BARBARA BARBARA_P DR DR_HUNTER JACKIE_K JACKIE_K_ARCHIVE JOHN_K_JR JOHN_K_JR_ARCHIVE JOURNALISTE_F JOURNALISTE_F_ARCHIVE JOURNALISTE_M1 JOURNALISTE_M1_ARCHIVE JOURNALISTE_M2 JOURNALISTE_M2_ARCHIVE JOURNALISTE_M3 JOURNALISTE_M3_ARCHIVE JOURNALISTE_M4 JOURNALISTE_M4_ARCHIVE LAURENCE LAURENCE_L LINDA LINDA_P NARRATEUR SANDER_V SANDER_V_ARCHIVE SASHA SASHA_C TINA TINA_C   JOURNALISTE F ARCHIVE Jacqueline Kennedy Onassis nous a quittés la nuit dernière à l’âge de 64 ans. Elle était un symbole de courage et de grâce depuis l’assassinat du président Kennedy. NARRATEUR Jacqueline Kennedy Onassis, la plus célèbre des Premières dames de tous les temps. SASHA C C’était l’icône américaine dans toute sa splendeur. LAURENCE L La femme la plus adulée et admirée du monde. NARRATEUR Elle a captivé la nation et le reste du monde avec sa culture, sa beauté et son élégance. LAURENCE L Elle entrait dans la pièce avec un port royal de toute beauté. TINA C Elle a ramené le glamour d’antan à la Maison Blanche. JACKIE K ARCHIVE À quand l’inauguration ? NARRATEUR Mais cette véritable princesse de conte de fée n’aura pas droit à sa fin heureuse. JOURNALISTE M1 ARCHIVE Il y a du mouvement à la tête du cortège. TINA C C’était une personnalité publique dont le mari et le beau-frère avaient été assassinés. SASHA C J’ai toujours senti une souffrance profonde cachée en elle. NARRATEUR Une maladie meurtrière l’emporte à 64 ans et laisse la nation endeuillée. LAURENCE L Notre pays n’a pas de royauté, pas de noblesse. Mais on en a profondément besoin. Et Jackie était notre reine. DR HUNTER Jacqueline Kennedy Onassis est morte des suites d’un lymphome non-hodgkinien, qui est un type de cancer du sang. Elle s’est éteinte tout juste quatre mois après son diagnostic, à seulement 64 ans. Mais comment cette icône nationale, semble-t-il en pleine forme, a-t-elle pu succomber à la maladie ? Et pourquoi son état s’est-il détérioré si vite ? NARRATEUR Le docteur Michael Hunter est un médecin légiste réputé dans le monde entier. Il a réalisé plus de 5000 autopsies au cours de sa carrière. Depuis plus de 20 ans, il collabore avec les forces de l’ordre et les experts judiciaires pour élucider des cas de morts suspectes ou violentes, afin de faire la lumière sur les circonstances de ces décès. DR HUNTER D’après le certificat de décès de Jackie Kennedy, elle est morte d’un lymphome non-hodgkinien, un cancer du sang qui se déclenche dans le système lymphatique, qui a un rôle capital dans la défense immunitaire. Je vais mener l’enquête en épluchant la vie de Jackie, ses habitudes et ses antécédents médicaux à l’aide de comptes-rendus et de témoignages, pour comprendre comment elle a pu contracter ce type de cancer et en mourir aussi rapidement.   NARRATEUR Nous sommes le 20 novembre 1993, en pleine période de chasse, dans la vallée de Shenandoah. Six mois avant sa mort. Le jour se lève sur la Virginie, et Jackie prépare son cheval pour sortir avec les chiens. Elle monte autant que possible. TINA C Jackie a toujours adoré les chevaux. Elle a commencé à monter toute petite, et elle a gardé cette habitude en grandissant. NARRATEUR Mais aujourd’hui, Jackie est distraite. Dans trois jours, c’est le trentième anniversaire de l’assassinat de feu son époux, John Fitzgerald Kennedy. Et elle déteste cette date. Elle la ramène en arrière. Chaque année, elle en revit le bruit. L’odeur. Le sang. BARBARA P Cet évènement, c’est une ombre qui a obscurci toute sa vie. Elle est restée hantée par le fantôme de son mari, et par le souvenir si précis de sa mort dans ses bras. NARRATEUR Trente ans après ce jour funeste, Jackie a fait table rase du passé et reconstruit sa vie. Elle habite à New York, près de ses enfants John et Caroline, deux adultes accomplis de 32 et 35 ans. Elle s’épanouit en tant qu’éditrice dans l’une des plus grandes maisons d’édition new-yorkaises. BARBARA P Elle était très investie. Elle travaillait sur les mémoires de gens très célèbres et elle adorait les beaux livres. DR HUNTER À 64 ans, Jackie avait clairement une vie active et bien remplie. En plus de sa carrière, c’était une grande cavalière, donc elle devait encore déborder d’énergie. Mais c’était aussi une grosse fumeuse, et le lien entre tabagisme et cancer n’est malheureusement plus à prouver. Si je veux comprendre sa mort soudaine, je vais devoir reprendre sa vie depuis le début et l’examiner sous toutes les coutures. NARRATEUR Jacqueline Bouvier grandit dans l’univers cossu et vaniteux de Newport, à Rhode Island. BARBARA P Jackie est née avec une cuillère en argent dans la bouche. LAURENCE L Elle venait d’une famille d’aristocrates. Ses parents ont divorcé quand elle était petite. NARRATEUR De ses deux parents, c’est son père qui lui laisse la plus forte impression. BARBARA P Le père de Jackie, John Bouvier, se faisait surnommer « Black Jack ». Il avait le teint cuivré, les cheveux noirs lustrés et une petite moustache. LAURENCE L C’était un dandy, un homme charismatique, charmeur et haut en couleurs. Il venait rendre visite à sa fille, et ils partageaient toujours des aventures passionnantes. Jackie l’adorait. BARBARA P Mais c’était aussi une fripouille, et un vrai coureur de jupons. NARRATEUR Le monde qui s’ouvre à Jackie est un monde d’apparences et de séduction. Comme tant d’autres femmes avant elle, sa vie est déjà toute tracée.   