téléchargé une appli de suivi d’ovulation sur le téléphone et tu sais quand j’étais le plus fertile ? La nuit dernière. Donc heureusement que tu t’es retiré. KOBE Toujours. EMILY Ça me met un peu mal à l’aise de savoir que j’étais le plus fertile hier. KOBE On est pas préparés à ça, maintenant. EMILY On ne fera plus l’amour pendant les deux prochaines années. KOBE Je pourrais pas. Toi, si ? EMILY C’était facile quand tu étais si loin de moi. Mais maintenant que tu es là, ce serait difficile. On s’organisera une soirée en amoureux une fois tous les deux mois, quand je n’ovule pas, et comme ça, pas de souci. Et tu continues de te retirer. KOBE Deux mois ? EMILY Ce sera notre contraception. KOBE Mon père a 9 enfants et je me suis toujours dit que j’allais battre le record de mon père. On verra bien comment ça se passe et j’espère que ce n’est pas trop tard. J’ai déjà 34 ans donc il faudrait qu’on s’y mette le plus vite possible. Bébé, je suis heureux et surtout, je vais rencontrer Koban. EMILY Je sais ! KOBE Tu te rends compte ? EMILY Je suis impatiente que vous viviez ce moment. KOBE Moi aussi, mais pour l’instant... EMILY J’ai hâte que tu le voies. KOBE Habillons-nous. EMILY Oui, allons-y. KOBE Je suis vraiment surexcité et heureux parce qu’il ne m’a encore jamais vu en vrai. Il ne m’a vu qu’au téléphone. Il m’appelle juste Papa quand on est au téléphone. Mais après 17 mois, je vais enfin rencontrer Koban, mon fils. J’ai hâte. J’ai trop hâte de le rencontrer. EMILY Prêt ? KOBE Oui. Je vais rencontrer mon fils ! EMILY Oh, là, là, je suis trop impatiente. J’espère qu’il sera pas trop grincheux, c’est l’heure de sa sieste. Je suis trop impatiente que Koban rencontre enfin son papa. Je suis folle de joie pour Kobe, mais j’ai aussi un peu peur de comment Koban va réagir. KOBE Mon cœur bat trop vite. EMILY Ah bon ? Oh, mon Dieu, mon petit amour ! T’es plutôt impatient de rencontrer Koban et stressé de voir ma famille ? Ou plutôt impatient des deux ? Je sais pas, qu’est-ce que tu ressens ? KOBE Oh, mon Dieu, mon bébé... EMILY Pardon, je ne veux pas te stresser encore plus. J’ai vraiment hâte que tu rencontres tout le monde et que tu vois la maison. Tu l’as vue qu’au téléphone. KOBE Toute ta famille sera là ? EMILY Oui, mon père est rentré pendant sa pause déj pour te voir. KOBE Et s’ils m’acceptent pas ? EMILY J’ai peur aussi. Ça fait beaucoup. Je n’ai jamais présenté de mec à mes parents. KOBE Ah bon ? EMILY Encore moins un mec que j’ai rencontré en Chine, qui m’a mise enceinte et qui vit en Afrique. Ça m’angoisse que Kobe rencontre mes parents car je n’ai pas un bon historique de relations. Je sais pas ce qu’ils pensent vraiment de lui et ils se connaissent à peine. Ils se demandent sûrement dans quoi je me suis embarquée. Mais ils doivent lui donner une chance car c’est le père de mon fils. C’est tellement stressant. KOBE J’essaie de me ressaisir. EMILY C’est parti. KOBE Oh, mon Dieu... Je ne rencontre pas que Koban aujourd’hui, je rencontre aussi la famille d’Emily. Pour la première fois en vrai et je suis stressé... parce que j’ai tout risqué pour être ici. J’ai tout quitté au Cameroun et je sais pas si ses parents et sa famille vont m’accepter. EMILY Tu vas rencontrer ton fils. KOBE Oh, mon Dieu. Et puis je me dis : "Et si même mon fils ne m’acceptait pas ?" J’arrive pas à croire que ça arrive. EMILY Je sais. EMILY Ça dit : "Bienvenue". Bébé, tu pleures ? Regarde-moi. Je savais que... Respire profondément. Tu hyperventiles. KOBE J’y crois pas... EMILY OK. Bébé, c’est génial. C’est le jour qu’on attendait tant, tu vas rencontrer ton fils. Notre fils. C’est incroyable, c’est la plus belle chose qu’on ait faite. Embrasse-moi. KOBE Oh, [putain]... Oh, mon Dieu. J’arrive pas à croire que ça arrive enfin. EMILY Je sais. Allons voir Koban. KOBE Mon Dieu. Oh, mon Dieu. EMILY Oh, regarde ! Regarde, il y a Koban. KOBE Oh là, là. EMILY C’est trop mignon. Oh, mon amour. KOBE C’est fou. EMILY C’est complètement fou. KOBE J’y crois pas. J’arrive pas à y croire. EMILY Bébé, regarde. KOBE La vache. EMILY T’es prêt ? KOBE Oh, mon Dieu ! – COUPURE PATRICK Je m’appelle Patrick, j’ai 31 ans et je vis à Austin au Texas. Je me fixe des objectifs, je travaille dur et je joue le tout pour le tout. Je me réveille autour de 5 ou 6 heures du matin et je vais directement à la salle. Je pense que la douleur, c’est la faiblesse qui sort de notre corps. C’est comme ça qu’on devient plus fort. Depuis que j’ai neuf ans, je fais du sport à haut niveau. J’ai rencontré mon coach d’haltérophilie au lycée et je me suis rendu compte que j’étais bon quand il s’agissait d’être plus fort que les autres. Après un an et demi d’entrainement, j’étais un des plus forts du pays. Mon record en squat est de 360 kilos. J’ai intégré l’équipe nationale des Etats-Unis, j’ai participé aux Jeux panaméricains et aux championnats du monde, et je me suis entraîné pour les Jeux olympiques. Je me concentrais entièrement sur ma carrière d’haltérophile. J’étais à la salle de sport 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et c’est là que j’ai rencontré ma première copine, qui est devenue ma première femme... Ouais... Elle était aussi haltérophile et je me disais qu’on allait s’éclater ensemble. Mais juste avant les J.O. de 2012... j’ai été testé positif à l’hGH, qui est une hormone de croissance. C’est une substance de dopage interdite dans le sport. Deux ans plus tard, j’ai été testé positif à la methastérone, une autre substance interdite. Puisque c’était ma deuxième infraction, ça a brisé ma carrière. Quand j’y repense, c’était une énorme erreur. J’ai voulu prendre un raccourci et maintenant je dois vivre avec les conséquences toute ma vie car je ne peux plus pratiquer le sport que j’aime. JOHN Tu fais quoi, frangin ? PATRICK Je fais à manger, t’en veux ? JOHN Tiens. Ouais, je veux bien. Tu prépares quoi ? PATRICK Du poulet, du riz et des haricots verts. JOHN C’est très sain. PATRICK Ouais. Lorsque ma carrière a pris fin, ç’a été un coup dur pour ma relation avec mon ex. Elle est tombée amoureuse de l’haltérophile et là, on ne pouvait plus faire du sport ensemble, on n’allait plus à la salle ensemble, et c’est là qu’on a commencé à s’éloigner. Elle a demandé le divorce et elle a fini par quitter la maison et me laisser tout seul ici. J’ai dû tout recommencer à zéro. J’ai demandé à mon frère, John, d’emménager avec moi et ça fait trois ans qu’on habite ensemble. JOHN N’oublie pas d’assaisonner. PATRICK Oui, j’ai déjà mis du sel. JOHN Je dirais pas que tu cuis trop le poulet, mais un peu quand même. Je peux prendre la relève... PATRICK Tu veux t’en occuper ? JOHN C’est pas pour te faire suer... PATRICK Vas-y. JOHN C’est juste pour te dire. Un peu de sel et de poivre, c’est pas mal aussi. PATRICK John et moi, on est nés dans le Massachussetts, mais il y a vécu plus longtemps que moi, donc il a gardé son accent. JOHN J’y peux rien. PATRICK Hé, mais [putain], c’est quoi ça ? JOHN C’était trop nul. PATRICK Tu parles comme ça. JOHN