ABDULLAH_KHAN ABIGAIL_LEES ANDREA_CASINI BARBARA_DO_COUTO BRAYDON_MOLONEY CAMERAMAN CHARLOTTE_BOSTOCK COMMENTAIRE DAVID_ATTENBOROUGH FALEN FERNANDO_OLIVARES FIN FREDI_DEVAS GEORGINA_WARD HECTOR HOMME_PAKISTANAIS_1 HOMME_PAKISTANAIS_2 HOMME_VIETNAMIEN ISABELLA_MENIZ KATHARINE_ROBERTSON KERON_MURRAY KIRI_CASHELL LILIAN_TINKASIIMIRE LUKE_NELSON MARK_MACEWEN MATT_MCLENNAN MITCH_BUCKLEY NICK_EASTON POMPIER_BRÉSILIEN RONAN_DONOVAN SAM_LEWIS SOLOMAN_MUSINGUZI STUART_TROWELL THEO_WEBB TOM_GREENHALGH TOM_SABIITI UZMA_KHAN WILL_RIDGEON COMMENTAIRE Planète Terre est une aventure de plus de cinq ans. Elle a mené nos équipes de tournage dans les lieux les plus inaccessibles de notre planète… pour saisir sur le vif des comportements animaux extraordinaires. Pendant près de 2 000 jours de tournage, les équipes ont filmé le grand spectacle de la nature, depuis le cercle arctique, jusqu’aux déserts les plus reculés, en passant par les profondeurs des océans. Elles ont même passé trois semaines sans voir la lumière du jour. LUKE NELSON On va passer 18 jours dans cette grotte. À partir de maintenant, on s’éclaire à la torche. COMMENTAIRE Nos cameramen ont bravé des incendies… KIRI CASHELL Mark, il fait trop chaud ! COMMENTAIRE Et des températures glaciales. STUART TROWELL Il y a beaucoup de vent, c’est pas terrible pour filmer, alors on va retourner sous la tente ! COMMENTAIRE Ils ont fait appel aux toutes dernières technologies. THEO WEBB C’est magique. Complètement magique. COMMENTAIRE Ils ont réussi à saisir la vie sous des angles totalement inédits. Et à filmer des comportements jamais observés jusqu’alors. CAMERAMAN On a les deux petits qui jouent sur la falaise ! BARBARA DO COUTO C’est en direct ? Oh, trop mignon ! COMMENTAIRE Ils ont collaboré avec des experts locaux. Ils sont allés au plus près des animaux… parfois très près ! BRAYDON MOLONEY C’est les coulisses des coulisses ! Comme à MITCH BUCKLEY Il m’a craché dessus ! COMMENTAIRE Nos équipes ont été les témoins des effets du changement climatique sur les animaux. ANDREA CASINI Cette situation n’est pas naturelle. Ce sont les êtres humains qui en sont responsables. COMMENTAIRE Grâce à leurs images, on découvre notre Terre dans toute sa beauté et sa fragilité. Voici l’aventure du tournage et les coulisses de cette formidable odyssée autour de la planète. COMMENTAIRE Au cours du tournage, l’équipe s’est rendue dans des milieux extrêmes et inhospitaliers. Des sites pratiquement inaccessibles, comme la plus grande grotte du monde. Hang Son Doong, au Vietnam. [henng sonn doung] La marche d’approche est déjà un défi à elle seule. THEO WEBB On a quitté la vallée et on grimpe dans la montagne vers l’entrée de la grotte. La végétation est vraiment très dense. COMMENTAIRE Après deux journées de marche épuisante, l’équipe arrive enfin sur place. THEO WEBB L’entrée de Hang son Doong est juste là. Une toute petite faille dans une gigantesque forêt. C’est incroyable qu’elle ait été découverte. LUKE NELSON On va passer 18 jours dans cette grotte. À partir de maintenant, on s’éclaire à la torche. COMMENTAIRE Des spéléologues vietnamiens guident l’équipe de tournage dans l’obscurité. LUKE NELSON OK. Je peux y aller ? C’est bon, j’ai rien. Mais C’est vraiment glissant. COMMENTAIRE Un réseau complexe de cordes va les mener 90 mètres plus bas. HOMME VIETNAMIEN Attention à la tête. THEO WEBB OK, merci. COMMENTAIRE Après 4 heures de descente éprouvante, ils atteignent enfin l’emplacement de leur camp de base. GEORGINA WARD Et voici nos magnifiques tentes. Comme vous pouvez le voir, c’est très cosy ! Là, c’est la table pour le petit-déjeuner… préparés tous les jours par nos super cuisiniers. Là, c’est notre station de charge. Pour nos batteries des caméras, nos torches et nos lampes frontales, qui sont tellement indispensables. Là, c’est notre réserve d’eau. Tout ce qui est ici a été apporté à dos d’homme, alors on ne la gâche pas pour se laver. COMMENTAIRE En plus de l’eau, le tournage nécessite plusieurs tonnes d’équipement. Pour les transporter, l’équipe fait d’innombrables allers et retours. Il faut avancer dans le noir chargé de gros sacs à dos, mètre par mètre. Mais l’effort en vaut la peine. Les torches surpuissantes