AMBER DENISE DONNA JENNIFER MITCH NARRATEUR PAUL TODD TODD Il ny avait plus de courant. C�tait le chaos total. PAUL On a trouv� le corps carbonis� dune femme au sol. TODD C�tait indescriptible. JENNIFER Ce n�tait pas un accident. MITCH Le l�giste a retir� la couverture, et nous a montr� les blessures par balle. C�tait un homicide. JENNIFER Qui laurait tu�e chez elle�? PAUL Un monstre lui a �t� la vie et a br�l� son corps. MITCH Elle sest exclam�e�: ��Cest lui, le coupable�!�� PAUL On avait affaire � un tueur en s�rie. DENISE Cest inimaginable quil ait pu vivre parmi nous. PAUL On nous a affirm� quil navait pas pu commettre les crimes dont on le suspectait. NARRATEUR Au c�ur du comt� de Mobile, dans lAlabama, � kilom�tres de la c�te du Golfe, se trouve la petite ville de Chunchula. JENNIFER On remarque tout de suite les gens qui ne viennent pas du coin. Tout le monde conna�t tout le monde, ici. PAUL Chunchula est une petite ville rurale et ouvri�re. L�picerie la plus proche est � minutes en voiture. DENISE Le cadre de vie y est paradisiaque, on est tr�s proches de la plage. Mais cest quelque chose qui a un prix. Les ouragans font partie de notre vie. On sy pr�pare tous les ans. On doit parfois activer un plan d�vacuation, les habitants paniquent, et les autorit�s doivent essayer de ramener le calme. PAUL En , on a �t� frapp�s par louragan Ivan. C�tait lun des plus violents quon ait connus ces derni�res d�cennies, dans le comt� de Mobile. Cet ouragan a fait beaucoup de d�g�ts. On sest retrouv�s sans �lectricit� pendant longtemps... Je venais de finir daider sur le terrain, quand on ma signal� quune jeune fille venait de trouver le corps sans vie de sa m�re dans un mobile-home. Je suis all� sur place. Il faisait nuit noire. Certaines routes �taient encore jonch�es de d�bris, donc il fallait rouler avec pr�caution pour �viter les branches darbres. Il y avait d�j� des agents sur les lieux, ils mont brief� sur la situation� Jai pu constater quil y avait eu un incendie, mais quil ne s�tait pas propag� dans toute la maison. PAUL Plus on sapprochait de la chambre, plus les d�g�ts caus�s par le feu �taient importants. Quand on est entr�s dans la salle de bains, on a compris que lincendie �tait parti de l�. On a trouv� un corps calcin� au sol � C�tait le cadavre dune femme. MITCH De prime abord, jai pens� quil y avait d� avoir un accident, quelle avait d� faire tomber une lampe � p�trole ou quelque chose du genre. C�tait limpression que javais. Mais quand le m�decin l�giste a d�plac� le corps, on a senti un odeur dessence. Les pompiers ont effectu� des tests, et il y avait bien eu de lessence r�pandue par terre� Ils ont aussi pu d�terminer que le d�part de lincendie se trouvait entre les jambes de la victime. C�tait l� que le feu avait �t� le plus intense, il avait m�me fait fondre le sol. PAUL La victime semblait avoir �t� nue au moment de lincendie, parce quon a retrouv� aucun reste de v�tements sur son corps. La baignoire �tait remplie deau, ce qui est habituel quand il y a un ouragan et que les gens tentent de se pr�munir des coupures. Mais leau avait une teinte rouge fonc�e, comme si elle contenait du sang. Et les v�tements de la victime flottaient dans la baignoire� tout indiquait que la piste criminelle �tait � privil�gier. On savait que lauteur du crime navait pas voulu laisser de traces. Et bien s�r, le feu est le moyen le plus simple de d�truire des preuves� Seule une autopsie allait nous indiquer la cause du d�c�s. MITCH On a confi� le corps � la police criminelle pour proc�der � lautopsie, et on sest entretenus avec la famille de la victime, elle �tait compl�tement d�sempar�e. NARRATEUR La famille de la victime lidentifie comme �tant Lisa Nichols, une m�re de famille de ans. Les enqu�teurs tentent de r�colter des informations pour tenter de savoir qui �tait Lisa et ce quil a pu se produire. AMBER Ma m�re �tait quelquun de joyeux et daffectueux. Elle �tait aim�e de tous. Elle adorait cuisiner, et voir ses