Non, c’est pas si affreux. PATRICK John, visiblement, tu ne t’entends pas. JOHN Peut-être. C’est pas 5 étoiles, mais c’est déjà pas mal. PATRICK Vas-y, mélange tout. JOHN J’essaie juste de t’aider. PATRICK Mes parents ont divorcé quand j’avais sept ans. Quand il est parti, ma mère a dû élever quatre enfants toute seule. C’était particulièrement dur pour moi parce que j’avais besoin de plus d’attention, mais je n’en avais pas. Je sais qu’elle faisait de son mieux, mais elle souffrait de bipolarité et d’addiction. C’est allé très loin, au point où elle a perdu son travail. Quand j’ai commencé à m’entraîner pour les Jeux olympiques, je me suis éloigné de ma famille car je pensais que ça pourrait me nuire. Jusqu’à ce que je divorce. Je vais allumer le feu. JOHN OK. PATRICK T’as un briquet ? JOHN Ouais. Abracadabra. PATRICK John m’a aidé à surmonter une période très difficile de ma vie. C’est l’un des rares sur qui je peux vraiment compter. Sans lui dans ma vie, tout aurait été très différent. JOHN C’est pas mal du tout. PATRICK Ouais ? JOHN On prend une bonne petite bière. C’est lundi. PATRICK Lui et moi, on mène vraiment une vie de célibataires endurcis. JOHN Santé. PATRICK Santé. Mais ça va changer quand ma fiancé va emménager avec nous la semaine prochaine. Ma fiancée s’appelle Thaís, elle a 25 ans, elle est mannequin et elle vient de Montes Claros au Brésil. J’ai rencontré Thaís lorsque je suis parti en voyage au Brésil avec mon père, pour renouer avec lui. Il est brésilien et il est parti passer sa retraite là-bas il y a 8 ans. J’ai changé la localisation de mon appli de rencontre... On a matché et je me suis dit : "Faites qu’elle soit vraie, faites qu’elle soit vraie." Et quand je suis allé la chercher pour notre premier rencard et que je l’ai vue, j’ai crié. J’ai fait : "Ouais !" J’étais trop content. C’est la meuf la plus sexy que j’aie jamais vue de ma vie. On a commencé à s’embrasser en boîte et cette première soirée m’a vraiment bluffé. Quelque chose me disait que je devais nous donner une chance. C’était fou. Je suis allé la voir au Brésil le plus souvent possible. Quand j’ai appris à la connaître un peu plus, elle m’a fait preuve d’une affection que j’avais jamais reçue de ma vie avec mon ex ou d’autres femmes... Et j’ai compris que j’avais recherché cet amour toute ma vie. Onze mois après notre rencontre, j’ai demandé Thaís en mariage et elle a dit oui. On a fait une demande de visa K-1 et elle sera là dans 5 jours. JOHN Bien tenté, gamin ! À toi de t’aligner, maintenant. ANDY On parie quelque chose ? JOHN J’en ai botté des derrières, donc maintenant, tu vas t’aligner et vite. ANDY Tu veux pas miser quelque chose ? JOHN Ouais, OK... PATRICK Thaís et moi, on parle tous les jours. J’ai appris le portugais car elle parle à peine anglais. THAIS J’étudie ! PATRICK Hein ? JOHN T’as joué au poker qu’une fois dans ta vie ! Ferme-la ! PATRICK John les a invités. ANDY T’as perdu ce soir-là aussi ! PATRICK Je veux vraiment rendre Thaís heureuse, mais j’ai demandé à John de vivre avec nous parce qu’on est très proches depuis quelques années et je ne veux pas perdre ça. Si ça ne marche pas entre Thaís et moi et que je mets John dehors, ça va affecter notre relation. Elle sera partie et moi je me retrouverai dans la même situation qu’avant, tout seul dans une énorme maison. JOHN Hé, mec. PATRICK Ouais. JOHN Salut, Thaís. Salut. THAIS Salut John. JOHN Désolé, je ne parle pas portugais. Bref... PATRICK John, on peut pas faire de fête. JOHN Non, non, non. On s’amuse, c’est tout. T’inquiète pas. PATRICK Elle dit que c’est aussi chez elle. JOHN Hein ? Je veux pas me disputer. J’aime mon frère de tout mon cœur. Je chérie la relation qu’on a bâtie. Mais quand on sera tous les trois dans la maison, ça va être une sacrée épreuve. On a tous un gros égo. On dit que les liens du sang sont sacrés, non ? On verra. PATRICK Elle dit que ça suffit. Tu peux nous laisser parler ? JOHN Bien sûr. PATRICK OK, merci. JIBRI Embrasse-moi. J’ai mauvaise haleine ? MIONA Non ça va. Normalement c’est moi qui sens mauvais. JIBRI C’est incroyable de se réveiller aux côtés de Miona. Elle est arrivée hier et je suis heureux qu’elle soit là. Je suis super content qu’on puisse être à la maison sans que mes parents soient là et qu’on ait un peu de temps à nous deux. MIONA Tu vas me préparer le petit-déj ? JIBRI Tu veux un petit-déj ? MIONA Oui. JIBRI Tu aimes les fruits. MIONA C’est tout ? JIBRI Avec du yaourt et du muesli. MIONA Je préfère ça. JIBRI Miona n’a jamais vécu loin de chez elle, encore moins aussi loin de ses parents. Elle n’a jamais eu à faire la lessive, à cuisiner ou à faire le ménage. Sa mère a toujours tout fait pour elle et j’aimerais que tout soit le plus simple possible car c’est la première qu’on vit ensemble ailleurs que dans un hôtel quatre ou cinq étoiles. Miona, tu peux peut-être commencer à vider tes valises. MIONA Je veux pas tout ranger tout de suite. Merci. Je sais pas combien de temps on va rester ici. JIBRI Pendant un moment. Tu devrais tout sortir. MIONA Même les manteaux d’hiver ? JIBRI Oui, même les manteaux. MIONA Je ne veux pas faire de peine à Jibri, surtout parce que c’est notre premier jour chez ses parents, mais je ne comprends pas pourquoi il force pour qu’on reste à Rapid City. Il pensait peut-être que j’allais changer d’avis, mais il en est hors de question. Je ne comprends pas pourquoi tu veux rester ici si longtemps alors que tu sais que je n’en ai pas envie. Ce que je veux ou non ne compte pas pour toi ? JIBRI Si, ça compte beaucoup pour moi, j’essaie simplement de profiter à fond du temps qu’on peut passer ici pour être économe et ne pas jeter notre argent par les fenêtres avec des voyages. Tu te rends compte de tout ce qu’on doit payer avec le mariage ? MIONA Je sais. JIBRI Je veux un mariage simple et toi, non. MIONA Je veux un beau mariage sur la plage... JIBRI C’est cher. MIONA ... qui ne fait pas cheap. JIBRI Exactement. Et ça, ça coûte cher. MIONA Un des problèmes dont on parle beaucoup, c’est l’argent. Comment il aimerait dépenser l’argent de façon différente de moi. J’aimerais mettre plus d’argent dans le mariage. JIBRI Oui, je préfère qu’on dépense notre argent dans des actifs plutôt que dans des passifs. MIONA Mais notre mariage n’est pas un passif. Je veux avoir un beau mariage. Je voudrais au moins pouvoir avoir le mariage que j’imaginais. Déjà que ma famille ne sera pas là... JIBRI On pourrait faire un mariage tout simple dans les 90 prochains jours et attendre que tes parents soient là pour le gros mariage. MIONA Je veux faire deux mariages. JIBRI C’est nouveau, ça. MIONA Un en Serbie et un en Amérique. JIBRI Deux mariages ? Donc un mariage sur la plage aux Etats-Unis... MIONA Oui. JIBRI Et tu veux quoi en Serbie ? MIONA Dans le jardin. JIBRI Attends, tu veux te marier dans ton jardin en Serbie ? MIONA Oui. JIBRI Avec ta famille ? MIONA Oui. JIBRI Pourquoi on peut pas faire ça ici, avec ma famille ? MIONA Tu veux faire trois mariage ? Un mariage sur la