révèlent les proportions phénoménales de la grotte. THEO WEBB C’est incroyable. C’est immense ! Et on découvre petit à petit de nouvelles cavités de cette grotte gigantesque. C’est magique. Complètement magique. COMMENTAIRE Pour restituer la taille exceptionnelle du gouffre, l’équipe met au point une technique de tournage totalement inédite. LUKE NELSON On va essayer une petite danse de drones. En gros, on va en placer deux l’un sous l’autre : l’un qui filme pendant que l’autre éclaire la grotte. On a un espace très réduit, on ne voit rien, tout va bien se passer ! THEO WEBB Ralentis un peu… COMMENTAIRE L’opération rend tout le monde un peu nerveux. THEO WEBB Ne va pas plus haut, Luke. OK, là, c’est parfait. COMMENTAIRE Un drone éclaire les parois et l’autre filme. Ils révèlent ainsi un monde fantastique. Des stalagmites monumentales, qui comptent parmi les plus grandes du monde. HOMME VIETNAMIEN Allumez ! COMMENTAIRE Sous la terre, il n’y a plus de jour ni de nuit. L’équipe se relaie 24 heures sur 24 pour saisir les paysages exceptionnels de la grotte. Mais quelques semaines par an, un secteur du gouffre s’illumine. Pour l’atteindre, il faut franchir des amoncellements de roche friable. Et se faufiler dans des boyaux étroits. THEO WEBB COMMENTAIRE Ici, il y a environ 500 000 ans, le plafond de la grotte s’est effondré. Et une fenêtre s’est ouverte sur le monde extérieur. L’équipe est en place. À présent, il faut patienter. GEORGINA WARD On est là depuis des heures et enfin, là sur la paroi à droite, on voit les premières lueurs du soleil. COMMENTAIRE Après des semaines d’obscurité, la lumière frappe le sol du gouffre, à 200 mètres sous la surface. THEO WEBB Tout à coup, cette salle immense est inondée de lumière. On avait essayé de l’éclairer avec quatre ou cinq spots, mais on distinguait à peine quelques petits recoins. Et là, le soleil arrive et ouah [merci de laisser ‘pouhhh’ de la VI] … Tout le monde a la chair de poule. LUKE NELSON Je n’ai jamais autant apprécié le soleil de toute ma vie. C’est incroyable. THEO WEBB Regardez la chute d’eau dans le contre-jour. On dirait que les gouttes tombent au ralenti. C’est un spectacle fantastique. COMMENTAIRE Pour l’équipe, ce rayon de soleil marque la fin de leur séjour dans les ténèbres. THEO WEBB On est sortis ! C’est tellement vert, tellement lumineux ! C’est là qu’on se rend compte qu’on est faits pour vivre à l’extérieur. COMMENTAIRE Ce séjour dans le monde souterrain est une expérience inoubliable. Partout, nos équipes de tournage ont vécu des aventures hors du commun. Et relevé d’immenses défis. Au large des îles Canaries, il a fallu fouiller l’océan en quête d’un minuscule crustacé. Autrefois, on trouvait les crabes de Christophe Colomb sur des débris naturels, comme le bois flotté. Désormais, ils s’accrochent souvent à des matériaux artificiels… Comme ce des filets de pêche abandonnés. Mais pour les animaux plus grands, ces déchets marins peuvent être mortels. Les tortues caouannes sont particulièrement vulnérables. ANDREA CASINI Souvent Elles se blessent quand elles s’emmêlent dans les filets, et elles survivent rarement. C’est très triste. COMMENTAIRE Les documentaristes ont pour principe de ne jamais interférer avec les comportements naturels. Mais là, l’équipe se sent le devoir d’agir et de libérer la tortue du fardeau qui l’emprisonne. ANDREA CASINI La tortue n’a pas l’air blessée. On va retirer le plastique et on pourra la relâcher. COMMENTAIRE C’est une victoire. Qui laisse pourtant un goût amer. Au cours du tournage dans ces eaux, l’équipe va sauver pas moins de huit tortues. ANDREA CASINI Cette situation n’est pas naturelle. Ce sont les êtres humains qui en sont responsables. COMMENTAIRE Les équipes de tournage se trouvent de plus en plus souvent confrontées à ce genre de dilemme. C’est le cas sur la côte du Chili. Notre équipe est venue filmer les interactions entre les otaries à crinière et la pêche industrielle. Fernando Olivares est le chef de l’expédition. Il emmène l’équipe vers la flotte de pêche. Il est très dangereux de plonger près des immenses filets. L’équipe doit donc s’assurer de la pleine coopération des pêcheurs. FERNANDO OLIVARES Demande permission de déployer