petits-enfants. Elle aimait aller � la plage. Et je sais que �a fait clich� de dire �a, mais elle �tait ma meilleure amie. On sappelait trois � quatre fois par jour. JENNIFER Ma m�re vivait � la campagne, dans la partie nord du comt�. Elle a travaill� dans l�picerie du coin pendant ans. En amour, elle avait du mal � trouver la bonne personne, comme beaucoup dentre nous. Elle encha�nait les relations qui ne fonctionnaient pas. Et apr�s chaque rupture, elle se retrouvait sans domicile, parce quelle emm�nageait avec les hommes quelle fr�quentait. Apr�s sa derni�re rupture, ma s�ur et moi lui avons dit que �a ne pouvait plus durer et quil �tait temps quelle ait son propre logement. Elle a trouv� un mobile-home, et elle allait enfin prendre un nouveau d�part. Elle aimait beaucoup vivre � la campagne. NARRATEUR Les enqu�teurs demandent � la famille de Lisa sils �taient au courant de ses d�placements ces derniers jours, en particulier o� elle se trouvait lors du passage de louragan. JENNIFER Louragan Ivan sannon�ait tr�s violent. On voulait �tre s�rs que ma m�re soit en s�curit�, donc elle a pass� la nuit dans un h�tel avec nous. TODD On sest r�fugi�s dans un h�tel pendant deux jours. Il ny avait plus d�lectricit� nulle part, c�tait le chaos total. AMBER Le lendemain du passage de louragan, je suis retourn�e chez nous pour nettoyer, et jai essay� de convaincre ma m�re de rester quelques jours � la maison, parce que le courant �tait revenu chez nous. Mais elle voulait rentrer chez elle, et cest ce quelle a fait. Elle ma envoy� un message quand elle est rentr�e, et le lendemain matin, jai essay� plusieurs fois de lappeler. Le r�seau ne passait pas tr�s bien chez elle, et en plus, le courant n�tait pas revenu dans cette partie du comt�. On sest dit quelle ne devait pas recevoir nos appels, ou quelle devait �tre occup�e. Au d�but, on ne sest pas trop inqui�t�s. Je nai commenc� � stresser quapr�s avoir parl� � ma s�ur et ma tante ce soir-l�, quand on sest rendues compte quaucune de nous navait de ses nouvelles... Ma m�re ne vivait qu� une heure en voiture de chez nous. On a d�cid� daller voir si tout allait bien. JENNIFER On avait pris lampes torches parce quil ny avait pas d�lectricit� chez ma m�re. D�s quon a ouvert la porte de son mobile-home, la fum�e nous a pris � la gorge. �a sentait le br�l� et la suie. Je me suis dit ��O� est-ce quelle est�?��, et Todd est entr� pour aller voir. TODD Heureusement quelles nont rien vu� C�tait le pire jour de ma vie. Je nai pas de mots pour le d�crire. JENNIFER Todd sest dirig� vers la salle de bains� Il a regard� � lint�rieur, puis il a attrap� ma s�ur et nous a dit de sortir tout de suite, et daller chercher de laide. AMBER Je me souviens m�tre pr�cipit�e dehors en hurlant�: ��Aidez-nous, appelez les secours�!�� JENNIFER On navait pas de r�seau, toutes les antennes relais �taient hors-service. Jai couru chez des voisins pour frapper � leur porte. NARRATEUR Un voisin finit par leur ouvrir. JENNIFER Jai dit que ma m�re avait besoin daide, �tait tout ce que je pouvais dire. Lhomme qui nous a ouvert �tait Mark Bentley, un voisin qui aidait souvent ma m�re, il y avait un autre homme, Scooter Coleman. Ils se sont pr�cipit�s chez ma m�re. Un troisi�me homme �tait chez les Bentley, il avait les cheveux gris� il na pas boug�. PAUL Apr�s avoir parl� avec la famille, on a d�cid� de se retirer de la sc�ne de crime pour ne pas risquer dendommager ou compromettre des indices potentiels, comme il faisait nuit et quil ny avait pas d�lectricit�. On a pr�f�r� attendre quil fasse jour pour revenir. MITCH Vers heures du matin, le m�decin l�giste sest rendu sur la sc�ne de crime. Il a trouv� ce quil pensait �tre des coups de couteaux sur le cr�ne de la victime, et nous a dit quelle avait �t� poignard�e � la t�te. Mais il sest rapidement rendu compte quil sagissait en r�alit� de blessures par balle. C�tait un homicide. JENNIFER Pas une seule personne dans son entourage naurait �t� capable dune chose