plage et dans le jardin ici, et un autre en Serbie ? JIBRI Miona, arrête... MIONA Je n’abandonnerai pas la plage. JIBRI On n’a pas les moyens de se marier sur la plage. On n’a pas les moyens de partir en vacances. Miona ne peut pas travailler et participer à notre foyer pour le moment. Si elle refuse de rester ici, dans le Dakota du Sud, je sais pas si on pourra se marier dans 90 jours. Occupons-nous d’abord du travail. Lançons ta marque de maquillage et faisons décoller ma carrière musicale. MIONA Tu penses vraiment que c’est le bon endroit pour ça ? JIBRI Avec internet, on peut le faire n’importe où. MIONA J’ai toujours vu l’Amérique comme le pays des opportunités et j’ai l’intention d’en profiter à fond pour réaliser mes rêves. Je sais qu’il essaie de prendre des décisions économiques intelligentes, mais je pense que c’est mieux qu’on soit dans une grande ville pour lancer une entreprise et que ça prenne. Quoi ? JIBRI Tu me saoules, mais t’es trop sexy. MIONA T’es drôle. Tu penses que ta mère était sérieuse quand elle a dit qu’on devait cuisiner pour eux plusieurs fois par semaine ? JIBRI Malheureusement, oui. MIONA Ça peut être marrant. JIBRI Oui, c’est vrai. Notre première soirée ne s’est pas passée comme prévu. J’espère que Miona et moi qu’en préparant le dîner pour mes parents, ma mère s’ouvrira et apprendra à connaître la Miona que je connais et que j’aime. MIONA Oh, tu es gelé. JIBRI Ouais. Réchauffe-moi. Réchauffe-moi. MIONA T’es sexy. JIBRI Toi, t’es sexy. MIONA Non, toi t’es sexy. JIBRI J’espère qu’il y aura ce qui nous faut. J’espère qu’il y aura ce qui nous faut. Avec Miona, on ne cuisine pas. On mange dehors en général. MIONA J’essaie de cuisiner un peu en Serbie. JIBRI Y avait tellement de fromage dans les pâtes que tu m’avais faites que je suis resté longtemps sur le trône. MIONA Mais t’as tout mangé avant d’aller sur le trône. JIBRI Bon, bébé... MIONA C’est incroyable, tout es préparé, ici. Le riz, il y a même plus besoin de faire cuire le riz. Ouah, il y a huit burritos pour seulement trois dollars. Pour mes premières courses aux États-Unis, j’ai vu des trucs différents de la Serbie. Il y avait plein de trucs tous prêts, j’ai pas l’habitude de voir ça. Ici, on peut tout acheté surgelé. Du fromage à effilocher ? C’est bizarre. JIBRI Nan, c’est bon, tu devrais en prendre. MIONA Les fruits étaient bizarre, comme s’ils étaient en plastique. Il y a de la cire sur les pommes. Pourquoi ils font ça ? C’est trop bizarre. Oh, des corn dogs. J’ai jamais goûté. JIBRI Des corn dogs ? MIONA Oui, je veux essayer. JIBRI On peut pas demander à mes parents de manger ça. MIONA On peut faire des pâtes ? JIBRI Tu veux faire des pâtes Alfredo au poulet ? MIONA Oui. JIBRI Ça a l’air facile. MIONA Ça a l’air bon. JIBRI Pour deux personnes. MIONA En Serbie, je vivais avec mes parents, mais ils ne m’imposaient pas autant de règles donc je ne m’attendais pas à ce que Mahala nous dise qu’on doit cuisiner pour eux plusieurs fois par semaine. Jibri et moi, on est des adultes et on ne veut pas vivre selon les règles de quelqu’un d’autre. C’est une bonne raison de plus pour vivre seuls. MIONA Quand est-ce que tes parents rentrent ? JIBRI Autour de six heures. T’en fais pas. GUILLERMO J’imagine que ça aussi, c’est une maison ? KARA Oui, c’est une maison familiale. GUILLERMO Elle est énorme. KARA Ouais. Guillermo et moi, on vient d’atterrir aux États-Unis et on a passé l’immigration, c’est un gros soulagement. GUILLERMO Vos vaches sont différentes des nôtres. KARA Oui, je sais. Tout est différent. GUILLERMO Plus de voitures, plus de maisons. Ça va, t’en as pas trop marre de moi ? KARA Non, j’adore. J’adore te voir t’extasier, c’est ce que j’ai tant attendu depuis tout ce temps. Partager mon monde avec toi. GUILLERMO Bienvenue en Virginie ! Non ? C’est pas ça ? KARA C’était parfait. GUILLERMO Je regardais une émission de chasse au canard où ils vivaient dans le sud et j’aimerais bien parler comme eux. On peut dire "Alabama" ou alors prendre un accent d’Américain et dire "Alabama" ! C’est plus stylé quand on le dit comme ça... KARA Tu trouves ? GUILLERMO Oui, grave ! Oh, un truc nouveau ! KARA Des ballots de paille. GUILLERMO [Putain], vous êtes si organisés. Magnifique. KARA J’ai jamais vu personne être aussi fasciné par des ballots de paille. GUILLERMO Quand on était dans la voiture, j’ai vu plein de différences entre les États-Unis et les pays d’Amérique latine. Tout est plus gros. Tout est trois fois plus gros qu’en Amérique latine. Je me sens américain. Je suis un Américain ! Oh, mon Dieu, chérie. Se réveiller à côté de Kara, c’est magnifique. Nous sommes enfin ensemble, dans ce beau lit, dans une belle maison. KARA T’as bien dormi cette nuit ? GUILLERMO Après tout ce qui s’est passé, super bien. Enfin ! KARA On a inauguré le lit, hein ? GUILLERMO M’en parle pas. KARA On a bien profité l’un de l’autre après être allés au lit. On l’a inauguré. T’as bien aimé dormir avec la clim ? GUILLERMO Il faisait un peu froid. Surtout parce qu’on était tous nus. Mais la douche bien chaude, c’était génial. J’ai passé quasiment 30 minutes dedans. KARA Oui, tu es resté longtemps sous la douche. GUILLERMO Je suis resté longtemps. Dans ma dernière maison, je n’avais pas d’eau chaude. Je prenais des douches très rapides pour ne pas souffrir. KARA Il faut qu’on commence à ranger tes affaires. GUILLERMO L’eau chaude, dans la maison, c’est une merveilleuse façon de se réveiller. C’est génial. KARA Mes tiroirs sont assez remplis. On va voir si je peux te faire plus de place. GUILLERMO Ça va faire beaucoup. KARA Il y a toute ta vie dans un sac. On pourrait acheter un autre placard ou... GUILLERMO Oui. KARA ... quelque chose. GUILLERMO J’aimerais acheter deux-trois trucs. KARA Comme quoi ? GUILLERMO Eh ben... je me disais qu’en arrivant ici, j’aimerais beaucoup avoir mon propre ordinateur. J’ai des petits trucs à acheter, mais c’est vraiment... KARA Un ordi, c’est un petit truc ? GUILLERMO C’est une des choses que je veux. KARA T’as jamais utilisé d’ordinateur de ta vie, pourquoi t’en aurais besoin, là ? GUILLERMO J’en avais un en République dominicaine et je l’ai perdu. KARA À quoi il te servait ? GUILLERMO Je l’utilisais pas parce que je travaillais dans d’autres choses, mais je veux commencer une nouvelle vie ici. KARA Oui, super. Mais tu pourrais commencer avec une brosse-à-dents. J’ai un peu été prise de court par cette envie soudaine d’acheter un ordinateur alors qu’il sait qu’on a un budget serré en ce moment. Je commence à peine ma carrière d’agente immobilière et il ne va pas pouvoir travailler pendant un moment. On a environ 6 000 dollars de côté donc je ne pense pas que dépenser 1 000 dollars dans un ordinateur, ce soit la meilleure façon de gérer notre budget. On a à peine de quoi tenir jusqu’à ce que tu puisses travailler. Acheter un ordinateur, je ne pense pas que ce soit la meilleure chose à faire en ce moment. GUILLERMO J’ai vendu mon vélo. Peut-être qu’avec l’argent je peux acheter l’ordinateur. Pourquoi