BARBARA P L’éducation d’une jeune femme élevée dans les années 30 et au début des années 40 la menait tout droit au mariage et aux enfants au plus vite. Mais Jackie a su très tôt qu’elle ne voulait pas être mère au foyer. NARRATEUR La jeune Jackie décide donc de faire des études. Après une première année à Paris, elle est diplômée à John Washington University. BARBARA P Puis elle a trouvé du travail à un journal de Washington. On l’appelait « la fille à l’appareil photo inquisiteur ». NARRATEUR C’est ce poste qui la pousse à fréquenter les mêmes cercles qu’un jeune membre du Congrès, un certain John Kennedy. Un homme qui lui rappelle quelqu’un. LAURENCE L Jackie retrouvait certains traits de son père, Jack Bouvier, chez John Kennedy. Il était très bel homme et plein d’entrain. Et surtout, c’était un homme à femmes, qui les charmait et les enchaînait. Mais pour Jackie, ce n’était pas une mauvaise chose. C’était presque une bonne chose. BARBARA P Et c’est là que commence leur relation. NARRATEUR Mais au milieu des Kennedy, la sophistication européenne de Jackie fait tache.   BARBARA P Ce n’était pas facile d’entrer dans cette famille, sauf pour une personne qui était exactement comme eux. LAURENCE L Les sœurs Kennedy trouvaient Jackie très chichiteuse. Elle n’était pas comme elles. JACKIE K ARCHIVE Il faisait une chaleur terrible sous le soleil écrasant… BARBARA P Elle avait cette voix douce à la limite du chuchotement, elle était trop maniérée. LAURENCE L Elles ont commencé à l’appeler « la deb », la débutante. Et ça n’était pas un compliment. NARRATEUR Malgré les doutes de ses sœurs, John Kennedy et Jacqueline Bouvier se marient à l’automne 1953, à Newport. Pour John et ses ambitions présidentielles, cette union n’est pas seulement passionnelle. Elle est aussi politique. BARBARA P Le mariage Kennedy, c’est un mélange d’amour et d’opportunisme. LAURENCE L John était attiré par elle, mais il ne savait pas aimer profondément. Mais pour être Président des Etats-Unis, il devait avoir une femme. Une femme digne d’être la Première dame. Et Jackie était parfaite. NARRATEUR Mais Jackie n’a rien d’une ingénue. BARBARA P Elle savait que la vie avec lui avec lui ne serait pas un long fleuve tranquille. Il y aurait des obstacles, mais elle ne s’ennuierait jamais. TINA C Elle savait aussi que John voulait devenir président, et c’était une vie dans laquelle elle commençait à se projeter. NARRATEUR Jackie est auprès de son mari tout au long du parcours qui l’amène jusqu’à la Maison Blanche en 1960. Elle est à ses côtés pendant la terrifiante Crise des missiles de Cuba, quand le monde menace de sombrer dans une guerre nucléaire. Elle est là pendant toute la montée du mouvement américain des droits civiques. Et elle est là en 1963, à Dallas, quand une salve de balles meurtrières met brutalement fin à la présidence et au mariage Kennedy. Nous sommes le 20 novembre 1993, en Virginie. Six mois avant la mort de Jackie. À l’approche de ce trentième anniversaire tant redouté, Jackie trouve refuge auprès de celui qui l’aide à oublier : son cheval. TINA C Quand elle montait à cheval, elle se sentait libre et heureuse. NARRATEUR C’est donc un véritable choc quand, en plein milieu de la partie de chasse, elle fait un mauvais saut et se retrouve projetée au sol. DR HUNTER J’ai lu dans des comptes-rendus de cette journée que la chute de Jackie a été assez grave pour qu’elle perde connaissance. Evidemment, un choc aussi violent, c’est dangereux à n’importe quel âge. Mais certaines études suggèrent qu’au-delà de 60 ans, un patient qui subit un traumatisme crânien grave a plus de 80% de chances d’en mourir.   NARRATEUR Un docteur est immédiatement appelé, mais Jackie se réveille assez rapidement. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que cet accident, en apparence anodin, marquera pourtant le début d’un parcours médical hanté par son passé. DR HUNTER Le compte-rendu de l’accident révèle que même si Jackie a momentanément perdu connaissance, il n’était pas assez dangereux pour avoir des conséquences sur le terme. Donc je pense pouvoir écarter cet épisode des potentiels facteurs qui ont contribué à sa mort. NARRATEUR Mais l’élégance et la grâce de Jackie cachent de lourds secrets. DR HUNTER À 64 ans, Jackie semblait toujours en pleine forme, ce qui rend son soudain diagnostic très surprenant. Sa maladie semble vraiment arriver de nulle part. Mais des erreurs faites plus tôt peuvent peut-être l’expliquer. NARRATEUR Nous sommes le 20 novembre 1993, six mois avant la mort de Jackie. Après sa chute, Jackie est ramenée chez elle. Un docteur vient la voir pour vérifier que tout va bien. Elle semble assez secouée, mais elle n’a rien de cassé. BARBARA P En l’examinant de plus près, le docteur a découvert une bosse à l’aine. NARRATEUR Cette bosse est due à un gonflement des ganglions lymphatiques. Pensant avoir affaire à une infection, le docteur lui prescrit des antibiotiques. La bosse diminue, mais ne disparait pas.   DR HUNTER Ce que le docteur a manqué, c’est que ce n’était pas le signe d’une infection mais d’un lymphome non-hodgkinien. Dans les premiers stades de la maladie, il n’y a pas de douleur, et les ganglions lymphatiques peuvent gonfler pour de nombreuses autres raisons, donc ce n’est pas surprenant qu’il se soit trompé. Mais un mauvais diagnostic peut avoir des conséquences désastreuses, puisqu’il retarde le bon traitement. Mais dans le cas de Jackie, vu la vitesse à laquelle elle a décliné après cette erreur du docteur, on peut supposer que même si elle l’avait su plus tôt, ça n’aurait rien changé. NARRATEUR Nous sommes en janvier 1994, à New York. Quatre mois avant la mort de Jackie. Un mois après son premier diagnostic, Jackie retourne voir le docteur. LAURENCE L Elle commençait à se sentir mal, et son cou avait enflé. BARBARA P Le docteur a découvert des gonflements au niveau de son cou et de ses aisselles. NARRATEUR Un scanner révèle aussi des ganglions gonflés dans sa poitrine et au plus profond de son abdomen. DR HUNTER Les ganglions lymphatiques sont une partie très importante du système immunitaire. Ils filtrent les déchets de la lymphe et contiennent des globules blancs, qui sont là pour aider le corps à lutter contre les infections et les maladies. La première cause d’un gonflement des ganglions, c’est une infection virale, comme un rhume. Mais dans le cas de Jackie, malheureusement, c’était beaucoup plus grave. NARRATEUR Jackie fait une biopsie. Les résultats sont sans appel : elle a un cancer du sang.   LAURENCE L Ils ont découvert qu’elle avait un lymphome non-hodgkinien. NARRATEUR Ce cancer se déclenche dans les lymphocytes, qui jouent un rôle très important dans le système immunitaire. BARBARA P Ce n’était pas une super nouvelle, mais elle se disait qu’avec une chimiothérapie, elle pouvait s’en sortir. Elle espérait au moins une rémission. DR HUNTER Le médecin de Jackie Kennedy a établi que les cellules cancéreuses étaient embryonnaires, ce qui veut dire que c’était une tumeur maligne. C’était un cancer très agressif, qui demandait un traitement tout aussi agressif. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais chercher dans la vie de Jackie ce qui l’a rendue vulnérable à la maladie. NARRATEUR Quand Jackie fait son entrée à la Maison Blanche au bras de John, en 1961, elle ne sait pas vraiment ce qu’implique son nouveau rôle de Première dame. Elle n’a pas le droit à l’erreur, et c’est une lourde pression sur ses épaules. SANDER V ARCHIVE Madame Kennedy, avez-vous fait des changements à la Maison Blanche depuis votre emménagement ? JACKIE K ARCHIVE Pas vraiment. Je ne peux toucher à ce qui ne m’appartient pas, et la Maison Blanche n’est à personne, si ce n’est au peuple américain. LAURENCE L Au début, les Kennedy la voyaient comme une intruse prétentieuse avec une drôle de voix. Elle n’aimait pas la politique, et pour eux, elle n’était pas à sa place. TINA C Je pense surtout qu’elle était introvertie. Elle n’aimait pas être sous les feux de la rampe. Donc maintenant qu’elle était à la Maison Blanche, elle était constamment en alerte. NARRATEUR Mais Jackie trouve ses marques en 1962, grâce à un documentaire télévisé qui dévoile au peuple les rénovations de la Maison Blanche, qu’elle a supervisées. Jamais une première dame ne s’est autant impliquée. BARBARA P Elle avait enfin trouvé son rôle en tant que Première dame : transformer la Maison Blanche en scène parfaite pour la présidence de son mari. LAURENCE L Jackie a fait visiter la Maison Blanche aux Américains à travers leur télé, et elle a été fabuleuse. Mais elle ne se trouvait pas assez à l’aise à l’écran. BARBARA P Elle montait sur scène, faisait irruption dans votre salon, et vous dévoilait ses talents. NARRATEUR Jackie a gagné l’affection du peuple des Etats-Unis. TINA C Le documentaire a eu un succès foudroyant. 