des plongeurs autour du filet. C’est possible ? PÊCHEUR Oui, mais soyez vraiment très prudents. FERNANDO OLIVARES Merci beaucoup, capitaine. WILL RIDGEON C’est vraiment risqué de plonger ici. On essaie de garder un œil sur les plongeurs en suivant leurs bulles. Mais les otaries en émettent aussi. Donc on croit suivre les plongeurs et on voit sortir une otarie ! COMMENTAIRE Les plongeurs s’approchent avec précaution. Ils filment au plus près des filets, pour tenter de restituer les proportions gigantesques de l’opération. WILL RIDGEON Ce filet doit contenir 15 tonnes d’anchois. Et il y a huit ou neuf bateaux comme ça dans cette petite baie. Et encore, ils sont de taille limitée. Au large, il y a des navires-usines géants qui attrapent encore plus de poissons. On pêche quelle quantité de poisson par an, ici ? FERNANDO OLIVARES Environ un million de tonnes par an. COMMENTAIRE Les prises sont si importantes que les otaries ont modifié leur comportement naturel. Désormais, Elles viennent prélever les anchois directement dans les filets. Mais la stratégie est risquée. À plusieurs reprises, l’équipe voit des otaries prises au piège. HECTOR SKEVINGTON-POSTLES C’est dingue. Il y en a énormément. WILL RIDGEON Il y a un bébé coincé dans le filet qui appelle sa mère. La mère est juste à côté, elle crie aussi. C’est vraiment dur de voir ça. Le pauvre petit panique complètement. COMMENTAIRE Parfois, les pêcheurs arrivent à libérer les otaries. Mais pas cette fois. Le petit est en grand danger. Alors, une fois de plus, l’équipe décide d’intervenir. FERNANDO OLIVARES Il va à l’intérieur du filet pour le sauver ! COMMENTAIRE Le petit retrouve enfin sa mère. C’est génial, vraiment génial. [note de la traductrice : dans la séquence qui suit, David Attenborough parle à la première personne. Je propose de modifier le texte - en partant de cette courte réflexion sur le métier de documentariste animalier - pour introduire les images d’archives qui sont aussi une forme d’hommage à son travail.] COMMENTAIRE Pour cette fois, tout se finit bien. Mais cette séquence montre l’impact profond des activités humaines sur le comportement des animaux sauvages. Elle met aussi en lumière les situations auxquelles les documentaristes animaliers sont désormais confrontés. David Attenborough est l’un des pionniers des films sur la nature. Au cours de sa vie, il a filmé quelques-uns des plus beaux sanctuaires de la nature. Des lieux que peu de personnes avaient explorés avant lui En 1957, Il a ainsi été l’un des 1ers à filmer l’île de Raine, au nord-ouest de l’Australie. DAVID ATTENBOROUGH Au bout de quinze jours de navigation, nous arrivons enfin en vue de l’île de Raine. Depuis l’océan, c’est un simple banc de sable couvert de broussailles. Mais en s’approchant à la rame, on est assourdis par les cris de milliers d’oiseaux de mer. Ils sont si nombreux qu’ils forment un nuage noir dans le ciel. COMMENTAIRE David Attenborough avait alors 31 ans. C’est ici qu’il a vu sa première tortue verte. DAVID ATTENBOROUGH Les tortues viennent pondre le soir et après une nuit passée à pondre plus d’une centaine d’œufs, elle est épuisée et n’a qu’une hâte, retourner à la mer. COMMENTAIRE Près de 65 ans plus tard, notre équipe de tournage aborde cette même île. Sur place, deux représentants de ses gardiens immémoriaux l’attendent. FALEN Bienvenue sur Raine ! COMMENTAIRE Les tribus des Wuthathi et des Meriam viennent ici depuis des milliers d’années. KERON MURRAY L’île de Raine est magnifique, elle est unique au monde. Nulle part ailleurs vous ne verrez autant de tortues. C’est vraiment magique. COMMENTAIRE Depuis la visite de David Attenborough, on a découvert que l’île abrite la plus grande concentration de tortues vertes au monde. Plusieurs dizaines de milliers d’entre elles viennent pondre ici chaque année. L’équipe envoie un drone pour filmer ce spectacle. BRAYDON MOLONEY Vu du ciel, c’est impressionnant. COMMENTAIRE Et l’équipe rencontre bientôt d’autres habitants de l’île. BRAYDON MOLONEY les coulisses des coulisses. À plus, mon ami ! COMMENTAIRE L’équipe est venue filmer le retour périlleux des mères vers l’océan. BRAYDON MOLONEY Oh non ! COMMENTAIRE Des tortues restent piégées dans les