ALTHEA_DRAYTON AMANDA_LYNCH ANDREAS_VITHOULKAS ANTHOULA_KATSIMATIDES BEN_SLINEY CHRISTOPHER_BRAMAN DAVID_HANDSCHUH DEMETRI_PAPACOSTAS GLEN_KLEIN KEVIN_HUZSEK MARC_SASSEVILLE MICHAEL_KEANE OLGA_PAVLAKOS OMAR_RIVERA SHEILA_MOODY TIM_BROWN SHEILA MOODY Il faisait particuli�rement beau ce jour-l�. Comment quelque chose d�aussi terrible peut se produire au cours d�une si belle journ�e�? ALTHEA DRAYTON Une petite voix en moi m�a dit� ��Surtout ne t�arr�te pas.�� CHRISTOPHER BRAMAN Je ne savais pas ce qui s��tait pass�. C��tait la guerre. DAVID HANDSCHUH Courir m�a sauv� la vie. ANDREAS VITHOULKAS � ce moment-l�, le monde s�est arr�t�. ANTHOULA KATSIMATIDES Ses derniers instants� Penser � ce qu�il a v�cu� me bouleverse encore ans plus tard. GLEN KLEIN Pas un jour ne passe sans que je n�y pense. C�est pour la bonne cause. TIM BROWN J�ai perdu plus d�une centaine d�amis. J�ai la chance d��tre l� pour partager leurs histoires et raconter leurs derniers moments h�ro�ques. MICHAEL KEANE Les gens viennent avec leurs �cussons. C�est devenu un rituel. ANDREAS VITHOULKAS Face au mal, on doit ranimer l�espoir, revivre. MICHAEL KEANE C��tait un matin comme les autres. Je suis arriv� au pub � heures pour tout pr�parer� Il faisait tr�s beau. MICHAEL KEANE Je m�appelle Michael Keane. Je suis l�un des propri�taires du O�Hara�s. Une rue nous s�pare du grand centre d�affaires du World Trade Center. Les deux tours faisaient partie de ce complexe... Le quartier �tait tr�s anim�. � l��poque, on ne servait que des traders de Wall Street. Il n�y avait pas de touriste. Tous les employ�s du World Trade Center sont venus ici au moins une fois. Les pompiers de la caserne d�� c�t� �taient des habitu�s, des policiers du coin venaient aussi mais il y avait surtout des hommes d�affaires en costume... Apr�s le septembre, tout a chang�. OLGA PAVLAKOS Les deux Tours �taient tr�s impressionnantes compar�es � notre toute petite �glise. Saint-Nicolas se trouvait � m�tres des Tours. On �tait vraiment tout proche. Je suis une fid�le de Saint-Nicolas depuis toujours. Mes parents, mes grands-parents� Quatre g�n�rations ont appartenu � cette �glise. Au d�but du �me si�cle, de nombreux immigrants de Gr�ce se sont install�s dans le Lower Manhattan. Ils ont rassembl� leur argent et ont achet� le Cedar Street. Sur ce terrain, � l��poque, il n�y avait qu�une petite taverne. On s�en est servie comme �glise pendant pr�s de ans jusqu�au septembre. ANTHOULA KATSIMATIDES On a tous �t� �lev�s dans une famille grecque orthodoxe tr�s aimante. Mon fr�re, John, travaillait au World Trade Center en tant que trader. Quand il se rendait � l��glise, il allumait des bougies. Il nous parlait de cette toute petite �glise � l�ombre des tours qu�il avait l�habitude de fr�quenter. On n�a pas eu de ses nouvelles ce jour-l�. Il travaillait au �me �tage. Il avait laiss� son portable chez lui. On a essay� d�appeler son bureau sans succ�s. Au bout d�un moment, le t�l�phone s�est arr�t� de sonner. TIM BROWN Je m�appelle Timothy Brown. Je suis pompier � la retraite. En , je me suis engag� en tant que premier intervenant pour le Bureau du Maire. Nos bureaux se trouvaient au sein du World Trade Center, au �me �tage. Tous les jours, avant de commencer, j�allais � la caf�t�ria au �me �tage. C�est ce que j�ai fait le matin du septembre. Je me suis assis � une table pour manger mes c�r�ales et boire mon jus d�orange et mon th�. OMAR RIVERA Mon chien, Salty, et moi, on a commenc� t�t. Je devais me rendre � une r�union. Je suis arriv� en avance, vers