50 millions de personnes l’ont regardé. Ça a été un moment de télévision incroyable. LAURENCE L Tout le monde ne parlait plus que Jackie. John a réalisé que c’était elle qui intéressait la foule, et que tout le monde avait les yeux rivés sur elle, non seulement aux Etats-Unis mais aussi partout ailleurs. NARRATEUR Mais cette nouvelle célébrité entraîne une immense pression. DR HUNTER Sous son assurance, la Première dame cachait beaucoup de stress. Et sa façon de calmer ses nerfs était très nocive pour sa santé. LAURENCE L Dès qu’on éteignait les caméras, elle allumait une cigarette. Mais le public n’en savait rien. NARRATEUR Elle grille une cigarette, puis deux, puis trois. Jackie est devenue une fumeuse invétérée. BARBARA P Jackie a commencé à fumer au lycée, donc c’est une habitude qui durait depuis son adolescence. LAURENCE L Il y avait toujours cette règle tacite aux Etats-Unis selon laquelle ce n’était pas approprié pour une femme de fumer, donc Jackie tenait ça secret. DR HUNTER À l’époque, le lien direct entre tabagisme et cancer était encore en train d’être établi. Mais Jackie était tellement accro que même si elle en avait su tout ce que ça impliquait, elle n’aurait sûrement pas été capable d’arrêter pour autant. Des études montrent que les gens qui fument plus de quinze cigarettes par jour sont plus à risque de contracter un lymphome, et que les fumeurs atteints de lymphome ont moins de chances d’y survivre que les non-fumeurs. L’addiction de Jackie a donc clairement joué un rôle dans sa mort, ça ne fait aucun doute. Mais ce n’est pas tout. J’ai découvert autre chose, qui m’aidera peut-être à comprendre comment elle est tombée malade à un si jeune âge.   TINA C Les premières années du mariage des Kennedy, Jackie est tombée enceinte deux fois. La première s’est soldée par une fausse couche, et la deuxième, par une mort à la naissance. Ses problèmes de grossesse l’ont fait beaucoup souffrir. NARRATEUR C’est en 1956 que Jackie accouche d’un bébé mort-né, sa fille Arabella, après avoir été amenée à l’hôpital en urgence à cause d’une hémorragie. LAURENCE L Jackie vivait une grossesse très difficile, mais John n’en avait rien à faire. Tout ce qui l’intéressait, c’était d’aller fricoter avec des femmes sur un yacht en France, et c’est ce qu’il a fait. BARBARA P Il a fini par apprendre que Jackie avait dû accoucher prématurément, qu’elle avait eu un bébé mort-né, et qu’elle était absolument dévastée. LAURENCE L Il n’avait aucune envie de faire demi-tour. C’est son frère Bobby qui a dû le convaincre de rentrer. NARRATEUR Les Kennedy ont finalement deux enfants. Caroline naît en 1957, et John Junior en 1960. Trois ans plus tard, ils accueillent un deuxième fils, Patrick. Mais Patrick naît avec une maladie pulmonaire mortelle. BARBARA P Il a vécu un peu plus d’une journée. Ils l’ont envoyé à l’hôpital pédiatrique de Boston en urgence pour qu’il reçoive des soins spécialisés, mais son cœur n’a pas tenu et la maladie l’a emporté.   DR HUNTER La perte de ses enfants a dû être absolument traumatisante pour Jackie. La médecine a trouvé un lien entre les fausses-couches répétées et certains cancers, notamment les cancers du sein, du col de l’utérus et de l’ovaire. Plusieurs études suggèrent un lien entre lymphome et facteurs menstruels et reproductifs, mais pas comme on s’y attendrait. Pendant la grossesse, les taux d’estrogène augmentent considérablement. Un taux d’estrogènes élevé est associé à une réduction de sécrétion de l’interleukine 6, qui est un facteur de développement du lymphome non-hodgkinien de malignité intermédiaire ou élevée. Ça veut dire qu’en fait, le risque de contracter un lymphome diminue avec le nombre de grossesses, qu’elles soient réussies ou non. Je peux donc écarter les problèmes de grossesse de Jackie comme déclencheur potentiel de son lymphome. NARRATEUR Nous sommes début janvier 1994 à New York. Quatre mois avant la mort de Jackie. Elle commence son traitement par chimiothérapie. On lui prescrit aussi des stéroïdes. DR HUNTER La chimiothérapie avait pour but d’empêcher les cellules cancéreuses dans le corps de Jackie de se diviser, et si tout se passait bien, de les faire mourir. Le traitement était complété par des stéroïdes, connus pour affaiblir le système immunitaire. Ils étaient là pour réduire les effets secondaires de son cancer et de la chimiothérapie. NARRATEUR Au début, le traitement a l’air de fonctionner. Le cancer disparaît de son cou, de sa poitrine et de son abdomen. Jackie voit poindre la lumière au bout du tunnel. DR HUNTER Aujourd’hui, un patient traité pour son lymphome non-hodgkinien a 55% de chances de survivre au moins dix ans. Mais au début des années 90, ce chiffre tombe à 35%. Pour autant, les comptes-rendus médicaux de Jackie disent qu’elle répondait bien à son traitement. Alors pourquoi est-elle morte quatre mois plus tard ? J’ai creusé la question et découvert quelque chose à propos de l’assassinat de John Kennedy. C’est peut-être la clé de la mort de Jackie. NARRATEUR