ALBERT BILL BOB CARL CAROL DARLENE DEREK DICK DIMPLETS ELAINE GAIL GREGG KENNETH LIZ MARC MICHAEL PARNELL PHIL ROLAND SAM SHEILA STEPHANIE BILL Les davidiens exerçaient leurs droits selon leur interprétation propre de la liberté d’expression, la liberté de culte… …la liberté de détenir des armes. Waco a eu lieu il y a 30 ans. On pourrait se dire que c’est du passé et que ça n’a plus d’importance, mais les répliques du séisme de Waco se ressentent encore aujourd’hui. En particulier, dans l’esprit de beaucoup d’Américains de droite et d’extrême droite qui voulaient et qui veulent peut-être encore subvertir la démocratie ; qui veulent renverser les résultats de la présidentielle de 2020 et qui veulent le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Waco résonne encore. MARC David Koresh se prenait pour le septième et dernier prophète. CARL Il jouait sur la peur avec des formules du type « Vous mourrez en enfer ». DIMPLETS Il affirmait que l’Apocalypse allait arriver, que l’Armageddon adviendrait et qu’il les emmènerait en lieu sûr. LIZ Je trouvais ça fantastique. CAROL Beverly pensait avoir trouvé la voie. DEREK Une meilleure façon de vivre et de concevoir les choses. GAIL Malheureusement, Bernadette avait beaucoup changé quand elle a déménagé à Waco. PARNELL Il leur a donné de l’espoir, mais ce n’était rien d’autre qu’un voyou à la petite semaine. C’est la débâcle. DEREK Les balles sifflent au-dessus de ma tête. On a riposté pour se défendre. ROLAND C’était violent. Ils voulaient nous tuer. ELAINE C’est de ne pas savoir qui est le pire. SAM Dans la vie, il n’y a rien de plus précieux que la famille. Seigneur. DEREK La promesse de la vie éternelle, c’est ça qui nous motivait. PARNELL Aucun des agents sur place ce matin-là ne se doutait que 4 collègues seraient tués et 14 ou 15 très gravement blessés, la mâchoire en miettes, le corps déchiqueté. On était abasourdis. DEREK C’était annoncé dans la Bible. Mais qui a commencé ? Qui a commencé ? Qui a réalisé la prophétie ? Les autorités. En nous attaquant, elles ont réalisé la prophétie. PHIL Le 28 février, quand les davidiens ont regardé par la porte, l’ATF se ruait sur eux avec des armes. Pour eux, la prophétie advient. BILL Les autorités installaient des barrages routiers pour réguler les hordes de journalistes qui déferlaient. Mais le centre des Davidiens en lui-même était calme. On assistait à une situation quasiment inédite aux Etats-Unis. DEREK Une des filles, après être restée allongée peu de temps, se lève et reçoit une balle dans la tête. Après le cessez-le-feu, j’ai trouvé le corps de Winston Blake. C’était un Anglais adventiste du septième jour. Il était mort d’une seule balle dans la tête. Dieu le protège. MICHAEL A ce moment-là, on ne savait pas qu’il était mort. STEPHANIE On a peur. On est inquiet. On suit ce qui se passe à la télé. MARC Le FBI a été appelé pour prendre le relais alors que leurs agents lisaient dans le journal ce qui s’était passé la veille avec les morts et les blessés. Ils tombaient des nues. Quelqu’un leur a donné mon nom et la première chose que l’agent fédéral m’a dit après m’avoir salué, c’est : « C’est qui, ces forcenés ? » BOB Je n’ai su pour la descente que dans l’après-midi du 28 février. J’ai allumé la télé et la première chose que j’ai vue, c’est un agent de l’ATF sur le toit du centre, possiblement blessé par balle. La première chose à faire consistait à établir un périmètre autour de la bâtisse. En 24 heures, on devait avoir réuni près de 500 agents. DEREK On devait faire avec. Tout le monde était terrorisé. On se disait qu’ils allaient revenir se venger et nous exterminer. Ils avaient des snipers. Pour quoi faire ? Ils nous prenaient pour qui ? Des snipers. BOB On a été obligé de demander l’aide du Pentagone, parce que le lendemain de notre arrivée, on a appris que les davidiens avaient à leur disposition des armes de calibre 50, capables de facilement transpercer nos véhicules. On est donc allés à Fort Hood pour y récupérer des blindés Bradley. DEREK On n’est pas méchants. Ils sont fous d’envoyer des chars contre des civils. BOB Il prêchait un évangile apocalyptique. Une prophétie disant que Dieu