pareille. On refusait de croire quelle connaissait son meurtrier. MITCH On nous a signal� une tentative de cambriolage, avec un homme en fuite. On sest pr�cipit�s sur place. PAUL On la conduit jusqu� la voiture, et il nous a dit quil avait voulu quon lui tire dessus� Cest une d�claration tr�s �trange. NARRATEUR Douze heures apr�s la d�couverte du corps de Lisa Nichols dans le comt� de Mobile, en Alabama, le m�decin l�giste a trouv� des blessures par balle et a �tabli quil sagissait dun homicide. JENNIFER Lagent Burch nous a appel�, et�. je noublierai jamais ses paroles. Il a dit que ce n�tait pas un accident. C�tait dur. C�tait dur � accepter� Si cest un homicide, cest que quelquun la tu�e. Qui aurait pu la tuer, chez elle�?... C�tait tr�s dur � concevoir. NARRATEUR Suite aux conclusions du l�giste, une enqu�te pour meurtre est ouverte. Les enqu�teurs retournent sur la sc�ne de crime dans lespoir de trouver des indices qui les mettraient sur la piste dun suspect. PAUL Sur le porche du mobile-home, on a retrouv� le portable de la victime et un paquet de cigarettes... Mais ce qui ma frapp�, cest quil y avait aussi un petit barbecue, avec � c�t�, du charbon et un briquet. Lisa avait commenc� � se pr�parer � manger, mais elle avait �t� interrompue. Dans notre fouille de la sc�ne, on a retrouv� deux marques de canettes de bi�re diff�rentes dans la maison. MITCH On a trouv� une premi�re canette � lenvers dans l�vier. Les filles de Lisa nous ont dit que c�tait quelque chose que leur m�re avait lhabitude de faire. Quand elle finissait une canette de bi�re, elle la retournait et la laissait se vider compl�tement dans l�vier. Puis elle �crasait la canette pour revendre laluminium. Cette canette-ci �tait donc � Lisa, mais on en a trouv� une seconde, qui pouvait appartenir au suspect. NARRATEUR Les enqu�teurs envoient les canettes � la police scientifique pour analyse� et se mettent � chercher des suspects potentiels. JENNIFER Les enqu�teurs nous ont dit que dans neuf affaires de meurtre sur dix, quelquun de lentourage de la victime connaissait le coupable. On refusait de croire que ma m�re connaissait celui qui lavait tu�e. PAUL On a commenc� par interroger lentourage proche de la victime. On sest entretenus avec ses ex-petit amis, et ses ex-maris. Certains dentre eux lui avaient rendu visite pendant louragan pour v�rifier quelle navait besoin de rien. Elle avait gard� de bons rapports avec ses ex-compagnons, �a en disait long sur sa gentillesse. NARRATEUR Tous ces suspects potentiels ont des alibis solides pour la nuit du meurtre. PAUL Ils ont tous �t� �cart�s de la liste des suspects. Leurs alibis �taient tr�s solides, et il �tait �vident quils �taient an�antis par la mort de Lisa. NARRATEUR Les enqu�teurs �tendent leurs recherches � dautres connaissances de Lisa, qui pourraient les renseigner sur les circonstances de sa mort. Ils interrogent Mark Bentley, le voisin � qui sa famille avait demand� de laide apr�s avoir d�couvert son corps. PAUL Avec lexp�rience, on apprend � reconna�tre quand quelquun est sinc�re avec nous. Et Mark �tait manifestement tr�s �branl� par cette affaire. Il �tait d�vast� quune telle atrocit� se soit produite � c�t� de chez lui. MITCH On lui a demand� qui il y avait chez lui, cette nuit-l�. Il nous a r�pondu quil y avait Scooter Coleman, et un d�nomm� John Chapman. PAUL Mark travaillait dans le b�timent. Il employait des ouvriers qui logeaient parfois chez lui. NARRATEUR Les enqu�teurs sentretiennent avec Scooter Coleman, qui �tait chez Mark la nuit du meurtre. Il leur parle dun �v�nement �trange survenu lors du passage de louragan. MITCH La veille du passage de louragan, Mark se pr�parait � �vacuer avec sa famille. Il a propos� � Scooter et John de venir avec lui, mais ils ont pr�f�r� rester pour veiller sur la maison et sassurer que tout serait en ordre. Mark Bentley est donc parti � Birmingham pour se r�fugier dans un motel. PAUL Le lendemain soir, Scooter sest rendu compte quils auraient