En novembre 1963, Jackie accompagne son mari en campagne politique à Dallas. LAURENCE L D’habitude, elle ne l’accompagnait pas, mais John lui a demandé de faire une exception pour Dallas parce qu’il savait que la foule viendrait pour elle, et c’est ce qu’il s’est passé. BARBARA P Le président avait été prévenu, il savait que la population de Dallas était très conservatrice et qu’il n’avait pas que des amis là-bas. JOURNALISTE M1 ARCHIVE Le cortège entame son périple de 18 kilomètres jusqu’au Dallas Trademark. LAURENCE L Il avait tenu à défiler en décapotable, pour que les gens puissent les voir, lui, le président, et surtout Jackie. BARBARA P Elle a tourné les yeux vers son mari, et pile à ce moment, une balle lui traversait la nuque et ressortait par sa gorge. Elle a saisi son bras gauche… Mais une deuxième balle est venue frapper l’arrière de son crâne, et sa tête a explosé. LAURENCE L D’un coup, elle s’est retrouvée couverte de bouts de cervelle de son mari mort. JOURNALISTE M1 ARCHIVE C’est bien la voiture présidentielle. On reconnaît le tailleur rose de la Première dame.   TINA C Le cadavre reste sur ses genoux jusqu’à ce que la voiture soit hors de portée. JOURNALISTE M2 ARCHIVE John Fitzgerald Kennedy a été assassiné. C’est officiel. Le président est mort. NARRATEUR Jackie rentre à Washington le jour-même, avec le cadavre de son mari. BARBARA P Elle voulait absolument rester avec le cercueil. Lyndon Johnson a rassemblé tout le monde à bord de l’avion présidentiel, puis il annoncé qu’il voulait y prêter serment. Il a demandé ce que madame Kennedy soit à ses côtés. C’était très symbolique. Il voulait que le peuple américain y voie un passage de flambeau du président Kennedy à sa veuve, et de sa veuve à lui, le nouveau président. Et il voulait montrer que les Etats-Unis ne se laisseraient pas abattre par l’horreur de cet assassinat. LAURENCE L L’expression sur son visage est indescriptible. TINA C On n’y voit plus que l’horreur et la peine. LAURENCE L Personne d’autre ne peut comprendre la souffrance et le deuil qu’elle traversait. BARBARA P Tout s’est passé si vite. NARRATEUR L’avion arrive à Washington, mais Jackie, toujours dans son tailleur Chanel rose ensanglanté, refuse de se changer. BARBARA P Les images d’elle à la sortie de l’avion restent gravées dans ma mémoire. On l’a vue à la télé, et même en noir et blanc, toute ma famille a été horrifiée devant tout ce sang, sur son tailleur, sur ses collants, sur ses jambes. Ça a été un choc terrible. Mais elle refusait de se changer. Et à chaque fois que quelqu’un le lui suggérait, elle disait : « Non, je veux que tout le monde voie ce qu’ils ont fait à John ». NARRATEUR À la base aérienne, Jackie est accueillie par le frère de John, Bobby. Ils prennent place dans le corbillard qui emmène le cadavre au Bethesda Naval Hospital pour une autopsie. Pendant tout le trajet, Jackie raconte à Bobby ce qu’il s’est passé dans les détails les plus sordides. Elle lui décrit l’explosion de la tête de son mari sous les balles, les bouts de cervelle qu’elle a reçus. Elle revit à nouveau ces abominables huit secondes et demie. DR HUNTER Le syndrome de stress post-traumatique, ou PTSD, est un trouble anxieux qui survient à la suite d’un évènement particulièrement choquant ou traumatisant. À l’époque, ce trouble n’était pas vraiment compris des médecins. Après la première guerre mondiale, on a commencé à évoquer vaguement traumatismes et stress liés au combat, mais ce n’est que plusieurs décennies plus tard, après le retour du Vietnam de milliers de soldats brisés, qu’on s’est penché plus sérieusement sur la question. Un des symptômes de ce trouble, c’est la réactivation du souvenir traumatisant en boucle dans ses moindres détails. D’après ce que je vois, c’est exactement ce que Jackie vivait. LAURENCE L Le week-end qui a suivi l’enterrement, Jackie s’est retirée chez les Kennedy, à Hyannis Port, et Theodore White, un journaliste extraordinaire, est venu l’interviewer pour Life Magazine. BARBARA P Jackie ne faisait pas confiance à la presse. Elle préférait raconter ce qui s’était passé et prendre une longueur d’avance sur ce qui allait être publié.   