pas ? KARA Oui, mais ça représente un sixième de tout notre budget dans un truc qui ne servira qu’à toi. GUILLERMO J’ai de l’argent parce que j’ai vendu toutes mes affaires en République dominicaine. C’est mon argent. KARA C’est notre argent. GUILLERMO Oui, mais d’un côté c’est aussi mon argent et je veux le dépenser. KARA J’ai un ordinateur. GUILLERMO Oui, mais c’est le tien. KARA Je sais. GUILLERMO Je ne peux pas toucher ton ordinateur. KARA Il marche très bien pour nous deux, il ne m’est pas réservé. GUILLERMO Je veux pas y toucher. KARA Pourquoi ? GUILLERMO Parce que si je fais une [connerie] avec ton ordinateur, tu vas m’en vouloir et je ne veux pas qu’on se dispute pour un souci d’informatique. Je veux mon ordinateur à moi. KARA Je surveille mes dépenses. Je fais attention au paiement des factures, aux prélèvements, tout ça. Guillermo, lui, il n’a jamais eu à gérer son budget comme ça. Mon argent est aussi le sien, mais on ne doit pas faire des dépenses irréfléchies et se mettre d’accord. Je sais que tu veux certaines choses et je veux que tu les aies, OK ? Mais il y a un temps pour tout. GUILLERMO Oui, je comprends que tu veuilles contrôler ce genre de choses, mais je ne veux pas non plus acheter un ordi dans 5 mois. KARA Il faut qu’on s’assure que tu aies ce dont tu as besoin maintenant. Besoin, pas envie. Tu comprends ? On va forcément avoir des dépenses imprévues. C’est pour ça qu’acheter un ordinateur, ça n’a aucun sens. On n’en a pas besoin. Tu n’en as pas besoin. GUILLERMO Je n’aime pas sa façon de me prendre de haut et de me parler comme à un enfant. On dépense notre argent ensemble. On est là pour construire une vie ensemble. Je viens d’arriver et elle veut me contrôler ? C’est pas ma mère. Donc c’est toi qui commandes. KARA Parfois. Je dis juste que c’est pas la peine de penser à un ordinateur dès le deuxième jour alors qu’on est déjà dans une situation stressante. OK ? Merci, ça suffit. GUILLERMO Super, Kara. KARA Je t’en prie, mettons fin à cette conversation. GUILLERMO C’est pas vrai. SHAEEDA Tu as gardé ça totalement secret pendant deux ans ? BILAL Pendant deux ans ! SHAEEDA Je parle pas vraiment comme ça, si ? Je suis aux États-Unis depuis 24 heures et c’était la plus longue journée de ma vie. Je suis déçue que Bilal m’ait torturée hier en m’emmenant dans cette vieille maison pour observer ma réaction. Pourquoi ? BILAL Ben, tu sais, je ne voulais pas... Je ne voulais pas tout montrer. Je préférais ne pas montrer tout ce que j’ai. SHAEEDA Mais c’est une drôle de façon de le faire. Tu t’es caché. BILAL Je comprends. SHAEEDA J’ai même pas vu un bout de lampe. BILAL Oui. SHAEEDA Je n’ai jamais vu ton jardin. Je n’ai jamais vu ta cuisine. BILAL Oui. Je sais que beaucoup de mecs montrent tout. SHAEEDA Oui. BILAL Certains aiment bien frimer pour attirer les femmes. Mais moi, non. Je suis différent. Mais au bout d’un moment, j’étais prêt à te montrer ce que j’ai parce qu’on était dans une relation sérieuse. Et puis après je me suis dit que comme allais venir ici, j’allais tout te montrer ici en vrai, que j’allais te faire une surprise. SHAEEDA Tu me fais assez confiance pour m’épouser ? BILAL Oui. SHAEEDA Tu m’as fait traverser beaucoup, émotionnellement. BILAL Oui. Chérie... SHAEEDA La nuit dernière, c’était... BILAL On est restés moins de 24 heures... SHAEEDA Oui, mais j’aurais préféré être ici. Je suis contente que tu m’aies amenée ici. Je suis vraiment reconnaissante et heureuse d’être ici. BILAL Te rentre heureuse, ça me rend heureux. SHAEEDA Je suis toujours agacée par son canular et je lui en veux de m’avoir mise à l’épreuve, mais il se rattrape. BILAL Devine quoi. SHAEEDA Quoi ? BILAL Ma mère arrive. SHAEEDA OK. BILAL Préparons-nous. SHAEEDA J’espère qu’elle m’aimera. BILAL Pourquoi elle ne t’aimerait pas ? SHAEEDA Je dis ça comme ça. Je suis stressée. BILAL Sois toi-même. SHAEEDA OK. BILAL Depuis que Shaeeda a atterri, on est dans de vraies montagnes russes. Mais je pense qu’on a franchi un cap et qu’on est sur la bonne voie. J’ai reçu un message. Ils sont pas loin... SHAEEDA Ta mère. BILAL Oui. Ma mère, Nefertari et Raheem. Je suis content qu’elle rencontre enfin ma mère, ma sœur et mon frère pour la toute première fois. Évidemment, je veux que tout parte du bon pied parce que les premières impressions, c’est important. J’espère que ça ira. Ils sont là. OK, je vais leur ouvrir. Ça va ? T’es prête ? SHAEEDA Je suis impatiente de rencontrer la famille de Bilal. Je suis un peu, voire très stressée. C’est la prunelle des yeux de sa mère. À Trinité, on dit "le bébé aux yeux bleus". C’est quand vous êtes le chouchou. Je ne sais pas à quoi m’attendre en rencontrant la mère de Bilal, mais j’espère que ça ira. HALALAH Ça va ? BILAL Ouais. BILAL Ça va ? Tu sens bon. HALALAH Merci. NEFERTARI Ça va, frangin ? BILAL Salut, frangine, ça va ? NEFERTARI Sympa, le T-shirt. RAHEEM Hé, salut mon frère. BILAL Salut grand-frère. HALALAH Elle est où ? Elle est où ? BILAL Elle est... juste-là. NEFERTARI Oh, là, là ! HALALAH Où ça ? BILAL La voilà ! SHAEEDA Comme vous êtes belle. Oh, là, là. HALALAH Après tout ce temps ! NEFERTARI Câlin groupé. HALALAH Après avoir parlé au téléphone ça fait plaisir de se voir. NEFERTARI C’est fou. SHAEEDA Je sais. NEFERTARI Je suis trop contente de te voir. Tu es vraie ! RAHEEM Enchanté. RAHEEM Ravi de te rencontrer enfin. NEFERTARI C’est vraiment elle. HALALAH Tu es toute belle. SHAEEDA Et vous, vous êtes magnifique ! Je lui ai dit que sa mère était très cool. HALALAH Vraiment ? Tu trouves ? SHAEEDA J’adore vos boucles d’oreilles. HALALAH Après avoir parlé à Shaeeda, je trouve qu’elle a le cœur bon, elle est très gentille. Je pense que c’est une très belle base, mais ça ne fait que 24 heures qu’elle est là. Et ils ne s’étaient pas vus depuis deux ans. Ils vont devoir mettre certaines choses au clair. RAHEEM Tu as déjà visité la ville ? SHAEEDA Pas encore, mais ce que j’en ai vu en voiture était très joli. NEFERTARI Bilal t’a emmenée dans notre maison d’enfance ? SHAEEDA Oui. NEFERTARI Est-ce que tu t’attendais à ça ? SHAEEDA Plus ou moins, je crois. NEFERTARI Eh ben... BILAL Toute la famille est au courant de mon canular. C’est ma mère qui m’a donné les clés du fourgon et ma sœur est venue en ville pour aménager la maison. Tout le monde est au courant. NEFERTARI C’était comment ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Il s’est passé quoi ? BILAL Oui, raconte-lui. SHAEEDA Quand j’ai ouvert la porte, j’ai voyagé dans le temps. J’avais l’impression d’être chez ma grand-mère, il y avait le même plafond. BILAL Oui, elle était loin d’être ravie. Elle m’a dit : "Tu m’as fait venir de Trinité pour ça ?" HALALAH Elle a dit ça ? BILAL Oui. NEFERTARI Elle essaie de rester polie, elle veut pas en parler. SHAEEDA En tout cas, il est très fort pour garder des secrets. Il est très doué. NEFERTARI Tu as bien dormi ? SHAEEDA C’était confortable. BILAL Tu vois ? SHAEEDA Je n’ai pas eu l’impression d’être le siècle passé. BILAL Elle a bien