besoin de piles pour alimenter des lampes torches pendant la coupure d�lectricit�. Il sest donc mis � en chercher dans la maison, et il aurait surpris John Chapman en train de fouiller dans un placard dans la chambre de Mark. John aurait pr�tendu chercher une radio, tout en tenant un pistolet. NARRATEUR Scooter ne sait pas o� John Chapman sest rendu ensuite, mais il a plus tard retrouv� le pistolet � son emplacement initial. PAUL Scooter nous a amen� le pistolet comme preuve potentielle. Mark Bentley nous a aussi apport� un sac de v�tements appartenant � John Chapman, dont certains �taient tach�s de sang. NARRATEUR Pour les enqu�teurs, le pistolet et les v�tements ensanglant�s font de John Chapman leur principal suspect. MITCH Il fallait absolument quon mette la main sur John Chapman. Mark Bentley nous a dit quil �tait parti, mais quil ne savait pas o�. Il �tait crucial quon parle � John, alors Paul Burch et moi avons d�cid� de lattendre chez Mark toute la nuit. PAUL Pendant quon attendait, Mark nous a racont� que John avait d�j� travaill� pour lui deux ans auparavant, sur des chantiers de reconstruction apr�s le passage dun ouragan. MITCH John �tait toujours sur la route, il navait pas de domicile fixe. Alors Mark s�tait montr� g�n�reux et lui avait propos� de loger chez lui en attendant davoir une situation plus stable. John avait donc emm�nag� chez les Bentley et s�tait li� damiti� avec eux. Il allait chasser et p�cher avec Mark et travaillait pour lui. On a attendu John�toute la nuit, mais il nest jamais revenu. On est retourn�s au poste. On avait effectu� des recherches sur John, et on avait pu voir quil y avait un mandat darr�t contre lui en G�orgie, pour d�faut de comparution. NARRATEUR Les enqu�teurs ne parviennent pas � retrouver la trace de John. Jusqu� un coup de fil qui va changer le cours de lenqu�te. MITCH On a fini par recevoir un coup de fil de John Chapman lui-m�me. Il avait un ton tr�s d�sinvolte, il a dit quil serait au poste dans deux heures pour nous parler. Je lai attendu� mais bien s�r, il nest jamais venu. �a na fait que renforcer nos suspicions. Il avait tout lair d�tre coupable, et il fallait absolument quon le retrouve� et quon en sache plus sur lui. NARRATEUR La police du comt� de Mobile, dans lAlabama, a identifi� John Chapman en tant que suspect dans le meurtre de Lisa Nichols. Mais John �chappe aux autorit�s depuis quil ne sest pas pr�sent� � un interrogatoire. MITCH On essayait de retrouver John, et on nous a soudain signal� une tentative de cambriolage, avec un homme en fuite. Chunchula est une petite ville, on est tr�s rapidement arriv�s sur place. Un trafiquant de drogues avait vu un homme lui voler une poign�e damph�tamines et les mettre dans son pantalon. MITCH Le trafiquant avait sorti une arme et avait poursuivi le voleur avant de perdre sa trace. Mais le suspect avait laiss� son v�hicule au domicile du trafiquant. NARRATEUR Les enqu�teurs font des recherches sur son immatriculation. MITCH La voiture appartenait � John Chapman. On a donc saisi le v�hicule. PAUL Le lendemain matin, jai re�u un appel dun num�ro inconnu, c�tait John Chapman� Il r�p�tait quil ne savait rien. Pendant quil me parlait, jai demand� � un enqu�teur de tracer la provenance de lappel. Jai continu� de faire parler John pour nous laisser le temps de nous rendre sur place. On est arriv�s � hauteur dun camion. Il y avait deux hommes � bord. On est descendus, et on a vu John Chapman sur le si�ge passager. Je me suis approch� du camion. John �tait comme surexcit� il semblait tr�s nerveux et parlait vite. Il avait la peau ab�m�e par la consommation de drogue. On la arr�t�, on la conduit � la voiture, et il nous a dit quil aurait voulu quon lui tire dessus. Cest une d�claration tr�s �trange. Le conducteur du camion nous a affirm� quil ne connaissait pas John, que c�tait la premi�re fois quil le voyait. John avait d�barqu� chez lui en lui demandant de lamener � la gare routi�re, et cest ce quil avait fait