rochers. La plupart réussissent heureusement à se libérer quand la marée monte. KERON MURRAY Encore un peu sur la droite, voilà. COMMENTAIRE Mais cette fois, Keron Murray décide d’intervenir. KERON MURRAY Prêt ? Un, deux, trois. Quand on vient ici, on parcourt la plage pour aider les tortues qui ne pourront pas retourner à la mer. Si on peut les sauver, on le fait. Parce que chaque tortue est précieuse. COMMENTAIRE Avec l’aide de cette équipe dévouée, l’avenir des tortues de Raine semble assuré. Mais en réalité, une grave menace pèse sur cette espèce. Et c’est La conséquence directe du changement climatique. KATHARINE ROBERTSON Tu peux tenir ça contre la partie plate du récepteur de données ? COMMENTAIRE Le sexe des bébés tortues est déterminé par la température à l’intérieur du nid. Plus elle est élevée, plus il y a de femelles qui voient le jour. Aujourd’hui, les sables de l’île de Raine atteignent des températures record. Et 99 % des bébés tortues qui naissent ici sont des femelles. Plus alarmant encore, les recherches montrent que la tendance dure depuis au moins 20 ans. KERON MURRAY Le calcul est simple : rien que des femelles et pas de mâles. Donc qu’est-ce qu’il va se passer ? La population va s’effondrer. Et il n’y aura plus de tortues. COMMENTAIRE Et non seulement les températures montent, mais le niveau des mers aussi. De plus en plus souvent, la marée montante inonde les nids par en dessous. Les petites tortues sont noyées avant même d’éclore. KATHARINE ROBERTSON C’est vraiment triste. On creuse pour vérifier le succès de la ponte. On arrive au nid, et on n’en sort que des œufs morts. COMMENTAIRE Pour empêcher le pire, l’Australie a opté pour les grandes manœuvres. Ces bulldozers proviennent du continent, à plusieurs centaines de kilomètres de là. On les a expédiés jusqu’ici pour reconstituer la plage. Ils ont déjà déplacé assez de sable pour remplir 16 piscines olympiques. Première victoire, les sites de nidification abrités des eaux ont doublé. L’éclosion de plus de cinq millions d’œufs pourrait ainsi être favorisée au cours de la prochaine décennie. Mais à plus long terme, l’avenir de l’île de Raine reste très incertain. KATHARINE ROBERTSON On pense qu’on a jusqu’à 2050. Ensuite, l’impact de la montée des eaux sera trop important. C’est fou de se dire que d’ici trente ans, plus personne ne fera le travail qu’on fait ici... parce qu’il n’y aura plus d’île. KERON MURRAY Quel monde on va laisser à nos enfants, et à nos petits-enfants ? Est-ce qu’il leur restera quelque chose, ou bien on fait tout ça en vain ? On va continuer à se battre pour l’île de Raine et pour les tortues. Mais on ne peut pas le faire seuls. Il faut que les gouvernements et les grands groupes se réveillent et qu’ils commencent à agir pour la planète. DAVID ATTENBOROUGH Cette petite tortue vient de sortir d’un œuf pondu il y a environ un mois. Et visiblement elle a hâte de rejoindre la mer. COMMENTAIRE Cette tortue née en 1957 a dû affronter bien des périls au cours de sa vie. Mais ils sont sans commune mesure avec ceux que devra relever la prochaine génération. Depuis la visite de David Attenborough, il y a plus de 65 ans, l’île de Raine est restée le site le plus important pour la ponte des tortues vertes. Mais le sera-t-elle encore dans 65 ans ? COMMENTAIRE Partout ou presque, la faune est confrontée à de nouveaux défis. Mais quel que soit le lieu, nos équipes de tournage ont découvert des héros qui consacrent leur vie à la protection des animaux. Dans le Cerrado au Brésil, nos équipes ont collaboré avec des chercheurs qui étudient les loups à crinière. MARK MACEWEN Tu me diras si tu repères Bella. ISABELLA MENIZ Je l’ai, elle est plein Est . COMMENTAIRE Sans leur aide, il est pratiquement impossible de pister les loups. Surtout dans la végétation très dense du Cerrado. MARK MACEWEN Ils sont vraiment difficiles à localiser. Ce sont des animaux solitaires qui vivent dans ces hautes herbes d’un mètre, et ils font la taille d’un loup. C’est comme de chercher une aiguille dans une botte de foin. COMMENTAIRE Les chercheurs ont équipé deux femelles de collier émetteur. Toutes deux ont des petits. Ils espèrent repérer la tanière de l’une d’elles et placer des caméras à