NARRATEUR Son deuil la grignote. Elle veut à tout prix préserver la mémoire de John, et elle fait tout pour que le monde se souvienne de lui comme du parfait président. Mais pendant l’interview, elle reperd pied. Obsédée, elle parle de l’assassinat sans pouvoir s’arrêter. Elle décrit à nouveau ces quelques minutes à Dallas en détails extrêmement explicites, comme si elle racontait une simple histoire, d’une voix calme et posée. Une fois encore, elle se noie dans cette vague d’images cauchemardesques. LINDA P Ce qui est terrible avec le stress post-traumatique, c’est qu’il emprisonne votre cerveau. Chaque situation même légèrement similaire, le moindre bruit, le moindre choc, le moindre souvenir qui remonte déclenche la même réaction. Donc vous vivez dans un état d’hyper-intensité, qui affecte toute votre vie. SASHA C Elle n’aurait pas pu traverser tout ça sans en sortir avec un stress post-traumatique. C’est pareil qu’un soldat sur le champ de bataille qui voit la tête de son ami voler en éclats. Sauf que là, c’était son compagnon de vie et le père de ses enfants. DR HUNTER Jackie montre un symptôme de ce trouble en particulier : des flashbacks, qui lui font revivre ce moment terrible encore et encore. Ces souvenirs vifs sont la réaction bestiale du cerveau face au traumatisme. Ils viennent du système limbique terré sous le cortex cérébral, qui est là pour gérer les évènements les plus choquants ou dangereux. Le cerveau les stocke plus profondément et de manière plus pure et concentrée que les souvenirs classiques du quotidien. Du coup, quand une menace ou une sensation similaire survient, le cerveau envoie immédiatement les images stockées pour se protéger. Ça peut aussi arriver même quand le danger n’est pas réel. Jackie ne contrôlait donc absolument pas l’arrivée de ces flashbacks. LAURENCE L Quand on vit une tragédie pareille, on n’a aucun contrôle sur elle. C’est elle qui nous contrôle. Jackie a eu des moments de noirceur infinie. NARRATEUR Quatre ans plus tard, Jackie va vivre un traumatisme de plus, qui va sans aucun doute aggraver son stress post-traumatique. JOURNALISTE M3 ARCHIVE Les manifestants sont dans la rue avec une multitude de revendications. NARRATEUR En 1968, les Etats-Unis sont à feu et à sang. Les étudiants manifestent pour protester contre la guerre du Vietnam, le mouvement américain des Droits Civiques est à son paroxysme, et le peuple est dans la rue, entre émeutes et affrontements violents. Ce climat politique brûlant est malheureusement propice aux assassinats… Et aux traumatismes pour Jackie. LAURENCE L Cette année-là, Martin Luther King a été assassiné, et Jackie est allée à son enterrement. TINA C C’était un autre homme politique important qui mourait d’un coup de feu. Pour Jackie, le parallèle a dû être terrible. NARRATEUR Deux mois plus tard, le frère de John Kennedy, Bobby, est assassiné dans la cuisine de l’Ambassador Hotel à Los Angeles. JOURNALISTE M4 ARCHIVE Oh mon Dieu. Le sénateur Kennedy a pris une balle. BARBARA P Ces mots sont terribles à entendre pour n’importe qui. Mais Jackie était déjà traumatisée par la perte de son mari, retraumatisée par l’assassinat de Martin Luther King, et maintenant, re-retraumatisée par la mort de son beau-frère, de qui elle était très proche, et qui avait pris un rôle de père pour ses enfants. LAURENCE L C’était terrifiant. Qui serait le prochain ? Jackie était convaincue que quelqu’un s’en prenait aux Kennedy. BARBARA P On l’aurait entendue dire, « S’ils nous éliminent, mes enfants sont en danger ». NARRATEUR Jackie est constamment sur le qui-vive, elle voit des menaces partout. Est-ce qu’elle et ses enfants sont les prochains sur la liste ? LINDA P Elle avait maintenant plusieurs couches de traumatismes. Le problème, c’est que si vousvivez avez ces flashbacks et autres symptômes du stress post-traumatique pendant plus de trois mois, ça deviendra très probablement chronique. Et sans traitement adapté, ça peut durer toute une vie. DR HUNTER Les personnes les plus à risque de contracter un lymphome sont celles qui ont un système immunitaire affaibli. Or, des études récentes ont prouvé que les personnes souffrant d’un trouble de stress post-traumatique en faisaient partie. Les chercheurs ont trouvé chez eux plusieurs gènes à la structure altérée. Les traumatismes ont un effet sur la méthylation, qui est le processus d’activation génétique qui répare l’ADN et fait bouclier contre le cancer. Ce qui explique que les patients qui souffrent de ce trouble se retrouvent avec un système immunitaire plus faible et une plus mauvaise mémoire que la moyenne. SASHA C Est-ce que ça a un lien avec son cancer et sa mort ? Bien sûr. Ce qu’on traverse, les épreuves et les facteurs de stress, ça a forcément un impact sur notre vie et nos défenses immunitaires. DR HUNTER Si Jackie souffrait bien d’un trouble de stress post-traumatique non diagnostiqué suite à la mort de John Kennedy, on peut tracer une ligne directe entre le cancer de Jackie en 1994 et l’assassinat de son mari en 1963. Mais je veux quand même comprendre comment une femme de soixante ans en bonne santé a pu mourir seulement quatre mois après son diagnostic.   