pour que John sen aille. MITCH On a arr�t� John Chapman pour d�faut de comparution en G�orgie, et Paul et moi lavons conduit au poste pour pouvoir linterroger. PAUL On sest rapidement rendus compte que John pensait quil pouvait nous mener en bateau. Et quand on a affaire � ce genre de personnes, il faut entrer dans leur jeu pour esp�rer en tirer quelque chose. NARRATEUR Les enqu�teurs parviennent � orienter linterrogatoire vers la nuit du passage de louragan, et ce quil a pu se passer dans le mobile-home de Lisa Nichols. PAUL Au d�part, John ne voulait pas en parler, il niait s�tre rendu au mobile-home. Alors, on sest mis � sous-entendre que des t�moins ly avaient aper�u. Il a mordu � lhame�on, et a fini par l�cher quil avait �t� sur le porche, mais quil n�tait pas rentr�. Il a dit que Lisa avait commenc� � discuter avec lui et quelle lavait invit� � venir. MITCH Il nous racontait une version des faits, puis jaugeait notre r�action, et changeait des d�tails. Il nous a dabord affirm� quil avait rencontr� Lisa, et quelle lui avait demand� de la m�thamph�tamine, quil �tait all� lui en chercher, puis quils s�taient drogu�s et avaient eu des rapports sexuels. Puis que Lisa serait morte dune overdose. John aurait pris peur quon laccuse d�tre responsable pour avoir ramen� la m�thamph�tamine. MITCH Il serait donc parti chercher une arme et lui aurait tir� dessus pour brouiller les pistes. Puis il aurait r�fl�chi, serait parti chercher de lessence et en aurait r�pandu sur la victime� jusqu� lext�rieur de la salle de bain, puis y aurait mis le feu. PAUL Il �tait �vident quil ne disait pas toute la v�rit�. On savait quil inventait compl�tement lhistoire selon laquelle il aurait tir� sur Lisa apr�s sa suppos�e overdose, parce que rien dans notre enqu�te ne nous laissait penser que Lisa prenait de la drogue. NARRATEUR Mais les aveux de John ne sont pas totalement faux. En effet, selon lautopsie, on a bien tir� sur Lisa avant de br�ler son corps. MITCH Pendant linterrogatoire, John a demand� � appeler sa petite-amie, Vickie. Je lai laiss� utiliser mon t�l�phone. Il a tent� de lappeler, mais elle na pas d�croch�. On a plac� John en d�tention� puis jai tent� une nouvelle fois dappeler Vickie� pour quelle nous donne le plus dinformations possible sur notre suspect. Mais toujours pas de r�ponse. Elle nous a rappel� le lendemain matin, je lui ai dit que j�tais de la police de Mobile, et que John �tait en d�tention. Elle a demand� ce quil avait encore fait, jai r�pondu quon linterrogeait pour meurtre. Et elle sest imm�diatement exclam�e quil �tait bien coupable, quelle avait toujours su que c�tait lui qui lavait tu�e. Je lui ai demand� de quoi elle parlait. Vickie ma racont� que le corps dune fille de ans avait �t� retrouv� dans leur ville en G�orgie lann�e derni�re, et que la police avait conclu quil sagissait dun meurtre. Et quelle savait que John avait quelque chose � voir l�-dedans. Jai compris � ce moment-l� quil nen �tait pas � sa premi�re victime. NARRATEUR La police de Mobile, en Alabama, vient dapprendre que lhomme en d�tention pour le meurtre de Lisa Nichols a peut-�tre commis un premier meurtre six mois plus t�t, dans l�tat de G�orgie. En avril , le corps dAmanda Greenwell, ans, a �t� retrouv� un mois apr�s sa disparition. Elle avait �t� battue et viol�e, et sa nuque �tait bris�e. Laffaire navait pas �t� r�solue. PAUL La petite amie de John a affirm� que la veille de la d�couverte du corps dAmanda, John �tait rentr� chez eux couvert d�raflures et ses v�tements �taient sales. Il les avait imm�diatement mis dans la machine � laver, ce quil ne faisait jamais, et avait pris une douche. Elle sous-entendait quelle suspectait John davoir tu� cette jeune fille qui vivait dans leur parc � caravanes. MITCH Jai raccroch� et ai imm�diatement appel� la police de Douglasville en G�orgie pour confirmer quils enqu�taient sur le meurtre dAmanda. PAUL Il �tait clair que Lisa Nichols n�tait pas la premi�re victime de John Chapman. Pour