l’intérieur. Les images livreront des informations cruciales pour la protection de cette espèce menacée. MARK MACEWEN Elle est quelque part par ici. BARBARA DO COUTO Le loup à crinière est une espèce très particulière. C’est très important de mieux le connaître. Plus on en saura sur lui, mieux on pourra le protéger. COMMENTAIRE Mais les femelles semblent se diriger vers une zone dangereuse. MARK MACEWEN La piste nous a menés directement dans cet immense domaine agricole. Je n’ai jamais vu de champs de cette taille. COMMENTAIRE Le loup à crinière a déjà perdu la moitié de son habitat, transformé en terre agricole. Les colliers émetteurs montrent que les loups s’aventurent régulièrement dans ce paysage humain. Les chercheurs découvrent malheureusement le corps de l’une des deux femelles près d’un champ. La cause de la mort reste inconnue. Une chose est sûre, les petits ne survivront pas longtemps sans elle. Alors, les chercheurs tâchent de les retrouver au plus vite. BARBARA DO COUTO Les louveteaux sont là. COMMENTAIRE Cinq louveteaux d’un mois sont cachés dans les hautes herbes. BARBARA DO COUTO Il faut vite partir, ils craignent le soleil. COMMENTAIRE Les petits sont emmenés dans un centre de sauvetage d’urgence pour être examinés. BARBARA DO COUTO Il est complètement déshydraté. COMMENTAIRE Ici, ils vont être l’objet de soins constants. Et un jour, ils seront assez forts pour être relâchés dans la nature. La mort de leur mère est un coup dur pour les chercheurs et pour l’équipe de tournage. Mais ils ont encore une chance de filmer une tanière. Pour cela, il faut retrouver l’autre femelle équipée d’un collier. Nhorinha. [norinia] ISABELLA MENIZ Elle est un peu plus à droite. MARK MACEWEN C’est elle, là ? Non. KIRI CASHELL Oui, je la vois. Elle est là ! TOM GREENHALGH Oui, je la vois, ça y est. Elle est devant nous, un peu sur la droite. À 50 mètres de la voiture. MARK MACEWEN Je l’ai ! TOM GREENHALGH Super. COMMENTAIRE L’équipe finit par saisir de premières images de la 2e louve, que les chercheurs ont baptisé Nhorinha. Les caméramans lancent alors un drone pour la suivre jusqu’à sa tanière. Le drone livre un premier aperçu de ses petits. BARBARA DO COUTO Ils sont là. COMMENTAIRE Elle est en train de les déplacer. Personne n’a jamais assisté à ce spectacle. ISABELLA MENIZ C’est merveilleux. Mon cœur s’est arrêté de battre. Je n’en crois pas mes yeux… Et maintenant, on sait où se trouve sa tanière ! COMMENTAIRE Le lendemain matin, ils reviennent sur place. Pour placer la caméra, il faut d’abord s’assurer que Nhorinha s’est suffisamment éloignée. BARBARA DO COUTO Elle se trouve au moins à un kilomètre d’ici. C’est une très bonne nouvelle. On va essayer de s’approcher. LUKE NELSON On y va. COMMENTAIRE L’emplacement de la tanière n’est pas clairement identifiable. Alors, ils placent la caméra là où l’herbe est aplatie et croisent les doigts. LUKE NELSON On est à 80 mètres de la tanière. On ne peut pas être plus près sans la déranger. On est en direct. Et la caméra n’a pas bougé. COMMENTAIRE Luke Nelson surveille les écrans. Pendant ce temps, le reste de l’équipe suit les déplacements de Nhorinha. Mais très vite, ils s’immobilisent. KIRI CASHELL On vient d’apercevoir un grand panache de fumée au loin. Il est juste derrière la tanière, là où la louve a laissé ses petits. On est tous très inquiets. COMMENTAIRE L’incendie pourrait bien avoir été déclenché par des agriculteurs. Ça leur permet de défricher rapidement la terre, pour cultiver de quoi nourrir des élevages de volaille et de bétail dans le monde entier. MARK MACEWEN On a filmé tout près de l’incendie et la chaleur était tellement intense ! Je me suis brûlé la peau de mes bras. Le feu se déplace très vite. Si on est coincés, on ne peut pas y échapper. KIRI CASHELL Toutes les cellules de notre corps nous disent de quitter cet endroit. Mais pour les animaux, c’est impossible. Le Cerrado est encerclé par les cultures et les routes. Donc en fait, ils sont coincés. COMMENTAIRE Un peu plus au nord, toujours au Brésil, notre équipe suit une brigade de pompiers. Elle est venue témoigner de l’impact des feux de forêt sur l’Amazonie. FREDI DEVAS La brigade va intervenir sur un feu qui ravage d’une forêt