BILL_MERCER BUELL_FRAZIER CLINT_HILL FEMALE_WITH_GREY HENRY_WADE JOHN_BREWER PAUL_LANDIS RUSTY_ROBBINS RUTH_PAINE SID_DAVIS BUELL FRAZIER Je retourne sans cesse dans le pass�. Je revis ce jour. Le jeune homme qui est parti au travail, ce matin du novembre�, n�est jamais rentr� chez lui. SID DAVIS Je n�avais qu�une id�e en t�te aller � l�h�pital, publier mon article. SID DAVIS Je suis mont� au deuxi�me �tage, et il y avait un pr�tre qui parlait � des coll�gues, des journalistes que je connaissais. Alors je me suis approch�, et j�ai essay� d�entendre ce qu�il disait. C��tait le P�re Oscar Huber. Et je n�oublierai jamais ses mots. ��Je lui ai donn� les derniers sacrements.�� �a a �t� une onde de choc. On nous a dit qu�on ne pouvait pas rester l�. On nous a dit qu�il fallait aller � l��tage, o� une salle de presse avait �t� am�nag�e. Malcolm Kilduff, l�assistant au porte-parole de la Maison-Blanche, a pris la parole. Il avait les larmes aux yeux. CLINT HILL Tout le monde �tait sous le choc. Il y avait une grande �motion. Mais je ne pouvais pas m�effondrer. Je devais me ressaisir et faire mon travail. Et mon travail, c��tait de prot�ger Madame Kennedy. Je me demandais comment on allait emmener sa d�pouille � l�a�roport. Est-ce qu�on allait pouvoir le ramener � Washington�? Je n�avais pas le temps de pleurer. Je devais continuer d�assurer mes fonctions. Et c�est ce que j�ai essay� de faire. C��tait tragique. On n�avait pas r�ussi � prot�ger le pr�sident des �tats-Unis, comme on �tait cens�s le faire. RUSTY ROBBINS Quand les habitants de la ville ont appris la nouvelle, tout le monde s�est demand� ��Qui a pu faire �a et pourquoi, qui est derri�re cet assassinat�?�� Nous, on �tait au c�ur de l�action. On essayait de r�pondre � cette question. RUSTY ROBBINS Pendant que les gens s�enfuyaient, nous la police, on se d�ployait dans l�immeuble. RUSTY ROBBINS Un fusil avait �t� retrouv�. C��tait une chasse � l�homme comme on n�en avait jamais connue. BUELL FRAZIER C��tait le chaos. Les gens �taient d�sorient�s, ils avaient peur. J��tais terrifi�. Quelqu�un avait tu� le Pr�sident�! J��tais sur les escaliers qui m�nent � l�entr�e du d�p�t de livres. Je discutais avec deux personnes qui essayaient de comprendre ce qui s��tait pass�. J�ai tourn� la t�te � gauche, et j�ai aper�u Lee Oswald qui marchait dans la rue. D�un pas normal, pas du tout press�. Il a travers� Houston Street. Quelqu�un m�a parl�, alors j�ai tourn� la t�te, et quand je me suis retourn�, il avait disparu dans la foule. C�est la derni�re fois que j�ai vu Lee. RUSTY ROBBINS On �tait tous suspendus � ce qui se disait sur les fr�quences de la police. Il y avait un r�cepteur, au si�ge, et on pouvait suivre le d�roulement des op�rations. � ce moment-l�, j�ai entendu un civil � pas un agent de police, un civil � parler sur la station une. RUSTY ROBBINS J�ai dit ��La voiture , c�est Tippit.�� RUSTY ROBBINS L�officier Tippit avait tent� d�interpeler un homme qui correspondait � la description du meurtrier pr�sum�. Mais quand il s��tait approch�, il avait �t� abattu � bout portant. RUSTY ROBBINS C��tait quelqu�un de bien. Et c�est terrible de mourir comme �a. Je suis s�r que beaucoup de mes coll�gues partageaient ce sentiment. C��tait un officier exemplaire, un chouette type. RUSTY ROBBINS Les �v�nements s�encha�naient. La ville �tait � cran. C��tait surr�aliste un officier de police avait �t� abattu moins d�une heure apr�s l�assassinat du Pr�sident. JOHN BREWER C�est difficile de d�crire cette journ�e. Trente minutes apr�s que la mort du Pr�sident Kennedy a �t� prononc�e, un agent de police, l�officier Tippit, est abattu. Je ne fais pas tout de suite le lien entre ces deux �v�nements, mais je me dis ��Qu�est-ce qu�il se passe�?�� JOHN BREWER Tout � coup, un jeune homme est entr� dans ma boutique. Il avait l�air apeur�. Et il avait visiblement couru. Je suis sorti et je l�ai vu se diriger vers le cin�ma. Je me suis dit ��C�est louche.�� Je suis all� voir la guicheti�re, et je lui ai dit ��Appelez la police.