moi, on avait affaire � un tueur en s�rie� J�tais tr�s perturb� dapprendre quil avait d�j� tu�, mais on ne voulait pas aborder le sujet avec lui tant quil ne nous avait pas dit la v�rit� sur le meurtre de Lisa. NARRATEUR Les enqu�teurs sinqui�tent que les d�claration hasardeuses de John Chapman ne suffisent pas � linculper du meurtre de Lisa. Ils �laborent une strat�gie pour le faire parler davantage. PAUL Le lendemain, on a d�cid� de tenter le tout pour le tout avec coup de bluff. On avait fait analyser les canettes de bi�res retrouv�es sur la sc�ne de crime, mais �a navait rien donn�. Je suis all� voir la police criminelle et leur ai demand� de pr�lever mes empreintes et les transf�rer sur une petite carte comme sil sagissait dune preuve. John narr�tait pas de r�p�ter quil n�tait pas entr� chez Lisa, quil �tait seulement all� dans la cuisine pour jeter sa bi�re. Je lui ai donc fait croire quon avait retrouv� une canette dans la chambre de Lisa, sur laquelle il y avait ses empreintes, et jai montr� la carte que javais fait faire. Son attitude a tout de suite chang�. MITCH Cest � ce moment-l� quil a dit�: ��Vous mavez eu, tout ce que jai racont� hier �tait faux. Voil� ce quil sest r�ellement pass�.�� Au d�part, Lisa ne voulait pas le laisser entrer. John savait pleurer sur commande, il pouvait fondre en larmes dune minute � lautre, et cest exactement ce quil a fait pour convaincre Lisa de le laisser entrer. Une fois quelle la fait entrer, c�tait fini. Il a avou� quil avait tent� de la violer mais quelle s�tait d�battue, et donc, quil lavait tu�e. �a faisait froid dans le dos. Il la dit de fa�on totalement d�sinvolte. Il venait davouer le meurtre, et on a pu linculper. JENNIFER On �tait chez le fleuriste pour acheter des fleurs pour les fun�railles, quand lagent Burch nous a appel� pour nous dire quils tenaient le coupable� Je ne comprenais pas. Je lui ai demand� sils �taient certains davoir la bonne personne, il ma r�pondu quils en �taient presque totalement s�rs. NARRATEUR La famille de Lisa est sous le choc en apprenant que le tueur nest autre que lun des voisins chez qui ils sont all�s chercher de laide apr�s avoir d�couvert le corps de leur m�re. JENNIFER C�tait lhomme aux cheveux gris, celui qui ne nous avait pas aid�. Je me souviens avoir dit aux enqu�teurs�: ��Cest lui, cest lhomme aux cheveux gris.�� NARRATEUR John Chapman a avou� le meurtre de Lisa Nichols, mais les enqu�teurs le suspectent d�tre �galement impliqu� dans le meurtre dAmanda Greenwell. Ils d�cident de contacter les autorit�s dautres comt�s pour v�rifier sil pourrait �tre li� � dautres affaires. MITCH Il avait peut-�tre fait dautres victimes. Jai fait un r�sum� bref de notre enqu�te et des chefs dinculpation quon avait contre notre suspect, cest-�-dire tentative de viol, meurtre et incendie criminel. Jai diffus� linformation, avec son nom, sa date de naissance, et son num�ro de s�curit� sociale. PAUL Jai re�u un coup de fil dune prison dans le Missouri� concernant lappel quon avait diffus�. La personne au bout du fil nous a dit quelle avait lu notre r�sum�, et quils ne savaient pas qui on avait arr�t�, mais que John Chapman �tait incarc�r� chez eux, toutes les informations concordaient. Il purgeait une peine depuis plusieurs ann�es pour cambriolage� Il ne pouvait donc pas avoir commis les crimes dont on laccusait. Lhomme quon tenait n�tait pas John Chapman... Il fallait quon d�termine qui on avait plac� en d�tention, et quelle �tait sa v�ritable identit�. NARRATEUR Les enqu�teurs du comt� de Mobile, dans lAlabama, sont stup�faits dapprendre que lhomme quils ont inculp� du meurtre de Lisa Nichols se fait passer pour quelquun dautre, et que le vrai John Chapman est incarc�r� dans le Missouri. MITCH Jai appel� Vickie, la petite-amie du suspect. Elle nous a dit quelle ne savait pas que John Chapman n�tait pas son vrai nom, mais quelle avait d�j� rencontr� sa m�re. Elle sappelait Jenny Beard et vivait dans lOklahoma. Jai donc appel� la police de Miami, une petite ville de lOklahoma, et jai expliqu� � lenqu�teur au bout du fil quon cherchait � identifier un suspect, dont la m�re sappellerait potentiellement Jenny Beard. Lenqu�teur ma r�pondu que lhomme quon tenait �tait s�rement Jeremy Jones, et quil �tait recherch� pour viol en Oklahoma depuis un moment. Cinq minutes plus tard, jai re�u un fax avec une photo de Jeremy Jones, et c�tait bien notre suspect. PAUL On est all�s le chercher� et on la conduit au poste... Je lui ai dit�: ��Comment �a va, Jeremy�?