vierge primaire. Ça brûle depuis deux jours. On ne sait pas trop ce qu’on va trouver sur place. COMMENTAIRE Comme dans le Cerrado, il s’agit souvent d’incendies illégaux. L’objectif est de défricher toujours plus d’espace pour des cultures qui nourriront le bétail. FREDI DEVAS C’est terrible. Regardez les flammes là-bas. J’ai jamais vu ça ! POMPIER BRÉSILIEN Allume la pompe à eau ! Attaque le feu de loin. Il faut arrêter l’incendie ici. COMMENTAIRE Lutter contre le feu est un travail dangereux. C’est la mission quotidienne des pompiers. Mais pour les cameramen, c’est une expérience totalement nouvelle. Et ces incendies peuvent être imprévisibles. FREDI DEVAS Neil, ne reste pas trop longtemps là. POMPIER BRÉSILIEN Il faut éviter que le feu n’aille par-là. Avec le vent, c’est dangereux, ici. ABIGAIL LEES Je crois qu’il faut partir. Je prends l’autre caméra. POMPIER BRÉSILIEN Par ici ! ABIGAIL LEES C’est effrayant. COMMENTAIRE Les caméramans doivent battre en retraite. Mais pour continuer à filmer malgré tout, ils font décoller le drone. L’équipe se regroupe. Elle s’éloigne du cœur de l’incendie, en quête d’animaux piégés par les flammes. FREDI DEVAS On nous a parlé d’un singe dans les arbres. Le problème, c’est que ‘l’incendie avance de ce côté… mais aussi de là On ne sait pas ce que les animaux vont faire quand tout leur territoire aura brûlé. Qu’est-ce que les animaux de la forêt ressentent devant un incendie comme ça ? Moi, je trouve ça horrible. Je me demande ce que ça leur fait. COMMENTAIRE La nuit tombe et le feu continue de brûler. Le lendemain, l’équipe de tournage accompagne les pompiers sur place. Sur ce terrain désolé, ils recherchent des animaux. Et chose incroyable, certains ont survécu. NÃKE HUNI KUIN Ça me fait mal de voir ça. Parce que la nature est vivante, comme nous. Et tout ce qui la touche nous touche, nous aussi. Alors, c’est très triste de voir la forêt comme ça. Elle ne mérite pas d’être traitée de cette manière. Elle doit être forte. Elle doit nous donner de la force. Si elle s’affaiblit, on sera faibles, nous aussi. Et si elle disparaît, on disparaitra nous aussi. COMMENTAIRE Retour dans le Cerrado où les incendies ont fini par s’éteindre. BARBARA DO COUTO Hello, comment ça va ? COMMENTAIRE Et l’équipe de tournage a de bonnes nouvelles pour les biologistes. LUKE NELSON Oh, regarde, il y en a un ici. BARBARA DO COUTO Là, maintenant ? LUKE NELSON Oui, regarde. BARBARA DO COUTO C’est du direct ? LUKE NELSON Il y a un petit, là. Oui, c’est du direct. BARBARA DO COUTO Oh c’est trop ! LUKE NELSON J’ai jamais rien vu de plus mignon. BARBARA DO COUTO Moi non plus ! Il est trop chou ! LUKE NELSON Il regarde vers la caméra. BARBARA DO COUTO Incroyable. C’est la première fois qu’on filme des louveteaux à crinière dans leur tanière. Personne n’a jamais vu ça. On va récolter beaucoup d’informations sur cette espèce si importante. Je n’ai pas les mots pour décrire ce que je ressens. C’est trop pour moi. COMMENTAIRE La caméra continue de filmer des images totalement inédites de l’intimité des loups à crinières, et notamment des premières semaines des petits. Une période cruciale de leur vie. Ces informations sont précieuses pour les chercheurs. Elles permettront d’estimer la surface à sanctuariser pour protéger les prochaines générations. BARBARA DO COUTO J’espère que tous tout le monde pourra voir à quel point ces animaux sont uniques, magnifiques et formidables. Je suis inquiète pour leur l’avenir, mais je garde espoir. Je vais continuer de à me battre pour aider ces loups. Je suis née dans le Cerrado, j’ai grandi ici. Le Cerrado, c’est chez moi. C’est mon devoir de le protéger. COMMENTAIRE Au Pakistan, notre équipe de tournage embarque elle aussi avec des chercheurs pour une expérience tout à fait nouvelle. Elle est venue ici pour filmer un autre animal méconnu. Uzma Khan est la spécialiste mondiale des dauphins de l’Indus. UZMA KHAN Je suis sous le charme. C’est un animal magnifique. Pour moi, ça a été le coup de foudre. Ils sont extraordinaires. COMMENTAIRE Depuis plus de vingt ans, elle étudie le tout dernier groupe de dauphins de l’Indus. UZMA KHAN Les dauphins de l’Indus ne peuvent vivre que dans l’eau douce. On les trouve