heures. J�ai pris un premier ascenseur pour monter au �me �tage puis un deuxi�me pour aller jusqu�au �me. ALTHEA DRAYTON En g�n�ral, j�arrive au travail minutes en avance. Je me suis dirig�e vers mon immeuble... Je travaillais au �me �tage de la Tour . OMAR RIVERA Je pr�parais des documents. Il �tait h� Salty dormait. Je me souviens avoir lanc� l�imprimante. secondes plus tard, j�ai entendu un grand boom. Salty s�est mis � courir et le b�timent a vacill�. Il y avait du vent et de la fum�e. ALTHEA DRAYTON Le b�timent tremblait. Toute la structure se balan�ait. J�ai regard� par la fen�tre. Du papier et toutes sortes de d�bris tombaient du ciel. MICHAEL KEANE J��tais au t�l�phone avec un ami, James, qui travaillait au Centre. D�apr�s lui, il n�y avait plus de courant au b�timent num�ro . Des gens sont entr�s dans le bar, je lui ai dit que j�allais le rappeler. Ils avaient vu ce qui s��tait pass�, ils �taient boulevers�s. TIM BROWN Il n�y avait plus d��lectricit�. Pour un gratte-ciel moderne de New-York, c��tait assez anormal� J�ai lev� les yeux. Les gens qui se trouvaient face aux fen�tres se sont lev�s d�un coup et ont commenc� � courir vers la sortie. Je me suis approch� d�une femme qui avait l�air en �tat de choc. Je lui demand� ce qui s��tait pass�. Elle m�a dit qu�un avion avait percut� la Tour nord. C�est � ce moment-l� que j�ai su. DAVID HANDSCHUH Je me rendais � l�Universit� de New-York. Je devais donner un cours de photojournalisme. Je n��tais pas tr�s loin du World Trade Center. Sur le chemin, j�ai entendu � la radio qu�un avion s��tait �cras� dans l�une des tours. J�ai lev� les yeux et j�ai vu ce qui se passait. J�ai tout de suite appel� l�universit�. Ils m�ont dit d�aller voir. � ce moment-l�, on pensait encore que c��tait un accident. J�ai suivi la �re brigade de pompiers de New-York, un grand camion rouge qui se frayait un chemin sur la route. Je prenais des photos d�une main et conduisait de l�autre. J��tais persuad� que les pompiers allaient monter dans les �tages, sauver des gens, �teindre le feu et redescendre sains et saufs. TIM BROWN Ma mission �tait d�aider le commandant sur place. On est entrain�s comme des pompiers. Avant d�entrer dans un b�timent en feu, on �value la situation, on observe sa structure� J�ai fait ce que tous les pompiers, tous les policiers, tous les premiers intervenants, tous nos sauveurs font. On va vers le danger pendant que tout le monde court dans l�autre sens. Je me suis vite rendu compte que ma premi�re hypoth�se �tait s�rement mauvaise. Je pensais alors que le pilote d�un petit avion avait fait une crise cardiaque en vol et s��tait �cras�. Il y avait trop de d�bris, trop de flammes. Je n�avais aucune id�e de ce qui allait arriver. PUB OMAR RIVERA J�ai commenc� � avoir peur� Peu de gens savaient o� j��tais. Salty courait dans tous les sens, compl�tement paniqu�. D�habitude, en cas d�urgence, on nous demande de ne pas bouger, d�attendre les d�instructions. J�ai h�sit�. Est-ce que je devais rester, partir�? Salty est revenu s�asseoir � c�t� de moi, tr�s anxieux. Il essayait de me dire quelque chose, de partir. Je lui ai mis son harnais et on a couru jusqu�aux escaliers les plus proches. C��tait plein � craquer. Tout�le monde criait. Il y avait de la fum�e, il faisait tr�s chaud. C��tait la panique. DAVID HANDSCHUH h, c�est l�heure � laquelle je suis arriv� sur place. C��tait hallucinant. Des papiers tombaient du ciel. Des d�bris venaient de toutes parts. Des gens s��taient rassembl�s et regardait la tour� On a r�alis� la gravit� de