conduirait un mouvement et que le gouvernement l’en empêcherait. On a envoyé nos négociateurs. On a fait venir nos spécialistes en sciences comportementales pour réaliser un examen psychologique du groupe. GREGG J’étais le spécialiste en sciences comportementales sur place. Je travaillais avec les négociateurs. J’écoutais leurs conversations téléphoniques avec tel ou tel davidien. Notre stratégie consistait à renoncer à l’aspect militaire de l’intervention. On voulait relâcher la pression, parce que cette pression renforçait la cohésion du groupe, alors qu’on voulait la détruire. SHEILA Ils ont donné l’impression qu’on pouvait faire confiance au gouvernement et qu’on n’avait plus à avoir peur. DEREK L’ambiance était meilleure, plus calme. GREGG On lui a accordé une heure de dissertation sur son interprétation du livre de l’Apocalypse, sur le fait qu’il était l’Elu, le prophète capable d’ouvrir les sceaux et ce que ça signifiait. On a promis de diffuser ses propos à l’échelle nationale sur CBN, une chaîne de télévision américaine chrétienne. SHEILA Une fois que David s’est mis à discuter avec les négociateurs de la diffusion de ces cassettes et de notre reddition, on a arrêté de penser à la mort et à ce qu’on allait devenir. DEREK Peut-être que la mort ne nous attend plus, peut-être qu’on va sortir et que tout se finira bien. GREGG Les cars étaient prêts. Tout était prêt. La cassette a été diffusée pendant une heure. On a tenu notre part de l’engagement. SHEILA J’étais même au rez-de-chaussée à attendre qu’ils viennent prendre les affaires des enfants. BOB On était tous surexcités. On se tapait dans la main. On allait tous rentrer chez nous. Cette histoire allait se terminer pacifiquement. Il y a eu un blanc. On se demandait ce que ça voulait dire. Koresh a répondu qu’il s’en remettait à Dieu, que c’est lui qui déciderait quand ça finirait et que pour l’instant, il avait l’ordre d’attendre. KENNETH Les davidiens étaient persuadés d’être le peuple de la fin des temps, le peuple élu. Dieu leur avait ordonné de rester. Selon Koresh, sortir du bâtiment reviendra dans les faits à tourner le dos à Dieu. SHEILA Je suis partie la 3e semaine. On allait enfin retrouver notre famille, nos enfants et tout le monde allait sortir. ELAINE On était tous sous le choc et interloqués. On ne comprenait pas ce qui se passait. On était convaincus que Cliff n’était pas le bâtiment à cette période. On ne pouvait quasiment rien faire. Personne n’est venu nous voir. On a demandé aux autorités si elles pouvaient se renseigner et c’est resté lettre morte. On n’a eu aucune aide ni aucun retour. On se sentait totalement impuissants. SAM J’étais très inquiet, parce que ma chair et mon sang se trouvaient à l’intérieur. Reverrais-je un jour ma famille, vivante ? GAIL Avec ma sœur, on était très proches. Elle avait un an de moins que moi. Elle était extrêmement protectrice. Elle avait toujours sa main posée sur mon bras. Les autorités britanniques ont appris qu’il y avait des ressortissants britanniques à Waco grâce à nous. Elles ont su parce qu’on a appelé. On n’avait pas la possibilité de parler directement à nos proches pour les persuader de sortir. BOB Je pense que les négociateurs auraient pu rester indéfiniment, mais l’équipe de libération des otages était déjà à bout de patience, pour être franc. Surtout que les preneurs d’otages étaient des meurtriers. Le délai est arrivé à échéance, il est temps de passer à l’action. GREGG On était en désaccord avec ceux qui voulaient augmenter la pression militaire. Normalement, la méthode est simple : vous punissez le comportement dont vous ne voulez pas et vous récompensez celui dont vous voulez. Malheureusement, on faisait exactement l’inverse. Quand les négociateurs réussissaient à faire sortir des gens, le commandant décidait de couper l’électricité ou de prendre une mesure agressive. Les négociateurs étaient fermement opposés à ce qu’on joue une musique assourdissante, qu’on braque des projecteurs pour aveugler ou qu’on passe des chants tibétains. DEREK Ils nous menaient une guerre psychologique. Ils se sont même payé nos têtes. Ils ont garé leurs chars sous nos fenêtres en passant des