NARRATEUR Nous sommes mi-mars 1994, à New York. Deux mois et demi avant la mort de Jackie. Elle se sent très faible et a des douleurs dans les jambes. Elle passe un scanner, qui lui apprend que le lymphome a bien été éradiqué de son cou, sa poitrine et son abdomen. Mais il est monté jusqu’à son cervelet. Le cancer s’est propagé aux membranes qui recouvrent son cerveau et sa moelle épinière. SASHA C La situation était grave, c’était clair. LAURENCE L Elle allait mourir. Elle l’a su tout de suite. La question, c’était quand ? Elle prenait son traitement, sa chimio et ses médicaments. Mais elle allait mourir. Elle le savait, tout le monde le savait. DR HUNTER Les comptes-rendus médicaux post mortem disent qu’elle avait un lymphome rare, le lymphome anaplasique à grandes cellules. C’est une forme de cancer particulièrement agressive, ce qui explique qu’il ait métastasé son cerveau et sa moelle épinière aussi rapidement. NARRATEUR Dimanche 15 mars 1994. Central Park, New York. Quatre jours avant la mort de Jackie. Elle se balade avec son compagnon, Maurice. LAURENCE L Maurice Tempelsman était le grand amour de sa vie. TINA C Lui et Jackie vivaient comme s’ils étaient mariés. NARRATEUR Jackie et Maurice sont ensemble depuis les années 80. Son second mariage, avec le multimilliardaire Aristote Onassis, s’est éteint avec lui en 1975. Jackie connaît Maurice Tempelsman depuis plus de vingt ans. LAURENCE L C’était la plus belle relation de sa vie, ça ne fait aucun doute. Quand elle est tombée malade, il est resté à ses côtés, chaque heure de chaque jour. Il lui a tenu la main jusqu’au bout. Dans la joie et dans la tristesse. BARBARA P Jackie détestait qu’on la prenne en photo en public. Donc choisir de sortir, pour ce qu’elle se doutait être ses derniers moments dehors, c’était le signe d’une vulnérabilité et d’un courage incroyables. Je pense que c’était un choix éclairé. Elle y tenait vraiment. Elle voulait faire ses adieux au monde. NARRATEUR Mais Jackie est très faible, et Maurice doit l’aider à rentrer. SASHA C Sa santé s’était dégradée, et ça se sentait. NARRATEUR Nous sommes lundi 16 mai, dans l’appartement new-yorkais de Jackie. Trois jours avant sa mort. Jackie est erratique et désorientée, et parcourue de frissons. Elle a attrapé une pneumonie, et le docteur lui prescrit des antibiotiques. DR HUNTER La pneumonie est l’infection la plus facile à attraper pour les patients cancéreux, et on lui attribue un taux de mortalité très élevé. La raison est simple : la chimiothérapie réduit le nombre de globules blancs produits par la moelle osseuse du patient, qui jouent un rôle très important dans son système immunitaire. C’est un effet secondaire qui peut avoir des conséquences tragiques, puisqu’il laisse le patient sans défense face aux attaques des virus. Ce genre d’infection peut expliquer l’état de confusion dans lequel était Jackie, mais c’est aussi possible que le vrai responsable soit le cancer qui se propageait dans son cerveau.   NARRATEUR Mercredi 18 mai, New York. Un jour avant la mort de Jackie. Elle se rend au centre médical de Cornell, au New York Hospital. Les résultats d’analyses sont catégoriques : le lymphome s’est propagé, et les docteurs ne peuvent plus rien faire. LAURENCE L Le cancer s’était attaqué à son foie. Elle savait que c’était fini. BARBARA P Elle ne voulait pas attendre la fin à l’hôpital, à s’obstiner à faire traitement après traitement. Donc elle a demandé à rentrer chez elle, en mai 1994, en sachant bien qu’elle y mourrait. SASHA C Quand on sait que la fin approche et qu’on n’y peut rien, c’est tellement mieux de le faire chez soi, en ses termes, et pas dans un lit d’hôpital. NARRATEUR Jackie rentre mourir chez elle. Ses traitements sont interrompus. SASHA C Elle avait beau être une icône fantastique, elle était aussi un être humain. C’était une femme qui avait traversé une vie de traumatismes, et son corps n’en pouvait plus. Il n’était plus assez fort. NARRATEUR Nous sommes le 19 mai 1994. Jackie meurt dans son lit, entourée de ses proches. JOURNALISTE F ARCHIVE Jacqueline Kennedy Onassis nous a quittés la nuit dernière à l’âge de 64 ans. Elle était un symbole de courage et de grâce depuis l’assassinat du président Kennedy. BARBARA P Elle est morte dans la nuit. Le lendemain matin, John Junior est sorti de chez elle pour annoncer la nouvelle devant les caméras. JOHN K JR ARCHIVE Elle est morte entourée de sa famille, de ses amis, et de ses livres. De tout ce qu’elle aimait, jusqu’au bout. Et maintenant, elle est entre les mains de Dieu. SASHA C C’est très dur de voir quelqu’un qu’on aime subir toutes ces tragédies pendant des années. Donc à sa mort, on est presque… soulagé que ça soit terminé. Parce qu’on n’en pouvait plus de la voir souffrir sans arrêt, jour après jour. Mais ça n’enlève rien à la douleur lancinante du deuil. TINA C Quand elle est morte, le pays tout entier était en deuil. Il y a eu des hommages très émouvants à cette femme, qui était une véritable force de la nation. SASHA C Les funérailles ont été retransmises à la télé. C’était