uniquement au Pakistan, nulle part ailleurs. Il n’en reste qu’environ 2 000 dans l’Indus. Alors, chaque individu est très spécial. COMMENTAIRE Il est très difficile de suivre les dauphins dans les eaux troubles du fleuve. Ils n’émergent souvent qu’une fraction de seconde. Et ils peuvent réapparaître hors de vue des chercheurs. Ces dauphins sont principalement menacés par les canaux d’irrigation. Mais pour mettre en place des solutions, Uzma a besoin d’en savoir davantage. Alors, elle fait équipe avec des sauveteurs locaux. Ensemble, ils vont mettre en place un projet d’inédit. UZMA KHAN C’est la première fois qu’on va poser des balises GPS sur des dauphins d’eau douce en Asie. On n’a jamais testé ça sur cette espèce, donc il y a un peu d’inquiétude. Mais si ça fonctionne, ce sera décisif pour leur conservation. COMMENTAIRE Et justement, un dauphin a été repéré dans un bassin. Il est piégé, et Uzma va profiter de l’opération de sauvetage pour poser l’émetteur. Elle espère recueillir des données cruciales sur le déplacement des dauphins à travers les barrages et les canaux de l’Indus. HOMME PAKISTANAIS 1 Je vous explique le plan de sauvetage. UZMA KHAN Je suis toujours angoissée pendant ce genre d’opération. HOMME PAKISTANAIS 2 Ne laissez pas l’eau entrer dans l’évent et ne les serrez pas trop fort. UZMA KHAN Les plongeurs sont très expérimentés. Mais je m’inquiète quand même. NICK EASTON C’est une opération très dangereuse pour l’animal. Il est possible que le dauphin ne survive pas. Mais de toute façon, s’il restait dans ce bassin, il va mourir. Donc les sauveteurs sont obligés de prendre ce risque. CHARLOTTE BOSTOCK Ils ont le dauphin ? ABDULLAH KHAN Oui, je crois bien. COMMENTAIRE À présent, il faut agir vite. NICK EASTON On roule à toute vitesse à travers la campagne vers le site de réintroduction. Je crois qu’Uzma est partie devant. J’espère vraiment qu’elle va pouvoir poser la balise sur le dauphin. COMMENTAIRE Mais les missions de sauvetage ne se passent pas toujours comme prévu. HOMME PAKISTANAIS 2 Qu’est-ce qui se passe ? COMMENTAIRE Un a pneu crevé. HOMME PAKISTANAIS 2 Hé, venez, et prenez le matelas ! COMMENTAIRE Le dauphin est vite transporté dans le véhicule de l’équipe de tournage. HOMME PAKISTANAIS 2 Allez chercher l’eau ! On le pousse doucement. COMMENTAIRE Mais le pick-up n’a pas de toit. Il faut faire vite. Le dauphin est exposé au vent et au soleil. Il risque la déshydratation. ABDULLAH KHAN C’est un bel animal, il ne faut pas qu’il meure. COMMENTAIRE Alors, les sauveteurs changent de plan et emmènent le dauphin sur un site tout proche. Tant pis pour la pose de l’émetteur. Le dauphin doit être relâché au plus vite. Uzma est déçue, mais soulagée. Le dauphin est sauvé. Quelques jours plus tard, la chance sourit enfin à la biologiste. UZMA KHAN C’est un grand jour pour nous. On attendait cet instant depuis plus de dix ans. Reste bien calme. OK, on peut le relâcher. Félicitations. Bien joué. Je suis tellement heureuse. C’est une grande réussite. C’est le plus beau jour de ma vie. COMMENTAIRE Quelques semaines plus tard, Uzma a récolté de précieuses informations. UZMA KHAN Ils se déplacent énormément. On ne s’attendait pas à ce soient si mobiles. L’un des dauphins a remonté le fleuve sur 46 kilomètres, à partir de là où il a été relâché. Et aussi, on pensait qu’ils restaient dans le cours principal du fleuve, alors qu’ils circulent beaucoup dans ses affluents. C’est extrêmement intéressant. COMMENTAIRE La cartographie de ces déplacements va permettre de comprendre quand et où les dauphins se retrouvent piégés. On pourra alors mettre en place des solutions plus efficaces pour leur protection. COMMENTAIRE Le monde des êtres humains s’étend plus rapidement que jamais. Les habitats naturels se dégradent à grande vitesse. Et de nombreux animaux n’ont pas le temps de s’adapter. Certains tentent malgré tout de trouver leur chemin dans ce monde étrange et inconnu. C’est ce que l’équipe de tournage a filmé en Ouganda. Ici, en dix ans à peine, les chimpanzés ont perdu 80 % de leur forêt d’origine. Cette troupe n’est pas établie dans une zone protégée. Alors, elle a dû apprendre à vivre avec les quelque 200 familles de paysans installées ici. Pour