la situation quand des gens ont commenc� � sauter pour ne pas br�ler vifs. OMAR RIVERA On descendait tr�s lentement. � chaque �tage, de nouvelles personnes prenaient les escaliers. Il fallait attendre et les laisser passer. L�espace �tait assez �troit. Avec le chien, on prenait la place de deux ou trois personnes. Les policiers et les pompiers montaient alors que mon chien guide et moi, on descendait. C��tait trop pour lui. Je lui ai dit� ��Salty, c�est peut-�tre mieux que tu descendes seul��. J�ai d�cid� de le d�tacher . Salty a commenc� � descendre� Mais au bout d�un moment, il s�est arr�t� ��Non, je ne peux pas descendre sans lui�� et il est remont�. C�est comme s�il m�avait dit� ��Je ne te quitterai pas. Peu importe ce qui se passe, je reste avec toi. C�est toi et moi� jusqu�au bout. Ne me demande pas de partir, je ne te quitterai pas��. DAVID HANDSCHUH Je me souviens de moments marquants que j�ai pris en photo. Les gens couraient. Tout le monde voulait survivre. ALTHEA DRAYTON On est enfin arriv�s au rez-de-chauss�e. Tout �tait blanc, recouvert de poussi�re. J�ai tout de suite pens� qu�une bombe avait explos�. Une polici�re �tait l�. Je m�appr�tais � sortir quand elle a dit����Stop�!�� Elle regardait en l�air, puis elle a dit� ��Mon dieu, un autre avion��� DAVID HANDSCHUH J�ai entendu le second avion et la Tour sud a explos�. Je ne me rappelle pas avoir captur� ce moment. ALTHEA DRAYTON J�avais enlev� mes chaussures. La polici�re a dit� � Quand je vous dis de courir, courez�! Courez le plus vite possible vers le nord. Ne levez pas les yeux, ne vous arr�tez pas.�� DAVID HANDSCHUH Je me souviens d�une femme en particulier qui courait ses chaussures � la main. Elle avait le regard d�une coureuse de fond � l�approche de la ligne d�arriv�e. Elle �tait d�termin�e � survivre. ALTHEA DRAYTON Je garde une main sur la t�te. Si quelque chose tombe du ciel, je pourrais la prot�ger. Une petite voix en moi m�a dit� ��Surtout ne t�arr�te pas.�� Je me suis demand� ��Qui prend des photos�? Pourquoi il ne court pas�?�� SHEILA MOODY Le septembre �tait mon deuxi�me jour au Pentagone. J�essayais encore de trouver mon chemin dans le b�timent� C�est un vrai labyrinthe, entre ces longs couloirs et ces anneaux. CHRISTOPHER BRAMAN Il est normal de se perdre. C�est pour �a qu�on l�appelle le ��Puzzle��. J��tais agent d�approvisionnement, je livrais du mat�riel. �a m�a aid� le septembre, je connaissais bien le b�timent. CHRISTOPHER BRAMAN Il �tait h quand ma femme m�a appel� pour me raconter ce qui se passait � New-York. Je lui ai dit�de ne pas s�inqui�ter et que je l�aimais. Je regardais les infos comme � peu pr�s tout le monde sur la plan�te. SHEILA MOODY J�ai entendu le bruit caract�ristique d�un moteur d�avion. Tout le b�timent a vibr�, il y a eu une grosse explosion. J�ai senti une chaleur intense et j�ai ferm� les yeux. Quand je les ai rouverts, j�ai vu une boule de feu traverser la pi�ce. Des morceaux de plafond sont tomb�s sur mes mains. Je me suis lev�e de ma chaise et j�ai regard� autour de moi. Tout �tait �trangement silencieux. Je pouvais voir une fen�tre. CHRISTOPHER BRAMAN Il y avait de la fum�e. Je suis descendu par les escaliers, qui �taient bond�s. Le Pentagone �tait en feu. La chaleur �tait insupportable. Je ne savais pas ce qui s��tait pass�. C��tait la guerre. � cause de l�adr�naline, j�avais un go�t amer en bouche. Mais je devais retourner � l�int�rieur, j�avais entendu des cris. Je ne pouvais pas partir. PUB SHEILA MOODY J��tais prise au pi�ge. Je ne connaissais pas bien le b�timent, je ne savais pas par o� aller. Je me suis mise � prier. CHRISTOPHER BRAMAN Il faisait tr�s chaud. Le b�timent brulait, du k�ros�ne s��tait r�pandu. Un vrombissement incessant nous emp�chait d�entendre qui que ce soit. On a cri� ��Il y a quelqu�un�?