�� et il est devenu bl�me. Il avait lair abasourdi, comme si personne ne lavait appel� par son vrai nom depuis des ann�es. Je lui ai dit quon savait qui il �tait. Je lai inform� quon nous avait transmis ses empreintes et tous les mandats darr�ts qui avaient �t� �mis contre lui, une grande partie dans lOklahoma. MITCH On la interrog� pendant plusieurs heures pour tenter de comprendre. Il nous a racont� comment il avait chang� didentit�. PAUL Il �tait en libert� conditionnelle, et il avait d�cid� de fuir. Dans sa cavale, il s�tait arr�t� � un bar de Joplin, dans le Missouri. Il avait fait la rencontre dune femme � qui il avait expliqu� quil �tait en fuite, mais sans lui dire pourquoi. Elle lui avait dit que son fils �tait en prison et quil allait y rester pendant des ann�es. Elle avait propos� de lui vendre sa carte de s�curit� sociale et son permis de conduire. Jeremy les lui avait achet� pour dollars, et il avait v�cu sous cette nouvelle identit� pendant plusieurs ann�es. MITCH Il s�tait ensuite install� � Douglasville, en G�orgie, o� il avait �t� arr�t� pour de nouveaux crimes. Les autorit�s avaient relev� ses empreintes, et il leur avait dit sappeler John Chapman. Les empreintes avaient �t� transmises au FBI, et cest l� quune erreur avait �t� commise. Personne ne les avait v�rifi�es. Ils avaient deux fichiers pour la m�me personne, un au nom de Jeremy Jones, et lautre au nom de John Chapman. C�tait une �norme erreur. NARRATEUR � cause de cette faute, les autorit�s nont jamais fait le lien entre Jeremy Jones et son alias, John Chapman. La nouvelle an�antit la famille de Lisa. AMBER Les enqu�teurs ont appris quil sappelait Jeremy Jones, et ils ont d�couvert tout son pass� criminel. �a ma rendu furieuse. Je narrivais pas � croire quil aurait pu �tre mis hors d�tat de nuire bien plus t�t. Ma m�re aurait pu �tre �pargn�e. DENISE Cet homme navait rien � faire hors de prison. Il avait commis des crimes abominables. Mais � chaque fois, il avait �chapp� aux autorit�s � cause dune erreur dans le syst�me dempreintes de la police f�d�rale. Cest parce quil avait pu rester en libert� quil avait atterri � Mobile, et quil avait pu tuer brutalement lune des n�tres. �a me r�vulse� Cest inimaginable quun meurtrier comme lui ait pu vivre parmi nous. NARRATEUR Les enqu�teurs connaissent maintenant la v�ritable identit� de Jeremy Jones. Il va les surprendre en faisant dautres r�v�lations inattendues sur son pass�. PAUL Jeremy a d�clar� quil y avait des mandats darr�ts contre lui pour viol et crimes sexuels. Il a avou� tout un tas de crimes, mais ces affaires ne relevaient pas de notre juridiction. On a d�cid� dagir pour collecter le plus d�l�ments possibles et aider les autorit�s des endroits par o� il avait transit�. MITCH Le FBI nous a envoy� une �quipe de Washington, et en une journ�e de travail, on a r�ussi � �tablir un r�capitulatif complet des moindres faits et gestes de Jeremy Jones sur ans. On savait tout, jusqu� la moindre contravention quil avait re�u. On a d�cid� de linterroger sur un possible meurtre dans la Nouvelle-Orl�ans. Il nous a avou� quil �tait bien all� l�-bas, quil avait rencontr� une prostitu�e qui marchait dans la rue. Il voulait soffrir ses services, donc, il lavait interpell�e. Ils �taient all�s dans un entrep�t, et il lavait tu�e. MITCH On a contact� les enqu�teurs de la Nouvelle-Orl�ans, et Jeremy leur a confirm� lendroit pr�cis du parking o� le corps avait �t� retrouv�, et lendroit o� il