chansons de variété ridicules pour nous épuiser et nous priver de sommeil. Il y avait des tout petits avec nous. GREGG L’équipe tactique ne comprenait pas ce qu’on faisait. Elle ne supportait absolument pas qu’on envoie de la nourriture comme du lait. Elle ne comprenait pas ça. Elle voulait qu’on les affame. La direction du FBI tenait une conférence de presse pour informer les médias et le grand public de nos avancées. On écrivait le texte nous-mêmes, parce que les davidiens regarderaient. Il fallait donc que la conférence de presse reflète l’état des négociations. Là où les propos déviaient, c’était pendant la partie question-réponse. De l’extérieur, on peut se dire que ces gens sont fous. Mais non. Non. Ne faites pas tomber le domino de la dignité. La dignité de ces gens doit être respectée. BOB Au fil du temps, au bout d’un mois environ, j’ai fini par être plus ou moins convaincu qu’ils ne se rendraient sûrement jamais. DICK Je trouvais que David Koresh avait besoin d’un avocat plus que quiconque dans le pays. Le seul conseil éthique qu’un avocat peut donner à un client, ou à un client potentiel recherché par la police, c’est de se rendre. On avait donc pris des dispositions pour qu’une reddition ait lieu. PHIL Je savais que les davidiens refuseraient de se rendre si ça allait à l’encontre de ce que la Bible ordonnait, d’après leur compréhension du texte. Au fur et à mesure, avec James Tabor, on a de mieux en mieux compris l’interprétation que les davidiens faisaient des prophéties. DICK Ils pensaient que David tiendrait sa promesse et qu’il se rendrait à la police. PHIL Comme Dick DeGuerin devait aller à l’intérieur du bâtiment pour voir David, je lui ai donné un enregistrement cassette de notre émission de radio. DICK Plus j’approchais, plus je marchais sur des douilles vides. Quand je suis entré dans le bâtiment, j’ai notamment été frappé par l’odeur : un mélange d’odeur d’égout et d’ail. PHIL On a commencé à suggérer à David des choses auxquelles il n’avait pas pensé. On a pris des passages bibliques pour les relier au chapitre 10 de l’Apocalypse, il me semble, où il est écrit que l’agneau doit de nouveau prophétiser devant de nombreuses nations. On a fait remarquer que pour l’instant sa prophétie n’avait atteint que quelques personnes et qu’il devait donc se rendre, pour que la 2e phase de son travail de prophète puisse commencer, quitte à le faire depuis la prison. DICK Toute cette semaine-là a marqué un tournant. Il avait rédigé une lettre d’une page qu’il m’a donnée. Dedans, il s’engageait clairement à se rendre aux autorités. PHIL David a écrit dans cette lettre que Dieu lui avait fait savoir que la période d’attente était terminée. David explique que tout ce qu’il a à faire maintenant avant de sortir, c’est mettre par écrit la signification des sept sceaux. Tout le monde fêtait la nouvelle : que ce soit les Britanniques ou les Américains, ils allaient tous sortir sains et saufs. DICK Je ne savais pas qu’à ce moment précis, d’autres responsables du FBI étaient à Washington pour convaincre Janet Reno d’envoyer les chars d’assaut et les gaz lacrymogènes. BOB L’état d’esprit, c’est qu’il nous avait eus une fois et qu’il ne nous aurait pas une deuxième fois. Voilà qu’on était censés croire que le miracle qu’on avait tant attendu était enfin arrivé. Après toutes les promesses qu’il n’avait pas tenues, c’était censé être la bonne cette fois ? La procureure générale n’y croyait pas non plus. Elle trouvait que ça avait assez duré. BILL La procureure générale passait pour une incapable. L’ATF était déjà passée pour une incapable. Le FBI passait pour un incapable. Alors pour se sortir de cette situation, ils ont opté pour une solution militaire. BOB Il était prévu qu’on envoie des gaz lacrymogènes pendant deux-trois jours, mais qu’au moindre tir, on augmenterait immédiatement la pression. Dès qu’on est arrivé pour envoyer la première salve de gaz lacrymogène, on a été la cible de tirs. Je pense qu’on a été visé par 10 000 tirs ce matin-là. DARLENE On était très en retrait à ce moment-là. Je regardais ce qui se passait. Je me souviens avoir vu les tanks avec le blindage perforé comme si c’était du papier. BILL J’ai été vraiment horrifié quand j’ai vu les premières images. Je n’arrivais pas à croire qu’une fois de plus, les autorités fédérales retournaient sur place lourdement armées. Le FBI, à la surprise générale, avait tout simplement perdu patience. ELAINE Qu’est-ce qui leur prend ? Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ils font ça ? DEREK Le tank est entré par l’avant du bâtiment, directement dans la chapelle, et il est allé jusqu’au fond dans l’atelier, où il a fait pivoter sa tourelle. Les gars dans le char auraient pu nous descendre sans que personne ne le sache. C’était effrayant. BOB Ce qu’il fallait qu’on fasse, c’était les obliger à aller vers le milieu du bâtiment, là où le gaz serait plus efficace. DEREK Les masques à gaz qu’on avait ne nous protégeaient qu’une heure. J’ai enlevé le mien, parce qu’il ne servait plus à rien. J’ai reçu une dose de gaz dans les yeux. J’avais les yeux qui pleuraient, la morve qui coulait, la gorge qui me brûlait. SHEILA Ils avaient l’air de penser qu’une fois que le gaz lacrymogène, ou du moins le produit qu’ils ont vaporisé ferait effet, tout serait terminé en quelques heures. Je n’arrêtais pas de me dire que j’allais revoir mes autres enfants. DEREK On n’avait pas de masques pour enfants. Le FBI le savait. Les gamins suffoquaient. Ils se prenaient tout en pleine poire. On a dû couvrir leur visage avec des serviettes. PARNELL On avait une davidienne au bureau du marshal. Je lui ai dit que ses camarades allaient sortir. Elle m’a répondu que c’était impossible, qu’ils ne bougeraient pas du centre. Je lui ai répliqué que le gaz lacrymogène les ferait sortir. Elle m’a répondu : « Dans vos rêves. » BOB On partait du principe que l’instinct maternel l’emporterait sur la peur de David et les pousseraient à faire sortir les enfants. KENNETH Il y a bien eu instinct maternel, mais c’est l’intérieur du bâtiment qui était considéré comme sûr, pas l’extérieur. ELAINE J’imagine que les davidiens essayaient tous de se protéger les uns les autres. Ils auraient pu sortir, mais ils ne savaient peut-être pas vers quoi ils allaient s’ils sortaient. DARLENE On a commencé à voir de la fumée. DEREK J’étais dans la chapelle. Quelqu’un a crié : « Au feu » et j’ai vu une boule de feu arriver à toute vitesse depuis l’arrière du bâtiment. J’ai fait un bond en arrière. C’est arrivé très vite. SAM J’ai vu le feu démarrer d’un côté et en l’espace de quelques minutes, l’incendie s’était propagé à tout le bâtiment. DARLENE C’était comme dans ces films où quelqu’un muni d’une torche embrase différents endroits d’une grange. Le feu s’intensifiait rapidement. BILL Vous imaginez un instant ce que les proches des gens qui se trouvaient à l’intérieur ont dû penser ? Ils regardaient ce qui se passait sur CNN, sur toutes les chaînes d’information en continu. Il y a fort à parier qu’ils étaient horrifiés. GAIL J’étais rentrée à la maison après le travail quand mon téléphone a sonné. Ma mère était à l’autre bout du fil et elle me fait simplement : « Il y a eu un incendie. » Je ne comprends pas de quoi elle parle, je lui demande et elle me sort : « Allume la télé » avant de me raccrocher au nez. C’était surréaliste. Me rendre compte que je ne reverrais plus jamais ma sœur. C’est la première fois que j’ai entendu mon père hurler de douleur. SHEILA Je ne peux rien faire à part regarder. L’incendie continue à se propager d’un bâtiment à l’autre. J’ai cru qu’ils sortiraient. Je continuais à penser qu’ils étaient encore en vie. DARLENE L’incendie faisait rage sous nos yeux. Je continuais à penser qu’ils allaient se rendre. DEREK La bâtisse brûle, la température monte, on sent le feu approcher. Il faisait si chaud que les appareils ménagers fondaient dans la cuisine. J’ai reconnu la voix de certains. En les entendant hurler, j’ai su que les flammes les dévoraient. DARLENE On ressent des émotions contradictoires en prenant conscience que de jeunes enfants et leurs mères meurent sous nos yeux, ainsi que David Koresh. SAM C’était irréel. … Dieu du ciel. DEREK J’ai décidé de me rendre après tout ce qu’ils nous ont balancé. Je ne voulais pas mourir comme ça. Je suis sorti. On avait les