dormi. Elle a bavé. SHAEEDA Non, c’est pas vrai. BILAL Elle a ronflé. SHAEEDA Il ment. BILAL Tu crois que tu ronfles pas ? SHAEEDA Je n’ai pas été totalement sincère avec la famille de Bilal quand ils m’ont posé des questions sur la maison. Je ne veux pas leur faire de la peine. Bilal est très tourné vers la famille et si l’un d’entre eux venait à ne pas m’apprécier, il me renverrait chez moi. NEFERTARI Il y a quelque chose qui m’interroge. J’ai cru comprendre que tu n’as jamais été mariée... Tu as 37 ans... Tu n’as pas d’enfants... Et du coup je me demandais ce que tu pensais des enfants. SHAEEDA J’adore les enfants. Je viens d’une très grande famille et les enfants de ma sœur sont comme les miens. J’ai toujours pris soin des enfants des autres, que ce soit mes neveux ou autre. Je sais que je n’aurai pas de mal à m’adapter à ses enfants et que je les traiterai comme s’ils étaient mes enfants. Ça ne me pose aucun problème car je veux des enfants. NEFERTARI Tu veux vraiment des enfants ? SHAEEDA Oui. NEFERTARI Et toi, Bilal ? BILAL Oui, j’aime les enfants. NEFERTARI Tu aimes les enfants ? BILAL J’ai toujours voulu une grande famille. Je voulais quatre enfants, deux garçons et deux filles. Idéalement. NEFERTARI Exact. BILAL Mais bon, le temps passe, on vieilli, les enfants grandissent. Et donc... Quand on a des enfants, notre vie change du tout au tout. Et même si ça fait deux ans qu’on se connaît, on ne s’est pas beaucoup vus, ce n’est que notre neuvième jour ensemble. Et puis, y a plein de choses que j’aimerais faire. Que ce soit voyager... NEFERTARI Des voyages et des sorties. BILAL Tout ça, ça s’arrête avec un enfant. Elle dit qu’on n’a qu’à emmener le bébé, mais non. HALALAH Emmener le bébé où ? BILAL Emmener le bébé à droite à gauche. Elle vit dans un monde imaginaire pour ce genre de choses. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte. HALALAH Je pense qu’ils vont encore devoir parler de plein de choses. Il vont devoir faire des compromis. Si leur relation ne fonctionne pas, Bilal sera dévasté. RAHEEM Quand comptez-vous vous marier ? NEFERTARI Oui, vous comptez attendre jusqu’à quand pour fixer une date ? Vous voulez passer quelques nuits et quelques semaines ensemble pour voir comment ça se passe ? SHAEEDA Oui, j’aime cette façon de le dire. On veut voir comment ça se passe. RAHEEM L’alchimie, oui. SHAEEDA Pour voir si on se sent prêt d’aller jusqu'au mariage. Hein, bébé ? BILAL Oui. On a encore des sujets à aborder. SHAEEDA Au sujet des enfants, Bilal fait tout pour éviter d’en parler. Il retourne l’attention sur moi et me fait passer pour une incompétente qui a la tête dans les nuages. Je veux en parler sans détours. Je dois être sûre qu’il veuille des enfants. Il est hors de question que je me marie sans avoir eu cette conversation. NEFERTARI OK. BILAL Ouais. SHAEEDA Oui. JIBRI C’est parti. Ton premier tour au supermarché était réussi ? MIONA Oui. JIBRI Ce soir, Miona et moi on prépare le dîner pour mes parents. Je ne suis pas le meilleur des cuistots alors on a décidé de tricher un peu et de faire des plats préparés. J’espère qu’on réussira l’épreuve. Je n’aime pas vraiment faire les tâches ménagères, mais j’essaie de donner l’exemple en espérant pouvoir montrer à Mioner que le Dakota du Sud est pas si terrible. Financièrement, on est pas dans la meilleure des situations. MIONA C’était rigolo. JIBRI Le fromage à effilocher. MIONA Oui. JIBRI Goûte-le. Non, non, non. Tu allais commettre un crime très grave. MIONA Pourquoi ? JIBRI Parce qu’il faut faire comme ça... tiens-le. C’est tout le concept. Il faut l’effilocher, d’où le nom. Comme ça ! MIONA C’est trop bizarre. JIBRI Et voilà ! MIONA Ça a pas beaucoup de goût. C’est bon. JIBRI C’est pas possible. J’en peux plus de toi. Au lycée, David disait toujours que c’était bizarre. Il disait que notre nourriture était étrange et qu’elle avait un goût d’OGM ou je sais pas quoi. MIONA Comment il va, David ? JIBRI On a parlé de musique. On pensait relancer le groupe. MIONA Pourquoi tu me l’as pas dit ? J’étais pas au courant. JIBRI David est mon ami. On se connaît depuis nos 16 ans. C’est mon meilleur ami. Mais Miona et David ne s’entendent pas très bien. Je crois qu’il a peur qu’elle n’ait pas de bonnes intentions pour moi et qu’elle profite de moi. C’est assez compliqué. On a parlé y a un moment de finir l’album et tout. MIONA Et il a dit quoi ? Il a parlé de moi ? JIBRI Oui, il a dit bonne chance parce que se marier c’est pas rien. MIONA Je savais qu’il allait dire un truc négatif. Comme d’habitude. JIBRI C’est vrai, mais bon... MIONA Depuis le début. JIBRI Il a trouvé que t’étais pas très respectueuse avec lui. Surtout au début, quand vous vous êtes rencontrés sur la tournée. On est allés dans un restaurant dans sa ville natale et l’électricité a coupé et tu te plaignais en disant que c’était un restaurant pourri et que c’était nul. Et il a dit : "C’est des choses qui arrivent tout le temps en Serbie, elle est Serbe, elle devrait être plus humble et modeste. C’est une bourgeoise..." MIONA Il m’a vue qu’une fois dans sa vie, il a pas le droit d’avoir un avis aussi... JIBRI Enfin... MIONA ... tranché sur moi. On peut commencer... JIBRI Oui. MIONA ... à cuisiner pour tes parents ? OK. David ne m’aime pas parce qu’il pense que je lui ai volé Jibri. J’ai été gentille et ouverte avec lui et il ne fait que me juger. J’espère que tes parents vont aimer. Je veux vraiment... qu’il m’apprécient et avoir leur approbation. JIBRI L’essentiel c’est d’essayer. MIONA C’est vrai. JIBRI J’ai vraiment l’impression de retomber en enfance. À devoir faire toutes ces corvées chez mes parents. Ça fait drôle parce qu’en grandissant, j’avais du mal à me concentrer car j’avais trop d’énergie, ça m’a causé pas mal de problèmes et ma mère me faisait cuisiner et nettoyer la maison, ce que tous les enfants devraient faire, mais c’était leur façon de faire. MIONA C’était dur pour toi ? JIBRI Si je le faisais pas, j’étais puni. Et je me suis rebellé contre ça. MIONA On a vraiment eu des enfances différentes. JIBRI Tes parents te faisaient faire plein de trucs comme ça ? MIONA Franchement, pas trop. J’imagine qu’ils essayaient de nous protéger car quand j’étais petite, il y avait la guerre. Quand j’étais bébé. Et puis j’ai grandi dans un monde d’après-guerre. On n’avait pas beaucoup d’argent et mes parents faisaient tout pour améliorer notre quotidien, pour qu’on n’ait pas l’impression de grandir dans ce monde. Peut-être que c’est pour ça qu’ils me demandaient pas beaucoup de cuisiner et tout ça. Ils m’ont un peu gâtée, dans un sens. Mais j’aurais dû apprendre à cuisiner un truc avant de venir ici. Mes parents sont totalement différents de ceux de Jibri. On n’avait pas beaucoup d’argent pour se faire plaisir, mais plus tard, quand j’ai commencé à travailler, j’ai enfin pu m’offrir tout ce que je voulais. Mes parents ne me demandaient jamais de faire des choses à la maison. Surtout ces dix dernières années. Vos cuisinières à gaz sont bien plus