mémorable. Ils lui ont fait un service incroyable, c’était absolument magnifique. LAURENCE L Et bien sûr, Jackie a été enterrée à côté de son mari bien-aimé, au cimetière d’Arlington. Ils reposent ensemble sous une flamme éternelle. DR HUNTER En plus de son addiction au tabac, c’est évident que le traumatisme des évènements de 1963 à Dallas ont joué un rôle indéniable dans la mort de Jackie. Mais en plongeant plus profondément dans ses comptes-rendus médicaux, j’ai trouvé ce qui pourrait bien êtrela pièce manquante du puzzle. LAURENCE L Le secret le mieux gardé de John Kennedy, c’était ses problèmes de santé. Il était si malade qu’ il n’aurait peut-être même pas survécu à un second terme. Il avait la maladie d’Addison, et il prenait douze cachets tous les matins.   TINA C C’était comme ça depuis toujours. Il avait failli y rester plus d’une fois. BARBARA P Le président Kennedy connaissait un médecin à New-York, un certain Max Jacobson, qui avait gagné le surnom de « docteur Feel-good ». Ce docteur était connu pour faire des injections à ses patients qui les aidaient à se sentir mieux en anesthésiant la douleur. TINA C Ces injections étaient un mélange douteux qui pouvait contenir tout et n’importe quoi, des amphétamines, des vitamines, des hormones, et… Parfois des barbituriques. BARBARA P Un jour que quelqu’un lui a demandé ce qu’il y avait dedans, Kennedy a répondu : « Ça pourrait même être de la pisse de cheval, ça me va tant que je me sens mieux. » NARRATEUR Le docteur Max Jacobson devient le médecin privé de John, et il accompagne les Kennedy dans tous leurs voyages. BARBARA P Jackie a fini par s’y mettre aussi. Elle avait ces migraines terribles qui lui empoisonnaient la tête. Sans parler des grossesses ratées à répétition, de la dépression post-partum après la naissance de John Junior, autant de choses qui la ralentissaient. Mais avec ces injections, elle se sentait pleine d’énergie, comme c’est souvent le cas pour les consommateurs d’amphétamines. DR HUNTER À l’époque, on ne connaissait pas encore très bien les effets de ces drogues. Mais depuis, des études ont permis de déterminer que certains des composants chimiques des amphétamines sont responsables d’une augmentation du risque de lymphome non-hodgkininen. Notamment le benzène, qui est cancérigène pour les êtres humains. En plus de ça, on a des raisons de croire que les injections du docteur Jacobson contenaient aussi toute une panoplie de stéroïdes, qui comme on le sait, attaquent le système immunitaire. Un risque de plus de contracter un lymphome non-hodgkinien.   DR HUNTER On ne saura jamais ce qu’il y avait exactement dans ce liquide miraculeux, mais on ne peut pas écarter un lien potentiel entre ces injections et la mort de Jackie des suites de son cancer, plusieurs décennies plus tard. Sous la carapace de cette icône adulée de tous se cachait un puzzle terrible fait de traumatismes et de tragédies, et une fois les pièces assemblées, on comprend mieux sa mort prématurée, à tout juste 64 ans. La mort de Jackie Kennedy a été causée par un mélangede facteurs : son tabagisme conséquent, le cocktail de drogues et de médicaments qu’elle prenait et qui contenait des substances cancérigènes et des stéroïdes qui ont affaibli son système immunitaire face au lymphome. Mais pour moi, il y a quelque chose d’encore plus important : le syndrome post-traumatique non diagnostiqué qui l’a suivi toute sa vie suite à l’assassinat de John Kennedy. C’est le fil rouge qui relie ces quelques secondes à Dallas en 1963, où son mari est mort dans ses bras, et sa mort prématurée en 1994. Maintenant, une question se pose : est-ce que la balle du meurtrier a en fait tué deux personnes, dans le cortège, ce jour-là ? LAURENCE L Souvenons-nous de Jackie Kennedy comme de l’icône du 20ème siècle qu’elle était. C’était une femme qui a vécu sa vie comme elle l’entendait, une vie de beauté, de dignité, et de don de soi. JACKIE K ARCHIVE À mon sens, toute première dame se doit de profiter de sa position pour venir en aide aux causes qui lui tiennent à cœur. J’espère partir en laissant ma trace. BARBARA P C’était l’une des plus jeune Premières dames de l’Histoire. Elle avait à peine 31 ans, à l’époque. Mais elle a fait en sorte que sa mémoire résonne pour toujours, bien après sa propre vie et la présidence de John Kennedy. TINA C Je me souviens d’elle comme de cette femme incroyablement brillante. Où qu’elle aille, c’était toujours elle la plus intelligente. Elle attirait les regards et l’attention partout où elle mettait les pieds. Quand elle entrait, tous les regards convergeaient sur elle. Elle restera toujours dans nos cœurs, avec sa douceur, sa beauté, et ses actions incroyables. LAURENCE L Jackie a réussi à se faire adorer du peuple des Etats-Unis. Elle nous a marqués pour toujours.