mains en l’air. Ils avaient leurs fusils pointés sur nous. Ils nous ont dit d’avancer les mains au-dessus de la tête avant de nous obliger à nous allonger face contre terre. GREGG J’ai regardé, révulsé, le bâtiment disparaître dans les flammes. … Neuf personnes sont sorties, mais on n’avait pas atteint notre but. Aucun enfant ne sortait. C’était atroce. Oui. SHEILA Tous : les enfants, mon mari, David… ils sont tous morts. Ils ont tous péri. SAM J’ai entendu que certains s’étaient échappés. J’ai simplement pensé que ma famille avait dû fuir le feu. Seigneur. Mais quand on m’a annoncé qu’aucun de mes proches n’était parmi eux… … je n’arrivais pas à y croire et à travers mes larmes, c’est comme si c’était Dieu qui pleurait. BILL Ça s’était soldé par la mort de 76 personnes dont des enfants, des bébés. Les ruines étaient encore fumantes, mais tout était terminé. ALBERT Doris Fagan. Philip Henry. Stephen Henry. Zilla Henry. Diana Henry. Vanessa Henry. Paulina Henry. Winston Blake. Livingstone Malcolm. Rosemary Morrison. Melissa Morrison. Diane Martin. Evette Fagan. Bernadette Monbelly. Sandra Hardial. Beverly Elliott. John McBean et Cliff Sellors. J’ai compris que pour leur famille et leurs proches, il était important de les identifier. Dans une certaine presse, ils avaient été qualifiés de fous et d’illuminés. Ce qui est tout à fait faux. Ils ne l’étaient pas du tout. C’était des gens bien, honnêtes et bons, issus de familles aimantes. GAIL Les restes de Bernadette ont été trouvés derrière la porte d’entrée principale. Je suis allée à la maison funéraire et quand j’ai dit que je voulais choisir une robe pour ma sœur, la directrice a posé sa main sur la mienne en disant que dans le cas présent, ce ne serait pas nécessaire. ELAINE Dans le rapport du médecin légiste, il était écrit que Cliff avait été trouvé tenant des corps dans les bras, pour les protéger. Ma mère a reçu un paquet chez elle. C’était les cendres de mon frère. Elles sont arrivées par la poste. Ma mère était écœurée par ce manque patent de considération. ALBERT Il y avait environ 13 enfants de moins de 5 ans. Il y a eu des bébés, de très jeunes enfants qui sont morts dans cet incendie, au dernier jour du siège. DEREK On avait des lampes à pétrole et des lampes de camping qui restaient allumées le jour, parce qu’il faisait sombre à l’intérieur, donc je pense qu’en entrant, les chars les ont renversées. BOB On n’a renversé aucun baril de pétrole. Ce n’est pas nous qui avons provoqué l’incendie. On n’a pas fait l’usage de moyens pyrotechniques à l’intérieur. Tous les feux ont été allumés par les davidiens. Ce que je crois, c’est que David s’est dit en voyant l’assaut commencer, qu’ils allaient se replier à l’intérieur. Son objectif a toujours été de tuer un maximum de ses adeptes ainsi qu’un maximum d’agents des forces de l’ordre. KENNETH On entend relativement clairement sur ces écoutes qu’il y a un incendie en cours de préparation, que du carburant est versé et que de la paille est déposée à certains endroits. Il y a eu trois départs de feu à quelques minutes d’intervalle à trois endroits différents. Des traces d’accélérants, comme de l’essence ou autre, ont été retrouvées sur ces trois sites. MARC Deux jours avant, j’avais dit au FBI que s’ils entraient dans le centre, les davidiens y mettraient le feu. Je leur ai montré les preuves de ce que j’avançais. Je leur ai montré plusieurs fois. C’était dans les prophéties. KENNETH Le feu est clairement conforme à ce qu’ils attendent de la fin du monde. Il est très probable que l’attente d’un baptême par le feu comme mécanisme permettant d’accéder au nouveau royaume davidien, ait été bien réelle dans l’esprit de David Koresh et de Steve Schneider. Quant à savoir si leurs disciples en comprenaient les effroyables implications, c’est une autre histoire. PHIL David Koresh était persuadé que Dieu voulait qu’il protège les femmes et les enfants, et qu’il protège son groupe en allumant un incendie. Parce que dans une des prophéties de la Bible, le peuple de Dieu sera protégé par une muraille de feu dressée autour de lui. SAM Au départ, j’étais sûr que c’était David Koresh qui avait provoqué l’incendie. J’en