rapides que les cuisinières électriques qu’on a en Serbie. JIBRI On fait des pâtes Alfredo au poulet ? MIONA Oui. Jibri, ça sent bizarre. JIBRI On réchauffe directement le plat... MIONA Ne leur dis pas, s’ils remarquent que c’est un plat préparé, tant pis, si non tant mieux ! JIBRI Ouais. MIONA J’ai une question. Est-ce que tu comptes passer plus de temps avec David maintenant ? JIBRI Oui, si on finit notre album. On n’aura pas le choix. N’oublie pas que si on veut quitter le Dakota du Sud pour aller à Los Angeles, on aura besoin d’argent. Cet album a beaucoup de potentiel. Est-ce que tu es prête à l’accepter ? MIONA Je suis contente que tu recommences à faire de la musique, mais lui, il ne m’inspire rien de bon. JIBRI Miona, vous allez devoir trouver une solution parce que vous vous comportez tous les deux comme des gamins. MIONA Il ne veut même pas me donner une chance. Je ne peux plus le faire changer d’avis et j’ai même pas envie d’essayer. Il est peut-être jaloux. JIBRI Je pense qu’il a un peu peur que tu me manipules. MIONA S’il pense ça, je m’en fiche, c’est son opinion. Il me connaît même pas donc je pense qu’il a même pas à donner son avis. Il fait pas partie de la famille. JIBRI C’est mon parrain. MIONA Ça change rien. Même si c’est ton parrain, il ne sera jamais rien pour moi. JIBRI Ça veut dire que si on fonde une famille... MIONA Non. JIBRI ... il deviendra... MIONA Pas du tout. JIBRI Si, c’est ce que ça veut dire. MIONA Non, ça ne veut rien dire pour moi. JIBRI C’est exactement ce que ça veut dire. MIONA Rien du tout. JIBRI Miona ne respecte pas l’importance de notre relation. Ce n’est pas qu’une simple amitié, dans la culture serbe, David est mon Kum, qui veut dire "parrain". On s’est fait baptisés dans une église orthodoxe serbe et le pasteur a pris une de mes mèches de cheveux et une des mèches de cheveux de David, il les a mis dans un pot, a prononcé quelques incantations et il a dit que quoi qu’il arrive à l’un ou l’autre, notre rôle sera de prendre soin des enfants de l’autre. Même si ça fait partie de sa culture Miona s’en fiche. Elle n’aime pas David. MIONA Je suis ta famille. JIBRI Je sais, mais lui, c’est aussi ma famille, alors vous allez devoir régler ça. MIONA Toi et moi, on passe avant, je ne laisserai aucun ami se mettre entre nous. Un des tiens ou un des miens. JIBRIL J’ai l’impression que tu me poses un ultimatum. Tu dis que toi et moi, on est une famille et qu’il n’en fait pas partie. MIONA Exactement. Toi et moi, on passe avant tout et je veux que tu règles ça avant le mariage. Je vais devenir ta femme. Point. JIBRI Vu comment Miona me parle, on dirait juste qu’elle ne veut pas que j’enregistre mon album avec Black Serbs car ça impliquerait de passer du temps avec David. Mais je dois le terminer. Miona va devoir s’entendre avec David et elle va devoir s’y faire car c’est mon meilleur ami et mon binôme dans le groupe. Tu trouves pas que t’es un peu désobligeante et que tu te montres égoïste avec lui et moi ? MIONA Non. Je ne pense pas. JIBRI OK, c’est un problème. MIONA Désolée, mais c’est comme ça. BINIYAM Avant de partir ce soir, je vais voir mon frère et mes sœurs car je ne veux pas qu’on se quitte sur la mauvaise ambiance d’hier soir. Je veux faire la paix et je veux leur bénédiction avant de partir en Amérique. Ma sœur a jeté un verre de vin à la figure d’Ari. Ce n’est pas gentil, ça ne se fait pas, mais je ne veux pas me disputer. Je veux que ma famille soit heureuse pour moi. WISH Ariela doit s’excuser pour ça. FEMME 1 Et vous, vous devez vous excuser ? WISH Non. Certainement pas. Elle a dit qu’on était pas importants alors qu’on a tout fait pour elle. Ça m’a blessée. C’est blessant. On est très tristes qu’il parte car on forme une famille très proche. On sera toujours là pour lui, quoi qu’il arrive. BINIYAM Quand mon premier fils est parti aux États-Unis avec mon ex-femme, ça a brisé ma famille. Je ne l’ai pas vu depuis trois ans et demi, il ne sait pas qui je suis. J’espère que je pourrai le retrouver aux États-Unis parce qu’il me manque beaucoup. Ma famille me soutient dans mon départ. Ça me fait me sentir mieux. Mais je n’ai qu’une envie, c’est que ma famille et Ari se réconcilient avant que je parte. Je ne peux pas oublier ma famille. Si je venais à les perdre, je serais détruit. PATRICK C’est la meilleure partie d’Austin, je trouve. JOHN C’est joli. PATRICK Ouais. Thaís arrive dans quatre jours et j’ai beaucoup de travail en ce moment, alors John et moi, on a décidé de sortir boire un verre pour pouvoir passer un peu de temps tous les deux avant que Thaís n’arrive. JOHN C’est quoi le plan avec l’équipe de Dallas ? PATRICK On doit trouver une solution. Après ma carrière d’haltérophile, j’ai déménagé au Texas et j’ai commencé à travailler dans la vente. Je vends des systèmes de sécurité au porte à porte et je gère mes équipes de commerciaux dans tout le Texas. John travaille avec moi dans le domaine technique de la chose. Quand on vend une alarme, il l’installe. C’est juste un peu compliqué car l’année dernière on a eu un énorme pic de croissance parce que j’étais impliqué à fond. Mais cette année, j’ai passé beaucoup de temps à voyager. Mon année c’était boulot, Brésil, boulot, Brésil et c’est tout. JOHN Ouais. Elle sera bientôt là. PATRICK Ce sera plus simple. JOHN On verra. On verra. PATRICK C’est ici. JOHN Oh, [merde]. PATRICK J’ai eu beaucoup de succès dans ma carrière de vente au porte à porte, mais depuis que j’ai rencontré Thaís, elle passe avant tout et je suis allé au Brésil 14 fois. Deux semaines à chaque fois. Et à chaque fois que j’y allais, je ne travaillais pas et je perdais 1 000 dollars par jour. C’est un sacré manque à gagner. Quand je suis pas là-bas, on est en contact permanent. JOHN Prêt ? PATRICK J’arrive, je vais écrire à Thaís. JOHN OK, comme tu veux. PATRICK Thaís est vraiment du genre jaloux. Dès que je fais quelque chose, je dois lui dire, comme quand je vais dîner avec quelques amis. Je dois tout le temps lui donner des nouvelles, sinon, on va se disputer. Ça roule ? JOHN Nickel. PATRICK Tu m’as commandé un verre ? JOHN Bien sûr. Tout va bien ? PATRICK Ouais. Elle a vérifié ma localisation, elle sait où je suis. JOHN Ça dit "bar" ? PATRICK Ouais, et du coup... JOHN OK. PATRICK ... elle est pas super contente. JOHN J’imagine. PATRICK Mais c’est comme ça, j’ai l’habitude. JOHN J’ai une question. ANGELA Oui ? JOHN Si vous sortez, est-ce que vous laissez votre localisation activée ? ANGELA Non. JOHN Lui, oui. PATRICK Je sais que c’est pas normal. JOHN Je pose juste la question. PATRICK Elle vit dans un autre pays, elle sait pas ce que je vais, c’est pour ça que je lui donne ma localisation. ANGELA Tant que ça vous va, c’est l’essentiel. Je pense qu’avoir un traceur GPS, c’est une preuve de jalousie. Mais parfois, c’est nécessaire. BRYAN C’est un peu bizarre. J’espère que ça lui va, mais moi je dirais direct mm-mm, non. PATRICK C’est moi qui ait eu l’idée. J’en avais marre de devoir répondre à ses hypothèses. Avec