��. SHEILA MOODY J�ai entendu une voix� ��Il y a quelqu�un�?��. J�ai cri�. Un homme a r�pondu� ��Je ne vous vois pas.�� Je lui ai dit� ��On est l�!��. � cause de la fum�e et des vapeurs, j�avais du mal � respirer. J�essayais de parler mais rien ne sortait. Une voix dans ma t�te m�a dit� ��Frappe dans tes mains��. Alors, j�ai frapp� dans mes mains, le plus fort possible. CHRISTOPHER BRAMAN Elle ne pouvait pas crier. SHEILA MOODY J�entendais l�extincteur se rapprocher. J�ai cru voir du mouvement, j�ai avanc� la main � travers la fum�e. Quelqu�un m�a attrap�e et ne m�a pas l�ch�e jusqu�� ce que je voie enfin la lumi�re du jour. CHRISTOPHER BRAMAN Elle �tait br�l�e � plusieurs endroits. Au niveau du visage et du dos. On l�a laiss�e avec les secours et on est repartis. SHEILA MOODY Quand j�ai �merg� du chaos, j�ai lev� la t�te. Le ciel �tait bleu et clair. Il faisait particuli�rement beau ce jour-l�. Comment quelque chose d�aussi terrible peut se produire au cours d�une si belle journ�e�? TIM BROWN J�ai pris l�escalator pour descendre. Petit � petit, je voyais le hall d�entr�e. Des centaines de pompiers attendaient l�ordre de leurs sup�rieurs pour monter. Quelqu�un a cri� mon nom. C��tait mon meilleur ami, le Capitaine Terry Hatton, l��lite des pompiers de Manhattan. Il m�a enlac� et m�a serr� tr�s fort. Il m�a embrass� sur la joue et m�a dit� ��Je t�aime, mon fr�re. C�est peut-�tre la derni�re fois que je te vois.�� Apr�s que Terry m�ait dit ces mots, il s�est �loign�, il a rassembl� ses hommes et ils ont pris les escaliers pour monter, pour aller sauver des gens qu�ils ne connaissaient pas. Malheureusement, ce jour-l�, Terry ne s�en est pas sorti. DAVID HANDSCHUH J��tais en face de la Tour sud. J�ai entendu un grondement sourd. J�ai lev� mon appareil. J�allais prendre une photo mais je me suis ravis�. � la place, j�ai couru. La Tour sud commen�ait � s�effondrer. C�est la premi�re fois que je fuyais au lieu de prendre des photos. J�arrivais au coin de Liberty et West Street quand le souffle m�a projet� dans les airs. J�ai vol�, je n�ai rien pu faire. Je suis retomb� au sol en �tant recouvert de d�bris. Ma bouche �tait pleine de poussi�re. � chaque fois que j�essayais d�inspirer, je m��touffais. J�ai cru que j�allais mourir. Courir m�a sauv� la vie. OMAR RIVERA Tout le b�timent tremblait et allait s�effondrer. On a r�ussi � atteindre le rez-de-chauss�e au bout d�h. On a travers� la rue et on s�est arr�t� quelques instants. Je ne voyais rien mais� j�entendais tout� les gens qui criaient, pleuraient, les h�licopt�res, les ambulances, les camions de pompiers... C��tait impressionnant, des millions de sons diff�rents au m�me endroit. TIM BROWN J�ai pu trouver une colonne verticale, une colonne en acier qui m�a prot�g�. Je m�y suis accroch� de toutes mes forces alors que le reste du b�timent s�effondrait autour de moi et des autres... Mon casque a �t� emport� par le souffle. On ne voyait rien, on ne pouvait plus respirer. DAVID HANDSCHUH Lorsque j�ai �t� projet� dans les airs, j�ai perdu mes lunettes. Sans mes lunettes, je ne vois rien. M�me en plissant les yeux, je ne voyais pas ma jambe qui �tait tordue et cass�e. On aurait dit qu�il avait neig�, beaucoup neig�. J�ai crach� les d�bris que j�avais dans la bouche et