suis arrivé à savoir et à être convaincu qu’il a été déclenché par les Américains, parce que pour eux, comme vous le savez et comme tout le monde le sait, « le plus fort a toujours raison. » GREGG Ceux qui pensent qu’on a déclenché l’incendie nous en veulent. Ils pensent qu’on était là pour tuer. Mais pas du tout. On voulait sauver ces personnes. Mais comment protège-t-on des gens d’eux-mêmes ? DEREK J’aurais aimé que personne ne meure. Il y a des jours où les enfants et tous les autres me hantent. Je revois les enfants. Je ne sais pas si ça vous parle, mais ils sont vivants dans mon esprit. Comme vous le savez, 6 davidiens et 4 agents sont morts. On a été accusé de complot contre les Etats-Unis, puis de meurtres. Toutes ces accusations ont été abandonnées. Ça a été appelé homicide justifié. ALBERT Feue Janet Reno, la procureure générale, a autorisé cet assaut. Elle avait déclaré que si des enfants étaient en danger, il ne fallait pas intervenir. Eh bien, par défaut, détruire un bâtiment, lancer des gaz lacrymogènes représente indubitablement un risque pour les enfants qui se trouvent à l’intérieur. Il y avait des blessures par balle. Il y a eu des décès par inhalation de fumée, de monoxyde de carbone. Au bout du compte, on a réussi à dire aux familles ce qui était arrivé à leurs proches. On leur a donné ça. ELAINE Ils ont prélevé l’ADN de mes parents pour identifier le corps de Cliff. Même si ça peut paraître horrible, ça nous a soulagés, parce que – comme on l’a toujours dit – c’est le fait de ne pas savoir qui est le pire. BOB On n’est pas directement responsables du meurtre de ces enfants, mais c’est vrai qu’on doit reconnaître que nos actions ont fait partie des multiples raisons qui ont provoqué leur mort. On ne peut pas balayer notre responsabilité d’un revers de main. C’est un poids qu’on portera jusqu’à notre mort. ALBERT Tout ce qu’ils cherchaient, c’était un éveil spirituel. S’il y a une chose, une seule chose, dont ils étaient coupables, c’est d’avoir cru aux boniments et aux mensonges d’un homme sans scrupule. Ça a été une tragédie. Une vraie tragédie. BILL Deux ans jour pour jour après Waco, les Etats-Unis ont connu la pire attaque terroriste de leur histoire. Timothy McVeigh et certains de ses comparses ont commis un attentat à la bombe contre un bâtiment de l’administration fédérale, tuant 168 personnes. Il a prétendu que ce qui lui avait donné l’idée, ce qui l’avait mis en colère, c’était ce qui s’était passé à Waco. Timothy McVeigh voulait venger Waco et il a dirigé sa colère contre le FBI, l’ATF et malheureusement, de nombreux civils américains. Les victimes de Waco restent en mémoire de ces gens de droite qui voulaient, et qui veulent peut-être encore, subvertir la démocratie. Les libertés que les davidiens pensaient inscrites dans la loi : la liberté de détenir des armes, la liberté d’expression, la liberté de culte, ont été utilisées contre eux. SHEILA On a encore le cœur en miettes, 30 ans plus tard. On a la chance d’avoir connu David et la vérité qu’il nous a transmise. On croit encore à l’avenir. Grâce à David, on sera prêt pour ce qui va advenir. DEREK La prophétie n’est pas un passage dans un livre. C’est quelque chose de vivant. Vous avez le droit de ne pas y croire, mais ça ne m’empêche pas d’avoir la foi dans mes croyances. Et j’emporterai ma foi dans ma tombe, si je viens à mourir. STEPHANIE Winston, notre oncle, traitait tout le monde comme sa propre famille. MICHAEL Oui. STEPHANIE Il plaisantait et riait tout le temps. Il adorait manger. MICHAEL Il aimait les gens. STEPHANIE Oui. CAROL Quand je marchais dans la rue, je regardais si je voyais Beverly. C’est impossible de tourner la page, parce qu’en notre for intérieur, on continue à se dire qu’elle est peut-être encore vivante. SAM Dans la vie, il n’y a rien de plus précieux que la famille. GAIL Certains jours, c’est difficile d’accepter qu’elle n’est plus là. On m’a volé ma sœur. On a volé leur fille à mes parents. Ça a été une grande perte pour nous. ELAINE Tous ceux qui ont connu Cliff se souviennent de celui qu’il était : un homme souriant, généreux, talentueux dans un tas de domaines et mon grand frère.