raconter leur histoire, l’équipe de tournage a travaillé avec les habitants de la région. MITCH BUCKLEY C’était qui, ça, Tom ? TOM SABIITI Ça, c’était Araali. COMMENTAIRE Tom Sabiiti travaille pour un programme de préservation local des chimpanzés. Il étudie les animaux au quotidien depuis quinze ans. Et il peut témoigner de la transformation de la région. TOM SABIITI Beaucoup de choses ont changé. Avant, quand les chimpanzés voyaient des humains, ils se mettaient à courir très vite et ils disparaissaient. Maintenant, ils restent là où ils sont. Parce que de toute façon, où qu’ils aillent, ils tombent sur des humains. COMMENTAIRE Il est très difficile de filmer des chimpanzés dans leur habitat sauvages. Mais si proches du monde des humains, ils changent de comportement. L’équipe est surprise de voir à quel point ils se laissent facilement approcher. MITCH BUCKLEY Un autre arrive. COMMENTAIRE En revanche, dans la forêt, c’est une autre histoire. Ici, les singes semblent sur leurs gardes. MITCH BUCKLEY Il y a un fossé. COMMENTAIRE Et tout ce que l’équipe parvient à filmer… Ce sont des postérieurs ! SAM LEWIS Les chimpanzés nous ont baladés toute l’après-midi. Ils ont traversé la rivière dans un sens, puis dans l’autre sens. Ensuite, ils sont passés devant nous quand on était dans la forêt. Et maintenant, ils ont encore disparu. COMMENTAIRE Dans la forêt, il va leur falloir du temps pour gagner la confiance de la troupe. SAM LEWIS On a trouvé Moses. RONAN DONOVAN Là, c’est Jack. COMMENTAIRE Au bout de deux semaines, ça va déjà mieux. Du moins au sol. Mais que vont penser les chimpanzés de ces humains qui grimpent aux arbres ? RONAN DONOVAN C’est une nouvelle expérience pour eux. Je ne crois pas qu’ils aient déjà vu un être humain dans un arbre. J’espère qu’ils vont m’accepter. COMMENTAIRE Après des heures de patience... victoire. RONAN DONOVAN Tous les chimpanzés qui me regardaient d’en bas ont finalement grimpé dans les arbres autour de moi. Je crois que c’est bon signe. Ils m’ont accepté. C’est la première fois qu’on peut les filmer à leur hauteur pendant qu’ils mangent. COMMENTAIRE Les chimpanzés de la forêt sont méfiants. Mais ils témoignent aussi d’une faculté d’adaptation extraordinaire à la présence des humains. Alors, qui doit s’adapter le plus à l’autre ? Pour les spécialistes, c’est clairement de notre responsabilité. MATT MCLENNAN Les chimpanzés sont extrêmement intelligents. Si on abat les arbres de leur forêt, ils vont se nourrir des cultures. Si on divise leur territoire en construisant des routes, ils vont apprendre à les traverser. Les animaux peuvent s’adapter à un environnement de plus en plus humanisé. La vraie question est de savoir si les gens humains peuvent s’accommoder de la présence d’un animal comme le chimpanzé. COMMENTAIRE Les chimpanzés peuvent être dangereux. Cohabiter avec eux est une expérience délicate. SOLOMAN MUSINGUZI Comme vous le voyez, on n’a pas la vie facile ici. Nos champs sont souvent dévastés par ces chimpanzés. COMMENTAIRE Le projet local de préservation des chimpanzés aide les habitants à faciliter cette cohabitation. Lilian et sa famille participent au projet depuis huit ans. Ils ont planté des variétés endémiques sur leur parcelle et laissé la forêt revenir. LILIAN TINKASIIMIRE Si on coupe les arbres, ils viennent dormir dans nos maisons. Alors, c’est mieux de leur laisser cet espace. Quand on les laisse tranquilles et qu’on ne les dérange pas, ce sont des animaux paisibles. COMMENTAIRE D’autres paysans de la région suivent l’exemple de Lilian. Et les premiers effets positifs se font sentir. La paix revient peu à peu, au rythme des parcelles reboisées. Rien n’est gagné. Et l’avenir de ces chimpanzés demeure incertain. Mais l’espoir d’une coexistence plus pacifique est là. À travers le monde, nos équipes de tournage ont été témoin des défis sans précédent que rencontrent les animaux sauvages. Mais elles ont aussi filmé des sites extraordinaires, et des comportements exceptionnels. Et elles ont découvert que partout, des femmes et des hommes se mobilisent pour trouver des solutions. Des héros qui consacrent leur vie à la protection, et à la restauration du monde naturel. Pour notre avenir à tous FIN