j�ai appel� � l�aide. Je ne sais pas comment mais plusieurs pompiers m�ont entendu. Pendant qu�ils me portaient, je tenais fermement mes appareils photos. Je n�allais pas les laisser l�. Apr�s m�avoir sauv�, ces pompiers courageux sont partis aider d�autres personnes. Deux d�entre eux ont perdu la vie. C��tait impensable. �a ne pouvait pas arriver dans ma ville. BEN SLINEY On ne comprenait pas ce qui se passait. On avait tr�s peu d�infos. On ne savait pas ce qui �tait arriv� dans les cockpits. C��tait tr�s frustrant de voir ces catastrophes s�enchainer sans pouvoir faire quoi que ce soit pour les arr�ter. Il fallait absolument faire quelque chose pour s�curiser le ciel. J�ai donn� l�ordre � tous les avions d�atterrir le plus vite possible quand j�ai appris que le vol s��tait �cras� sur le Pentagone. On a pris �norm�ment de pr�cautions parce que �a n�avait jamais �t� fait. Les avions s�rs allaient suivre nos instructions et atterrir. Tous ceux qui resteraient dans les airs seraient suspects et l�arm�e s�en occuperait. Je n�oublierai jamais la d�termination de toutes ces personnes qui se sont pr�cipit�es sur leurs ordinateurs et t�l�phones pour transmettre l�ordre � travers le pays. On aurait imm�diatement pris des mesures strictes si l�un d�entre nous s��tait dout�s de ce qui se passait r�ellement, que des terroristes �taient en train de d�tourner des avions pour s�en servir comme missiles. On avait un autre d�tournement potentiel. Le vol United avait coup� son transpondeur. On savait que des avions militaires avaient d�coll�, on pouvait les voir se diriger vers Washington. On suivait attentivement le vol United . MARC SASSEVILLE On est en terrain inconnu. Est-ce que c�est la premi�re phase d�un drame encore plus grand�? On ne sait pas. Est-ce qu�il reste d�autres avions qu�on n�a pas rep�r�s�? BEN SLINEY On voyait les avions de chasse se rapprocher. Est-ce que l�arm�e leur donnerait l�ordre d�abattre un avion de ligne rempli de passagers�? On n�avait aucun moyen de savoir ce que l�arm�e comptait faire. On ne pouvait pas le leur demander directement. � ce moment-l�, mis � part les terroristes, les personnes � bord du vol United Airlines �taient les seules en Am�rique � savoir exactement ce qui se passait. KEVIN HUZSEK On nous a pr�venu qu�un avion s��tait �cras� pr�s de Shanksville. On a suivi la fum�e. On �tait tr�s inquiets. Est-ce qu�on aurait assez de ressources�? Assez de perfusions, d�oxyg�ne�? L��quipe des mati�res dangereuses �tait-elle en route�? On allait tout faire pour sauver des gens. Quand on est arriv�s� personne ne se serait dout� qu�un avion s��tait �cras�. Il n�y avait qu�un �norme trou dans le sol, des flammes et des d�bris d�avion un peu partout. En faisant le tour du site, on a vite compris qu�on ne pourrait aider personne. MARC SASSEVILLE L�avion allait s��craser d�une mani�re ou d�une autre. Les passagers ont pris les devants. On n�oubliera jamais leur sacrifice... Ils ont �t� de v�ritables h�ros. Certains ont pu communiquer avec leurs proches au sol et ont compris ce qui se passait. Ce qu�ils ont fait est tout simplement incroyable. PUB TIM BROWN L�effondrement, qui pour moi semble avoir pris une heure, a s�rement dur� moins d�une minute. Un pompier nous a vu au milieu des d�combres, il a allum� sa lampe torche et nous a appel�s. On s�est dirig� vers lui. On est sorti de l�immeuble� et j�ai surv�cu. OMAR RIVERA Soudain, j�ai entendu� ��Pop, pop, pop��� La tour s�est effondr�e. J�ai commenc� � courir. Salty �tait � mes c�t�s. Je tenais fermement