ça, je peux lui répondre avec des faits. JOHN Tu as toi-même activé le partage de localisation ? PATRICK Exactement. JOHN Mais qu’est-ce que... ANGELA Il peut toujours l’arrêter. JOHN Non, pourquoi t’as proposé ça ? PATRICK Parce que... JOHN Mais [putain], ça va pas la tête ? PATRICK Imagine... JOHN T’as proposé de partager ? PATRICK Parfois j’étais à la maison, au lit, et elle croyait que j’étais en boîte. JOHN Non, non, non, non. PATRICK Alors que j’étais en train de dormir. JOHN Non, non, non. ANGELA C’est très gentil de faire ça pour elle. JOHN C’est, non... PATRICK Et il y a les caméra et le système de sécurité à la maison. Avec l’application, je lui montre que personne n’est venu à la maison. JOHN Mais non. Pourquoi ? PATRICK C’est un moyen de... JOHN Pourquoi ? PATRICK ... lui montrer qu’elle compte pour moi. Je fait en sorte que ce soit plus simple de... ANGELA Il est honnête. JOHN [Putain de merde]. Je refuse de cautionner une [connerie] pareille. Si quelqu’un te demande des preuves vidéo, c’est que c’est une mauvaise idée. PATRICK John ne fais que me faire [chier] en disant que Thaís me matte. Mais j’en avais marre de me disputer pour rien. J’ai aussi changé ma façon de travailler car parfois, je travaillais avec une commerciale pour la former au porte à porte, mais Thaís ne veut pas comprendre que les hommes et les femmes peuvent travailler ensemble. Donc au lieu de me disputer avec elle, je ne forme plus les femmes. C’est notre règle. ANGELA C’est dur d’être dans des pays différents. PATRICK Oui, c’est... ANGELA C’est très dur. PATRICK Oui. JOHN C’est une question de confiance. ANGELA Oui, mais... PATRICK Quand on est dans des pays différents, c’est autre chose. ANGELA Vous avez une petite amie ? JOHN Non. ANGELA Alors fermez-la. JOHN J’avoue. ANGELA Si c’est ce qu’elle veut et que vous l’aimez, alors faites-le. PATRICK Exactement. Quand elle sera là, je couperai le partage de localisation. JOHN Ouais ? PATRICK Elle en aura plus besoin. On sera super heureux. JOHN T’es sûr ? PATRICK Oui. JOHN J’espère. PATRICK Je ne veux pas avoir à gérer la jalousie de Thaís toute ma vie. C’est une chose de devoir vivre avec quand on est à distance, mais si ça continue, ça va être très problématique pour notre relation. JOHN Trinquons à ça. PATRICK Santé. – COUPURE MIONA On va s’asseoir ici. JIBRI On prépare le dîner pour mes parents et ils ne vont pas tarder. Miona et moi, on a fait de notre mieux pour cuisiner et j’ai un peu peur de ce que ma mère va penser parce qu’on ne sait pas du tout cuisiner. J’espère qu’ils aimeront. MIONA Les petites fourchettes, c’est pas pour le dessert ? JIBRI Je crois, mais on peut les utiliser. MIONA On devrait prendre les grosses. Ça fait bizarre, on dirait des fourchettes pour enfants. JIBRI On est traités comme ça de toute façon. BRIAN Bonsoir ! MAHALA Bonsoir. JIBRI Salut ! MIONA Oh, bonsoir. MAHALA Coucou. BRIAN Que se passe-t-il ? JIBRI Ça va ? MIONA Vous êtes rentrés. MAHALA Je ne m’attendais pas à ce que le dîner soit prêt. MIONA Asseyez-vous. MAHALA Le dîner est prêt. BRIAN Qu’est-ce que c’est ? JIBRI C’est des pâtes Alfredo au poulet, de la citronnade et peut-être de l’eau. BRIAN Quel millésime, pour l’eau ? JIBRI C’est juste un eau au pH de 9,5. BRIAN Je vois. MAHALA Ça a l’air intéressant. MIONA Merci. En bien ou en mal ? MAHALA Je sais pas. Je peux goûter ? MIONA Oui. MAHALA Tu vas goûter ? BRIAN Oui. MIONA C’est horrible ? MAHALA C’est... c’est comestible. Le plat était dégoûtant. BRIAN C’était affreux. Je me demande même si c’était vraiment du poulet. C’était pas du caoutchouc ? MAHALA Vous aviez déjà fait des pâtes Alfredo ? JIBRI C’était une première. MIONA Je ne m’attendais pas à ce qu’ils adorent ça, mais au moins ils savent à quoi s’attendre, maintenant. MAHALA C’est meilleur avec de la sauce piquante. BRIAN T’as mis de la sauce piquante dessus ? MAHALA Oui. BRIAN Tu peux me la passer ? MAHALA Oui. BRIAN Merci. MAHALA Tiens. MAHALA Désolée, mais le poulet est horrible. Il est très caoutchouteux. JIBRI OK, on a compris. Le mange pas, alors. MAHALA Tu es triste ? JIBRI Je suis pas triste, mais Miona et moi on a essayé. BRIAN Évidemment, et on le respecte. JIBRI Ah bon ? MAHALA Ah bon, quoi ? JIBRI Vous avez pas l’air de respecter nos efforts. BRIAN Mais si. On respecte pas la nourriture, mais les efforts si. Je vous taquine. C’est pas si mal. Ne t’énerve pas, on ne dit pas ça pour vous faire de la peine. On fait juste une critique constructive. JIBRI Si c’est si dégueu, vous forcez pas à le manger en entier en mettant de la sauce piquante dessus. Le mangez pas. MIONA Je vais aller chercher les bonbons. OK ? JIBRI OK. JIBRI Ce serait bien que vous arrêtiez un peu, elle a vraiment donné du sien. Pour vous impressionner. Pour elle, c’est un choc culturel car elle n’a jamais cuisiné pour ses parents. Le fait de nous dire que c’est dégueu et qu’on devrait mieux faire, c’est pas nécessaire. C’est agaçant et frustrant de voir ma mère agir comme ça devant Miona. On dirait que, quoi que je fasse, ce ne sera jamais assez. Si ma mère continue comme ça, ça ne va que nous faire nous éloigner Miona et moi, et je veux pas que ça arrive. BRIAN Jibri, on apprécie l’intention. JIBRI Merci. MAHALA OK. C’était un chouette premier repas. JIBRI Pas du tout. EMILY Oh, mon Dieu. KOBE C’est dingue. J’ai hâte. EMILY T’es prêt ? KOBE Attends. Oh, là, là. C’est un moment clé de ma vie. Ça fait 17 mois que j’attends ça. Je vais enfin rencontrer mon fils. EMILY Koban. Coucou !!! DAVID Tu veux porter ton fils. EMILY Coucou, toi ! KOBE Oh, mon Dieu. EMILY Coucou, mon cœur. Regarde, c’est Papa ! Il est là ! KOBE Ça va, ça va. EMILY C’est pas grave, tu as besoin de temps. DAVID Tiens. EMILY Qui c’est, bébé ? Oh, les nénés. KOBE Il veut téter. EMILY Ils t’ont manqués, hein ? KOBE Il est trop mignon. DAVID Bienvenue ! KOBE Merci beaucoup. EMILY Il est très stressé. Tu peux les prendre dans tes bras, tu sais. KOBE Merci beaucoup. EMILY Regarde ! DAVID Tu es ici chez toi. EMILY Koban, c’est Papa ? KOBE Merci beaucoup. EMILY Regarde, Koban, c’est qui ? C’est Papa ? Tu as vu Papa ? KOBE Oh, là, là. LISA Il fait le timide. EMILY On peut lui faire un câlin ensemble ? Je t’aime. Bébé... Qui c’est ? Il te regarde. KOBE Mon Dieu... EMILY Qui c’est ? KOBE Il est trop mignon. EMILY Il te ressemble. KOBE Ça va aller, bébé. EMILY Tu as besoin d’une seconde ? Qui c’est ? KOBE Rencontrer Koban pour la première fois, c’était trop. Il était tellement mignon. C’est grâce à lui que je suis père. C’était un moment vraiment magnifique. Incroyable. Il est adorable, j’te jure... EMILY Je sais. DAVID Il ressemble à son père. EMILY Je te l’avais dit. Il est trop chou. Qui c’est, qui pleure ? KOBE J’arrive pas à croire que je suis enfin ici, que je peux enfin le voir et le rencontrer... EMILY Je sais. KOBE Mon Dieu... EMILY Tope-la ? Ça fait beaucoup, hein ? Est-ce que je peux te poser ? Non d’accord. C’est rien. KOBE Il ne veut pas que Maman le pose. EMILY Il est fatigué. KOBE Je