lavait tu�. Il disait vrai. NARRATEUR Jeremy Jones est impliqu� dans au moins deux affaires de meurtre non r�solues. Celui dAmanda Greenwell � Douglasville, en G�orgie, et celui de Katherine Collins dans la Nouvelle-Orl�ans. Pendant ce temps, les procureurs pr�parent le proc�s pour le meurtre de Lisa Nichols. Ils ont des preuves solides de la culpabilit� de Jeremy Jones, dont larme du crime et un sac de v�tements remis � la police par un voisin de Lisa. PAUL Le pistolet avait �t� envoy� au labo pour analyse, et on nous a confirm� quil contenait les m�mes balles que celles quon avait retrouv� sur le corps de Lisa. C�tait bien larme du crime. DONNA On a effectu� des analyses ADN des v�tements de Jeremy Jones. Et sur lun deux, on a retrouv� des traces dADN correspondantes � celui de Lisa Nichols. PAUL C�tait une preuve irr�futable. Il ny avait aucune explication logique au fait que lADN de Lisa Nichols se trouve sur les v�tements de Jeremy Jones, � moins quil lait tu�e. NARRATEUR Jeremy Jones ajoute aux preuves contre lui en passant un appel inattendu en d�tention. Jeremy Jones attend son proc�s pour le meurtre de Lisa Nichols, quand il prend une d�cision surprenante. Il passe un appel � Mark Bentley, le voisin de Lisa, chez qui il logeait au moment du meurtre. PAUL Jai reparl� avec Mark Bentley plusieurs fois depuis le meurtre, et �a laffecte encore aujourdhui. �a la an�anti quun homme qui vivait dans son foyer ait pu tuer quelquun. Jeremy a fait des aveux � Mark, en sachant tr�s bien que son appel �tait enregistr�. �a a �t� une preuve cruciale de sa culpabilit�. MITCH Il a confirm� � Mark que c�tait bien lui qui avait tu� Lisa Nichols, c�tait la cerise sur le g�teau. PAUL Un proc�s, �a se pr�pare tr�s m�ticuleusement, en particulier un proc�s pour meurtre. On devait sassurer quon restait concentr�s sur laffaire Lisa Nichols� et pas sur les autres affaires hors de notre juridiction. Mark Bentley a �t� un t�moin clef pendant ce proc�s. Jeremy lui avait fait des aveux au t�l�phone, et Mark a d� confirmer que lappel avait bien eu lieu. �a a �t� d�cisif. Sil y avait bien une affaire o� la peine de mort semblait justifi�e, c�tait celle-ci. La victime �tait compl�tement innocente, et �tait en position de vuln�rabilit� apr�s avoir subi le passage dun ouragan. Et un monstre a d�cid� de lui �ter la vie et a mis le feu � son corps. MITCH Il avait pris de la m�thamph�tamine. Il lavait viol�e et tu�e sous lemprise de la drogue. Rien ne comptait pour lui � part trouver comment se procurer sa prochaine dose. C�tait tout ce qui lui importait. Le jury na pas d�lib�r� tr�s longtemps. Ils ont rapidement reconnu Jeremy Jones coupable du meurtre, et il a �t� condamn� � mort. PAUL C�tait le r�sultat quon esp�rait, et c�tait un vrai soulagement pour la famille. �a ne leur rendait pas leur m�re, mais ils savaient au moins que justice avait �t� faite. JENNIFER Javais limpression denfin pouvoir respirer apr�s de tr�s longs mois. Parce que� c�tait fini. On avait r�ussi, on avait obtenu justice comme on lesp�rait� On pouvait tourner une page. C�tait termin�. Le jour du verdict a �t� une lib�ration. PAUL Par la suite, le FBI a publi� un communiqu� pour pr�senter des excuses � la famille et reconna�tre quils avaient commis des erreurs dans le traitement des empreintes de Jeremy Jones. JENNIFER Sil avait �t� correctement arr�t� en G�orgie� il aurait �t� extrad� vers lOklahoma. Il ne serait jamais venu dans lAlabama� Ma m�re serait encore en vie aujourdhui� Pour moi, elle est morte en h�ro�ne, elle a permis quil soit arr�t� Jeremy Jones allait continuer de tuer. Il allait continuer de violer des femmes innocentes. Il allait continuer de se droguer. Il allait continuer de commettre des crimes. AMBER Ce qui mattriste le plus, cest tout ce que ma m�re a rat�. Elle na pas vu� les adultes quon est devenues. Elle n�tait pas l� � mon mariage. Elle na pas vu ma fille finir le lyc�e, et obtenir son dipl�me. Mais je sais quelle serait fi�re de nous.