son harnais. Il essayait de m�ouvrir le chemin. On a couru et couru. Il y avait des milliers de personnes. GLEN KLEIN Quand on est arriv�s dans Manhattan, la seconde tour venait de s�effondrer. On a d� mettre les essuie-glaces, le pare-brise �tait recouvert de poussi�re. Il y avait du papier et des d�bris un peu partout� plusieurs incendies. C��tait le chaos. On pensait pouvoir commencer tout de suite � creuser dans les d�combres mais les poutres �taient trop lourdes. On a d� attendre l�arriv�e des engins de chantier. J�ai mis deux semaines � r�aliser que ce n��tait plus une mission de sauvetage mais de r�cup�ration... Quand je pense � toutes ces personnes qui sont mortes ce jour-l�, j�esp�re qu�elles n�ont pas soufferts� J�ai pleur�, plein de fois. C�est devenu trop au bout d�un moment. �a me faisait mal au c�ur mais j�ai continu� � creuser, � chercher. GLEN KLEIN Quand on trouvait un os ou un bout de doigt, on l�envoyait au l�giste pour qu�il pr�l�ve de l�ADN et identifie la victime. C��tait important pour les familles� On essayait de mettre de c�t� nos �motions, on avait une mission. On devait le faire. On est tomb�s sur tout un tas de choses� de l�amiante, du carrelage, du marbre, des ordinateurs, des ampoules, de l�essence� On a inhal� tout �a. Depuis le septembre, mon taux de globules blancs est �lev�, ce qui indique une infection. J�ai des nodules dans l�un de mes poumons, des cicatrices dans l�autre, de l�asthme et plusieurs troubles gastro-intestinaux. Le septembre reste grav� dans ma m�moire. C�est impossible de ne pas y penser, m�me quand je dors. J�en fait des cauchemars. Mais je fais partie des chanceux. Je suis toujours l�, ans plus tard. Beaucoup n�ont pas eu cette chance. ANDREAS VITHOULKAS % des victimes du septembre n�ont jamais �t� retrouv�es. C�est un pourcentage �norme quand on y pense. John est l�une de ces victimes. Il travaillait pour Cantor Fitzgerald, la banque qui a perdu ses employ�s. Pas un jour ne passe sans que je pense � John. Il n�avait que ans quand il est mort. Je me demande souvent ce qu�il serait devenu. Son avenir s�annon�ait si prometteur. C��tait un jeune homme incroyable. Il avait une telle joie de vivre� Il �tait charismatique, ouvert et tr�s sociable� Il nous faisait rire aux larmes. ANDREAS VITHOULKAS Ses derniers instants� penser � ce qu�il a v�cu� me bouleverse encore ans plus tard. J�aime � me dire qu�il s�est endormi avec ses coll�gues� dont beaucoup �taient ses amis. Il a peut-�tre fait une derni�re pri�re. TIM BROWN Je me rends tr�s souvent au M�morial et mus�e du septembre. J�y vais pour parler des h�ros, des policiers et des pompiers, des civils qui, ce jour-l�, ont sauv� la vie de personnes innocentes� C�est un honneur de les repr�senter, d��tre leur voix, pour eux et pour leurs familles. Ce M�morial et ce mus�e sont un sanctuaire pour tous les premiers intervenants. Ensuite, on va au pub du coin. MICHAEL KEANE On a rouvert le er avril, six mois et demi plus tard. Avant le septembre, il n�y avait pas de touriste dans le quartier. Apr�s le septembre, des pompiers, des policiers et des militaires de tout le pays ont commenc� � venir. La plupart de ces gars voyageaient avec leurs �cussons. Ils se sont mis � les coller au mur� C�est devenu un rituel. Aujourd�hui, tout le monde est au courant. PUB ANTHOULA KATSIMATIDES Cette petite �glise s�est toujours montr�e forte. Elle est rest�e l�, fi�re, quand tous les autres terrains autour ont �t� vendus. J�ai toujours pens� que cette �glise �tait unique. OLGA PAVLAKOS En