comprends. Il veut manger. EMILY Oui, c’est tout ce qu’il veut. KOBE C’est un bébé, il a été timide avec moi. J’ai tellement de choses à rattraper, tout ce temps où je n’ai pas été là. Je veux qu’il sente que je suis son papa. MADELINE Salut, Kobe. KOBE Salut, Madeline. MADELINE Enchantée ! KOBE Moi aussi. MADELINE Je suis contente que tu sois enfin là ! KOBE Oui, je suis enfin là. Je suis désolé pour... MADELINE Oh, non, ne t’excuse pas ! LISA Non. DAVID Non ! MADELINE C’est un grand moment. DAVID Installe-toi. Quand Kobe a pleuré, c’était très touchant. Je veux qu’il se sente le bienvenu. Malgré tout, je ne le connais pas du tout et je vais rester à l’affut de son comportement avec nous, avec ma fille et bien sûr avec mon petit-fils. Je sais pas comment ça va se passer, c’est stressant. EMILY Koban a été sage ? LISA Il était super. DAVID J’espère que vous avez bien dormi parce qu’on vous passe le relais. KOBE Oui, c’est à nous. EMILY Avec tes petits orteils. Il va s’endormir. KOBE Oui, EMILY Arrête de toucher son pied, il s’endort. Maintenant que Kobe est enfin là, il va falloir créer de nouvelles habitudes. Je sais qu’il tient absolument à tisser des liens avec Koban, mais ça finira par arriver. Regarde, il dort déjà. KOBE Je suis tellement heureux de vivre ça. LISA Tu as attendu ce moment si longtemps. KOBE Je tiens à vous remercier. Merci beaucoup pour tout. Je sais que ce n’était pas facile, mais... LISA On est là pour ça. DAVID C’est un nouveau départ. KOBE Oui. EMILY Oui. LISA Au moins, il a quelqu’un d’autre à agripper. EMILY Oui. MADELINE C’est vrai. DAVID On passe le flambeau. EMILY Ces prochains 90 jours vont être dingues parce qu’on est tous dans la même maison maintenant et on va devoir travailler sur notre relation, la relation de Kobe avec Koban et notre dynamique familiale. Il est épuisé, dis donc. LISA J’ai hâte que tu le voies courir dans tous les sens... KOBE Moi aussi. LISA ... être lui-même. EMILY C’est génial que Kobe soit ici, mais je ne l’ai encore jamais vu en tant que père. Ça va être un sacré challenge de l’éduquer à deux. KOBE Ça arrive vraiment. LISA Oui. KOBE J’espère que je ne rêve pas. EMILY Ça, non. DAVID Tu n’as plus le choix. EMILY Plus de retour en arrière. KOBE Non. DAVID C’est fait, c’est fait. – COUPURE BINIYAM C’est parti. ARIELA Oh, la vache... Bini et moi, on part en Amérique, mais la nouvelle de notre départ n’a pas beaucoup plu. BINIYAM Tout va bien se passer. ARIELA Oui, un jour, tout se passera bien. Avant, quand je pensais à notre départ à Bini et moi, je me disais toujours que je serais surexcitée, mais après ce qui s’est passé hier, je sais que Bini est contrarié. BINIYAM À l’aéroport. ARIELA Il a toujours eu à cœur que je m’entende bien avec sa famille donc le fait que ses sœurs ne m’aient jamais bien traitée, ça me fait de la peine pour lui. Elles lui font du mal. Oh, mon Dieu, il dort enfin. MIMI Il est fatigué. ARIELA Il n’a pas dormi de la journée. MIMI Non. BINIYAM Ma famille va venir nous voir à l’aéroport. ARIELA OK. BINIYAM Je veux pas de problèmes, si elles te parlent, c’est bien. Si elles te disent bonjour, tu leur réponds. ARIELA Si elles me disent bonjour, je leur dirai bonjour, je ne suis pas du genre à faire, meh, meh. BINIYAM Je sais. ARIELA Tu sais que je suis pas comme ça. BINIYAM Ari, tu peux prendre les plus petits ? Je prends le reste. WISH On est venus à l’aéroport pour dire au revoir une dernière fois à Bini. On veut aussi dire au revoir à Avi. Mais on préfère lui dire au revoir tout seul. Bini, on veut pas voir Ariela. ARIELA Sympa. OK, je pars. Il y a déjà eu des histoires hier, pas la peine d’en rajouter. C’est débile. Je savais qu’elles ne voudraient pas me voir. Je veux les éviter en restant dans la voiture et qu’on en finisse. BINIYAM Tu peux me passer Avi ? ARIELA Non, non, non, pas maintenant. BINIYAM Je vais le mettre dans la voiture. MIMI Elle ne veut pas. ARIELA Il fait froid dehors. Laisse-le ici. Laisse-le. BINIYAM Pourquoi ? On a pas le temps. Qu’est-ce que je leur dis ? Qu’il dort ? ARIELA Il fait froid, si elles n’étaient pas stupides, elles viendraient le voir ici. Elles agissent vraiment bêtement. WISH C’est n’importe quoi. J’arrive pas à croire qu’elle ne nous laisse pas dire au revoir à Avi. C’est comme notre fils. Ça nous blesse beaucoup... Oui. Il est tout bonnement coincé. BINIYAM Vous êtes prêts ? ARIELA Ça va ? BINIYAM Hein ? ARIELA Est-ce que ça va ? BINIYAM Oui, ça va. ARIELA Bien. BINIYAM C’est très dur pour moi de quitter ma famille. J’aimerais pouvoir partir aux États-Unis avec eux. C’est ce que je ressens. Mais je dois partir avec Ari et Avi aux Etats-Unis. ARIELA Mimi, on doit se quitter ici. Tu ne peux pas passer la sécurité avec nous. MIMI Vous allez me manquer. Au revoir. BINIYAM Dans mes bras. ARIELA Oui. BINIYAM Quitter l’Éthiopie, c’est très dur pour moi. Ma famille va me manquer. Ma culture va me manquer. Tout. ARIELA OK... BINIYAM Ça me fait très peur. Je sais pas ce qui m’arrivera une fois là-bas. ARIELA C’est fou, tu vas à New York ! BINIYAM Je ne connais pas la famille d’Ari, je ne connais pas ses frères et sœurs. On ne sait pas comment on va faire financièrement. Mais je n’ai pas le choix. Je dois aller aux États-Unis. ARIELA Tu es prêt à aller dans le New Jersey, Bini ? BINIYAM J’espère. BINIYAM Je suis prêt à me battre pour cette famille. Je ne les abandonnerai pas. EMILY Dans le prochain épisode de 90 jours pour se marier... KARA Mon oncle va te menacer de te casser la figure. MIKE Je te connais déjà, j’ai passé ton profil au peigne fin. KARA Mon oncle Mike est un ancien détective privé. MIKE Je t’ai à l’œil. KOBE Chérie. Tu vas vraiment faire ça ? EMILY Quoi, tirer mon lait dans le salon ? KOBE C’est pas normal. Ma petite sœur, elle a arrêté de donner le sein quand son fils avait 7 mois. KOBE Franchement, j’adore les seins, et je ne veux pas partager ses seins avec mon fils. C’est vraiment irrespectueux et blessant, ce que tu fais. EMILY Je suis à deux doigts de me lever et de te casser la [gueule]. KOBE C’est ça. BILAL Câlin familial ! SHAEEDA Je suis prête à être mère et je veux que ses enfants m’aiment. ZAYNAH Comment tu veux qu’on t’appelle ? SHAEEDA Un jour peut-être Umi. ZAYNAH Umi, ça veut dire maman, non ? SHAEEDA Oui. ZAYNAH Je sais pas quoi penser de tout ça. YVE Allez, chéri. Mon fils a des besoins spéciaux. On rencontre beaucoup d’obstacles et parfois, c’est éprouvant. Coucou, nous voici ! Mohamed a un cœur en or, mais malgré tout, c’est peut-être trop pour lui. THARAN Il est là ! C’est trop cool. ARIELA On est à New York, pas vrai bébé ? BINIYAM Je me demande si la famille d’Ari est bénéfique ou non pour moi. JANICE Sache que nous formons... BINIYAM Oui, je vois... JANICE ... une famille déjantée. BINIYAM Oui. JANICE Et il va falloir t’y faire ! ARIELA Je peux t’assurer que personne ne te jettera du vin à la figure. JOHN C’est le grand jour ! On sera tous sous le même toit. PATRICK C’est un rêve qui se réalise. Mais Thaís ne veut pas vivre avec John.