�� JOHN BREWER Il y avait des policiers partout. Deux d�entre eux sont venus me voir et m�ont demand� ce que je faisais ici. Je leur ai r�pondu ��Un homme suspect est entr� dans le cin�ma, et il est toujours l�.�� Ils m�ont dit ��Montrez-le nous.�� Et j�ai dit ��C�est lui, l�-bas.�� Les policiers ont fondu sur le suspect. J��tais � quelques m�tres de la sc�ne. Il m�a regard�, et il a dit ��Je me laisse faire.�� Je ne sais pas � qui il s�adressait, mais c�est moi qu�il regardait. CLINT HILL On pr�parait la d�pouille du Pr�sident pour pouvoir la ramener � Washington. Les infirmi�res l�avaient envelopp� dans des draps blancs et allong� dans son cercueil. On a sorti sa d�pouille et on l�a plac�e � l�arri�re du fourgon. Je me suis tourn�e vers Madame Kennedy et je lui ai propos� de prendre la voiture qui suivait. Elle a r�pondu ��Non non, je veux faire le voyage avec Jack.�� Et elle est mont�e dans le fourgon. Alors je l�ai suivie. Je me suis donc retrouv� avec elle � l�arri�re du corbillard. On �tait un peu serr�s. On est all�s � l�a�roport de Love Field, o� l�avion pr�sidentiel �tait stationn�. Et puis il a fallu d�charger le cercueil. PAUL LANDIS Je me suis dirig� vers l�avant, je me suis assis au deuxi�me rang, � c�t� de la fen�tre et j�ai fondu en larmes. Roy Kellerman est venu me voir, il m�a secou� les �paules et il a dit ��Ressaisis-toi, Paul, il faut que tu assistes � �a.�� J�ai r�pondu ��Je crois que j�en ai assez vu pour aujourd�hui.�� Il a insist� ��Si si, c�est un moment historique. Le vice-pr�sident Johnson est en train de pr�ter serment.�� SID DAVIS Quand je suis entr� dans la salle, il y avait personnes � je les ai compt�es � toutes r�unies autour de Johnson. Il a demand� � sa secr�taire d�aller voir Madame Kennedy pour lui demander si elle souhaitait assister � la prestation de serment. Madame Kennedy a r�pondu qu�elle souhaitait y assister, mais qu�elle avait besoin d�un moment pour se ressaisir.�� On a attendu � minutes, et elle nous a rejoints. Elle portait sur elle les stigmates de cette journ�e. Son tailleur �tait couvert de sang. Sa jupe �tait tach�e � l�endroit o� la t�te du Pr�sident avait repos�. Il y avait du sang coagul� sur ses bas et sur ses chaussures. Je ne dirais pas qu�elle �tait sous le choc. Elle avait tous ses esprits, mais ses yeux �taient grand-ouverts et elle avait le regard triste, grave. Madame Johnson lui a propos� de se changer, et elle a r�pondu ��Non, je veux qu�ils voient ce qu�ils ont fait.�� SID DAVIS Au si�ge de la police, c��tait le chaos le plus total. BILL MERCER C��tait la premi�re fois qu�on faisait un direct. BILL MERCER C��tait la premi�re fois qu�on couvrait un �v�nement aussi historique. Quand ils l�ont amen�, quand on a appris qu�ils l�avaient trouv�, �a a �t� un soulagement. Au moins, on tenait le meurtrier. Il n�allait pas �chapper � la justice. Il �tait quelconque. C��tait un type comme les autres. C�est peut-�tre parce qu�on regarde trop de films, mais on se fait une certaine id�e des assassins, et lui n�avait pas l�air en col�re, d�sesp�r�, ou violent. Il avait l�air normal. � ce stade, personne ne comprenait pourquoi il avait fait �a. Pas m�me la police. Et ils ne savaient pas grand-chose de lui, sauf peut-�tre qu�il avait v�cu en Russie. Il faut remettre les choses dans leur contexte � l��poque, l�Union sovi�tique �tait consid�r�e comme l�ennemi num�ro un de l�Am�rique. Alors le fait qu�Oswald ait v�cu et travaill� en Russie, qu�il ait �t� mari� � une femme russe, �tait extr�mement suspect. HENRY WADE On entretenait de bons rapports avec la police de Dallas, et ils nous aidaient quand on le leur demandait. Alors ils nous ont dit qu�il travaillait au d�p�t de livres scolaires. Quand la police avait fait l�appel, elle s��tait rendu compte que Lee Harvey Oswald �tait absent. C��tait la seule chose qui laissait penser que c��tait lui. BUELL FRAZIER Je me suis souvent demand� ��Comment tu as fait pour te retrouver m�l� � �a�?