s�effondrant, la Tour sud a �cras� Saint-Nicolas. On voulait tous revenir sur les lieux. C��tait un endroit si important pour nous. On y avait pass� des ann�es. ANTHOULA KATSIMATIDES Les gens se demandent pourquoi la reconstruction a pris autant de temps. Pour moi, c��tait important de s�occuper d�abord du m�morial, puis du mus�e. Il y avait un ordre � respecter. �a devait se passer comme �a� et comme on dit, tout vient � point � qui sait attendre. Tout ce que je sais� c�est qu�apr�s ans de deuil� Saint-Nicolas nous offre quelque chose en plus. DEMETRI PAPACOSTAS C�est un superbe exemple de la t�nacit� humaine. L��glise symbolise la renaissance apr�s un acte de violence et de haine extr�me. Une renaissance bas�e sur la paix, l�amour et l�accueil de tous. ANDREAS VITHOULKAS C�est un m�morial, un c�notaphe pour tous ceux qui n�ont malheureusement pas pu �tre inhum�s. � travers notre iconographie, on rend hommage aux premiers intervenants, pompiers et policiers qui ont donn� leurs vies en ce septembre� Cette �glise est un lieu o� on peut se souvenir de leur sacrifice. ANDREAS VITHOULKAS On s�appr�te � f�ter le moment le plus important de l�ann�e pour nous, chr�tiens orthodoxes, la Semaine sainte et P�ques... On va montrer que le bien triomphe du mal� Que la vie triomphe de la mort. On a renvers� la situation en transformant le n�gatif en positif. Face au mal, on doit ranimer l�espoir, revivre. ANTHOULA KATSIMATIDES Saint-Nicolas n�est pas seulement un lieu de culte pour moi. J�ai toujours la sensation que John est l�� qu�il attend que j�arrive. Parce que c�est mon ange et parce qu�en ce lieu, on est plus proches. On a perdu John mais on est en train de commencer un nouveau chapitre de notre vie. C�est l�heure du renouveau. GLEN KLEIN Aider les gens a toujours fait partie de moi. Je dirige le ��Frontline Training Center�� � Long Island. On forme aux premiers secours, on apprend � faire des massages cardiaques, � se servir d�armes � feu, tout ce qui peut �tre utile en situation d�urgence. Parfois, c�est difficile de reparler du septembre et du travail qu�on a effectu� l�-bas apr�s� Plus on vieillit, plus le temps semble passer vite. C�est s�rement la premi�re chose � laquelle je pense quand je me l�ve le matin. Des gens continuent de mourir de maladie li�es au septembre. Tous les noms des premiers intervenants qui sont morts ce jour-l�, et les noms de ceux qui sont morts depuis � cause de maladies sont grav�s sur ce mur. On s�est dit que ce serait bien d�honorer les personnes qui ont travaill� sur le site, qui sont tomb�es malades et qui sont d�c�d�es. Malheureusement, tous les ans, on ajoute une centaine de nouveaux noms sur ce mur. Je fais en sorte que personne n�oublie, m�me ans plus tard. PUB CHRISTOPHER BRAMAN Le septembre, on a sauv� trois personnes et sortis corps des d�combres. Sur les trois personnes qu�on a sauv�es, seule Sheila Moody a surv�cu. SHEILA MOODY Quand j�y repense, il �tait de l�autre c�t� du b�timent. Il �tait sorti. Rien ne l�obligeait � risquer sa vie pour essayer de nous sauver. CHRISTOPHER BRAMAN J�ai agi instinctivement. J�esp�re que quelqu�un serait venu me chercher. SHEILA MOODY Salut�! Comment �a va�? Je suis si contente de te voir. CHRISTOPHER BRAMAN Waouh�! Qu�est-ce qu�elle a grandi�! SHEILA MOODY Oui. April, c�est l�ange gardien de ta grand-m�re. CHRISTOPHER BRAMAN Coucou, April. SHEILA MOODY Si je suis toujours en vie aujourd�hui, c�est en grande partie gr�ce � Chris. Le jour o� j�aurais un petit-fils, j�esp�re pouvoir l�appeler ��Christopher Braman��. DAVID HANDSCHUH J�ai re�u un message� ��Bonjour, David, vous ne me connaissez pas. Vous avez pris une photo de moi qui a �t� publi�e le septembre .�� J�ai tout de suite su qui c��tait. J��tais content d�apprendre qu�elle avait surv�cu. ALTHEA DRAYTON Depuis le septembre, j�ai un peu chang�. Je ne vais plus aussi souvent � Manhattan. Je me sens coupable aussi. Je me demande souvent ��pourquoi�?��. Pourquoi j�ai pu m�en sortir et pas eux�? J�ai eu beaucoup de chance. C�est le c�l�bre pont que j�ai travers� � pied� Je vais rencontrer le photographe qui m�a pris en photo ce jour-l� en train de fuir les lieux de l�attentat. C�est la premi�re fois que l�on se rencontre. DAVID HANDSCHUH On n�a pas de banderole, ni de poign�e de main secr�te. Mais quelque chose de fort nous lie� ��On a tous les deux eu tellement de chance���. ALTHEA DRAYTON David�! Je vous ai tout de suite reconnu�! DAVID HANDSCHUH C�est un lien qui ne se brisera jamais. Vous �tes moins press�e que la derni�re fois. ALTHEA DRAYTON C�est la premi�re fois que je reviens ici, si pr�s des lieux, depuis l��v�nement. DAVID HANDSCHUH Le matin du septembre, tant de personnes incroyables ont perdu la vie� On est un petit groupe de chanceux qui, par un �trange coup du sort, a surv�cu. ALTHEA DRAYTON Il y a beaucoup d�esprits ici, je le sens� OMAR RIVERA Encore aujourd�hui, quand j�entends une ambulance ou un camion de pompiers, �a me tend. C��tait pareil pour Salty. Il est devenu plus anxieux apr�s le septembre... Salty est rest� � mes c�t�s pendant ans. Malheureusement, en mars � on n�a pas eu d�autre choix que de l�euthanasier. Depuis, je travaille avec ce petit gars mais Salty restera toujours dans mon c�ur. Un jour, un chien comme Salty fera la m�me chose pour quelqu�un d�autre... Mais j�esp�re qu�il ne se passera plus jamais quelque chose d�aussi horrible que la destruction du World Trade Center. D�sol� TIM BROWN Je suis un peu devenu le mentor de plusieurs jeunes. Un grand nombre d�entre eux a perdu un proche qui aurait �t� l� pour eux. AMANDA LYNCH Le septembre, j�ai perdu mon oncle, Michael Boyle, un pompier. J�avais ans. Tim a �t� l� quand j�en ai eu besoin. Il m�a conseill�, il m�a aid� � trouver ma voie. J�ai r�cemment �t� dipl�m�e de l�Acad�mie des pompiers de Philadelphie, je suis officiellement pompier secouriste. J�attends d�accrocher mon �cusson sur ce mur depuis ans. C�est un moment tr�s important pour moi. Je voulais absolument partager �a avec mon mentor, Tim. TIM BROWN Je ne m�en remettrai jamais. Beaucoup de gens sont morts ce jour-l�. J�ai perdu plus d�une centaine d�amis. Mes meilleurs amis, Terry Hatten, Patty Brown, Chris Blackwell� Mais ans plus tard, j�ai la chance de pouvoir partager leurs histoires avec la nouvelle g�n�ration et de raconter leurs derniers moments h�ro�ques pour qu�on ne les oublie pas. On meurt deux fois. La premi�re fois quand notre corps s�arr�te de fonctionner� et la seconde quand notre nom est prononc� par quelqu�un pour la derni�re fois� �a n�arrivera pas � mes amis. Tant que je serai vivant� je continuerai � dire leurs noms. ANDREAS VITHOULKAS C�est magnifique de voir un tel melting-pot rassembl� devant notre �glise� Finalement, c�est �a, la ville de New-York. Cette petite �glise, qui a �t� source de fiert� et de joie pour de nombreux immigr�s, est aujourd�hui source de fiert�, d�espoir et de joie, pas seulement pour les orthodoxes, mais aussi pour le monde entier. ANTHOULA KATSIMATIDES Apr�s ans de tristesse et d�obscurit�, Saint-Nicolas est notre lumi�re. 1