�� �videmment, je ne pensais pas � mal. Je voulais juste rendre service. Ce jour-l�, j�ai conduit Lee Harvey Oswald au d�p�t de livres scolaires, o� on travaillait tous les deux. Et je l�ai pay� tr�s cher. Deux officiers en uniforme m�ont attrap�. J�ai dit ��Mais vous �tes qui�? Qu�est-ce que vous faites�?�� Ils ont r�pondu ��Vous �tes en �tat d�arrestation.�� J�ai dit ��En �tat d�arrestation�? Mais je n�ai rien fait�!�� J��tais � un bout du b�timent, et Lee �tait � l�autre. Pourtant, j�ai �t� trait� de la m�me mani�re que lui. ��Depuis combien de temps vous le connaissez�?�� ��Quels jours de la semaine vous le conduisez au travail�?�� Je leur ai expliqu� qu�on travaillait ensemble, que c��tait un coll�gue du d�p�t de livres. J�ai confirm� que je l�avais conduit au travail ce jour-l�, et que j�avais remarqu� un paquet d�environ cm de long sur la banquette arri�re. Mais comme il ne me paraissait pas suspect, je n�y avait pas pr�t� attention. La police affirmait que j��tais de m�che, que j�avais des informations sur l�assassinat de John Kennedy. Mais c��tait compl�tement faux. J��tais stup�fait qu�ils veuillent me faire avouer des choses dont je ne savais rien. C�est terrifiant de r�aliser qu�on essaie de vous mettre un crime que vous n�avez pas commis sur le dos. Je savais que je jouais ma vie. RUTH PAINE C�est un souvenir douloureux. La d�ception et la souffrance sont encore tr�s vifs. J��tais en col�re d�avoir indirectement particip� � ce crime. � l��poque, Marina Oswald vivait chez moi. Elle �tait s�par�e de Lee, et j�avais accept� de l�h�berger avec sa fille et son b�b�, qui venait de na�tre. RUTH PAINE Je regardais la t�l�vision avec Marina, quand on a appris qu�un agent de police avait �t� abattu. RUTH PAINE Et puis un groupe de policiers, je crois qu�ils �taient six, est arriv�. L�un d�entre eux s�est tourn� vers moi et m�a demand� ��Vous �tes communiste�?�� J�ai r�pondu ��Non.�� Un autre est entr� et a demand� ��Est-ce qu�Oswald a une arme�?�� J�ai dit ��Non.�� Puis j�ai traduit la question � Marina et elle a corrig� ��Si.�� Elle les a conduit dans le garage et leur a montr� une couverture enroul�e. Elle pensait que le fusil �tait encore l�. Un des policiers a soulev� la couverture, et elle s�est ouverte. Il n�y avait rien � l�int�rieur. C�est � ce moment-l� que je me suis dit ��C�est peut-�tre Lee.�� Je ne savais pas qu�il avait une arme. Je ne l�avais jamais consid�r� comme quelqu�un de dangereux. Il �tait souvent venu chez moi, je l�avais laiss� c�toyer mes enfants. Alors je ne m�y attendais pas du tout. BILL MERCER Quand Marina, la femme d�Oswald, est arriv�e au poste de police, elle tenait dans ses bras leur nouveau-n�, Rachel. Et elle avait l�air accabl�. BILL MERCER Est-ce qu�elle �tait au courant�? Est-ce qu�elle savait qu�il avait une arme�? De toute �vidence, elle connaissait l�existence de ce fusil, mais je ne crois pas qu�elle se doutait de ce qu�il allait faire. Elle, c��tait juste l��pouse, ils �taient s�par�s et elle essayait de faire front comme elle pouvait. RUTH PAINE � l��poque, je n�aimais pas la fa�on dont il se comportait avec Marina. Il ne voulait pas qu�elle apprenne l�anglais, ce qui est absurde, comment voulez-vous vivre aux �tats-Unis sans apprendre la langue�? Je pense qu�il �tait insatisfait dans son couple, ils se disputaient beaucoup. Mais il aimait sa famille, on voyait qu�il avait de l�affection pour ses enfants et Marina. Il �tait tr�s en col�re contre sa m�re, qui avait abandonn� ses trois enfants. Il �tait aigri et il avait le sentiment de ne pas �tre appr�ci� � sa juste valeur. Il voulait se faire un nom, entrer dans l�histoire. Et il s�est dit que c��tait l�occasion. SID DAVIS Les bois sont beaux, sombres et profonds Mais j'ai des promesses � tenir Et un long chemin � parcourir avant de dormir FEMALE WITH GREY HAIR, PURPLE AND BLACK TOP Ce weekend-l�, rien ne s�est pass� normalement. �a a �t� une succession d��v�nements sans pr�c�dent, dont on �tait les spectateurs. BUELL FRAZIER Jack Ruby �tait l� ce soir-l�. Il d�testait Oswald, il adorait les Kennedy, et il voulait venger le Pr�sident.